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BULLETIN FLAUBERT n° 34 / 16 janvier 2003


AGENDA

Mardi 21 janvier 2003, Paris

Programme ITEM / CNRS. Département Sciences et Techniques de l'Information.
ENS, 45, rue d'Ulm, 75005 Paris. Escalier C, 3e étage, salle de réunions de l'ITEM, 14h 30.

Thierry Paquet (professeur au Laboratoire Perception Systèmes Information, Université de Rouen):
"L'Analyse numérique des écritures manuscrites: méthodes et expériences (Flaubert, Zola)".

Jeudi 23 janvier 2003, Le Havre

Colloque national: Le FRAB (Fonds régional d'acquisitions pour les bibliothèques): un dispositif au service d'une politique culturelle en région?

Jeudi 23 et vendredi 24 janvier 2003, Musée Malraux de la Ville du Havre.
Contact: mailto:brigitte.duval@comellia.org

Yvan Leclerc: "Les relations avec les chercheurs (expertise auprès de la BM de Rouen pour les acquisitions récentes concernant Flaubert)", jeudi 23 janvier, 15h.

Lundi 3 février 2003, Paris

Séminaire général de l'ITEM / CNRS, "Genèse: récit d'auteur/ récit de critique", coordination Michel Contat
ENS, 45, rue d'Ulm, 75005, Paris. Salle des Actes, 16h-18h.

Pierre-Marc de Biasi: "Flaubert. Brouillons, carnets, correspondance: reconstituer l'itinéraire d'une création".

Mardi 4 février 2003, Rouen

Musée Flaubert et d'Histoire de la Médecine, 51, rue de Lecat, 76000 Rouen.

Conférence de 45mn à 12h 30 et à 14h 30: "Gustave Flaubert, son oeuvre et la médecine".

RECHERCHE/ REPONSE

Réponse d'Olivier Leroy à la question de Marta de Gracia (Bulletin Flaubert 33).

Dans son édition du Dictionnaire (Ed. Le Livre de Poche, 1997, introduction), Anne Herschberg Pierrot écrit: "Vers cette époque [1845-1846], Flaubert a travaillé le théâtre et les oeuvres de Voltaire et il a pris des notes sur le Dictionnaire philosophique, qui ont probablement joué un rôle dans la genèse du Dictionnaire des Idées Reçues."
Elle écrit plus loin: "En 1853, de plus, Flaubert lit pour Madame Bovary un ouvrage de la bibliothèque paternelle: Des erreurs et des préjugés répandus dans la société, de Jacques-Barthélemy Salgues (Paris, Vve Lepetit, 1811-1813), qui semble avoir inspiré certains articles du Dictionnaire des Idées Reçues."

NB : Le texte du Dictionnaire philosophique de Voltaire est disponible à l'adresse suivante:
http://www.voltaire-integral.com/00Table/table.htm#D

Ndlr: Du même auteur, AHP, voir aussi Le Dictionnaire des Idées Reçues de Flaubert, PU de Lille, coll. "Problématiques", 1988, chap. "Les sottisiers: un discours d'époque", p.57 et suiv.

VIENT DE PARAITRE

Editions

Flaubert, Correspondance, éd. Jean Bruneau, Gallimard, Bibl. de la Pléiade, 1997 (mise en vente: janvier 1998), tome IV (1869-1875).
Réimpression en octobre 2002 avec quelques modifications. L’une de ces modifications a entraîné un léger glissement de texte, d’une page au plus, qui concerne les pages 742 à 764. Il convient donc de préciser dorénavant à quel tirage renvoient les références aux lettres écrites entre le [27 novembre 1873] et le [9? janvier 1874].

Ouvrages

Alain Vaillant, L’Amour-fiction. Discours amoureux et poétique du roman à l’époque moderne, PU de Vincennes, coll. "Essais et savoirs", 2002.
Dans cet essai qui porte sur le "discours de l'amour" de Laclos à Proust, un chapitre est consacré à "Flaubert: le silence bavard de l'amour bête" (p.147-178). AV revient d'abord sur une double césure admise (croyance amoureuse/ perte des illusions; lyrisme/ ironie) en montrant que désillusion et ironie ne sont pas au terme, mais à l'origine de l'écriture. "Que faire (et, singulièrement, qu'écrire) lorsque la désillusion est un fait acquis?" (p.154). Elle est la condition d'une poétique qui frappe d'irréalité les mots comme les choses en les transformant en perception d'une durée (lire les p.158-159 dans lesquelles AV rapporte tous les principes esthétiques flaubertiens à "cette expérience durative de la perception du réel").
Ainsi, l'amoureux flaubertien ne parle pas d'amour, mais il éprouve une "hyperesthésie spatiale et temporelle" (p.162) qui se confond avec l'amour d'écrire. "Faisant ainsi, Flaubert place son lecteur, et lui-même comme écrivain, dans une situation étrange. D'un côté, ses romans, lorsqu'il raconte des histoires d'amour et qu'il laisse ses personnages parler d'amour, offrent systématiquement l'image pitoyable d'une farce; de l'autre, il enveloppe ses intrigues dérisoires dans une écriture inlassablement amoureuse, vibrante d'émotion et de rêve" (p.162-163). Savent aimer les "bons bêtes" (les mauvais bêtes, tel Homais, se croient intelligents): ceux qui, comme Charles, ruminent bovinement les mots de l'amour. Bouvard et Pécuchet connaissent aussi le plaisir amoureux: par la conversation, tout au long du "kamasutra discursif" (p.172) qu'est le dernier roman.
Deux précisions: Madame Bovary paraît dans la Revue de Paris en 1856 et chez Lévy en 1857 (p.148); La Tentation de saint Antoine (3e version) est achevée en 1872, mais publiée seulement en 1874 (p.151).

La Casquette de Charles Bovary, sur une idée de Michel Boujut, Arléa, 2002
Michel Boujut a gardé très vif un souvenir d’enfance: la casquette de Charles en dictée, et son vieux maître d’école s’efforçant au tableau noir d’assembler "les différents étages de la fusée flaubertienne". Adulte, il a demandé à 24 artistes de s’y mettre à leur tour. Ce qui donne autant de savoureuses variations graphiques. Quelques exemples: Barbe remplace la casquette par la maman assise sur la tête de son fils. Brissot empile sur la visière une maison à colombages, la tête de Flaubert en trois exemplaires et une capsule spatiale d'où sort un micro. Cueco donne son "journal de la casquette", une sorte de "fabrique" qui mêle texte et image. Pierre Etaix réalise un collage à partir du texte de la description, les mots découpés, coloriés, mimant la forme de l'objet. La conclusion revient à Franc, qui répond à la demande de Boujut: "Je voudrais te dire combien il est impossible de la dessiner car la description qu'en fait l'auteur est proprement incompréhensible."

Collectif

Crise de prose, sous la dir. de Jean-Nicolas Illouz et Jacques Neefs, PU de Vincennes, coll. "Essais et savoirs", 2002.
Trois articles concernent Flaubert:

Anne Herschberg Pierrot, "Flaubert: la prose à l'oeuvre", p.33-53.
La crise de prose chez Flaubert répond à la "crise de vers" chez Mallarmé. La prose comme "art de la modernité" (p.34). Nombreuses citations extraites de la Correspondance. "La prose, pour Flaubert, n'est pas sans contraintes et c'est précisément la nouveauté de son projet: créer un idéal de prose-oxymore, tendue entre la liberté d'écrire et le souci de retrouver une forme voulue, dont la nécessité se mesure à la justesse phonique et rythmique" (p.37). Travail de la prose narrative montré sur le manuscrit du premier chap. de Bouvard: déliaison, alinéas, blancs, phrasé.

Yves Vadé, "Prose des voix: l'oratorio littéraire", p.103-121.
Les pages 104-109 concernent Smar et La Tentation, analysés comme genre mixte de théâtre, de récit et de description, genre que YV propose de nommer "oratorio". Ces analyses s'appuient sur le livre de Gisèle Séginger, Naissance et métamorphose d'un écrivain, Flaubert et les Tentations de saint Antoine, Champion, 1997.

Jacques Neefs, "Flaubert, Baudelaire: la prose narrative comme art moderne", p.135-148.
Dans la prose comme art moderne, le sujet devient indifférent: "la prose tirera sa force d'art de sa capacité à arracher force et beauté de ces scènes du fonds commun, à s'arracher elle-même du prosaïsme universel" (p.143). La confrontation entre Flaubert et Baudelaire, annoncée dans le titre, occupe les deux dernières pages, le reste de l'article étant consacré à Flaubert seul et à un long parallèle entre Hugo et Baudelaire.

Article

Sylvie Triaire, "Paysager la mélancolie: rythmes flaubertiens pour un saint", Romantisme, n°117, 2002, "Paysages de la mélancolie", p. 59-75.
Le paysage dans La Légende de saint Julien l'Hospitalier: traversée de la forêt, du désert, jusqu'à la cabane, qui est "relève de la mélancolie". "Les paysages de la mélancolie, dans ce conte, se déclinent selon le paradigme du vide et du plein, de la pléthore et de la vacuité - qui n'est pas sans rappeler la tension langagière entre logorrhée et mutisme, pour le mélancolique. Le mouvement entre ces deux pôles met en jeu la constitution même du paysage, empêché de fixer ses formes, perçu par un regard oublieux, selon la pulsion d'égalisation anéantissante qui le gouverne" (p.70). Après avoir lu cet article, le lecteur se demande quel lien établir entre la mélancolie de l'auteur, la "folie mélancolique" de saint Julien et la mélancolie de l'espace décrit. Autrefois, on aurait posé une relation de causalité. Aujourd'hui, on juxtapose, sans penser la médiation…




Ce Bulletin est édité par le Centre Flaubert, avec la collaboration de Matthieu Desportes, de Jean-Benoît Guinot et de Joëlle Robert. Il vous tiendra informé(e), selon une périodicité variable, des manifestations et des publications concernant Flaubert. Si vous désirez le recevoir gratuitement et y faire paraître des informations ou des commentaires, veuillez envoyer vos coordonnées et vos messages à :

Yvan Leclerc yvan.leclerc@univ-rouen.fr
Professeur à l'Université de Rouen
Faculté des Lettres et Sciences Humaines
F. - 76821 Mont-Saint-Aignan Cedex
Tél. Secrétariat département: 02 35 14 61 67
Tél. Centre Flaubert: 02 35 14 69 01

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