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[Nécrologie]

POIGNÉES D’HISTOIRES

AMBITIONS LITTÉRAIRES

La Croix Supplément, jeudi 1er juillet 1897

Anonyme

[…] Goncourt racontait que la grande contrariété de Gustave Flaubert était, dans son cercle d’amis, de ne pouvoir convaincre ses intimes qu’il lui était arrivé les choses les plus énormes et qu’il avait eu plus d’ennuis que qui que ce fut !

Un soir Flaubert se prit de querelle avec le sculpteur Jacquemart pour prouver qu’il avait eu plus de poux en Égypte que lui !

Flaubert, ce soir-là, voulait avoir la supériorité de la vermine et il se montrait très contrarié parce qu’on avait l’air de ne pas le croire.


Ce même Flaubert, au cours d’une conversation sur l’art, interrompu par Zola, lui lâcha cette bourrade :

— Ah ! Zola, vous ne serez content que lorsque vous aurez beaucoup d’argent !

Et Zola doit être content aujourd’hui : il est millionnaire, plusieurs fois millionnaire, mais on ne le veut toujours pas à l’Académie !


Goncourt affirme dans son « Journal » qu’à un déjeuner chez la princesse Mathilde on se mit à abîmer Zola comme démocrate :

« Mais c’est la faute à l’empire, s’écria de Goncourt ; Zola n’avait pas le sou. Il avait des charges de famille, et il ne trouva à placer sa copie que dans les journaux démocratiques.

Eh bien ! en vivant tous les jours avec ces gens, il est devenu démocrate. C’est tout naturel !

Eh ! mon Dieu oui, le proverbe est toujours vrai. Dis-moi qui tu hantes, et je te dirai qui tu es !

Zola a trop hanté l’ordure ; il restera Zola… à la porte de l’Académie.



[Document saisi par François Lapèlerie, mars 2013.]


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