BULLETIN
RECHERCHE
Contact   |   À propos du site

BULLETIN FLAUBERT n° 196  / 14 mars 2017

AGENDA

Vendredi 23 mars 2018, 18h, Hôtel littéraire Flaubert, 33 rue du Vieux Palais, 76000 Rouen
Association des Amis de Flaubert et de Maupassant
Rencontre: Joëlle Robert s’entretient avec Jeanne Bem pour son livre Flaubert, un regard contemporain, Éditions universitaires de Dijon, 2016.

Samedi 24 mars 2018, 9h30-17h30, Hôtel des Sociétés savantes, Rouen
Association des Amis de Flaubert et de Maupassant
Eustache-Hyacinthe Langlois (1777-1837), journée organisée par Guy Pessiot.
Peintre, dessinateur, graveur, archéologue, auteur, E.-H. Langlois a fait des portraits de la famille Flaubert, de Mme Flaubert, de Caroline à huit ans et de Gustave à 9 ans. Flaubert reconnaît son influence, quand il parle de «la place du père Langlois», dans une lettre à sa mère (24 novembre 1850). Plusieurs de ses livres ont marqué l’écrivain: l’Essai sur la peinture sur verre, avec le dessin du vitrail représentant la légende de saint Julien l’Hospitalier, son Essai sur les danses des morts (ces deux ouvrages sont encore présents dans la bibliothèque conservée à Canteleu), et l’Essai sur les Énervés de Jumièges.

9h30. Yvan Leclerc: Accueil
9h40. Guy Pessiot: Présentation de la journée

LANGLOIS DANS SON TEMPS
Présidence: Guy Pessiot
10h. Jean-Christophe Coulot: Langlois, repères biographiques
11h. Pause
11h15. Daniel Fauvel: Langlois et la Société d’émulation de Rouen (aujourd’hui Société libre d’émulation de la Seine-Maritime)
11h45. Stéphane Rioland: La fortune posthume de Langlois
12h30. Déjeuner au restaurant In situ (pour les personnes inscrites), 35 rue Lecanuet
14h15. Exposition à la Bibliothèque Villon: oeuvres de Langlois, son portrait par Delacluze, son masque mortuaire…

LANGLOIS ET FLAUBERT
Présidence: Marie-Françoise Rose
15h. Jean-Christophe Coulot: L’influence de Langlois sur Flaubert
16h. Joëlle Robert: Les Énervés de Jumièges
16h30. Guy Pessiot: Les Danses des morts de Langlois et de Flaubert
17h15. Jean-Christophe Coulot: Conclusion
http://www.amis-flaubert-maupassant.fr/

(< Patricia Chabot)
Jusqu’au 28 mars 2018, Théâtre de la Bastille. Du 3 au 6 avril, Maison de la Culture de Bourges
Bovary, mise en scène Tiago Rodrigues.
Compte rendu du spectacle par Patricia Chabot sur le site quiveutleprogramme.fr:
http://quiveutleprogramme.fr/index.php/2018/03/11/theatre-de-la-bastille-une-gageure-bovary-reussie/

La première adaptation théâtrale de Madame Bovary est due à Gaston Baty. Danielle Girard a transcrit le texte intégral de la pièce:
http://flaubert.univ-rouen.fr/derives/Bovary_theatre/accueil.html

(< Joël Dupressoir)
Nos éducations sentimentales de Sophie Lecarpentier, librement inspiré de Flaubert et de Truffaut
mars 2018 – Théâtre Jean Vilar/ Suresnes (92) à 17h
29 mars 2018 – Centre culturel Voltaire/ Déville-lès-Rouen (76) à 14h30 et 20h
17 avril 2018 – Maison de l’Université / Rouen (76) à 20h
http://www.compagnieeulalie.com/spectacles-2/nos-educations-sentimentales/

VENTES

(< Élisabeth Brunet)
Dimanche 18 mars 2018, Saint-Valéry-en-Caux, Hôtel des ventes Roquigny
http://www.interencheres.com/fr/meubles-objets-art/vins-orfevrerie-autographes-photos-bijoux-arts-de-la-table-etc-ie_v109797.html
N°34. Sous cadre – Gustave FLAUBERT (1821-1880) - L.A.S., mercredi 12 [1869?], à Edmond Laporte; une page in-8°. Invitation. «Il me semble que nous avons une fameuse bavette à tailler. Je suis absolument seul. Présentez vous donc pour déjeuner, pr diner, voire pr coucher. – à votre guise.» Cachet «E.L.» d’Edmond Laporte, en pied. Lettre inédite. Estimation: 800/ 1000 euros.

N°48 - Gustave FLAUBERT (1821-1880) - L.A. non signée (manque de place) à Louise Colet, enveloppe conservée avec notes au verso de la main de Louise Colet, et cachet; dimanche matin, [15 novembre 1846]; 4 pages petit in-8° (13,5x 20,5) sur papier bordé de noir (le Dr Flaubert, père de Gustave, était mort en janvier et sa soeur Caroline en mars). Très belle lettre d’amour à Louise Colet rencontrée en juin de cette même année 1846:
«Ta lettre de ce matin me remue jusqu’aux entrailles. Essuie tes pauvres yeux, chasse ta fièvre. J’ai besoin de t’embrasser, de poser ma tête sur ton coeur. Oui je t’aime, je t’aime. L’entends-tu? Qui est-ce qui pourrait résister à un amour comme le tien, aussi dévoué, aussi profond, aussi involontaire? (…) Que je suis faible moi qui me croyais fort, voilà que je tremble en t’écrivant, le coeur me bat. Oh, avant 8 jours, vendredi, samedi au plus tard, je te reverrai, je compte les heures. (…) Nous aurons du temps, je m’arrangerai d’avance pour être bien libre. Je t’apporterai Novembre; je te le lirai à l’hôtel un soir, tout seuls. Un autre jour tu me liras ton drame. J’irai au spectacle si tu veux, je ferai ce que tu voudras.
Il fait froid. Mes gazons sont tout poudrés à blanc, les arbres des îles sont noirs, ma pensée frileuse s’en va toujours de ces lieux et vole vers toi pour s’y réchauffer dans ton souvenir. Je vois toujours ta tête animée se détachant sur le fond rouge des rideaux, je sens tes papillotes légères sur ma poitrine et toute la douceur de ta peau qui m’embrase le corps. (…) Il me semble que l’amour doit résister à tout, à l’absence, au malheur, à l’infidélité même, à l’oubli. C’est quelque chose d’intime qui est en nous, et au-dessus de nous tout à la fois. Quelque chose d’indépendant de l’extérieur et des accidents de la vie. – Nous aurons beau faire, nous serons toujours l’un à l’autre. Quand nous nous fâcherions, nous reviendrions toujours l’un vers l’autre, comme des fleuves qui rentrent dans leur lit naturel. On ne peut se soustraire à la fatalité de son coeur. Tu es à moi, je suis à toi. Qu’on en souffre ou qu’on en jouisse, il le faut. Cela est.
Adieu, adieu toi que j’aime. (…) Tu m’as dit que je t’avais appris des voluptés nouvelles. Tant mieux, je voudrais t’en donner encore d’autres. T’en accabler, t’en faire mourir. Adieu, adieu.
Le presse-papier que je t’ai donné a longtemps servi à ma soeur. Elle l’avait gagné à une loterie d’un couvent d’orphelines dont ma mère était dame patronnesse. Elle me l’avait donné il y a 6 ou 7 ans.
(Flaubert, Correspondance. Pléiade, I, p.405-407, notes p.1019). Estimation: 5 000/ 6 000 euros.
N° 37 – Sous cadre – George SAND (1804-1876) - L.A.S., 23 février 1864, mardi soir; une page in-12. Adressée: «Chers enfants,» et donnant 2 places pour la seconde [souligné] représentation: «Vous me serez bien plus utiles à la seconde. C’est le jour où les ennemis sont plus hargneux.» Estimation: 400/ 600 euros.

(< François Lapèlerie)
21 mars 2018, Vente Artcurial
http://issuu.com/artcurialbpt/docs/3254?e=6268161/12789934
Lot 94. Maurice Sand, «Monstres grotesques: études pour La Tentation de saint Antoine», 1872. Estimation: 1.500-2.000 euros.
Flaubert remercie Sand pour ce dessin envoyé par son fils: «J’ai reçu les dessins fantastiques. – qui m’ont diverti. Peut-être y a-t-il un symbole profond caché dans le dessin de Maurice? mais je ne l’ai pas découvert… rêverie! Il y a deux très jolis monstres: 1°un foetus en forme de ballon & à quatre pattes 2°une tête de mort emmanchée à un ver intestinal» (lettre du 3 mars 1872).
http://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=11929

VIENT DE PARAÎTRE

Revue

(< Atsuko Ogane)
Eureka. Poetry and criticism (en japonais), «Numéro spécial: Shiguéhiko Hasumi», n°710, vol.49-17, Tokyo, Séidosha, octobre 2017.
Parmi plus d’une trentaine d’articles, dont les textes de Jonathan Rosenbaum, Jean-Pierre Limosin, Dominique Paini, Marco Muller, on trouve, à propos de Flaubert et des théories de la fiction:
Jacques Neefs, «“La cour est en pente” ‒ Pour Shiguéhiko Hasumi, Flaubert, la prose, la vision et l’espace», texte traduit en japonais par Yoko Kudo.
Naomi Watanabe, «Comment peut-on s’assimiler au “texte”? ‒ un aspect de “Madame Bovary de Gustave Flaubert”».
Hitoshi Suzuki, «Shiguéhiko Hasumi évite la photographie».
Kenta Oji, «La “médiocrité” et ses doubles: quelques remarques sur l’ouvrage de Shiguéhiko Hasumi: Maxime Du Camp: L’Invention de la “médiocrité”».
Kai Gohara, «La fictionnalité des théories, ou Shiguéhiko Hasumi “derridien”».
Atsuko Ogane, «Style et écriture dans Madame Bovary de Gustave Flaubert» ‒ Après la présentation en France de l’ouvrage de Shiguéhiko Hasumi, Madame Bovary de Gustave Flaubert (2014), suivi de: «Rapport sur les avancées récentes des recherches scientifiques autour de Flaubert, de Zola, de Mallarmé en France»: les projets d’Humanité numérique (Gallica, CNRS-ITEM Équipe Flaubert, Équipe Zola, Site Flaubert du CÉRÉdI de l’université de Rouen, IHRIM ENS-Lyon, ANR/DFG Biolographes), séminaires de l’Université Johns Hopkins, École de Metz et Microlectures de Jean-Pierre Richard.

Shiguéhiko Hasumi, grand spécialiste de la littérature française, notamment de Flaubert, est un écrivain japonais et un célèbre critique de cinéma; il est aussi le traducteur de Deleuze et de Roland Barthes, il a introduit la théorie post-structuraliste française au Japon, et il a été un interlocuteur important de Michel Foucault (voir les «Entretiens» publiés dans les Dits et Écrits, Gallimard, 1994, t.II et III). Dans Madame Bovary de Gustave Flaubert, Tokyo, Librairie Chikuma-Shobo, 2014, 842 pages (en japonais), il nous invite à le suivre dans sa quête de «la fictionen prose»et de «la réalité textuelle» du roman (voir le compte rendu sur cet ouvrage dans Romantisme, n°177, 2017, p.129-133).

Articles

(< Benoît Melançon)
Camelia Manolescu, Salammbô de G. Flaubert – noces de l’écriture littéraire et de l’observation du peintre, p.179.
Annales de l’Université de Craiova. Série Langues et Littératures Romanes, Universitaria, Craiova, 2018.

Émilie Pezard , «“Celui qui ment avec sincérité”: le bovarysme de Robert dans L’École des femmes d’André Gide», dans Fabrice Wilhelm (éd.), Figures littéraires du mensonge, Presses universitaires de Franche-Comté, coll. «Annales littéraires», 2018.
http://www.fabula.org/actualites/f-wilhelm-dir-figures-litteraires-du-mensonge_83749.php?utm

Compte rendu

(< Pascal Dupuy)
Peter Brooks, Flaubert in the Ruins of Paris: The Story of a Friendship, a Novel, and a Terrible Year. New York: Basic Books, 2017, compte rendu (en français) par Florence Vatan, H-France Review, Vol.18 (February 2018), No.26.
http://www.h-france.net/vol18reviews/vol18no26vatan.pdf

SUR LA TOILE

(< Benoît Melançon)
28 février 2018, «Par les temps qui courent», France Culture
«Quand on prend un poème, il contient une langue plus large que lui-même.» Le metteur en scène Tiago Rodrigues revient au Théâtre de la Bastille avec Bovary.
https://www.franceculture.fr/emissions/par-les-temps-qui-courent/tiago-rodrigues

RetroNews, 26 mai 2017
Flaubert à Maupassant, «Mon cher Bonhomme»
En 1880, Flaubert écrit à Maupassant pour le soutenir face à la justice, suite à la publication d’une de ses nouvelles, jugée «outrageante» par le Tribunal d’Étampes.
https://www.retronews.fr/actualite/flaubert-maupassant-mon-cher-bonhomme
Le texte intégral de cette lettre ouverte, publiée dans Le Gaulois, est disponible dans l’édition électronique de la correspondance de Flaubert:
http://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=13528

(< Virginie Beaunier, BM de Rouen)
Public Sénat, «Livres et vous», 9 février 2018.
Nicolas Sarkozy parle de ses lectures et cite des passages de Madame Bovary.
https://www.publicsenat.fr/emission/livres-vous/livres-vous-nicolas-sarkozy-81446

LECTURES

(< Marie-Paule Dupuy)
«Chantre amphigourique des idées reçues, Achille Talon est l’incarnation, énorme et tonitruante, de la bêtise bourgeoise… Il s’impose en quelque sorte comme le successeur paralittéraire du Monsieur Jourdain de Molière, des Bouvard et Pécuchet de Flaubert ou du Tribula Bonhomet [sic] de Villiers de L’Isle-Adam…», Benoît Mouchart, «La naissance d’un monument… de cuistrerie», Le dernier album de Greg. Achille Talon. Le maître est Talon. Dargaud, 2001, p.4. [Greg (Michel Greg, 1931-1999), dessinateur et scénariste de bandes dessinées, créateur du personnage d’Achille Talon.]

(< Marie-Paule Dupuy)
À la parution de Messaline, d’Alfred Jarry, en 1901, Francis Jammes écrit à l’auteur:
«Mon cher Jarry,
Avec Pierre Quillard, qui vous aime et vous admire, nous nous entretenions souvent d’Ubu. Il me disait, un jour (nous avions perdu notre chemin, et je ne savais le retrouver), que vous vous égariez facilement, que vous aviez fort peu “la notion de l’espace”. Et c’est parce que vous ne devez pas avoir celle du temps que votre Messaline est parfumée à ce point, et vivante. Rien n’est cristallisé dans ce livre, dont le style, au contraire de “Salammbô” ou de “Thaïs”, ou de leurs succédanés, n’est point d’un marbre froid et qui fatigue. Tandis que chez ces Parnassiens la pureté des bas-reliefs – la vie seule des statues – nous enchante, chez vous c’est la réalité qui nous séduit. Même, vous avez mis tant de soin à fuir la phrase sculptée que parfois votre syntaxe devient amusante, il me semble: latine.»
Alfred Jarry. Oeuvres complètes, II, Gallimard, «Bibliothèque de la Pléiade», 1987, p.724, notice de Messaline.]



Ce Bulletin est édité par le Centre Flaubert, avec la collaboration de Marie-Paule Dupuy, Olivier Leroy et Joëlle Robert. Il vous tiendra informés, selon une périodicité variable, des manifestations et des publications concernant Flaubert. Si vous désirez le recevoir gratuitement, veuillez vous inscrire à l'adresse suivante:
https://sympa.univ-rouen.fr/sympa/info/flaubert-bulletin
Contact: flaubert-bulletin-request@listes.univ-rouen.fr



Mentions légales