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BULLETIN FLAUBERT n° 131 / 4 mai 2011

AGENDA

Samedi 21 mai 2011, Hôtel des sociétés savantes, 190 rue Beauvoisine, Rouen,
Conférences à l’occasion du vingtième anniversaire de l’association des Amis de Flaubert et de Maupassant
9 h 30-12 h.
David Michon: Histoire des Amis de Flaubert de 1880 à 1980
Daniel Fauvel: Les origines des Amis de Flaubert et de Maupassant
Michel Lambart: Quelques souvenirs de notre association, l’ancienne et la nouvelle

(< Kazuhiro MATSUZAWA, responsable de la société japonaise des études flaubertiennes)
Samedi 28 mai 2011, université de Hitotsubashi, Japon
Réunion de la société japonaise des études flaubertiennes.
Intervenants:
Tadataka KINOSHITA: Inscription cryptographique de l'épilepsie dans La Légende de saint Julien l'Hospitalier
Taro NAKAJIMA: Le discours maistrien dans la figure de l'abbé Jeufroy
Contact: j46159a@piano.ocn.ne.jp

VENTES

(< Eric Walbecq)
Mardi 3 mai 2011, vente Piasa
http://www.piasa.auction.fr/FR/lot_details.php?saleId=16002&lotId=2874824
Lot 193. Gustave Flaubert, Salammbô, Paris, Lévy frères, 1863. EO. Estimation 4.000/ 5.000 euros.
Exemplaire de premier tirage avec toutes les fautes signalées par les bibliographies.
Envoi autographe signé sur le faux-titre «à mon ami Louis Ulbach / en souvenir de la Revue de Paris / Gve Flaubert».
Louis Ulbach était co-directeur de la Revue de Paris avec Maxime Du Camp et Laurent-Pichat.
L'envoi est d'autant plus curieux que lors de la publication de Madame Bovary, Ulbach avait jugé le danger, compte tenu de la censure de l'époque, de publier le texte dans la revue: «Nous allions publier une oeuvre étrange, hardie, cynique dans sa négation, déraisonnable à force de raison, fausse par trop de vérités de détail, mal observée à cause de l'émiettement pour ainsi dire de l'observation; sans tristesse généreuse…, sans élan,… sans amour.»
Il demanda à Flaubert d'exclure à la fin l'épisode de l'extrême-onction et de la veillée du corps par le prêtre et l'apothicaire. Flaubert s'insurgea contre cette demande mais consentit finalement à quelques changements secondaires.
Il faut croire qu'entre 1857, année de la parution de Madame Bovary et 1863, date de Salammbô, les rapports entre les deux hommes se sont beaucoup adoucis.

VIENT DE PARAÎTRE

Éditions

Flaubert, Salammbô, édition préfacée, annotée et commentée par Jacques Neefs, Le Livre de Poche, coll. «Les Classiques de Poche», 2011.
[Le texte de cette édition n’a pas été établi avec toute la rigueur scientifique requise. Voir deux remarques philologiques par Yvan Leclerc:
http://flaubert.univ-rouen.fr/comptes_rendus/salammbo_poche2011_leclerc.php

Ouvrages

Hermia Oliver, Flaubert et une gouvernante anglaise [Flaubert and an English Governess, Clarendon Press, Oxford, 1980], traduit par Gillian Pink, préface inédite de Julian Barnes, Publications des universités de Rouen et du Havre, coll. «Flaubert», 2011.
http://www.univ-rouen.fr/irshs/users/purh/spip.php?article616
Présentation de l’éditeur:
Parmi les femmes aimées par Flaubert, la plus mystérieuse de toutes est Juliet Herbert, dont il ne subsiste aucun portrait ni aucune lettre. Hermia Oliver raconte ici sa quête de cette Anglaise, qui fut la gouvernante de Caroline, la nièce de Flaubert, puis pendant vingt ans une des proches du romancier. En recourant aux recensements, aux testaments, aux registres paroissiaux et aux lettres échangées entre divers correspondants, l’auteur revient sur les années que Juliet a passées à Croisset, ainsi que sur les voyages de Flaubert en Angleterre et les séjours de Juliet à Paris. Au fil des indices qui permettent de suivre l’histoire de Juliet, c’est aussi un nouveau portrait de Flaubert qui se dessine, très différent du misanthrope peint par certains de ses biographes. L’ouvrage aide à comprendre comment il intégrait des souvenirs de voyage à ses écrits, et pourquoi il ne subsiste aucune lettre échangée entre lui et Juliet.

Hedge Vidar Holm, Moeurs de province. Essai d’analyse bakhtinienne de Madame Bovary, Berne, Peter Lang, 2011. Préface de Yvan Leclerc.
http://www.peterlang.com/index.cfm?event=cmp.ccc.seitenstruktur.detailseiten&seitentyp=produkt&pk=54740&concordeid=430453
Présentation de l’éditeur:
Personne ne sait pourquoi Gustave Flaubert a rajouté de sa main, sur la première page du manuscrit définitif de Madame Bovary, celui du copiste, le sous-titre Moeurs de Province. A quelques rares exceptions près, la recherche flaubertienne ne s'est guère penchée sur la question, et depuis la mort du romancier normand, la plupart des éditeurs du roman a tout simplement supprimé le sous-titre, pourtant si significatif notamment pour une compréhension approfondie des intentions critiques de Flaubert vis-à-vis de la société bourgeoise de son époque.
Pour l'auteur de cet essai, le premier de longue haleine à étudier le sens et la signification du sous-titre, les moeurs provinciales visées par l'écrivain dans son premier roman publié sont avant tout des moeurs langagières. La langue et les langages sont au centre de ce livre, où le personnage le plus troublant, la protagoniste Emma Bovary, est clairement victime de ces moeurs langagières bien que, à certains moments, elle arrive à sortir de leur contrainte et paraître une voix à part entière, tels les personnages romanesques polyphoniques de Dostoïevski vus par Bakhtine.

(< Gilles Cléroux)
Claude-Pierre Pérez, Les infortunes de l'imagination, Saint-Denis, Presses Universitaires de Vincennes, coll. «L'imaginaire du texte», 2010. Contient: «Note sur Flaubert» [à propos de La Tentation de saint Antoine], p.85-90.

Ouvrage collectif

Bulletin de la Section française, Faculté des Lettres, Université Rikkyo, n°40, 2011
«Flaubert au carrefour des cultures», textes réunis par Norioki Sugaya
Avant-propos, par Norioki Sugaya

1. Flaubert, l’Orient et la Religion
Gisèle Séginger, «Flaubert en Orient – L’invention d’un art du sensible»
Stéphanie Dord-Crouslé, «Le “livre des voyageurs” au XIXe siècle: usages et manifestations littéraires – avec application au cas de Gustave Flaubert»
Gisèle Séginger, «Le sentiment religieux dans la littérature française du XIXe siècle»

2. Flaubert et les penseurs du XXe siècle
Masanori Tsukamoto, «“La bêtise n’est pas mon fort” – la notion de bêtise chez Valéry et chez Flaubert»
Norioki Sugaya, «La littérature comme négativité: Flaubert et Sartre»
Nao Sawada, «Le style est-il l’homme même? – ce que Sartre analyse chez Flaubert»
Atsushi Yamazaki, «Le roman face à la métaphysique: Flaubert et Rancière»

Articles

(< Gilles Cléroux)
Ye Young CHUNG, «Problème de la lecture dans Bouvard et Pécuchet», dans Pour une critique décalée: autour des travaux de Pierre Bayard, textes réunis par Laurent Zimmermann, Nantes, Cécile Defaut, 2010, p.153-176.

Pierre-Jean Dufief, «Dialogues savants et burlesques dans Bouvard et Pécuchet», dans Le débat d'idées dans le roman français, sous la dir. de Geneviève Artigas-Menant et Alain Couprie, Paris, PUPS, «Lettres françaises», 2010, p.47-57.

Yvan Leclerc, «Flaubert et le style célibataire», dans Machine littéraire, machine célibataire et «genre neutre», Annette Runte (dir.), Würzburg, Königshausen & Neumann, 2011, p.125-133.

Boris Lyon-Caen, «Le roman oblique (Flaubert)» dans Le début et la fin du récit, une relation critique, sous la dir. d'Andrea Del Lungo, Paris, Classiques Garnier, «Théorie de la littérature, 2», 2011, p.195-205.

Zaven Paré, «Le théâtre Bovary» [en ligne], site Flaubert, 2011.
http://flaubert.univ-rouen.fr//article.php?id=18

Catherine Schmider, «“Ta chasteté n’est qu’une corruption plus subtile” – le célibat comme dispositif textuel dans l’oeuvre de Gustave Flaubert», dans Machine littéraire, machine célibataire et «genre neutre», ouvr. cité, p.135-144.

Sérgio Scotti, «O estilo como escrita de si e o objeto a em Flaubert» [Le style comme écriture de soi et l’objet a chez Flaubert] (texte en portugais). Communication présentée au IIIe colloque international Psychanalyse et Écriture, université Paris 13, 26-27 novembre 2010.
http://flaubert.univ-rouen.fr/article.php?id=17

Comptes rendus

Éditer le chantier documentaire de Bouvard et Pécuchet. Explorations critiques et premières réalisations numériques, textes réunis par Rosa Maria Palermo Di Stefano, Stéphanie Dord-Crouslé, Stella Mangiapane, Messine, Andrea Lippolis Editore, 2010.
Compte rendu par Michel Pierssens:
http://flaubert.univ-rouen.fr/comptes_rendus/bpchantier_pierssens.php
Barbara Vinken / Peter Fröhlicher (ed.), Le Flaubert réel, Tübingen, Niemeyer, 2009. Compte rendu par Joseph Jurt, Romanische Forschungen, [Francfort], t.123, n°1, 2011, p.137-140. Disponible également en ligne:
http://flaubert.univ-rouen.fr/comptes_rendus/vinken_jurt.php

Éric Le Calvez, Genèses flaubertiennes, Amsterdam/ New York, Rodopi, 2009. Compte rendu par Jeanne Bem, Romanische Forschungen, [Francfort], t.123, n°1, 2011, p.114-117.

SUR LA TOILE

(< Louis Watt-Owen)
Hommage à Maurice Nadeau
Le maître-livre de Maurice Nadeau, Gustave Flaubert, écrivain, essai, Paris, Les Lettres nouvelles, 1969, est en ligne à l’adresse suivante:
http://quod.lib.umich.edu/cgi/t/text/text-idx?c=genpub;idno=AFD1935.0001.001
Au moment de la réédition de son ouvrage en 1980, Maurice Nadeau avait accordé un entretien à Gilles Lapouge sur France-Culture. Fichier mp3:
http://flaubert.univ-rouen.fr/etudes/nadeau_flaubert1980.mp3

Compte rendu de Salammbô par Louis Liévain, Le Papillon, 25 janvier 1863, p.59-61. Document découvert par Louis Watt-Owen.
http://flaubert.univ-rouen.fr/etudes/salammbo/sal_lie.php

SITE DU CENTRE FLAUBERT

Le site Flaubert a dix ans
Ouvert le 8 mai 2001, le site Flaubert a dix ans cette semaine. La Revue Flaubert a paru la même année (elle en est logiquement à son dixième numéro), ainsi que ce Bulletin, dont le premier numéro a précédé de peu l’ouverture du site: il est daté du 15 avril 2001. Celui-ci porte le numéro 131, soit une moyenne d’un peu plus d’un numéro par mois. Actuellement, le Bulletin est envoyé à 770 abonnés, auxquels s’ajoutent les lecteurs de LITOR. Le site Flaubert reçoit une moyenne de 580 visites par jour, Atelier Bovary inclus; le site Bovary, 100 visites quotidiennes.
Pour fêter son dixième anniversaire, le site Flaubert a subi une cure de jouvence informatique. La plupart des fichiers terminés en .html ont été transformés en .php.
Le site s’est également enrichi, il y a quelques mois, d’un moteur de recherche interne, accessible à partir de la page d’accueil.

Site et Atelier Bovary
Dans le site et dans l’Atelier Bovary, les passages censurés par les éditeurs de la Revue de Paris, sur le manuscrit définitif de Flaubert, apparaissent désormais en vert et les notes de régie en rouge. On peut afficher ces deux listes complètes en allant dans l’Atelier Bovary, sur le tableau génétique à l’adresse suivante:
http://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/tableau_genetique.php?corpus=bovary
Dans la barre de navigation se trouve un onglet conduisant à chacune de ces listes. On doit cette réalisation à Danielle Girard (notes de régie), associée à Nicole Caron pour les censures.

LECTURE

«Voilà en quoi ce livre [Les Liaisons dangereuses] est si funeste, et le seul dangereux entre tous les livres, Madame Bovary seule exceptée, peut-être. Il attente à la vie. Dans Madame Bovary, le poète expose et détruit l’illusion vitale que chaque être pensant nourrit sur soi-même pour s’aider à vivre.»
André Suarès, «Xénies», Émile-Paul, 1923. Repris dans la nouvelle édition des Liaisons dangereuses, éd. Catriona Seth, Bibl. de la Pléiade, 2011, p.662.

(< Gilles Cléroux)
Puccini, «le Flaubert de la musique»
«Par bien des aspects, Puccini fait songer à Flaubert. Comme Flaubert, il fut obsédé par la quête du bon sujet. Comme Flaubert, il travaillait avec lenteur, refusant de cueillir le fruit pas mûr. Comme Flaubert, il avait le goût de la vie bourgeoise. Comme Flaubert, il entretint une correspondance abondante avec une femme dont il était vaguement l’amant, et certainement l’ami: sa Louise Colet, ce fut Sybil Seligman. Comme Flaubert, enfin, sous des airs de père peinard cachant mal le travail souterrain de l’absolu, il créa dans son art une révolution radicale, sans grandes déclarations ni violation manifeste de codes, mais à partir d’une subversion profonde du style et un renouvellement des moyens d’expression. Comme Flaubert, il campa des figures de femmes brisées devenues archétypes. Comme Flaubert, il s’échappait pour des voyages où il traînait son ennui et son désir inassouvi, mais emmagasinait des images et des sensations. Comme Flaubert, il cultivait un anarchisme ironique et un peu lâche dans des circonstances historiques pourtant critiques, et préférait ses bons amis et sa plume aux tribunes partisanes. Comme Flaubert, il avait la paupière lourde et le rictus désabusé, et comme Flaubert il laisse une oeuvre dont on dit souvent qu’elle sent la lampe, mais dont on ne peut nier qu’elle trahit un certain génie.»
Sylvain Fort, Puccini, Actes Sud, coll. «Classica», 2010, p.100-101.

ENTENDU

(< Jeanne Bem)
Le 7 avril 2011, dans «Les matins» de France Culture:
galerie Nuke, 11 rue Saint Anastase, 75003 Paris, se tient une exposition de Alizé Meurisse: «Pen Knife», peintures et collages, du 18 mars au 30 avril 2011. Jeune artiste iconoclaste vivant entre Paris et Londres, elle a aussi publié deux romans.
Sur un collage, une petite fille est sur les genoux de sa mère:
«– Maman, j'ai de la moustache, c'est affreux (elle a la tête de Flaubert).
– Mais ma chérie, tu sais bien que Flaubert était un con!»


Ce Bulletin est édité par le Centre Flaubert, avec la collaboration de Matthieu Desportes, de Marie-Paule Dupuy, d'Olivier Leroy et de Joëlle Robert. Il vous tiendra informé(e), selon une périodicité variable, des manifestations et des publications concernant Flaubert. Si vous désirez le recevoir gratuitement et y faire paraître des informations ou des commentaires, veuillez envoyer vos coordonnées et vos messages à :

Yvan Leclerc yvan.leclerc@univ-rouen.fr
Professeur à l'Université de Rouen
Faculté des Lettres et Sciences Humaines
F. - 76821 Mont-Saint-Aignan Cedex
Tél. Secrétariat département: 02 35 14 61 67


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