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Extraits de la correspondance de Gustave Flaubert
Les « années Bovary » – 1851 à 1857

 

 

Le style


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Ces extraits de lettres sont le résultat de l’indexation thématique. Ne soyez donc pas surpris d’y trouver les abréviations, la ponctuation, l'orthographe et les repentirs présents dans le manuscrit des lettres. Les ratures n'y apparaissent pas.
En voici un exemple : « Ce livre, qui n’est qu’en style, a pr danger perpétu continuel le style même. »

 

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1 - à Colet Louise, Croisset, 16 janvier 1852

Lettre n° 402   

J’ai fait depuis des progrès en esthétique, ou du moins je me suis affermi dans l’assiette que j’ai prise de bonne heure. Je sais comment il faut faire. Oh mon Dieu ! si j’écrivais le style dont j’ai l’idée, quel écrivain je serais !

2 - à Colet Louise, Croisset, 08 avril 1852

Lettre n° 419   

Je sais bien qu’il n’est point aisé de dire proprement les banalités de la vie.

3 - à Colet Louise, Croisset, 24 avril 1852

Lettre n° 422   

J’en conçois prtant un, moi, un style : un style qui serait beau, que quelqu’un fera à qq jour, dans dix ans, ou dans dix siècles, et qui serait rythmé comme le vers, précis comme le langage des sciences, et avec des ondulations, des ronflements de violoncelle, des aigrettes de feux, un style qui vous entrerait dans l’idée comme un coup de stylet, et où votre pensée enfin voguerait sur des surfaces lisses, comme lorsqu’on file dans un canot avec bon vent arrière.

4 - à Colet Louise, Croisset, 15 mai 1852

Lettre n° 425   

De la musique de la musique plutôt. Tournons au rythme, balançons-nous dans les périodes – descendons plus avant dans les caves du cœur.

5 - à Colet Louise, Croisset, 19 juin 1852

Lettre n° 431   

Depuis le temps où j’écrivais en demandant à ma bonne les lettres qu’il fallait employer pr faire les mots des phrases que j’inventais jusqu’à ce soir où l’encre sèche sur les ratures de mes pages, j’ai suivi une ligne droite, incessamment prolongée, et tirée au cordeau à travers tout – J’ai toujours vu le but se reculer devant moi d’années en années de progrès en progrès – Que de fois je suis tombé à plat ventre, au moment où il me semblait le toucher. Je sens prtant que je ne dois pas mourir sans avoir fait rugir qque part un style comme je l’entends dans ma tête et qui pourra bien dominer la voix les des perroquets et des cigales.

6 - à Du Camp Maxime, Croisset, 26 juin 1852

Lettre n° 433   

Périssent les États-Unis plutôt qu’un principe ! Que je crève comme un chien plutôt que de hâter d’une seconde ma phrase qui n’est pas mûre. J’ai en tête une manière d’écrire et gentillesse de langage à quoi je veux atteindre. Quand je croirai avoir cueilli l’abricot, je ne refuse pas de le vendre, ni qu’on batte des mains s’il est bon. – D’ici là, je ne veux pas flouer le public. Voilà tout.

7 - à Colet Louise, Croisset, 26 juin 1852

Lettre n° 434   

Ce qui fait moi que je suis si long c’est que je ne peux penser le style que la plume à la main et je patauge dans un gâchis continuel que je débrouille déblaye à mesure qu’il s’augmente. – Mais pr des vers c’est plus net. La forme est toute voulue. – La bonne prose prtant doit être aussi précise que le vers et sonore comme lui.

8 - à Colet Louise, Croisset, 05 juillet 1852

Lettre n° 438   

C’est prquoi je déteste la poésie parlée, la poésie en phrases. – Pr les choses qui n’ont pas de mots, le regard suffit. – Les exhalaisons d’âme, le lyrisme, les descriptions, je veux de tout cela en style. Ailleurs c’est une prostitution, de l’art, et du sentiment même.

9 - à Colet Louise, Croisset, 22 juillet 1852

Lettre n° 443   

mais quant à l’exécution, que de faiblesses, que de faiblesses mon Dieu ! Il ne me paraît pas non plus impossible de donner à l’analyse psychologique la rapidité, la netteté, l’emportement d’une narration purement dramatique. Cela n’a jamais été tenté et serait beau. Y ai-je réussi un peu ? Je n’en sais rien. À l’heure qu’il est je n’ai aucune opinion nette sur mon travail.

10 - à Colet Louise, Croisset, 22 juillet 1852

Lettre n° 443   

Médite donc plus avant d’écrire et attache-toi au mot. Tout le talent d’écrire ne consiste après tout que dans le choix des mots. C’est la précision qui fait la force. Il en est en style comme en musique : ce qu’il y a de plus beau et de plus rare c’est la pureté du son.

11 - à Colet Louise, Croisset, 01 septembre 1852

Lettre n° 452   

Il ne faut pas rêver, en vers. Mais donner des coups de poing.

12 - à Colet Louise, Croisset, 13 septembre 1852

Lettre n° 457   

Je veux (& j’y arriverai) te voir t’enthousiasmer d’une coupe, d’une période, d’un rejet, de la forme en elle-même, enfin, abstraction faite du sujet, comme tu t’enthousiasmais autrefois pr le sentiment, pr le cœur, pr les passions.

13 - à Colet Louise, Croisset, 22 novembre 1852

Lettre n° 467   

Il en est de même du style, la correction fait son éclat.

14 - à Colet Louise, Croisset, 28 novembre 1852

Lettre n° 468   

Soyons exacts. La précision c’est la force.

15 - à Colet Louise, Croisset, 28 novembre 1852

Lettre n° 468   

Les tournures lyriques lorsqu’elles trop chargées sont comme l’eau-de-vie. « On dit que de donner boire un petit verre ça renforcit, j’en ai bu vingt-trois et je ne me tiens pas sur mes jambes », disait un ivrogne. Il y a bien des phrases qui pourraient en dire autant.

16 - à Bouilhet Louis, Croisset, 26 décembre 1852

Lettre n° 475   

Par affinité d’esperits animaulx et secrète conionction d’humeurs absconses, ie me suys treuvé estre ceste septmaine hallebrené de mesme fascherie, à la teste aussy, au dedans, voyre ; pour ce que toutes sortes grouillantes de papulles, acmyes, phurunques et carbons (allégories innombrables et métaphores incongrues, ie veux dire) tousiours poussoyent emmy mes phrases, contaminant par leur luxuriance intempestive, la nice contexture d’icelles. 

17 - à Bouilhet Louis, Croisset, 26 décembre 1852

Lettre n° 475   

Je m’esgare, je croys, et mon devis sent la phrénésie Delphique et transport hyperbolique. Si pourtant ne vay-ie tourner mon style, car vous sais-ie compaignon aymant aulcune phantaisie et phantastiquerie, et conchiez de dédain et contemnation (ès continents Apolloniques) ces tant coincts jardinets, à ifs taillés et gazons courts, où l’on n’a place pour ses coudes ne ombre pour sa teste.

18 - à Colet Louise, Croisset, 03 janvier 1853

Lettre n° 480   

La matière est qque chose de si lourd à porter pr l’idée, (et de si embêtant de sa nature en soi), qu’on n’en allège sur le poids que par la perfection d'elle même.

19 - à Colet Louise, Croisset, 12 janvier 1853

Lettre n° 482   

tout cela n’a pas été assez creusé peut-être. Car ces distinctions de la pensée & du style sont un sophisme. Tout dépend de la conception.

20 - à Colet Louise, Croisset, 15 janvier 1853

Lettre n° 483   

Il faut chanter dans sa voix, et/or la mienne ne sera jamais dramatique ni attachante. – Je suis convaincu d’ailleurs que tout est affaire de style, ou plutôt de tournure, d’aspect.

21 - à Colet Louise, Croisset, 29 janvier 1853

Lettre n° 486   

Où est donc le style ? En quoi consiste-t-il ? Je ne sais plus du tout ce que ça veut dire. Mais si, mais si pourtant ! Je me le sens dans le ventre.

22 - à Colet Louise, Croisset, 23 février 1853

Lettre n° 488   

Je ne sais ce qu’il en sera de ma Bovary, mais il me semble qu’il n’y aura pas une phrase molle. C’est déjà beaucoup. Le génie, c’est Dieu qui le donne. Mais le talent nous regarde. Avec un esprit droit, l’amour de la chose, et une patience soutenue, on arrive à en avoir. La correction (je l’entends dans le plus haut sens du mot) fait à la pensée ce que l’eau du Styx faisait au corps d’Achille. Elle la rend invulnérable, et indestructible.

23 - à Colet Louise, Croisset, 14 mars 1853

Lettre n° 495   

Nous nous étions acharnés à enlever les mauvaises assonances, à faire des liaisons (chose qui ne te préoccupe pas assez).

24 - à Colet Louise, Croisset, 27 mars 1853

Lettre n° 500   

La forme est la chair même de la pensée, comme la pensée en est l’âme, la vie. Plus les muscles de votre poitrine seront larges, plus vous respirerez à l’aise.

25 - à Colet Louise, Croisset, 27 mars 1853

Lettre n° 500   

C’est là ce que je demande, écrire raisonnablement et c’est déjà bien de l’ambition. Néanmoins il y a une chose triste, c’est de voir combien les gds hommes arrivent aisément à l’effet en dehors de l’Art même. Quoi de plus mal bâti que bien des choses de Rabelais, Cervantès, Molière et d’Hugo ? Mais quels coups de poing subits ! Quelle puissance dans un seul mot ! Nous, il faut entasser l’un sur l’autre un tas de petits cailloux pr faire nos pyramides qui ne vont pas à la centième partie des leurs, lesquelles sont d’un seul bloc. Mais vouloir imiter les procédés de ces génies-là, ce serait se perdre. Ils sont gds, au contraire, parce qu’ils n’ont pas de procédés. Hugo en a beaucoup, c’est là ce qui le diminue. Il n’est pas varié, il est constitué plus en hauteur qu’en étendue.

26 - à Colet Louise, Croisset, 31 mars 1853

Lettre n° 501   

Il faut, pr bien faire une chose, que cette chose-là rentre dans votre constitution. Un botaniste ne doit avoir ni les mains, ni les yeux, ni la tête faits comme un astronome, & ne voir les astres que par rapport aux herbes. De cette combinaison de l’innéité & de l’éducation résulte le tact, le trait, le goût, le jet enfin l’illumination. Que de fois ai-je entendu dire à mon père qu’il devinait des maladies sans savoir à quoi ni en vertu de quelles raisons ! Ainsi le même sentiment qui lui faisait d’instinct conclure le remède, doit nous faire tomber sur le mot. On n’arrive à ce degré-là que quand on est né pr le métier d’abord, & ensuite qu’on l’a exercé avec acharnement pendant longtemps.

27 - à Colet Louise, Croisset, 01 juin 1853

Lettre n° 515   

La condition d’honnêteté, c’est le style, voilà tout.

28 - à Colet Louise, Croisset, 02 juin 1853

Lettre n° 518   

Ah ! quand donc pourrai-je écrire en toute liberté un sujet Pohétique ? Car le style à moi, qui m’est naturel, c’est le style dithyrambique et enflé : Je suis un des gueulards au désert de la vie.

29 - à Colet Louise, Croisset, 06 juin 1853

Lettre n° 519   

Mais je répète encore une fois que jusqu’à nous, jusqu’aux très modernes, on n’avait pas l’idée de l’harmonie soutenue du style. Les qui, les que enchevêtrés les uns dans les autres reviennent incessamment dans ces gds écrivains-là. Ils ne faisaient nulle attention aux assonances, leur style très souvent manque de mouvement, et ceux qui ont du mouvement (comme Voltaire) sont secs comme du bois. Voilà mon opinion. Plus je vais, moins je trouve les autres, et moi aussi, bons.

30 - à Colet Louise, Croisset, 25 juin 1853

Lettre n° 525   

Je voudrais faire des livres où il n’y eût qu’à écrire des phrases (si l’on peut dire cela), comme pour vivre il n’y a qu’à respirer de l’air. Ce qui m’embête, ce sont les malices de plan, les combinaisons d’effets, tous les calculs du dessous et qui sont de l’Art pourtant, car l’effet du style en dépend, et exclusivement.

31 - à Colet Louise, Croisset, 28 juin 1853

Lettre n° 526   

C’est si facile de bavarder sur le beau. Mais pr dire en style propre « fermez la porte », ou « il avait envie de dormir » il faut plus de génie que pr faire tous les cours de littérature du monde.

32 - à Colet Louise, Croisset, 02 juillet 1853

Lettre n° 527   

La prose doit se tenir droite d’un bout à l’autre, comme un mur portant son ornementation jusque dans ses fondements & que, dans la perspective, ça fasse une gde ligne unie. Oh ! si j’écrivais comme je sais qu’il faut écrire, que j’écrirais bien ! Il me semble prtant que dans ces 114 pages il y en a beaucoup de roides & que l’ensemble, quoique non dramatique, a l’allure vive.

33 - à Colet Louise, Trouville-sur-Mer, 26 août 1853

Lettre n° 543   

quand j’écris qq chose de mes entrailles, ça va vite. Cependant voilà le péril. Lorsqu’on écrit qq chose de soi, la phrase peut être bonne par jets (et les esprits lyriques arrivent à l’effet facilement & en suivant leur pente naturelle), mais l’ensemble manque, les répétitions abondent, les redites, les lieux communs, les locutions banales. Quand on écrit au contraire une chose imaginée, comme tout doit alors découler de la conception & que la moindre virgule dépend du plan général, l’attention se bifurque. Il faut à la fois ne pas perdre l’horizon de vue & regarder à ses pieds.

33b - à Colet Louise, Trouville-sur-Mer, 26 août 1853

Lettre n° 543   

Je suis dévoré maintenant par un besoin de métamorphoses. Je voudrais écrire tout ce que je vois, non tel qu’il est, mais transfiguré. La narration exacte du fait réel le plus magnifique me serait impossible. Il me faudrait le broder encore. Les choses que j’ai le mieux senties s’offrent à moi transposées dans d’autres pays & éprouvées par d’autres personnes. Je change ainsi les maisons, les costumes, le ciel, etc.

 

34 - à Colet Louise, Trouville-sur-Mer, 26 août 1853

Lettre n° 543   

Le détail est atroce, surtout lorsqu’on aime le détail comme moi. Les perles composent le collier, mais c’est le fil qui fait le collier. Or, enfiler les perles sans en perdre une seule & toujours tenir son fil de l’autre main, voilà la malice.

35 - à Colet Louise, Croisset, 07 septembre 1853

Lettre n° 546   

Je tâcherai de faire voir prquoi la critique esthétique est restée si en retard de la critique historique et scientifique : on n’avait point de base. La connaissance qui leur manque à tous, c’est l’anatomie du style, savoir comment une phrase se membre et par où elle s’attache. On étudie sur des mannequins, sur des traductions, d’après des professeurs, des imbéciles incapables de tenir l’instrument de la Science qu’ils enseignent, une plume, je veux dire, et la vie manque ! l’amour ! l’amour, ce qui ne se donne pas, le secret du bon Dieu, l’âme, sans quoi rien ne se comprend.

36 - à Colet Louise, Croisset, 26 septembre 1853

Lettre n° 551   

Il faut se faire des harems dans la tête, des palais avec du style, et draper son âme dans la pourpre des grandes périodes.

37 - à Colet Louise, Croisset, 17 octobre 1853

Lettre n° 556   

Je sais ce que c’est que de mettre en style des sujets communs. Cette scène que je recommence était froide comme glace. Je vais faire du P. de Kock. On va toujours du guindé au canaille. Pour éviter le commun on tombe dans l’emphase et, d’autre part, la simplicité est si voisine de la platitude !

37b  - à Colet Louise, Croisset, 25 octobre 1853

Lettre n° 558   

Tant pis, ç’aura été une bonne école. J’aurai appris à faire du dialogue et du portrait. J’en écrirai d’autres !

 

38 - à Colet Louise, Croisset, 18 décembre 1853

Lettre n° 569   

La continuité constitue le style, comme la Constance fait la Vertu. – Pour remonter les courants, pr être bon nageur, il faut que, de l’occiput jusqu’au talon, le corps soit couché sur la même ligne. – on se ramasse comme un crapaud & l’on se déploie sur toute sa surface, en mesure, de tous les membres, tête basse et serrant les dents. L’idée doit faire de même il faut à travers les mots. – & ne point clapotter, en tapant de droite et de gauche, ce qui n’avance à rien – & fatigue.

39 - à Colet Louise, Croisset, 15 janvier 1854

Lettre n° 579   

Crois bien que je ne suis nullement insensible aux malheurs des classes pauvres, etc. Mais il n’y a pas en littérature de bonnes intentions : le style est tout.

3 - à Colet Louise, Croisset, 15 janvier 1854

Lettre n° 579   

dans La Servante, tu n’as pas exprimé tes idées par des faits ou des tableaux. Il faut avant tout, dans une narration, être dramatique, toujours peindre ou émouvoir, et jamais déclamer.

40 - à Colet Louise, Croisset, 19 février 1854

Lettre n° 585   

Et c’est pour cela que la phrase de la meilleure intention rate son effet, dès qu’il s’y trouve une assonance, ou un pli grammatical.

41 - à Colet Louise, Croisset, 25 mars 1854

Lettre n° 594   

tu travailles encore trop vite. Rappelle-toi le vieux mot précepte du père Boileau : « faire écrire difficilement des vers faciles ». – Songe donc ce que c’est qu’une œuvre de deux mille vers à corriger ! – il faut retourner tous les mots, sous tous leurs côtés, & faire comme les pères Spartiates, les jeter impitoyablement au néant, s'ils ceux qui ont les pieds boiteux ou la poitrine étroite.

42 - à Colet Louise, Croisset, 07 avril 1854

Lettre n° 596   

Il faut que les phrases s’agitent dans un livre comme les feuilles dans une forêt, toutes dissemblables en leur ressemblance.

43 - à Bouilhet Louis, Croisset, 13 septembre 1855

Lettre n° 622   

Tu me dis que le style t’emmerde. Pas plus que moi, je t’assure.

44 - à Bouilhet Louis, Croisset, 01 juin 1856

Lettre n° 640   

Je biffe les mouvements (extra)-lyriques. J’efface beaucoup d’inversions et je persécute les tournures, lesquelles vous déroutent de l’idée principale.

45 - à Bouilhet Louis, Croisset, 07 juillet 1856

Lettre n° 642   

je lime et gratte des phrases avec acharnement. – Et je vais bientôt me mettre à faire du neuf si j’en ai le cœur. Je crois qu’il y a peut-être moyen de rendre cela lisible ; il me semble que j’entrevois, par moments, un plan fort net, et presque mathématique. Je me trompe sans doute, et en cas que je ne me trompe pas, l’y verra-t-on ? En tout cas, je veux amener la chose à un diapason de style le plus congru possible.

46 - à Bouilhet Louis, Croisset, 31 août 1856

Lettre n° 651   

Tu m’aideras à boucher les trous du plan, à torcher les phrases merdeuses, et à ressemeler les périodes mollasses, qui bâillent par leur milieu, comme une botte décousue.

47 - à Feydeau Ernest, Croisset, 06 août 1857

Lettre n° 763   

Et les affres de la phrase commenceront, les supplices de l'assonance, les tortures de la période !

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