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Professeur de Lettres modernes en Lycée, je n’ai pas hésité à entrer dans le projet de la transcription des manuscrits de Madame Bovary, lorsque celui-ci a été proposé à des enseignants, voyant là une occasion concrète de traiter un des objets d’étude au programme de la classe de Seconde : « Le travail de l’écrivain ».

Les élèves ont immédiatement adhéré à cette initiative qui s’inscrivait dans le projet pédagogique de l’année et qui avait, pour ces adolescents, deux mérites essentiels : celui de « travailler autrement », grâce à l’informatique et celui de participer à une entreprise qui dépassait le cadre du lycée, comme ils ont pu le voir en allant sur le site de l’Université de Rouen.

La surprise a été grande lorsqu’ils ont vu que pour une page de leur édition, nous devions déchiffrer 18 folios, soit autant de pages de « brouillon »… Inimaginable pour des élèves qui se contentent souvent d’un seul jet, celui de leur copie.

Le travail de déchiffrage s’est effectué par binôme, chacun d’eux ayant en charge un folio. Dans un premier temps, les élèves se sont « familiarisés » avec l’écriture de Flaubert, transcrivant les folios photocopiés en format A3, puis complétant leur recherche à l’écran.

Cette démarche de recherche s’est présentée à eux comme une enquête, une traque, certains avançant plus rapidement dans leur page, soit par intuition, soit parce que celle-ci était plus lisible. Certains ont peiné devant les nombreuses ratures, les mots biffés, l’écriture même de Flaubert qui résistait. Mais chaque découverte permettait d’avancer, les recoupements d’un folio à l’autre ont été d’une aide précieuse, relançant la curiosité de chacun quand celle-ci s’émoussait.
Ainsi ont-ils pris conscience de cette phase de la création littéraire, des hésitations de Flaubert, de son exigence et ont compris les propos tenus dans les lettres que l’auteur adresse à ses amis et surtout à Louise Colet. De même, l’expression « l’épreuve du gueuloir » a trouvé, à ce moment-là tout son sens.

La phase informatique de transcription, plus complexe, leur a fait prendre conscience de l’ampleur et de la finalité de l’aventure collective à laquelle ils ont participé modestement mais avec un enthousiasme partagé.

Voir sur le site le « produit fini » de leur transcription les a rendus très fiers de leur travail, et je les remercie d’avoir partagé, pour ma dernière année d’enseignement, une expérience si exaltante.
Merci à eux et aux initiateurs de ce projet !

Les élèves de seconde du lycée Fénelon à Toulon (Var) 
ont transcrit la séquence 141 : Visite de Léon à l'hôtel d'Emma
avec leur professeur, Yvette Vial.