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BULLETIN FLAUBERT n° 153 / 14 novembre 2013

La coupe de Flaubert

Le musée Flaubert et d’histoire de la médecine de Rouen a pu acquérir le 7 novembre 2013 à Drouot une coupe ayant appartenu à Flaubert (voir ci-dessous le lien vers la photo de cette coupe et la notice du catalogue de vente). L’initiative de cet achat revient à l’association des Amis du musée, dont l’un des buts est d’enrichir les collections de ce musée. L'achat, d'un montant de 3098 euros, a été rendu possible grâce à l’apport financier de l'association des Amis du musée Flaubert, de l'association des Amis de Flaubert et de Maupassant et de leurs adhérents qui ont été sollicités dans le cadre d'une souscription.
Les objets ayant appartenu à Flaubert sont beaucoup plus rares en salles des ventes que ses lettres ou ses livres portant un envoi. Nous nous réjouissons que cette coupe ait pu être acquise par une institution publique qui pourra bientôt la présenter aux visiteurs.
Photographie de la coupe:
http://flaubert.univ-rouen.fr/images/gf_coupe.jpg

Notice du catalogue de la vente Thierry De Maigret
Déjeuner en vermeil ayant appartenu à Gustave Flaubert, la coupe sur piédouche est gravée de feuillages et munie d’une prise terminée par une tête d’animal; la soucoupe à pied ajouré est gravée de feuilles de vigne; coupe diamètre 12,5cm, hauteur avec l’anse 12,5cm; diamètre de la soucoupe 16,5cm, poids 515g. Époque Premier-Empire. Bon état. POINÇONS: – coq premier titre de Paris, 1798/1809; – grosse garantie de Paris, 1798/ 1809; orfèvre: «PJBH», HUGUET Philippe, Jean-Baptiste, 13 rue de la Coutellerie et cour de Harlay, insculpation en 1800, biffage en 1816. PROVENANCE: vente des souvenirs de Gustave FLAUBERT, les 18 et 19 novembre 1931, à Paris, lot n°221; il était reproduit au catalogue, on en joint un extrait: «Cette coupe servait quotidiennement à Gustave FLAUBERT. Elle figure au onzième rôle de l’expédition de l’inventaire dressé à Croisset, après la mort de Gustave FLAUBERT, le 20 mai 1880, par Maître BIDAULT, notaire à Rouen.» Estimation: 1000-1500 euros.

AGENDA

Rappel
Samedi 23 novembre 2013, Rouen, colloque organisé par l’Association des Amis de Flaubert et de Maupassant en partenariat avec l’association POL’ART: «Polonais et Russes autour de Flaubert et de Maupassant»
Matin à l’Hôtel des Sociétés savantes, 190 rue Beauvoisine
9h15: Daniel Fauvel, «Les Polonais dans le département de la Seine-Inférieure de 1830 à 1870»
9h50: Emmanuel Desurvire, «Charles-Edmond Chojecki et Gustave Flaubert: parcours d’une amitié»
10h30: Alexandre Zviguilsky, «L’obsession tourguénievienne dans les trois derniers romans de Maupassant»
11h15: Jeanne Bem, «Flaubert précurseur de Tchekhov? Les dialogues dans Madame Bovary»

Après-midi au Théâtre des Arts de Rouen, dans la Salle Camille Saint-Saëns
15h: Adam Wibrowski, professeur aux conservatoires de Cracovie et de Paris: «Flaubert, Orlowski et Chopin, une solidarité artistique»
Antoni Orlowski (1811-1861) a dirigé l’orchestre du Théâtre des Arts de Rouen.
15h30: Concert par Emmanuelle Moresco, violon et Laurent Lamy, piano:
Orlowski, Sonate pour piano et violon op.6, Rondo brillant pour piano op.7, Grand duo pour violon et piano op.24
Chopin, Andante spianato et Grande Polonaise brillante op.22
http://www.amis-flaubert-maupassant.fr/programmes/programme-de-lannee-2013/

Samedi 14 décembre, Rouen, Musée Flaubert et d’histoire de la médecine
14h 30. Salon du livre Flaubert, organisé par les Amis du musée Flaubert et par l’Association des Amis de Flaubert et de Maupassant.
Rencontre avec Lucie Clarence (Emma B. libertine), Alain Ferry (Mémoire d’un fou d’Emma), Olivier Frébourg (Gaston et Gustave) et Thierry Poyet (Maxime Du Camp, l’autre romancier, préface à la réédition du roman Les Forces perdues). Entretiens, débats et lectures d’extraits des oeuvres par Tanguy Arkham, Amélie Le Cleac’h et Julie Devainne, étudiants de l’université de Rouen, participants à un club théâtre amateurs.

VENTES

(< Michel Pierssens, Éric Walbecq, François Lapèlerie, Jacques Remi Dahan)
Vente Alde, 19 novembre 2013
http://catalogue.gazette-drouot.com//html/g/index.jsp?id=17948
50. FLAUBERT (Gustave). L’Éducation sentimentale. Paris, Michel Lévy frères, 1870. 2 volumes in-8, percaline verte, encadrements estampés à froid sur les plats, dos lisse, tête rouge (Reliure de l’époque). Édition originale sans mention fictive d’édition.
51. FLAUBERT (Gustave). Salammbô, Paris, Michel Lévy frères, 1863. In-8, demi-percaline brune, dos lisse orné de filets dorés, tranches lisses (Reliure de l’époque). Édition originale. Exemplaire de premier tirage, avec le mot Syssite orthographié Scissite. Exemplaire d’Alfred Blanche, portant l’envoi autographe signé: «à mon ami Alfred Blanche/ qui m’a défendu lors de ma/ première oeuvre/ Souvenir/ Gve Flaubert.» Cette première oeuvre, c’est bien sûr Madame Bovary, qu’avait soutenu lors de son procès Pierre-Alfred Blanche (1816-1893), secrétaire général du ministère d’État (en charge de la politique de prestige de l’Empire, Beaux-Arts, théâtre et musées). Rappelons que l’exemplaire du roman condamné que lui avait offert Flaubert portait: «à A. Blanche, le 1er des Bovarystes & le plus dévoué des amis» (Giraud-Badin, 12 novembre 1958, n°307). Ex-libris armorié à la devise «Patria Familia Labor». Reliure un peu frottée avec infimes déchirures sur les coiffes, rares pâles rousseurs.
52. FLAUBERT (Gustave). Ensemble 2 ouvrages en 2 volumes.
Salammbô. Paris, Michel Lévy frères, 1863. In-8, demi-basane chagrinée verte, dos lisse orné de faux-nerfs à la roulette dorée sertie de filets à froid, pièce de titre brune, tranches mouchetées (Reliure de l’époque). Édition originale, premier tirage. Dos passé et un peu frotté. Bande découpée en tête du faux-titre, annotations et un petit dessin à l’encre sur une garde, le faux-titre et le titre, rares pâles rousseurs.
Trois contes. Paris, Charpentier, 1877. In-12, bradel demi-chagrin rouge, dos lisse, tête mouchetée, non rogné (Reliure du XXe siècle). Édition originale. Ex-libris sur le faux-titre. Dos passé.
63. HUGO (Victor). Quatrevingt-treize. Paris, Michel Lévy frères, 1874. 2 volumes in-12, broché, non rogné. Première édition in-12, parue l’année de l’originale chez le même éditeur. Un des 25 exemplaires sur hollande, broché, à toutes marges. Un billet autographe signé de Victor Hugo priant «M. Michel Lévy de remettre à M. Gustave Flaubert un exemplaire de Quatrevingt-treize», daté du 29 mars 1874 au 3, rue Auber, est joint à l’exemplaire.

Vente Pierre Bergé, Drouot, 28 novembre 2013
http://catalogue.gazette-drouot.com/html/g/fiche.jsp?id=3424616
Lot 61. Estimation 8.000/ 12.000 euros.
FLAUBERT (Gustave) 9 & 10 juin 1867. Bal donné au Czar. Sans lieu ni date [11 juin 1867]. Manuscrit autographe: 5pp. in-folio sur papier vergé bleu, titre de la main de Flaubert sur une enveloppe jointe: cachets de Me Léon Martelly, notaire à Antibes. Précieux et beau manuscrit autographe. Faste impérial ou «choses vues» par l’ermite de Croisset, invité au palais des Tuileries par l’empereur Napoléon III. Ce dernier reçoit le tsar Alexandre II venu visiter l’Exposition universelle et renforcer des liens distendus avec la France. Le séjour prit un tour dramatique; un réfugié polonais tenta d’assassiner le tsar en lui tirant dessus lors de sa visite à l’hippodrome de Longchamp. Cet événement fit échouer la tentative de rapprochement entre les deux pays et le tsar refusa de venir en aide à la France lors de la guerre avec la Prusse en 1870... Le «tsar libérateur» mourut tragiquement assassiné en 1881. Relation sarcastique du bal donné aux Tuileries le 10 juin 1867. Flaubert est arrivé la veille dans la capitale: «Dans des victoires [victorias?] des filles passent, archi-peintes ressemblant à des momies, assez mal habillées en mousseline vert clair ou rose avec des bracelets d’or. Il y a q[uel]que chose de colossal & de fou dans l’air. [Puis il rend visite à la Princesse Mathilde dont il fréquente le salon:] Très peu de monde. Le fils du Prince Gorschakof, petit jeune homme, un peu précieux, très poli, me ramasse un de mes gants que j’ai laissé tomber. On parle de l’attentat sur le Czar & on dit des bêtises naturellement. Le Pendant du républicain Floquet qui a crié «vive la Pologne» au Palais de Justice se trouve dans les gens chics qui se font inscrire à l’Elysée. Le Czar en y arrivant, s’est donné une dyssenterie [sic] à force de fruits donnés par Mr de Rothschil [sic] & a été obligé, plusieurs fois, de s’asseoir sur le rond, pendant la D[uchess]e de Gerolstein. C’est là le but de sa promenade dans le passage des Panoramas. Il avait ecrit de Cologne p[ou]r qu’on lui reservat une loge aux Varietés. Il a demandé Barbebleue & il a été voir la Vie Parisienne au Palais-royal. Le seul artiste avec qui il a causé est un acteur des Variétés. & on cherche à tuer ces gens-là!!!» Portrait du Tsar: «Il es g[ran]d, mince, & ne manque pas de dos & de loin d’une certaine elegance corporelle. Son pied, chaussé d’une bottine-chaussette à elastique (ce qui est d’un genre atroce) est petit & sa jambe bien faite. La tête m’a paru bête. Cheveux blonds grisonnants comme la barbe et coupés (de profil) de manière à continuer la ligne du collier. L’oeil est rond, & gros veut etre expressif; & n’a rien d’agreable. Il a qq chose de dur & de sot. absence presque complete de menton ce qui donne à la figure qq chose de pecqué. pas de cervelet ni de temporaux le dessus de la tête très developpé. Il doit être mystique?» Le soir du bal, Gustave Flaubert se rend aux Tuileries, qu’il n’a pas revues depuis la révolution de février 1848, puis, pour échapper à l’atmosphère étouffante des salles, sort contempler le jardin. «Dans les rues avoisinantes foule très compacte. Les sergents de ville perdent la tête. Les voitures s’accrochent. On va au petit pas. Cet immense bourdonnement semble capable de vous renverser. Et l’on sent mêlé aux badauds qques malintentionnés, la jalousie du pignouf, comme je l’avais remarqué aux funerailles de Mr de Morny... La première impression est exquise. Des lignes de lanternes en porcelaine marquent les allées & font comme de grosses perles brillantes. Les fleurs du parterre ont l’air dessinées, en lumière. Les gazons semblent d’emeraude les arbres paraissent peints. Au fond ce sont des boules plantées dans des feuillages. Une teinte brune, monte & s’appalit peu à peu dans le ciel d’un bleu de satin. Les jets d’eau changent de couleur à chaque minute. De temps à autres un raz [ray pour rayon?] de lumière electrique court à ras du sol. Sous nos yeux un cent garde se promène, son ombre est geante. Ils sont maintenant deux ou trois ensemble. On dirait qu’ils ont dix pieds. [Puis, apparaissent quatre ombres,] les deux empereurs, l’impératrice & la Princesse Mathilde. Ils rentrèrent. Deux ou trois dames descendent. Cela a l’air d’une vision, d’un rêve. Puis les souverains descendent. On les suit peu à peu. On se range des deux côtés. L’impératrice a un petit paletot en drap d’or. L’empereur un pardessus d’été marron qui jure avec sa culotte noire. Il s’est approché d’un sheikh «ça va bien?» Le sheikh lui a baisé la main. L’Emp. l’a tendu a un autre qui s’est contenté de la serrer. assez familièrement. Quel joli effet font les robes à queue des femmes qui se promènent poitrine nue. Entre les caisses d’orangers. sous ces lueurs laiteuses. on allume des couronnes de gaz autour des bassins. Les feux de Bengale sentent trop l’alcool. [...] Ah! quel cadre à passion! avoir dix-huit ans! & être aimé d’une seigneuresse! Cette idée, certainement est venue à plusieurs. Rencontré Ed. Delessert, Mr de Laborde, Perriers, Mr Leroy, préfet. Mr de Persigny passe au bras de Mr de Morny, tout en blanc & en perruque rouge. Q[uelq]ues ouvriers qui regardent font tache. L’Empereur Alexandre est devant moi à trois pas, pendant toute une contredanse & parle à deux dames dont l’une Me de Bourgoing. [...] Les souverains rentrent dans la salle. Promenade dans les appartemens avec Ed. Delessert, Mr de Baulincourt, le mq & la maq de Conegliano. [...] Le duc de Mouchy tutoie Ed. Les Japonais. Cotillon conduit par le mquis de Caun [sic pour Caux], le prince Humbert n’y comprend pas grand chose [...] à droite le gl Fleury. Je ne distingue pas le roy de Prusse ni Bismarck. La P[rince]sse Mathilde est tout à l’autre bout près du jeune prince Gorchakoff. Qques autres chauves dansent ce qui me paraît grotesque. Le seul qui ait l’air aisé est Mr de Cau. [...] Les souverains vont souper. On referme la porte derrière eux. Attente très longue. Me Espinasse & sa mère. Boulanger peintre. Une Minerve près d’un albanais. La porte s’ouvre pour laisser rentrer quelques repus, puis se referme. On se tasse & on commence à etre mécontent. [...] Vue du souper. splendide d’effet. Il est servi en bas. On a du mal à trouver place. Mr Cornu. à une table Bataille, sa femme, Jubilois, Lachaux avocat, [...] Un russe près de moi se plaint du desordre & me paraît grossier. Mr Léon Lepic. On s’en va. Mr de Baulincourt, Dubois de Letang (qu’elle accuse d’être gris), il fait jour. Peu de voitures sur la place.» Deux jours plus tard, Flaubert rapportait à George Sand sa rencontre avec le souverain russe: «Le czar de Russie m’a profondément déplu. Je l’ai trouvé pignouf.» De la collection conservée par la nièce de Flaubert, Caroline Franklin-Grout, jusqu’à sa mort en 1931 avec cachet du notaire en charge de la vente (Catalogue des manuscrits, livres et objets d’art de Gustave Flaubert, Antibes 1931, n°1). Le texte en était connu par deux copies qu’elle avait fait établir. L’une est conservée dans la collection Lovenjoul, l’autre a été récemment exhumée. (Flaubert, Vie et travaux du R.P. Cruchard et autres inédits, textes établis, présentés et annotés par Matthieu Desportes et Yvan Leclerc, PURH, 2005, p.53-78.)

(< Jacques-Remi Dahan, Emmanuel Desurvire)
Thomas Vincent, documents, catalogue en ligne
Manuscrit autographe complet et inédit, intitulé «Dictature de Sylla»
http://www.galeriethomasvincent.fr/95-flaubert-gustave-autographe.html

Sans lieu ni date, 6 pages in-folio (20x31cm), avec quelques ratures et corrections. Sous chemise et emboitage avec mention de l’auteur et du titre du manuscrit sur le dos.
Long résumé fourmillant de détails sur un épisode majeur de l’histoire romaine, à partir du retour de Sylla de Grèce (-85 av J.-C.) jusqu’à sa mort (-78 av J.-C.) en passant par la Guerre civile, les Proscriptions, la législation de Sylla et les lois somptuaires.
Extrait:

«Dictature de Sylla.
[...] Quand Sylla fuit les bords de l’Adriatique il envoya une lettre au Sénat où il parlait de sa tête proscrite, de ses biens confisqués, de ses amis assassinés etc. Le Sénat envoya une députation pour l’adoucir. Mais Cinna et Carbon (Gnaeus Papirius carbo) ramassent les soldats [...] Cinna […] fut égorgé par ses propres soldats.
Carbon resté seul consul étend encore le droit de cité à de nouveaux peuples, et répandit les Affranchis dans les trente cinq tribus […] 89. Consulat du jeune Marius et de Carbon [...] Sylla accourt à Rome mais pas assez à temps pour prévenir les derniers massacres. Au nombre desquels était celui de Mucius Scaevola.
Sylla ne fit que traverser Rome pour aller en Etrurie combattre Carbon. Un des corps de troupe de celui-ci envoyé au secours d’un de ses lieutenants enfermé dans Spolete fut campé et détruit [...]
Les proscriptions
Les premiers camps furent pour la famille de Marius. Un de ses parents Marius Gratidianus qui venait de l’honorer dans sa prêtrise en exprimant la falsification des monnaies fut poursuivi par Catilina qui lui creva les yeux lui arracha la langue, les oreilles, les mains, lui rompit les bras et les jambes et lui coupa la tête, enfin qu’il porta toute sanglante à Sylla [...] La proscription dura pendant six mois [...] quant au nombre de morts, Appien parle de 90 sénateurs, de 15 consulaires, de 9000 chevaliers [...] les fils et les petits fils de proscrits privés de l’héritage paternel furent déclarés indignes d’occuper jamais une charge publique [...] Les Tribuns perdent le droit de présenter un rogateur au peuple. Leur veto fut restreint aux seules affaires civiles [...] La censure et les chevaliers furent supprimés.»
Ce manuscrit évoque évidemment la passion que Flaubert portait pour l’Antiquité et dans laquelle il se réfugia après le procès de Madame Bovary en février 1857: «Je vais écrire un roman dont l’action se passera trois siècles avant Jésus-Christ, car j’éprouve le besoin de sortir du monde moderne, où ma plume s’est trop trempée et qui d’ailleurs me fatigue autant à reproduire qu’il me dégoute à voir» (lettre à Mademoiselle Leroyer de Chantepie, 18 mars 1857).
Dans ce manuscrit, Flaubert se base sur une lecture attentive de l’écrivain et naturaliste romain Pline l’Ancien. Nous savons par sa correspondance que Flaubert avait lu avec attention cet auteur: « Actuellement je suis perdu dans Pline que je relis pour la seconde fois de ma vie d’un bout à l’autre» (Lettre à Ernest Feydeau, 6 août 1857).
La Dictature de Sylla ne se déroulant pas durant la même période que Salammbô (Guerre des Mercenaires durant le IIIe siècle av. J.-C) il est probable que ce manuscrit ait été écrit antérieurement. Flaubert mentionne Sylla dans un de ses écrits de jeunesse (Rome et les Césars, 1839): «Nous remarquerons d’abord le crime, grand, politique et froid, dans la personne de Sylla: il accomplit sa mission fatalement, comme une hache, puis il abdique la dictature et s’en va au milieu du peuple; c’est là un orgueil plein de grandeur, ce sont là des crimes d’un homme de génie.»
Flaubert avait-il une passion pour ce personnage historique et sulfureux? C’est ce que laisse penser Paul Bourget (1852-1935) qui, dans le Journal des Débats du 10 février 1884, écrivait: «Ses amis se rappellent encore avec quel frémissement il récitait tel morceau de prose, le dialogue de Sylla et d’Eucrate, par exemple: “Sylla, lui dit…” puis, s’arrêtant là de sa citation, il ajoutait: “Toute l’histoire romaine est là dedans…”»
17.000 euros.

VIENT DE PARAÎTRE

Édition

Gustave Flaubert, Oeuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, 2013.
http://www.la-pleiade.fr/Catalogue/GALLIMARD/Bibliotheque-de-la-Pleiade/OEuvres-completes-II-III
T.II (1845-1851), édition sous la direction de Claudine Gothot-Mersch avec la collaboration de Stéphanie Dord-Crouslé, Yvan Leclerc, Guy Sagnes, Gisèle Séginger.
Ce volume contient:
Par les champs et par les grèves. Appendices: [Carnets de Bretagne.] Des pierres de Carnac et de l’archéologie celtique. Les Trois Grands Scénarios de «La Tentation de saint Antoine». Listes des bagages. Scénario du début du «Voyage en Orient». Notes concernant l’Égypte (extraits). [Chant de la courtisane.] Ébauche de fiction poétique. Deux anecdotes. Louis Bouilhet, «Kuchiuk-Hanem, souvenir». La Tentation de saint Antoine (version de 1849). Voyage en Orient. L’Atelier de Flaubert: Les Sept Fils du derviche, conte oriental. Ébauches et scénarios de théâtre. Scénarios de récits.

T.III (1851-1862), édition sous la direction de Claudine Gothot-Mersch avec la collaboration de Jeanne Bem, Yvan Leclerc, Guy Sagnes, Gisèle Séginger.
Pierrot au sérail. La Tentation de saint  Antoine (version de 1856). Madame Bovary. Réquisitoire, plaidoirie et jugement du procès intenté à l’auteur. Appendices: L’incipit du roman dans les manuscrits. Transcription de l’épilogue. Épisodes supprimés. Plan d’Yonville. Mémoires de Mme Ludovica. [Voyage en Algérie et en Tunisie.] Les Scénarios. Le «Chapitre explicatif». Résumé de «Salammbô». La Querelle de «Salammbô». Polybe, «Histoire», I, XIV-XVIII. La Guerre des Mercenaires. Salammbô. L’Atelier de Flaubert: Une nuit de Don Juan. La Spirale. Ballet. Scénarios des carnets de travail n°2 et n°19.

Articles

Benoît Dufau, «Flaubert et Lucrèce dans la Correspondance: de la gentillesse à la mauvaise humeur», Flaubert. Revue critique et génétique, http://flaubert.revues.org/2089

Anthony Zielonka, “Gustave Flaubert’s Journey to the Holy Land: Anticipation, Disenchantment and Enduring Fascination”, chapitre 8 du livre Aller(s)-Retour(s), Nineteenth-Century France in Motion, Edited by Loïc Guyon and Andrew Watts, Newcastle-upon-Tyme, G.B., Cambridge Scholars Publishing, 2013, p.125-135.


Ce Bulletin est édité par le Centre Flaubert, avec la collaboration de Marie-Paule Dupuy, Olivier Leroy et Joëlle Robert. Il vous tiendra informés, selon une périodicité variable, des manifestations et des publications concernant Flaubert. Si vous désirez le recevoir gratuitement, veuillez vous inscrire à l'adresse suivante:
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