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BULLETIN FLAUBERT n° 120 / 22 mars 2010

«SÉRIE FLAUBERT» AUX ÉDITIONS CLASSIQUES GARNIER

Une série «Flaubert» vient d’être créée dans la collection «Études romantiques et dix-neuviémistes» dirigée par Pierre Glaudes et Paolo Tortonese aux éditions Classiques Garnier. La responsabilité scientifique en a été confiée à Didier Philippot. Elle se propose d’accueillir, sans exclusive aucune, sans a priori méthodologique ni théorique, les monographies consacrées à Flaubert qui se distinguent par leur densité littéraire et par leur nouveauté.
Les manuscrits peuvent être envoyés à Didier Philippot, Université Sorbonne nouvelle- Paris 3, Centre Censier, UFR de Littérature et linguistique françaises et latines, 13 rue Santeuil, 75231 Paris cedex 05.

VENTES

Arts et Autographes, Jean-Emmanuel Raux, 9, rue de l’Odéon, 75006 Paris.
http://www.autographe-online.com
Catalogue Arts et Autographes, n°50 [janvier 2010]
254. Flaubert, lettre à la baronne Lepic?, «mercredi soir, 3» [1872?]. 13.000 euros.
[Corr., éd. Jean Bruneau, Bibl. de la Pléiade, t.IV, p.608. Jean Bruneau, qui n’avait pas pu voir l’autographe, date la lettre [vers le 20 novembre 1872]. En 1872, on trouve un mercredi 3 en janvier, avril et juillet.]

Catalogue Arts et Autographes, n°51 [février 2010]
2080. Flaubert, lettre à Edmond Laporte, [21-22 juin 1877]. 2.500 euros.
[Corr., éd. Jean Bruneau et Yvan Leclerc, t.V, p.253.]

Sur le site Arts et Autographes:
Notes sur l’Espagne: «De l’Espagne & de la révolution», 4 pages in-4°, 2.700 euros;
«De la guerre d’Espagne en 1823», 3 pages 1/2 in-4°, 2.600 euros.
Transcription diplomatique des fac-similés présentés sur le site Arts et Autographes:
http://flaubert.univ-rouen.fr/manuscrits/espagne.php

VIENT DE PARAÎTRE

Éditions

(< Joëlle Robert)
Flaubert. Notes pour les livres à venir. Choix de textes établi par Françoise Favretto et Jean Esponde, Saint-Quentin de Caplong (Gironde), Atelier de l’agneau, coll. «À l’encre et au crayon», 128p.
[Extraits des carnets de notes.]

Le Voyage en Égypte, édition de Jean-Claude Simoën, Paris, J’ai lu, coll. «J’ai lu en images», 292p.
[L’Égypte au XIXe siècle vue par les écrivains, les peintres et les photographes qui l’ont parcourue: G. Flaubert, M. Du Camp, Fromentin, X. Marmier, J.-F. Champollion, P. Loti, etc. suivi des biographies de quelques-uns d’entre eux.]

Faut-il brûler ce livre? Écrivains en procès: choix de textes, édition de Olivier et Patrick Poivre d’Arvor, Paris, Points, coll. «Points. Mots pour mots», n° 2346, 197p.
[Ce volume contient quatre comptes rendus de procès du monde littéraire, ceux de Gustave Flaubert, Charles Baudelaire, Paul Verlaine et Oscar Wilde.]

Ouvrages

William Boyd, Bambou, chroniques d’un amateur impénitent, Seuil, 2009. Chap. sur «Gustave Flaubert», p.63-65.
[Hypothèse intéressante sur «Madame Bovary, c’est moi», phrase non écrite, mais dont on ne saurait affirmer que Flaubert ne l’a pas dite. À l’oral, le titre du roman se confond avec le nom de l’héroïne éponyme. «Parlait-il du livre en soi ou de son héroïne?» (Boyd, p.63). Flaubert aurait pu dire: «Madame Bovary, c’est moi», parlant du roman et non de son personnage. La formule prendrait alors un tout autre sens…]

(< Stéphanie Dord-Crouslé, Joëlle Robert)
A. Campos Matos, Vie et oeuvre d’Eça de Queiroz, traduit du portugais par Marie-Hélène Piwnik, Paris, La Différence, coll. «Littérature étrangère», 427p.
[Biographie de ce grand admirateur de Flaubert, portraitiste cinglant qui s’illustra dans tous les genres: roman, conte, nouvelle...]

Javier Marias, Littérature et fantôme, traduit de l’espagnol par Jean-Marie Saint-Lu, Paris, Gallimard, coll. «Arcades» n°97, 323p.
[Une quarantaine d’essais dans lesquels l’écrivain ouvre les portes de sa bibliothèque et de son atelier littéraire. Il consacre des pages à ses auteurs préférés, évoquant la vie et l’oeuvre de Joyce, Faulkner, Shakespeare, Nabokov ou encore Flaubert.]

Vladimir Nabokov, Littératures, préface de Cécile Guilbert. Introduction John Updike et Guy Davenport. Traduit de l’anglais par Hélène Pasquier, Marie-Odile Fortier-Masek. Paris, Laffont, coll. «Bouquins», 1211p.
[L’ensemble des conférences données dans des universités américaines par Vladimir Nabokov de 1941 à 1958. Réunit des essais, des réflexions et analyses de l’oeuvre de Dickens, Flaubert, Gogol, Stevenson ou Tolstoï, ainsi qu’une longue étude sur Don Quichotte de Cervantès.]

Emmanuel Pierrat, Accusés Baudelaire, Flaubert, levez-vous. Napoléon III censure les Lettres, André Versaille, 2010.
http://www.andreversailleediteur.com/?livreid=763
http://www.fabula.org/actualites/article36089.php
Emmanuel Pierrat sera l’invité de l’émission «L’Humeur vagabonde» sur France-Inter le mercredi 24 mars, 20h-21h.

Articles

Déborah Boltz, «Le cent-cinquantenaire de Madame Bovary», Histoires littéraires, n°40, octobre-décembre 2009, p.51-57.
[Article souvent mal informé, en particulier pour ce qui concerne l’édition numérique du manuscrit de Madame Bovary. La thèse de Marie Durel, qui a permis le classement des manuscrits du roman, n’a pas été «menée à l’Institut des textes et manuscrits modernes (ITEM)» (p.53), mais au Centre Flaubert de l’université de Rouen, ainsi qu’il est précisé sur le site. Deborah Boltz n’a pas encore bien compris comment fonctionne le tableau génétique du site: l’ensemble de la navigation dans le corpus est étalonné sur les pages du manuscrit autographe définitif paginées par Flaubert, et non sur le texte définitif imprimé (p.54). Ce système simple et rationnel a été voulu par Marie Durel et réalisé par l’informaticien Jean-Eudes Trouslard, à la satisfaction de tous. La critique confond par ailleurs le mode de navigation avec les contraintes de transcription: un fichier en format html ne permet pas de reproduire les tracés graphiques (en revanche, les signes typographiques d’insertion sont bien présents, contrairement à ce qu’elle écrit). Nos transcriptions sont conçues pour apporter une aide à la lecture directe du manuscrit affiché, et non une reproduction diplomatique. Le pdf aurait pu prendre en charge les informations non linguistiques du manuscrit, mais ce format aurait rendu les transcriptions difficilement interrogeables par le moteur de recherche, l’outil principal du site, qui n’est pas mentionné dans l’article. La constitution de l’équipe de transcripteurs n’a pas répondu à l’urgence d’«être au rendez-vous du cent-cinquantenaire» (p.53-54), puisqu’au début du projet, en 2002, personne ne pensait à cette échéance et que le site a ouvert, à son rythme, en avril 2009. 4549 pages transcrites, comptant plusieurs millions de signes, comportent évidemment des erreurs. Toutes les transcriptions ont été relues et elles sont régulièrement corrigées, grâce aux suggestions envoyées par les utilisateurs (un contact est prévu à cet effet sur le site).]

Mary Donaldson-Evans, «Les adaptations de Madame Bovary», Site du Centre Flaubert, 2010.
http://flaubert.univ-rouen.fr/derives/mb_cinema_maryde.php

SUR LA TOILE

Gustave Flaubert remastérisé, sur le blog «art-psy».
http://art-psy.blog.lemonde.fr/?s=gustave+flaubert+remast%C3%A9ris%C3%A9
Réécriture de Bouvard et Pécuchet.

LECTURES

«Je suis revenu à la Correspondance de Flaubert. Il y est énormément question de stratégie littéraire - et même très machiavélique - mais c’est essentiellement sous forme de conseils à ses amis. Stratégie en chambre - que lui-même ne pratique pas pour son compte - toujours cet instinct de tenir la vie à distance. Croisset - rien que Croisset!»
Julien Gracq, lettre à un ami écrivain, « 17 août » [1993] (catalogue «Les Neuf Muses», Alain Nicolas, [janvier 2010], lot 19, p.24).

(< Benoît Melançon)
«France fait partie de ces gens dont on dit, en les voyant sur des vieilles photos, qu’ils ne changent pas d’un poil. L’ayant pour ma part rencontrée pour la première fois alors qu’elle entamait sa cinquantième année, je n’ai eu aucun mal à l’identifier sur sa photo de groupe de première année. Louis la retrouvait telle qu’il l’avait toujours connue, pâle et menue, belle si on veut, mais d’une beauté si discrète, si austère qu’il fallait s’arrêter et y réfléchir pour s’en rendre compte. Elle était belle comme un conte de Flaubert ou une icône russe du XVe siècle. Une beauté pour connaisseurs, pourrait-on dire.»
François Blais, Vie d’Anne-Sophie Bonenfant, Québec, L’instant même, 2009, p.43.

DEUX DISPARITIONS

Sergio Cigada

Monsieur Sergio Cigada, professeur de Littérature française, doyen de la Faculté de Langues et Littératures étrangères à l’Université Catholique du Sacré-Coeur de Milan, Chevalier de l’Ordre National du Mérite de la République Française, est décédé le lundi 8 mars à Milan, à l’âge de 77 ans. Membre du Comité de direction des revues Studi francesi, L’analisi linguistica e letteraria, Studies in communication et Plaisance, il avait reçu le 23 septembre 2009 le titre de Professeur honoraire.
Référence en Italie pour les études françaises, Sergio Cigada a été un grand intellectuel et un grand maître, capable d’embrasser avec finesse et ouverture des domaines différents et des questions très diversifiées. Son intérêt et sa passion pour la littérature française, dont il a été une des figures critiques majeures, ne l’ont jamais abandonné: outre la culture médiévale française (il a surtout étudié les figures de Charles d’Orléans et de François Villon), il s’est interrogé tout au long de son oeuvre sur le passage du romantisme à la modernité du XXe siècle, en se concentrant en particulier sur Flaubert, Baudelaire et les symbolistes, jusqu’à l’oeuvre poétique d’Apollinaire et de Max Jacob. Il a donné un texte fondamental pour les études sur le symbolisme: Il simbolismo francese, la poetica, le strutture tematiche, i fondamenti storici (1992).
Les flaubertiens lui doivent l’excellent ouvrage Il pensiero estetico di Gustave Flaubert (1964), fruit des cours qu’il a donnés dans les années cinquante et soixante, pendant lesquelles il s’est occupé de l’oeuvre de jeunesse de Flaubert jusqu’à Madame Bovary.
Ses élèves et ses collègues lui rendent hommage avec affection et estime non seulement pour ses compétences de chercheur, pour sa passion et pour son sens de la communication, pour son sérieux et sa patience dans le travail, mais aussi pour ses qualités humaines d’équilibre, de disponibilité et de générosité. Ils soulignent que travailler aux côtés du professeur Cigada a été une expérience de rigueur intellectuelle, mais aussi, plus profondément, de maturation humaine et personnelle.
On peut lire en ligne le discours d’hommage prononcé par le doyen de la Faculté des Langues et Littératures étrangères de l’Université Catholique de Milan, Madame Luisa Camaiora, et l’homélie du Père Luigi Cavagna, chapelain de la Chapelle du Sacré-Coeur de cette même université:
http://www.cattolicanews.it/CigadaCommemorazione_Camaiora.pdf
http://www.cattolicanews.it/Omelia_funebre_CIGADA.pdf
Chiara Pasetti

Jean-François Delesalle

Nous avons appris avec tristesse la disparition de Jean-François Delesalle, décédé le 7 mars 2010. Professeur honoraire de chaire supérieure, il avait enseigné la philosophie, mais il s’intéressait autant à la littérature. Petit-neveu de Jacques Crépet, il est l’auteur de plusieurs études baudelairiennes et il a apporté son aide à Claude Pichois pour l’édition des oeuvres et de la correspondance de Baudelaire dans la Pléiade. Nous avons retrouvé dans les papiers de Jean Bruneau de nombreuses informations qu’il lui avait transmises, relevées en particulier dans des catalogues de ventes. C’est donc tout naturellement qu’il a été associé à la publication du tome V de la Correspondance de Flaubert: il a établi et annoté les 377 lettres du Supplément. L’ensemble du volume a bénéficié de ses conseils amicaux, des corrections et des renseignements ponctuels qu’il nous a généreusement communiqués, et l’Index doit beaucoup à sa relecture érudite. Ses compétences nous manqueront lors de la publication de la cinquantaine de lettres inédites retrouvées depuis la parution du dernier volume, fin 2007.


Ce Bulletin est édité par le Centre Flaubert, avec la collaboration de Matthieu Desportes, de Marie-Paule Dupuy, d'Olivier Leroy et de Joëlle Robert. Il vous tiendra informé(e), selon une périodicité variable, des manifestations et des publications concernant Flaubert. Si vous désirez le recevoir gratuitement et y faire paraître des informations ou des commentaires, veuillez envoyer vos coordonnées et vos messages à :

Yvan Leclerc yvan.leclerc@univ-rouen.fr
Professeur à l'Université de Rouen
Faculté des Lettres et Sciences Humaines
F. - 76821 Mont-Saint-Aignan Cedex
Tél. Secrétariat département: 02 35 14 61 67


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