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BULLETIN FLAUBERT n° 71 / 13 septembre  2005


AGENDA

Samedi 24 septembre 2005, Rouen

Flaubert et Perec

Jean-Benoît Guinot (responsable des sites «Gustave Flaubert» et «Je me souviens de Georges Perec»), «A propos du film de Georges Perec et Bernard Queysanne, Gustave Flaubert et le travail de l'écrivain» (avec projection).
En 1975, Georges Perec et Bernard Queysanne reçoivent commande d'un documentaire de six minutes sur Gustave Flaubert. La brièveté du temps imparti et leur goût pour les jeux formels les conduisent à réaliser le premier film à contrainte de l'histoire du cinéma.
Projeté pour la première fois en public, ce court-métrage révèle une approche originale et novatrice de la vie et de l'oeuvre de l'écrivain rouennais.

Bernard Magné (Professeur émérite à l'Université de Toulouse le Mirail), «Flaubert/ Perec: emprunts, derechef».
Comme il le fera un peu plus tard pour Queneau, Perec a révélé ses «emprunts à Flaubert», dans un article qui porte ce titre (L’Arc, Flaubert, n°79, 2e trimestre 1980). Cet article évoque d’une part les emprunts à L’Education sentimentale dans Les Choses, d’autre part les emprunts à plusieurs oeuvres de Flaubert dans La Vie mode d’emploi. C’est à ces derniers que Bernard Magné s’intéressera, en étudiant plus particulièrement diverses opérations scripturales dont elles sont l’objet: prélèvement dans le texte-source, insertion et signalisation dans le texte-cible.

Amis de Flaubert et de Maupassant.
Hôtel des Sociétés savantes, 190, rue Beauvoisine, 76000 Rouen, 14h30-17h30.
Entrée libre et gratuite.

VENTE

Les Neuf Muses, Alain Nicolas

41, quai des Grands-Augustins, 75006 Paris
muses@noos.fr

37. Flaubert (Gustave), L.A.S. à Valérie Lapierre, [Croisset], «samedi 4 h.» [février 1879]. 1 p.in-8.
750 euros.

Vente 24 septembre 2005, Bruxelles

Expert Alain Ferraton: http://www.ferraton.be/

648. Flaubert (Gustave). - Oeuvres. Madame Bovary, Moeurs de province. P., Alphonse Lemerre, 1874, 2 vol. in-12, demi-veau glacé brun clair, dos à 5 nerfs, pièces de titre et de tomaison en maroquin rouge et vert, caissons dorés aux petits fers, pointillés dorés sur les nerfs, têtes dorées, rel. de l'époque. Orné d'un frontispice et 6 figures dessinées et gravées par Boilvin (la planche de l'«Hôtellerie» a bien les particularités suivantes: les dentelles de la chemise de Mme Bovary montent plus haut sur ses seins et la figure de son amant couché dans le lit a été effacée) (réf. Carteret, III, 723-724). Envoi: «à mon ami Menard. G. Flaubert, 28 mai 77». Bel ex.
150/200 euros.
[Aucun Menard n’apparaît dans l’index de la correspondance de Flaubert. La 6e éd. du Vapereau mentionne un Louis-Nicolas Menard [1822-après 1891], «littérateur français» ; et un René-Joseph [1827-1887], «écrivain d'art français». Renseignement communiqué par Jean-Benoît Guinot.]
(< Eric Walbecq)

SUR LA TOILE

Nouveautés sur le site du Centre Flaubert

Manuscrits inédits en ligne

Rédaction de zoologie (devoir inédit, vers 1834)
http://flaubert.univ-rouen.fr/manuscrits/zoologie
Notes sur les Psaumes (1846-1847)
http://flaubert.univ-rouen.fr/manuscrits/psaumes
Rencontre (Saint-Paul-hors-les-Murs) mardi saint, 15 avril [1851] (manuscrit édité dans Voyage en Orient; Italie - Rome, Club de l'Honnête Homme, 1973, t.XI, p.155-157)
http://flaubert.univ-rouen.fr/manuscrits/saintpaul
L'Education sentimentale (5 fragments inédits du brouillon)
http://flaubert.univ-rouen.fr/manuscrits/ES/
Aïssé – costumes (notes inédites pour la mise en scène de Mademoiselle Aïssé, pièce de Louis Bouilhet représentée après sa mort, le 6 janvier 1872)
http://flaubert.univ-rouen.fr/manuscrits/aisse

Mise à jour du catalogue des manuscrits de Flaubert conservés à la Bibliothèque municipale de Rouen

(formats html et pdf)

http://flaubert.univ-rouen.fr/manuscrits/bmmss.php
http://flaubert.univ-rouen.fr/manuscrits/bmmss.pdf

Lettres à Léonie Brainne conservées à la BM de Rouen

(classement dû à Joëlle Robert)

ordre chronologique:
http://flaubert.univ-rouen.fr/manuscrits/brainne_chr.php

ordre du manuscrit:
http://flaubert.univ-rouen.fr/manuscrits/brainne_ms.php

Flaubert en Chine

(par Yan Zhang, doctorante au Centre Flaubert)

Principales traductions chinoises des oeuvres de Flaubert
http://flaubert.univ-rouen.fr/etranger/chine_trad.php
Liste des articles en chinois sur Flaubert depuis 1978
http://flaubert.univ-rouen.fr/etranger/chine_art.php

VIENT DE PARAITRE

Edition

Bouvard et Pécuchet, édition présentée et annotée par Pierre-Louis Rey, Petits Classiques Larousse, 2005, 464 p.
«Il n’était certes pas fatal que son roman demeure inachevé, mais l’état dans lequel il l’a laissé paraît signifier – au-delà de ses intentions – que l’entreprise de copie menée par ses deux héros était interminable, et la bêtise humaine, insondable» (p.31).
Le savoir universitaire mis au service des lycéens et des étudiants, avec simplicité mais sans simplification.

Ouvrages

(< Noëlle Benhamou)
Michel Butor, Improvisations sur Flaubert, Essai.
Collection: Les Essais. Editions de La Différence, à paraître le 14 octobre 2005. 208 p., 20 euros.

«Contrairement au sens ordinaire du terme Improvisations sur Flaubert n’est pas improvisé et rien n’y est laissé au hasard; l’improvisation ici est toute musicale. Suivant de volume en volume l’oeuvre de Flaubert, Butor décèle en elle des souvenirs de La Tentation de saint Antoine qui n’aurait cessé de s’y développer en rhizome. La critique constitue donc une sorte de récit second (le livre de Butor) qui fait apparaître dans le récit premier (l’oeuvre de Flaubert) par la voie d’un rapprochement de citations, une constitution implicite. Il n’est pas nécessaire d’avoir recours à quelque système extérieur pour activer le sens du texte, il suffit de le superposer à lui-même. Ce que met en lumière le livre de Michel Butor c’est la stratégie de Flaubert pour rendre supportable un discours subversif. Et ce romancier tenu pour le maître de l’art pour l’art, et pour le rêveur du “livre sur rien” apparaît comme tendant à ses contemporains, autant dans Salammbô que dans L’Éducation, non quelque chef-d’oeuvre formel mais un miroir révélateur et critique de leur mode de penser.»

Juliette Frølich, Flaubert. Voix de masque, PU de Vincennes, collection «Essais & savoirs», 2005. 144 pages, 18 euros.
http://www.puv-univ-paris8.org/ouv_fiche.php?SCE=NOUVEAU&CLE=401&CHAP=PRESENT
Juliette Frølich a emprunté l’expression «voix de masque» à un brouillon d’Un coeur simple: par là, elle désigne ce que recouvre la voix «impersonnelle»: «elle masque avec sa tonalité impassible d’autres tonalités plus personnelles, plus chargées d’émotions» (p.6). Flaubert conteur, tel que Walter Benjamin en donne la définition: «faire montre» (p.10). Les lectures à haute voix: théâtralité du gueuloir (chap.I). Le jeune Flaubert démarque les chroniqueurs (chap.II, repris d’une communication au colloque de Rouen du 19 septembre 2001; première version en ligne dans la Revue Flaubert 2, 2002: http://flaubert.univ-rouen.fr/revue/revue2/frolic.pdf).
«Effets de présence» dans la voix blanche, en particulier dans l’incipit de Madame Bovary, étudié dans ses différents états manuscrits (chap.III). Flaubert écrivain de l’excessif, admirateur et correspondant de Hugo; les «grands blancs barbares» ménagés dans Salammbô, à la fois par la thématique de la béance et par les espacements typographiques ménagés dans la quatrième édition du roman chez Lemerre, en 1879 (chap.IV). Brièveté des alinéas et voix du conteur populaire dans Trois contes: théâtralité et effet de sourdine (chap.V).
C’est le dernier livre de Juliette Frølich, décédée prématurément en mai 2004. Elle avait établi pour notre site un état de la réception et de la traduction de Flaubert en Norvège:
http://flaubert.univ-rouen.fr/etranger/norveg.php

(< Noëlle Benhamou)
Edward J. Gallagher, Textual Hauntings: Studies in Flaubert's Madame Bovary and Mauriac's Therese Desqueyroux
University Press of America, $49.95

http://www.univpress.com/Catalog/SingleBook.shtml?command=Search&db=^DB/CATALOG.db&eqSKUdata=0761832017
«Thérèse Desqueyroux, François Mauriac's stark and introspective 1927 novel, appears to be quite a different tale from Madame Bovary, Gustave Flaubert's succès de scandale published exactly seventy years earlier. Yet upon closer scrutiny, the two novels' similarities become undeniable. The preponderance of parallelisms surely cannot be attributed to happenstance, nor can one agree with the contention that Mauriac must have been inspired, unconsciously and unbeknownst to him, by the literary model of Madame Bovary.
Textual Hauntings opens with an overview of the strikingly similar plot, characters, and themes in the best-known novel of each of these important modern authors. Subsequent chapters, noting both differences as well as similarities, look specifically at the issues of gender and sexuality, the uses of religion and the role of the clergy, the function of uncertainty (both as a narrative technique in Flaubert and as a thematic element in Mauriac), the role of minor characters and their relationships to the two eponymous heroines, and finally, the use by each novelist of photographs in order to undercut, rather than to underscore, any affection felt for the person whose image has been preserved.
While surely borrowing from his nineteenth-century precursor, Mauriac, like Flaubert, created a remarkably powerful novel. Just as each novelist offers the reader a hauntingly memorable heroine, Flaubert's celebrated masterpiece Madame Bovary haunts the pages of Nobel laureate Mauriac's Thérèse Desqueyroux. Edward Gallagher's examination and reflections on these two novels in tandem lead to a deeper appreciation and a better understanding of each novel. »
[Edward J. Gallagher is Henrietta Jennings Professor and Professor of French Studies at Wheaton College, Norton, Massachusetts, USA.]

Eric Le Calvez, Gustave Flaubert. A Documentary Volume, Bruccoli Clark Layman, Columbia, Coll. Dictionary of Literary Biography, volume 301, 2004.
http://www.bcl-manly.com
Voici trop longtemps qu’on feuillette le grand format d’Eric Le Calvez sans en parler. C’est un livre-somme, une encyclopédie où l’on trouve mêlés la vie et l’oeuvre, la création et la critique, la genèse et la réception, les textes de/sur Flaubert et une iconographie encore plus proche du sujet d’être en noir et blanc (albums de famille et d’amis, sources iconographiques, illustrations posthumes des oeuvres, etc). La place réservée aux facs-similés des manuscrits n’étonnera pas, de la part de l’un des plus fiables généticiens. L’ouvrage s’organise en grandes tranches de vie, que découpent les moments des oeuvres. Le principe de cette série de dictionnaires consiste en une anthologie de textes polyphoniques. Ici, des extraits signés Flaubert, des lettres, des comptes rendus contemporains, des documents de réception (pièces du procès Bovary, échanges polémiques sur Salammbô), et les principaux textes critiques. On remarquera la place importante accordée aux réflexions de Nabokov sur Madame Bovary, avec la reproduction de son exemplaire annoté (p.158-166). Eric Le Calvez assure le lien entre les extraits par la main courante d’un commentaire personnel, et il scande le déroulement des pages par des arrêts sur encadrés. On se prend à rêver qu’un équivalent de cet ouvrage puisse être publié en français.

Pierre-Louis Rey commente L’Education sentimentale de Gustave Flaubert, Folio, «Foliothèque», 2005.
Même à ceux qui connaissent bien le roman et sa critique, ce livre à vocation pédagogique apportera des formulations neuves et des mises en perspectives inattendues. Par exemple, ce chiasme entre les deux héroïnes des romans modernes, de la première idée au texte final: «Tandis qu’Emma Bovary, conçue pour la virginité, se perdait finalement dans l’adultère, Mme Moreau (devenue Mme Arnoux) passe, dans les brouillons, de l’adultère à la chasteté» (p.23). Ou encore cette réflexion concernant l’impartialité politique de Flaubert: «Mais soupçonnait-il que, en tenant la balance égale entre les partisans de l’ordre et les révolutionnaires, il accéderait moins à l’exactitude scientifique qu’à un détachement mélancolique, où certains verront les débuts de la “fiction” moderne» (p.32). Ou enfin cette exécution méritée: «Frédéric, décidément, est très peu “bovaryste”; sauf si l’on désigne, sous ce nom, des affinités profondes avec Charles Bovary» (p.135).

>Elizabeth Rottenberg, Inheriting the Future. Legacies of Kant, Freud, and Flaubert, Stanford University Press, 2005, 208 p.ISBN: 0804751145
http://www.sup.org/book.cgi?book_id=5113%205114%20
«This book explores several canonical works of philosophy, psychoanalysis, and literature. The surprising juxtaposition of Kant's moral philosophy, Freud's reflections on obsessional neurosis, and Flaubert's peculiar late novel Bouvard et Pécuchet forms the basis of a compelling argument linking each of these central works around the problem of moral thought as it fundamentally determines the modern subject in relation to time. The book engages an area of emerging importance in contemporary critical thought, the problem of ethics or “otherness” as a crucial factor at play in speculative and literary works. The readings in this book provide insight into the ways in which three fundamental philosophical, psychoanalytic, and literary texts can be reread in light of their confrontation with a seemingly inhuman force at the heart of the foundation of the human subject. »
Elizabeth Rottenberg is Assistant Professor of Philosophy at DePaul University. She is the editor and translator of Negotiations: Interventions and Interviews, 1971-2001 by Jacques Derrida (Stanford, 2001) and the translator of Friendship by Maurice Blanchot (Stanford University Press, 1997).

Section de livres

(< Gilles Cléroux)

Daniel Bergez, Littérature et peinture, Paris, A. Colin, 2004.
Une section de chapitre concerne L'Education sentimentale: «La peinture comme médiateur pour l'écrivain», chapitre 5 («Le dialogue créateur entre littérature et peinture»), p.173-177.

Articles

Jean Canavaggio, «Flaubert, lecteur de Don Quichotte», dans Hommage à Carlos Serrano, Editions hispaniques, Université Paris-Sorbonne (Paris IV), 31 rue Gay-Lussac, 75005 Paris, p.21-30.
L’auteur, traducteur du Quichotte dans la nouvelle édition de la Pléiade, reprend l’ensemble des remarques de Flaubert sur le roman de Cervantès, en particulier dans sa correspondance: treize lettres échelonnées sur près de quarante ans. Point très complet sur les traductions dont Flaubert a eu connaissance (p.24).

Jean-Claude Jørgensen, «Les Comices agricoles dans Madame Bovary et la Soirée chez les Walter dans Bel-Ami: opération médiatique ou point nodal de roman?», dans Rhétorique des discours politiques, actes du XXVe colloque d'Albi, Langages et significations, du 10 au 14 juillet 2004, par Pierre Marillaud et Robert Gauthier, Toulouse, Presses de l'Université de Toulouse Le Mirail, 2005, p.91-102.

Cécile Matthey, «Fertilité de la pierre dans Hérodias de Flaubert», Romantisme, n°127, 2005, p.79-88.
«Il s’agit bien pour Flaubert de situer le conte à l’origine d’un changement moral, cosmique et géologique (p.79).»

Bibliographie

La bibliographie Flaubert mai 2004/ mai 2005, due à Martine Mesureur-Ceyrat, secrétaire de l’Equipe Flaubert, est en ligne sur le site de l’ITEM-CNRS:
http://www.item.ens.fr/contenus/equiprojet/flaubert/flcentredoc/biblio15.pdf

Enregistrement audiovisuel

(< Noëlle Benhamou)

Gustave Flaubert, En écrivant Madame Bovary, éditions Autrement dit, 2 CD, 32, 25 euros.
http://www.autrementdit.net/modele.php?idcd=28

Cette longue lettre à Louise Colet, sa maîtresse, Flaubert ne l'a jamais écrite telle quelle. C'est un faux authentique. A partir de la correspondance adressée à Louise entre 1851 et 1855 (près de 250 lettres), André Versaille a bâti une longue lettre, sorte de thèse emblématique de la correspondance du Flaubert des années Bovary.
Ce texte n'est pas seulement un témoignage exceptionnel sur la genèse au quotidien d'une grande oeuvre, il constitue également un très personnel Qu'est-ce que la littérature? A ses idées sur l'art, le roman et la critique, Flaubert mêle des attaques vengeresses contre la bêtise et le grotesque de la vie, décochées d'une plume jubilatoire./span>
Cette lettre nous révèle un Gustave Flaubert tonique et truculent en diable.

Texte lu par Alain Carré. Montage par André Versaille, éditeur.




Ce Bulletin est édité par le Centre Flaubert, avec la collaboration de Matthieu Desportes, de Jean-Benoît Guinot et de Joëlle Robert. Il vous tiendra informé(e), selon une périodicité variable, des manifestations et des publications concernant Flaubert. Si vous désirez le recevoir gratuitement et y faire paraître des informations ou des commentaires, veuillez envoyer vos coordonnées et vos messages à :

Yvan Leclerc yvan.leclerc@univ-rouen.fr
Professeur à l'Université de Rouen
Faculté des Lettres et Sciences Humaines
F. - 76821 Mont-Saint-Aignan Cedex
Tél. Secrétariat département: 02 35 14 61 67
Tél. Centre Flaubert: 02 35 14 69 01

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