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Madame
Cottin
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Un roman "troubadour" L'aimable
Bérengère et la tendre Mathilde, l'une épouse et
l'autre sur de Richard Coeur-de-Lion, s'embarquent sur un navire
pour rejoindre les croisés en Palestine. Elles tombent entre
les mains de Malek-Adhel, frère de Saladin. Malek-Adhel est le
type du paladin invincible, généreux, passionné
et courtois avec les dames ; il tombe amoureux de sa captive, et, à
travers toutes les résistances de la pudeur effarouchée,
il finit par comprendre qu'il est aimé, que Mathilde lui accordera
sa main s'il veut se convertir au christianisme. |
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Inspiré par Chateaubriand Mathilde est l'ouvre capitale de Mme Cottin ; les procédés dramatiques et les analyses de passion employés par elle dans des romans qui peignent les réalités de la vie moderne vont se développer ici dans une action épique. Comme dans Claire d'Albe, comme dans Malvina, les deux héros luttent eux-mêmes contre leur propre passion ; seulement, dans Mathilde, le cadre de l'action est plus vaste, il embrasse toute une époque ; de nombreux caractères largement dessinés, une étude assez complète de l'histoire et une certaine préoccupation de la couleur locale, montrent une face toute nouvelle du talent de l'auteur. La critique n'a pas dit son dernier mot sur Mme Cottin, qui, à notre avis, semble avoir voulu suivre le mouvement de l'école moderne, dont Chateaubriand était alors le seul représentant. Mathilde, en effet, n'est autre chose qu'une imitation des Aventures du dernier des Abencérages. On y reconnaît l'application de théories littéraires nouvelles, peu comprises à leur apparition, mais qui devaient, vingt ans après, triompher magnifiquement dans les Méditations, les Odes et Ballades, etc. Ce roman eut un immense succès ; on le retrouve même aujourd'hui sur les rayons de nos bibliothèques, et les scènes principales, reproduites dans des gravures d'Épinal, se vendent encore dans les foires. Le héros du roman, le fameux Malek-Adhel, est surtout connu par les innombrables sujets de pendules qu'il a inspirés ; sa vogue même n'est pas encore épuisée. Les autres personnages, Philippe-Auguste, Richard Cur de Lion, Montmorency, Saladin, ont le même genre troubadour qui faisait pâmer de joie les lecteurs, sous l'Empire, et auquel nous devons l'inimitable Dunois de la romance. C'est un critérium de succès qu'il ne faut pas dédaigner de rappeler. Source
: Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle |
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Liens
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Le site Gallica
de la BnF propose les œuvres complètes de Sophie Cottin dont Claire d'Albe, Malvina, Mathilde T. 1, T. 2.
en mode texte, dans l'édition Ménard et Desenne, fils,
Paris, 1824. |
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