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BULLETIN FLAUBERT n° 38 / 20 mars 2003


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Réponses aux questions du Bulletin n°36

Réponse à Noëlle Benhamou
(< Olivier Leroy)

Le Prince Radziwill se prénommait Léon; voir
http://www.musimem.com/gautier.htm
"Carlotta Grisi (1819-1899), danseuse, chanteuse, reçut notamment des conseils de la Malibran et les leçons du chorégraphe Jules Perrot qui lui donna une fille, Marie-Julie. Elle parut d'ailleurs sous le nom de Madame Perrot, au théâtre de la Renaissance à Paris dans le ballet-mélodrame des Zingari en 1841 où elle dansait et chantait à la fois. Plus tard, elle fréquenta le danseur Lucien Petipa, puis Léon Radziwill, un prince polonais qui lui donna à son tour un enfant et l'accueillit sur les rives du lac Léman."

Il s'agit peut-être de celui-ci; voir
http://a.decarne.free.fr/gencar/dat206.htm#13
mais les dates ne correspondent pas tout à fait:
Radziwill, Léon, prince Radziwill. - Sexe: Masculin
Naissance: 1808 - Décès: 1885. Sans postérité.
Parents: Père: Radziwill, Ludwik Mikolaj, prince Radziwill
Mère: Wodzinska, Maria
Famille: Conjoint: Urussoff, Sonia. - Sexe: Féminin

Des Radziwill, dont l'un se prénommait Léon, mais était vivant en 1910, furent propriétaires du château d'Ermenonville de 1874 à 1927; voir
http://perso.club-internet.fr/cesarigd/parcsafabriques/erm/dErm21.htm
http://www.chateau-ermenonville.com/historique.htm

(< Marlo Johnston)
"A ma connaissance Maupassant n'avait pas un des Radziwill pour ami. Bien sûr, il a pu en rencontrer plusieurs dans le monde (c'est une grande famille), mais si c’est le cas, ces rencontres n’ont pas laissé de trace."


Réponse au chercheur américain
(< Michel Brix, Emmanuèle Dolcini, Olivier Leroy)

Extrait du Journal des Goncourt, à la date du 18 Janvier 1864 http://perso.wanadoo.fr/jb.guinot/pages/goncour3.html
"Là-dessus Flaubert, la face enflammée, la voix beuglante, remuant ses gros yeux, part et dit que la beauté n'est pas érotique, que les belles femmes ne sont pas faites pour être baisées, qu'elles sont bonnes pour dicter des statues, que l'amour est fait de cet inconnu que produit l'excitation et que très rarement produit la beauté. Il développe son idéal, qui se trouve être l'idéal de la rouchie ignoble. On le plaisante. Alors, il dit qu'il n'a jamais vraiment baisé une femme, qu'il est vierge, que toutes les femmes qu'il a eues, il en a fait le matelas d'une autre femme rêvée."

E. et J. de Goncourt, Journal. Mémoires de la vie littéraire. Texte intégral établi et annoté par Robert Ricatte, Paris, Fasquelle - Flammarion, 1956 [T.II, p.12-13, 18 janvier (1864)].

AGENDA

Mercredi 2 avril 2003, Paris IV-Sorbonne

Yvan Leclerc: "Travaux pratiques sur l'édition de la correspondance de Flaubert (t.V, Bibl. de la Pléiade)", dans le cadre du séminaire "Editer un texte: problèmes et méthodes", Centre de recherche sur les correspondances et journaux intimes des XIXe et XXe siècles, U. de Paris-Sorbonne.
15h – 17h, Centre des correspondances (escalier i, 2e étage).

Luca Pietromarchi, professeur à l'Université de Trente, professeur invité à la Sorbonne
Conférence: "Flaubert, les Parques et le fil du roman"
17h 30, Bibliothèque Georges Ascoli (escalier C, 2e étage).

VENTES

Vente du 27 mars 2003, hôtel Drouot

Piasa, Bodin expert
http://www.artweb.fr/fr/etudes/piasa/home.html

Lot n° 251:
Gustave FLAUBERT. L.A.S., [25? novembre 1862], à son éditeur Michel Lévy; 1 page in-8.
Au sujet de l’édition originale de Salammbô, dont il a été tiré des exemplaires sur Hollande.
Il demande à Michel Lévy de lui envoyer immédiatement "ce que vous pourrez d’exemplaires sur papier de Hollande, les grands les attendent". Il lui demande également 50 autres exemplaires "que je me débarrasse de mes envois au plus vite", et lui achète 25 exemplaires...
500 / 600 Euros.

Lot n° 252:
Gustave FLAUBERT. L.A.S., Lundi matin [fin août ou septembre 1868], à la comédienne Mme Pasca; 1 page in-8.
Jolie lettre à l’un de ses trois "anges".
Il passera prendre "Ma chère belle" jeudi matin, pour aller déjeuner chez les Charpentier. "Je ne songe pas à autre chose qu’à Fanny Lear!... [Fanny Lear, comédie de Meilhac et Halévy créée par Mme Pasca le 28 août 1868] Ah! si j’étais jeune, beau, riche! etc. Donc, à jeudi, adorable personne"...
On joint 1 L.A.S. de Madame Pasca à Émile Augier (2 pages in-8 à son chiffre).
600 / 700 Euros.
(Corr., éd. Jean Bruneau, Bibl. de la Pléiade, t.IV, p.918, à la date [5? avril 1875].)

Lot n° 253:
Gustave FLAUBERT. L.A.S., [Croisset] Mardi 5 h. [1876?, à son ami Edmond Laporte]; 1 page in-8.
Intéressante lettre de documentation pour Bouvard et Pécuchet.
"Monsieur & cher confrère! espèce de tribade! Vieux Bab! Je crois que vous vous trompez? car je trouve dans mes notes extraites du Moniteur. Elections générales de la Garde Nationale fixées au 18 mars 1848. Et maintenant ça me gênerait beaucoup pour mon plan, qu’il en fut autrement". Il évoque "la surveillance sur les instituteurs par les curés" dans la loi Falloux, ainsi qu’une circulaire qui donne les mêmes droits aux colonels de gendarmerie... Il invite avec insistance son ami à Croisset: "vous m’embêtez en ne venant pas lundi comme vous m’aviez promis. Il y a très longtemps que vous n’avez pas couché ici. [...] Ma nièce & moi nous vous attendons pour embellir notre solitude"...
600 / 800 Euros
(Corr., Club de l’Honnête Homme, t.XVI, p.69, à la date [août 1878].)

Lot n° 254:
Gustave FLAUBERT. L.A.S. "Gve", [Croisset] Mardi soir 11 [février 1879], à Maxime Du Camp; 1 page in-8.
[Flaubert, en glissant sur du verglas, s’était fait le 25 janvier une grave entorse avec fêlure du péroné; il dut s’aliter et souffrit beaucoup pendant plusieurs semaines.] Il décrit à son ami les progrès de sa convalescence: "Aujourd’hui enfin j’ai pu me lever! – & je ne me sers plus du plat-bassin!!! ce soir je dormirai sur le flanc [...] & demain, je recommencerai à travailler. On m’a fait une paire de béquilles! – mais j’aime mieux me mouvoir le genou posé sur une chaise que je pousse devant moi. Il se passera encore un grand mois avant que je puisse descendre mon escalier. – & il me sera impossible d’être à Paris avant le milieu d’avril". Le souvenir d’un certain Hazanin évoqué par Du Camp lui rappelle leur voyage en Égypte: "Ah! Pauvre cher vieux Max! C’était le bon temps! – J’en pleure, quand j’y pense". [Maxime Du Camp précise dans la marge: "Haçanin était un de mes matelots auquel j’ai remis la jambe qu’il s’était cassée à Assouan en mai 1850. Gustave Flaubert m’avait accompagné dans ce voyage".] Son isolement a de bons côtés: "Quant à la Politique, j’ai un avantage sur toi. Car ne voyant personne je n’entends pas dire de bêtises!"... Il lui demande de lui envoyer son "bouquin" par la poste, et termine: "Amitiés au jumeau et à toi toutes mes tendresses"...
1000 / 1200 Euros.
(Corr. Flaubert-Du Camp, éd. Yvan Leclerc, Flammarion, 2000, p.421.)

Lot n° 255:
[Gustave FLAUBERT]. Mèche de cheveux liée par un fil blanc, conservée par Louise Colet, dans une enveloppe in-12.
Au crayon sur l’enveloppe, Henriette Bissieu (la fille de Louise Colet) a noté au crayon: "cheveux de G. Flaubert"; suit cette note à la plume: "J’atteste que c’est bien l’écriture de la fille de Made Lse Colet ma mère".
300 / 350 Euros.

Lot n° 256:
[Gustave FLAUBERT]. L.A.S. de son père Achille-Cléophas Flaubert, Rouen 12 décembre 1838, à Charles Vacquerie au Hâvre [sic]; 1 page et demie in-4, adresse (un peu froissée).
Prescription du docteur Flaubert au futur mari de Léopoldine Hugo. "Je ne vous ai pas défendu le sirop de digitale d’une manière absolue, je vous ai dit de ne point en abuser"... Il pense qu’une saignée de bras sera utile, et lui recommande de bien suivre son régime...
200 / 250 Euros.

Lot n° 194:
Louis BOUILHET. L.A.S., [novembre 1851, à Louise Colet]; 3 pages in-4 (petits trous).
Intéressante lettre à Louise Colet. Louise lui a demandé de l’aider à travailler sur une comédie et des vers, et s’il en est profondément honoré, il a pris du retard: "J’en suis honteux – mais Gustave [Flaubert] vous dira quelle vie est la mienne; plongé jusqu’au cou dans les travaux les plus ineptes, je n’ai que la tête de libre, et encore! [...] Vous excuserez l’indiscrétion dont je me rends coupable, en gardant, chez moi, le manuscrit de votre comédie"... Elle lui a demandé de corriger ses vers, ce qui le flatte mais dont il se sent indigne: "Au fond, je suis l’homme le plus incapable de faire de la critique. Que ne me laissez vous respirer librement et franchement votre poësie? Ce métier de pédant, je le fais tous les jours – et si je hazarde quelques remarques sur votre comédie, ce sera par pure obéissance". Il préfère lui parler de "la charmante pièce de vers que vous m’avez envoyée", qu’il aime beaucoup, mais à laquelle il apporte une correction: "il n’y a pas de galanterie dans l’art". Il admire ses ressouvenirs payens, et sera heureux de lui présenter ses hommages lors de son prochain séjour à Paris...
250 / 300 Euros.

Autographenhandlung J.A. Stargardt

Autographenhandlung J.A. Stargardt, Brentanostr. 52, D-12163 Berlin.
Phone: 49 (30) 8 82 25 42. Fax.: 49 (30) 8 82 24 66. Mail: info@stargardt.de
(< Pierre Janin, Christoph Oberle)

75. FLAUBERT, Gustave, 1821-1880. E.Br.m.U. (Paris) o.D. 2 S. gr.-8°. Ein wenig unfrisch, kleiner Faltenriss.
(300.-)
An "Cher confrère" mit der Bitte, in dessen "collection complète de L’Artiste" nachschlagen zu dürfen. "... est-il indiscret de vous demander si: / Je puis aller chez vous me livrer à ce travail ou (ce qui me serait plus commode) si vous pouvez me prêter successivement plusieurs volumes à la fois – Je vous les rendrais deux jours après... Vendredi soir – / Je me suis présenté chez vous hier, dans l’après midi. J’y serais retourné ce matin sans un rhumatisme qui me cloue dans mon fauteuil..."

Salon de la Bibliophilie au Louvre, chez Pierre Saunier

(< Eric Walbecq)

L'Education sentimentale, EO, reliure modeste de l'époque
"à mon ami le poète Coppée / Gve Flaubert"

Catalogue vente de la Bibliothèque de P.-G. Castex

Drouot 13 mars 2003, J. Benelli expert

Le Candidat, 1/2 maroquin noir. EO enrichie d'un envoi autographe signé à Me Bouthié.

INFORMATION: TOURGUENIEV

Message d'Alexandre Zviguilsky:
L'Association des Amis d'Ivan Tourguéniev annonce l'ouverture prochaine d'une pièce supplémentaire dans la maison de Bougival, transformée aujourd'hui en Musée Européen Ivan Tourguéniev. Il s'agit de la "chambre de Flaubert", qui ne pourra être ouverte au public qu'après réfection par le propriétaire de l'escalier du second étage.
Contact musee.tourgueniev@wanadoo.fr

VIENT DE PARAITRE

Ouvrages

Dans le Bulletin n°37, nous avons signalé le livre de M. Martinez, en donnant la présentation de Livres Hebdo. Joëlle Robert en propose ici une analyse:
Michel Martinez, Flaubert, le sphinx et la chimère. Flaubert lecteur, critique et romancier d'après sa correspondance, L'Harmattan, 2002, 320 p. (Critiques littéraires) - ISBN: 2-7475-3331-X - 26 Euros.
Tout écrivain est d'abord un lecteur. Flaubert le fut peut-être plus que les autres. Les jugements littéraires contradictoires et les goûts éclectiques qui émaillent sa Correspondance, lui furent maintes fois reprochés par les critiques. Pourtant, Michel Martinez souligne dans son étude "l'extraordinaire cohérence entre les propos de l'homme, ceux du critique littéraire et ceux de l'écrivain". Il analyse les remarques de Flaubert, faites sur quelques grands auteurs admirés, qu'il a lus et relus tout au long de sa vie et qui l'ont aidé à forger sa vision du monde, son éthique et son esthétique. Il s'intéresse également à ceux qu'il détestait, et les jugements sur ces écrivains permettent aussi de vérifier la cohérence interne des principes qui guident Flaubert dans sa critique littéraire et dans son écriture. Ses contemporains ne sont pas oubliés, même si M. Martinez réduit délibérément son corpus, en écartant les lettres qu'il juge non sincères. Les "critiques de pion" de Flaubert sur le langage poétique de Louis Bouilhet et de Louise Colet ou sur le langage romanesque d'écrivains qui lui envoient leurs ouvrages, aident à comprendre ce qu'il entend par un beau style.
Son univers esthétique apparaît finalement comme le fruit d'une tension entre le réel et l'idéal, entre le Sphinx et la Chimère, entre un scepticisme absolu dans la vision du monde et une conception idéaliste de l'écriture romanesque.

Articles Jacques Bienvenu, "Maupassant et la psychologie", L'Angélus, n°13, déc. 2002-janv. 2003.
Jusqu'en 1886, Maupassant défend la conception flaubertienne du roman "objectif" (les actes et les faits parlent d'eux-mêmes), opposé au roman psychologique. L'étude sur "Le Roman" reprend cette opposition, mais Pierre et Jean contredit la théorie de l'essai qui le précède. En se séparant de la leçon de Flaubert, Maupassant emprunte l'un de ses procédés à l'écriture artiste des Goncourt: la reprise lexicale (cet "essayage d'expressions" dont parle Jules Lemaître). "On en arrive donc à cette conclusion stupéfiante: dans l'étude sur le roman, Maupassant fait l'éloge de Flaubert et attaque violemment Goncourt, et dans les faits c'est en quelque sorte le contraire qu'il faut comprendre!" (p.39).

Contact a.a.maupassant@wanadoo.fr




Ce Bulletin est édité par le Centre Flaubert, avec la collaboration de Matthieu Desportes, de Jean-Benoît Guinot et de Joëlle Robert. Il vous tiendra informé(e), selon une périodicité variable, des manifestations et des publications concernant Flaubert. Si vous désirez le recevoir gratuitement et y faire paraître des informations ou des commentaires, veuillez envoyer vos coordonnées et vos messages à :

Yvan Leclerc yvan.leclerc@univ-rouen.fr
Professeur à l'Université de Rouen
Faculté des Lettres et Sciences Humaines
F. - 76821 Mont-Saint-Aignan Cedex
Tél. Secrétariat département: 02 35 14 61 67
Tél. Centre Flaubert: 02 35 14 69 01

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