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Professeur en lycée, j’ai longtemps enseigné en ZEP.  J’avais lu, comme ces adolescents qui dévorent tout, entre autres, Salammbô et L’Education sentimentale ; à la Sorbonne j’ai étudié ce dernier roman. Ensuite, l’accablement ou la révolte devant la peinture des personnages de Madame Bovary, l’irritation que m’inspiraient les atermoiements d’Emma m’empêchèrent sans doute de mesurer ce que ces sentiments devaient au style unique de Flaubert. C’est bien plus tard, au cours de préparations, que j’ai apprécié la justesse et l’ironie de l’œuvre.

J’y suis revenue intriguée par l’homme Flaubert, à travers sa correspondance. Des phrases que j’ai encore en tête: « Le rossignol a encore gueulé toute la nuit » (Emma et ses rêveries nocturnes !), (à George Sand) « vous qui êtes du troisième sexe », « mon dernier chapitre qui me demandera encore trois mois », une détestation de l’ensemble de l’humanité et souvent l’évocation de ses jours de travail ininterrompus… Travailler sur les manuscrits, c’est mesurer cette somme de travail, c’est avoir accès aux repentirs des textes, c’est proprement voir l’œuvre se dessiner.

 Marie-Pierre Carlotti habite à Montrouge (Hauts-de-Seine).
Elle a transcrit les séquences 79 - 108 : Exaspération contre Charles - Lassitude de Rodolphe.