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Maître de conférences au département de musicologie de l’université de Rouen, j’ai soutenu une thèse sur les Musiciens et les répertoires de concert en France à la fin de l’Ancien Régime, placée sous la direction de Patrick Taïeb. Je suis membre du groupe de recherche RPCF (Répertoire des programmes de concert en France, 1700-1914), collectif de chercheurs français ayant pour objectif de publier prochainement une série de monographies et de chronologies événementielles sur l’évolution des formes du concert dans un lieu et dans une époque, à l’image du volume paru aux PURH en 2005 sur le Musée de Bordeaux (1783-1793). Je collabore au volume parisien (1773-1815), pilote le volet rouennais (1762-1840) et suis appelé à signer plusieurs contributions pour la réalisation collective d’une histoire du concert en France sous l’Ancien Régime.

Je dirige également une collection visant à décrire le patrimoine musical ancien conservé en Haute-Normandie, collection inscrite aux PURH en 2007, et inaugurée par la publication d’un premier volume en 2004 consacré à la bibliothèque ancienne du Théâtre des Arts de Rouen (1750-1880), conservée aujourd’hui à la Bibliothèque municipale de Rouen et composée exclusivement de matériels d’exécution. Ce vaste chantier patrimonial est aussi l’occasion de former les étudiants inscrits en Master de musicologie aux techniques d’archivage des sources musicales anciennes, notamment sur la base des nombreux fonds de sociétés philharmoniques, disséminés sur l’ensemble du territoire régional. Pour offrir une palette complète des gammes documentaires décrivant les richesses musicales de la région Haute-Normandie, le projet est étendu aux fonds d’instruments de musique et surtout aux manuscrits médiévaux haut-normands. Plusieurs nouveaux volumes sont en cours de réalisation, dont quatre à paraître en 2008 : le don Théodore Bachelet, éminent professeur d’histoire du Lycée de Rouen et collectionneur de manuscrits musicaux rares des XVII, XVIII et XIX e siècles (Rouen, BmR) ; les fonds musicaux anciens du Conservatoire de Rouen, volume signé par Myriam La Bruyère (Rouen) ; le premier volume du catalogue des manuscrits liturgiques médiévaux consacré aux offices de Jumièges entre le XI e siècle et le XV e siècle, signé par Olivier Diard (Rouen, BmR) ; les instruments de musique occidentaux et mécaniques, signé par Jean-Yves Rauline et Nathalie Racine (Région Haute-Normandie). Deux autres volumes sont déjà programmés pour 2009 : le legs Sanson-Boieldieu, composé entre autres d’un choix important d’autographes du compositeur de la Dame blanche (Rouen, BmR) ; la bibliothèque de Camille Saint-Saëns, cédée de son vivant à la ville de Dieppe par le compositeur (CAC Jean Renoir et Musée-Châteaux).

J’organise avec Patrick Taïeb, Professeur des Universités (université de Rouen), un séminaire de dépouillement de la presse rouennaise entre les origines en 1762 et l’incendie du premier Théâtre des Arts en 1876. L’objectif est de compiler l’ensemble des données culturelles, pour constituer à moyen terme un outil de consultation qui serait une chronologie événementielle de la vie musicale et théâtrale à Rouen. Depuis 1998, nous avons ainsi récolté plusieurs milliers de fiches entre 1762 et la Restauration.

Enfin, je commence une étude importante autour des écrits du compositeur rouennais François-Adrien Boieldieu (1775-1834), étude inscrite dans un projet ANR en cours d’élaboration : catalogue thématique de son œuvre, éditions critiques de sa correspondance, de ses relations de voyage et des partitions importantes.

Et Flaubert dans tout cela ?
Mon premier amour pour Flaubert fut Salammbô. Le style – je m’en souviens, j’étais en seconde – me semblait chargé dans les premières pages. Il faut dire que je sortais de ModeratoCantabile de Duras et de l’Étranger de Camus, rien à voir. Une fois acclimaté à la plume de Flaubert, je me souviens avoir été soudainement aspiré par ce roman et contraint à une lecture frénétique qui devait m’occuper durant tout un week-end prolongé à la campagne. J’en étais sorti exténué, mais ravi et transporté par, en définitive, la belle écriture de Flaubert.
Un peu plus tard, ce fut le tour de Madame Bovary, qui n’a pas rencontré le même succès, car j’avoue l’abandon du roman à la page 90 de mon édition Livre de Poche ornée du tableau de James Tissot. Il faut dire aussi que j’étais dans ma période Balzac et que les Faux-Monnayeurs de Gide avaient frappé à ma porte. Puis, beaucoup plus tard, je me souviens avoir repris le livre en main et de n’avoir pas compris ce qui avait pu me lasser quelques années auparavant. Je déteste l’adaptation cinématographique de Madame Bovary avec Isabelle Huppert, mais je suis le plus grand admirateur de la version Druillet de Salammbô en bande dessinée.

Ma rencontre avec Yvan Leclerc, je m’en souviens, c’était en 1996 – lui ne doit pas s’en souvenir – alors que j’organisais un « Salon du livre » pour l’université de Rouen, dans le cadre de mes obligations militaires (comme quoi) et que M. Leclerc publiait ce livre magnifique sur les plans et scénarios de Madame Bovary. Il y a aussi Maria Callas dans Lucia Di Lammermoor de Donizetti et le fonds du Théâtre des Arts, à la notice 461 du catalogue, qui décrit le matériel exécuté pour l’une de ces soirées ayant pu inspirer Flaubert pour la fameuse scène du Théâtre (que j’aurais rêvé transcrire !).
À ce propos, je me souviens avoir utilisé le roman de Madame Bovary pour illustrer un Trésor à la page présenté à la Bibliothèque municipale de Rouen en 2002 : la lecture que je faisais de la scène du Théâtre était entrecoupée par la diffusion des séquences musicales correspondantes dans Lucia. Je me souviens alors avoir été intimidé par la présence d’Yvan Leclerc, qui était venu me saluer à la fin. C’était ma deuxième rencontre avec lui. À la troisième rencontre, nous échangeâmes des protocoles d’indexation et je découvrais la sublime Correspondance de Flaubert.

Un peu tardivement, je suis tombé sur le projet de transcription et parmi les séquences restantes, j’ai choisi la séquence 57, par goût pour la conversation et la gastronomie, par intérêt pour la bibliothèque du bourgeois du XIXe siècle, et par simple plaisir de participer à une formidable aventure.

Johann Elart habite à Rouen (Seine-Maritime).
Il a transcrit la séquence 57 : Conversation Emma-Léon .