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BULLETIN FLAUBERT n° 146 / 15 janvier 2013

«À cette époque où on a coutume de se faire des cadeaux, on se donne de l’or et des poignées de main. — Mais moi je te donne mes pensées; triste cadeau! Accepte-les — elles sont à toi comme mon coeur.
Gve Flaubert
4 janvier 1839.»
[Les Mémoires d’un fou, dédicace à Alfred Le Poittevin.]

AGENDA

17 janvier – 2 mars 2013, Musée Flaubert et d’histoire de la médecine, Rouen
Exposition «Gustave Flaubert, le voyage en Égypte».

(< Benoît Melançon)
7 février 2013, Université de Cardiff
Adam Thorpe, ‘My Nights with Emma B’
Respected novelist and poet, Adam Thorpe, will give a lecture entitled ‘My Nights with Emma B’ in the Optometry Building, Cardiff University at 7pm on 7th February.
Adam Thorpe is a celebrated novelist, poet and playwright, who has recently branched out into the world of translation. His writing in various genres has garnered recognition throughout his career. His first collection of poetry, Mornings in the Baltic (1988), was shortlisted that year for the Whitbread Poetry Award. His first novel, Ulverton (1992), an episodic work covering 350 years of English rural history, won great critical acclaim worldwide.
After producing three novels in as many years, Adam Thorpe accepted a Vintage commission to translate Flaubert’s Madame Bovary with the idea that it would be a break from creating. Three exhausting years later, he was prepared to accept that literary translation is one of the hardest - if poorest paid - disciplines of all. Yet its addictive nature led him to accept a further commission to translate Zola’s Thérèse Raquin. Thorpe discusses his experience of the translator’s art and its perils, pains and peculiar satisfactions.
A panel, entitled ‘Why do we need a 20th translation of Madame Bovary’, will take place from 3 to 5 pm on 7th February in Cardiff School of European Languages, Translation and Politics.
For further information on how to register for this lecture or this panel, please contact Kate Griffiths: GriffithsKS@cardiff.ac.uk
This lecture is part of Cardiff University’s Distinguished Lecture Series, which brings eminent and influential guest speakers to the University in order to showcase their work to a wider audience. It is also supported by the School’s Research Group on Politics in Translation and the Languages, Cultures and Ideologies Research Unit.
http://www.cardiff.ac.uk/europ/research/groups/translating/index.html
http://www.cardiff.ac.uk/europ/research/researchunits/lci/index.html

VIENT DE PARAÎTRE

Articles

Emmanuel Delille, «Le Bouvard et Pécuchet d'Henri Ey (1955)», site Flaubert (janvier 2013):
http://flaubert.univ-rouen.fr/article.php?id=24
Commentaire du texte d’Henri Ey, «Bouvard et Pécuchet, psychiatres», L’Évolution Psychiatrique, t.53, fascicule 3, 1988, p.523-526:
http://flaubert.univ-rouen.fr/article.php?id=25

Maaike Koffeman, «Images de la culture française dans la presse périodique néerlandaise du XIXe siècle: Madame Bovary en Hollande». Documents pour l’histoire du français langue étrangère ou seconde, 49, décembre 2012, p.201-218.
http://www.academia.edu/2284529/Images_de_la_culture_francaise_dans_la_presse_periodique_neerlandaise_du_XIXe_siecle_Madame_Bovary_en_Hollande
Maaike Koffeman enseigne à l’université Radboud, Nimègue, Pays-Bas.

Yvan Leclerc et Joëlle Robert, «Les lettres de Flaubert pendant la genèse de Madame Bovary: archives et entrées “création” dans l’index thématique», Épistolaire [revue de l’AIRE], n° 38, «Archives de la création. Expériences du temps dans les correspondances», Champion, 2012, p.17-32.

SUR LA TOILE

Un nouveau site pour les Amis de Flaubert et de Maupassant
L’association des Amis de Flaubert et de Maupassant a mis en ligne son nouveau site web. Le graphisme a été entièrement revu et le contenu enrichi. Il est notamment possible de consulter en ligne les vingt premiers bulletins de l’ancienne association des Amis de Flaubert (avec recherche plein texte), et aussi de feuilleter les premières éditions originales des oeuvres de Flaubert.
http://www.amis-flaubert-maupassant.fr/

Les livres de Flaubert
Le catalogue de la bibliothèque patrimoniale ayant appartenu à Gustave Flaubert et à sa famille est consultable en ligne à l’adresse suivante:
http://mediatheque.ville-canteleu.fr/catalogue-flaubert
Ce catalogue a été initié par la Bibliothèque nationale de France et organisé par le Pôle associé de Haute-Normandie, composé de la Direction Régionale des Affaires Culturelles, de l’Agence Régionale du Livre et des Bibliothèques municipales de Rouen et du Havre. La finalisation, l’indexation, l’exemplarisation, les liens avec les sites internet pertinents et les pages numérisées ont été réalisés par la Ville de Canteleu.
Contact: +33 (0)2.35.36.95.98.

LECTURE

(< Jeanne-Marie Labbé)
Henry Bauchau (Malines, 1913 – Louveciennes, 2012), membre de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, poète, dramaturge, essayiste et romancier.
Dans son livre intitulé L’Enfant rieur (Actes Sud, 2011), trois passages se rapportent à Flaubert:
«Parmi ces lectures, il y a eu la Salammbô de Flaubert que je trouve par hasard dans une bibliothèque du deuxième étage parmi ses oeuvres complètes. Je m’empare de Salammbô à cause de son nom superbe. Le livre m’enchante par ses couleurs, ses drames, les éléphants d’Hamilcar, le serpent de Salammbô. Je n’y comprends pas grand-chose et je le lis comme une suite de récits de batailles.et de scènes sensuelles. Ma grand-mère et maman m’en lisent parfois des passages, elles ne savent rien de Flaubert et, heureusement, elles ne tombent pas sur le passage où Mâtho contemple Salammbô nue enlacée par son serpent doré» (p.107).
«Il [Robert] nous a donné le goût d’acheter des livres malgré le peu d’argent dont nous disposions, et surtout, il nous en a prêté. C’est ainsi qu’un jour où il était venu seul il m’a dit: «Prends ce livre» – c’étaient les Trois contes de Flaubert – «et lis au moins deux fois Un coeur simple et tu comprendras ce qu’est le style.» Je ne voyais pas ce qu’il voulait dire par style, mais j’ai senti qu’il accordait une grande importance à ce livre. En commençant Un coeur simple j’ai été surpris et me suis dit: «Où est l’histoire?». J’éprouvais cependant l’effet d’un charme inconnu qui n’était plus dans l’histoire mais dans les mots, leur précision, leur abondance bien contenue et l’influence souterraine qu’ils exerçaient. Arrivé au bout de ma première lecture, j’ai été désarçonné. Comment pouvait-on, presque sans histoire, nous faire ressentir tant de choses? Je n’ai pas suivi le conseil de Robert et j’ai d’abord continué à lire les deux autres contes Salomé [sic] et La Légende de Saint Julien l’Hospitalier. Je sentais les mots se dérouler avec la même vigueur que dans Un coeur simple mais ce n’était plus la même évidence merveilleuse. L’histoire dans ces deux autres nouvelles me paraissait plus intéressante, mais le charme indicible de la vérité n’y était plus.
J’ai relu Un coeur simple ensuite, et je crois que c’est là que j’ai découvert la différence entre le livre écrit pour raconter une histoire ou pour exposer des idées et la littérature. Mais qu’était la littérature? C’est à quoi j’ai réfléchi souvent en me rappelant le vers de Verlaine que Robert m’avait fait lire à la même époque: «Et tout le reste n’est que littérature». Il y avait donc une littérature, de très loin la plus abondante, qui n’était destinée qu’à l’amusement et à la curiosité présente et une autre littérature, celle de l’Art poétique de Verlaine que je n’avais pas su reconnaître jusqu’à la lecture d’Un coeur simple, et qui était en accord avec la terre, les saisons, et les vies qui se succédaient sans fin. Un coeur simple parlait d’une femme de l’époque de Flaubert, mais elle pouvait continuer à exister et à évoluer à notre époque. Tout cela était très mystérieux, ce n’était pas Robert qui pouvait me l’expliquer. Olivier non plus» (p.126).


Ce Bulletin est édité par le Centre Flaubert, avec la collaboration de Marie-Paule Dupuy, Olivier Leroy et Joëlle Robert. Il vous tiendra informés, selon une périodicité variable, des manifestations et des publications concernant Flaubert. Si vous désirez le recevoir gratuitement, veuillez vous inscrire à l'adresse suivante:
https://sympa.univ-rouen.fr/sympa/info/flaubert-bulletin
Contact: flaubert-bulletin-request@listes.univ-rouen.fr



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