Flaubert juge l'école réaliste

Extraits de la Correspondance
 

• « On me croit épris du réel, tandis que je l'exècre ; car c'est en haine du réalisme que j'ai entrepris ce roman. »
[À Edma Roger des Genettes, octobre 1856].

« Et notez que j’exècre ce qu’on est convenu d’appeler le réalisme, bien qu’on m’en fasse un des pontifes. »
[À George Sand, 6 février 1876].

« Ne me parlez pas du réalisme, du naturalisme ou de l'expérimental ! J'en suis gorgé. Quelles vides inepties ! »
[À Guy de Maupassant, 21 octobre 1879].

« Et le manifeste politique de Zola menaçant la République de sombrer, si elle n'arbore l'étendard du réalisme ! Naturalisme, pardon ! drôle ! drôle ! »
[À Edmond de Goncourt, 24 avril 1879].

« Et puis, que signifie « le triomphe certain de notre combat » dans la dédicace ? Quel combat ? Le Réalisme ! Laissez donc ces puérilités-là de côté. Pourquoi gâter des oeuvres par des préfaces et se calomnier soi-même par son enseigne ! »
[À Paul Alexis, 1er février 1880 à propos de Monsieur Mure]

« Cette manie de croire qu'on vient de découvrir la nature et qu'on est plus vrai que les devanciers m'exaspère. La Tempête de Racine est tout aussi vraie que celle de Michelet. Il n'y a pas de Vrai ! Il n'y a que des manières de voir. Est-ce que la photographie est ressemblante ? pas plus que la peinture à l'huile, ou tout autant.
      À bas les écoles quelles qu'elles soient ! À bas les mots vides de sens ! À bas les Académies, les Poétiques, les Principes ! Et je m'étonne qu'un homme de votre valeur donne encore dans des niaiseries pareilles ! [...]
      Dieu sait jusqu'à quel point je pousse le scrupule en fait de documents, livres, informations, voyages, etc... Eh bien, je regarde tout cela comme très secondaire et inférieur. La vérité matérielle (ou ce qu'on appelle ainsi) ne doit être qu'un tremplin pour s'élever plus haut.»

[À M. Léon Hennique, 2-3 février 1880].

Recherches personnelles