BULLETIN
RECHERCHE
Contact   |   À propos du site

BULLETIN FLAUBERT n° 94 / 2 mai 2007

AGENDA

2-31 mai 2007, Médiathèque de Canteleu (76)
Exposition de livres du XVIe et du XVIIIe siècles ayant appartenu à Flaubert.

VENTES

Librairie de L’Abbaye, catalogue n°329 [avril 2007]
Abbaye-PINAULT@wanadoo.fr
49. L.a.s de Flaubert à Edmond Laporte, [7 février 1878], 1850 euros.

(<Éric Walbecq)
Sur le site «Traces écrites»
http://www.traces-ecrites.com/
(Dans «recherche avancée», mot clé «Flaubert».)
> 3089. Lettre de Flaubert à [Emmanuel Miller, bibliothécaire du Corps législatif], vers 1867-1868. 1.600 euros.
Demande de consultation de «quelques journaux sur la révolution de 1848» pour L’Éducation sentimentale.
> 2904. Lettre de Louis Bouilhet à Théophile Gautier, 19 avril 1858. «Le Flaubert est parti [en Tunisie]. Je n’ai pas encore de ses nouvelles.» 450 euros [vendu].

VIENT DE PARAITRE

Éditions

Gustave Flaubert, Madame Bovary, mœurs de province. La Censure dévoilée, Rouen, Alinéa, Elisabeth Brunet, Point de Vues, Libraires-Editeurs, 2007. 3. vol. sous coffret. 29 euros.
Reproduction intégrale en fac-similé de l’exemplaire en deux volumes conservé à la BHVP, sur lequel Flaubert a reporté les 71 suppressions demandées et faites par la Revue de Paris. Accompagné d’une plaquette, La Censure et l’œuvre, avec «Madame Bovary, l’exemplaire-témoin», par Yvan Leclerc; reproductions de brouillons et de leur transcription; extraits de lettres de Flaubert et de ses contemporains autour du procès de Madame Bovary; brouillon inédit de Flaubert pour son avocat ou pour servir d’introduction au «Mémoire» qu’il préparait en vue de sa défense; extraits des pièces du procès. http://www.pointdevues.com/dossiers/dossiers.php?id_dossier=33

Flaubert, Le Candidat, édition présentée par Yvan Leclerc, préface d’Éric Deup, Le Castor Astral, 2007 (1re éd. 1987).

Ouvrages

Brigitte Le Juez, Beckett avant la lettre, Grasset, 2007.
Dans le chapitre sur le roman (p.43-61), se trouvent des considérations concernant la place de Flaubert dans la littérature moderne, du point de vue du jeune Beckett, alors enseignant de littérature française à Trinity College, Dublin.

Ouvrages collectifs

Bulletin Flaubert-Maupassant, n°18, 2006

Flaubert et la politique
Daniel Fauvel, «Éditorial»
Yvon Robert, «Propos d’ouverture»
Jean Borie, «Sur l’échec de L’Éducation sentimentale»
Gisèle Séginger, «L’écriture du politique dans les scénarios d’Hérodias»
Michel Lambart, «Flaubert et la politique coloniale»
Daniel Fauvel, «Flaubert, citoyen de Canteleu»
Thanh-Van Ton-That, «Flaubert et la Commune»
Yannick Marec, «Flaubert et le contexte politique rouennais au début de la IIIe République»

Flaubert et George Sand
Francis Lacoste, «La politique dans les lettres Flaubert/Sand»
Claudine Puel, «George Sand, Flaubert et le monde du théâtre»
Georges Marqué, «Les voyages de George Sand en Normandie»

(< Jean-Benoît Guinot)
Le miroir et le chemin. L'univers romanesque de Pierre-Louis Rey, Vincent Laisney (éd.), Presses de la Sorbonne nouvelle, Paris, 2007, 344p., 26 Euros.

C'est un ouvrage à la gloire du roman français, dans ses multiples facettes, que ce recueil dédié à l'univers romanesque de Pierre-Louis Rey. [...]
Dominique Combe ouvre la grande section consacrée à Flaubert en montrant les rapports étroits de ce dernier avec Baudelaire, tous deux accusés de réalisme, alors même qu’ils représentent, à son degré le plus abouti, la mouvance inverse, celui de la «Religion de l’art». Baudelaire, que Flaubert estime être son frère en poésie, range le romancier dans la lignée dont il se réclame, avec Banville, Gautier, et Leconte de Lisle. Cette vision nouvelle où l’art n’est pas le but, mais le moyen, est empreinte du néo-platonisme du temps, de la lecture des théories kantiennes en France et de l’autonomisation de l’art. D. Combe met en lien cette conception philosophique de la Littérature avec la naissance d’une nouvelle idée du style, marquée par la création de la discipline stylistique, et bousculant les cadres traditionnels de la rhétorique: dès lors que le Style est un absolu, le sujet importe peu, et c’est toute la théorie de l’aptum, ainsi que la place de l’inventio parmi les parties de la rhétorique, qui s’en trouvent bouleversées.

Georges Kliebenstein se demande ensuite «qui est Mme Bovary». Analysant la mythologie de l’identification à laquelle l’héroïne a donné lieu — «Mme Bovary, c’est moi» —, il rassemble toutes les preuves pour invalider le cliché Emma=Flaubert. Il décrypte la fausse univocité du nom «Mme Bovary», qui désigne trois personnages dans le roman (la mère et la première femme de Charles, puis Emma). Réfléchissant sur le signifiant des noms, il étudie la superposition de ces figures et le brouillage qui en résulte, avant de revenir sur le phénomène du bovarysme.

Philippe Hamon interroge la lisibilité du texte, à partir d’un détail de l’incipit de L’Éducation Sentimentale: «un album» que Frédéric tient «sous son bras». Après avoir examiné successivement les référents possible du mot - album amicorum, album du voyageur, album du dessinateur, recueil d’images - il superpose leurs dénotations aux connotations induites par les sèmes de la blancheur et du feuilletage: elle répond au «vide informationnel inaugural» de tout incipit, et au-delà, emblématise la modernité littéraire: fragmentaire, ouverte, en perpétuel mouvement.

Didier Philippot propose une analyse très riche de l’idolâtrie chez Félicité, dans Un Cœur simple; si ce type de fétichisme est une des formes de la bêtise, il s’agit d’une bêtise créative, qui «certes désymbolise, mais pour resymboliser aussitôt», et ce rapport complexe au symbole est à mettre en relation avec une phénoménologie de l’idolâtrie. Ainsi peut-on avancer que l’illusion a une certaine positivité chez Flaubert, en tant qu’elle crée de la fiction, et permet l’extase.

Gisèle Séginger montre comment les modèles épistémologiques qui élaborent la notion de race au cours du XIXe siècle informent le propos flaubertien dans Salammbô. On y retrouve plusieurs conceptions contemporaines, sans que le roman atteigne aux mêmes conclusions: ni le progrès de l’histoire issu de la lutte des races, comme chez Augustin Thierry, ni l’inégalité des races de Gobineau; c’est que la fiction ne tend pas vers la production d’une pensée, mais vers la reconstruction et le jeu de plusieurs points de vue.
http://www.fabula.org/revue/document3064.php

Articles

Philippe Chardin, «Un genre se forme à tout âge: vieillissement et rajeunissement du roman de formation de Flaubert à Proust», dans Roman de formation, roman d’éducation dans la littérature française et dans les littératures étrangères, sous la dir. de Philippe Chardin, Éditions Kimé, 2007, p.135-138.
Dans La Recherche, Proust retrouve le modèle «positif» du roman de formation des XVIIIe et XIXe siècles, avec lequel L’Éducation sentimentale avait rompu.

Julie-Manon Doucet, «Poétique du signe alimentaire dans Madame Bovary», dans
Le Roman du signe. Fiction et herméneutique au XIXe siècle, Fiction et herméneutique au XIXe siècle, sous la direction de Andrea Del Lungo et Boris Lyon-Caen, Saint-Denis, Presses Universitaires de Vincennes, Collection «Essais et savoirs», 2007, 25 euros.
ISBN: 978-2-84292-194-1
http://www.puv-univ-paris8.org/ouv_fiche.php?SCE=COLLECTION&CLE=434&CHAP=PRESENT

Philippe Dufour, «Flaubert, Tocqueville, la rue», Les Temps modernes, n°642, février-mars 2007, p.18-35.
Espace politisé qui porte «une méditation socio-historique» (p.21), la rue relève chez Tocqueville et Flaubert de «deux imaginaires historiographiques»: la rue explicable, rationnelle de l’un s’oppose à l’errance «dépolitiquée» chez le romancier. «La rue flaubertienne ne mène nulle part: le roman se situe dans l’impasse» (p. 35).

Yvan Leclerc, «La “couleur normande” de Flaubert», dans Balade en Seine-Maritime, préface de Philippe Delerm, Éditions Alexandrines, 2007, p. 15-22.
http://www.alexandrines.fr/article.php3?id_article=76

(< Gilles Cléroux)
Floriane Place-Verghnes, «Flaubert / Maupassant: Correspondances rabelaisiennes», dans Poétiques de la parodie et du pastiche de 1850 à nos jours, Catherine Dousteyssier-Khoze et Floriane Place-Verghnes (eds.), Modern French Identities, edited by Peter Collier, vol. 55, Oxford-Bern-Berlin, etc., Peter Lang, 2006, p.107-117.
[Sur la lettre de Flaubert à Bouilhet du 26 décembre 1852, Corr., éd. Jean Bruneau, Bibl. de la Pléiade, t.II, p.215-217.]

Hélène Sicard-Cowan, «Par les champs et par les grèves, ou la fantaisie bretonne de Gustave Flaubert», 2007 (inédit)
http://flaubert.univ-rouen.fr/etudes/sicard.pdf
http://flaubert.univ-rouen.fr/etudes/sicard.php

SITE DU CENTRE FLAUBERT

Le portrait inédit de Flaubert par Ferdinard Bac, que nous avons signalé dans le Bulletin Flaubert n°93, est désormais accompagné d’un commentaire par M. Eugène Ternovsky:
http://flaubert.univ-rouen.fr/iconographie/bac_commentaire.php


Ce Bulletin est édité par le Centre Flaubert, avec la collaboration de Matthieu Desportes, de Jean-Benoît Guinot et de Joëlle Robert. Il vous tiendra informé(e), selon une périodicité variable, des manifestations et des publications concernant Flaubert. Si vous désirez le recevoir gratuitement et y faire paraître des informations ou des commentaires, veuillez envoyer vos coordonnées et vos messages à :

Yvan Leclerc yvan.leclerc@univ-rouen.fr
Professeur à l'Université de Rouen
Faculté des Lettres et Sciences Humaines
F. - 76821 Mont-Saint-Aignan Cedex
Tél. Secrétariat département: 02 35 14 61 67
Tél. Centre Flaubert: 02 35 14 69 01

Mentions légales