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BULLETIN FLAUBERT n° 175 / 30 mars 2016

AGENDA

29 avril-16 mai 2016, Théâtre de l’Écho du Robec, Darnétal, près de Rouen
«Accusé Flaubert, levez-vous!»
Pièce de théâtre sur le procès de Flaubert pour Madame Bovary, écrite par Christiane et Daniel Charlot, mise en scène de Daniel Charlot.
http://www.echodurobec.com/accuse-flaubert-levez-vous
Dates des représentations: 29 avril 2016, 20h30; 1er mai 2016, 16h30; 6 mai 2016, 20h30; 15 mai 2016, 16h30; 16 mai 2016, 16h30. 16 euros (tarif réduit: 12 euros).
Séances pour les scolaires: 2 mai, 14h30; 3 mai, 14h30; 6 mai 14h30.
Réservations: 02 35 88 61 73. robec2@orange.fr

Samedi 21 mai 2016, Rouen, Hôtel des Sociétés savantes, 190 rue Beauvoisine
Flaubert, Maupassant et le portrait
Amis de Flaubert et de Maupassant, en collaboration avec la Bibliothèque municipale de Rouen.
Journée organisée par Sandra Glatigny et Gilles Cléroux
Claire Basquin et Gilles Cléroux: présentation de l’iconographie de Flaubert et de Maupassant
Guy Pessiot, «Se faire tirer le portrait (photographique), à Rouen, au temps de Flaubert et de Maupassant (1842-1893), du daguerréotype à la pellicule souple Kodak»
Élisabeth Parinet, «La médiatisation de l’écrivain»
Adeline Wrona, «Du portrait comme amitié. Autour de Flaubert et de la portraitomanie»
Stéphanie Champeau, «Portraits de Flaubert et Maupassant à travers le Journal des Goncourt»
Programme complet des activités 2016 des Amis de Flaubert et de Maupassant:
http://www.amis-flaubert-maupassant.fr/programmes/programme-de-lannee-2016/

VENTES

Vente passée

(< Stéphanie Dord-Crouslé)
Vente Godts, Bruxelles, 22 mars 2016
http://www.auction.fr/_fr/lot/flaubert-gustave-madame-bovary-moeurs-de-province-paris-michel-levy-1857-9578459#.Vtf9Z1L8k4A
361. Flaubert, Madame Bovary. Moeurs de province, Paris, Michel Lévy, 1857. 2 vol. in-12.
Édition originale de première émission, avec toutes les caractéristiques de texte, mise en page et couverture relevées par Brun. Complet du Catalogue de la librairie Lévy, mars 1857, 36p.
Enrichi de deux lettres autographes signées de Flaubert à un «cher confrère», à Croisset près de Rouen, 2p. in-12 chacune, sur papier bleu très fragile (pet. déch. aux plis):
(1). –18 juin 1867: il évoque «la longue histoire» de Madame Bovary. «J’avais à cette époque-là (1856) des amis très intimes à la Revue de Paris. Le Ms après qques discussions a été imprimé intact – jusqu’à la 3e partie. – Mais vous trouverez au commencement de la 4e une note aigre-douce que la rédaction & moi, nous échangeâmes. C’est cette note là qui a tiré l’oeil de la censure & qui m’a valu mon Procès. Le plaidoyer de Senard fut splendide & dura sept heures [ces deux mots soulignés]. L’avocat-général Pinard m’avait trépigné pendant deux heures. Bref nous avons été acquittés. Les Considérants [ces deux mots soulignés] qui me regardent sont curieux (Trévoux 1857). Puis s’en est suivi un déluge d’articles. Quelqu’un de chez moi a gardé plusieurs de ces feuilles. (Cela fait un tas énorme.) – Voulez-vous que je vous les envoie? à charge de me les renvoyer? [...]»
(2). – mardi [25 juin 1867?]: il a envoyé les journaux évoqués dans la lettre précédente mais «[...] Vous ne trouverez nulle part les plaidoiries prononcées lors de mon procès, parce qu’il est défendu de rendre compte des procès de presse [...].» Il répond ensuite aux questions de son correspondant: «Mes oeuvres inédites sont plus nombreuses que les autres [...]. C’est à tort que l’on m’a décoré plusieurs fois du grade de Docteur en médecine – Je suis fils et petit fils & frère de médecin. De là est venue la confusion [...]. Je vous avertis qu’il n’y a aucune vérité ou du moins fort peu de vérité dans les détails biographiques publiés sur mon compte.»

(< François Lapèlerie)
http://www.stargardt.de/en/catalogues/
Catalogue Stargardt, 703, vente les 5-6 avril 2016
79. Flaubert, Gustave. E. Br. m. U. O. O. u.J. 1 S. gr.-8o. Auf blauem Papier. (800.—)
An einen Freund, bei dem er sich entschuldigt, einer Einladung nicht Folge leisten zu können, da er abreise. « ...Vous êtes bien aimable, mais lundi prochain je ne serai plus à Paris, puisque j’en partirai [...] je regrette beaucoup de ne pouvoir me rendre à votre invitation...»

6 avril 2016, vente Boisgirard-Antonini Paris, Paris.
http://www.auction.fr/_fr/lot/gustave-flaubert-1821-1880-l-a-s-samedi-a-un-ami-nbsp-9700435#.VvEDJxjfeC4
Gustave Flaubert, L.A.S., Samedi [25 mai 1878], à un ami; demi-page in-8. «Je compte sur vous, demain – car il sera le dernier de mes dimanches. – Tâchez de venir de bonne heure, pour vous en aller très tard.» Estimation: 600/ 800 euros.

(< Stéphanie Dord-Crouslé)
16 avril 2016, vente Morel de Westgaver, Bruxelles.
309. Auguste Leroux [Gustave Flaubert]. Suite de 52 planches en noir pour Bouvard et Pécuchet de Gustave Flaubert. S.l.s.n. [1928].
Petit in-4, en feuilles, sous chemise pleine toile rouge à rabats. Estimation: 60/ 70 euros
http://catalogue.gazette-drouot.com/html/g/fiche.jsp?id=5870976

Catalogue Les Autographes, Thierry Bodin, n°142, mars 2016
98 Flaubert, L.A.S., [Paris] jeudi soir [29 mars 1877, à Philippe Leparfait, héritier de Louis Bouilhet]; 2 pages in-8 (légères fentes réparées).
Sur le projet de monument à Louis Bouilhet à Rouen. De «nouvelles chicanes» ont marqué l’examen de leur affaire dans la dernière séance du Conseil municipal de Rouen. Cependant le Dr Le Plé est nommé rapporteur. «“Il demande que vous lui résumiez très succinctement” m’écrit Laporte “la vie & l’oeuvre de B. soit une biographie très sommaire & la liste chronologique de ses ouvrages, avec le nombre de représentations de chacune de ses meilleures pièces”.» Il obtiendra ce dernier renseignement de Peragallo. «Quant aux autres, ils se trouvent dans la Préface de Dernières Chansons», dont il faut porter un exemplaire à Le Plé. «Tous ces potins-là, ce mauvais vouloir permanent, cette haine féroce de la Littérature m’emplit d’une mélancolie farouche (même histoire d’ailleurs pour la statue de G. Sand! Je suis membre de la Commission dont le père Hugo est le Président.). Lemerre m’a promis pour l’hiver prochain une édition complète des poésies de Bouilhet. Je suis sûr que ça se vendra. Mais ton père [Philippe de Chennevières] devrait agir sur Duquesnel pour une reprise quelconque! Quant à d’Osmoy, il n’existe pas plus “que s’il était déjà mort” (Lucrèce Borgia acte II). Jamais je n’entends parler de ce coco. & ne désire pas le revoir. Car il m’a blessé jusque dans les moëlles.» Il évoque enfin le projet de Gustave Ruiz, protégé de la maréchale Canrobert, de faire un opéra d’après La Conjuration d’Amboise. Et il fait précéder sa signature de la formule «Ton vieux solide (il ose se qualifier ainsi)»… 3500 euros.

7 avril 2016, Vente Ader, hôtel Drouot
http://catalogue.gazette-drouot.com/html/g/fiche.jsp?id=5877048
198. Flaubert (Gustave), Madame Bovary, moeurs de province, Paris, Javal & Bourdeaux, 1930. In-4, 320 x 249: frontispice, (4f.), 321p., (1f.), 21 planches, couverture imprimée. Maroquin janséniste bleu nuit, dos à nerfs, plaque de zinc incrustée dans la première doublure, dans un large cadre de maroquin bleu nuit orné de filets à froid, doubles gardes, tête dorée, non rogné, couverture et dos conservés, étui (reliure de l’époque).
Édition tirée à 525 exemplaires, illustrée de 25 eaux-fortes originales de Charles Huard (1874-1965), dont 22 hors-texte et 3 bandeaux.
Un des 25 exemplaires de tête numérotés sur japon ancien, contenant 4 états des illustrations: eau-forte pure, en bistre avec remarques, en couleurs avec remarques et état définitif.
Exemplaire enrichi d’une plaque de zinc incrustée dans la première doublure, pour la gravure figurant entre les pages 286-287, et un grand dessin original montrant le personnage de madame Bovary assise avec un livre sur ses genoux, placé en regard du titre, signé de l’artiste italien Carlo Farneti (1892-1961).
Très bel exemplaire malgré le dos terni. Estimation: 1000/ 1500 euros.

15 avril 2016, Kahn-Dumousset, hôtel Drouot
http://catalogue.gazette-drouot.com/html/g/fiche.jsp?id=5886580
39. Flaubert, Salammbô. Illustré de 22 gravures par William Walcot. In-8, chemise étui. Les Éditions d’Art Devambez, Paris, 1926. Estimation: 180/ 200 euros.

16 avril 2016, Morel de Westgaver, hôtel Drouot
http://catalogue.gazette-drouot.com/html/g/fiche.jsp?id=5870980
313. Gustave Flaubert, Hérodias. Illustré de onze eaux-fortes originales dessinées et gravées par William Walcot, Paris, Devambez, 1928. In-4. Reliure signée de Max Fonsèque: plein chagrin marron, dos à sept nerfs ornés d’une bandelette de maroquin rouge, losange mosaïqué dans chaque caisson, haut et bas des plats ornés de cinq losanges mosaïqués cernés de filets dorés formant cinq carrés, jeu de filets verticaux dorés et argentés ainsi que de fines bandes de maroquin rouge, contreplats en maroquin rouge cerné de maroquin vert, de filets dorés, losanges mosaïqués or et vert, pointillés argentés cernant le motif central formé de filets dorés et de pointillés argentés, garde de soie moirée marron, double garde de papier marbré rouge, tranches dorées, couverture et dos conservés, sous étui bordé (petite griffure en queue du dos). Frontispice, 7 hors-texte, 4 bandeaux et un cul-de-lampe gravés à l’eau-forte. Tirage limité à 221 exemplaires numérotés. Un des 125 sur vélin d’Arches contenant l’état définitif des eaux-fortes (n°91). William Walcot (1874, Lustdorf - 1943, Londres), architecte britannique et artiste graphique est célèbre pour ses réalisations Art Nouveau à Moscou. Bel exemplaire. Estimation: 400/ 600 euros.

20 avril 2016, Kapandji Morhange, hôtel Drouot
http://catalogue.gazette-drouot.com/html/g/fiche.jsp?id=5888088
274. Flaubert (Gustave), Hérodias, Paris, Plicque, 1926. In-4, reliure demi-maroquin grenat à coins, dos à 4 nerfs saillants, auteur et titre dorés, tête dorée, couv. illustrée en couleurs et dos conservés [Flammarion]. Édition illustrée de compositions de Raphaël Freida, dont 8 hors-texte. Exemplaire numéroté sur vélin de Rives. Estimation: 80/ 120 euros.

VIENT DE PARAÎTRE

Ouvrages

Gustave Flaubert, Rêve d’Orient. Plans et scénarios de Salammbô, édition et introduction par Atsuko Ogane, Genève, Droz, 2016.
http://www.droz.org/fr/livre/?DZOI=260016006258
«Comment l’idée du voile pourpre de Carthage est-elle venue à Flaubert? L’histoire d’Anubis, à laquelle il avait pensé, s’est transformée, entre 1853 et 1857, en la gigantesque épopée de Salammbô. Après son acquittement dans le procès de Madame Bovary, l’écrivain met en place sa méthode de travail pour préparer son roman: il établit un sommaire à partir de «La Guerre des Mercenaires» de Polybe, il se documente dans de multiples domaines, il voyage en Tunisie, rédige un chapitre explicatif avant de le rejeter, organise au départ un roman en trois parties... Ce volume présente tous les plans et les scénarios de Salammbô – une centaine de folios, entre les quatre mille sept cents pages du manuscrit – reproduits en fac-similé, classés par ordre chronologique et transcrits diplomatiquement. L’introduction rend compte du mouvement d’élaboration de l’oeuvre, en s’appuyant sur les différents documents de genèse et la correspondance. Dans les repentirs et les avancées des plans et des scénarios se dessine le rêve d’Orient de Flaubert.»

Notes de Flaubert sur Plutarque et sur l’ouvrage Luxe des dames romaines
Transcription et présentation par Atsuko Ogane d’un ensemble de notes prises par Flaubert vers 1857-1858 en vue de la rédaction de Salammbô.
En ligne sur le site Flaubert, mars 2016:
http://flaubert.univ-rouen.fr/manuscrits/plutarque.php

(< Stéphanie Dord-Crouslé)

Flaubert, Madame Bovary, fac-similé intégral du manuscrit autographe, préface de Jacques Weber, Les Saints Pères, 2016.
https://www.lessaintsperes.fr/manuscrits/fr/45-madame-bovary-9791095457077.html
Voir un feuilletoir du livre à cette adresse:
http://bibliobs.nouvelobs.com/galeries-photos/actualites/20160315.OBS6486/madame-bovary-le-manuscrit-d-un-chef-d-oeuvre.html
[Rappelons que ce manuscrit est disponible en ligne, gratuitement, à l’adresse:
http://www.bovary.fr/ ]

Ouvrage

Crossed Correspondences. Writers as Readers and Critics of their Peers, Editor(s): Vanessa Guignery, Cambridge Scholars Publishing, 2016. http://www.cambridgescholars.com/crossed-correspondences
http://www.cambridgescholars.com/download/sample/62984
Articles sur Flaubert:
Sarga Moussa, «Voyager, lire, écrire: la littérature en gestation dans les lettres d’Égypte de Flaubert à Bouilhet»
Stéphanie Dord-Crouslé, «La correspondance entre Bouilhet et Flaubert, à partir de L’Éducation sentimentale – et au-delà…»
Catherine Thomas-Ripault, «Un écrivain à la croisée des critiques: Ernest Feydeau correspondant de George Sand, Gustave Flaubert et Sainte-Beuve»

Articles

Guillaume Cousin, «“Mon affaire est une affaire politique”: la Revue de Paris et le procès de Madame Bovary», communication au séminaire «Relire les classiques: Madame Bovary», Université de Rouen, 2 mars 2016.
http://flaubert.univ-rouen.fr/article.php?id=43

Kayoko Kashiwagi, «Le Château des coeurs. Genèse et structure», version française de la présentation à Gustave Flaubert, Le Château des coeurs, grande féerie, traduction en japonais par Kayoko Kashiwagi du texte intégral avec toutes les illustrations, d’après l’édition originale de La Vie moderne (1880), Osaka University Press, 303 pages. Préface de Jeanne Bem: «Pour le lecteur japonais» (en japonais p.209-222, et en français, p.223-234):
http://flaubert.univ-rouen.fr/article.php?id=44

Élisabeth Ladenson, «Ernest Pinard, critique littéraire» dans Censure et critique, sous la direction de Laurence Macé, Claudine Poulouin et Yvan Leclerc, Classiques Garnier, coll. «Littérature et censure», 2016, p.255-266.

François Lapèlerie, «“Là, tout n’est qu’ordre et beauté, Luxe, calme et volupté.” Salammbô dans la réclame de 1862 à nos jours», site Flaubert, mars 2016.
http://flaubert.univ-rouen.fr/derives/sal_lapelerie_2016.pdf

Comptes rendus

Delphine Jayot, compte rendu de Juliette Azoulai, L’Âme et le Corps chez Flaubert. Une ontologie simple, Classiques Garnier, Coll. «Études romantiques et dix-neuviémistes», 2014:
http://flaubert.revues.org/2512

Tomoko Hashimoto, compte rendu de Gustave Flaubert, Kokoro no shiro (Le Château des coeurs [en japonais]), traduit, présenté et annoté par Kayoko Kashiwagi, Presses Universitaires d’Osaka, Osaka, 2015:
http://flaubert.revues.org/2513

SITE FLAUBERT

Colombine [Arthur de Boissieu] et Albert Wolf, Le Figaro, 21 décembre 1862 [deux articles sur Salammbô]:
http://flaubert.univ-rouen.fr/etudes/salammbo/sal_wolf.php
«[Flaubert] mêle, dans ses tableaux, aux ornements prétendus d’une érudition que je crois sincère, les détails imposteurs d’une obscénité qui n’a pas vieilli. Son style roule un amas de mots qui ne sont d’aucune langue, et, à force de vouloir être Carthaginois, parfois il oublie d’être Français.»

Philippe Willemart, «Hérodias, le manuscrit, la psychanalyse et les sciences exactes», dans La chambre noire de l’écriture: Hérodias de Flaubert, Paratexte, 1996, mise en ligne sur le site Flaubert, mars 2016:
http://flaubert.univ-rouen.fr/article.php?id=41

(< François Lapèlerie)
Maxime Brenier de Montmorand, Éloge de Senard, discours prononcé le 28 mars 1887, Paris, Alcan-Lévy, 1887.
http://flaubert.univ-rouen.fr/article.php?id=42
Format pdf: http://flaubert.univ-rouen.fr/etudes/senard_brenier.pdf

J. Félix, «Gustave Flaubert», discours à l’Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Rouen, 5 août 1880. Extrait du Précis analytique des travaux de l’Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Rouen pendant l’année 1879-80 (p.5-32).
[Document découvert par Marie-José Mainot, et saisi par Olivier Leroy, mars 2016.]
http://flaubert.univ-rouen.fr/biographie/necro_felix.php

RECHERCHE

Dans le Bulletin Flaubert précédent (n°174, 2 mars 2016), Philippe Rouyer posait une question à propos du voyage de Flaubert à Londres en 1851:
http://flaubert.univ-rouen.fr/questions_reponses/
Depuis, Philippe Rouyer a continué ses recherches, et il a trouvé quelques éléments de réponse, qu’il a bien voulu nous communiquer.

À défaut d’avoir trouvé la description de son périple, je crois avoir la solution: un peu plus loin dans la lettre, Flaubert parle d’un voyage en diligence entre Rouen et Abbeville, qui lui a été fort pénible. Il existait en effet une diligence qui permettait, à partir de Rouen, de rejoindre Boulogne, et de gagner 3 heures sur la traversée, au prix de 18 heures de diligence! Et cela méritait bien en effet le qualificatif de système de voyage absurde. Sans doute Mme Flaubert craignait-elle le mal de mer en passant par Dieppe (durée de la traversée 6 heures contre 3 heures par Boulogne).
On trouve le détail du trajet dans A Guide to Rouen and its Environs, by A.H. Monteith, London, 1845, p.10 (le livre est numérisé en grande partie sur Google Books).
Le guide de la saison 1845 ne mentionne pas évidemment la possibilité de gagner Dieppe par le train puisque le chemin de fer n’y parviendra qu’en 1848. Mais en 1845 la diligence ne mettait que 4h1/2 pour aller de Dieppe à Rouen.
Cette petite recherche n’aurait guère d’intérêt en elle-même, si elle ne rappelait la pénibilité des voyages à l’époque de la jeunesse de Flaubert, et la modification dans la notion du temps que le chemin de fer va introduire.
Mme Flaubert craignait peut-être le mal de mer, mais peut-être aussi connaissait-elle la mauvaise réputation des bateaux de la ligne de Dieppe dans la période qui précède la gestion de la ligne par la General Steam Navigation, qui intervient en 1844. En 1851, la ligne vient d’être reprise par Maples, qui offre toutes les garanties d’un grand armateur, et les choses se sont bien améliorées, mais les réputations persistent longtemps.
On lit dans Railway News du 9 février 1867:
«Tout comme à Brighton, au début, à Newhaven, les vapeurs qui assuraient le passage vers Dieppe appartenaient à des propriétaires privés qui n’avaient pas les moyens de semer généreusement de façon à pouvoir moissonner abondamment, mais devaient se satisfaire d’un gain médiocre pour une mise médiocre. Dans le langage imagé d’un habitant de Newhaven, qui connaît bien l’histoire que nous évoquons ici, les paquebots à vapeur qui pendant plusieurs années, ont fait la traversée vers Dieppe, n’étaient pas de vrais vapeurs, mais de vieilles bassines, tout juste capables de flotter. La clientèle exigeante n’aimait pas les vieilles bassines, et la pénible lenteur avec laquelle ils avançaient sur (ou comme cela arrivait parfois) sous les vagues de la Manche. En conséquence de quoi 9 voyageurs sur 10 passaient par le détroit.»

LECTURE

Mario Vargas Llosa entre dans la Pléiade
Article dans Culturebox (avec AFP)
«C’est à Paris que l’auteur de L’Orgie perpétuelle, essai sur le métier d’écrivain à travers Madame Bovary, son livre de chevet, a écrit ses premiers romans. Il raconte que “c’est grâce à Flaubert” qu’il a appris la méthode de travail qui lui convenait et à devenir “l’écrivain qu’il souhaitait être”».
http://culturebox.francetvinfo.fr/livres/romans/mario-vargas-llosa-entre-de-son-vivant-dans-la-pleiade-236839




Ce Bulletin est édité par le Centre Flaubert, avec la collaboration de Marie-Paule Dupuy, Olivier Leroy et Joëlle Robert. Il vous tiendra informés, selon une périodicité variable, des manifestations et des publications concernant Flaubert. Si vous désirez le recevoir gratuitement, veuillez vous inscrire à l'adresse suivante:
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