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La création du personnage d'Emma
Textes
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Plans et scénarios
[f°
1] Premier scénario général
Me Bovary Marie (signe Maria, Marianne
ou Marietta) fille d'un cultivateur aisé élevée
au
couvent à Rouen - nobles amies - toilette piano -
souvenir de ses rêves quand elle repasse devant le couvent.
***
[f°
3] Deuxième scénario général
Rouault
Il se marie à 30 ans à Melle Emma Lestiboudois - son père
-
-
sa mère morte d'un cancer au sein ×
type carré du fermier cauchois - éducation d'Emma élevée
au couvent d'Ernemont
avec les filles de gros bonnets - piano - dessin - broderie - etc -
élégance native qque
dessine
mal - excelle dans la danse -
maniérée et fausse souvent. - pas artiste mais idéale
- se mar laisse marier sans
répugnance ni plaisir. -
elle l'épouse pr ne pas épouser un paysan il a moins les
mains blanches.
[à gauche]
× depuis la mort de la mère la ferme décline et
le père
Lestiboudois, moitié par sa faute, moitié par des
hasards va se ruinant de plus en plus - avait
retiré sa fille de pension à 17/16 ans. - elle est bien
aise de se marier pr être débarrassée de la campagne
& des paysans
***
[f°
9] Troisième scénario général
Emma Lestiboudois
grande, maigre, & noire - admirables yeux -
Mains longues & trop maigres osseuses aux articulations - élevée
au
couvent de Me Cousin avec les filles des gros bonnets - piano - dessin.
broderie
élégance native qque maniérée et fausse
souvent. dessine mal, excelle dans
la danse. pas artiste mais idéale. son père type carré
du Cauchois, a été
depuis la mort de sa femme se ruinant petit à petit, en café
et en
mauvaises récoltes - a voulu spéculer & s'est achevé.
il a repris sa fille à
16 ans chez lui et elle est restée trois ans à la ferme,
s'y ennuyant
à périr, déteste la campagne & les paysans
- elle se marie à Charles
parce que c'est un monsieur. il elle l'épouse plutôt avec
plaisir
qu'avec répugnance.
***
[f°
12 v] Plan général
1 collège - père - carabin - 1ere femme
2 emma - tôtes - Me Bouvary mère
[f°
18] Plan et scénario partiels
Quand sa
mère mourut elle était dans les lacs de Lamartine
(reste encore un an en pension)
[f°
5]
Catholicisme amoureux
mais en tire plus de propension
à l'amour qu'à la religion
Car n'est pas mystique
mais po-é-tique (& sensuelle plus tard)
peu de véritable sentiment & de jugement |
[f°
18]
Aimée
des bonnes soeurs - pourquoi
Petites vignettes. Agneau pascal.
Sacré coeur 1ere communion
confessionnal - prêtres.
époux mystique etc. |
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Brouillons
[f°
132]
Couvent
Comment la Religion apporte une pâture
& succède à ce type vague époux céleste
très doux
mélanges dexpériences profanes. adoration
du Sacré Cur joie daller en
confesse, ténèbres, mystères
[f°
55 copiste]
A douze
ans, elle avait lu Paul et Virginie et elle avait rêvé la maisonnette
de bambous, le nègre Domingo, le chien fidèle, mais surtout l'amitié
douce de quelque bon petit frère, qui va chercher pour vous des fruits
rouges dans des grands arbres plus hauts que des clochers, ou qui court
pieds nus, sur le sable, vous apportant un nid d'oiseau.
Lorsqu'elle
eut treize ans, son père l'amena lui-même à la ville, pour la mettre
au couvent.
[f°
58 copiste]
Pendant
six mois, à quinze ans, Emma se graissa donc les mains à cette poussière
des vieux cabinets de lecture. Avec Walter Scott, plus tard, elle s'éprit
de choses historiques, rêva bahuts, salle des gardes et ménestrels.
[f°
brouillon 147]
Quand
sa mère mourut, Emma avait 17 ans. Elle pleura beaucoup les premiers
jours, on la laissa toute entière à sa douleur sans lui demander
de devoirs.
[f°
brouillon 142v]
Quand elle sortit du couvent à 18 ans, on ne fut pas trop
fâché de la voir partir. La Supérieure trouvait même que dans ces derniers
temps elle n’était plus pas assez
révérencieuse envers la communauté.
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Le
roman - Iére partie, ch. 2
L'officier
de santé, chemin faisant, comprit aux discours de son guide que M. Rouault
devait être un cultivateur des plus aisés. Il s'était cassé la jambe,
la veille au soir, en revenant de faire les Rois, chez un voisin.
Sa femme était morte depuis deux ans. Il n'avait avec lui que sa demoiselle,
qui l'aidait à tenir la maison.[...]
Dans les premiers
temps que Charles fréquentait les Bertaux, madame Bovary jeune ne manquait
pas de s'informer du malade, et même sur le livre qu'elle tenait en
partie double, elle avait choisi pour M. Rouault une belle page blanche.
Mais quand elle sut qu'il avait une fille, elle alla aux informations ;
et elle apprit que mademoiselle Rouault, élevée au couvent, chez les
Ursulines, avait reçu, comme on dit, une belle éducation, qu'elle
savait, en conséquence, la danse, la géographie, le dessin, faire de
la tapisserie et toucher du piano. Ce fut le comble !
– C'est donc pour cela, se disait-elle,
qu'il a la figure si épanouie quand il va la voir, et qu'il met son
gilet neuf, au risque de l'abîmer à la pluie ? Ah ! cette
femme ! cette femme !...
Et elle la détesta, d'instinct.
D'abord, elle se soulagea par des allusions, Charles ne les comprit
pas ; ensuite, par des réflexions incidentes qu'il laissait passer
de peur de l'orage ; enfin, par des apostrophes à brûle-pourpoint
auxquelles il ne savait que répondre.
– D'où vient qu'il retournait aux
Bertaux, puisque M. Rouault était guéri et que ces gens-là n'avaient
pas encore payé ? Ah ! c'est qu'il y avait là-bas une personne,
quelqu'un qui savait causer, une brodeuse, un bel esprit. C'était là
ce qu'il aimait : il lui fallait des demoiselles de ville !
– Et elle reprenait :
– La fille au père Rouault, une
demoiselle de ville ! Allons donc ! leur grand-père était
berger, et ils ont un cousin qui a failli passer par les assises pour
un mauvais coup, dans une dispute. Ce n'est pas la peine de faire tant
de fla-fla, ni de se montrer le dimanche à l'église avec une robe de
soie, comme une comtesse. Pauvre bonhomme, d'ailleurs, qui sans les
colzas de l'an passé, eût été bien embarrassé de payer ses arrérages !
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