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BULLETIN FLAUBERT n° 197 / 18 avril 2018

AGENDA

Mars, avril, mai 2018, les mercredis, jeudis et vendredis à 18h30, Théâtre de l’Île Saint-Louis Paul Rey, 39 Quai d’Anjou, 75004 Paris
Madame Bovary
, dit par Éric Chartier.
http://www.billetreduc.com/207111/evt.htm

28-29 avril 2018, Ry (Seine-Maritime), salle des fêtes de la Mairie
Festival Bovary, organisé par le Comité Bovary
http://www.mairie-ry.fr/fr/actualite/144292/2eme-festival-bovary
28 avril, 15h. Conférence par Gilles Cléroux (Association des Amis de Flaubert et de Maupassant), «Expérience et espérance du jeune Flaubert».
29 avril, 9h Randonnée pédestre vers le château du Héron.
15h. Emma Bovary, pièce de théâtre par la Cie Personae jouée à Avignon en 2017.
http://www.lenvoleeculturelle.fr/flaubert-revisite-emma-bovary-theatre-vents

Samedi 12 mai 2018, 14h-17h, Université Rikkyo (Tokyo)
Journée d’études: «Flaubert, Spinoza, Bergson. Littérature et philosophie dans la France du XIXe siècle», organisée par Norioki Sugaya.
Juliette Azoulai, «Flaubert et le vertige spinoziste»
Atsushi Yamazaki, «Bouvard et Pécuchet, un roman sceptique»
Hisashi Fujita, «Pour Pierre Macherey: relire À quoi pense la littérature

Samedi 26 mai 2018, 18h, Hôtel littéraire Flaubert, 33 rue du Vieux Palais, 76000 Rouen
Rencontre avec Catherine Vigourt, auteur du roman Le Retour de Gustav Flötberg, Gallimard, 2018.
Entretien avec Joëlle Robert, Association des Amis de Flaubert et de Maupassant.
http://www.amis-flaubert-maupassant.fr/rencontre-litteraire/

Événement passé
(< Benoît Melançon)
29 mars 2018, Université Mac Gill, Montréal, Canada.
Journée d’étude: «Qu’est-ce qu’une oeuvre de jeunesse?»
Véronique Samson (Cambridge): «Une oeuvre de jeune-vieux: le cas Flaubert»
http://www.mcgill.ca/litterature/fr/channels/event/journee-detude-quest-ce-quune-oeuvre-de-jeunesse-283310

VENTES

(< Éric Walbecq)
Catalogue Autographes des siècles, XIII
http://www.autographes-des-siecles.com/catalogues/Catalogue-XIII.pdf
59. Flaubert à un ami, [23 janvier 1857]. 9.500 euros.
En ligne dans l’édition de la correspondance électronique:
http://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=13647

(< Jacques-Remi Dahan)
Flaubert à Alfred Baudry, 17 février ou 17 mars 1855. Lettre de demande de renseignements au sujet de la cathédrale de Rouen. 6.500 euros, lettre vendue.
Site Traces écrites, mars 2018
http://www.traces-ecrites.com/document/longue-lettre-de-flaubert-se-documentant-pour-lecriture-de-madame-bovary

19 avril 2018, vente Agutes
http://catalogue.gazette-drouot.com/html/g/fiche.jsp?id=8740473
Lot n°147. George Sand, L.A.S. à Gustave Flaubert. 8p. sur 2 bi-feuillets in-8 à son chiffre.
Superbe et longue lettre à Flaubert. Suit une longue discussion philosophique sur les principes de vie que prônent certains intellectuels et où Sand évoque sa propre formation intellectuelle.
«Alors je lisais Chateaubriand et Rousseau. Je passais de l’Évangile au Contrat social. Je lisais l’histoire de la Révolution faite par des dévots, l’histoire de France faite par des philosophes, et un beau jour j’accordai tout cela comme une lumière faite de deux lampes, et j’ai eu des principes; ne ris pas, des principes d’enfant très candide qui me sont restés à travers tout, à travers Lélia et l’époque romantique, à travers l’amour et le doute, les enthousiasmes et les désenchantements. Aimer, se sacrifier, ne se reprendre que quand le sacrifice est nuisible à ceux qui en sont l’objet et se sacrifier encore dans l’espoir de servir une cause vraie, l’amour. Je ne parle pas ici de la passion personnelle, mais de l’amour de la race, du sentiment étendu de l’amour de soi, de l’horreur du moi tout seul. Mais chez l’homme l’instinct est amour, qui se soustrait à l’amour se soustrait à la vérité, à la justice. J’ai traversé des révolutions et j’ai vu de près les principaux acteurs, j’ai vu le fond de leur âme, je devrais dire tout bonnement le fond de leur sac: pas de principes, aussi pas de véritable intelligence, pas de force, pas de durée. Rien que des moyens et un but personnel. Je crache de tout mon coeur sur celui qui prétend avoir mes principes et qui fait le contraire de ce qu’il dit. Je ne plains pas l’incendiaire, et l’assassin qui tombent sous le coup de la loi.
Je plains profondément la classe qu’une vie brutale, déchue, sans essor et sans aide réduit à produire de pareils monstres.
Je plains l’humanité, je la voudrais bonne, parce que je ne veux pas m’abstraire d’elle, parce qu’elle est moi, parce que le mal qu’elle se fait me frappe au coeur.» Sand voudrait aller à Paris pour retrouver Flaubert. Elle parle de sa petite-fille Aurore qui l’occupe beaucoup et termine sa lettre: «Je t’aime, c’est la conclusion à tous mes discours.» Estimation: 1.800 – 2.200 euros.
Flaubert, Correspondance, éd. Jean Bruneau, Gallimard, «Bibliothèque de la Pléiade», t.IV, p.400-401.
Ancienne collection du Colonel Daniel Sickles (VII, n°2900, 15 mars 1991). Ancienne Collection de Flers (18 novembre 2014).

20 avril 2018, vente Kâ-Mondo
http://www.kapandji-morhange.com/html/fiche.jsp?id=8761655&np=1&lng=fr&npp=150&ordre=&aff=1&r=
Lot n°79. Flaubert (Gustave). Lettre autographe signée, [adressée à Gustave Rouland (1806-1878), ministre de l’Instruction publique et des Cultes]. [Fin décembre 1856]. 2 pages in-8, sur papier vergé azur (qq. petites taches claires).
Importante lettre par laquelle Gustave Flaubert sollicite le soutien de Gustave Rouland, ministre de l’Instruction publique et des Cultes, et originaire de Normandie comme lui-même, à l’occasion du procès consécutif à la publication du roman Madame Bovary.
«Je prends la hardiesse d’avoir recours à vous, pour une affaire toute personnelle qui m’attaque dans mon honneur et dans ma liberté»: ainsi s’ouvre la requête, que Flaubert adresse à Gustave Rouland non pas en tant que ministre, «mais à vous, Monsieur, comme compatriote et comme lettré». En effet, proche de Baudelaire et d’Eugène Fromentin, Gustave Rouland fut toujours attentif à la bohème littéraire parisienne de son temps. En outre, normand d’origine comme l’était Flaubert, Rouland ne pouvait être insensible à un tel «compatriotisme»: prudent toutefois, il a annoté la missive: «M. Flaubert fils est un de mes compatriotes mais je ne le connais pas personnellement.»
Flaubert précise l’objet de l’accusation, «accusé d’avoir, par un roman publié dans la Revue de Paris, attenté aux bonnes moeurs et à la religion», et se défend d’avoir eu de telles intentions. Il sollicite donc «dix minutes d’audience pour vous expliquer ma position et tenter de vous intéresser en ma faveur». Le destinataire a fait répondre (annotation de sa main) le 5 janvier qu’il acceptait de recevoir le romancier, après avoir pris connaissance des faits.
Comme l’ont montré les historiens, la réactivité de Flaubert à l’annonce de ce procès fut des plus dynamiques et joua très certainement en sa faveur sur le verdict: «C’est Du Camp qui avertit son ami de l’ouverture d’une instruction judiciaire, à la fin du mois de décembre 1856. Les lettres qui suivent montrent comment Flaubert mobilise les relations politiques de sa famille rouennaise, pendant que son avocat, maître Senard, cherche des protections à la Cour impériale. Flaubert tente également d’obtenir des recommandations auprès d’écrivains et de critiques célèbres, Lamartine et Sainte-Beuve, qui ont apprécié son roman.» (Yvan Leclerc, «Le Procès de Madame Bovary», sur www.bovary.fr).
Provenance: Fonds issu de l’union de Louise Giroux, fille d’André Giroux, et Gustave Hippolyte Rouland, fils de Gustave Rouland (ministre de l’Instruction publique et des Cultes sous Napoléon III), puis par descendance. Lettre inédite. Estimation: 800/ 1.000 euros.

(< Éric Walbecq)
Librairie Le feu follet
https://www.edition-originale.com/fr/lettres-autographes-manuscrits/manuscrits-litteraires/flaubert-lettre-autographe-signee-de-gustave-1877-62711
Gustave Flaubert, lettre autographe signée adressée à Léon Cladel, 9 mai 1877, 13,5x20,5cm, 2 pages sur un feuillet remplié. 4.500 euros.
En ligne dans l’édition électronique:
http://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=12778

Gustave Flaubert, Salammbô, Michel Lévy, Paris 1863, 15x23cm, relié. 15.000 euros.
Rare envoi autographe signé de Gustave Flaubert à (Louis) de Carné, journaliste et historien dont Flaubert possédait plusieurs ouvrages référencés dans l’inventaire de sa bibliothèque.
https://www.edition-originale.com/fr/litterature/editions-originales/flaubert-salammbo-1863-40674

VIENT DE PARAÎTRE

Éditions

Madame Bovary, éd. de Gisèle Séginger, présentation, notes, dossier, documents, chronologie, bibliographie, Flammarion, «GF», 2018,

Lettre inédite de Flaubert à Frédéric Baudry (?), 27 avril 1877, relative aux recherches géologiques pour Bouvard et Pécuchet. Lettre signalée par Taro NAKAJIMA, conservée au Center for Historical Social Science Literature, Hitotsubashi University, Tokyo, Japon. Avec l'aimable autorisation de Toshifumi YAMABE. Destinataire proposé par Stéphanie Dord-Crouslé et Norioki SUGAYA.
En ligne:
http://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/correspondance/trans.php?corpus=correspondance&id=14145
La correspondance électronique en ligne compte désormais 133 lettres inédites:
http://flaubert.univ-rouen.fr/correspondance/edition/index.php

Ouvrage

Dominique Barbéris, L’Année de L’Éducation sentimentale, Gallimard, 2018.
Compte rendu par Marie-Odile André, Diacritik, revue en ligne:
https://diacritik.com/2018/03/15/ce-qui-senfuit-dominique-barberis-lannee-de-leducation-sentimentale/

Articles

Stéphanie Dord-Crouslé, «Flaubert et les classiques sans âge», in Antoine-Mahut, Delphine; Zékian, Stéphane (dir.), Les âges classiques du XIXe siècle, Éditions des archives contemporaines, Coll. «Actualité des Classiques», 2018, p.241-256.
Librement consultable: http://eac.ac/articles/995

Marie-Paule Dupuy, «Alfred Jarry», site Flaubert, mars 2018
[sur des allusions à Flaubert dans L’amour en visites]
http://flaubert.univ-rouen.fr/etudes/jarry.php

Comptes rendus

(<Éric Le Calvez)
Gustave Flaubert, Rêve d’Orient: plans et scénarios de Salammbô, édition et introduction par Atsuko Ogane. Compte rendu par Christophe Ippolito, French Studies, Volume 72, Issue 1, 1 January 2018, pages 118-119.
https://doi.org/10.1093/fs/knx269

Yvan Leclerc, Madame Bovary au scalpel: genèse, réception, critique, Classiques Garnier, «Études romantiques et dix-neuviémistes», 2017. Compte rendu par Éric Le Calvez, Nineteenth-Century French Studies, volume 46, 3-4, 2018.
http://www.ncfs-journal.org/?q=node/1533


Dictionnaires Flaubert, Champion et Garnier, 2017.
Compte rendu sur les deux dictionnaires:
Thierry Savatier, «Flaubert, sujet de deux dictionnaires», blog du Monde, 3 janvier 2018.
http://savatier.blog.lemonde.fr/2018/01/03/flaubert-sujet-de-deux-dictionnaires/

Sur le Dictionnaire paru chez Champion, dir. Gisèle Séginger:
Robert Kopp, «Dictionnaire Flaubert: 650 articles sur l’oeuvre et l’époque de l’écrivain», Revue des Deux Mondes, 12 janvier 2018
http://www.revuedesdeuxmondes.fr/dictionnaire-flaubert-650-articles-loeuvre-lepoque-de-lecrivain/

Daniel Bergez, «Tout Flaubert en dictionnaire», La Quinzaine littéraire, n° 1190, 16 mars 2018
https://www.nouvelle-quinzaine-litteraire.fr/mode-lecture/tout-flaubert-en-dictionnaire-1208

Sur le Dictionnaire paru chez Garnier, dir. Éric Le Calvez:
Allan H. Pasco, Nineteenth-Century French Studies, volume 46, 3-4, 2018.
http://www.ncfs-journal.org/?q=node/1532

SUR LA TOILE

France-Culture, «La Compagnie des auteurs», par Matthieu Garigou-Lagrange, 2-5 avril 2018.
https://www.franceculture.fr/emissions/series/gustave-flaubert
1. «Une manière spéciale de vivre», Pierre-Marc de Biasi
[Nombreuses erreurs dans cette intervention: Flaubert n’était pas interne au Collège royal, séparé de sa famille, mais demi-pensionnaire, comme on le voit ici http://flaubert.univ-rouen.fr/biographie/colleg.php; il n’a pas envisagé de faire un voyage en Orient avec Alfred Le Poittevin; conception erronée de la médecine du temps de Flaubert, etc.]
2. «Flaubert en mouvement», Gisèle Séginger
3. «Une éducation du sentiment», Pierre Glaudes
4. «Madame Bovary et Bouvard et Pécuchet», Yvan Leclerc

Service de presse pour L’Éducation sentimentale, établi par Flaubert, avec ses commentaires. Publié dans Le Manuscrit autographe, n°37, janvier-mars 1932, Paris, Auguste Blaizot, p.32-33.
Communiqué par Jeffrey Thomas et Éric Le Calvez.
En ligne sur le site Flaubert: http://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/outils/aff_manus.php?id=254

Éric Chevillard, L’autofictif
http://autofictif.blogspot.fr/2018/03/3602.html
«Je est un autre, peut-être, mais pas Madame Bovary en tout cas puisque nous savons que c’est Flaubert.»
S’il avait prononcé cette phrase, Flaubert aurait dit: «Je est UNE autre.»
Voir la mise au point sur le site Flaubert:
http://flaubert.univ-rouen.fr/ressources/mb_cestmoi.php

(< Benoît Melançon)
À chacun son Emma Bovary
Régis Jauffret, «Soyez Dieu, bordel, lisez!», Marianne, 23-29 mars 2018.
«À chaque fois qu’un nouveau lecteur s’empare d’un roman, il le récrit, il en fait un remake, il le met en scène tel qu’il ne l’a encore jamais été. Le père Goriot a des centaines de millions de têtes différentes, Madame Bovary, autant de voix […]».
#Marianne https://t.co/r5Bngaap1T
http://twitter.com/regisjauffret/status/979381629763444736

Marlène Schiappa: «Madame Bovary, c’est ma boussole Sud».
À livres ouverts. Despentes, Flaubert, Le Diable au corps... La secrétaire d’État ouvre sa bibliothèque et assure qu’un romancier ne sera jamais poursuivi pour sexisme.
Propos recueillis par Laureline Dupont et Thomas Mahler.
Le Point, 8 avril 2018.
http://www.lepoint.fr/livres/marlene-schiappa-madame-bovary-c-est-ma-boussole-sud-08-04-2018-2208980_37.php
Il paraît que vous avez envisagé de faire un doctorat sur «les mises en abîme chez Flaubert et Madame Bovary»...
C’est vrai; j’ai aussi passé quelques années à écrire une version transposée au XXIe siècle de Madame Bovary. Ce roman est intemporel. Aujourd’hui, Emma rencontrerait Rodolphe sur Tinder, elle rêverait d’aller à la fashion week et serait à découvert… La vie de Madame Bovary, c’est ma boussole Sud.
Plus précisément, je pensais – et je pense toujours – qu’il y a un travail littéraire à mener sur «Madame Bovary, c’est moi», la phrase de Flaubert et sur la manière dont il se projette dans Emma Bovary alors qu’il est un homme. La question est: que met-on de soi dans un personnage? Une grande part de la littérature française contemporaine se nourrit d’autofiction, donc de mises en abîme, d’Édouard Louis à Delphine de Vigan. Je trouvais intéressant d’étudier la manière dont des femmes particulièrement créent des personnages censés les incarner. C’est ce que j’ai fait dans Marianne est déchaînée (Stock), où Marianne est mon double de fiction assumé. En deuxième niveau, Madame Bovary a aussi inspiré l’imaginaire collectif féminin. Que trouve-t-on de Madame Bovary, donc de Flaubert, dans cette littérature actuelle? Dans une lettre à Marie-Sophie Leroyer de Chantepie, Flaubert a écrit: «Le seul moyen de supporter l’existence, c’est de s’étourdir dans la littérature comme dans une orgie perpétuelle.»

(< Danielle Girard)
L'Éducation sentimentale, lecture par Fanny Ardant
«Ça peut pas faire de mal», par Guillaume Gallienne, France-Inter, samedi 14 avril 2018
https://www.franceinter.fr/emissions/ca-peut-pas-faire-de-mal/ca-peut-pas-faire-de-mal-14-avril-2018

PRODUIT DÉRIVÉ

(< Benoît Melançon)
«Madame Bovary et fière de l’être», sac proposé par un site d’objets littéraires.




Ce Bulletin est édité par le Centre Flaubert, avec la collaboration de Marie-Paule Dupuy, Olivier Leroy et Joëlle Robert. Il vous tiendra informés, selon une périodicité variable, des manifestations et des publications concernant Flaubert. Si vous désirez le recevoir gratuitement, veuillez vous inscrire à l'adresse suivante:
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