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BULLETIN FLAUBERT n° 127 / 15 décembre 2010

«BALLET» [«PEPO VA SE MARIER À PEPA»]

Scénario inédit d’une pièce de théâtre, vers 1852-1854
http://flaubert.univ-rouen.fr/manuscrits/ballet.php

On pourrait rapprocher ce scénario des projets de féeries datant des années 1862 et 1863, mais l'écriture du manuscrit et les allusions contemporaines de la correspondance le placent plutôt au début des années 1850. Alors qu'il rédige Madame Bovary, Flaubert écrit à Louise Colet: «Quand j’aurai fini ma Bovary et mon conte égyptien (dans deux ans), j’ai deux ou trois idées de théâtre que je mettrai à exécution» (lettre du 23 mai 1852, Corr., éd. Jean Bruneau, Bibl. de la Pléiade, t.II, p.94). Le «Ballet» fait-il partie de ces projets? Une mention dans une lettre postérieure à Louis Bouilhet semble se rapporter à notre scénario: «Nous ferons le Ballet astronomique, une féerie, des pantomimes, le Dictionnaire des idées reçues, des scénarios, des bouts rimés, etc.» (t.II, p.561). Parmi les pantomimes, se trouvait très probablement Pierrot au sérail, composé avec Louis Bouilhet. Le «ballet astronomique» dont il est question dans cette lettre pourrait se confondre, ou du moins avoir un rapport étroit avec le scénario qui nous occupe, puisque l'expression y figure: la pièce se termine en effet par l'apothéose d'un «ballet astronomique», consacrant l'union de Pepo et Pepa. Notons par ailleurs qu'un autre «ballet astronomique» se trouvera à la fin de la pièce de Louis Bouilhet, Faustine (Michel Lévy, 1864, p.97-98). Voir la lettre de Flaubert à Gabriel Fauré du 13 mars 1879, t.V, p.580.

MARIO VARGAS LLOSA ET FLAUBERT

(< Stéphanie Dord-Crouslé)
«Mario Vargas Llosa dédie son Nobel à Flaubert»
Blog de Pierre Assouline
http://passouline.blog.lemonde.fr/2010/12/06/vargas-llosa-dedie-son-nobel-a-flaubert/

Discours de réception de Mario Vargas Llosa, prix Nobel de littérature 2010: «Éloge de la lecture et de la fiction», Stockholm, 7 décembre 2010
http://www.svenskaakademien.se/web/Conference_Nobel_2010_es.aspx
«Rien n’était moins facile que d’écrire des histoires. En devenant mots, les projets se flétrissaient sur le papier, idées et images fléchissaient. Comment les ranimer? Par bonheur, les maîtres étaient là pour qu’on apprenne d’eux et qu’on suive leur exemple. Flaubert m’a enseigné que le talent est une discipline tenace et une longue patience.»
[…]
«Bien que cela représente beaucoup de travail et me fasse suer à grosses gouttes, et qu’à l’instar de tout écrivain je ressente parfois la menace de la paralysie ou de la sécheresse de l’imagination, rien ne m’a fait autant jouir dans la vie que de passer des mois et des années à bâtir une histoire, depuis sa naissance incertaine, cette image que la mémoire a emmagasinée à partir de quelque expérience vécue et devenue inquiétude, enthousiasme, fantaisie, jusqu’à sa germination en projet et en décision de tenter de transformer ce brouillard peuplé de fantômes en une histoire. “Écrire est une manière de vivre”, a dit Flaubert. Oui, assurément, une manière de vivre dans l’illusion et la joie, avec un feu crépitant dans la tête, en luttant contre les mots indociles jusqu’à les maîtriser, en explorant le vaste monde comme un chasseur derrière des proies convoitées pour alimenter la fiction en herbe et apaiser cet appétit vorace de toute histoire qui, en grossissant, voudrait avaler toutes les histoires.»

VENTES

Librairie de l’Abbaye, cat. n°339 [décembre 2010]
Abbaye-PINAULT@wanadoo.fr
48. Flaubert, LAS à Edmond Laporte, [1er septembre 1878], 2.700 euros.
[Corr, éd. Jean Bruneau et Yvan Leclerc, Bibl. de la Pléiade, t.V, p.423-424.]

Autographes Demarest, hiver 2010
ndemarest@neuf.fr
93. Flaubert, LAS à Alice Pasca, [fin août ou septembre 1868], 1.650 euros.
[Corr., éd. Jean Bruneau, Bibl. de la Pléiade, t.IV, p.918, à la date du [5? avril 1875]. Alice Pasca reprenant le rôle de Fanny Lear, dont il est question ici, le 24 avril 1875, la lettre, datée de «lundi», se situe plutôt le 26 avril ou le 3 mai.]

VIENT DE PARAÎTRE

Traduction

Flaubert, November, traduit en hongrois par Romhanyi Török Gabor, Budapest, Napkut Kiado, 2010.

Articles

Stéphanie Dord-Crouslé: «De l’esclavage selon Flaubert» dans Littérature et esclavage, XVIIIe-XIXe siècles, sous la dir. de Sarga Moussa, Paris, Desjonquères, «L’esprit des lettres», 2010, p.371-382.
[L’esclave est d’abord une «figure essentielle d’un Orient rêvé qui fascine le futur écrivain» (p.371). Devant les esclaves réels, maltraités par les maîtres, Flaubert fait preuve de «détachement émotionnel». Retournement politique et idéologique: «en tant que membre d’une aristocratie naturelle dont la légitimité est battue en brèche par le suffrage universel, [Flaubert] se pose comme victime d’une oppression et se pense donc sur le modèle de l’esclave sous la férule du maître» (p.378). Dans les dossiers de Bouvard et Pécuchet, la question de l’esclavage est réduite «à son seul traitement stylistique» (p.380).]

Zuzanna Krasnopolska, «Lectures d'Emma Bovary et Teresa Uzeda: deux cas de boulimie littéraire», 2010.
[Comparaison entre les héroïnes de Madame Bovary et du roman en italien de Federico De Roberto, L'Illusione, 1891.]
http://flaubert.univ-rouen.fr/article.php?id=5

Ioan Pop-Curseu, «La chair, la statue et les mouches: une obsession de Flaubert», 2010.
http://flaubert.univ-rouen.fr/article.php?id=10

Comptes rendus

Deux articles sur la nouvelle traduction en anglais de Madame Bovary par Lydia Davis: Madame Bovary: Provincial Ways by Gustave Flaubert, translated by Lydia Davis, Penguin, 2010.
(< Vanessa Guignery)
Julian Barnes, «Writer’s Writer and Writer’s Writer’s Writer» [sur la traduction de Madame Bovary par Lydia Davis:], London Review of Books, vol.32, n°22, 18 novembre 2010.
http://www.lrb.co.uk/v32/n22/julian-barnes/writers-writer-and-writers-writers-writer

Jonathan Raban, «Flaubert, Imperfect», The New York Review, vol. LVII, n°15, 14-27 octobre 2010.
http://www.nybooks.com/articles/archives/2010/oct/14/flaubert-imperfect/

SUR LA TOILE

(< Bénédicte Duthion)
Odilon Redon, À Gustave Flaubert: Six dessins pour la Tentation de Saint Antoine, [Paris, Dumont, 1889].
Mis en ligne sur le site de l’Institut National d’Histoire de l’Art (INHA).
http://bibliotheque-numerique.inha.fr/detail.cfm?cfid=1186784&cftoken=20666471&idmedia=0039903&w=2

(< Paul Paumier)
Stéphanie Dord-Crouslé, «Genèse et disparition de la “Panogaudopole”. L'épisode supprimé du jouet des enfants Homais (Madame Bovary, II, 14)» (2007)
http://halshs.archives-ouvertes.fr/docs/00/21/59/98/PDF/SDC_Panogaudopole_version_finale_HAL.pdf
[Stéphanie Dord-Crouslé a déposé de nombreux articles concernant Flaubert sur le site d’archives ouvertes HAL-SHS (Hyper Article en Ligne - Sciences de l'Homme et de la Société): http://halshs.archives-ouvertes.fr/ (taper «dord-crouslé» dans le moteur de recherche du site pour accéder à la liste)].

SITE DU CENTRE FLAUBERT

Adaptation théâtrale de Madame Bovary par Gaston Baty (1936)
http://flaubert.univ-rouen.fr/derives/Bovary_theatre/accueil.html

Présentation de L'Atelier Bovary
Interview de Danielle Girard par Philippe Godiveau pour la web-radio de l'académie Orléans-Poitiers
http://flaubert.univ-rouen.fr/bovary/atelier/interview_atelier.mp3

Gaston Chérau, Valentine Pacquault, Plon, 1921.
Roman en rapport intertextuel avec Madame Bovary. Présentation par Marie-Paule Dupuy.
http://flaubert.univ-rouen.fr/derives/mb_intert_cherau.php

M. Lecointre-Dupont, «La Légende de saint Julien le pauvre», l’une des sources de La Légende de saint Julien l’Hospitalier (Marie-Paule Dupuy).
http://flaubert.univ-rouen.fr/ressources/tc_lecointre_dupont.php

Le Château du Vaudreuil, dans l’Eure, résidence de Raoul-Duval
Galerie de photos: http://flaubert.univ-rouen.fr/iconographie/galerie.php?g=vaudreuil
Notice: http://flaubert.univ-rouen.fr/iconographie/vaudreuil.php

LECTURE

Jean-Pierre Marielle, Le Grand n’importe quoi, Calmann-Lévy, 2010.
«Cet argent, je le dépense en voyages, en dessins, en tableaux et en lettres manuscrites d’écrivains – voir leur écriture me bouleverse, j’ai l’impression qu’elles me sont destinées, que la voix de leur auteur s’en échappe, ce sont des lampes que je frotte des yeux, et dont sort un bon génie. Il faut parfois adapter ses moyens à ses désirs, ainsi je n’ai pu m’offrir que trois lignes de Flaubert: “Avec plaisir, cher ami. Ton vieux de la vieille, Gustave Flaubert. J’arriverai à neuf heures. Est-ce l’heure?”» (p.18).
«Flaubert (Gustave). Découvert tôt, il ne m’a jamais quitté. Certaines passions favorisent l’amitié. Je m’étais ainsi lié avec Fabrice Luchini, dont j’adore l’enthousiasme partageur, sur le tournage d’Uranus de Claude Berri. Nous avions réussi à visiter un des appartements parisiens de Flaubert, alors qu’ils sont fermés au public. La pièce où il travaillait semblait inchangée et nous nous attendions à ce qu’il se lève de sa table pour nous saluer, ou nous foutre à la porte. Nous en sortîmes émus» (p.83-84).
«Si je devais avoir des points de convergence avec lui [un ami communiste], ça serait la méfiance envers l’idéologie bourgeoise, et la bêtise qui lui tient la main, que démontra férocement Flaubert dans Bouvard et Pécuchet, mon seul bréviaire politique» (p.107).

(< Louis Watt-Owen)
«Jean-Pierre Marielle cultive son jardin secret…», TF1, journal de 13h, 26 octobre 2010:
http://videos.tf1.fr/jt-13h/jean-pierre-marielle-cultive-son-jardin-secret-6114592.html



Ce Bulletin est édité par le Centre Flaubert, avec la collaboration de Matthieu Desportes, de Marie-Paule Dupuy, d'Olivier Leroy et de Joëlle Robert. Il vous tiendra informé(e), selon une périodicité variable, des manifestations et des publications concernant Flaubert. Si vous désirez le recevoir gratuitement et y faire paraître des informations ou des commentaires, veuillez envoyer vos coordonnées et vos messages à :

Yvan Leclerc yvan.leclerc@univ-rouen.fr
Professeur à l'Université de Rouen
Faculté des Lettres et Sciences Humaines
F. - 76821 Mont-Saint-Aignan Cedex
Tél. Secrétariat département: 02 35 14 61 67


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