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[Nécrologie]

New York Times, 26 mai 1880

Transcription et traduction par François Lapèlerie, 2013

There were some peculiar things about GUSTAVE FLAUBERT, who lately died at his country seat, near Rouen; for, though an author, he could afford the luxury of a country seat, thanks to his paternal inheritance, not to his pen. He died of apoplexy, and as he was fond of bathing, the French, who seldom bathe, think that the extraordinary habit killed him. He was the founder, though not designedly, of the school now known as the naturalistic, specially represented by ZOLA and his followers. While his :" Madame Bovary " has been censured for licentiousness, he is said by his friends to have written it with severe artistic conscientiousness, and. from earnest and lofty attachment to realism. He spent five years in museums, libraries, and amid the ruins of Carthage, in order to make studies of " Salammbo," before he had written the first line of the novel. Historically and archaeologically, it has been praised to the echo by the most discriminating critics. Notwithstanding his ample means, FLAUBERT toiled over his manuscript as if his bread depended on perfection of style, on the smallest  detail. Neither ROUSSEAU nor EMERSON ever labored harder at his self-appointed task. He is known to have spent hours on single lines; he built a book as masons build a cathedral, using words as they use stones; and he would not be satisfied when he could torture from his brain a happier expression. He had faith in his immortality—how many authors have !—and yet the literature of France has long been crowded with entirely forgotten immortals.



THE NEW YORK TIMES
Published: May 26, 1880
Copyright © The New York Times



Il y a quelques détails singuliers à propos de Gustave Flaubert, qui vient de mourir récemment dans sa propriété campagnarde, près de Rouen ; car, quoiqu’il fût un écrivain, il put se permettre le luxe d’une propriété campagnarde, grâce à son héritage paternel, non grâce à sa plume. Il mourut d’apoplexie, et comme il était amateur de bains, les français, qui se baignent rarement, pensent que cette habitude extraordinaire l’a tué. Il était le fondateur, bien que de façon non délibérée, de l’école que l’on appelle naturaliste, particulièrement représentée par Zola et ses suiveurs. Tandis que sa « Madame Bovary » a été censurée pour son caractère licencieux, ses amis rapportent qu’il a l’a écrite avec une conscience artistique austère, et inspiré d’un fervent et noble attachement au réalisme. Il passa cinq ans dans des musées, des bibliothèques et au milieu des ruines de Carthage, pour faire des études de «Salammbo» [sic], avant même d’avoir écrit la première ligne du roman. D’un point de vue historique et archéologique, il a été loué à satiété par les critiques les plus doués de discernement. Malgré ses immenses capacités, Flaubert a peiné sur son manuscrit comme si son pain dépendait de la perfection de son style, sur le plus petit détail. Ni Rousseau ni Emerson n’ont jamais travaillé plus dur sur une tâche qu’ils se sont imposée. Il est connu pour avoir passé des heures sur de simples lignes ; il bâtit un livre comme des maçons bâtissent une cathédrale, utilisant des mots comme ils utilisent des pierres ; et il ne voulait être satisfait quand il pouvait torturer son cerveau pour trouver une expression plus heureuse. Il avait foi dans son immortalité — combien d’auteurs l’ont ! — et cependant la littérature française a longtemps été encombrée par des immortels entièrement oubliés.





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