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BULLETIN FLAUBERT n° 143 / 18 octobre 2012

AGENDA

Vendredi 16 novembre 2012, université de Rouen, Faculté des Lettres et sciences humaines, Mont-Saint-Aignan, bât. A, salle du conseil, 14h.
Soutenance de thèse de Juliette Azoulai, L’âme et le corps chez Flaubert. Une ontologie simple, Yvan Leclerc et Jean-Louis Cabanès (directeurs). Jury: Bertrand Marchal, Daniel Sangsue, Gisèle Séginger, Paolo Tortonese.

Lundi 29 octobre 2012, Bonn, Institut français Bonn, Adenauerallee 35,53113 Bonn, 18h15.
Yvan Leclerc, «Madame Bovary, un roman de 4.500 pages. Lire les brouillons de Flaubert mis en ligne sur Internet»
http://www.institutfrancais.de/bonn/agenda-1217/conferences-1219/ringvorlesung,22226.html?lang=de

«Flaubert dans la ville», appel à projet artistique, par Sandra Glatigny
http://flaubert.univ-rouen.fr/derives/general_projet_gfville.php

Séminaire de l’Équipe Flaubert, ITEM CNRS, 2012-2013.
«Flaubert et le pouvoir des images»
http://www.fabula.org/actualites/flaubert-et-le-pouvoir-des-images_52955.php

VENTES

Catalogue d’Élisabeth Brunet, automne 2012
http://www.librairie-elisabeth-brunet.fr
60. L’Éducation sentimentale, Michel Lévy, 1870, éd. originale. 2.700 euros.
61. Madame Bovary. Illustrations en couleurs de Grau Sala. Paris, La bonne compagnie, 1945. 300 euros.
62. La Tentation de saint Antoine. Édition définitive illustrée de gravures sur bois originales de Raphaël Drouart, P., G. Boutitie & Cie, 1922. 600 euros.

(< Éric Walbecq, BnF)
Catalogue de la Librairie Le Feu Follet, octobre 2012.
http://www.edition-originale.com/images/catalogues/73.PDF?utm_source=Sarbacane&utm_medium=email&utm_campaign=11%2F10%2F2012+moderne+octobre+2012
76. L’Éducation sentimentale, Michel Lévy frères, 1870, édition originale. 2.000 euros.
77. Salammbô, Michel Lévy frères, 1863.Troisième édition parue la même année que l’édition originale. Précieux et rare envoi autographe signé de l’auteur à madame Morris. Celle-ci pourrait être l’épouse du poète anglais William Morris, ami intime du peintre Edward Burne-Jones. 8.500 euros.
[Selon Fabien Persil, que nous avons consulté, il s’agirait plutôt d’une personne apparentée au général Louis Michel Morris, qui participa à la conquête de l’Algérie. Il était né à Croisset en 1803, et une branche de sa famille y résidait encore à la fin du XIXe siècle.]

(< Jacques-Remy Dahan)
Librairie Le Feu Follet, 31 rue Henri Barbusse 75005 Paris, 01.56.08.08.85.
Catalogue de septembre 2012.
http://www.edition-originale.com/images/catalogues/71.PDF?utm_source=Sarbacane&utm_medium=email&utm_campaign=07%2F09%2F2012+moderne+septembre+2012

138. Flaubert Gustave. Madame Bovary, Alphonse Lemerre, 1874, 2 volumes reliés sous étuis. Dernière édition publiée du vivant de l’auteur, illustrée d’un frontispice.
Rarissime envoi de l’auteur à (Louis) Ménard: «A mon ami Ménard, Gustave Flaubert, 28 Mai 77».
Savant, peintre, poète, philosophe, helléniste et chimiste Louis Ménard est le parangon de l’artiste intellectuel complet tel qu’il s’envisageait au XIXe siècle. 8.000 euros.

139. Flaubert Gustave. La dictature de Sylla. Manuscrit autographe complet inédit.S.n., s.l. s.d., 20x31cm, 6 pages en feuilles.
Précieux manuscrit autographe complet de 6 pages in-4, inédit, évoquant cet épisode de l’histoire de Rome.
Ce récit, très documenté, semble autant une compilation de notes historiques que l’élaboration d’une toile de fond au destin épique de Sylla.
Flaubert y évoque succinctement, bien qu’avec précision, les événements majeurs de l’Histoire et s’attarde plus volontiers sur les épisodes moins significatifs mais plus évocateurs de la démesure du personnage.
Ainsi remarque-t-on, dès le début, une attention prêtée aux déplacements géographiques des différents protagonistes et la mise en exergue de leurs fins tragiques: «Catilina […] lui creva les yeux, lui arracha la langue, les oreilles, les mains, lui rompit les bras et les jambes et lui coupa la tête enfin qu’il porta toute sanglante à Sylla puis il se lava les mains dans l’eau lustrale d’un temple voisin. Le cadavre du vainqueur des Cimbres fut exhumé, livré aux outrages et jeté dans l’Arno.»
Plusieurs références bibliographiques: «Mr D. n’a pas remarqué cela»; «Selon Pline XXXVI 186»; «v. p.296 est-ce cela?» soulignent la réflexion de l’auteur au-delà de la simple relation des événements. Il conclut d’ailleurs ainsi: «Sylla homme du passé voulant rétablir une société morte [...] se mit lui-même au dessus des lois […] caractère commun à tous les acteurs de ce même rôle.»
Le manuscrit évoque bien évidemment l’intérêt de Flaubert pour l’Antiquité après le procès de Madame Bovary, «le besoin de sortir du monde moderne, où ma plume s’est trop trempée et qui d’ailleurs me fatigue autant à reproduire qu’il me dégoûte à voir» (lettre à Mlle Leroyer de Chantepie, 18 mars 1857). L’absence totale de mention de Carthage dans ce texte semble plutôt témoigner d’un écrit antérieur aux recherches historiques qu’il effectua pour Salammbô, d’une recherche encore ouverte, mais l’intérêt porté au potentiel «tragique» de personnages hors norme, aux antipodes de la «dramatique» actualité de Madame Bovary évoque son grand roman orientaliste.
Depuis longtemps, le personnage exerçait une fascination certaine sur Flaubert: «Nous remarquerons d’abord le crime grand, politique et froid, dans la personne de Sylla: il accomplit sa mission fatalement, comme une hache, puis il abdique la dictature et s’en va au milieu du peuple; c’est là un orgueil plein de grandeur, ce sont là les crimes d’un homme de génie.» (Rome et les Césars, 1839). Paul Bourget évoque également cette passion de l’auteur: «Ses amis se rappellent encore avec quel frémissement il récitait tel morceau de prose, le dialogue de Sylla et d’Eucrate, par exemple: “Sylla, lui dis-je...” puis, s’arrêtant là de sa citation, il ajoutait: “Toute l’histoire romaine est là-dedans...” et il l’y voyait, tant l’ensorcellement des syllabes agissait sur ses nerfs tendus.» (Journal des débats politiques et littéraires, 10 février 1884).
Mais aussi épique fut-elle, l’histoire de Sylla manquait sans doute, à l’instar du manuscrit, d’une figure essentielle aux grandes oeuvres de Flaubert: une femme. 12.000 euros.

140. [Flaubert Gustave] Méreaux Amédée. La poésie et son avenir: Discours prononcé par M. Amédée Méreaux en réponse au discours de M. Simonin (1865 et la poésie).
Imprimerie de H. Boissel, Rouen, 1865. Édition originale.
Très rare exemplaire provenant de la bibliothèque de Gustave Flaubert, référencé sous le numéro 22 dans la vente de la succession de Mme Franklin Grout-Flaubert le 18 novembre 1931.
Bel envoi autographe: «A l’auteur de Mme Bovary et de Salammbô, Cordial hommage de son admirateur
Célèbre compositeur et musicien, Jean-Amédée Lefroid de Méreaux (1802-1874) avait été l’élève de Reicha, puis pianiste du duc de Bordeaux, virtuose à Paris, Londres, Rouen (où il mourut) et musicographe.
Très recherchés, les ouvrages de la bibliothèque de Flaubert sont d’une insigne rareté. 1.500 euros.

(< Marlo Johnston et Jean-Paul Goujon)
Catalogue Kotte, n°46, été 2012.
https://www.autographenhandlung.de/deu/koerper_katalog.php?sNavPoint=info
669. Flaubert, lettre à Edmond Laporte, 20 août 1879. 10.000 euros.
[Corr., éd. Jean Bruneau et Yvan Leclerc, Bibl. de la Pléiade, t.V, p.690.]
670. Flaubert, lettre à Marie Régnier, 22 septembre 1878. 9.000 euros.
[Corr., Bibl. de la Pléiade, t.V, p.439.]
671. Flaubert, lettre à Louis Bouilhet, s.d. 4.500 euros.
672. Flaubert, lettre à Philippe Leparfait, 12 décembre 1872. 15.000 euros.
[Corr., éd. Jean Bruneau, Bibl. de la Pléiade, t.IV, p.623.]
673. Flaubert, lettre à la baronne Lepic, septembre 1871. 9.000 euros.
[Corr., Bibl. de la Pléiade, t.IV, p.381.]
674. Flaubert, lettre à Edmond Laporte, 24 juillet 1878. 9.500 euros.
[Corr., Bibl. de la Pléiade, t.V, p.408.]

VIENT DE PARAÎTRE

Ouvrages

Amélie Schweiger, Flaubert en toutes lettres. L’écriture épistolaire dans la correspondance et dans l’oeuvre, Publications des universités de Rouen et du Havre, coll. «Flaubert», 2012.
http://www.univ-rouen.fr/irshs/users/purh/spip.php?article662

(< Mary Donaldson-Evans)
Enid Shomer, The Twelve Rooms of the Nile, NY, Londres: Simon & Schuster, 2012.
Commentaire de Mary Donaldson-Evans pour le Bulletin Flaubert: «À partir d’un fait réel — Gustave Flaubert et Florence Nightingale ont tous les deux voyagé en Égypte en 1850 — l’auteur imagine une rencontre et une amitié naissante entre ces deux personnages historiques si différents et qui ont pourtant tant de choses en commun. Le résultat est un roman plein d’humour et bourré de détails fascinants, non seulement sur la vie des deux protagonistes mais aussi sur l’Égypte du XIXe siècle. Lecture passionnante!»

(< Damien Dauge)
Georges Lewi, Les Nouveaux Bovary. Génération Facebook, l’illusion de vivre autrement?
Montroeuil, Pearson, 2012.
http://www.pearson.fr/livre/?GCOI=27440100172230

Julien Dufresne-Lamy, Dans ma tête je m’appelle Alice, Stock, 2012
http://www.editions-stock.fr/livre/stock-426674-Dans-ma-tete-je-m-appelle-Alice-hachette.html
[Grande lectrice, l’héroïne s’appelle aussi Emma Bovary, dans sa tête.]

Articles

Michel Brix, «Flaubert et Kuchuk-Hanem: un sonnet retrouvé», 2012 [en ligne] site Flaubert:
http://flaubert.univ-rouen.fr//article.php?id=22

(< Gilles Cléroux, BU de Rouen)
Jean-Louis Cornille, «Le babil des petites classes (Flaubert, Rouaud, Chamoiseau)», dans Récits et dispositifs d’enfance (XIXe-XXe siècles), volume coordonné par Suzanne Lafont, Montpellier, Presses universitaires de la Méditerranée, 2012 («Collection des littératures», Série «Le Centaure»), p.27-56.
[Flaubert est traité plus précisément dans le paragraphe intitulé «La scène primitive du roman moderne (Flaubert, Sartre)», p.32-35.]

Stéphanie Dord-Crouslé, Emmanuelle Morlock-Gerstenkorn et Raphaël Tournoy: «Nouveaux objets éditoriaux. Le site d’édition des dossiers documentaires de Bouvard et Pécuchet (Flaubert)»; Les Cahiers du Numérique, n°3-4/2011 «Empreintes de l’hypertexte. Rétrospective et évolution», sous la dir. de Caroline Angé, Paris, Lavoisier, 2012, p.123-145 [disponible en ligne sur CAIRN:
http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=LCN_073_0123

Sylvie Triaire, «Saturnales. Vies minuscules des enfants flaubertiens», ibid., p.209-234.

Yvan Leclerc, «Flaubert et ses maisons: un exemple de coopération entre conservateurs et chercheurs», Journée d’étude de la Fédération des maisons d’écrivains et des patrimoines littéraires, Rouen, 25 mars 2011. En ligne sur le site de la Fédération des maisons d’écrivains:
http://www.litterature-lieux.com/multimedia/File/journees/Flaubert_et_ses_maisons.pdf

(<Piotr Śniedziewski)
Yvan Leclerc, «Autor to właśnie ja: Gve Flaubert, czyli pisarz-rękopis», [«L’auteur c’est bien moi»: Gve Flaubert ou l’écrivain-manuscrit»], trad. de Piotr Śniedziewski, Poznańskie Studia Polonistyczne. Seria Literacka 2012, n°19, p.257-269.

Gillian Pink, « Les lettres du grenier : nouvel éclairage sur Juliet Herbert, amie de Flaubert », RHLF, juillet 2012, n°3, p.693-708.
[Gillian Pink a traduit le livre d’Hermia Oliver, Flaubert et une gouvernante anglaise, Publications des universités de Rouen et du Havre, coll. « Flaubert », 2011.]

Anthony Zielonka, «Flaubert and the Centrality of Literature: an Analysis of the Correspondence with Mademoiselle Leroyer de Chantepie», Romance Quarterly, vol. 59, n°3, 2012, p.177-188.

SUR LA TOILE

(< Paul Paumier, veille électronique, université de Rouen)
E-CORPUS
http://www.e-corpus.org/index.php
e-corpus, bibliothèque numérique collective et patrimoniale créée en 2009, propose des corpus thématiques et une grande quantité de données numériques issues de nombreux établissements de plusieurs pays.
La recherche avec le nom de Flaubert donne 110 résultats.

(< Jean-Claude Arnould et Joann Élart)
Résumé très moderne de Madame Bovary
http://bolossdesbelleslettres.tumblr.com/post/31288672383/madame-bovary-gustave-flaubert

(< Catriona Seth)
Madame Bovary résumé en 140 caractères.
http://quoi.info/actualite-culture/2012/10/10/resumer-litterature-twitter-1152135/
«140 caractères pour résumer un classique de la littérature. C’est en substance le jeu lancé sur Twitter par un éditeur australien. Text Publishing a en effet demandé aux twittos d’écrire un pitch sur un livre en dix mots maximum.
Quoi.info a sélectionné (et traduit) pour vous quelques perles.»
Madame Bovary de Gustave Flaubert par @tunwin
"Gets married, gets bored, gets laid, gets broke, gets arsenic" («Se marie, s’ennuie, se fait baiser, perd son argent, prend de l’arsenic»)

SITE DU CENTRE FLAUBERT

Textes saisis et éventuellement traduits par François Lapèlerie.

Jean-Jacques Weiss, «La littérature brutale» [sur Madame Bovary et Les Fleurs du mal], Revue contemporaine, 15 janvier 1858.
http://flaubert.univ-rouen.fr/etudes/madame_bovary/mb_weiss.php

Charles Chincholle, «Obsèques de Gustave Flaubert», Le Figaro, 12 mai 1880.
http://flaubert.univ-rouen.fr/biographie/necro_chincholle.php

Flaubert’s Masterpiece [Salammbô] in English, The New York Times, October 25, 1885
http://flaubert.univ-rouen.fr/etudes/salammbo/sal_newyorktimes_1885.php

«Germans use great shields», The New York Times, February 11, 1915.
http://flaubert.univ-rouen.fr/derives/sal_bouclier_nyt1915.php
[Les boucliers allemands comparés aux boucliers carthaginois décrits dans Salammbô.]

DÉRIVÉS

La Monnaie de Paris vient d’éditer une collection de 27 pièces régionales de 10 euros. Celle de Haute-Normandie est à l’effigie de Flaubert, auteur non de Madame Bovary, comme on aurait pu s’y attendre, mais de Salammbô, l’héroïne carthaginoise se prêtant probablement mieux à l’illustration immédiatement reconnaissable.
http://flaubert.univ-rouen.fr/derives/gf_euro_2012.php




Ce Bulletin est édité par le Centre Flaubert, avec la collaboration de Marie-Paule Dupuy, Olivier Leroy et Joëlle Robert. Il vous tiendra informés, selon une périodicité variable, des manifestations et des publications concernant Flaubert. Si vous désirez le recevoir gratuitement, veuillez vous inscrire à l'adresse suivante:
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