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BULLETIN FLAUBERT - 6 / 2 juillet 2001

Flaubert sur la Toile: ed. hypertexte de l'Education sentimentale

Tony Williams et son équipe ont construit l'édition hypertexte du dossier manuscrit du chapitre 1, partie III de L'Education sentimentale (dont l'action se passe en février et juin 1848).
http://www.hull.ac.uk/hitm
Mise en relation des 400 p. manuscrites de ce chapitre, le plus long du roman. Dossier organisé en strates: scénarios, esquisses, brouillons, manuscrit autographe, ms du copiste, version définitive. Fac-similés des ms (numérisation de très bonne qualité), transcriptions diplomatiques et linéarisées. Circulation horizontale (dans la continuité des séquences) ou verticale (états différents d'un même passage). Liens avec les notes documentaires, avec des commentaires génétiques, avec les transcriptions. Site bilingue.
On doit déjà à TW l'éd. des Scénarios de l'ES, Corti, 1992.
Grâce au travail patient et savant de TW, la génétique textuelle s'émancipe du support papier et entre dans le XXIe siècle.

Vient de paraître

(< Naoko Kasama, Centre Flaubert, Rouen; Yvan Leclerc)

Editions

Les Mémoires d'un fou. Novembre. Pyrénées-Corse. Voyage en Italie, éd. Claudine Gothot-Mersch, Gallimard, coll. "Folio classique", 2001.
Une édition signée CGM marque toujours une date: elle fait référence. Pour la première fois, le texte des Mémoires d'un fou est publié d'après le manuscrit. Inédits: dédicace datée à Alfred Le Poittevin (p.46), deux passages supprimés par GF sur son manuscrit (p.52, n.1 et p. 71, n.1). Au premier abord, la réunion de ces deux paires de textes peut surprendre : CGM la justifie par des raisons chronologiques et génériques: le récit de voyage relève aussi de l'écrit intime. Préface consacrée aux questions de genres: pacte autobiographique et fiction, voyage romantique. Identification des "sources" livresques et des aventures vécues (Elisa Schlesinger à Trouville, Eulalie Foucaud à Marseille).
Cette édition de poche propose par anticipation des textes à paraître dans le premier volume de la nouvelle éd. des Œuvres complètes en Pléiade. Le t. I est annoncé pour le 19 septembre. Le temps de lire les mille et quelques pages, et le Centre Flaubert organisera deux journées d'étude consacrées aux œuvres de jeunesse (jusqu'à 1845), les 7 et 8 décembre 2001, à Rouen (Université et hôtel des Sociétés savantes). Pré-programme en septembre.

Mémoires d'un fou. [inclut aussi Novembre], éd. Pierre-Louis Rey, Pocket, 2001.
PLR replace ces deux textes autobiographiques dans l'ensemble des œuvres de jeunesse, "d'une étonnante diversité". Réflexion sur le titre: ce qu'est la folie, comment lui donner forme. Situation dans le contexte large de l'époque: Mémoires et Novembre lus comme "adieu d'un tout jeune homme au romantisme". Dossier pédagogique sur les deux œuvres et leur contexte historique et littéraire.

Madame Bovary, éd. Thierry Laget, Folio classique, 2001.
Préface: la genèse orientale d'Emma. Le roman "dicté par le fleuve": la Seine qui coule sous les fenêtres à Croisset comme métaphore de la prose. TL remet à sa juste place la citation reçue: "Madame Bovary, c'est moi", en rappelant la fragilité d'un témoignage de troisième main. Montre aussi que Pinard savait lire. La notice équilibre genèse et réception: ce qu'on attend désormais d'une bonne édition flaubertienne, après vingt ans de "tout génétique".

Ouvrages

Lionel Acher, Cette diablesse de Madame Bovary (roman), sur le site de l'ADEI (Association Aide au Développement des Echanges via Internet). Téléchargement: 50F. Tirage papier: 100F.
http://www.planet4u.com
"Imaginons un instant que le Diable prenne un malin plaisir à ressusciter Madame Bovary afin qu'elle règle ses comptes avec les hommes qui furent causes de ses malheurs…"
Lionel Acher est l'auteur d'une étude sur "Réécritures et suites de Madame Bovary", Bulletin Flaubert-Maupassant, n°6, 1998, p. 79-91. A partir de l'automne 2001, LA tiendra, sur le site Flaubert, une page consacrée aux réécritures, suites, adaptations et produits dérivés du texte flaubertien.

Alexandre Najjar, Le Procureur de l'Empire, Ernest Pinard (1822-1909), Balland, 2001.
Biographie d'un "être détestable", Pierre-Ernest Pinard, dont l'avocat AN nuance le portrait du serviteur zélé de Napoléon III. Les chapitres V et VI sont consacrés au procès Bovary. Malgré ses recherches érudites, le biographe n'a pu établir la vérité sur les "poésies lubriques" dont Pinard serait l'auteur, d'après une information rapportée par GF dans ses lettres (voir chap. XXXI).

Prochain début critique
Marshall C. Olds, Au pays des perroquets. Féerie théâtrale et narration chez Flaubert
, Amsterdam, Rodopi, coll. Faux-titre, 2001.
Contribution majeure à un genre apparemment marginal. chez GF, que MCO replace au centre de l'œuvre. Un seul compte rendu ne suffit pas. Ce sera l'enjeu du prochain débat. Le principe en est simple: tous ceux qui le souhaitent envoient au bulletin leur lecture du livre de MCO, sans complaisance ni dénigrement. Comme dit rituellement le juge aux témoins: "parlez sans haine et sans crainte". Pour éviter la constitution de ce qu'Alfred Le Poittevin appelle, dans une note inédite, une "Société mutuelle d'admiration réciproque" (BMR, ms g 271). On termine le compte rendu en posant des questions à l'auteur (MCO a donné son accord préalable). Le go-between du bulletin lui transmet toutes ces contributions, en lui demandant d'intervenir. Dialogues à distance. Après autant de va-et-vient que nécessaire entre les participants, l'ensemble de ce mini-colloque virtuel est porté sur le site, page "Débats critiques": la discussion peut continuer, sans limitation de date ni de place.
Contributions à envoyer au bulletin jusqu'au 15 septembre 2001.

Articles

Bruna Donatelli, "Taine lecteur de Flaubert. Quand l'histoire rencontre la littérature", Romantisme n°111, 2001, p.75-87.
Taine évalue Flaubert en historien et en idéologue. Dans les romans du monde moderne, il apprécie le côté "document humain" mais prend ses distances vis à vis du romancier démoralisant. La rencontre est plus fructueuse autour des textes antiques: Taine reproche encore à Salammbô sa surcharge formelle, mais admire dans La Tentation l'imagination érudite et en Hérodias le chef-d'œuvre absolu qui rend l'authenticité du monde antique.
On doit à Bruna Donatelli l'éd. de la correspondance croisée entre GF et Taine, Flaubert e Taine. Luoghi e tempi di un dialogo, Roma, Nuova Arnica ed., 1998. Lettres en français, notes et introduction en italien.

Stéphanie Dord-Crouslé, "Les métamorphoses de Gorgu dans Bouvard et Pécuchet. Une critique flaubertienne rusée de 1848", dans 1848, une révolution du discours, Hélène Millot et Corinne Saminadayar-Perrin eds, Editions des Cahiers intempestifs, coll. "Lieux littéraires / 4", 2001, p.253-267.
Portait du démosoc Gorgu en "Sénécal provincial", tombé de la théorie dans l'intérêt personnel. Biographie diégétique de Gorgu. Analyse du "processus de corruption de la politique par la littérature": la représentation de juin 1848 est "dépolitiquée" par la scène en analepse entre Gorgu et Mme Castillon (chap.VII): SDC montre qu'elle est une réécriture de l'aveu de Phèdre, déjà (re)joué au chap.V.

Anne Herschberg Pierrot, Claude Mouchard, Jacques Neefs, "Bouvard et Pécuchet. Les bibliothèques de Flaubert", dans Bibliothèques d'écrivains, Paolo D'Iorio et Daniel Ferrer eds, CNRS Editions, coll. "Textes et manuscrits", 2001, p. 121-144.
En attendant les bibliothèques annoncées, cet article en explore une: la médicale. La bibliothèque générale de Flaubert fait l'objet d'une présentation liminaire: "On obtient […] ainsi une étrange bibliothèque du XIXe siècle, hétéroclite, foisonnante, partiellement et sporadiquement systématique, mais certainement exceptionnelle par rapport aux autres "bibliothèques d'écrivains" de la même période, souvent plus systématiques mais également plus fonctionnelles et prédéterminées, moins exotiques également" (p.125). A l'"exotisme" (?) près, c'est bien ainsi qu'apparaîtra la bibliothèque de Flaubert, quand son catalogue sera publié, à l'automne prochain. Il devrait alors être plus difficile d'écrire que son état actuel diffère "malheureusement très largement de sa situation à la mort de Flaubert" (p.126): on verra que les deux tiers de ses livres sont encore présents (environ 1030 conservés sur les 1689 inventoriés à sa mort), cas unique pour le XIXe siècle. Page 130, en bas, lire "Manuel Roret".

Jacques Neefs, "Les aventures de "l’homme-plume"", catalogue Brouillons d’écrivains, BnF, 2001, p.68-75.
Présentation des manuscrits de Flaubert montrés à l’exposition. Fac-similé de pages "joliment sales" (Pierre Michon, p.187).
Un extrait du texte de JN est repris dans le "dossier de l’exposition" installé sur le site de la BnF:
http://www.bnf.fr/web-bnf/expos/brouillons/expo/2/lutte.htm

Corinne Saminadayar-Perrin, "Salammbô, 1848: scénographie d'un discours impossible", dans 1848, une révolution du discours, Hélène Millot et Corinne Saminadayar-Perrin eds, Editions des Cahiers intempestifs, coll. "Lieux littéraires / 4", 2001, p.253-267.
Lecture quarante-huitarde de Salammbô. La "guerre inexpiable" comme tragédie de la communication, par la perturbation des règles rhétoriques de la parole politique, basculant dans la violence et le non-sens.

Tony Williams, "Dussardier sur les barricades: naissance d’un "héros de juin"", Revue d’Histoire littéraire de la France, janvier-février 2001, n°1, p.71-80.
Sources historiques de l’acte généreux qui vaut à Dussardier d’être blessé en juin 48. Flaubert trouve dans sa documentations des exemples attestés d’héroïsme et d’humanité, mais il invente la situation du garde national sauvant la vie d’un gamin insurgé, sur une barricade. Il invente aussi la "conscience torturée" du seul personnage "sympathique" (mais ambigu) de L’Education.

Flaubert et Du Camp au Japon

(< message Norioki Sugaya)
"…Autre nouvelle flaubertienne: on a eu récemment une exposition "Maxime Du Camp" à Tokyo. M. Kosei Ogura, organisateur de cette exposition, a eu l'excellente idée de reproduire la première édition de l'Egypte, Nubie, Palestine et Syrie. C'est un très beau catalogue de 300 pages avec une longue préface (en japonais bien sûr) et une bibliographie détaillée."

Flaubert, Tentations d'une écriture, textes réunis par Shiguéhiko Hasumi et Yoko Kudo, Université de Tokyo, 2001.
Recueil des communications présentées lors d'une journée d'étude le 24 novembre 2000. Un très grand nombre de flaubertiens extrême-orientaux (Japon, Corée du Sud) sont ici réunis. Ils n'ont rien à envier à leurs homologues occidentaux si l'on en juge par l'invention de leurs recherches, présentées par ailleurs dans un volume très soigné. Détail des contributions:
Jacques Neefs, "Mimesis et imitation".
Variations sur Bouvard et Pécuchet, dans son rapport à l'impératif et aux modèles.
Yong-Eun Kim, "Flaubert,lecteur des tragédies de Voltaire".
Ce que GF doit à Voltaire dans l'art du dialogue coupé.
Norioki Sugaya, "La mort de Charles".
Topos de la mort heureuse. Analyse du "rien" que l'autopsie révèle. La mort par amour est à replacer dans la discussion théorique qui oppose à l'époque vitalistes et organicistes.
Kosei Ogura, "La Tentation de l'Orient: Flaubert, Maxime Du Camp et le voyage en Orient".
La tradition littéraire du voyage en Orient. L'usage scientifique de la photographie, dans l'esprit de DC. Analyse du Nil, de DC, dans sa structure de récit épistolaire. Comparaison entre deux descriptions des pyramides: "F se livre à l'expansion de ses émotions et à la notation des impressions, tandis que DC tente de circonscrire le réel dans un quadrillage topographique" (p. 68).
Kayoko Kashiwagi, "Flaubet et le théâtre: à travers la création artistique de Bouvard et Pécuchet".
Traite Le Château des cœurs, Le Candidat, et le passage sur le théâtre dans BP. Selon Kayoko Kashiwagi, Flaubert dispose des personnages-marionettes dépourvus de psychologie, il privilégie le détail et les objets, il met en question l'authenticité du langage - ce qui annonce le théâtre de l'époque postérieure, où l'on représente la réalité humaine en s'attachant au visuel (Antoine, Ionesco) et en mettant en scène le langage même, comme échange non personnel (Jarry, Beckett).
Kazuhiro Matsuzawa, "Quelques notes sur l'avant-dernier chapitre de L'Education sentimentale: écrire le don d'une mèche de cheveux blancs".
Par l'auteur d'une thèse sur les rapports amour/argent dans l'ES et ses brouillons. Etude génétique du passage où Madame Arnoux coupe une longue mèche de ses cheveux, en signe d'adieu à Frédéric.
Yoko Kudo, "La Bible et l'Orient".
Une approche "cultural studies". A partir des notes et des lettres de Flaubert écrites pendant son grand voyage, YK dégage le rôle décisif de la Bible dans l'image de l'Orient conçue par la culture européenne du XIXe siècle. Avec la laïcisation, le Livre, au lieu de perdre sa valeur, nourrit davantage les rêveries orientales en permettant de lier ce pays au monde antique déjà lu (vu) et de l'opposer au monde civilisé (occidental). Le texte comprend aussi une courte analyse sur les connotations bibliques de la citerne-prison d'Iaokanann dans Hérodias. YK a récemment publié un livre (en japonais) où elle développe cet article, avec une nouvelle traduction annotée d'Hérodias.
Shiguéhiko Hasumi, ""Sa main pourtant n'était pas belle": quelques réflexions sur la forme narrative et thématique de Madame Bovary".
A partir de la description négative de la main d'Emma, mise en place des réseaux thématiques main nue/ main cachée (gantée), main dure/ main molle. - L'auteur ne mentionne pas l'avant-texte - mais on pense aux passages érotiques dans les scénarios (Emma suçant le sang au doigt de Léon, Léon qui se branle avec le gant d'Emma. Plans et scénarios de MB, Intro., p.22).

Suite du "vient de paraitre", Bulletin n°1

François Bon a relayé le Bulletin Flaubert n°1 sur remue.net bulletin@remue.net

Avec ces commentaires et ce dialogue en différé:
"De Rouaud lisant Flaubert.
Dans le bulletin des flaubertiens, Yvan Leclerc […] informait de la parution de La Désincarnation, de Jean Rouaud, où la figure de Flaubert est centrale, et faisait sévèrement état d'une déception...

Peut-être pour une attente non fondée: l'essai de Jean Rouaud est le recueil-jeu d'une chronique hebdomadaire dans L'Humanité, jeu parce que basée explicitement sur cette comptine du "Juste une pensée marabout, bout de ficelle, faufilant les images poétiques..." où chaque mot terminal ouvre la chronique suivante. Le thème en est rigoureux: l'invention romanesque, le jeu permanent de la fiction prise entre l'héritage narratif, le rêve des vieux livres, et son matériau, bien réel, le monde "à peu près" pour reprendre le titre d'un des livres de Rouaud...

Usant de sa liberté de chroniqueur, Rouaud ne produit pas un essai, mais une dérive, une improvisation où chaque texte rebondit sur le précédent: même s'il revient à sa figure de départ, Flaubert lisant Bouilhet et Du Camp sa Tentation de saint Antoine, et dans l'échec de cette lecture, ayant l'intuition de la Bovary, on y croisera aussi Balzac, Chateaubriand, Rimbaud, mais surtout, bien plus obsessivement, le travail au jour le jour d'un auteur aux prises avec son propre livre. […]
Voici par exemple un extrait, bien significatif de La Désincarnation:
Etude des fourmis
"Quand on a épuisé son réservoir de rêveries de haut vol et que deux amis nous somment d'atterrir, le plus simple, une fois le nez dans l'herbe, c'est effectivement de se livrer à une observation attentive de cette vie microcosmique. Ce qui donne les Souvenirs entomologiques, bien sûr, mais on peut aussi se pencher comme le vieux Jean-Jacques, autre myope fameux, au-dessus d'une petite fleur bleue en bordure du chemin, identifier une pervenche et entreprendre instantanément un voyage en arrière vers le beau temps perdu des Charmettes. Mais Flaubert qui se définit comme un vieux fossile romantique est sous haute surveillance. Cette fois plus question d'évasion. L'heure est au réalisme. Un roman "à la Balzac" a commandé Bouilhet. Il va falloir s'y tenir. Fini les miroirs qui parlent ou que l'on traverse. Un miroir, ça ne réfléchit pas autrement qu'à l'identique. La photographie a imposé ses canons. Elle a déjà mis les peintres de portraits au chômage. Question de prix. Trop chère, la toile, ses repentirs, son résultat approchant, comparé aux quelques minutes de temps de pause, à l'objectivité et à la précision de la plaque sensible. La bourgeoisie ne s'y est pas trompée qui s'accroche en noir et blanc dans ses salons. Car le réalisme se présente d'abord comme une bonne affaire. Vérité des prix, disent-ils. Le réalisme, c'est le vrai à bon marché, ce qui implique la multiplication du même, cet indifférencié avec quoi l'on fera les masses. · L'horizon, Taylor, Ford et le modèle T. D'où pour finir, cette mise en garde, cette histoire moqueuse des deux copistes, Bouvard et Pécuchet, interchangeables producteurs de semblable.
Mais pour le moment le débutant Flaubert feint de se plier au nouveau cahier des charges imposé par l'esprit du temps. Même s'il n'en pense pas moins: "la réalité, selon moi, ne doit être qu'un tremplin." Pour reprendre de la hauteur et quitter un sujet terre à terre? D'ailleurs le sujet n'existe pas, " le style étant à lui tout seul une manière absolue de voir les choses". Le style?

Commentaire de Jean Rouaud pour Yvan Leclerc :
"Oui, Flaubert ne nous intéresse que parce qu'il anticipe une situation que nous avons connue, que nous avons eue à résoudre, dans laquelle le style, le lyrisme flaubertien est devenu la forme, le questionnement sur la forme et le réalisme la question du sens. Ce qui pour nous se traduit par: est-ce qu'il est possible de passer encore par la fiction pour faire sens, sans renoncer à la forme? On en est là. Je ne suis pas plus flaubertien que spécialiste de la première guerre mondiale, et ce qui m'intéresse davantage dans La Désincarnation c'est comment au fond il n'y a que deux livres à écrire, l'Apocalypse où l'on précipite le tout vers la fin des temps (ce qui nous ramène vers l'idéologie) ou les évangiles synoptiques où l'on pose la question de la conception, ce qui nous ramène au "terre à terre"... et à l'auteur. L'entre-deux permettant toutes les expérimentations littéraires..."

Ventes

Drouot du 28 juin 2001 : les prix

(information < Odile de Guidis, Equipe Flaubert, Paris)

28 : Épreuves corrigées de la main de Flaubert de sa "lettre ouverte à G. Froehner". mise à prix 10.000 F, vendu 15.000 F
29 : Flaubert - Goncourt : Germinie Lacerteux. Paris, Charpentier, 1864, dédicacé par les Goncourt, mise à prix 20.000 F, vendu 25.000 F
30. Flaubert : Madame Bovary. Paris, Michel Lévy, 1857. Sont joints
- le brouillon de la main de Flaubert d'un traité avec l'éditeur Michel Lévy...
- Un curieux et précieux plan de Yonville
- Une importante lettre autographe signée de Flaubert à son ami Ernest Feydeau, datée fin juin ou début juillet 1857 (Corr. Pléiade, t.II, p.739-741). Mise à prix 120.000 F, vendu 180.000 F
31 : Flaubert. Voltaire- Oedipe. Manuscrit autographe de 18 feuillets in-folio... Mise à prix : 20.000 F, vendu 28.000 F
32 : Flaubert. Madame Bovary. Paris, Michel Lévy, 1871, 2 vol. avec envoi à Nadar. Mise à prix : 30.000 F, vendu 40.000 F
33 : Flaubert. La Tentation de saint Antoine. Paris, Charpentier et Cie, 1874. Avec envoi à Judith Gautier. Mise à prix : 15.000 F, vendu 29.000 F
34 : Flaubert. La Tentation de saint Antoine. Paris, Charpentier et Cie, 1874. Ed. originale sur papier de Hollande. PJ: lettre à Du Camp, inédite; 4 lettres ou billets à Laporte, dont trois éditées (Corr. Pléiade, t.IV, p.629 et 792); traité avec Charpentier du 12 mai 1874; portrait de GF par Liphart. Mise à prix : 100.000 F, vendu 110.000 F

Vente Sotheby's du 29 juin 2001 : les prix

(voir Bulletin n°5. Information < P. Michael Wetherill)

Le manuscrit de Novembre a été adjugé à un collectionneur privé.

La BMR a pu préempter les deux pages du Château des cœurs: elles viennent compléter le dossier manuscrit de la féerie qu'elle conserve. En revanche, la BnF n'a pas acheté, contre toute attente, les quelques pages manuscrites qui manquaient à ses dossiers de Salammbô et de l'Education sentimentale.

222 Novembre: 3200000 frs
223 Notes de lecture 42000 frs
224 Mme Bovary 12000
225 Mme Bovary 165000 frs
226 Salammbô 275000 frs
227 Brouillon Château des coeurs 12000 frs
228 L'Education sentimentale 410000 frs
229 Bouvard et Pécuchet 125000 frs
230 Champs et grèves 135000 frs
231 Mémoire d'un fou 8500 frs

Vente Drouot du 28 juin 2001

(incomplet dans le Bulletin n° 5)

28. Epreuves corrigées de la main de GF de sa "Lettre ouverte à G. Froehner".
29. Exemplaire de Germinie Lacerteux dédicacé par les Goncourt à GF. 30. Madame Bovary, éd. originale. PJ: traités avec Lévy et Lemerre, 1 page de brouillon de MB avec plan de Yonville; lettre à Feydeau, datée fin juin ou début juillet 1857 (Corr. Pléiade, t.II, p.739-741).
ŒdipeMadame Bovary, 1871. Dédicace à Nadar.
33. La Tentation de saint Antoine. Dédicace à Judith Gautier.
34. La Tentation de saint Antoine. Ed. originale sur papier de Hollande. PJ: lettre à Du Camp, inédite; 4 lettres ou billets à Laporte, dont trois éditées (Corr. Pléiade, t.IV, p.629 et 792); traité avec Charpentier du 12 mai 1874; portrait de GF par Liphart. Ed. originale sur papier de Hollande. PJ: lettre à Du Camp, inédite; 4 lettres ou billets à Laporte, dont trois éditées (Corr. Pléiade, t.IV, p.629 et 792); traité avec Charpentier du 12 mai 1874; portrait de GF par Liphart.

Ce que ne sait pas Matthieu

(< Matthieu Desportes, Centre Flaubert)
Le prochain "Colloque des Invalides" aura lieu le 23 novembre 2001 au Centre Culturel Canadien (5, rue de Constantine, 75007 Paris) sur le thème "Ce que je ne sais pas". Ce jour-là, les érudits exposeront leur ignorance, en cinq minutes. Propositions à Michel.Pierssens@umontreal.ca.
En prélude au colloque, Matthieu Desportes passe aux aveux:
Je ne sais pas qui est (vraiment) Emile Hamard.
Je ne sais pas ce que sont devenues les lettres de Louise Colet à Flaubert.
Je ne sais pas ce qu'était vraiment la relation entre Flaubert et Juliet Herbert.
Je ne sais pas ce qu'est devenue la traduction de Madame Bovary par Juliet.
Je ne sais pas qui a eu l'idée du titre Trois Contes.
Je ne sais pas ce que, dans La Légende de saint Julien l'Hospitalier, signifie cette phrase: "...d'une voix différente de la sienne..."
Je ne sais pas qui a classé le dossier Bouvard.
Je ne sais pas si Flaubert aimait la musique.
Je ne sais pas pourquoi Flaubert est passé à côté de Verlaine et de Rimbaud (et réciproquement).
Je ne sais pas ce que faisait chez Gustave un portrait de Napoléon.
Je ne sais pas ce qui différencie un flaubertien d'un flaubertiste.
Je ne sais pas si Flaubert a vu un raton-laveur...



Bonnes vacances aux flaubertiens, et aussi aux autres.


Ce Bulletin est édité par le Centre Flaubert, avec la collaboration de Matthieu Desportes, de Jean-Benoît Guinot et de Joëlle Robert. Il vous tiendra informé(e), selon une périodicité variable, des manifestations et des publications concernant Flaubert. Si vous désirez le recevoir gratuitement et y faire paraître des informations ou des commentaires, veuillez envoyer vos coordonnées et vos messages à :

Yvan Leclerc yvan.leclerc@univ-rouen.fr
Professeur à l'Université de Rouen
Faculté des Lettres et Sciences Humaines
F. - 76821 Mont-Saint-Aignan Cedex
Tél. Secrétariat département: 02 35 14 61 67
Tél. Centre Flaubert: 02 35 14 69 01

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