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Longtemps professeur détaché en coopération en Afrique francophone puis professeur de lettres en Guyane, le temps que j’ai passé sous les tropiques aurait dû me prédestiner à transcrire les brouillons de Salammbô, mais le Centre Flaubert n’en est pas encore là, et mon illusoire vocation ne m’a amené à me consacrer qu’à quelques feuillets de la troisième partie de Madame Bovary. De mon admiration pour Flaubert ou de mon amitié pour Danielle Girard, sans vouloir faire injure à l’illustre maître, c’est plutôt la seconde qui aura été la plus déterminante dans ma participation à ce groupe de travail. J’ai en effet avec Danielle au moins deux points communs qui sont un certain goût pour l’internet mutualisé au service de l’enseignement des lettres et les loisirs sans limite de ceux qui n’ont plus à être présents quotidiennement devant leurs élèves.

Ce que m’aura apporté la transcription des brouillons de Madame Bovary ? Une plus grande intimité avec leur auteur, comme si une porte du gueuloir de Croisset s’était entrouverte et qu’il m’avait été loisible d’entrevoir Flaubert courbé sur sa table dans son effort de création. Cette écriture rapide, ces surcharges, ces corrections et ces mots biffés, ces passages refaits cinq, six, sept fois avant de les confier au copiste ; un mot barré, remplacé par un autre, puis réécrit au-dessus, rayé à nouveau auquel est substitué en définitive un dernier terme ; ces syllabes soulignées pour traquer les sonorités déplaisantes c’est ce que j’aurai scruté avec patience, comme les autres transcripteurs, avec difficulté parfois, émotion et respect toujours.

Jacques Gysin habite à Paris.
Il a transcrit les séquences 201 - 211 : Homais pontifie devant Larivière - Dettes à payer et découverte de la lettre de Rodolphe.