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À
l’autre bout du monde, en Thaïlande, j’ai connu Flaubert à
l’université. J’ai étudié en licence les romans du XIXe
siècle et en maîtrise, plus précisément, Flaubert. Mon mémoire
portait sur le thème de la passion dans L’Éducation
sentimentale. Est-ce pour cela que Flaubert est devenu mon
auteur préféré ? Je dirais que c’est plutôt grâce à un
professeur qui a pu me fournir suffisamment de documents pour
commencer mes recherches.
Après mes études, Flaubert
s’est perdu dans les paquets de copies que j’ai dû corriger
chaque jour au lycée où j’enseignais le français. Il a
resurgi quand j’ai décidé de venir faire un doctorat en
France. Ce serait plus facile d’approfondir quelque chose
qu’on connaît, non ? Il me fallait tout de même trouver un
projet de recherche assez innovant, au moins aux yeux des
intellectuels de mon pays. Une amie, professeur de lettres à
l’Université Chulalongkorn de Bangkok où je faisais mes études,
m’a alors montré un article dans une revue littéraire thaïlandaise,
Lok Nang-Sue (Le Monde des livres). C’est là
que j’ai vu pour la première fois une page manuscrite de
Flaubert.
Évidemment, une page ne
suffisait pas. Donc, me voici à Rouen, pays de Flaubert et de
ses manuscrits, et depuis deux ans aux prises avec les
brouillons de Madame Bovary. Malgré quelques difficultés
de langue, j’oserais dire que le défi du déchiffrement et la
curiosité de découvrir ce qui y est caché me passionnent énormément.
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