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BULLETIN FLAUBERT n° 35 / 3 février 2003


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Pour l'édition du Voyage en Orient de Flaubert, Stéphanie Dord-Crouslé fait appel aux lumières des lecteurs du Bulletin:

1- Sur une route de Palestine, Flaubert est rejoint par un jeune homme en veste verte, à nez cambré comme Mme de Radepont.
Or, le seul Radepont dont j'ai pu trouver la trace est un lieu que Flaubert évoque dans deux lettres à Ernest Chevalier (l'une de 1829-1830 et l'autre du 24 juin 1837). Dans ses Souvenirs intimes, Caroline Franklin Grout parle elle aussi de la superbe propriété de Radepont, vers Fleury-sur-Andelle (Gustave Flaubert par sa nièce Caroline Franklin Grout, Heures d'autrefois (Mémoires inédits), Souvenirs intimes et autres textes, éd. de Matthieu Desportes, Rouen, coll. Flaubert, Publications de l'université de Rouen, 1999, p.132).
Mais qui est donc Mme de Radepont?

2- Cette femme fait ensuite retour à Constantinople, toujours pour l'aspect caractéristique de son visage: dans un établissement de bain, Flaubert remarque un petit masseur à figure de cheval (Maurepas, Mme de Radepont, Mme Rampal), yeux noirs vifs, impudents, places de cheveux chauves, cicatrices de teigne.
Mais qui est donc Mme Rampal?

3- Au couvent des derviches hurleurs de Constantinople, Flaubert note la présence d'un jeune homme en pantalon, en petit turban qui ressemble à Bury [Bury ou Biery ou Bierg peut-être?].
Mais qui est donc ce Bury?

4- Alors qu'il se rend de Bari et Naples, Flaubert évoque des chênes dans des vallées étroites, ressemblant à celles qui sont aux environs du mont de la République avant d'arriver à Rouanne.
N'ayant trouvé aucune ville nommée Rouanne, je fais l'hypothèse que Flaubert désigne Roanne. Or il y a bien un mont de la République, ou plutôt un col qui tire son nom d'un courant janséniste convulsionnaire dont les membres, en 1794, attendaient à cet endroit l'avènement de la République de Jésus-Christ, laquelle devait, telle la Jérusalem céleste, descendre du ciel (Encyclopédies-Bonneton, volume: Loire en Rhône-Alpes). Mais ce lieu se trouve dans le parc régional du Pilat, à une douzaine de kilomètres au sud-est de Saint-Étienne, c'est-à-dire à plus de 70 kilomètres au sud de Roanne. La mémoire de Flaubert serait donc ici assez infidèle?
Quelqu'un aurait-il une autre idée?

5- Enfin, alors qu'il vient de pénétrer dans Jérusalem en passant devant la boucherie de la ville, Flaubert écrit: "Ainsi, disait un homme à rapprochements ingénieux et à allusions fines, dans la ville sainte, la première chose que nous y vîmes c'est du sang."
A quel homme Flaubert fait-il allusion?

Réponses au Bulletin, qui transmettra.

MANUSCRIT

Grâce aux informations aimablement communiquées par M. Roger Pierrot, nous avons retrouvé le manuscrit de La Spirale, scénario publié pour la première fois par E.-W. Fischer dans La Table Ronde d'avril 1958. Depuis, aucun éditeur n'avait pu collationner le texte sur l'autographe. Le scénario du "roman métaphysique" figurera au t.II des Oeuvres complètes dans la Bibliothèque de la Pléiade, dans une nouvelle transcription.

Avec l'autorisation du collectionneur, le manuscrit de La Spirale est consultable au Centre Flaubert, sous condition de ne pas le publier.

AGENDA

Mardi 4 février 2003, Radio Classique, 20h 40


"Flaubert et la musique"
Si la musique occupe une place modeste dans les romans ou la correspondance de Flaubert, elle n'y figure jamais comme un art mineur ou une activité mondaine. Dans Madame Bovary, la représentation de Lucie de Lammermoor joue un rôle essentiel, offrant à Emma le miroir d'émotions inavouées. "Elle reconnaissait tous les enivrements et les angoisses dont elle avait failli mourir. La voix du chanteur ne lui semblait être que le retentissement de sa conscience." Dans L'Education sentimentale, dont l'original de la grande figure de Mme Arnoux était la femme de l'éditeur de musique Schlesinger, le jeune héros observe notamment que "sa voix de contralto prenait dans les cordes basses une intonation lugubre qui glaçait".
Cette voix de contralto dont le Dictionnaire des idées reçues affirme "On ne sait pas ce que c'est", Flaubert la connaissait à travers Pauline Viardot, entendue dans Le Prophète, en 1849, et qui suscita de sa part cette exclamation dans une lettre à sa mère: "C'est magnifique; ça m'a fait du bien, j'en suis sorti rafraîchi, émerveillé et plein de vie." Dix ans plus tard, Flaubert ira à nouveau applaudir Pauline Viardot dans Orphée de Gluck, rajeuni par Berlioz tandis que Berlioz, enthousiasmé par la lecture de Salammbô, aurait voulu que Flaubert puisse se faire garant de l'authenticité de la décoration des Troyens à Carthage. On peut rêver de l'opéra qu'ils auraient fait ensemble sur Salammbô qui inspira Moussorgski, Reyer et bien d'autres compositeurs après eux - jusqu'à Philippe Fénelon en 1998. Mais c'est à Offenbach que Flaubert soumit en vain le scénario d'une féerie, avec un regret au sujet de Berlioz: "Que ne l'ai-je mieux connu! Je l'aurais adoré!"
Gé.C. [Le Monde Télévision/ samedi 1er février 2003.]

Samedi 15 février 2003, France3 Normandie

"Ecrivains en Seine-Maritime", 15h 50
Flaubert (et Hugo, Leblanc, Malot, Maupassant)

SUR LA TOILE

Oeuvres de jeunesse

Article sur les Oeuvres de jeunesse, t. I des Oeuvres complètes, Bibl. de la Pléiade
Le Temps, Isabelle Martin, 27 octobre 2001
http://www.letemps.ch/bibliotheque/Critique.asp?Objet=482

Le voyage en Italie du docteur Cloquet

( < Guy COBOLET cobolet@bium.univ-paris5.fr)

La Bibliothèque Interuniversitaire de Médecine a le plaisir de vous présenter sa nouvelle exposition virtuelle: "Le voyage en Italie du docteur Cloquet". Cette exposition a été réalisée autour d'un manuscrit inédit de Jules Cloquet (1790-1883), relatant son voyage en Italie d'avril à juin 1837. Eminent chirurgien et professeur à la Faculté de médecine de Paris, Jules Cloquet entreprit ce voyage dans un but essentiellement touristique, comme le montre le contenu de son journal, très axé sur la description des lieux qu'il visite et sur ses impressions. Malgré tout, le regard du médecin reste présent, à travers certaines remarques sur la santé et l'hygiène des populations et le récit de visites à des malades.
Ce manuscrit est d'autant plus précieux qu'il est abondamment illustré de dessins à la plume aquarellés, qui donnent vie au récit. Nous vous invitons ainsi à voyager sur les traces de ce médecin, de Paris jusqu'à Rome, grâce à la transcription intégrale du manuscrit, accompagnée de la version numérisée du document original, de nombreuses notes, d'index, de cartes et de plans permettant de suivre son itinéraire.

[Jules Cloquet a été l'élève du père Flaubert et le professeur du fils Achille. Il a emmené celui-ci en Ecosse en 1835, avant que Gustave lui soit confié pour son voyage en Pyrénées et en Corse, pendant l'été 1840.]

http://www.bium.univ-paris5.fr/histmed/expos2003.htm
 
Contact: Estelle Lambert:elambert@bium.univ-paris5.fr




Ce Bulletin est édité par le Centre Flaubert, avec la collaboration de Matthieu Desportes, de Jean-Benoît Guinot et de Joëlle Robert. Il vous tiendra informé(e), selon une périodicité variable, des manifestations et des publications concernant Flaubert. Si vous désirez le recevoir gratuitement et y faire paraître des informations ou des commentaires, veuillez envoyer vos coordonnées et vos messages à :

Yvan Leclerc yvan.leclerc@univ-rouen.fr
Professeur à l'Université de Rouen
Faculté des Lettres et Sciences Humaines
F. - 76821 Mont-Saint-Aignan Cedex
Tél. Secrétariat département: 02 35 14 61 67
Tél. Centre Flaubert: 02 35 14 69 01

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