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BULLETIN FLAUBERT n° 47 / 6 novembre 2003


AGENDA

Samedi 22 novembre 2003, Rouen

L’édition de la Correspondance de Flaubert, Bibl. de la Pléiade, t.V, à paraître vers 2005.

Association des Amis de Flaubert et de Maupassant, Hôtel des Sociétés savantes, 190, rue Beauvoisine
14h 30-17h 30.

Table ronde avec les collaborateurs du dernier volume de la Correspondance générale. Joëlle Robert (extraits du Journal de Goncourt, lettres à Michel Lévy, table de concordance), Jean-François Delesalle (Suppléments).
Pour l’index: Jean-Paul Levasseur, Christoph Oberle (Centre Flaubert), François Pinel (U. de Nice), Benoît Farcy (étudiant ayant été chargé, lors d’un stage à la Bibl. de la Pléiade, d’une relecture de l’index du volume La Règle du jeu, de Michel Leiris). Coordination: Yvan Leclerc.

2003-2004. Séminaire de l’équipe Flaubert, ITEM/CNRS, Paris

"Les notes, de la genèse à l’édition"

Les notes prises par Flaubert pour composer ses livres forment un massif considérable d’érudition, d’investigation, de recherche. Elles sont diversement incorporées dans la genèse des oeuvres. Qu’en est-il, face à elles, pour l’éditeur scientifique des oeuvres de Flaubert? Sont-elles un recours, un appui, pour la présentation des oeuvres? Les tracés de la genèse sont-ils une ressource pour l’annotation critique? Et qu’en est-il au bout du chemin, pour le lecteur des notes éditoriales? Interprétations de la genèse, annotations des textes, usages de la lecture, c’est l’ensemble de cet espace critique que le séminaire envisagera, sur des exemples et des pratiques précis, dans l’horizon d’une histoire des éditions, et de la conception de nouvelles formes d’annotations.

Dates prévues: les samedis 6 décembre 2003, 10 janvier, 13 mars, 3 avril, 15 mai 2004 de 10h à 13h et le 12 juin 2004 de 10h à 13h et de 14h 30 à 17h.
Les séances ont lieu à l’ENS, salle des Actes, 45, rue d’Ulm, 75005 Paris (pour les deux premières séances).

Coordination: Jacques Neefs (jneefs@club-internet.fr)
Contact: Martine Mesureur-Ceyrat (01 44 32 18 93; martine.mesureur-ceyrat@ens.fr)

VIENT DE PARAITRE

Ouvrages

Arden Reed, Manet, Flaubert and the Emergence of Modernism, Cambridge University Press, 2003, 347p.
(< Noëlle Benhamou)

Thierry Savatier, Une femme trop gaie. Biographie d’un amour de Baudelaire, CNRS Editions, 2003.
Dans cette biographie d’Aglaé Sabatier, écrite par son arrière-petit-neveu, qui a eu accès à des archives de première main, Flaubert est situé dans le groupe des admirateurs amoureux de Mme Sabatier. Il participe aux dîners de la rue Frochot vers 1855 ou 1856: "De tous les invités, c’est peut-être le seul qui osa une approche sentimentale directe de la Présidente" (p.114). La dédicace de Madame Bovary, "à notre belle, bonne et insensible Présidente", ne laisse guère de doute sur l’issue de cette approche. TS fait un point très précis (p.223-227) sur les "traces" de Mme Sabatier dans L’Education sentimentale: Flaubert lui-même indique explicitement dans son Carnet de notes n°9 "Bal paré chez la Présid.", à propos du bal chez la Maréchale. Au passage, en s’appuyant sur de nouvelles recherches, TS propose de revoir les dates de plusieurs lettres de Flaubert; il en sera tenu compte dans les prochaines rééditions de la Correspondance.

Articles

Jeanne Bem, "Sade, Flaubert, Emma", dans L’Allemagne et la France des Lumières. Mélanges offerts à Jochen Schlobach, Champion, 2003, p.391-400.
"Sade est donc pour eux [Flaubert et ses amis] à la fois une philosophie critique, un manuel de sexologie, un espace de liberté et de protestation contre l’ordre bourgeois, un espace de jeu instaurant une complicité joueuse, un secret" (p.396). Emma comme héroïne "secrètement sadienne". Justin, clin d’oeil à Justine. "Emma a le prestige des maîtres sadiens, elle est caractérisée non seulement par le désir érotique mais par l’énergie" (p.398-399).

François Coppée, [Compte rendu de Bouvard et Pécuchet, de Flaubert] (La Patrie, 28 mars 1881), dans Chroniques artistiques, dramatiques et littéraires, textes recueillis, préfacés et annotés par Yann Mortelette, PU de Paris-Sorbonne, 2003.

Stéphanie Dord-Crouslé, "Flaubert et les Manuels Roret ou le paradoxe de la vulgarisation. L’art des jardins dans Bouvard et Pécuchet", dans Le Partage des savoirs, XVIIIe-XIXe siècles, sous la dir. de Lise Andries, PU de Lyon, 2003, p.93-118.
Flaubert grand lecteur des Manuels Roret. Etapes génétiques de l’épisode du jardin pittoresque (BP, chap.II). Prise de notes orientée, à la fois sélective, partiale et littéraire plus que "scientifique" (p.111). BP comme "mise en scène de l’impossibilité de toute vulgarisation". Transcriptions partielles de notes du Carnet n°18 bis.

Marie-Dominique Nobécourt-Mutarelli et Yvan Leclerc, "Gustave Flaubert au Collège royal de Rouen"; Gustave Flaubert, "Notes sur Gibbon", dans Lycées et lycéens normands au XIXe siècle, documents réunis sous la dir. de Jean-Pierre Chaline, Société de l’Histoire de Normandie, Rouen, [Archives de la Seine-Maritime, Cours Clémenceau, 76100 Rouen] 2003, p.137-156.
Ce que nous savons sur Flaubert collégien et lycéen. Transcription des 17 premiers feuillets des notes inédites prises par Flaubert en 1836-1837 sur Edouard Gibbon, Histoire de la décadence et de la chute de l’Empire romain, 1776 (trad. 1777). Le dossier entré à la BM de Rouen en 1997 comporte 152 feuillets au total.

Bernard Vouilloux, "Les tableaux de Flaubert", Poétique n°135, septembre 2003, p.259-287.
Flaubert "myope". Paradigme écrivains myopes/ écrivains presbytes dans le discours des écrivains et des critiques. Rapport entre détails et ensemble dans les "tableaux" peints ou décrits. Commentaire neuf de l’expression "faire la pyramide" (p.268). Dialectique disparition de l’auteur/ du lecteur: "la mise en retrait de l’auteur a pour conséquence la dénégation de l’existence du lecteur" (p.278). Flaubert, écrivain "impressionniste"?

BIBLIOTHEQUE REELLE

( < Eric Walbecq)

Le Figaro littéraire du 2 octobre 2003 signalait un livre ayant appartenu à la bibliothèque de Flaubert, à vendre chez un libraire parisien.

Bertrand Galimard Flavigny, "Bibliofolie - Les sources de Paramelle"
"[...] Voilà qui devait plaire à Bouvard et Pécuchet qui n'avaient pas manqué de lire L'Art de découvrir les sources de l'abbé Paramelle. Flaubert en possédait un exemplaire de la deuxième édition, celle de 1859, qui porte son cachet (1). On y décèle des notes manuscrites au crayon dans les marges. Sont-elles de Flaubert qui, on le sait, utilisait une abondante documentation pour écrire ses livres? Bouvard et Pécuchet, au cours de leurs tribulations scientifiques, ne se firent pas sourciers, mais employèrent "la baguette divinatoire": "Les vertus en sont douteuses. Ils étudièrent la question, cependant; et apprirent qu'un certain Pierre Garnier donne pour les défendre des raisons scientifiques: les sources et les métaux projetteraient des corpuscules en affinité avec le bois.

(1) Vu cet exemplaire à la librairie Teissèdre-Céline Poisat, à Paris, au prix de 600 euros."

RECHERCHE

( < Thierry Savatier)

En réponse (tardive) à une question du Bulletin n°44 concernant les romans intitulés "moeurs de...", je n'ai trouvé que deux titres reprenant l'exact sous-titre de Madame Bovary, mais les ouvrages sont postérieurs à 1856:
Gustave Guiches, Céleste Prudhomat, moeurs de province, Librairie Moderne, 1887.
Eugène Delard, Les Dupourquet, moeurs de province, Calmann-Lévy, 1892.

En revanche, si l'on oppose "moeurs de province" à "moeurs parisiennes", les textes sont plus nombreux:
Jules Janin, Moeurs parisiennes, 1830 http://www.bmlisieux.com/litterature/janin/moeurs.htm
Delphine de Girardin, Moeurs parisiennes, un enterrement politique, Musée des familles, 2e vol., 3e année, 1835, p.121-124.
M. P. Boizard, Moeurs parisiennes, Paris chez soi, Revue historique et pittoresque de Paris ancien et moderne, Paul Boizard, 1855, p.254-256.
Paul de Kock, Moeurs parisiennes, nouvelles, Barba, 1839.

Les auteurs reprenant "moeurs parisiennes" pour des romans postérieurs à la publication de Madame Bovary seront nombreux: Zola, Alphonse Daudet, Paul Alexis, Oscar Méténier, Gustave Toudouze... la liste n'est pas exhaustive.

LECTURE

( < Jean-Benoît Guinot, Catriona Seth)

Le Monde, 6 octobre 2003.
Jean-Yves Jouannais, L'Idiotie en art, Ed. Beaux-Arts Magazine, 2003.

"Et si l'idiotie n'était pas qu'une histoire drôle? Idiotie vient du grec idiôtès, qui signifie "ce qui est unique, à part", explique Jean-Yves Jouannais. Il était normal que la modernité avec son goût des avant-gardes, des ruptures, s'empare de l'idiotie, synonyme d'originalité. L'invention de l'idiotie, pour moi, date de 1880, avec le Bouvard et Pécuchet de Flaubert, précisément la fin du huitième chapitre. Avant, l'idiotie était une catégorie de la moquerie, du détournement des valeurs établies. Avec Flaubert, elle s'impose comme une morale du regard. [...]
- Pourquoi faites-vous remonter l'invention de l'idiotie à Bouvard et Pécuchet de Flaubert?
- Avant la fin du XIXe siècle, les démarches étaient davantage de l'ordre du parodique, du pastiche, du détournement. L'idiotie est une valeur totalement autonome qui peut exister en soi sans se moquer de rien d'autre. Le "i" d'idiotie n'est pas un "i" privatif comme celui d'"imbécillité" ou d'"immaturité". L'idiotie est pour moi l'opposé de la stupidité, de la bêtise ou de la connerie. Elle conjure la bêtise. L'intelligence et la bêtise sont des murs très rectilignes parce qu'ils pensent détenir la vérité, apporter des conclusions. L'idiotie n'a pas cette prétention-là! C'est une forme circulaire dans laquelle l'artiste ou le poète peuvent tenir une position et son contraire simultanément. L'idiotie peut joindre les genres les plus populaires et les plus triviaux, donc méprisés, et les plus évolués, donc respectés."

BULLETIN FLAUBERT

Le Bulletin Flaubert est envoyé à 443 abonnés. Il est fidèlement relayé par la liste de discussion "Litor".
Depuis le premier numéro, il est relu et corrigé par Matthieu Desportes, et depuis le n°46, il bénéficie aussi des conseils et des remarques préliminaires de Jean-Benoît Guinot. Merci à tous les deux.




Ce Bulletin est édité par le Centre Flaubert, avec la collaboration de Matthieu Desportes, de Jean-Benoît Guinot et de Joëlle Robert. Il vous tiendra informé(e), selon une périodicité variable, des manifestations et des publications concernant Flaubert. Si vous désirez le recevoir gratuitement et y faire paraître des informations ou des commentaires, veuillez envoyer vos coordonnées et vos messages à :

Yvan Leclerc yvan.leclerc@univ-rouen.fr
Professeur à l'Université de Rouen
Faculté des Lettres et Sciences Humaines
F. - 76821 Mont-Saint-Aignan Cedex
Tél. Secrétariat département: 02 35 14 61 67
Tél. Centre Flaubert: 02 35 14 69 01

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