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BULLETIN FLAUBERT n° 139 / 14 mars 2012

VENTES

(< Christoph Oberle)
Vente passée.
Kotte Autographs, catalogue 45 [février 2012]
http://www.autographenhandlung.de
Lot 43. Lettre de Flaubert à Charles d’Osmoy, [18 octobre 1871]. 15.000 euros.
[Corr., éd. Jean Bruneau et Yvan Leclerc, Bibl. de la Pléiade, t.V, p.1050.]

(< Éric Walbecq)
Vente passée.
Vente Piasa, Drouot, 6 mars 2012.
http://catalogue.gazette-drouot.com/index.jsp?id=12592&lng=fr
Lot 68. Flaubert, La Tentation de saint Antoine, Paris, Charpentier, 1874. In-8 grandes marges, bradel demi-maroquin vert à long grain, couverture (Reliure de l’époque). Édition originale. Un des 75 exemplaires sur hollande, celui-ci portant un envoi autographe signé sur le faux-titre: «à ma chère amie Me (nom effacé Husson) j’offre / La Tentation de saint Antoine / et son auteur Gus. Flaubert.» Il s’agit de Adèle Husson, née Sauvel, maîtresse de Maxime Du Camp et proche amie de Flaubert. L’exemplaire porte une note autographe de Ludovic Halévy sur un feuillet de garde: «Cet exemplaire m’a été donné par Maxime du Camp qui me l’a envoyé avec la lettre ci-jointe, page suivante. Ludovic Halévy.» L’exemplaire contient la lettre au feuillet suivant: «Paris, 8 février 1890. Cher Ami, voici le volume en question; j’espère que dans les autres éditions Flaubert a modifié l’énormité que je lui avais signalée p.295, ligne 5. Tout à vous. Du Camp.» De la bibliothèque Ludovic Halévy avec son ex-libris. Minime accroc au dos de la reliure. Estimation: 1.500/2.000 euros.
[Du Camp fait allusion à l’expression «des débris d’éphémérides», que la quatrième édition parue en 1880 corrige en «des débris d’éphémères». Voir la faute à la p.295, l.5 de l’édition originale, numérisée sur Gallica:
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1177342/f299.image.r=.langFR
Flaubert
Flaubert avait lui-même corrigé la faute sur un exemplaire de la première édition conservé à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris. Voir La Tentation de saint Antoine, éd. de Claudine Gothot-Mersch, Gallimard, coll. « Folio », 1983, p.247 et note e.
Note d’Yvan Leclerc.]

VIENT DE PARAÎTRE

Édition

Émile Zola, Correspondance, choix de textes et présentation par Alain Pagès, Flammarion, coll. « GF », 2012.
Alain Pagès a retenu plusieurs lettres de Zola à Flaubert, dans lesquelles il est question de la Lettre à la municipalité de Rouen, de l’échec au théâtre des Héritiers Rabourdin et du succès de la pièce tirée de L’Assommoir.
«Eh bien, mon ami, que devenez-vous donc? Vous savez que nous gémissons tous. On vous réclame, on a besoin de vous. Les dimanches sont mortels. Vous me gâtez mon hiver, en venant à Paris si tard. Le pis est que nous ne nous voyons pas les uns les autres, car vous n’êtes pas là pour nous réunir.» (3 janvier 1877, p.170.)

Ouvrages

(< Benoît Melançon)
Gilles Philippe, Le français, dernière des langues. Histoire d’un procès littéraire, Paris, Presses universitaires de France, coll. «Perspectives critiques», 2010.
Compte rendu par Éric Bordas: «Flaubert, une fois encore, domine, voire obsède le travail de Gilles Philippe.»
http://www.fabula.org/revue/document6796.php

Marlo Johnston, Guy de Maupassant, Paris, Éditions Fayard, 2012
Cette monumentale biographie de 1300 pages retrace presque au jour le jour la vie de Guy de Maupassant, afin de la libérer des légendes qui courent sur son compte depuis sa mort et de rendre pleinement justice à cet homme complexe, d’une curiosité universelle.
Marlo Johnston, chercheuse indépendante de nationalité anglaise, a puisé dans de nombreuses archives publiques et privées au cours de plus de quinze années, découvrant des ébauches de manuscrits inédits et quantité de lettres.
Les spécialistes et lecteurs de Flaubert y trouveront une mise au point précise et complète sur les rapports entre le «maître» et son «disciple» (émancipé).

Revues

Revue Flaubert, n°11, 2011
«Fictions du savoir, savoir de la fiction dans Bouvard et Pécuchet»
http://flaubert.univ-rouen.fr/revue/sommaire.php?id=12
Numéro spécial, en rapport avec la question de littérature comparée à l’agrégation de Lettres modernes en 2012
Sylvie Thorel-Cailleteau, Bouvard et Pécuchet: la question du genre
Tomoko Mihara, Le savoir, l’autorité et le public dans Bouvard et Pécuchet de Flaubert
Biagio Magaudda, Le savoir politique dans le chapitre VI de Bouvard et Pécuchet: apports livresques et fiction
Juliette Azoulai, L’Éthique de Spinoza dans Bouvard et Pécuchet: un vertige philosophique et littéraire
Yvan Leclerc, Notes de cours sur Bouvard et Pécuchet, fictions du savoir et savoirs de la fiction

«Bouvard et Pécuchet et les savoirs», Arts et savoirs, numéro 1, février 2012
Revue en ligne du Centre de recherche LISAA (Littératures, Savoirs et Arts – EA 4120), Université Paris-Est/ Marne-la-Vallée
Numéro coordonné par Gisèle Séginger
http://lisaa.univ-mlv.fr/arts-et-savoirs
Dans Bouvard et Pécuchet, Flaubert déconstruit discours et représentations. Il élabore une œuvre paradoxale: la critique devient une puissance d’invention et de mise en forme, une force qui s’allie curieusement à l’imaginaire. Ainsi le roman se libère-t-il de la «colle» romanesque – sentiments, amour, aventures, actions – qu’un Huysmans ne tardera pas à critiquer dans Là-Bas. Pourtant cette œuvre préserve encore une part de narrativité. Écrire un roman dans lequel les événements majeurs sont des controverses, faire rire avec des théories, tel est le pari difficile de Flaubert qui réoriente le roman dans une voie bien peu balzacienne. Il n’y a que des manières de voir, écrit-il en pleine période naturaliste. Avec Bouvard et Pécuchet il invente une forme nouvelle de roman philosophique qui met en question le rapport de la représentation au réel.
Ce numéro aborde la fiction des savoirs à partir du texte, des manuscrits, des scénarios et des notes documentaires. Ses auteurs s’interrogent sur l’objectif de l’œuvre, sur la puissance critique de la fiction, sur la portée philosophique d’un roman qui n’épargne pas les philosophies, sur la valeur cognitive de la fiction, sur la transformation du genre romanesque et de la conception du personnage. De la quête balzacienne de l’absolu à la revue des idées modernes, le genre romanesque connaît une véritable révolution. Du réel à la bibliothèque, le centre de gravité se déplace. Roman philosophique confronté à la profusion des discours et des représentations, Bouvard et Pécuchet invente une archéologie de la modernité en farce.
Sommaire
Introduction, par Gisèle Séginger
Pierre Campion, Bouvard et Pécuchet, le roman impossible des savoirs
Gisèle Séginger, Bouvard et Pécuchet: croyances et savoirs
Francis Lacoste, Espace et savoirs dans Bouvard et Pécuchet
Niklas Bender, Bouvard et Pécuchet: une mise en scène comique des savoirs
Norioki Sugaya, La poétique documentaire de Bouvard et Pécuchet. Visibilité des savoirs et arrangement scénarique
Taro Nakajima, Notes de lecture et généalogie des idées. Le discours apologétique de Jeufroy et la pensée maistrienne
Stéphanie Dord-Crouslé, La place de la fiction dans le second volume de Bouvard et Pécuchet

Flaubert. Revue critique et génétique, n°6, 2011
«Flaubert et la traduction», sous la direction de Agnès Bouvier, Ildikó Lőrinszky et Loïc Windels
http://www.fabula.org/actualites/flaubert-revue-critique-et-genetique_49659.php

Articles

Jean-François Castille, «La poétique du paragraphe dans l’écriture réaliste de Flaubert et Maupassant»
http://www.unicaen.fr/recherche/mrsh/forge/5771

SUR LA TOILE

(< Benoît Mélançon, André Magnan)
Un portrait-robot d’Emma Bovary:
http://bibliobs.nouvelobs.com/web-side-stories/20120213.OBS1279/voici-le-visage-d-emma-bovary.html

(< Stéphanie Dord-Crouslé)
Chronologie de Flaubert:
http://www.kronobase.org/chronologie-categorie-Gustave+Flaubert.html
Chronologie du voyage de Flaubert en Bretagne:
http://www.kronobase.org/chronologie-categorie-Voyage+de+Flaubert+et+du+Camp+en+Bretagne.html

(<Ed Schilders)
Flaubert et les perroquets.
Page qui regroupe toutes les occurrences du mot «perroquet» dans les oeuvres et dans la correspondance:
http://www.cubra.nl/PM/Flaubert.htm
À ce propos, un lecteur saurait-il pourquoi, dans Salammbô, le perroquet est qualifié d’«animal fatidique consacré aux Dieux»? Nous n’avons pas trouvé de réponse dans les ouvrages lus par Flaubert ni dans ses notes.

SITE DU CENTRE FLAUBERT

Deux portraits approximatifs: une carte photographique donnée pour l’achat de chocolat (fin XIXe siècle ou début XXe) et un dessin publié dans un journal italien non identifié, sans doute à la mort de Flaubert
http://flaubert.univ-rouen.fr/iconographie/gf_italie.php
http://flaubert.univ-rouen.fr/iconographie/gf_trebucien.php

LECTURES

(< Marie-Paule Dupuy)
Olivier Deloeuil et Jean-Philippe Clarac, «L’œuvre ressuscitée» [entretien par Simon Hatab avec les deux metteurs en scène, à propos du Diable dans le beffroi et de La chute de la maison Usher, opéras inachevés de Debussy d’après des nouvelles d’Edgar Allan Poe, à propos du décor unique de la mise en scène de ces deux opéras]:
«Il s’agit d’une imposante bibliothèque de presque cinq cents livres. Cette idée est née de la confrontation de deux passages des nouvelles de Poe: le long développement érudit et livresque, non dénué d’ironie, qui ouvre Le Diable dans le beffroi, et la mention des nombreux livres qui ont peuplé l’enfance des personnages de La Maison Usher. Ces enfants sont issus d’un milieu privilégié, ne sont jamais sortis du château familial et ont une appréhension du réel purement livresque. Nous y avons perçu un soupçon de bovarysme: à l’image de l’héroïne de Flaubert, de Don Quichotte et des grands aliénés de la littérature, leur vision du monde est corrompue par les livres. C’est ce mal que figure sur scène cette grande bibliothèque qui, selon l’éclairage, devient tour à tour château ou tombeau, et qui finira par écraser les protagonistes sous son poids.»
En scène! Le journal de l’Opéra national de Paris, février-avril 2012, n°11, p.9.

Dr Jacques Trivas, «Deux affaires d’empoisonnement dans les environs de Parthenay (1866-1868)», Bulletin de la Société historique et scientifique des Deux-Sèvres, 2e série, t.5, n°2-3, 3e trim. 1972, p.241-417.
Louis Ganne, médecin très respecté et craint de la population, tant médicalement que politiquement, s’obstine à diagnostiquer diverses pathologies comme des empoisonnements commis par les proches du malade, afin d’augmenter encore sa réputation par l’aide qu’il est ainsi censé apporter à la justice. Responsable de l’envoi au bagne d’un innocent dans la première affaire, il échoue dans la seconde, les assassins présumés étant acquittés. Ganne avait cependant, dans sa folie, annoncé au malade qu’il venait d’être empoisonné par sa belle-sœur et qu’il allait mourir.
L’auteur, Jacques Trivas, psychiatre à Niort (1903-1969 – l’article a été publié après son décès) relate cette “histoire vraie” de 1866-1868 avec de tels accents qu’on attend l’allusion à Madame Bovary. Il est vrai que les circonstances, le cadre et les protagonistes de ces faits divers arrivés dix ans après la publication du roman font penser à Flaubert: Ganne cherche dans toutes les “victimes” du mercure et de l’arsenic, on voit en abondance médecins, pharmaciens, juges, gendarmes, notables, servantes peu lettrées, on entend les rumeurs villageoises autour des exhumations et des autopsies. P.250 Louis Ganne est comparé à Homais: «à étudier les deux affaires, leurs incidents, leurs rebondissements, leurs mystères, leurs personnages – et surtout ce redoutable M.Homais de l’autopsie qu’on imagine si bien caricaturé par Daumier – on se demande les raisons du silence qui les ont entourées…»Mais p.397-398, c’est Charles Bovary surtout qu’évoque Jacques Trivas, comme par solidarité avec le «bon médecin» fictif, contre le «mauvais médecin» réel:«La vérité est simple, éclatante: les victimes ne sont pas mortes empoisonnées par le mercure, car ce que Ganne et Proust ont, dans leur ignorance, cru être du mercure, n’était pas du mercure. Ils se sont trompés grossièrement, tout au long de leurs expériences. Ils ont «bricolé» un dispositif de piles Smithson dont ils ne connaissaient ni l’usage ni l’interprétation des résultats. Charles Bovary faisant, un livre de chirurgie à la main, une ténotomie pour qu’Emma, enfin fière de son mari, cesse de le tromper, n’était qu’un pauvre homme, effrayé de son audace et de l’aventure dans laquelle il se jetait. Ganne, lui, ignorait le doute et les fameuses «expériences comparatives», dont il paraissait si fier et si sûr, étaient entachées des erreurs les plus grossières.»




Ce Bulletin est édité par le Centre Flaubert, avec la collaboration de Matthieu Desportes, de Marie-Paule Dupuy, d'Olivier Leroy et de Joëlle Robert. Il vous tiendra informé(e), selon une périodicité variable, des manifestations et des publications concernant Flaubert. Si vous désirez le recevoir gratuitement et y faire paraître des informations ou des commentaires, veuillez envoyer vos coordonnées et vos messages à :

Yvan Leclerc yvan.leclerc@univ-rouen.fr
Professeur à l'Université de Rouen
Faculté des Lettres et Sciences Humaines
F. - 76821 Mont-Saint-Aignan Cedex
Tél. Secrétariat département: 02 35 14 61 67


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