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Mai
2006, j'ai 29 ans et un bébé de 3 mois qui m'a fait connaître
les plaisirs et angoisses de la création. Je n'ai pas pu
reprendre le brouillon de mon chef-d'oeuvre avant la parution
mais j'ai mieux compris la persévérance des grands écrivains
et j'ai pensé plus d'une fois aux brouillons de Flaubert !
J'ai
pris connaissance du projet de la transcription par le biais
d'une amie. Flaubert était loin d'être mon auteur favori
mais je connaissais sa réputation de perfectionniste et j'avais
lu certaines de ses lettres parlant de son travail. Je n'avais
pas gardé un souvenir extraordinaire de Madame Bovary étant
donné que je l'avais lu par obligation. Par contre, je gardais
un bon souvenir des études de texte portant sur des extraits.
Ce qui m'a surtout
poussée à m'engager dans ce projet était ma situation
professionnelle : lors du lancement du projet, j'entrai
dans l'enseignement dans une classe de seconde où le programme
nous engageait à travailler les brouillons. Je me suis dit :
"autant se frotter à l'exercice pour mieux l'étudier !"
J'ai pris l'extrait à transcrire au hasard et j'ai eu un grand
plaisir à le travailler. Lire les diverses tentatives d'écriture
pour un passage qui n'apparaît pas comme crucial est
passionnant car on (re)prend conscience de l'importance de
chaque mot et de leur ordre ! J'ai traversé de grandes périodes
de travail intensifs et passionnants suivis de grands
abandons... peur de ne pas faire assez bien, fatigue de recopier
sur ordinateur...
Mais ce qui me motivait toujours, c'était de penser qu'on était
nombreux dans toute la France à travailler à ce projet.
Cette idée est formidable et marque un grand pas pour le
travail littéraire !
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