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BULLETIN FLAUBERT n° 177 / 19 mai 2016

AGENDA

Jeudi 2-vendredi 3 juin 2016, Université de Rouen, Maison de l’université, Mont-Saint-Aignan.
Flaubert sans frontières: les traductions des oeuvres de Flaubert
Flaubert est l’un des écrivains les plus traduits dans le monde. Pendant deux ans, des chercheurs du monde entier ont alimenté une base de données sur les traductions de ses oeuvres. Elle comprend actuellement 2400 références, et elle est consultable à l’adresse suivante:
http://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/fsf/recherche.php.
Ces chercheurs se sont donné rendez-vous à l’université de Rouen pour un colloque international, les jeudi 2 et vendredi 3 juin, à la Maison de l’université du campus de Mont-Saint-Aignan. Le jeudi soir, Yves Chevrel prononcera une conférence à l’Alliance française, 80, boulevard de l’Yser, Rouen, à 20h30. Programme en ligne:
http://flaubert.univ-rouen.fr/traductions/colloque_programme.php

Organisé par Florence Godeau (CERCC-ENS de Lyon, université de Lyon III) et Yvan Leclerc (CÉRÉdI, université de Rouen)

Jeudi 2 juin 2016

Matin
9h Accueil
9h15 Propos de bienvenue par Jean-Claude Arnould, directeur du CÉRÉdI

Présidence: Brigitte Le Juez

9h30 Éric Dayre (ENS Lyon), Conférence d’ouverture: «De la langue du faubourg de Carthage»

10h Florence Godeau (Lyon III) et Yvan Leclerc (Rouen): présentation du projet «Flaubert sans frontières»

10h30 Kalliopi Ploumistaki (Thessalonique, Grèce): «Flaubert re-traduit en grec»

Pause

11h15 Arselène Ben Fahrat (Sfax, Tunisie): «La réception des oeuvres de Gustave Flaubert dans les pays arabes: traduire et adapter sans trahir?»

11h45 Emine Bogenç Demirel et Fulya Marmara (Istanbul, Turquie): «Les enjeux sociaux et politiques des traductions des oeuvres de Flaubert en Turquie»; Lale Arslan Özcan: «Profil des maisons d’édition ayant publié les traductions des oeuvres de Gustave Flaubert en Turquie», Pınar Güzelyürek Çelik: «Profil biobibliographique des traducteurs de Gustave Flaubert en Turquie» 

Après-midi

Présidence: Robert Kahn

14h30 Alexandra Richter (Rouen): «Les stratégies éditoriales et les enjeux proprement littéraires des traductions de Flaubert en langue allemande»

15h Maaike Koffeman (Nijmegen Pays-Bas): «“Une rencontre presque physique.” Traduire Flaubert en néerlandais.»

15h30 Hans Färnlöf (Stockholm, Suède): «Un long fleuve tranquille – les traductions de Flaubert en Suède»

Pause

16h15 Brigitte Le Juez (Dublin, Irlande): «La tentation de la reprise: traduction et réception de Flaubert en Irlande»

16h45 Giulia Marchina (Italie): «Trois contes traduit par trois poètes italiens: Sbarbaro, Raboni, Romano. Comparaison des traductions et recherche d’un rythme poétique»

20h30 Alliance française, 80, boulevard de l’Yser, Rouen
Conférence d’Yves Chevrel: «Les oeuvres traduites: objets de quelle(s) histoire(s)?»


Vendredi 3 juin 2016

Matin

Présidence: Éric Dayre

9h Lucia Amaral de Oliveira Ribeiro (São Paulo, Brésil): «Réflexions à partir d’entretiens avec des traducteurs de Flaubert au Brésil»

9h30 Carmen Ramirez Gomez (Séville, Espagne): «Traduction et réception de Flaubert dans la presse espagnole (XIXe-début XXe siècle)»

10h Felipe Moreno (Bogota, Colombie): «Les descriptions de Madame Bovary dans les traductions latino-américaines»

Pause

10h45 Edi Zollinger (Munich): «Charbovari! – Schahbovarie!: Elisabeth Edl traduit Madame Bovary» (communication présentée par Florence Godeau)

11h15 Table ronde sur les premières pages de Madame Bovary, traduites en diverses langues.
Animée par Anne-Laure Tissut et Miguel Olmos (Ériac)
Pauline Doucet, agrégée d’espagnol; Anne-Marie Pugh, étudiante en Master 2 d’Anglais; Hélène Tessier, agrégée d´allemand et doctorante germaniste.

Après-midi

Présidence: Florence Godeau

14h Diana Rinciog (Ploiesti, Roumanie): «Problèmes des premières traductions de Flaubert dans la presse du XIXe siècle en Roumanie (L’Époque et Le Contemporain) – comparaison avec des éditions récentes pour les textes Hérodias et Salammbô (chapitre VIII)»

14h30 Tomoko Mihara (Gunma, Japon): «Deux stratégies de publication: Flaubert dans le Japon impérial (1889-1947) et dans le Japon de la haute croissance (1955-1973)»

15h Galyna Dranenko (Tchernivtsi, Ukraine): «Les implications poétiques et politiques des retraductions des oeuvres de Gustave Flaubert en URSS»

Pause

15h45 Jana Truhlarova (Bratislava, Slovaquie): «Le sort de Madame Bovary en Slovaquie. Trois traductions au XXe siècle»

16h15 Tomasz Swoboda (Gdansk, Pologne): «Retours à Emma. Traduire Flaubert en polonais»

16h45 Conclusion

18h15 Musée Flaubert et d’histoire de la médecine, Rouen
«Il s’appellerait Georges…», pièce en trois actes, continuation de Madame Bovary, écrite et interprétée par l’Atelier théâtre du Musée Flaubert et d’histoire de la médecine.
Visite guidée du Musée Flaubert et d’histoire de la médecine, par Sophie Demoy, conservateur.

VENTES

(< Michel Pierssens)
31 mai 2016, vente Sotheby’s
66. Gustave Flaubert, lettre autographe signée à Ernest Chevalier, Croisset, dimanche 6 mai [1849]. 4p. Petit in-4 (245 x 190mm). Signée «Gve Flaubert». Avec 5 lignes et une dizaine de mots biffés. Estimation: 5.000/ 7.000 euros.
http://www.sothebys.com/fr/auctions/ecatalogue/2016/livres-manuscrits-pf1603/lot.66.html
Superbe lettre, en partie inédite, à son ami d’enfance, lui annonçant son voyage en Orient, prévu pour l’automne, en compagnie de Maxime Du Camp.
«Au mois d’octobre prochain je (n’aie pas peur de ce qui suit, ce n’est point mon mariage, mais mieux), au mois d’octobre prochain ou à la fin de 7bre je fouts [sic] le camp pour l’Égypte. […] Nous remonterons le Nil jusqu’à Thèbes, de là en Palestine ‒ puis la Syrie, Bagdad, Bassora, la Perse jusqu’à la mer Caspienne, ‒ le Caucase, la Géorgie, l’Asie Mineure par les côtes, Constantinople, et la Grèce s’il nous reste du temps et de l’argent.» Flaubert expose les raisons de son départ, sa maladie des nerfs ‒ qui ne guérira pas dans l’environnement où il vit: «Je suis si esseulé, si sombre, si enragé, si triste que je me sentais peu à peu suivre le chemin du sieur Hamard [veuf de sa soeur Caroline, décédée en 1846]. [...] J’ai besoin de prendre l’air, dans toute l’extension du mot. Ma mère voyant que cela m’était indispensable a consenti à ce voyage ‒ et voilà ‒ je ne pense qu’avec angoisse aux inquiétudes que je vais lui faire subir, mais je crois que c’est un mal pr en éviter un moins grand.» Cela fait un an qu’il pense à ce voyage, «un an à lutter contre cette passion des champs qui me dévorait, si bien que j’en ai fort maigri».
Flaubert déplore que son ami doive encore rester à Calvi: «Comment pauvre bougre n’as-tu pas plus de chance que ça et ne peux-tu sortir de ton île qui pr être le berceau du gd homme n’en doit pas moins commencer à te sembler fastidieuse. Je ne sais si les Corses sont aussi stupides que les Français mais ici c’est déplorable.» Flaubert évoque ensuite son beau-frère Émile Hamard.
Flaubert et Du Camp embarqueront le 4 novembre 1849 à Marseille et seront de retour en France à l’été 1851.
Les passages concernant l’avocat Émile Hamard sont inédits. Hamard avait montré les premiers signes d’instabilité psychique peu de temps après le décès de sa jeune épouse, la soeur chérie de Flaubert morte à 22 ans, et venait de perdre la garde de sa fille au profit de Madame Flaubert.
Provenance: René Descharmes (1881-1925). Références: Correspondance, I, p.506-507 (texte partiel).

67. Gustave Flaubert, lettre autographe signée à George Sand. [Paris] vendredi matin [17 mai 1867]. 3p. in-8 (207 x 136mm). Signée «Gve Flaubert», sur papier bleu. Plis légèrement marqués. Estimation: 4.000/ 6.000 euros.
http://www.sothebys.com/fr/auctions/ecatalogue/2016/livres-manuscrits-pf1603/lot.67.html
Belle lettre de Flaubert, «gueulant» contre la société bourgeoise, qu’elle soit en blouse ou en redingote: «la Haine du Bourgeois est le commencement de la Vertu».
Où il est également question de la mauvaise santé de Sainte-Beuve, du nouveau poste de Louis Bouilhet [nommé conservateur de la bibliothèque municipale de Rouen le 3 mai 1867], de l’Exposition universelle et de brochures sur la faïence prêtées par George Sand.
«On ne parle plus de la guerre, on ne parle plus de rien. L’Exposition seule “occupe tous les esprits” et les cochers de fiacre exaspèrent tous les bourgeois. Ils ont été bien beaux (les bourgeois) pendant la grève des tailleurs. On aurait dit que la Société allait crouler.
Axiome: la Haine du Bourgeois est le commencement de la Vertu. Mais je comprends dans ce mot de bourgeois, les bourgeois en blouse comme les bourgeois en redingote. C’est nous, & nous seuls, c’est-à-dire les lettrés qui sommes le Peuple, ou pour parler mieux: la tradition de l’Humanité.
Oui, je suis susceptible de colères désintéressées et je vous aime encore plus de m’aimer pr cela. La Bêtise & l’injustice me font rugir. – & je gueule, dans mon coin contre un tas de choses “qui ne me regardent pas”.
Comme c’est triste de ne pas vivre ensemble, chère maître. Je vous admirais avant de vous connaître. Du jour que j’ai vu votre belle et bonne mine je vous ai aimée.»
Provenance: René Descharmes (1881-1925), avocat, homme de lettres, bibliothécaire à la Bibliothèque nationale puis au Muséum d’histoire naturelle, spécialiste de Flaubert. Références: Flaubert, Correspondance, III, p.642.

68. Gustave Flaubert, lettre autographe signée à Edmond Laporte. [Paris] jeudi matin [15 mai1873]. Une p. in-8 (216 x 134mm). Signée «Gve Flaubert». Estimation: 2.000 euros.
http://www.sothebys.com/fr/auctions/ecatalogue/2016/livres-manuscrits-pf1603/lot.68.html
Lettre inédite, à propos du lévrier que son ami lui a offert.
«Mon cher ami, vous seriez bien aimable de me renvoyer notre fils Julio ‒ ou plutôt de l’amener vous-même ce qui fait que je vous verrais. Je serai à Croisset samedi soir. J’enverrais bien chercher le jeune homme. Mais mon larbin va être très occupé pendant qques jours. Je vous demande pardon de mon sans-gêne.» Il lui propose de venir déjeuner à Croisset le dimanche suivant.
Fidèle complice des dernières années de Flaubert, Edmond Laporte (1832-1906) lui avait offert en septembre 1872 un lévrier russe, baptisé Julio (en souvenir de Jules Duplan? décédé en 1870 et par l’intermédiaire duquel ils s’étaient rencontrés). Ce chien retrouvait parfois le domicile de Laporte à Grand-Couronne lorsque Flaubert s’éloignait quelque temps de Croisset. Le dimanche 18 mai, Flaubert écrira à sa nièce Caroline que Laporte est venu déjeuner mais sans Julio, malade.
Provenance: Edmond Laporte (cachet de collection). ‒ René Descharmes.

(< Stéphanie Dord-Crouslé)
1er juin 2016, Hôtel Drouot, vente Binoche et Giquello, expert Dominique Courvoisier
http://asp.zone-secure.net/v2/index.jsp?id=2637/10410/64632&lng=fr
Lot 76. Flaubert (Gustave), Madame Bovary. Moeurs de province, Paris, Michel Lévy frères, 1857. In-12, demi-chagrin brun avec coins, reste des plats recouvert de percaline beige, doubles filets dorés et à froid, dos orné, doublure et gardes de papier moiré blanc, tranches dorées, chemise demi-maroquin brun et étui modernes (Reliure de l’époque).
Carteret, t.I, p.263. ‒ En français dans le texte, n°277.
Édition originale. Estimation: 100.000/ 120.000 euros.
Elle est dédiée à Louis Bouilhet, poète et ami de l’auteur, et à Jules Senard, défenseur de l’auteur dans le procès de Madame Bovary en janvier-février 1857.
L’ouvrage avait d’abord paru en livraisons dans les colonnes de la Revue de Paris entre le 1er octobre et le 15 décembre 1856.
Un des rares exemplaires imprimés sur papier vélin fort, probablement d’un tirage à 75 exemplaires que Flaubert se réserva presque tous pour les offrir à ses amis et à ses connaissances.
Précieux exemplaire offert à Madame Le Poittevin, portant sur le faux-titre cet émouvant envoi:

à Me Lepoittevin
acceptez ce livre, chère Madame
au nom de l’affection que vous
m’avez toujours portée et
aussi (et surtout !) au nom
du souvenir. S’il vivait
encore c’est à lui qu’eut
été dédié ce travail. Car la place
est restée vide dans mon
coeur, et l’ardente amitié
n’est pas éteinte.
Mille bonnes tendresses
Gustave Flaubert.

Marie-Anne-Victoire Thurin (1794-1866) avait épousé en 1812 Paul Le Poittevin (1778-1850), un manufacturier de coton fortuné établi à Rouen. Amie proche de Caroline Fleuriot, la mère de Flaubert, avec qui elle avait vécu au pensionnat de Honfleur, elle était la grand-mère maternelle de Guy de Maupassant.
La personne désignée avec respect par le pronom il souligné, n’est autre qu’Alfred Le Poittevin, le fils de la dédicataire, l’ami d’enfance, le confident intime et le compagnon le plus cher de Flaubert.
Poète et avocat au barreau de Rouen, sa ville natale, Alfred Le Poittevin (1816-1848) fut sans aucun doute celui qui occupa le plus de place dans le coeur de Flaubert, son cadet de cinq ans. Une amitié très profonde et marquante liait les deux hommes, et Alfred fut pour Gustave bien plus qu’un ami et un grand frère: «cher et doux ami, lui dit un jour Gustave – (il devrait y avoir un autre mot, car tu n’es pas pour moi un ami comme on l’entend, même les meilleurs), tu m’affliges quand tu me parles de ta mort. Songe à ce que je deviendrais. ‒ Âme errante, comme un oiseau sur la terre en déluge, je n’aurais pas le moindre rocher, pas un coin de terre, où reposer ma fatigue» (lettre du 13 mai 1845).
«Il fut l’homme que j’ai le plus aimé au monde», confiera tout simplement l’écrivain en novembre 1857 à sa correspondante Marie-Sophie Leroyer de Chantepie.
En mai 1846, l’annonce du mariage entre Alfred Le Poittevin et Louise de Maupassant sonna la fin de l’intimité avec Flaubert, lequel fut très déçu et se sentit abandonné, voire trahi par cet ami qu’il chérissait plus que tout et avec qui il avait tant partagé: «Je crois que tu es dans l’illusion [...]. Es-tu sûr, ô grand homme, de ne pas finir par devenir bourgeois», lui rétorqua l’écrivain.
Deux ans plus tard, Flaubert fait face à la mort prématurée de son ami, décédé d’une longue maladie du coeur en avril 1848: «Alfred est mort lundi soir à minuit. Je l’ai enterré hier et je suis revenu. Je l’ai gardé pendant deux nuits (la dernière nuit, entière), je l’ai enseveli dans son drap, je lui ai donné le baiser d’adieu et j’ai vu souder son cercueil. J’ai passé là deux jours... larges. [...] Quand il a été ainsi arrangé il ressemblait à une momie égyptienne serrée dans ses linges et j’ai éprouvé je ne puis dire quel sentiment de joie et de liberté pour lui. [...] deux ou trois oiseaux ont chanté et je me suis dit cette phrase de son Bélial: “Il ira, joyeux oiseau, saluer dans les pins le soleil naissant...”, ou plutôt j’entendais sa voix qui me le disait et toute la journée j’en ai été délicieusement obsédé. [...] Voilà, pauvre vieux, ce que j’ai vécu depuis mardi soir. J’ai eu des aperceptions inouïes et des éblouissements d’idées intraduisibles. Un tas de choses me sont revenues avec des choeurs de musique et des bouffées de parfum. [...] Adieu, pauvre cher vieux. Mille tendresses. Je t’embrasse et j’ai une rude envie de [te] voir car j’ai besoin de dire des choses incompréhensibles», écrivit Flaubert, bouleversé, à son ami Maxime Du Camp le 7 avril 1848.
Le souvenir d’Alfred hanta Flaubert pour le reste de ses jours comme le montre notamment cette touchante lettre qu’il adressa le 8 décembre 1862 à Laure de Maupassant, la soeur d’Alfred: «Ta bonne lettre m’a bien touché, ma chère Laure; elle a remué en moi de vieux sentiments toujours jeunes. Elle m’a apporté, comme sur un souffle d’air frais, toute la senteur de ma jeunesse où notre pauvre Alfred a tenu une si grande place! Ce souvenir-là ne me quitte pas. Il n’est point de jour, et j’ose dire presque point d’heure où je songe à lui. [...] Je n’ai ressenti auprès d’aucun d’eux l’éblouissement que ton frère me causait. Quels voyages il m’a fait faire dans le bleu, celui-là! et comme je l’aimais! Je crois même que je n’ai aimé personne (homme ou femme) comme lui. J’ai eu lorsqu’il s’est marié, un chagrin de jalousie très profond; ç’a été une rupture, un arrachement! Pour moi il est mort deux fois et je porte sa pensée constamment comme une amulette, comme une chose particulière et intime. Combien de fois dans les lassitudes de mon travail, au théâtre, à Paris, pendant un entracte, ou seul à Croisset au coin du feu, dans les longues soirées d’hiver, je me reporte vers lui, je le revois et je l’entends ! je me rappelle, avec délices et mélancolie tout à la fois, nos interminables conversations mêlées de bouffonneries et de métaphysique, nos lectures, nos rêves et nos aspirations si hautes! Si je vaux quelque chose, c’est sans doute à cause de cela. J’ai conservé pour ce passé un grand respect; nous étions très beaux; je n’ai pas voulu déchoir.»
Exemplaire exceptionnel par son envoi si personnel. Il est à classer parmi les plus importants des exemplaires en grand papier.
Il nous apprend en effet que Madame Bovary aurait pu être dédié à Alfred Le Poittevin si celui-ci n’avait pas été emporté prématurément par la maladie. Finalement, le chef-d’oeuvre flaubertien sera en partie dédié à Louis Bouilhet (1821-1869), poète normand et ami de l’auteur.
L’exemplaire est cité sous le n°21 de la liste établie par Lambiotte, «Les exemplaires en grand papier de Madame Bovary» in Les Amis de Flaubert, 1958, bulletin n°13.
Le feuillet de dédicace à Senard (ici mal écrit avec un t final, une des caractéristiques de premier tirage) est relié avant le faux-titre. Le faux-titre est conservé à toutes marges avec le bord replié. Quelques rousseurs claires.

VIENT DE PARAÎTRE

Ouvrage

Gilles Philippe, French style. L’accent français de la prose anglaise, Les Impressions nouvelles, 2016.
Les Français savent écrire, les Anglais ne savent pas écrire. Du moins le pensa-t-on en Angleterre entre 1880 et 1930, si bien que Londres voulut rattraper son retard sur Paris.
Pendant cinquante ans, le style anglais connut son moment français; certains voulurent écrire en anglais comme on écrivait en français; d’autres se revendiquèrent des théories de Flaubert ou de Gourmont. On importa des idées et des citations, des tours et des pratiques, et peut-être plus encore: le souci du style. Ou du moins le crut-on.
Que les Français écrivent mieux que les Anglais, ce n’est sans doute qu’une illusion, disait Virginia Woolf, mais une illusion qui ne cesse de gagner des soutiens.
C’est donc l’histoire d’une illusion que ce livre raconte.
L’auteur
Gilles Philippe est professeur à l’Université de Lausanne. Il est notamment l’auteur de Le Français, dernière des langues (Puf, 2010) et de Le Rêve du style parfait (Puf, 2013). Il a codirigé avec Julien Piat un ouvrage salué par la critique: La Langue littéraire. Une histoire de la prose en France de Gustave Flaubert à Claude Simon (Fayard, 2009).

SITE FLAUBERT

Marie-Manuelle Da Silva, Les nouveaux enjeux de l’enseignement de la langue et de la culture d’expression française. Mondialisation: formes et réinterprétations linguistico-culturelles, thèse sous la direction de Cristina Alvares, professeure à l’Université du Minho, et d’Emmanuel Fraisse, professeur à l’Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3, soutenue à Paris III Sorbonne nouvelle le 26 janvier 2013.
Texte complet. Le chapitre 6, à partir de la page 252, concerne Flaubert.
Compte rendu: http://ver.hypotheses.org/505




Ce Bulletin est édité par le Centre Flaubert, avec la collaboration de Marie-Paule Dupuy, Olivier Leroy et Joëlle Robert. Il vous tiendra informés, selon une périodicité variable, des manifestations et des publications concernant Flaubert. Si vous désirez le recevoir gratuitement, veuillez vous inscrire à l'adresse suivante:
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