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BULLETIN FLAUBERT n° 64 / 10 janvier 2005



VOEUX

«Puisqu'on n'est entouré que de canailles ou d'imbéciles dans ce bas monde (il y en a qui cumulent), que ceux qui ne se croient être ni des uns ni des autres, se rejoignent et s'embrassent. C'est ce que je fais en vous envoyant à tous mille amitiés et souhaits pour cette année et les subséquentes (selon la formule).»
(Lettre à son oncle Parain, [vers le 1er janvier 1853], Correspondance, éd. Jean Bruneau, Pléiade, t.II, p.226; citation choisie par Jean-Benoît Guinot.)

AGENDA

Programme 2005 des Amis de Flaubert et de Maupassant

Samedi 12 mars 2005, 14h00-17h30
Sandrine Berthelot (Université catholique d’Angers), «Flaubert et le grotesque».
[Sandrine Berthelot a publié L’esthétique de la dérision dans les romans de la période réaliste en France (1850-1870). Genèse, épanouissement et sens du grotesque, Champion, 2004.]

Jacqueline Ernst (professeur en classes préparatoires scientifiques au Lycée Kléber, Strasbourg), «La naissance du corps dans les oeuvres de jeunesse».
[Jacqueline Ernst prépare une thèse sur «Flaubert, le corps à l’oeuvre», dirigée par Gisèle Séginger.]

Samedi 2 avril 2005, 14h00-17h30
Corinne Iehl et Jean-Marie Privat (Université de Metz), «Bovary à Ry».

Samedi 28-dimanche 29 mai 2005
Voyage d’étude à Nogent-sur-Seine.
Les attaches champenoises des Flaubert. Relire L’Education sentimentale. Lieux de mémoire: Nogent-sur-Seine, découverte de l’itinéraire Flaubert; Courtavent, Villenauxe…

Un programme détaillé sera publié ultérieurement.

Samedi 24 septembre 2005, 14h00-17h30
Jean-Benoît Guinot (responsable des sites «Gustave Flaubert» et «Je me souviens de Georges Perec»), «A propos du film de Georges Perec et Bernard Queysanne, Gustave Flaubert et le travail de l'écrivain» (avec projection).

Bernard Magné (Professeur émérite à l'Université de Toulouse le Mirail), «Flaubert/ Perec: emprunts, derechef».

Samedi 15 octobre 2005, 9h00-17h30
Colloque «Flaubert et la politique».

Conférences de Daniel Fauvel, Yannick Marec, Dolf Oehler (titres en attente), Gisèle Séginger (Université de Marne-la-Vallée), «L’écriture du politique dans les scénarios d’Hérodias».

Un programme détaillé sera publié ultérieurement.

Samedi 19 novembre 2005, 14h00-17h30
Présentation d’un fonds d’archives de Caroline Commanville par Bernard Molant, Matthieu Desportes et Yvan Leclerc.

Hôtel des Sociétés savantes, 190, rue Beauvoisine, 76000 Rouen.
Entrée libre et gratuite.

Sciences d’écrivains

Pour mémoire, colloque passé
(< Noëlle Benhamou)

Samedi 18 décembre 2004, Centre Alexandre Koyré
Pavillon Chevreul, 3e étage, 57 rue Cuvier, 70005 Paris

10.50-11.30. Claudine Cohen (EHESS): Flaubert, le XIXe siècle et l’encyclopédie des sciences

http://www.koyre.cnrs.fr/article.php3?id_article=298
Coordination: Baudouin Jurdant et Andreas Mayer.

Présentation: Cette journée est consacrée à l’étude de la manière dont certains auteurs, anciens et modernes, ont tenté soit de mettre en oeuvre leur propre écriture littéraire pour faire oeuvre de science, soit de mettre en oeuvre certains aspects de la science pour faire oeuvre littéraire. Il ne s’agit pas de mettre en scène le couple science et littérature au niveau des représentations de l’une dans l’autre à travers les préjugés et les idéologies qui ont pu marquer depuis le XVIIIe siècle l’état d’esprit de ces auteurs. Il s’agit plutôt de montrer comment, très concrètement, des écrivains ont cru faire de la science, et donc, être «scientifique», en écrivant. Pour d’autres, c’est bien en tant que «scientifiques» ou inspirés par des connaissances scientifiques qu’ils ont écrit d’une certaine manière.
On s’attachera, entre autres, à relever les procédés spécifiques, les techniques d’écriture qui sont inventées pour identifier et circonscrire des «objets», des «processus», des «événements», des «phénomènes». On essayera de mieux comprendre comment l’écriture elle-même a pu être considérée comme un outil d’investigation du monde réel.
L’interpénétration pratique de la science et de la littérature est l’origine de plusieurs interrogations sur l’écriture littéraire elle-même, sa spécificité, ses prétentions à la rigueur, sa portée épistémique, notamment par rapport aux sciences sociales et humaines. On pourrait même se demander ce qui différencie véritablement l’oeuvre de Balzac ou de Proust par exemple de celle d’un sociologue ou d’un anthropologue du début du XXe siècle.
Il n’y a de science qu’écrite. Et pourtant, la science nous apparaît aujourd’hui comme de plus en plus éloignée de la littérature. Est-ce à dire que l’écriture scientifique n’a rien de littéraire ou que l’écriture littéraire est un pur jeu de formes sans incidence sur la vision que nous pouvons avoir du monde? En quoi l’écriture scientifique et l’écriture littéraire sont-elles véritablement distinctes? Au nom de quoi y a-t-il eu séparation et éloignement?

VENTES

Catalogue Les Neuf Muses, Alain Nicolas, [décembre 2004]

muses@noos.fr

46. Manuscrit autographe intitulé «France. Histoire du tiers état» [vers 1837-1840]. 12 pages de formats divers.
6.000 euros.
Ces notes remontent très probablement à la période où Flaubert étudiait au collège Royal de Rouen. Elles se présentent comme un exposé, une synthèse d’informations sur l’histoire du Tiers Etat, empruntées à plusieurs sources nommées, qui permettent de proposer une date approximative à ce document. Sont cités: – Niebuhr (folio 1) [Niebuhr (Berthold-Georges, 1776-1831), historien allemand, Histoire romaine, Berlin, 1811-1832, 3 vol., trad. 1830-1840, 7 vol.] – Raynouard, Histoire du droit municipal en France, tome II (folio 6) [titre complet: Histoire du droit municipal en France sous la domination romaine et sous les trois dynasties, Paris, Sautelet, 1829, 2 vol.] – Guizot, t.IV, p.247 (folio 5), sans précision de titre [probablement Histoire de la civilisation en France, depuis la chute de l’Empire romain, Didier, 2e éd. revue et corrigée, 1840, 4 vol. La BnF ne possède pas la première édition. La citation donnée par Flaubert ne se trouve pas à la p.247 du t.IV, mais ce volume est bien consacré au Tiers Etat, leçons XVI à XIX]. D’après la correspondance, on sait que Flaubert lit les Essais de France de Guizot en 1838 (lettre à Ernest Chevalier du 26 décembre 1838, Correspondance, éd. Jean Bruneau, Bibl. de la Pléiade, t.I, p.34), mais la mention des notes qui nous occupent ne peut renvoyer à cet ouvrage, puisqu’il ne comporte qu’un seul volume.
Au vu de l’écriture, des ouvrages cités, des programmes scolaires, qui prescrivaient l’étude de l’histoire moderne, particulièrement de l’histoire de France, en classe de seconde, on peut situer ces notes dans une fourchette comprise entre 1837 et 1840.

Privat - L'Art de voir.

162, Bd Haussmann. 75008 Paris.
Tel 01.49.53.05.25.
advprivat@aol.com

Catalogue n°37-2004.
Flaubert (Gustave), L'Education sentimentale. Histoire d'un jeune homme. Michel Lévy, 1870. 2 volumes in-8, 2 ff. non ch. et 427 pp. - 2 ff. non ch. et 331 pp. Bradel demi-toile ambre, pièce de titre au dos, non rogné, couvertures et dos (un peu défraîchis) conservés, reliure moderne.
500 Euros.
Edition originale y compris le second volume qui ne comporte pas de mention de tirage au titre. Exemplaire imprimé sur papier de base. Pâles rousseurs habituelles. Petite fente en coin de la page 57 du tome 2.
(< Jean-Benoît Guinot)

Catalogue Les Autographes, Thierry Bodin, n°112, décembre 2004.

http://www.lesautographes.com/

110. Gustave Flaubert (1821-1880) romancier
L.A.S., Croisset vendredi soir, [à Ernest Leroy, Préfet de la Seine inférieure]; 3/4 page in-8 (lég. effrang. sur un bord). «J'aurai l'honneur de me rendre demain à l'invitation de Mr le Préfet»...
400 euros. Inédite.

RECHERCHE

Le «et» manuscrit abrégé: transcription par l’alpha ou par l’esperluette?
(Voir la question posée dans le Bulletin Flaubert n°63.)

Jeanne Bem
«Si on fait une transcription diplomatique, il faut garder alpha, de même qu'on ne corrige pas l'orthographe, qu'on ne remet pas les accents, etc.»

Eric Le Calvez
> «Il s'agit vraisemblablement de l'esperluette écrite à la va-vite. L'esperluette (signe d'ailleurs fort laid) prendrait plus de temps à écrire correctement qu'un "et", essayez et vous verrez. Donc cela est devenu un "alpha", il n'y a pas de doute là-dessus. Que l'alpha ait un sens de liaison ou non, ce n'est pas l'important; c'est plutôt à relier à l'idiosyncrasie flaubertienne, comme tous les signes grecs (de mises en rapport interlinéaires ou marginales) qui pullulent dans les brouillons. Puisque aucun des signes de liaison de Flaubert ne ressemble à un "&", je me refuse de le transcrire ainsi dans mes transcriptions diplomatiques, et opte donc pour "alpha".»

Matthieu Desportes
«Définitivement esperluette. La forme alpha peut apparaître comme l'abréviation de l'esperluette (elle-même abréviation).»

Stéphanie Dord-Crouslé
«1- Dans une perspective de diplomatique "radicale" voire intégriste (être au plus près de ce qui est écrit sur la page du manuscrit et de la manière dont c'est écrit), j'ai commencé par utiliser le "alpha" qui est clairement le signe graphique le plus proche de celui que trace Flaubert.
2- Réfléchissant à la formalisation et aux transformations que subissent nécessairement les lettres et les signes lorsqu'ils passent de l'état manuscrit à l'état "typographié" (compliquées par exemple par l'épineux problème des majuscules), j'en suis venue à me dire que si je rétablissais d'autres lettres mal formées, il n'y avait pas de raison pour que je n'agisse pas de même avec ce qui est - apparemment? - à l'origine un "&" simplifié.
3- Mais ce raisonnement ne me satisfait pas complètement car c'est vraiment la lettre grecque que Flaubert écrit!
D'où deux problèmes à éclaircir pour m'enlever mes dernières réticences:
1- Historiquement, la lettre alpha a-t-elle jamais eu un rôle de liaison? Il faudrait que des médiévistes et des spécialistes de la langue classique nous donnent leur avis.
2- Dans la pratique graphique personnelle de Flaubert, existe-t-il une évolution dans la formation - ou la déformation - du signe de liaison? C'est là aux spécialistes des écrits de jeunesse de nous répondre...»

SUR LA TOILE

Sur le site «Forum Pradier» de Douglas Siler

Grimm Thomas, Petit Journal, 10 mai 1880; Anonyme, Grand Journal, 12 et 16 mai 1880. Articles annotés par le fils du sculpteur James Pradier
http://users.skynet.be/jamespradier/Texts/Breves_Flaubert_12-12-04.htm

Sur le site de la BM de Lisieux

Dubosc Georges: «Les Ancêtres paternels de Gustave Flaubert. Extrait des Chroniques du Journal de Rouen du 17 février 1924.»
http://www.bmlisieux.com/normandie/dubosc17.htm

Dubosc Georges: «Gustave Flaubert à Notre-Dame de la Délivrande. Extrait des Chroniques du Journal de Rouen du 2 septembre 1923.»
(A propos du séjour à Caen en septembre 1877, lors du voyage d'exploration pour Bouvard et Pécuchet effectué avec Laporte.)
http://www.bmlisieux.com/normandie/dubosc16.htm




Ce Bulletin est édité par le Centre Flaubert, avec la collaboration de Matthieu Desportes, de Jean-Benoît Guinot et de Joëlle Robert. Il vous tiendra informé(e), selon une périodicité variable, des manifestations et des publications concernant Flaubert. Si vous désirez le recevoir gratuitement et y faire paraître des informations ou des commentaires, veuillez envoyer vos coordonnées et vos messages à :

Yvan Leclerc yvan.leclerc@univ-rouen.fr
Professeur à l'Université de Rouen
Faculté des Lettres et Sciences Humaines
F. - 76821 Mont-Saint-Aignan Cedex
Tél. Secrétariat département: 02 35 14 61 67
Tél. Centre Flaubert: 02 35 14 69 01

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