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BULLETIN FLAUBERT n° 186 / 8 mars 2017

AGENDA

Amis de Flaubert et de Maupassant
http://www.amis-flaubert-maupassant.fr/programmes/programme-de-lannee-2017/
Jeudi 23 mars 2017, à 14 h 30
Visite de l’exposition de Sandra Binion au CHU de Rouen, Porte 10 (dans la cour d’honneur). Dans le cadre de La Ronde des musées, l’artiste américaine présente des photos et des vidéos inspirées du roman de Flaubert, Madame Bovary, qu’elle met en dialogue avec des esquisses d’Albert Fourié.

Samedi 25 mars 2017
Flaubert au Sud et au Nord: Cervantès et le domaine hispanique, la Suède
Journée en collaboration avec le laboratoire de l’ÉRIAC (université de Rouen) et avec l’Alliance Française, Rouen-Normandie
La journée aura lieu dans les locaux de l’Alliance française, 80, bld de l’Yser, 76000 Rouen (près de la gare, sur le boulevard à gauche en sortant de la gare).
Flaubert est un grand lecteur, on le sait. Dans sa bibliothèque, Don Quichotte tient une place à part: c’est un livre qu’il connaissait par coeur avant de savoir lire! Pour commémorer le 4e centenaire de la mort de Cervantès, les Amis de Flaubert et de Maupassant placent ce livre culte au centre de leur journée d’étude du 25 mars 2017.
En retour, Flaubert a été lu par des auteurs de langue espagnole: Pérez Galdós et Mario Vargas Llosa en particulier. Une incursion vers le Grand Nord complètera la réception et la réécriture de l’oeuvre flaubertienne, notamment avec Strindberg.
Matin
9h30
Miguel OLMOS (université de Rouen Normandie)
Cervantès et Flaubert, un état de la question

Patricia MARTINEZ (université autonome de Madrid)
Cervantès et Flaubert: poétiques du leurre

Marjorie ROUSSEAU-MINIER (université de Tours)
Flaubert, Pérez Galdós et Cervantès: comparaison de deux héroïnes, Emma Bovary et Tristana

Après-midi
14h30
Juan BRAVO CASTILLO (université de Castilla-La Mancha)
Les traductions de Madame Bovary en espagnol après la guerre d´Espagne

Pauline DOUCET (université de Rouen Normandie)
La orgía perpetua de Mario Vargas Llosa: confession d’un lecteur obsessionnel de Flaubert

Hans FÄRNLÖF (université de Stockholm, Suède)
Flaubert et la vie littéraire en Suède vers la fin du XIXe siècle: les cas de Strindberg, Levertin et Benedictsson

VENTES

(< Éric Walbecq)
Vente Roumet, vente sur offre
https://www.roumethp.fr/index.php?list=1&mag=hp&type=vso&venteno=vo55&chap=-1&surchap=AUTOGRAPHES+ET+DOCUMENTS+HISTORIQUES
587. Gustave Flaubert. LAS datée de «Croisset vendredi» à «Mon cher Paul». 1p. in-8°. «J’aurais besoin pour la fin de la semaine prochaine d’un paletot douillet en mérinos noir – bien souple – comme d’habitude. Pas de poche de côté extérieurement. Je compte sur vous et vous serre les mains.» En PS: «Où trouverais-je un domino propre (et même très propre pour la soirée du ministère d’État le 26 courant?» Prix de départ: 1.500 euros.

(< Éric Walbecq)
Catalogue Arts et Autographes, Jean-Emmanuel Raux, Catalogue 80, mars 2017
http://autographe.com/fiche-autographe2014.php?REFERENCE=29393
Lettre autographe signée, adressée à Louise Colet. Croisset, 26 juillet [1851]; 3 pages in-8°.
«Je vous écris parce que “mon coeur me porte à vous dire quelque bonne parole”. Pauvre amie, si je pouvais vous rendre heureuse, je le ferais avec joie; ce ne serait que justice. L’idée que je vous ai tant fait souffrir m’est à charge. Ne le comprenez-vous pas? Mais cela ne dépend (et tout le reste n’a dépendu) ni de moi, ni de vous, mais des choses mêmes.
Vous m’avez dû l’autre jour à Rouen, trouver bien froid. Je l’ai été le moins possible pourtant. J’ai fait tous mes efforts pour être bon. Tendre, non. C’eût été une hypocrisie infâme, et comme un outrage à la vérité de votre coeur.
Lisez et ne rêvez pas. Plongez-vous dans de longues études. Il n’y a de continuellement bon que l’habitude d’un travail entêté. Il s’en dégage un opium qui engourdit l’âme. – J’ai passé par des ennuis atroces, et j’ai tournoyé dans le vide, éperdu d’embêtement. On s’en sauve à force de constance et d’orgueil; essayez.
Je voudrais que vous fussiez en tel état que nous puissions nous revoir avec calme. J’aime votre société quand elle n’est pas orageuse. Les tempêtes qui plaisent si fort dans la jeunesse ennuient dans l’âge mûr. – C’est comme l’équitation. Il fut un temps où j’aimais à aller au grand galop; maintenant je vais au pas, et la bride sur le cou. Je deviens très vieux; toute secousse me gêne, et je n’aime pas plus à sentir qu’à agir.
Vous ne me dites rien de ce qui m’intéresse le plus: vos projets. – Vous n’êtes encore fixée à rien, je le devine. – L’avis que je vous avais donné était bon. Il faut toujours, comme disait Phidias dans le temps, avoir un gigot et un aloyau.
Je vous reverrai bientôt à Paris, si vous y êtes. – (Vous deviez rester en Angleterre un mois?) Je serai à Paris à la fin de la semaine prochaine, je présume. J’irai en Angleterre vers la fin du mois d’août. Ma mère désire que je l’y accompagne. Ce dérangement m’ennuie. Enfin!... Si vous y êtes encore, j’irai vous faire une visite. Nous tâcherons d’être contents l’un de l’autre.
À Paris, je remettrai chez vous les deux manuscrits que vous m’avez confiés. – Je vous rendrai aussi, mais seulement à vous et en main propre, une médaille de bronze que j’ai acceptée jadis par faiblesse et que je ne dois pas garder. C’est la propriété de votre enfant.
Farewell. God bless you, poor child!» 
Prix: 5000 euros.

(< Atsuko Ogane)
Gros & Delettrez, vente Drouot, 15 mars 2017
178-182. Photographies de Maxime Du Camp: Le Caire, Thèbes, Syout, Ibsamboul, Nubie.
http://catalogue.drouot.com/indexDrouot.jsp?id=81325&lng=fr

(< Guillaume Cousin)
Librairie Otrante, Sélection d’ouvrages et documents, novembre 2016
http://otrante.fr/olympe.html
17. Louis Bouilhet, Mademoiselle Aïssé. Lettre autographe signée et manuscrit autographe, Rouen, 27 juillet 1868. Trois pages in-8. Deux pages in-folio.
Lettre autographe signée de l’ami de Flaubert et de Maupassant au directeur de l’Odéon, relative au dernier drame de l’auteur, Mademoiselle Aïssé. 800 euros.

18. Louis Bouilhet, Melaenis conte romain, Paris, Michel Lévy, 1857.
Premier ouvrage de Louis Bouilhet, dédié à son ami intime Gustave Flaubert.
Exemplaire enrichi d’une double lettre autographe signée, de Pascal-Désiré Mulot et Louis Bouilhet à leur ami Caudron, datée du 14 août 1857, envoyée de Mantes, où l’auteur s’installe en 1857 (lettre d’abord datée de Rouen avant rature et modification). 300 euros.

(< Jacques-Remi Dahan)
Galerie Thomas Vincent
http://www.galeriethomasvincent.fr/1043-flaubert-gustave-autographe.html
Gustave Flaubert, lettre autographe signée (incomplète), Croisset, 11 juillet 1858, à Marie-Sophie Leroyer de Chantepie, 2 pages in-8 (légère déchirure en bas de page), enveloppe autographe. Très belle lettre de Flaubert revenu de Carthage quelques mois plus tôt et en plein travail de rédaction de son futur roman Salammbô.
«Je me suis diverti dans un tas de songeries historiques et dans la méditation du livre que je vais faire. J’ai bien humé le vent, bien contemplé le ciel, les montagnes et les flots. J’en avais besoin! J’étouffais, depuis six ans que je suis revenu d’Orient.
J’ai visité à fond la campagne de Tunis et les ruines de Carthage, j’ai traversé la Régence de l’est à l’ouest pour rentrer en Algérie par la frontière de Kheff, et j’ai traversé la partie Orientale de la province de Constantine jusqu’à Philippeville, où je me suis rembarqué. J’ai toujours été seul, bien portant, à cheval, et d’humeur gaie.
Et maintenant, tout ce que j’avais fait de mon roman est à refaire; je m’étais complètement trompé. Ainsi, voilà un peu plus d’un an que cette idée m’a pris. J’y ai travaillé depuis presque sans relâche et j’en suis encore au début. C’est quelque chose de lourd à exécuter, je vous en réponds! Pour moi du moins. Il est vrai que mes prétentions ne sont pas médiocres! Je suis las des choses laides et des vilains milieux. La Bovary m’a dégoûté pour longtemps des moeurs bourgeoises. Je vais, pendant quelques années peut-être, vivre dans un sujet splendide et loin du monde moderne dont j’ai plein le dos. Ce que j’entreprends est insensé et n’aura aucun succès dans le public. N’importe! Il faut écrire pour soi, avant tout. C’est la seule chance de faire beau.
Vous devriez (si aucun sujet ne vous vient) écrire vos mémoires. Nous reparlerons de cela. Il me semble que dans une de mes dernières lettres je vous avais indiqué plusieurs lectures. Les avez-vous faites?
Adieu, à bientôt. Je vous serre les mains bien cordialement et je vous baise au front.
Gustave Flaubert».
En septembre 1857, Flaubert avait entamé la rédaction de Salammbô, roman historique qui évoque la Guerre des Mercenaires à Carthage, conflit s’étant déroulé entre les première et seconde guerres puniques. Pour cela, il voyage au cours des mois d’avril et juin 1858 en Tunisie afin de se documenter et de voir Carthage (le roman paraîtra en 1862).
Marie-Sophie Leroyer de Chantepie (1800-1888) fut une écrivaine française. Elle fut, aux côtés de George Sand et de Louise Colet, une des principales correspondantes de Gustave Flaubert. Lettre vendue.

(< Stéphanie Dord-Crouslé, Atsuko Ogane)
Vente Beaussant Lefèvre, Drouot, 21 mars 2017
56. Gustave Flaubert, lettre autographe signée «ton vieux» [à Guy de Maupassant]. [Croisset], «vendredi, 2h.» [13 février 1880]. 3p. in-8.
Superbe lettre évoquant l’écriture de Bouvard et Pécuchet, un procès de Maupassant pour vers obscènes, Nana de Zola, et la correspondance de George Sand. 3000-4000 euros.
http://www.beaussant-lefevre.com/flash/index.jsp?id=81583&idCp=92&lng=

Catalogue Laurent Coulet, n°64, 2017
http://www.laurentcoulet.com/
35. Contrat manuscrit signé par Caroline Commanville et passé entre cette dernière et l’éditeur Ferroud pour une nouvelle édition de Trois contes, une page et demie in-4 datée du 8 avril 1891. 750 euros.

VIENT DE PARAÎTRE

Ouvrages

(< Benoît Melançon)
Ali Abassi, Flaubert dans le texte. Études sur la poétique romanesque, L’Harmattan, coll. «Approches littéraires», 2017
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=52668&razSqlClone=1

Flaubert dans la ville. Images et textes, sous la direction de Sandra Glatigny, Presses des universités de Rouen et du Havre, 2017.
«Flaubert dans la ville» s’est déroulé à Rouen du 17 avril au 31 août 2015. Cette manifestation visait à valoriser le patrimoine normand et les recherches menées par le Centre Flaubert par la médiation iconographique et numérique. Des artistes sont intervenus sur les lieux emblématiques de la vie et de l’oeuvre de Gustave Flaubert: ils ont proposé leur vision de l’auteur à partir de ses romans et de sa correspondance. Contrepoints scientifiques de ces créations, les analyses des images et imaginaires flaubertiens ont montré l’influence de l’écrivain dans les oeuvres littéraires contemporaines.

Avant-propos
Préface par Tony Gheeraert
Introduction par Sandra Glatigny

Première partie
Images: le regard des artistes
Pourquoi la médiation iconographique?, par Sandra Glatigny
Les artistes
Hastaire, Flaubert en ses couleurs
Gaspard Lieb, Rencontres urbaines
Jennifer Mackay, Humeurs et larmes de Flaubert
NiceArt, Flaubert sur les murs
David Jouin, Ellipse
Jason Karaïndros, Les Questions de Gustave Flaubert
Céline Tanguy, L’Échappée belle
Damien Dauge, Jamais de leçon de piano
Du patrimoine littéraire à l’art contemporain, par Sandra Glatigny

Deuxième partie
Imaginaires: Flaubert dans les oeuvres des écrivains modernes et contemporains
Écrire avec Flaubert aujourd’hui, par Sandra Glatigny
Domaine étranger
Mesdames Bovary en Chine, par Yuxia Peng
Antonia Pozzi et Gustave Flaubert, par Chiara Pasetti
«Ne pas la boucler avec Flaubert», par Vanessa Guignery
Domaine français
Flaubert et Beckett posthumes, par Véronique Samson
Flaubert /Tournier: «frères pareils», par Annie Urbanik-Rizk
Au commencement était Flaubert. Sur Gaston et Gustave d’Olivier Frébourg, par François Ouellet
Bénédicte Ombredanne, une nouvelle Emma Bovary?, par Françoise Cahen
«Intoxication flaubertienne» (disait Marcel Proust), par François Bon
Postface par Yvan Leclerc

Articles

Niklas Bender, «La scène des cloches: Bouvard et Pécuchet comme réécriture du Faust de Goethe», Revue Flaubert, n°15, 2017, «Bouvard et Pécuchet, roman et savoirs: l’édition électronique intégrale des manuscrits»:
http://flaubert.univ-rouen.fr/revue/article.php?id=212

(< Benoît Melançon)
Florence Vatan, «Esprit, bêtise, idiotie: le cas Flaubert», dans L’Esprit créateur, «L’esprit (dé)réglé: Literature, Science, and the Life of the Mind in France, 1700-1900», Johns Hopkins University Press, 56:4 (2016) Winter, p.78-91 (en français).
http://muse.jhu.edu/article/646894

Compte rendu

Michel Winock, Flaubert, translated by Nicholas Elliot, Belknap Press/ Harvard University Press, 2016, compte rendu par Roger Pearson, Harvard University Press
http://www.hup.harvard.edu/catalog.php?isbn=9780674737952&content=reviews

SUR LA TOILE

(< Benoît Melançon)
Noémi Lefebvre, «Éducation provinciale»
«Faut pas emmerder Madame Bovary»
https://blogs.mediapart.fr/noemi-lefebvre/blog/260217/education-provinciale

Base iconographique réunie par l’équipe Flaubert de l’ITEM, dans le cadre du programme FLIM (Flaubert et le pouvoir des images), soutenu par l’ANR:
http://eman-archives.org/FLIM
[Base aux éléments hétérogènes, mélangeant des documents très divers: on y trouve même des images dont Flaubert «n’a pas eu forcément connaissance». Les mots-clés sont classés dans un ordre qui peut surprendre: quand un mot est précédé d’un article défini, il faut le chercher à cet article. Ainsi, La Tentation de saint Antoine et L’Éducation sentimentale se trouvent à la lettre L. Le choix des sources iconographiques déroute parfois: La Tentation de saint Antoine de Callot est reproduite d’après l’eau-forte conservée à la BnF, alors qu’on dispose de celle que Flaubert avait accrochée dans son cabinet de travail.]

LECTURE

(< Gilles Cléroux)
Oscar Wilde
«Oui, Flaubert est mon maître. Quand je me mettrai à traduire La Tentation, je serai Flaubert II, Roi par grâce de Dieu et, j’espère, beaucoup plus», lettre à W.E. Henley, décembre 1888, Lettres d’Oscar Wilde, trad. Henriette de Boissard, Gallimard, 1966, p.135. [Dans une lettre non datée adressée à Alfred Nutt, Wilde écrivait: «Croyez-vous (entre nous) qu’une traduction de ce livre éblouissant de Flaubert: La Tentation de saint Antoine aurait du succès? J’ai envie de la faire», id.]

«Le principal mérite de Madame Bovary n’est pas la leçon de morale que l’on peut y trouver, pas plus que le principal mérite de Salammbô n’est son archéologie; mais Flaubert eut parfaitement raison d’exposer l’ignorance de ceux qui ont traité la première d’immorale et la seconde d’inexacte et il eut raison au point de vue artistique, ce qui est l’essentiel. Le critique doit éduquer le public, l’artiste doit éduquer le critique», lettre au directeur du Scots Observer, datée du 13 août 1890, ibid., p.146. Cette lettre fait suite à une critique moralisatrice du Portrait de Dorian Gray publiée dans ce journal le 5 juillet 1890.


Ce Bulletin est édité par le Centre Flaubert, avec la collaboration de Marie-Paule Dupuy, Olivier Leroy et Joëlle Robert. Il vous tiendra informés, selon une périodicité variable, des manifestations et des publications concernant Flaubert. Si vous désirez le recevoir gratuitement, veuillez vous inscrire à l'adresse suivante:
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