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BULLETIN FLAUBERT n° 92  /  28 février 2007

AGENDA

Marathon Bovary
Lecture publique intégrale de Madame Bovary
À l’occasion du cent cinquantenaire de Madame Bovary, l’Association des Amis de Flaubert et de Maupassant et le Centre Flaubert (laboratoire Cérédi) de l’Université de Rouen organisent un Marathon Bovary.
Pendant une quinzaine d’heures, on lira le roman de la première à la dernière ligne.
Cette lecture aura lieu pendant les deux Journées du Patrimoine, les 15 et 16 septembre 2007, dans la salle des actes du Lycée Corneille, à Rouen: elle commencera le samedi à 14 heures, se poursuivra jusqu’à minuit, reprendra le dimanche à 10 heures. La fin de la lecture est prévue le dimanche après-midi vers 17 heures.
Nous avons souhaité que ce roman connu de tous puisse être lu par tous. Les lecteurs de moins de 18 ans seront les bienvenus jusqu’à 22 heures le samedi soir.
Pour s’inscrire, il suffit d’envoyer avant le 15 mai un message au rédacteur de ce Bulletin, en indiquant trois chapitres par ordre de préférence. Sur le tableau des épisodes figure en face de chaque chapitre une heure indicative de début de lecture. Chacun(e) lira trois pages du chapitre retenu. Un message de confirmation vous sera adressé courant juin.
Tableau en ligne:
http://flaubert.univ-rouen.fr/nouveautes/marathon_bovary.pdf

VENTES

(< Marlo Johnston)
Lettre de Flaubert à Ernest Daudet, [Paris, 27 septembre1878]. Price: £ 1471.64
www.abebooks.com
Adresse directe

VIENT DE PARAITRE

Editions

(< Jean-Benoît Guinot)
Flaubert, Le Candidat, Le Mot et le Reste, 2007.
http://atheles.org/lemotetlereste/attitudes/lecandidat/index.html

Ouvrages

Jacques Rancière, Politique de la littérature, Galilée, 2006.
Présentation de l'éditeur
La politique de la littérature n'est pas celle des écrivains et de leurs engagements. Elle ne concerne pas non plus la manière dont ils représentent les structures sociales ou les luttes politiques. L'expression «politique de la littérature» suppose un lien spécifique entre la politique comme forme de la pratique collective et la littérature comme régime historiquement déterminé de l'art d'écrire. Ce livre s'attache à montrer comment la révolution littéraire bouleverse de fait l'ordre sensible qui soutenait les hiérarchies traditionnelles, mais aussi pourquoi l'égalité littéraire déjoue toute volonté de mettre la littérature au service de la politique ou à sa place. Il met ses hypothèses à l'épreuve sur quelques écrivains: Flaubert, Tolstoï, Mallarmé, Brecht, Borges, et quelques autres. Il en montre aussi les conséquences pour l'interprétation psychanalytique, la narration historique, ou la conceptualisation philosophique.

RECHERCHE

La Femme du docteur de Mary Elisabeth Braddon

Clélia Renucci, étudiante en Master de littérature comparée à Paris IV, cherche des informations sur une réécriture de Madame Bovary, La Femme du docteur de Mary Elisabeth Braddon.
Flaubert mentionne cet ouvrage dans une lettre à Henry Harrisse du 28 octobre [1868] (Corr., éd. Jean Bruneau, Bibl. de la Pléiade, t.III, p. 816 et note 8). Christopher Heywood a publié plusieurs articles sur ce roman dans la Revue de littérature comparée, 12 (1960), 38 (1964), 44 (1970) et dans Nineteenth Century Fiction, 18 (1963). Y a-t-il eu d’autres travaux?


Correspondance de Flaubert, Bibl. de la Pléiade, t.V

Nous avons reçu de nombreuses réponses aux questions concernant la correspondance de Flaubert. Vive l’annotation collaborative, grâce à l’internet! Nous donnons ici une synthèse de ces réponses, en les reproduisant telles quelles lorsqu’elles ont pris une forme développée. Dans l’appareil critique de la Pléiade, ces notes seront nécessairement raccourcies.

Remerciements à Sébastien Bailly, Julian Barnes, Stéphane Beaurain, Jacques Bienvenu, Michel Brix, François Caradec, Bruna Donatelli, Stéphanie Dord-Crouslé, Christian Dufour, Alexandra Dulau, Marie-Paule Dupuy, Ryszard Engelking, Bernard Fichera, Anne-Marie Fourcade, Jean-Paul Goujon, Marlo Johnston, Michèle Leroux-Baron, Olivier Leroy, Didier Philippot, Frédéric Pierron, Gillian Pink, Gérard Pouchain, Claudine Poulouin, Joëlle Robert, Elisheva Rosen, Sylvain Simon, Cécile Supiot, Éric Walbecq. En cas de réponse unique, nous citons le nom de l’auteur.

Lettres de 1877
Je dépasse les grossièretés de Sainte-Beuve vis-à-vis de Taine! – ce qui prouve en faveur de ce brave garçon.
>>>> Bruna Donatelli signale une lettre de Taine à Sainte-Beuve, datée du 30 mai 1868, dans laquelle Taine annonce son mariage à Sainte-Beuve sans l’inviter. Les «grossièretés» de Sainte-Beuve sont-elles liées à cet épisode? (voir Bruna Donatelli, Flaubert e Taine. Luoghi e tempi i un dialogo, Roma, Nuova arnica editrice, 1996, p.157-158.

Mon idée à moi, est que les Eaux dégraissantes de Carlsbad vous ont été funestes? – J'ai relativement au Banting des opinions arriérées, – mais que je crois rationnelles –.
>>>> William Banting (1797-1878) suivit un régime prescrit par le médecin William Harvey: il consistait à supprimer de l’alimentation les graisses, les sucres et les féculents. Banting rendit compte de son traitement réussi (23 kilos perdus en une année) dans un ouvrage qui fit l’objet de vives controverses: Letter on Corpulence Addressed to the Public, 1863 (De l’Obésité, traduit de l’anglais, P. Asselin, 1864).
 
Tu peux dire aussi au même [à Ernest Commanville] «Dérouet, mon neveu», puisqu'il a épousé ma nièce, que les élagueurs ont commencé aujourd'hui leur besogne.
>>>> Suggestion: une réplique dans une pièce de théâtre de l’époque?


Lettres de 1878
Quant à Henri Martin, c'est un pur idiot. J'ai lu de lui, cet hiver, des scènes historiques sur la Fronde, genre Vitet, qui sont d'un joli tonneau. Qu'on soit la lune d'un soleil, très bien. – Mais l'être d'un lampion comme Vitet, c'est se mettre plus bas que les chandelles à 36.
>>>> Bescherelle (édition de 1860), après avoir noté l'existence de la «grosse chandelle» continue en indiquant: «Chandelle des quatre, des huit, des douze au demi-kilogramme». Ce qui semble bien correspondre au nombre des chandelles au demi-kilo,
les chandelles à (et non «des») 36 au demi-kilo seraient alors trois fois plus légères et plus petites que les «chandelles des douze». Ce seraient alors des chandelles négligeables. (François Caradec.) Michel Brix signale une expression identique dans Pandora de Nerval.
Joëlle Robert a trouvé dans l'édition des oeuvres de Rabelais que Flaubert possédait cette entrée au glossaire «Erotica verba» : «Chandelle, le membre viril. Dans le style burlesque, on appelle un outil de petite dimension chandelle des vingt-quatre à la livre» (OEuvres, Paris, Ledentu, 1835, p. 585). 

[Madame Michelet] doit avoir «des regrets peu éthérés» (c'est bien naturel, après tout). Son mari [Jules Michelet] a fait un livre sur L'Oiseau. Mais il n'était peut-être pas suffisamment Rempailleur? Suis-je assez ignoble, hein? –
>>> Jeu de mot avec «empailleur», à propos de L’Oiseau?
 
J'aurais voulu voir l'orgie finale avec le malaga! Malaga, un nom romantique.
>>>> Ville de l’Espagne romantique, vin de Malaga, mais aussi nom de l’écuyère courtisane reparaissant dans plusieurs romans de la Comédie humaine.
 
J'ai reçu votre Théâtre dont je vous remercie; j'en approuve la Préface, en vous disant comme Mac Mahon à l'officier nègre: «Continuez!»
>>>> Mot apocryphe inventé par Edmond About en 1877. Il aurait été prononcé lors d’une visite de Mac Mahon à l’École militaire de Saint-Cyr. Le «nègre» désignait dans le jargon de l’école le major de sa promotion qui, cette année-là, était noir…
 
Il est bien de se souvenir des «Vieux dans l'ombre» comme dirait le père Hugo.
>>>> Nous n’avons pas trouvé cette expression exacte chez Hugo. Peut-être une allusion à l’épilogue de L’Année terrible, «Dans l’ombre», qui fait dialoguer «Le vieux monde» et «Le flot».
 
Daniel Darc (pseudonyme de Marie Régnier), Revanche posthume. Étude conjugale, Paris, Charpentier, 1878, paru le 19 juin, d’après la Bibliographie de la France du 20 juillet.
>>>> L’ouvrage reste introuvable (recherches d’Éric Walbecq).
 
Lettres de 1879
Quant à ta migraine d'hier, pourquoi t'avises-tu de recevoir Casse-Robine, – dont la légèreté est capable de tuer un rhinocéros?
>>>> «Robine = roubine ou roubignolle(s) = testicules. C’est l’équivalent de «Casse-couille». Ne me demandez pas de référence. Je l’ai toujours su…» (Frédéric Pierron.)
>>> Orthographe fautive pour F. Cass-Robine ?  traducteur des Odes d'Horace (Didier, 1859), des Satires et Épîtres d'Horace (Didier, 1867) et des Satires de Perse et Juvénal (s.n. d'éditeur, 1877). (Olivier Sers).

Mais nous ne ferions rien, dans ce monde, si nous n'étions guidés par des idées fausses. C'est une remarque de Fontenelle, que je ne trouve point sotte.
>>>> La phrase exacte est la suivante: «On perdrait courage si on n'était pas soutenu par des idées fausses.» (R. Lulle à Artémise), Dialogues des morts, deuxième partie, Oeuvres de M. de Fontenelle, Paris, Brunet, 1742, t.1, p.149-150 (éd. Jean Dagen, Société des Textes Français Modernes, 1971. p.317).

Oui, si vous étiez là, bien que vos mains soient, dites-vous, abîmées de moustiques, il les baiserait, et malgré les ampoules de vos joues, il couvrirait de caresses cette royale et belle figure qui vous appartient. – Avec votre permission il serait encore plus tendre pour le «gentilhomme». Ah! si Martin était là, que dirait-il…
>>>> «Gentilhomme»: partie du corps féminin? Martin: probable allusion au personnage de Candide (Jean-Paul Goujon.)
 
Je connais l'article de Poupard-Davyl contre Daudet. Mais est-ce que tout cela regarde le public!
>>>> Alphonse Daudet et Amédée Poupart.Davyl (1835-1890), dramaturge et romancier, s’étaient fâchés en raison d’une dette d’imprimerie (voir Goncourt, Journal, 31 janvier 1876, «Bouquins», t.II, p.683-684). Nous n’avons pas retrouvé l’article en question.
 
Je ne défends nullement le Darwinisme, n'ayant pour cela aucune compétence. Seulement je maintiens qu'il est innocent de Lebiez, tout comme le catholicisme l'est de Mingrat ou de Lacolonge.
>>>> Le curé Lacolonge, condamné pour avoir étranglé sa maîtresse. Flaubert le mentionne lors de sa visite au bagne de Brest (Par les champs et par les grèves, chap.IX, éd. Adrianne J.Tooke, Droz, 1987, p.500). (Stéphanie Dord-Crouslé et Ryszard Engelking.)


Lettres de 1880
Sarah Bernhardt me semble gigantesque! Et «les pères de famille» pétitionnant pour les congrégations! L'époque est farce, décidément.
L'escapade de mon amie Sarah Bernhardt la complète. Mais je crois qu'on commence à en être tanné. Elle prétend qu'elle gagne annuellement 30 mille fr. avec sa peinture! Est-il possible de se foutre du public comme ça!
>>>> Après l’échec de la pièce d’Augier, L’Aventurière, représentée le 17 avril 1880 et en conflit avec Perrin, l’administrateur de la Comédie-Française, Sarah Bernhardt rompit son contrat. Sa lettre de démission fut publiée dans Le Figaro et dans Le Gaulois le 18 avril (voir Sarah Bernhardt, Ma double vie: mémoires, Fasquelle, 1907, chap.XII. (Cécile Supiot.)
>>>> Réactions suscitées par l’article 7 de la loi de Jules Ferry du 18 mars 1880 relative à la liberté de l’enseignement supérieur.
 
Lettre à Léon Hennique, à propos de son roman Les Hauts faits de M. de Ponthau.
p. 303.  «J'en ai bu une pleine coupe.» Eh oui! c'est vrai! – Ex[emple]: Léger, Papavoine, et l'Homme des environs de Gênes qu'on appelait La Hyène.
>>>> Antoine Léger (né en 1795?), exécuté en 1824 pour l’assassinat d’une enfant de 12 ans. Il aurait bu le sang de sa victime.
>>>> Louis-Auguste Papavoine (né en 1783), exécuté en 1825 pour avoir tué deux enfants dans le bois de Vincennes. Cité à deux reprises par Hugo dans Châtiments («Nox» et «Saint-Arnaud»), VII, 16).
Sur ces deux criminels, voir Armand Fouquier, Causes célèbres de tous les peuples, Lebrun, 1858-1867, 8 vol. (t.I et VII).
>>>> Rien sur la Hyène de Gênes…
 
Et Lagier, qui va publier «ses confidences», comme Lamartine! Allons, la France se relève.
>>>> Suzanne Lagier, «Confidences», Le Voltaire, 4, 5, 6, 19, 20 février 1880. (Marlo Johnston.)

Te souviens-tu que tu m'avais promis de te livrer à des recherches dans Barbey d'Aurevilly (département de la Manche). C'est celui-là qui a écrit sur moi cette phrase: «Personne ne pourra donc persuader à M. Flaubert de ne plus écrire?»
>>>> À ma connaissance la phrase que Flaubert prête à Barbey dans la lettre à Maupassant du 20 ou 21 avril 1880 est une réécriture flaubertienne (c'est du Barbey par Flaubert), infidèle à la lettre, mais fidèle à l'esprit de la scie aurevillienne, qui annonce inlassablement la mort littéraire de Flaubert depuis la notice consacrée à Salammbô (Gustave Flaubert, textes réunis et présentés par Didier Philippot, PUPS, coll. «Mémoire de la critique», p. 773): si toute critique est le tombeau de Flaubert (celle de L'Éducation sentimentale s'achève par l'épitaphe littéraire de l'auteur), c'est parce que Flaubert, qui n'avait qu'un seul livre personnel dans le ventre (Madame Bovary), est déjà mort. La métaphore organique est constamment filée d'un article à l'autre: l'impersonnalité condamne à un accouchement laborieux une oeuvre qui n'est pas dans les conditions de la vie, qui n'est pas viable. (Didier Philippot.)


Ce Bulletin est édité par le Centre Flaubert, avec la collaboration de Matthieu Desportes, de Jean-Benoît Guinot et de Joëlle Robert. Il vous tiendra informé(e), selon une périodicité variable, des manifestations et des publications concernant Flaubert. Si vous désirez le recevoir gratuitement et y faire paraître des informations ou des commentaires, veuillez envoyer vos coordonnées et vos messages à :

Yvan Leclerc yvan.leclerc@univ-rouen.fr
Professeur à l'Université de Rouen
Faculté des Lettres et Sciences Humaines
F. - 76821 Mont-Saint-Aignan Cedex
Tél. Secrétariat département: 02 35 14 61 67
Tél. Centre Flaubert: 02 35 14 69 01

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