BULLETIN
RECHERCHE
Contact   |   À propos du site

BULLETIN FLAUBERT n° 156 / 20 février 2014

 

PLANS ET SCÉNARIOS DE SALAMMBÔ PAR ATSUKO OGANE

Pour saluer la parution de deux nouveaux volumes des Oeuvres complètes de Flaubert dans la Bibliothèque de la Pléiade, Atsuko Ogane présente les plans et scénarios de Salammbô, transcriptions diplomatiques intégrales et classement génétique des manuscrits conservés à la Bibliothèque nationale de France et à la Bibliothèque municipale de Rouen, au total 99 folios.
Transcriptions: http://flaubert.univ-rouen.fr/ressources/sal_scenarios.pdf
Table des matières: http://flaubert.univ-rouen.fr/ressources/sal_scenarios_table.pdf
Présentation: http://flaubert.univ-rouen.fr/ressources/sal_scenarios_presentation.pdf

AGENDA

Samedi 29 mars 2014, Rouen, Hôtel des sociétés savantes, 190 rue Beauvoisine, 10h – 17h 30
Autour de la biographie de Flaubert par Michel Winock, en présence de l’auteur
Journée de conférences, avec la participation de Christophe Bouillon, Alain Ferry, Yvan Leclerc, Yannick Marec, Joëlle Robert et Alain-Gérard Slama.

Jusqu’au 10 avril 2014 (depuis le 23 janvier)
«Flaubert: Lettres à Louise Colet»
Théâtre du Temps (9 rue du Morvan, 75011 Paris, métro Voltaire, les jeudis à 20h 30 (sauf pendant les vacances scolaires).
http://www.compagniedupontlevant.fr
Création uniquement composée de textes tirés de la correspondance de Flaubert et des journaux, poèmes et rares lettres de Louise Colet, la pièce retrace le parcours de ces amants écrivains sur une durée de dix ans. Elle se propose de montrer en Flaubert l’écrivain naissant en proie à tous les doutes, mais aussi le jeune homme tout feu tout flamme, jusque dans ses extravagances et ses fragilités. C’est aussi l’univers de l’écrivain, son imaginaire, qui sera donné à voir au spectateur, avec par exemple l’irruption de personnages et scènes de Madame Bovary.
Il ne s’agit en aucun cas d’une lecture; l’espace scénique étant scindé en deux, Gustave et Louise, chacun de son côté, explorent les méandres du coeur et tracent tant bien que mal leur chemin d’écrivain.
Dossier de presse
http://flaubert.univ-rouen.fr/derives/corr_theatre2014.pdf

VENTES

(< Éric Walbecq)
Catalogue Sibylle - Librairie Le Feu Follet
catalogue@edition-originale.com
Gustave FLAUBERT, Salammbô. Michel Lévy, Paris, 1863, 15 x 23cm, relié.
Édition originale sur papier courant. 1.200 euros.
Reliure en demi-chagrin sapin, dos à cinq nerfs, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier à la cuve, ex-libris encollé sur une garde, reliure de l’époque.
Rare envoi autographe signé de l’auteur à (Louis) de Carné, journaliste et historien dont Flaubert possédait plusieurs ouvrages référencés dans l’inventaire de sa bibliothèque. L’intérêt que portait Flaubert à l’oeuvre de Carné n’était toutefois pas bienveillant. On retrouve en effet des notes critiques sur ses articles dans les dossiers de Bouvard et Pécuchet.
D’autre part, la parution de Salammbô coïncide avec l’élection controversée de Louis de Carné à l’Académie Française, qualifiée de coup d’état clérical par une partie de l’opinion publique. Elle était en effet le résultat de la fronde organisée par Mgr Dupanloup contre l’autre candidat, Émile Littré, auteur d’une définition matérialiste de l’homme qui déchaîna la fureur des partis religieux et Orléanistes. Flaubert évoque le scandale de cette élection dans une lettre aux Goncourt du 6 mai 1863: «Avez-vous suffisamment vitupéré Sainte-Beuve et engueulé l’Académie à propos de la nomination Carné?»
Bien qu’il précède sans doute légèrement cette élection, cet envoi de Flaubert à Carné est un curieux hommage d’un écrivain accusé naguère «d’offense à la morale publique et à la religion» à un futur représentant du pouvoir religieux au sein même de la prestigieuse Académie. Rares et légères rousseurs sans gravité, bel exemplaire.

Gustave Flaubert, Salammbô, Michel Lévy frères, Paris, 1863, 14,5 x 22,5cm, relié.
Troisième édition parue la même année que l’édition originale. 8.500 euros.
Reliure en demi-chagrin marine, dos à quatre nerfs sertis de pointillés dorés et ornés d’un cartouche doré agrémenté d’arabesques dorées, plats, gardes et contreplats de papier à la cuve, légères traces de frottements sur les mors, tête dorée, reliure légèrement postérieure d’une dizaine d’années.
Précieux et rare envoi autographe signé de l’auteur à madame Morris. Celle-ci pourrait être l’épouse du poète anglais William Morris, ami intime du peintre Edward Burne-Jones.
Une pâle et discrète mouillure angulaire affectant, en pied, les quinze derniers feuillets.

Gustave Flaubert, Madame Bovary, Alphonse Lemerre, Paris, 1874, 9,5 x 16,5cm, 2 volumes reliés sous étuis. 8.000 euros.
Dernière édition publiée du vivant de l’auteur, illustrée d’un frontispice.
Reliure en demi-veau bronze, dos à quatre nerfs sertis de pointillés dorés et orné de doubles caissons dorés agrémenté de motifs décoratifs floraux dorés, pièce de titre et nom de l’auteur de maroquin framboise, pièce de tomaison de maroquin olive, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier à la cuve, tête dorée, étuis.
Infimes traces de frottements sur le dos et légères traces d’usure sur un mors du tome 1.
Rarissime envoi de l’auteur à (Louis) Ménard: «A mon ami Ménard, Gustave Flaubert, 28 Mai 77».
Savant, peintre, poète, philosophe, helléniste et chimiste, Louis Ménard est le modèle de l’artiste intellectuel complet tel qu’on le concevait au XIXe siècle.
Il est l’ami d’enfance de Baudelaire, l’initie au haschisch, et participe avec lui au Club des Haschischins auquel se rend également Flaubert.
Très engagé politiquement, il fréquente Karl Marx et Proudhon, prend parti pour la Révolution de 1848. Son «Prologue d’une révolution, février-juin 1848», paru en 1849 lui vaut 3 ans de prison et inspire sans doute Flaubert pour L’Éducation sentimentale.
Comme peintre, il se lie avec les artistes de Barbizon, comme chimiste, il invente le collodion, et comme linguiste, il tente, sans succès, de réformer l’orthographe.
À sa mort, Édouard Champion publiera en son hommage «Le tombeau de Louis Ménard» avec la collaboration de Huysmans, Louÿs, Barrès, Bourget, Claretie, Coppée, Heredia, Houssaye, Montesquiou, Régnier, etc.
Bel exemplaire agréablement établi comportant un rare envoi de l’auteur sur ce texte.

Hôtel Drouot, vente Primardeco, 28 février 2014
http://catalogue.gazette-drouot.com/html/g/fiche.jsp?id=3724596
artistique@primardeco.com
Lot n°166. Flaubert (Gustave), L. A. S. à Monsieur de Chennevières, directeur du musée du Luxembourg. Croisset 16 avril [1868]. 1 p. 1/2 in-8 sur fin vergé bleu, enveloppe et timbre. «Est-ce abuser de votre complaisance (déjà éprouvée) que de vous recommander les tableaux n°5341, et 5342 (Auctore Maisiat). Ils sont maintenant extraits du Salon et mis à mort dans un atelier en bas où le dit Maisiat y travaille. Si vous pouvez les placer favorablement vous ferez quelque chose qui me sera très agréable...». Joanny Maisiat est un peintre de fleurs lyonnais qui fut le professeur de dessin de Caroline Hamard, nièce de Gustave Flaubert. La lettre se poursuit par la demande «d’un petit volume promis». Estimation: 400/ 500 euros.

VIENT DE PARAÎTRE

Ouvrages

Alain Pagès, Zola et le groupe de Médan. Histoire d’un cercle littéraire, Perrin, 2014.
http://www.editions-perrin.fr/fiche.php?F_ean13=9782262033712
[Flaubert est très présent, parmi les «Médaniens» – des premières rencontres avec Zola aux dîners des Cinq et à la scène qui évoque son enterrement.]

(< Gilles Cléroux)
Federica Sforazzini, L’image, la séduction, la rhétorique: Flaubert en sept essais, Paris, Mimesis, 2013.
4e de couverture:
«Sept essais composent ce livre consacré à l’oeuvre de Flaubert qui souvent s’interrogeait par métaphores sur son esthétique. C’est pour cela qu’on a pensé de commencer par l’analyse des métaphores dans sa Correspondance, où l’homme réfléchit toujours sur l’auteur et sur l’art. Les deux essais suivants concernent Madame Bovary et le quatrième le véritable livre sur rien: Salammbô, le roman où les images prolongent l’exotisme de l’histoire et de la forme. La forme qui devient séduction de mots dans L’Éducation sentimentale, où la rhétorique paralyse les personnages devenus le portrait d’un Occident impuissant. Les tentatives de séduire de la part des personnages principaux ne débouchent sur rien, car ils ne sont pas même capables d’aimer. Ils ne peuvent qu’imiter jusqu’à dégoûter de plus en plus leur auteur qui a généré Hérodias et l’Orient-mirage dont son donjuanisme fait partie.»

Michel Brix, L’entonnoir, ou les tribulations de la littérature à l’ère de la modernité, Paris, Kimé, 2013
4e de couverture
«À partir de la deuxième moitié du XIXe siècle, la modernité critique a imposé dans le champ esthétique une série de réorientations, qui nous conduisent aujourd’hui à associer la littérature à des notions comme l’impersonnalité, le culte de la Forme, le pessimisme, la négativité, ou encore l’indifférence voire le mépris vis-à-vis du lecteur. La doxa moderniste nous enseigne que la littérature sert à faire admirer tout à la fois le langage, la littérature elle-même et l’écrivain, et qu’il était illusoire et sacrilège d’imaginer qu’elle pouvait être «utile», c’est-à-dire contribuer à l’amélioration du sort de l’humanité, ou à la guérison de ses maux.
Mais comment se fait-il qu’à partir de Flaubert, certains auteurs se sont ainsi avisés de remettre en question les missions traditionnellement dévolues à la littérature? […]
D’autre part, il est devenu courant, de nos jours, de lire des déclarations assurant que la littérature tend vers sa disparition. Mais le monde peut-il se passer de littérature? Et est-ce que ce ne sont pas, précisément, les penseurs de ladite modernité – de Flaubert à Roland Barthes – qui ont mis la littérature en danger?
Le présent ouvrage s’attache à expliquer l’avènement de la doxa moderniste, à en faire le bilan – en la suivant jusque dans ses errements critiques – et enfin à déterminer dans quelle mesure il serait, ou non, souhaitable de réhabiliter les valeurs dont elle a appelé à se débarrasser.»
[Tout au long de l’ouvrage, on trouve des passages concernant Flaubert, notamment ceux intitulés «Sa Majesté l’Écriture» (p.23-24), «Portrait de l’écrivain en saint Polycarpe» (p.28-31) ou encore «De Flaubert épistolier à Flaubert romancier» (p.160-163)].

Revue

Bulletin Flaubert-Maupassant, n°29, 2014.
«Eau, reflets, fluidités. Festival Normandie-Impressionniste»
http://www.amis-flaubert-maupassant.fr/bulletin/bulletin-flaubert-maupassant-n-29-2013/
[articles concernant Flaubert, en tout ou partie]

Joëlle Robert, «Flaubert canotier»
Yvan Leclerc, «Flaubert: une fenêtre sur la Seine»
Karl Laurent, «Les Peintres de Trouville au temps de la famille Flaubert»
Sonia Anton, «L’eau dans les textes littéraires havrais»
Juliette Azoulai, «Comparaisons métonymiques chez Flaubert: la “vapeur subtile” du monde sensible»
Yvan Leclerc, «Style fluide, style limpide chez Flaubert et Maupassant»

Articles

(< Gilles Cléroux)
Christian Bank Pedersen, «La vérité nue, une littérature froide. Sur Georg Brandes, Gustave Flaubert et la question de la lecture», dans Grands courants d’échanges intellectuels: Georg Brandes et la France, l’Allemagne et l’Angleterre, Actes de la 2e Conférence internationale Georg Brandes, Nancy, 13-15 novembre 2008, Peter Lang, 2010 («Littératures de langue française»; 17), p.143-160.

Florence Godeau, «Henry James et Joseph Roth lecteurs de Flaubert», dans L’écrivain et son critique: une fratrie problématique, sous la direction de Philippe Chardin et Marjorie Rousseau, Éditions Kimé, 2014, p.131-141.

Yvan Leclerc, «L’idéal de la critique selon Flaubert. “Une critique qui s’inquiète de l’oeuvre en soi”», ibid., p.531-540.

SUR LA TOILE

(< Catriona Seth, Paul Paumier)
L’album des écrivains: Flaubert
Chaque jeudi, en partenariat avec l’INA, Libération propose un document filmé.
En marge d’une nouvelle édition de Bouvard et Pécuchet, l’émission «Lire» du 4 mars 1966 est exclusivement consacrée à Flaubert. Cette séquence est une interview de l’éditeur Maurice Nadeau, publiant ce volume sous le titre Encyclopédie de la bêtise, et d’un entretien avec Geneviève Bollème qui en a assuré la direction.
Puis Jean-François Revel, Nathalie Sarraute et Gérard Genette, donnent chacun leur vision de l’écrivain, «visionnaire de la culture de masse», ou précurseur du «Nouveau Roman». (Lire du 4 mars 1966, 32’10).
Dominique Poiret, 6 février 2014.
http://www.liberation.fr/livres/2014/02/06/l-album-des-ecrivains-flaubert_978304

(< Paul Paumier, veilleur, université de Rouen)
Site «La France vue par les écrivains»
http://lafrancevueparlesecrivains.fr/
Six extraits de Flaubert pour Trouville, Blois, Chambord, Amboise, Clermont-Ferrand et Vichy.

RECHERCHE

Bouvard et Pécuchet par Foucault
Romhányi Török Gábor cherche à se procurer le texte (ou l’enregistrement) de la conférence sur Bouvard et Pécuchet donnée par Michel Foucault en 1970 à New York. Elle ne semble pas avoir été publiée jusqu’à présent.
Merci d’envoyer votre réponse au responsable du Bulletin, qui transmettra.

SITE DU CENTRE FLAUBERT

«Madame Bovary, c’est moi»: formule apocryphe, par Yvan Leclerc
http://flaubert.univ-rouen.fr/ressources/mb_cestmoi.php

Deux portraits «douteux» de Flaubert qui trouvent une authentification
Portrait de Flaubert par Victor Pierters
Jusqu’à présent, nous avions présenté comme «douteux» le portrait de Flaubert par Victor Pierters, daté de 1856. Certes, la ressemblance avec Flaubert est frappante, mais nous ne savions rien de ce peintre. Un échange avec l’actuel propriétaire du tableau nous a permis d’approfondir l’enquête. Nous avons découvert que Pieters (1813-1894) était un peintre et un photographe établi à Rouen depuis 1845. Il habitait alors au 16 rue Lecat, d’après l’Almanach de Rouen. Il était donc voisin de la famille Flaubert. La ville de Bolbec (Seine-Maritime), où Pieters résida de 1840 à 1844, possède trois tableaux de ce peintre, de même facture, et avec la même signature. Voir le portrait et le certificat d’authenticité envoyé par son propriétaire.
http://flaubert.univ-rouen.fr/iconographie/pieters.php

Un autre portrait douteux trouve son auteur, le «Portrait de Gustave Flaubert adolescent», grâce aux informations transmises par Catherine Hubbard, spécialiste du fonds iconographique à la BM de Rouen. Il s’agit d’un tableau de la nièce de Flaubert, daté et signé «Caroline Commanville 1883» (Cote: Flaubert F1-03, Coll. Bibliothèque municipale de Rouen).
http://flaubert.univ-rouen.fr/iconographie/gf_lisant.php

Nouveau portrait de Flaubert par Ladislas Loevy, découvert et commenté par Guy Pessiot:
http://flaubert.univ-rouen.fr/iconographie/gf_loevy.php



Ce Bulletin est édité par le Centre Flaubert, avec la collaboration de Marie-Paule Dupuy, Olivier Leroy et Joëlle Robert. Il vous tiendra informés, selon une périodicité variable, des manifestations et des publications concernant Flaubert. Si vous désirez le recevoir gratuitement, veuillez vous inscrire à l'adresse suivante:
https://sympa.univ-rouen.fr/sympa/info/flaubert-bulletin
Contact: flaubert-bulletin-request@listes.univ-rouen.fr



Mentions légales