Madame de Genlis
     


Mauzaisse

Veillées du Château

ou

Cours de morale à l'usage des enfants

(1784)

       
     
Puis dans les livres du Second Âge, Morales en action, Exemples de la Jeunesse, Veillées du Château, son coeur s'était attendri aux charités enfantines qui, comme la fleur d'oranger, parfument cette littérature d'eau sucrée. [f° 1_84v] 
       
     

En 1784, Mme de Genlis devint gouverneur des fils du duc de Chartres (dont le futur roi Louis-Philippe), au Palais Royal.


       On peut distinguer en Mme de Genlis écrivain quatre époques, car elle vécut quatre-vingt-quatre ans, et ne mourut qu'à la fin d'octobre 1830, assez tard pour avoir vu son élève Louis-Philippe devenu roi.
       Sa première littérature, ses ouvrages publiés sous Louis XVI, avant 89, ont tous un rapport direct à l'éducation le Théâtre d'Éducation proprement dit (1779) ; Adèle et Théodore (1782) ; les Veillées du Château (1784), etc., etc. Ces ouvrages, remarquables par un intérêt facile, de fines observations et des portraits de société, un style coulant et clair, et de justes prescriptions de détail, sont tous plus ou moins gâtés par du romanesque, de la sensiblerie factice, de l'appareil théâtral ; et, sous leur première forme, ils ont fait leur temps. On ne peut désormais les réintroduire dans l'enseignement que moyennant révision et correction. [...]

Source : Sainte-Beuve, les Causeries du Lundi
Ed. Garnier Frères, tome III, pp.19 à 38, 1850



 

       Le baron de Montyon venait de fonder un prix pour l'ouvrage en prose qui serait jugé le plus utile. Les Conversations d'Émilie de Mme d'Épinay furent préférées à un ouvrage de Mme de Genlis intitulé : Adèle et Théodore. Vexée de ce qu'elle considérait comme une injustice, Mme de Genlis publia les Veillées du château ou Cours de morale à l'usage des enfants, dont le troisième volume, plein de fiel, offre une satire amère de l'Académie française et de quelques-uns de ses membres les plus illustres. Cet ouvrage, destiné à l'éducation des enfants, contient trop de choses qui ne s'adressent qu'à l'âge mûr. Il manque de plan et de suite dans les idées ; cependant il est d'une lecture assez amusante pour qu'on l'ait réimprimé nombre de fois. L'action est interrompue par plusieurs contes moraux : les Solitaires de Normandie sont le récit d'une bonne action de la duchesse de Chartres; le conte intitulé Alphonse présente, dans un cadre heureux, toutes les singularités de la nature ; il était destiné, comme l'a dit l'auteur dans ses Mémoires, à détrôner les contes de fées, et cependant Perrault vit encore. Enfin, dans les Deux réputations, Mme de Genlis a déposé tout le fiel qu'elle avait amassé contre l'Académie en général, et en particulier contre Voltaire, d'Alembert, Fontenelle, Marmontel et surtout La Harpe. C'est ce qui fit dire à Grimm dans sa Correspondance : « Après avoir cherché à inspirer à ses pupilles l'amour de la bienfaisance, de la justice et de l'humanité, Mme de Genlis n'a pas craint de leur donner encore une petite leçon sur la manière de se venger de ceux dont on croit avoir à se plaindre. »

Source : Grand dictionnaire universel
du XIXe siècle
, Larousse

       
Liens
    La collection romantique du centre d'études Joseph Sablé à Toronto propose un catalogue d'oeuvres de Mme de Genlis.
Sur le site Gallica de la Bnf, vous trouverez une vingtaine d'oeuvres en mode texte dont :
Adèle et Théodore,ou Lettres sur l'éducation "contenant tous les principes relatifs aux trois différens plans d'éducation des princes, des jeunes personnes et des hommes",
Delphine ou l'heureuse guérison, Contes moraux pour la jeunesse, Les Veillées du château.
Ici-même, une notice sur Mme de Genlis présente des extraits d'un article de Sainte-Beuve.