Normandismes

 
 
Ce relevé a été fait au cours des transcriptions. Il n'est sans doute pas exhaustif.
Pour retrouver les mots dans leur contexte, utilisez le moteur de recherche et la fonction "mot avec troncature".
Ainsi, "chucott" donnera chucotta (2) et chucotté (1).
Seuls les mots en caractères gras sont restés dans le texte édité.
 
     
 
Mot
Définition
Extraits du manuscrit
Bernic interj.  Bernique - Exprime le désappointement : rien !  « Quand j'étais payeur à Valenciennes j'ai vu abattre en une matinée vingt quatre pièces, au marais. Mais ici – bernic ! c'est un si piètre pays sous tous les rapports. »
Bidette n.f.  Féminin du nom bidet, petit cheval de selle ou de trait léger.   Charles « aurait eu aussi grand besoin d'une autre bidette ».
Boc n.m.  Voiture à chevaux ressemblant au tilbury. « Un mercredi, à trois heures, M. et madame Bovary, montés dans leur boc, partirent pour la Vaubyessard. »
Bouillerie n.f.  Bâtiment de la ferme où l'on distille l'eau-de-vie obtenue à partir de la pomme.  « Isidore n'osait pas seulement monter sur le toit de la bouillerie pour lui cueillir des iris»
Chaper v.i. Marcher en allant et en revenant fréquemment sur ses pas, comme font les chapiers pendant l'office religieux.
« quelques uns qui chapent dans la rue
pour voir arriver Mr Canivet. »
Charcuitier
Charcuiterie
n.m. Charcutier.
n.f.  Charcuterie.
« Pour arriver à ses fins, la mère Bovary fut obligée de les évincer tous ; elle déjoua même avec habileté les intrigues d'un charcuitier du voisinage qui était soutenu par les prêtres. »
Charrer v. i. Babiller, jaser Paysans sur la chaussée - les lauréats en couronnes de peuplier. - théodore & Félicité (se charrant)  
Cheminot n.m.  Sorte de gâteaux, en forme de turban, que l'on mange pendant le carême avec du beurre salé.  « Il tenait à sa main dans un foulard, six cheminots pr son épouse. »
Chucotter v.i. et t.  Chuchoter. Léon « chucotta d'une voix tremblante ».
Conséquent adj.  Considérable, important. Toujours employé avec des termes se rapportant à l'argent. « - Cela me fait de la peine, parole d'honneur, de vous voir vous dessaisir tout d'un coup d'une somme aussi conséquente que celle-là. »
Crassineux adj.  Temps de crachin et de brume. « Aujourd'hui le temps est si crassineux qu'à moins d'avoir la plume collée au bout du canon... »
Croquet n. m. Crochet. Emma « fait sauter le croquet » pour ouvrir la porte du grenier.
Débouliner v.i.  Synonyme de débouler : tomber en roulant de haut en bas ; dégringoler.  « Il lâchait prise et il tombait, comme un paquet déboulinant de la bâche ».
Dégouginer v.t.  Déniaiser.  Pendant ses études à Rouen, Charles « se dégougine ».
Dégoutteler v.i.  Verbe dérivé de dégoutter : tomber goutte à goutte.  Le père Rouault accourait « tout penché sur son cheval, qu'il bâtonnait à grands coups, et dont les sangles dégouttelaient de sang.»
Dinde n.m.  Nom masculin, dindon mâle.  « Vers la fin de février le père Rouault, en souvenir de sa guérison apporta à son gendre, un dinde superbe. »
Dissiper v.t.  Faire cesser les soucis de quelqu'un; distraire, amuser.  « Voilà le printemps bientôt ; nous vous ferons tirer un lapin dans la garenne, pour vous dissiper un peu. »
Donner un galop loc.verb.  Adresser une forte réprimande.  Le docteur Larivière avait « donné un galop » à Canivet à propos de l'émétique.
Écorer (s') v.t.  S'appuyer sur. 

« Il était plus solide sur cette jambe et il s'écorait dessus de préférence.»

Effiloquer
Effiloqures
v.t.  Forme régionale pour effilocher
n.f.  Forme régionale pour effilochures. 
« Les rubans de satin, à liséré d'argent, s'effiloquaient par le bord ».
« la chair vive tout autour pendait en effiloqures rubicondes ».
Embricoler v.t.  Passer une lanière de cuir au cou d'une vache ou d'un cheval qui les empêche de brouter les arbres ou de manger les pommes dans les herbages.  « Par le trou des haies, on apercevait dans les masures quelques pourceaux sur un fumier ou des vaches embricolées, frottant leurs cornes contre le tronc des arbres. »
Enfle n.f.  Oedème, maladie du pis de la vache.  « Il a fallu que j'aille dans le Bas-Diauville pour une vache qui avait l'enfle. »
Epiauter v.t.  Arracher la "piau", la peau.  Homais range ses provisions dans son grenier et il y passe du temps à « ranger, épousseter, épiauter ».                   
Erifler v. t.  Frôler, passer aussi près que possible d'un objet sans le toucher ; érafler la peau.  Lorsqu' Emma danse, à la Vaubyessard, « en passant auprès des portes, sa robe, par le bas, s'érifle au pantalon » de son cavalier.
Escalopé Replié et fixé par une couture. Enroulé sur les bords. Ex : Les bavolets d'un bonnet, la ceinture d'Emma, les bords d'une tente en coutil, les feuilles de vigne sont escalopés.
Faire-valoir n.m.inv.  Ferme que l'on exploite, que l'on fait valoir. « Il pensait à louer au bas de la côte d'Argueil un faire-valoir - où l'on pouvait engraisser trois vaches, établir une porcherie ».
Fiafia n.m.  Fla-Fla. Faire du flafla : faire des embarras.  « Ce n'est pas la peine de faire tant de flafla, ni de se montrer le dimanche à l'église avec une robe de soie comme une comtesse ».
Forcir v.i.  Acquérir de la force.  « La mère Lefrançois le trouva grandi et maigri. tandis que Me Tuvache le trouva forci et un peu vieilli. »
Fossé n.m.  Talus autour des cours ou des herbages. « Il mangeait des mûres le long des fossés. »
Gloria n.m.  Coutume normande. Quatrième rasade de calvados, au café, après : "Faites vot'café" - "La rincette" - "La surrincette", et avant : " La déchirante" et le "Coup d'pied au cul !" Le père Rouault « aimait le gros cidre, les gigots saignants, les glorias longuement battus. »
Godefiche n.m.  Godfiche. Nom normand de la coquille Saint-Jacques. « Crème de turbot dans des godefiches ».
Guetter v. t.  Regarder.  « Guette ! guette ! [...] on jurerait une fontaine » dit le paysan en voyant son sang couler lorsque Charles lui fait une saignée. 
Guigner v. t. regarder du coin de l'oeil.
Mr Des Oserays de la Pamville venait s'acquitter envers Mr Bovary - Emma
guigna tout le temps le petit rouleau qu'il déposa.
Hurlade n.f.  Hurlements.  « Réaction de hurlades le soir, dans son lit. »
Locher v.t.  Secouer les branches d'un arbre pour en faire tomber les fruits.  « Et un gaillard qui n'a peur de rien ! une espèce d'écureuil, tel que vous le voyez, qui monte locher des noix à des hauteurs vertigineuses. »
Man n.m.  Larve de hanneton, ver blanc.  « On disait qu'il y aurait beaucoup de mans cet automne. »

Mangeard

adj.  Dépensier ; qui gaspille.  « Le père Rouault était économe quant à son métier, mais quelque peu mangeard, comme on dit, pour tout ce qui regardait son bien-être ».

Masure

Cour masure

n.f.  Cour plantée de pommiers et édifiée de bâtiments. Habitation rurale, ensemble de bâtiments d'une exploitation agricole (Pays de Caux).  « On vit le père Rouault qui s'essayait à marcher seul dans sa masure ».
« Par le trou des haies, ça et là, on apercevait dans les cours masures quelque pourceau sur un fumier. »
Matte n.f.  Lait coagulé par la chaleur de l'été ; lait caillé.  « Comme elle aimait les mattes, quand il avait été dans quelque ferme, il en rapportait une petite tartine dans son mouchoir, à cheval, allant au pas, de peur de la poussière . Elles arrivaient toute gâtées. »
Onchet n.m.  Bout de paille qui sert à jouer au jeu des onchets ou jonchets [aujourd'hui : le Mikado].  Franklin était « méditatif, ami de la symétrie et des jeux tranquilles ; il aimait les onchets, les crayons, les tours faites avec des dominos et les découpures de papier ».   
Peuple n.m.  Peuplier.  « Les peuples en lignes étendaient sur la prairie de grands carrés d'ombre ».
Picot n.m.  Dindon.  «  Eh bien je  reviendrai - je vous enverrai
tout de même un picot. »
Pomme de pigeon n. f. Pomme oeil de pigeon, variété de pomme à cidre.

La figure de Guillaumin « était luisante et rose comme une pomme de pigeon sur un cornet de papier ».

Pouche n.f.  Grand sac, généralement utilisé pour mettre les pommes de terre, et fait d'une toile très grossière.  « L'espèce de draperie grise, faite avec la toile des pouches, qui l'enveloppait, laissait voir sur sa poitrine osseuse des poils blancs ».
Pucher v.t.  Puiser.  « Hippolyte, le garçon d'écurie, tout en puchant de l'avoine à même le sac, dans le bahut près de la cheminée, écoutait les plaintes de Mme Lefrançois. »
Ragache adj. Querelleur. « Athalie avait un caractère ragache. »
Ravenelle n.f.  Giroflée sauvage.  « Elle retrouvait aux mêmes places les digitales et les ravenelles, les bouquets d'orties entourant les gros cailloux. »
Renelle n.f.  Trop-plein. Désigne à Rouen le ruisseau évacuant le trop-plein d'une fontaine.  Melle Lempereur demeurait rue de la Renelle des Maroquiniers. »
Riocher v.i.  Rioter. Ricaner, rire à petit bruit en se moquant.  M. Homais regarde Justin d'un air narquois et s'adresse à lui, « en riochant » un peu.
Super v.t.  Aspirer bruyamment un liquide avec sa bouche.  « Un flot de gens qui sortait du spectacle dérangeait Bovary en train de super son sorbet ».
Tabler (se)   v. pron. S'attabler.   « On se tablait à causer. L'heure s'avançait. »
Emma voit  « Homais et Léon tablés, un peu rouges ».
Tantôt adv.  Cet après-midi.  « Nous avons donc tantôt embarqué notre jeune homme ? »
Tringue n.f.  Tringle.  « À chaque fenêtre pendait de sa tringue un rideau de calicot ».
Use-tout n.m.  Petit instrument que l'on pose sur un chandelier pour finir d'user les chandelles et les bougies.  « Ils vivent à petit bouillons, avec des bouts de manches à leurs habits, des housses sur leurs fauteuils et des use-tout à leurs chandeliers. »
Vendue n.f.  Vente de meubles aux enchères ; vente aux enchères.  « Quand il fut mort, Me Bovary prit la fin du bail de sa maison et acheta à sa vendue son linge, son argenterie, ses meubles et sa bibliothèque ».
Vignot n.m.  Vigneau. Tertre aménagé dans un jardin, comportant une allée en hélice et planté de treilles.  « L'Hirondelle  glissait entre des jardins où l'on apercevait, par une claire-voie, des statues, un vignot, des ifs taillés et une escarpolette. Puis, d'un seul coup d'oeil, la ville apparaissait. »
 
 

Ouvrages consultés

Dictionnaires en ligne :

Glossaire du patois normand de Louis du Bois & augmenté par Julien Travers, 1856.
Dictionnaire normand-français mis en ligne par l’association Magène
Glossaire normand du Québec, 1880-1909.
Trésor de la langue française informatisé.
Littré, Grand Dictionnaire de la langue française, 1863.
Dictionnaire de patois normand d’Edelestand et Alfred Duméril, 1849.
Dictionnaire du patois du pays de Bray de l'abbé Decorde, 1852.
Lexilogos :
dictionnaires normands en ligne
Site consacré à la "langue normande"

En bibliothèque :
Dictionnaire du patois normand, de Moisy, 1887.
Dictionnaire du patois normand de Roger Dubos, 1994.
Les mots et les jours en pays de Caux de Rolande Niel, 1997.
Le parler normand entre Caux, Bray et Vexin par Francis Yard, 1998. Éd. Le Pucheux, 2007.