BULLETIN
RECHERCHE
Contact   |   À propos du site

BULLETIN FLAUBERT n° 123 / 21 juin 2010

VENTES

Catalogue Thierry Bodin, n° 130, été 2010
Lot 108. Gustave Flaubert, L.A.S., Jeudi soir [décembre 1862, à Hortense Cornu]; 1 page in-8. 800 euros.
Lettre inédite. «J’ai vu hier Camille Doucet la place donnée à Royer est une place d’inspecteur des Beaux Arts, créée spécialement pour lui. Ainsi rien ne vient à la traverse de la bonne idée que vous avez eue [...] & dont je vous suis d’avance très reconnaissant, - comme si la chose était faite»... [Il s’agissait de faire nommer Théophile Gautier à un poste de conservateur au Musée du Louvre.]
http://www.franceantiq.fr/slam/autographes/Cat.asp?AUTEUR=flaubert&IdTable=Bodin0610

(< Jacques Houbert)
Vente passée
Sotheby’s France, Paris, 18 mai 2010
Lot 109. Flaubert, 37 lettres autographes, dont 35 à Guy de Maupassant, une à Auguste Vaquerie et une à Claudius Popelin. Reliés également dans le volume: 3 télégrammes annonçant la mort de Flaubert à Maupassant; 3 lettres de 1927 sur la publication de la correspondance; une lettre de Caroline Commanville adressée à Maupassant sur la jeunesse de son oncle (10 novembre 1883).
Provenance: coll. D. Sickles, IV, 1990, n° 1120.
Estimation: 80/120.000 euros. Enchères: 60/140.000 euros.

VIENT DE PARAÎTRE

Éditions

(< Joëlle Robert)
À toi ma mère: correspondances intimes, édition de Patrick Poivre d’Arvor, Olivier Poivre d’Arvor, Points. coll. «Mots pour mots»
http://www.editionspoints.com/

Ouvrages

(< Joëlle Robert)
Emmanuelle de Boysson et Claude-Henry Du Bord, Nous, les bons vivants, Monaco, Éd. du Rocher, 2010.
En s’appuyant sur la vie d’artistes et de personnages bons vivants (Dumas, Balzac, Flaubert, Churchill, etc.) l’essai déplore la vie ascétique et remplie de privations de l’homme du XXIe siècle. Il montre comment les plaisirs simples de la vie peuvent procurer de la joie de vivre.

Michel Brix, L’Attila du roman: Flaubert et les origines de la modernité littéraire, Paris, Champion, coll. «Essais», 2001.
Présentation de l’éditeur:
«Dès la mort de Flaubert, s’est imposée très vite l’idée que les romans éminemment novateurs de cet écrivain constituaient une rupture radicale dans l’histoire de la création littéraire: l’auteur normand semblait avoir rendu caducs, définitivement, les principes esthétiques qui prévalaient avant lui. Et l’unanimité s’est faite, aujourd’hui, pour reconnaître que l’oeuvre de Flaubert marque le début d’une ère nouvelle de la narration et de la représentation: l’auteur de Madame Bovary est le père de la fiction contemporaine, celle qui met notamment l’accent, non sur l’événement raconté, mais sur la manière dont cet événement est raconté. Or, ce roman «nouveau», moderne, connaît bien des problèmes, et l’on entend beaucoup parler de la crise de la fiction en français. D’où cette question, à laquelle le présent essai s’attache à répondre: les réorientations imposées par Flaubert, puis par ses disciples, à la pratique romanesque ont-elles conduit celle-ci dans des voies fécondes ou dans une impasse?»
Maître de recherches à l’Université de Namur (Belgique), Michel Brix est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages - essais et éditions - consacrés à la littérature française des XVIIIe et XIXe siècles.
http://www.honorechampion.com/cgi/run?wwfrset+3+842026955+1+2+cccdegts1+22595217

Alzira Guedes, Baudelaire e Flaubert, na Raia da Modernidade [Baudelaire et Flaubert, aux alentours de la modernité], Lisbonne, Éditions Nova Vega, 2010.
Contact: editorial@novavega.mail.pt (à l’attention de Monsieur Assírio Bacelar).

Hubert Juin, Lectures du XIXe siècle, t. 2, Paris, Christian Bourgois, coll. «Titres», 2010.
Ce volume propose des études et nouvelles approches des oeuvres de Charles Nodier, Stendhal, Victor Hugo, George Sand, Gérard de Nerval, Gustave Flaubert, Charles Baudelaire, Jules Vallès, Louise Michel et Henry Bauer.
http://www.christianbourgois-editeur.com/catalogue.php?IdA=407

Thierry Poyet (dir.), Flaubert et les artistes de son temps. Éléments pour une conversation entre écrivains, peintres et musiciens, Paris, Eurédit, 2010.
Présentation de l’éditeur:
«Le mythe de l’ours Flaubert n’est pas sans réalité, tant l’ermite de Croisset a cherché à passer pour un solitaire obsessionnel, désireux de s’enfermer dans son seul projet littéraire, sans plus jamais s’ouvrir sur l’extérieur. Pourtant, son existence - mondaine -, son oeuvre - si variée et si soucieuse d’intertextualité -, et sa correspondance - aux destinataires tellement nombreux et aux sujets toujours plus différents - montrent que Flaubert a toujours eu la curiosité chevillée au corps, celle qui pousse justement vers autrui, surtout quand l’Autre est un Artiste. En réalité, ses conversations esthétiques, qu’elles relèvent ou non de la seule littérature, sa connaissance des arts contemporains, sa fréquentation des peintres ou son souci de la musique lui assurent une vraie passion des autres créateurs dans un dialogue permanent, instructif et foisonnant qui fait de la création artistique la préoccupation primordiale de l’écrivain.
Les différentes contributions de cet ouvrage orienteront le lecteur vers une connaissance renouvelée de Flaubert, artiste de son temps ouvert à tous les courants artistiques qui l’entourent. Car peintres, musiciens et écrivains sont les vrais amis de Flaubert chaque fois qu’ils contribuent à penser l’Art avec une exigence absolue de perfection, en créateurs soucieux d’originalité, capables d’entrer en dialogue avec lui dans sa quête insatiable du Beau.
Ont participé à ce volume: Marie Baudry, Angelika Giannouli, Marie Gugliotta, Luís Carlos Pimenta Gonçalves, Aurélia Hetzel, Justine Jotham, Marc Lefrançois, Sébastien Mullier, Thierry Poyet, Virginie Prioux, Pascal Rannou et Michaël Vottero.

Articles

Bibliographie de Flaubert en Chine, East Asian Seminar, University of Zurich, 2010.
http://flaubert.univ-rouen.fr/etranger/gf_chine.pdf
[La Chine dans l’oeuvre et la correspondance de Flaubert. Traductions et ouvrages critiques.]

Yvan Leclerc, «Procès, censure et autocensure dans le roman du XIXe siècle: l’exemple de Madame Bovary», Cahier de l’Association internationale des Études Françaises, n°62, mai 2010, p.343-359.
[Communication au LXIe congrès de l’Association, 8 juillet 2009.]

(< Gilles Cléroux)
Javier Marías, «Amusants comme des vieux», in Littérature et fantôme, traduit de l’espagnol par Jean-Marie Saint-Lu, Paris, Gallimard, coll. «Arcades», 2009, p.187-193.
[Sur la relation Flaubert-Tourguéniev.]

SUR LA TOILE

«Druillet fantasme Salammbô nue», Le Monde, 9 juin 2010.
Philippe Druillet est un artiste multiple. Il est connu comme auteur de BD. Il est aussi photographe, designer, plasticien et décorateur. Il a récemment dessiné des meubles pour Benjamin de Rothschild. Il a créé les 400 fresques et dessins ayant servi à la saga des Rois maudits, réalisée par Josée Dayan pour la télévision, en 2005. Il vient de partir à Naples, pour une pièce sur Alexandre le Grand, avec l’acteur Tchéky Karyo...
Intégralité de l’article:
http://www.lemonde.fr/culture/article/2010/06/09/druillet-fantasme-salammbo-nue_1370106_3246.html#xtor=AL-32280340

RECHERCHE

Madame Bovary, édition pirate
Dans le Bulletin Flaubert précédent (n°122, 10 mai 2010), nous signalions une édition pirate de Madame Bovary, découverte par Éric Walbecq. Michel Bernard a retrouvé des traces de cette édition dans L’Intermédiaire des chercheurs et des curieux de 1929. Cette recherche lui a donné l’occasion d’une réflexion sur les possibilités et les limites de la documentation en ligne. Intervention de Michel Bernard dans LITOR, 10 mai 2010; reproduite sur le site Flaubert avec l’aimable autorisation de l’auteur:
http://flaubert.univ-rouen.fr/ressources/mb_editionpirate.php

Flaubert traducteur de Candide?
(< Olivier Leroy)
Books n° 13, mai-juin 2010
«Qui a le Candide de Flaubert?
Dans un bel article publié à l’automne dernier dans le Times Literary Supplement sur le roman de Voltaire, David Coward, Professeur émérite de français à l’université de Leeds, écrivait: "Flaubert l’a lu une centaine de fois et l’a traduit en anglais, pour mieux savourer ses beautés artistiques." Charles Lock, de l’université de Copenhague, a adressé une lettre au journal: "Le seul indice que j’ai trouvé à ce sujet est une lettre de Flaubert à Louis de Cormenin du 7 juin 1844: "J’ai lu Candide vingt fois, je l’ai traduit en anglais..." Cette phrase a été reprise, amplifiée et travaillée par de nombreux critiques et biographes, mais quelqu’un a-t-il trouvé le manuscrit?»

SITE DU CENTRE FLAUBERT

Acte de mariage entre Émile Hamard et Caroline Flaubert, soeur de Gustave, le 3 mars 1845. Document saisi par Olivier Leroy:
http://flaubert.univ-rouen.fr/biographie/mariage_caroline_emile.php

BACCALAURÉAT

(< Catriona Seth)
Le supplément «Réviser son bac avec Le Monde», cahier du Monde, n°20339, daté du mercredi 16 juin 2010, contient à la page 6 une présentation des procédés de réécriture et, en guise de «Repères», l’évocation de six récritures de Madame Bovary. Pour le journaliste, ce roman est celui qui a le plus suscité de «désirs palimpsestueux», mot-valise emprunté à Gérard Genette.

LECTURES

(< Augustin de Butler)
Renoir: «J’ai parcouru Madame Bovary. C’est l’histoire d’un crétin dont la femme veut devenir quelque chose et, quand on a lu ces 300 pages, on ne peut pas s’empêcher de se dire à soi-même: “Mais je me fous de tous ces gens-là!”», cité par Ambroise Vollard, En écoutant Cézanne, Degas, Renoir [1938], Paris, Grasset, coll. «Les Cahiers Rouges», 2003, p.270.

Lettre de Caillebotte à Monet, 18 juillet 1884. Caillebotte vient de lire les Lettres de Flaubert à George Sand, parues quelques mois plus tôt chez Charpentier. Lettre citée par Gustave Geffroy, Monet [1924], Paris, Macula, 1980, p.297-298
«Je viens de lire les lettres de Flaubert. Quel livre intéressant et quel prodigieux artiste! Mais c’est égal, je vous avouerai qu’il y a bien des choses que je ne comprendrai jamais, à commencer par cette admiration pour George Sand. Avez-vous jamais lu ou pu lire La Petite Fadette et tant d’autres niaiseries paysannesques, La Mare au Diable, etc. Cela me semble rudement loin de Flaubert. Par exemple c’est bien décourageant aussi. Peut-être trouvera-t-on plus tard que ce qui a manqué à cet homme, c’est, il le dit lui-même, d’être olympien. Tout son art manque de calme, et quand on a lu cela je crois qu’il s’en dégage une seule idée bien nette, il a voulu prouver que tout le monde était bête, que toutes les sciences, toutes les religions, etc., etc., n’étaient rien. Et quel vide après cela. C’est absolument décourageant. - Cette lecture m’a tué.
J’imagine que bien des grands artistes vous rattachent plus à la vie. Regardez donc l’oeuvre de Delacroix à côté de celle de Flaubert. Il a eu autant à se plaindre de la bêtise de ses contemporains, mais dans son oeuvre il n’en est pas question. Son art est au-dessus de cela, il est olympien. J’imagine que Millet aussi était olympien. Ceci n’exclut pas la fierté, ni le mépris de la bêtise des autres. Je veux dire seulement qu’il ne faut pas tant s’occuper de ce qui n’a pas si grande importance. Tenez, Degas n’est pas olympien. Et cela lui aura terriblement manqué. Il y a de bien jolies choses sur le "père Hugo". Mais comment peut-il mettre sur la même ligne Zola et Daudet. Et cette horreur de Veuillot! Un homme qui, comme Flaubert, n’a été préoccupé que de la phrase, de la façon d’exprimer le plus simplement et le plus clairement ce qu’il avait à dire. Et beaucoup de choses de ce genre. Mais c’est égal, quel grand travailleur et si vraiment désintéressé de tout hors de son art. Sans ces lettres je doute que l’on eût pu comprendre comment L’Éducation sentimentale et Saint Antoine étaient du même homme. Mais je m’aperçois que je deviens assommant. Bonsoir. Tout à vous.»


Ce Bulletin est édité par le Centre Flaubert, avec la collaboration de Matthieu Desportes, de Marie-Paule Dupuy, d'Olivier Leroy et de Joëlle Robert. Il vous tiendra informé(e), selon une périodicité variable, des manifestations et des publications concernant Flaubert. Si vous désirez le recevoir gratuitement et y faire paraître des informations ou des commentaires, veuillez envoyer vos coordonnées et vos messages à :

Yvan Leclerc yvan.leclerc@univ-rouen.fr
Professeur à l'Université de Rouen
Faculté des Lettres et Sciences Humaines
F. - 76821 Mont-Saint-Aignan Cedex
Tél. Secrétariat département: 02 35 14 61 67


Mentions légales