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Agrégée de lettres modernes et docteur ès lettres, je suis chargée de cours à l'Université Catholique de l'Ouest à Angers. 

J’ai publié en 2004 un ouvrage portant sur L'Esthétique de la dérision dans les romans de la période réaliste en France (1850-1870) : genèse, épanouissement et sens du grotesque (éditions Champion, collection "Romantisme et Modernités"), ouvrage qui s'intéresse notamment aux romans de Flaubert.

Flaubert est une vieille histoire : à un oral de concours, il a de nombreuses années, j’ai eu à expliquer la scène des noces de Charles et Emma. Je n’ai alors pas su établir des rapprochements avec le bal à la Vaubyessard : je l’avais oublié. Je connaissais le roman de loin — un souvenir de lycée — tout en prétendant pourtant aimer Flaubert.

Du coup, un an plus tard, j’ai engagé un DEA sur ses œuvres de jeunesse : pour aller voir tout cela de plus près. En quinze ans, j’ai gagné en complicité. Tout me parle aujourd’hui chez Flaubert : son ironie transcendantale, son côté provincial, sa lourdeur, ses blagues, son esprit potache, son désespoir actif, son attachement aux simples et aux taiseux qui seuls échappent à la bêtise, sa façon de vitupérer contre l’espèce humaine sans jamais s’exclure.

Quand je lis la correspondance, il me semble que je me promène dans mon jardin, je me sens familière et complice. Je m’associe à ses correspondantes : George Sand pour ses élucubrations socialistes, Mademoiselle Leroyer de Chantepie parce qu’elle est angevine, comme moi. Les jardins eux-mêmes, ceux qui peuplent ses romans et qui se répondent tant ils se ressemblent, me sont devenus une terra cognita.

Quand il s’est agi de transcrire une page du roman, j’ai regardé si la Vaubyessard ou la noce étaient libres… Et j’ai dû me rabattre sur un autre extrait !

Sandrine Berthelot habite à Orléans (Loiret).
Elle a transcrit la séquence 88 : Clichés de Homais sur Paris.