BULLETIN
RECHERCHE
Contact   |   À propos du site

BULLETIN FLAUBERT n°61 / 18 octobre  2004


VENTES

Paris, Drouot, 19 octobre 2004

Thierry Bodin expert.
http://www.artweb.fr/base/cp2.php?cp=18

Lot n°94 Gustave Flaubert. L.A.S., Mardi soir [14? février 1860, à l’archéologue Charles-Ernest Beulé]; 1page et demie in-8.
Belle lettre à l’archéologue qui fit les fouilles de Carthage, alors que Flaubert est plongé dans la rédaction de Salammbô. Il remercie son correspondant pour «la petite note de Zonare [historien grec] que vous m’avez envoyée et ensuite vous dire combien votre article sur le Cothon [port de Carthage] m’a intéressé». Il s’excuse de son retard à le féliciter: «Mais je ne lis aucun journal et je vois peu de monde, si bien qu’avant-hier seulement, j’ai appris votre nomination à l’Institut». Il se réjouit de cette bonne nouvelle, et viendra le voir un jeudi pour «causer un peu de rebus punicis»...
700/800 euros.
[Incomplète dans Corr., éd. Jean Bruneau, Bibl. de la Pléiade, t.III, p.77.]

Paris, Drouot, 20 octobre 2004

Bernard Loliée expert.

9. Lettre inédite à Tourgueneff, datée Croisset près Rouen, 7 août [1876].
1500/ 2000 euros.

10. Lettre à Louise Colet, [12 septembre 1853], Corr., éd. Jean Bruneau, Pléiade, t.II, p.428-430. Jean Bruneau mentionnait la coupure de l’édition Conard (n.1, p.430), faute d’avoir eu accès à l’autographe. On peut rétablir aujourd’hui le passage censuré: «Ce sujet bourgeois me dégoûte - et il me faut une masturbation opiniâtre pour y bander!»
(Dans le Bulletin Flaubert précédent, nous avons indiqué par erreur que cette vente était passée.)
(< Marlo Johnston, Eric Walbecq)

Cannes, 20 octobre 2004, 14h.

L. Daniel Rossignol expert. Tél. 06 03 62 41 72.

Lieu de vente: Issaly François, 31, Boulevard d'Alsace, 06400 Cannes.
www.interencheres.com [Taper «Flaubert» dans la fenêtre «rechercher».]

171. Flaubert (G). Bouvard et Pécuchet. OEuvre posthume. Paris, Alphonse Lemerre, 1881, in-12 (18,7 x 12,5 cm), de 2 ff. et 400 pages, demi-chagrin rouge, dos à nerfs, titre doré (reliure de l’époque). Edition originale. Exemplaire sur vergé d’Hollande, non numéroté. Note de l’Amateur: «Edition originale – Exemplaire sur papier de Hollande – Exemplaire de Guy de Maupassant?» - (N.B.: Nous n’avons pas pu le vérifier).

172. L’exemplaire de la mère de Guy de Maupassant.
Flaubert (Gustave). L’Education sentimentale. Histoire d’un jeune homme. Paris, Michel Lévy, 1870, 2 volumes in-8 (22,5 x 14,5 cm), demi-veau havane, dos lisses, étiquettes et filets dorés (reliure de l’époque, mors et dos un peu frottés, une petite tache sur un dos, assez nombreuses rousseurs, plus accentuées par endroits). Edition originale.
Tome 1: 1 feuillet blanc portant la dédicace + fx-titre + titre + pp. 1 à 427. Tome 2: Fx-titre + titre + pp. 1 à 331. Très précieux exemplaire, enrichi de la dédicace autographe signée suivante: «à M. Laure de Maupassant, son plus vieil ami: G. Flaubert» [fac-similé de l’envoi. Flaubert a commencé par écrire «son vi[eil]» et l’a transformé en «plus vieil».]

173. Flaubert (G.). Salammbô. Englished by M. French Sheldon… London, Saxon and Co, 1886, in-12, percaline de l’éditeur (qq. rousseurs sur les tranches).
Envoi autographe signé du traducteur: «M. Guy de Maupassant, with the compliments of M. French Sheldon».

174. Flaubert(Gustave). Madame Bovary. Nouvelle édition. Paris, Michel Lévy, 1862, 2 volumes in-12, 490 pp., d-chagrin à coins, dos ornés (rel. de l’époque, qq.rouss.). – Monogramme doré «G.F.» au dos de chaque volume. Note de l’Amateur: «Deuxième édition originale, importante par les nombreuses corrections apportées par Flaubert. Charmant exemplaire…»

Catalogue Librairie de l’Echiquier, Frédéric Castaing [octobre 2004].

19, rue de Valois, 75001 Paris.
castaing.frederic@wanadoo.fr

[Flaubert] Caroline Commanville. L.A.S. de sa nièce Caroline à Flaubert (s.l.n.d.) 2p. ½ in-8°.
Elle lui envoie les renseignements demandés, fournis par le curé Duquesnay. «Lithurgiquement [sic] on ne doit pas chanter aux messes basses d’enterrement; on le fait cependant aux enterrements de Pre classe. Partout on chante en général le Dies irae qu’on coupe en plusieurs morceaux… à l’élévation on chante trois fois «Pie Jésus Domine dona ei requiem». Après la messe on chante ordinairement le «libera me Domine de morte aeterna». En 1850 on chantait les mêmes morceaux qu’à présent à ces messes qui sont de pure fantaisie…»
320 euros.
[Probablement pour l’enterrement de Dambreuse, dans L’Education sentimentale.]

BIOGRAPHIE

Actes et documents trouvés et transcrits par Olivier Leroy.

(16/02/1846) Concession par la Ville de Rouen à Achille Flaubert d'un terrain au Cimetière Monumental de Rouen
http://flaubert.univ-rouen.fr/biographie/conc46.php

Annexe: extrait du «Livre de concessions» conservé au Cimetière Monumental de Rouen
http://flaubert.univ-rouen.fr/biographie/livconc.php

(21/03/1846) Dépôt d'un testament olographe attribué à Achille Cléophas Flaubert
http://flaubert.univ-rouen.fr/biographie/testa46.php

(25/12/1846) Donation entre vifs par Caroline Fleuriot à Gustave Flaubert d'une somme de 76.038, 25 francs
http://flaubert.univ-rouen.fr/biographie/don46.php

RECHERCHE

Réponses au Bulletin, qui transmettra.

A propos de Mérimée

(< M. Martinez)

«Je me souviens avoir lu un passage d'un livre où il était question de Tourguéniev disant que Mérimée était un grand écrivain. Flaubert répondait que ce dernier écrivait mal: il y avait trop de "que" dans son style.
Je croyais avoir lu cela dans le Journal des Goncourt. Mais en le feuilletant je ne suis pas arrivé à localiser le passage en question. Pourriez-vous m'aider?»

L'écriture selon Flaubert

(< Jean Poulain) 

«Il y a quelques années, un correspondant hollandais m'a posé une question à laquelle je n'ai pas su répondre. Selon un répertoire de citations classiques qu'il avait consulté (Gerd de Ley, "Klassiek citatenboek", 1992, p.204) Gustave Flaubert aurait été l'auteur d'une sentence que l'ouvrage en question énonçait "schrijven is oorlog", ce qui correspond à l'anglais "Writing is War", sans qu'on pût savoir s'il s'agissait d'une traduction de l'expression originale même - soit à peu près "écrire, c'est faire la guerre" ou de la contraction en une formule percutante d'une définition de l'écriture que Flaubert aurait exprimée de façon moins ramassée. Sans doute, quand il avait 15 ans, il a écrit dans Un Parfum à sentir ou Les Baladins: «Ecrire, oh écrire, c'est s'emparer du monde, de ses préjugés, de ses vertus et le résumer dans un livre. C'est sentir sa pensée naître, grandir, vivre, se dresser debout sur son piédestal, et y rester toujours.». Mais cette façon de "s'emparer du monde" a-t-elle grand-chose de commun avec la brutalité d'une guerre? On peut bien sûr considérer qu'écrire est plus proche de la guerre que, par exemple, de la paix, en ce que cela implique une certaine violence faite à la réalité, mais cette vision est-elle bien celle de Flaubert? Ou s'agirait-il d'une lutte contre les mensonges littéraires? Mais l'écriture n'est-elle pas surtout cette "délicieuse chose" dont il parlait à Louise Colet dans sa lettre du 23 décembre 1853? Bref, j'en suis au même point qu'il y a quelques années, et ce malgré les recherches que j'ai faites […] Existe-t-il à votre connaissance un passage dans lequel Flaubert aurait exprimé une idée qui puisse correspondre à ce que je me suis efforcé d'exprimer dans l'objet de ce message?»

Delphine Couturier

(< Corinne Iehl)

«Y a t-il moyen de savoir si "le fait divers" supposé être à l'origine de Madame Bovary a fait l'objet d'un filet ou entre-filet dans le(s) journal(aux) de l'époque, à savoir le suicide de Delphine Couturier à Ry (attesté par le procès verbal de décès) survenu le 6 mars 1848 à 3h du matin (voir Mme Auzou, Ry au XIXe siècle, mémoire de maîtrise d'histoire, université de Rouen, IRED documentation)?»

VIENT DE PARAITRE

(< Noëlle Benhamou)
Luce Czyba, "Les Châteaux d'Emma", dans O saisons, O châteaux. Châteaux et littérature. Des Lumières à l'aube de la Modernité 1764-1914, Pascale Auraix-Jonchière éditeur, PU Blaise Pascal, collection «Révolutions et Romantisme», juin 2004, 385 p. 27 euros.

Stéphanie Dord-Crouslé, «Plus qu’une terre promise, un «pays de connaissance». Flaubert en Terre sainte (août 1850)», Perspectives, Revue de l’Université Hébraïque de Jérusalem, n°11, 2004, «Terres promises», p.129-153.
La Terre promise de Flaubert, c’est l’Orient tout entier. Déception de certaines attentes et plaisir de la reconnaissance. Il retrouve les livres lus, les tableaux vus, ses propres écrits antérieurs. La visite des lieux saints confirme son anticléricalisme, mais «le jeune écrivain y fait aussi une (nouvelle?) expérience du religieux et de la croyance, de leur indépendance avec l’esprit humain, de leur nécessité, et cette expérience nourrira profondément nombre de ses écrits ultérieurs» (p.148).

(< Gilles Cléroux)
Agnès de Noblet, Un univers d'artistes: autour de Théophile et de Judith Gautier: dictionnaire, L'Harmattan, collection «Les Introuvables», 2003, 548 p., 44 euros.
Index développé des Souvenirs de Judith Gautier, comprenant toutes les personnalités citées au moins une fois dans Le Collier des jours ou Le Second rang du collier. Notices sur Flaubert, Bouilhet, Du Camp, Mme Sabatier, Goncourt, Sand, la princesse Mathilde, etc.

Gino Spadon (Université de Venise), «Madame Bovary: dallo scritto allo schermo», Ciemme. Ricerca e Informazione sulla Comunicazione di massa, XXXV, 145, sept. 2004, p.80-101.




Ce Bulletin est édité par le Centre Flaubert, avec la collaboration de Matthieu Desportes, de Jean-Benoît Guinot et de Joëlle Robert. Il vous tiendra informé(e), selon une périodicité variable, des manifestations et des publications concernant Flaubert. Si vous désirez le recevoir gratuitement et y faire paraître des informations ou des commentaires, veuillez envoyer vos coordonnées et vos messages à :

Yvan Leclerc yvan.leclerc@univ-rouen.fr
Professeur à l'Université de Rouen
Faculté des Lettres et Sciences Humaines
F. - 76821 Mont-Saint-Aignan Cedex
Tél. Secrétariat département: 02 35 14 61 67
Tél. Centre Flaubert: 02 35 14 69 01

Mentions légales