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BULLETIN FLAUBERT n° 7 / 30 août 2001



Agenda

Rouen, samedi 15 et dimanche 16 septembre 2001

Journées du Patrimoine en collaboration avec le Centre Flaubert et avec l'Association des Amis de Flaubert et de Maupassant.
Une journée du Patrimoine sans Flaubert ne s'imagine pas à Rouen: visites, promenades, lectures. L'occasion d'entendre "gueuler" sa prose dans des lieux de mémoire. Cette année, une œuvre de jeunesse en extrait, le fil de la Seine et, comme d'habitude, un moment d'émotion sur sa petite tombe blanche de communiant, avec les récits de son enterrement.

Programme
(< Dominique Rousselet, Cécile Bellehache, direction de la Culture, Ville de Rouen)

Lectures
Cimetière Monumental
"La mort de Flaubert"
Récit de l'enterrement de Flaubert par Zola
Lettre de Maupassant à Tourgueniev
Lectrice : Marie Hélène Garnier
samedi 15 : 11h00, 16h00
RdV : devant la tombe de Gustave Flaubert
durée : 30 mn

Pavillon Flaubert
"Flaubert et Maupassant au fil de la Seine"
Lectrice : Françoise Leplénier
samedi 15 : 15h00
dimanche 16 : 15h00, 16h00
RdV : 18, quai Gustave Flaubert - Dieppedalle-Croisset
durée : 30 mn

Aître Saint-Maclou
Extrait de La Danse des morts
Texte de jeunesse de Gustave Flaubert
Lecteur : Jean-François Guémy
samedi 15 : 17h00
RdV : Aître Saint-Maclou, 186 rue Martainville
durée : 20 mn

Musées
Musée Flaubert et d'Histoire de la Médecine
entrée gratuite samedi 15 et dimanche 16 : de 10h00 à 18h00
Visites commentées "Autour du centenaire du musée" (créé par l'Association des internes des hôpitaux de Rouen en 1901)
samedi 15 et dimanche 16 : 11h00, 15h00
RdV : 51, rue de Lecat

Pavillon Flaubert
entrée gratuite samedi 15 et dimanche 16 : de 10h00 à 12h00 et de 14h00 à 18h00
RdV : 18, quai Gustave Flaubert - Dieppedalle-Croisset

Présentation des lectures
Flaubert et Maupassant au fil de la Seine
Flaubert amarré dans sa maison blanche de Croisset, Maupassant canotier dans les boucles en aval de Paris: les deux écrivains ont un lien privilégié avec la Seine. C’est elle qui, bien évidemment, organise les descriptions de Rouen en deux rives opposées dans Madame Bovary et dans la nouvelle "Un normand ". Mis à part quelques baignades, Flaubert la contemple en sédentaire des fenêtres de son bureau, alors que Maupassant entretient avec elle un rapport plus actif de navigateur: en juillet 1875, il envisage de faire un petit livre en réunissant des scènes de canotage. Les nouvelles "Sur l’eau" et "Mouche" témoignent de cette "absorbante passion" pour le fleuve. Remonter ou descendre la Seine n’a pas seulement une signification géographique; ces mouvements d’aller-retour prennent un sens social, à une époque où il fallait "monter" de sa province vers Paris pour réussir dans la carrière artistique. L’Education sentimentale commence ainsi sur un bateau. Frédéric Moreau, venant du Havre, retourne à Nogent, sa ville maternelle, en laissant derrière lui la capitale rêvée où il reviendra après un héritage. Maupassant, parisien d’adoption, reste à l’inverse tourné vers l’ouest. Dans une chronique intitulée "De Paris à Rouen", il raconte par le détail une descente à la rame. Tous les chemins d’eau semblent mener le disciple à la maison du maître: le début du Horla reconduit sur les bords de "la grande et large Seine", à Croisset.
La lecture de ces extraits est entrecoupée de citations tirées de la correspondance de Flaubert, qui multiplie les références au fleuve, comme une image du style.

Flaubert, La Danse des morts
Flaubert a seize ans et demi quand il compose La Danse des morts, dont le manuscrit porte la date précise du 18 mai 1838. Il est alors en classe de seconde. En marge des exercices purement scolaires, il touche cette année-là à plusieurs genres littéraires: il écrit entre autres un drame historique et probablement le début de son autographie romancée, Mémoires d'un fou. La Danse des morts appartient au cycle de ses écrits mystiques, qui culminera avec La Tentation de saint Antoine. Il s'agit d'une sorte de long poème en prose dont le fil principal est constitué par un dialogue entre Satan et Jésus-Christ : le Tentateur emmène le fils de Dieu pour un voyage dans l'immensité, afin de lui montrer l'étendue de son empire sur un monde livré au malheur et à la destruction. Au milieu de son texte, Flaubert a repris le titre en sous-titre, pour faire entendre un long "Chant de la mort" dans lequel la figure allégorique de la Mort célèbre en une suite de fragments numérotés comme des strophes en prose le triomphe du Néant, en réponse aux chants purs des "âmes qui montent au ciel", autre partie du texte. Le thème de la danse des morts était à la mode à l'époque romantique ; il avait été en particulier illustré par Edgar Quinet dans l'épopée religieuse Ahasvérus (1833). Mais Flaubert donne à ce thème une inflexion toute personnelle, en faisant de la Mort la grande triomphante, au service d'une vision du monde pessimiste. Le texte se termine par un défilé de figures réelles ou symboliques - le Roi, Néron, le Pape, le Pauvre, les Prostituées, les Amants, les Damnés et l'Histoire - et par la méditation du Poète: "Je m'égarerai dans de vaporeuses et mystiques rêveries". Cette Danse des morts est tout à fait représentative de l'un des "deux bonshommes distincts" que Flaubert reconnaissait en lui: à côté du romancier qui fouille le vrai dans ses détails, il portait un poète "épris de gueulades, de lyrisme" (lettre à Louise Colet, [16 janvier 1852]).

Canteleu, dimanche 16 septembre 2001

(< Laurence Petit, responsable de la Bibliothèque de Flaubert)
Ouverture de la Bibliothèque de Flaubert au public dimanche 16 septembre 2001 de 14h à 17h. Historique et présentation par Laurence Petit et Yvan Leclerc.
Une gamme de prêt-à-poster de la Poste imprimée par la Ville à l'effigie de l'écrivain sera lancée à cette occasion.

Sur la Toile

Andrew Oliver consacre sa chronique "Le XIXe siècle et les recherches sur Internet" à Flaubert. L'analyse de notre site, ouvert juste à temps, fait l'objet du post-scriptum de l'article. Version papier dans la revue Dix-neuvième siècle, n° 33, juin 2001. Version en ligne, avec les hyperliens prêts à cliquer vers les sites répertoriés: http://www.chass.utoronto.ca/french/xix/

Aide aux chercheurs

Le Conseil Régional de Haute-Normandie et la nouvelle Maison de la Recherche en sciences humaines et sociales offrent plusieurs possibilités d'aides financières:
les étudiants qui soutiennent un DEA sur Flaubert à Rouen peuvent demander une bourse doctorale de 3 ans (990 € par mois).
les chercheurs étrangers peuvent bénéficier d'une bourse d'accueil post-doctorale, d' une durée de 3 mois minimum à 12 mois maximum (1910 € par mois), pour leur permettre de développer un projet d'étude sur Flaubert.
>la Maison de la Recherche a inscrit dans son programme des bourses de séjour pour les chercheurs étrangers, en résidence de courte durée.

Renseignements complémentaires et contacts par le Centre Flaubert.

Qu'est-ce qu'une bonne édition critique?

A la suite du "Vient de paraître" du Bulletin n° 6, Anne Herschberg-Pierrot nous a fait parvenir le message suivant:

Je lis avec étonnement sous la plume du Bulletin Flaubert, à propos de l’édition " Folio classique " de Madame Bovary (2001), la phrase suivante : " La notice équilibre genèse et réception: ce qu'on attend désormais d'une bonne édition flaubertienne, après vingt ans de "tout génétique". 
"Ce qu'on attend désormais d'une bonne édition flaubertienne, après vingt ans de "tout génétique" ". Qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire? Et comment peut-on dire une chose pareille? Vingt ans, cela nous fait remonter à 1981. Il y a d’abord – pour ne citer que les éditions de Bovary – en 1983, l’édition du Livre de Poche par Béatrice Didier, avec notes et commentaires de vocabulaire, de civilisation, de réception, puis en 1986, l’édition de Bernard Ajac en " GF Flammarion ", avant la remarquable édition en 1988 de Gérard Gengembre chez Magnard, dans la collection intitulée précisément " Textes et contextes ", qui ouvre le texte de Madame Bovary, à sa réception et à ses contextes critiques. Puis deux éditions scientifiques du texte ont fait date. Après la très utile petite édition " bleue ", annotée et commentée au Seuil-École des Loisirs, en 1992, Pierre-Marc de Biasi a publié une très importante édition de Madame Bovary à l’Imprimerie nationale en 1994, avec des notes développées, des extraits du dossier de genèse (manuscrits et scénarios de Madame Bovary) et une introduction riche analysant la portée de l’œuvre de Flaubert, et son devenir éditorial. Ensuite, l’édition récente, au Livre de Poche classique, en 1999, de Jacques Neefs, apporte un éclairage tout à fait nouveau sur l’œuvre, par son introduction, ses notes (qui comprennent, comme dans l’édition précédente, des notes de genèse, d’histoire et de civilisation, de critique), par la mise à jour, dans le même corps que le roman, des passages supprimés sur la copie, comme un espace de négociation entre l’écriture et sa réception, et par le dossier qu’il présente de la réception contemporaine de l’œuvre (avec une anthologie d’articles critiques) ainsi que la publication d’un extrait du célèbre article de Jules de Gaultier sur le bovarysme.
Nous trouvons donc un état de l’édition de Madame Bovary depuis vingt ans (et on peut appliquer le jugement à l’édition flaubertienne dans son ensemble) qui ne répond en rien à l’appellation polémique de " tout génétique  ". Et même, si cela était? Depuis vingt ans, on peut le dire, l’étude systématique des brouillons de l’œuvre a ouvert un nouveau champ aux investigations critiques sur le texte flaubertien. Et qui s’intéresse vraiment à la genèse des œuvres sait que cette ouverture du texte n’est pas contradictoire avec la perspective de la réception ni avec l’interprétation critique des œuvres, bien au contraire. Bref, tout cela est une fausse querelle.
Anne Herschberg Pierrot
Membre de l’équipe Flaubert de l’ITEM (CNRS)
Professeur à l’Université Paris 8


Nous remercions AHP d'amorcer ainsi une réflexion de fond sur les éditions critiques des œuvres de Flaubert. Sur cette question, les prochains bulletins se feront l'écho des réactions et des contributions qui nous parviendront.

En chiffres

Plusieurs abonnés nous ont demandé des comptes, pour le site et le bulletin. On s'est d'abord montré réticent. La qualité d'une visite ne se mesure pas à un chiffre de fréquentation. D'autant qu'on peut tomber par hasard sur une page d'accueil, et ajouter un point au compteur sans l'avoir voulu. Ce qui importe pour nous, ce sont les rencontres personnelles que ces nouveaux supports permettent: ainsi quand un universitaire de Tel-Aviv entre en contact avec une jeune enseignante-chercheuse du Japon dont la thèse est en consultation intégrale sur le site. Ou cette effervescence, difficilement imaginable, autour du mot "gabillot", suscitée par François Bon sur remue-net et, d'une manière inattendue, par le Nouvel Observateur du 28 juin: une centaine de réponses reçues en quelques jours. Alors, des chiffres quand même, en précisant que le compteur du serveur n'enregistre que les connexions d'une durée au moins égale à cinq minutes.
Mai: 788 (ouverture le 8 mai).
Juin: 1009.
Juillet: 829.

Le présent bulletin est envoyé à 209 abonnés, répartis en quatre listes : chercheurs flaubertiens/ chercheurs autres spécialités/ marchands d'autographes et de livres anciens/ presse et édition.


Ce Bulletin est édité par le Centre Flaubert, avec la collaboration de Matthieu Desportes, de Jean-Benoît Guinot et de Joëlle Robert. Il vous tiendra informé(e), selon une périodicité variable, des manifestations et des publications concernant Flaubert. Si vous désirez le recevoir gratuitement et y faire paraître des informations ou des commentaires, veuillez envoyer vos coordonnées et vos messages à :

Yvan Leclerc yvan.leclerc@univ-rouen.fr
Professeur à l'Université de Rouen
Faculté des Lettres et Sciences Humaines
F. - 76821 Mont-Saint-Aignan Cedex
Tél. Secrétariat département: 02 35 14 61 67
Tél. Centre Flaubert: 02 35 14 69 01

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