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[BULLETIN FLAUBERT n° 187 / 7 avril 2017]

Vente passée
(< Stéphanie Dord-Crouslé, Éric Walbecq)
Vente Goxe, Belaisch, hôtel des ventes d’Enghien, 30 mars 2017
http://www.enghien-svv.com/html/fiche.jsp?id=6975134&np=1&lng=fr&npp=10000&ordre=1&aff=1&r=
Lot n°232. [Édition L. Conard]. - [Gustave Flaubert]. Manuscrits. Circa 1911 et 1920. Série de 4 manuscrits de 75-70-64-80 ff. divers format in-8, in-4 et in-folio, copeaux, ratures et corrections. Ensemble des épreuves de la correspondance de Gustave Flaubert qui fut mise en ordre et publiée par l’éditeur-libraire Louis Conard (1867-1944), avec une importante partie inédite. Comprend: la correspondance à Louise Colet et Mlle Bosquet, une partie de la 3e série de la correspondance entre 1854-1869, Pensées de Flaubert d’après sa correspondance (80ff.), plusieurs notes et critiques littéraires sur diverses oeuvres de Flaubert dont Salammbô et Trois contes (reprenant l’article de Paul Donzère), épreuves (fragments) concernant la correspondance de Flaubert à Sainte-Beuve, Maxime du Camp et George Sand, d’après Charpentier (12-9-5pp. in-12). Joint une photographie du portrait de Flaubert et 36 tirages (à conserver ou à retirer) et leurs épreuves imprimées (64ff.), de divers manuscrits de Flaubert dont Un coeur simple, La Tentation de saint Antoine, Madame Bovary, caricatures, etc. Joint une correspondance à Louis Conard: – 2 lettres de Le Roy, conservateur du Pavillon et musée Flaubert de Croisset, concernant les droits de la publication de certaines lettres de Flaubert, dont celles adressées à Zola (3pp. 1/2 in-8), – lettre, carte et manuscrit de Charles Guignebert adressant une introduction sur La Tentation de saint Antoine (3pp. in-8 et 2pp. sur carte in-16), – 2 lettres de René Descharmes à propos d’une critique de Trois contes (6p. in-12). Estimation: 300-400 euros.

(< Atsuko Ogane)
12 avril 2017, Vente Auction Art Rémy Le Fur & Associés
LOT 288
Flaubert, Gustave: Lettre à la municipalité de Rouen au sujet d’un vote concernant Louis Bouilhet. Paris, Michel Lévy frères, 1872. In-8, bradel demi-chagrin. Édition originale de cette défense d’un projet de fontaine à Rouen, avec le buste de Louis Bouilhet. Estimation: 80-100 euros.

(< Atsuko Ogane, Stéphanie Dord-Crouslé, Éric Walbecq, François Lapèlerie)
Mercredi 26 avril 2017, Vente Pierre Bergé & Associés et Sotheby’s.
Livres & manuscrits choisis du XVe au XXe siècles, de la Bibliothèque de Jean A. Bonna
http://www.pba-auctions.com/html/index.jsp?id=81188&lng=fr&npp=150
151. Lettre adressée à Louise Colet, [Croisset, 26-27 avril 1853].
152. Lettre adressée à Louise Colet, [Croisset, 2 juin 1853].
153. Projet de préface au Mémoire en défense de Madame Bovary. Sans lieu ni date [janvier 1857]. Transcription sur le site Flaubert:
http://flaubert.univ-rouen.fr/ressources/mb_note_defense.php
154. Lettre adressée à un ami, [Paris, 23 janvier 1857].
155. Madame Bovary. Moeurs de province, Paris, Michel Lévy, 1857.
2 tomes en 1 volume in-12. Envoi autographe signé: «à mon ami Mr Dainez mon ancien professeur de mathématiques le plus dévoué et le plus âne de ses élèves Gve Flaubert»
156. Un repas de noces. Lettre d’Hyppolochus à Lincée [vers 1857]. Manuscrit autographe, 3 pages in-folio.
157. Lettre adressée à Eugène Crépet, [mars-avril 1857].
158. Lettre adressée à la vicomtesse Lepic, 17 [octobre 1874].
159. Lettre adressée à Edmond Laporte, [novembre 1877].
160. Lettre adressée à Alphonse Lemerre. 14 novembre [1878].
161. Novembre, illustré de vingt et une eaux-fortes et pointes sèches gravées par Edgar Chahine. Paris, Devambez, 1928.
270. Lettre de George Sand adressée à Gustave Flaubert, 26 juillet [1870].

(< Jacques-Remi Dahan)
Catalogue Pierre Saunier, Voyage à l’île de Vazivoir, [mars 2017]
102. Gustave Flaubert, Madame Bovary, Michel Lévy, 1857. EO. Exemplaire sur grand papier. Envoi: «à mon cher ami le peintre Gleyre, l’auteur Gve Flaubert». 25.000 euros.
http://flaubert.univ-rouen.fr/bulletin/ventes/saulnier_2017_gleyre.pdf

Catalogue Les Neuf Muses, Alain Nicolas, «Paroles» [avril 2017]
92. Manuscrit préparatoire pour un épisode de L’Éducation sentimentale (vers 1865)
Texte de Johanny Maisiat, peintre et professeur de dessin de Caroline, nièce de Flaubert, pour le portrait de Rosanette par Pellerin, avec des annotations de la main de Flaubert.
Notice du catalogue Les Neuf Muses, Alain Nicolas, «Paroles» [avril 2017]:
http://flaubert.univ-rouen.fr/ressources/es_maisiat_2017.pdf
Manuscrit complet et transcription linéaire de Pierre Gheno. Mise en forme diplomatique par Yvan Leclerc, Stéphanie Dord-Crouslé et Éric Le Calvez:
http://flaubert.univ-rouen.fr/jet/public/outils/aff_manus.php?g=23

93. Lettre autographe signée, probablement à Frédéric Baudry, [17 février 1874], sur la parution de La Tentation de saint Antoine et la première du Candidat. 1.200 euros.
[Corr., éd. Jean Bruneau, Bibl. de la Pléiade, t.IV, p.767. Datée [10 février 1874] dans l’édition de la Pléiade, Jean Bruneau n’ayant pas vu l’autographe.]

[BULLETIN FLAUBERT n° 186 / 8 mars 2017]

(< Éric Walbecq)
Vente Roumet, vente sur offre
https://www.roumethp.fr/index.php?list=1&mag=hp&type=vso&venteno=vo55&chap=-1&surchap=AUTOGRAPHES+ET+DOCUMENTS+HISTORIQUES
587. Gustave Flaubert. LAS datée de «Croisset vendredi» à «Mon cher Paul». 1p. in-8°. «J’aurais besoin pour la fin de la semaine prochaine d’un paletot douillet en mérinos noir – bien souple – comme d’habitude. Pas de poche de côté extérieurement. Je compte sur vous et vous serre les mains.» En PS: «Où trouverais-je un domino propre (et même très propre pour la soirée du ministère d’État le 26 courant?» Prix de départ: 1.500 euros.

(< Éric Walbecq)
Catalogue Arts et Autographes, Jean-Emmanuel Raux, Catalogue 80, mars 2017
http://autographe.com/fiche-autographe2014.php?REFERENCE=29393
Lettre autographe signée, adressée à Louise Colet. Croisset, 26 juillet [1851]; 3 pages in-8°.
«Je vous écris parce que “mon coeur me porte à vous dire quelque bonne parole”. Pauvre amie, si je pouvais vous rendre heureuse, je le ferais avec joie; ce ne serait que justice. L’idée que je vous ai tant fait souffrir m’est à charge. Ne le comprenez-vous pas? Mais cela ne dépend (et tout le reste n’a dépendu) ni de moi, ni de vous, mais des choses mêmes.
Vous m’avez dû l’autre jour à Rouen, trouver bien froid. Je l’ai été le moins possible pourtant. J’ai fait tous mes efforts pour être bon. Tendre, non. C’eût été une hypocrisie infâme, et comme un outrage à la vérité de votre coeur.
Lisez et ne rêvez pas. Plongez-vous dans de longues études. Il n’y a de continuellement bon que l’habitude d’un travail entêté. Il s’en dégage un opium qui engourdit l’âme. – J’ai passé par des ennuis atroces, et j’ai tournoyé dans le vide, éperdu d’embêtement. On s’en sauve à force de constance et d’orgueil; essayez.
Je voudrais que vous fussiez en tel état que nous puissions nous revoir avec calme. J’aime votre société quand elle n’est pas orageuse. Les tempêtes qui plaisent si fort dans la jeunesse ennuient dans l’âge mûr. – C’est comme l’équitation. Il fut un temps où j’aimais à aller au grand galop; maintenant je vais au pas, et la bride sur le cou. Je deviens très vieux; toute secousse me gêne, et je n’aime pas plus à sentir qu’à agir.
Vous ne me dites rien de ce qui m’intéresse le plus: vos projets. – Vous n’êtes encore fixée à rien, je le devine. – L’avis que je vous avais donné était bon. Il faut toujours, comme disait Phidias dans le temps, avoir un gigot et un aloyau.
Je vous reverrai bientôt à Paris, si vous y êtes. – (Vous deviez rester en Angleterre un mois?) Je serai à Paris à la fin de la semaine prochaine, je présume. J’irai en Angleterre vers la fin du mois d’août. Ma mère désire que je l’y accompagne. Ce dérangement m’ennuie. Enfin!... Si vous y êtes encore, j’irai vous faire une visite. Nous tâcherons d’être contents l’un de l’autre.
À Paris, je remettrai chez vous les deux manuscrits que vous m’avez confiés. – Je vous rendrai aussi, mais seulement à vous et en main propre, une médaille de bronze que j’ai acceptée jadis par faiblesse et que je ne dois pas garder. C’est la propriété de votre enfant.
Farewell. God bless you, poor child!» 
Prix: 5000 euros.

(< Atsuko Ogane)
Gros & Delettrez, vente Drouot, 15 mars 2017
178-182. Photographies de Maxime Du Camp: Le Caire, Thèbes, Syout, Ibsamboul, Nubie.
http://catalogue.drouot.com/indexDrouot.jsp?id=81325&lng=fr

(< Guillaume Cousin)
Librairie Otrante, Sélection d’ouvrages et documents, novembre 2016
http://otrante.fr/olympe.html
17. Louis Bouilhet, Mademoiselle Aïssé. Lettre autographe signée et manuscrit autographe, Rouen, 27 juillet 1868. Trois pages in-8. Deux pages in-folio.
Lettre autographe signée de l’ami de Flaubert et de Maupassant au directeur de l’Odéon, relative au dernier drame de l’auteur, Mademoiselle Aïssé. 800 euros.

18. Louis Bouilhet, Melaenis conte romain, Paris, Michel Lévy, 1857.
Premier ouvrage de Louis Bouilhet, dédié à son ami intime Gustave Flaubert.
Exemplaire enrichi d’une double lettre autographe signée, de Pascal-Désiré Mulot et Louis Bouilhet à leur ami Caudron, datée du 14 août 1857, envoyée de Mantes, où l’auteur s’installe en 1857 (lettre d’abord datée de Rouen avant rature et modification). 300 euros.

(< Jacques-Remi Dahan)
Galerie Thomas Vincent
http://www.galeriethomasvincent.fr/1043-flaubert-gustave-autographe.html
Gustave Flaubert, lettre autographe signée (incomplète), Croisset, 11 juillet 1858, à Marie-Sophie Leroyer de Chantepie, 2 pages in-8 (légère déchirure en bas de page), enveloppe autographe. Très belle lettre de Flaubert revenu de Carthage quelques mois plus tôt et en plein travail de rédaction de son futur roman Salammbô.
«Je me suis diverti dans un tas de songeries historiques et dans la méditation du livre que je vais faire. J’ai bien humé le vent, bien contemplé le ciel, les montagnes et les flots. J’en avais besoin! J’étouffais, depuis six ans que je suis revenu d’Orient.
J’ai visité à fond la campagne de Tunis et les ruines de Carthage, j’ai traversé la Régence de l’est à l’ouest pour rentrer en Algérie par la frontière de Kheff, et j’ai traversé la partie Orientale de la province de Constantine jusqu’à Philippeville, où je me suis rembarqué. J’ai toujours été seul, bien portant, à cheval, et d’humeur gaie.
Et maintenant, tout ce que j’avais fait de mon roman est à refaire; je m’étais complètement trompé. Ainsi, voilà un peu plus d’un an que cette idée m’a pris. J’y ai travaillé depuis presque sans relâche et j’en suis encore au début. C’est quelque chose de lourd à exécuter, je vous en réponds! Pour moi du moins. Il est vrai que mes prétentions ne sont pas médiocres! Je suis las des choses laides et des vilains milieux. La Bovary m’a dégoûté pour longtemps des moeurs bourgeoises. Je vais, pendant quelques années peut-être, vivre dans un sujet splendide et loin du monde moderne dont j’ai plein le dos. Ce que j’entreprends est insensé et n’aura aucun succès dans le public. N’importe! Il faut écrire pour soi, avant tout. C’est la seule chance de faire beau.
Vous devriez (si aucun sujet ne vous vient) écrire vos mémoires. Nous reparlerons de cela. Il me semble que dans une de mes dernières lettres je vous avais indiqué plusieurs lectures. Les avez-vous faites?
Adieu, à bientôt. Je vous serre les mains bien cordialement et je vous baise au front.
Gustave Flaubert».
En septembre 1857, Flaubert avait entamé la rédaction de Salammbô, roman historique qui évoque la Guerre des Mercenaires à Carthage, conflit s’étant déroulé entre les première et seconde guerres puniques. Pour cela, il voyage au cours des mois d’avril et juin 1858 en Tunisie afin de se documenter et de voir Carthage (le roman paraîtra en 1862).
Marie-Sophie Leroyer de Chantepie (1800-1888) fut une écrivaine française. Elle fut, aux côtés de George Sand et de Louise Colet, une des principales correspondantes de Gustave Flaubert. Lettre vendue.

(< Stéphanie Dord-Crouslé, Atsuko Ogane)
Vente Beaussant Lefèvre, Drouot, 21 mars 2017
56. Gustave Flaubert, lettre autographe signée «ton vieux» [à Guy de Maupassant]. [Croisset], «vendredi, 2h.» [13 février 1880]. 3p. in-8.
Superbe lettre évoquant l’écriture de Bouvard et Pécuchet, un procès de Maupassant pour vers obscènes, Nana de Zola, et la correspondance de George Sand. 3000-4000 euros.
http://www.beaussant-lefevre.com/flash/index.jsp?id=81583&idCp=92&lng=

Catalogue Laurent Coulet, n°64, 2017
http://www.laurentcoulet.com/
35. Contrat manuscrit signé par Caroline Commanville et passé entre cette dernière et l’éditeur Ferroud pour une nouvelle édition de Trois contes, une page et demie in-4 datée du 8 avril 1891. 750 euros.

[BULLETIN FLAUBERT n° 185 / 9 février 2017]

(< Stéphanie Dord-Crouslé)
Vente Binoche et Giquello, 8 février 2017
http://www.binoche-renaud-giquello.com/html/fiche.jsp?id=6749843&np=1&lng=fr&npp=150&ordre=&aff=1&r=
Lot 74. Flaubert (Gustave) (1821-1880) - Colet (Louise) poétesse et amie de Flaubert (1810-1876) – Bouilhet
Flaubert: Lettre autographe signée à une dame, Croisset (sans date) 1p. in-8, papier fatigué aux pliures: «Me Wyneken me charge de vous demander 1- si elle peut compter sur son appartement ordinaire... 2- elle espère que malgré l’exposition vous la recevrez aux mêmes conditions, ayant égard à une ancienne habituée...»
Colet: Correspondance de 23 lettres autographes signées à diverses personnes dont une à Victor Hugo (1875), généralement non datées sauf 2 lettres: 1851 et 1873, joint un sonnet et deux dédicaces. La plupart des lettres sont relatives à des demandes d’insertion de ses vers, de ses feuilletons ou de ses manuscrits dans des journaux, des remerciements pour leurs publications; des corrections d’épreuves...; à Victor Hugo: «En me félicitant d’avoir pu vous toucher la main cher Victor Hugo je viens vous rappeler votre bonne promesse... pardonnez-moi de vous déranger, ne fût-ce qu’un moment, de quelque oeuvre exquise...» À la célèbre féministe Eugénie Niboyet: elle demande de faire paraître l’article sur le concours dans la Thémis, la Revue des théâtres, le Ménestrel et de lui renvoyer ses manuscrits de poésie après leur parution; elle envoie une note à paraître pour la 4e édition de Lui, roman contemporain; 1851: elle demande à recevoir de nouveau la Presse promise par M. de Girardin. Elle travaille à un ouvrage pour ce journal; elle adresse des vers pour une dame russe: «mais je doute que la lecture lui soit agréable surtout si elle est admiratrice de l’empereur Nicolas...»; 28 mai (s.d.): elle espère finir son livre sur l’Italie : «j’y donne mes jours et mes nuits» et aller à l’exposition de Londres. «La vie est insupportable pour un artiste, les souffrances physiques hélas! je m’en aperçois depuis quelque temps le travail me tue...»; 1873: elle est malade et demande des explications sur le silence de son correspondant; au directeur du Pays: elle demande une place dans son journal pour la description de la villa Adriana et de Tivoli; elle espère que les 3 feuilletons ou variétés intéresseront les lecteurs etc. Dédicace des Fleurs du midi au maréchal Clausel, découpée et dédicace des Grands Jours de la République à Léopold Duras; sonnet de 14 vers : «Toi qui m’aimas trois jours avec idolâtrie...».
Bouilhet (Louis), ami de Flaubert (1855-1865) (s.d.): «Larounat sait mieux que moi quand il lui plaira de commencer mes répétitions... Ils peuvent commencer sans moi à débrouiller les choses. Et je ne veux pas quitter à moitié un acte que je tiens actuellement ce qui serait désastreux pour l’oeuvre...»; 1858 à un poète: il va lui rendre Les Cariatides de Banville, il en a discuté avec Maxime Du Camp.

(< Éric Walbecq)
Roumet, vente sur offre:
https://www.roumethp.fr/index.php
Lot 1944. Flaubert Gustave (1821-1880), écrivain. LAS datée lundi à sa «chère belle amie», Jeanne de Tourbey (Mme de Loynes), demi-mondaine qui tint un salon littéraire et politique influent sous le Second Empire et la IIIe République. Gustave Flaubert tomba fort amoureux d’elle et lui écrivit des lettres enflammées. 1p. in8°. Jolie lettre amoureuse: «Pensez-vous au nommé Rohaut. Dites-moi l’adresse de M. E. Daudet, pr que je le remercie de son volume. Et croyez bien que je vous idolâtre. Votre vieux fervent.»

Lot 1945. Flaubert Gustave (1821-1880), écrivain. Manuscrit autographe «Les recherches de la France d’Estienne Pasquier». 25 p. 1/4 in folio (32X 20cm). Le manuscrit comporte sur le dernier feuillet le cachet de la vente Flaubert d’Antibes en 1931 (lot 23). On joint une copie de cette vente. Exceptionnel manuscrit des notes de Flaubert sur l’ouvrage d’Estienne Pasquier (1529-1615), conseiller et avocat général du Roy en la Chambre des Comptes de Paris.

[BULLETIN FLAUBERT n° 184 / 12 janvier 2017]

Librairie Laurent Coulet, 166, bd Haussmann, 75008 Paris
www.laurentcoulet.com
[Gustave FLAUBERT, Trois contes]. Contrat manuscrit signé par Caroline Commanville et passé entre cette dernière et l’éditeur Ferroud pour une nouvelle édition de Trois contes.
Une page et demie in-4 datée du 8 avril 1891.
Nièce et héritière de Flaubert, Caroline Commanville cristallisa toute l’affection de l’écrivain après la mort brutale et précoce de sa sœur cadette bien-aimée, sa «chère Carolo», à la suite de ses couches, en 1846.
Document en très bon état. Traces de pliures. 750 euros.
(Ce lot n’est pas encore visible sur le site de l’expert.)

[BULLETIN FLAUBERT n° 183 / 14 décembre 2016]

(< François Lapèlerie, Éric Walbecq)
15 décembre 2016, F.L. Auction
http://www.bsf-commissaires-priseurs.com/flash/index.jsp?id=78121&idCp=253&lng=fr&npp=10000
Lot 107. Gustave Flaubert. L.A.S. (à l’imprimeur Jules Claye). Vichy, Hôtel Britannique, jeudi 21 (août 1862). 1pp. bi-feuillet in-8.
Belle lettre de l’écrivain au moment où il tentait de vendre Salammbô à l’éditeur Lacroix; Flaubert a reçu de lui deux lettres de Bruxelles, la première à Croisset, la seconde à Paris; «[...] C’est la première qui m’est parvenue. Quant à la seconde, vous pouvez la détruire ou me l’envoyer, peu importe [...].» Estimation: 2500/ 3000 euros.

Lot 108. Gustave Flaubert. L.A.S. Croisset, 24 avril. 1pp. bi-feuillet in-8.
Flaubert recommande à son ami, son neveu, «Mr de Commanville qui aurait besoin de renseignements scientifiques sur les bois de chêne. [...]». Il lui demande de lui indiquer ce qu’il pourrait lire sur le sujet, et ajoute en P.S., qu’il compte rendre très prochainement visite à son correspondant. Estimation: 2500/ 3000 euros.

Lot 109. Gustave Flaubert. L.A.S. à Mme Perrot. Jeudi soir. 1pp. in-8.
Belle lettre d’un Flaubert attaché à perpétuer et achever l’oeuvre de son ami Louis Bouilhet, Mademoiselle Aïssé. «Voici une lettre que je vous prie de faire lire à votre ami Raoul Duval qui rougira de honte, et il m’accusait, et vous m’accusiez! Bref tachez de lui faire fouiller ses paperasses. Deslandes n’est pas du tout Directeur du Vaudeville et Chilly continue à l’être à l’Odéon. Aïssé me donne beaucoup de mal. Je suis exténué et agacé, considérablement [...].»
Mademoiselle Aïssé fut mise en scène par Flaubert après le décès de son auteur et ami Louis Bouilhet (1821-1869). Ainsi entre 1869 et 1872, Flaubert passa une grande partie de son temps à choisir les interprètes de cette pièce. Il trouva cependant le temps dans ce même intervalle de faire paraître L’Éducation sentimentale; et pour honorer la mémoire de l’auteur de Mademoiselle Aïssé, il recueillit et publia, en les préfaçant, ses Dernières chansons.

Lot 219. George Sand. L.A.S. «Ton vieux troubadour qui t’aime» [Gustave Flaubert]. Nohant, 21 décembre [1867]. 8pp. in-8, à son chiffre.
Longue lettre à Flaubert. Sand évoque d’abord vigoureusement le discours de Thiers en faveur du Pape et contre l’unité italienne [auquel Flaubert avait réagi: «Peut-on voir un plus triomphant imbécile, un croûtard plus abject, un plus étroniforme bourgeois!»]: «Enfin! voilà donc quelqu’un qui pense comme moi sur le compte de ce goujat politique. Ce ne pouvait être que toi, ami de mon coeur. Étroniformes est le mot sublime qui classe cette espèce de végétaux merdoïdes. J’ai des camarades et de bons garçons qui se prosternent devant tout symptôme d’opposition quel qu’il soit et d’où qu’il vienne et pour qui ce saltimbanque sans idées est un Dieu. Ils ont pourtant la queue basse depuis ce discours à grand orchestre. Ils commencent à trouver que c’est aller un peu loin, et peut être est-ce un bien que, pour conquérir la royauté parlementaire, le drôle ait vidé son sac de chiffonnier, ses chats morts et ses trognons de chou devant tout le monde. Cela instruira quelques-uns. Oui, tu feras bien de disséquer cette âme en baudruche et ce talent en toile d’araignée! Malheureusement quand ton livre arrivera [L’Éducation sentimentale], il sera peut-être élagué et point dangereux, car de tels hommes ne laissent rien après eux: mais peut-être aussi sera-t-il au pouvoir. On peut s’attendre à tout [...].»
Dans son prochain roman [Mademoiselle Merquem], elle exposera une croyance qu’elle adopte pour son usage et qu’elle croit bonne pour le plus grand nombre: «Je crois que l’artiste doit vivre dans sa nature le plus possible. À celui qui aime la lutte, la guerre, à celui qui aime les femmes, l’amour, au vieux qui, comme moi aime la nature, le voyage et les fleurs, les roches, les grands paysages, les enfants aussi, la famille, tout ce qui émeut, tout ce qui combat l’anémie morale. Je crois que l’art a besoin d’une palette débordante de tons doux ou violents suivant le sujet du tableau; que l’artiste est un instrument dont tout doit jouer avant qu’il ne joue des autres: mais tout cela n’est peut-être pas applicable à un esprit de la sorte, qui a beaucoup acquis et qui n’a plus qu’à digérer. Je n’insisterais que sur le point, c’est que l’être physique est nécessaire à l’être moral et que je crains pour toi un jour ou l’autre une détérioration de la santé qui te forcerait à suspendre ton travail et à le laisser refroidir [...].»
Elle passera le Jour de l’An avec ses enfants. «Maurice est d’une gaîté et d’une invention intarissable. Il a fait de son théâtre de marionnettes une merveille de décors, d’effets, de trucs, et les pièces qu’on joue dans cette ravissante boîte sont inouïes de fantastique. La dernière s’appelle 1870. On y voit Isidore avec Antonelli commandant les brigands de la Calabre pour reconquérir son trône et rétablir la papauté. Tout est à l’avenant; à la fin la veuve Ugénie épouse le grand turc seul souverain resté debout. Il est vrai que c’est un ancien démoc, et on reconnaît qu’il n’est autre que le grand tombeur masqué [...].» Elle parle longuement des représentations, qui durent jusqu’à 2 heures du matin, suivies d’un souper: «Moi, je m’amuse à en être éreintée [...]. Il y a, dans ces improvisations une verve et un laisser-aller splendides, et les personnages sculptés par Maurice ont l’air d’être vivants, d’une vie burlesque, à la fois réelle et impossible, cela ressemble à un rêve [...].»
Puis Sand fait des portraits affectueux et animés de sa belle-fille Lina, enceinte et de sa petite-fille Aurore: «Mais comme je bavarde avec toi? Est-ce que tout ça t’amuse? Je le voudrais, pour qu’une lettre de causerie te remplaçât un de nos soupers que je regrette aussi, moi et qui seraient si bons ici avec toi, si tu n’étais un cul de plomb qui ne te laisses pas entraîner à la vie pour la vie. – Ah! quand on est en vacances, comme le travail, la logique, la raison semblent d’étranges balançoires [...].» Elle évoque pour finir la «charmante» Juliette Lambert [Juliette Adam], la neige et le froid: «Nous ne sortons guère, mon chien lui-même ne veut pas aller pisser. Ce n’est pas le personnage le moins épatant de la société. Quand on l’appelle Badinguet, il se couche par terre honteux et désespéré, et boude toute la soirée.» Estimation: 6000/ 7000 euros.

[BULLETIN FLAUBERT n° 181 / 16 novembre 2016]

Vente de la Bibliothèque de Pierre Bergé, deuxième vente, 8-9 novembre 2016.
Résultat des ventes: lots Flaubert de 349 à 373:
http://www.pba-auctions.com/html/index.jsp?id=77453&lng=&npp=150

(< Stéphanie Dord-Crouslé)
Vente Aguttes, 15 novembre 2016
Lot 97. Flaubert, L.A.S. Paris, 19 septembre 1879. 1p. bi-feuillet in-8.
Il demande à son correspondant de lui envoyer son manuscrit: [...] Je vous promets de le lire attentivement et de vous en dire mon avis en toute franchise [...]. Il ajoute en p.s. qu’il pense rendre le manuscrit lui-même lorsqu’il se rendra à Vaudreuil d’ici la fin du mois. Estimation: 1.000/ 1.200 euros.
http://www.aguttes.com/html/fiche.jsp?id=6469666&np=1&lng=fr&npp=20&ordre=2&aff=&r=

Vente Ader, 18 novembre 2016
Lot 94. Edgar Chahine (1874-1947), Flaubert, vers 1935. Dessin à la pierre noire et à l’aquarelle, sur vélin chamois collé sur vélin crème. Signé dans le sujet. Rousseurs. 33x 24cm. Exposition: Edgar Chahine (1874-1947), un regard arménien, Espace Boullée de l’Hôtel de Ville, Issy-les-Moulineaux, 22 avril-19 juin 2015. Ce dessin figure reproduit en héliogravure en frontispice de Madame Bovary. Moeurs de province (Paris, Rombaldi, 1935). Chahine illustra aussi de 21 gravures à la pointe sèche l’oeuvre de Flaubert, Novembre (Paris, Devambez, 1928). Estimation: 400/ 500 euros.
http://www.ader-paris.fr/html/fiche.jsp?id=6522132
Portrait de Flaubert par Chahine:
http://flaubert.univ-rouen.fr/iconographie/gf_chahine.php

Vente Oger-Blanchet, 29 novembre 2016
Lot 23, Gustave Flaubert, manuscrit autographe «Les recherches de la France d’Estienne Pasquier». 25 pages 1/4 in-folio (32x 20cm), cachet de la vente Flaubert sur le dernier feuillet (Vente à Antibes en 1931, lot 23). Important manuscrit de notes de Flaubert sur l’ouvrage d’Estienne Pasquier. Estimation: 4.000 euros.
http://www.ogerblanchet.fr/html/fiche.jsp?id=6493017&np=1&lng=fr&npp=10000&ordre=1&aff=1&r=

(< François Lapèlerie)
Vente Sotheby’s, 6 décembre 2016, New York
Lot 68. Gustave Flaubert, Madame Bovary, Paris, Michel Lévy, 1857, avec envoi à Joseph Méry: «à Mr. Méry. Hommage d’un admirateur inconnu. Gve Flaubert».
«Joseph Méry (1798-1865), poète, romancier, journaliste, pamphlétaire, l’une des figures les plus attachantes de cette période et qui mériterait une étude approfondie» (Jean Bruneau, Flaubert, Corr., Bibl. de la Pléiade, t.II, p.441, n.3, p.1209). Estimation: 3,000/ 5,000 USD.
http://www.sothebys.com/en/auctions/ecatalogue/2015/fine-books-manuscripts-n09588/lot.68.html

(< Éric Walbecq)
Site Manuscripta, novembre 2016
Lettre de Flaubert à Edme Simonnet [petit-neveu de George Sand], 9 février 1870. 3.500 euros.
http://www.autographes-manuscripta.com/flaubert-gustave-lettre-autographe-signee-2/
[Corr., éd. Yvan Leclerc, Bibl. de la Pléiade, t.V, Suppl., p.1038.]

Site Roumet, vente sur offre, novembre 2016
Lot 1439. Lettre de Flaubert à «Mon cher Paul». «J'aurais besoin pour la fin de la semaine prochaine d'un paletot douillet en mérinos noir – bien souple – comme d’habitude. Pas de poche de côté extérieurement. Je compte sur vous et vous serre les mains.» En PS: «Où trouverais-je un domino propre (et même très propre pour la soirée du ministère d'Etat le 26 courant?» 1p. in8°. Inédite. Prix de départ: 1.500 euros.

Lot 1440. Lettre de Flaubert à Catulle Mendès, 25 octobre 1872. «Mon cher ami. J’ai reçu ce matin une dépêche de vous en style télégraphique m’annonçant la mort de mon pauvre Théo. Mais la dépêche était dans une enveloppe, comme une lettre, pourquoi? Donc, j’ai su l’événement au bout de trente heures. Au moment où je lisais vos deux lignes, il était déjà enterré? Que vous dirais-je? Je suis écrasé! Tant mieux pour lui, après tout! Mais nous, mais moi!... J’en ai assez! et je ne demande qu’à le suivre.» 1p. in8° (petits défauts). Inédite. Prix de départ: 1.500 euros.

[BULLETIN FLAUBERT n° 180 / 13 octobre 2016]

La Bibliothèque de Pierre Bergé. Deuxième vente, Hôtel Drouot, 8-9 novembre 2016
http://www.pba-auctions.com/html/index.jsp?id=77453&lng=fr&npp=10000
Lots Flaubert de 349 à 373
349. Corneille, Oedipe 1659. Sans lieu ni date [Rouen, vers 1840?]. Manuscrit autographe de 16p.
350. Portrait de Gustave Flaubert. Vers 1845.
351. Par les champs et les grèves (Voyage en Bretagne). Sans lieu [Croisset, 1847] - 3 janvier 1848. Manuscrit autographe signé in-folio (328x222 mm) de (1)f. de titre et (140)ff. (soit 277 pages) montés sur onglets et numérotés par Flaubert 1 à 17, 32 à 49, 66 à 89, 103 à 128, 153 à 181, 201 à 226: maroquin janséniste vert, dos à nerfs, coupes filetées or, doublures de maroquin havane serties d’un filet doré, gardes de soie vert foncé (René Aussourd).
352. Madame Bovary. Moeurs de province, Paris, Michel Lévy Frères, 1857.
353. Madame Bovary. (Moeurs de province), Paris, Revue de Paris, 1856.
354. Madame Bovary. Moeurs de Province. Nouvelle édition. Paris, Michel Lévy frères, 1862.
355. [Notes manuscrites tirées de l’] Historia Orientalis de Hottinger. Sans lieu ni date [vers 1857-1860]. Manuscrit autographe in-folio (300x200 mm environ) de (28)ff. [soit 50 pages] montés sur onglets: cartonnage à la Bradel, dos lisse fileté or (reliure du début du XXe siècle).
356. Salammbô, Paris, Michel Lévy frères, 1863.
Exceptionnel envoi autographe signé: «au Maître! Gve Flaubert à Victor Hugo Maximo Parvus».
357. Salammbô, Paris, Michel Lévy frères, 1863.
Exemplaire enrichi de trois lettres de Flaubert relatives à l’élaboration et à la publication de l’ouvrage: à Ernest Feydeau (non datée, mais écrite à Croisset dans la seconde moitié d’octobre 1858, 3 pages et demie); à Michel Lévy (9? octobre 1862, 2 pages et demie); à l’imprimeur Claye (21 mars [1872], 2 pages), à propos des Dernières chansons de Louis Bouilhet. On a également relié dans le volume le portrait de l’auteur gravé à l’eau-forte par Champollion d’après Caroline Commanville, publié dans les Souvenirs sur Gustave Flaubert (1895).
358. Eugène Delattre, Devoirs du suffrage universel, suivi du texte de la loi électorale, Paris, Pagnerre, 1863.
Envoi autographe signé de l’auteur sur le faux titre: «A Gustave Flaubert, le plus dévoué des Salambistes hommage de son ami E. Delattre».
359. Edmond et Jules de Goncourt, Germinie Lacerteux, Paris, Charpentier, 1864.
Envoi autographe signé sur le faux titre: «à Gustave Flaubert le 1er exemplaire de ses amis Edmond et Jules».
360. Lettre adressée à Alexandre Dumas fils. Jeudi, 6h. du soir, sans date [17 février 1870].
361. L’Éducation sentimentale. Histoire d’un jeune homme, Paris, Michel Lévy frères, 1870.
Exemplaire de Jeanne de Tourbey, comtesse de Loynes (1837-1908). L’envoi occupe le recto de la première garde du tome I: «à Me J. De Tourbey Gve Flaubert offre ce livre et voudrait bien s’offrir lui-même!»
362. La Tentation de saint Antoine, Paris, Charpentier & Cie, 1874.
Envoi autographe signé sur le faux titre: «Au Maître des Maîtres c’est à dire à Victor Hugo j’offre avec tremblement La Tentation de saint Antoine Gve Flaubert».
363. Le Candidat. Comédie en quatre actes représentée sur le théâtre du Vaudeville les 11, 12, 13 et 14 mars 1874, Paris, Charpentier et Cie, 1874.
André Maurois, qui posséda le volume, fit relier en tête une lettre et deux billets autographes signés de Gustave Flaubert se rapportant aux répétitions du Candidat; ils furent tous adressés à son ami Edmond Laporte en 1873-1874: [5 décembre 1873], [2 mars 1874], [6 mars] 1874.
364. La Tentation de saint Antoine, Paris, Charpentier & Cie, 1874.
On a joint une lettre autographe signée de Flaubert relative à La Tentation, [23? avril 1874].
365. Jules Senard, Barreau de Paris. Discours prononcé à l’ouverture de la Conférence, le 12 décembre 1874, Paris, Typographie et lithographie Renou, Mauld et Cock, 1875.
Envoi autographe sur le faux titre: à M. Gustave Flaubert.
366. Georges Pouchet, Des changements de coloration sous l’influence des nerfs. Avec planches en couleur, Paris, Germer Baillière, 1876. Envoi autographe signé: «à Gustave Flaubert son vieil ami».
367. Ivan Tourguéniev, Terres vierges, Paris, J. Hetzel et Cie, 1876.
Exemplaire de Gustave Flaubert, comportant cet envoi autographe signé sur le faux titre:
«A G. Flaubert son vieux et fidèle ami I. Tourgueneff Paris. 1877».
368. Trois contes. Un coeur simple. La Légende de saint Julien l’Hospitalier. Hérodias,
Paris, G. Charpentier, 1877.
Envoi autographe signé sur le faux titre: «Offert à Me Sabatier Grout par son ami Gve Flaubert».
369. Huysmans, Marthe. Histoire d’une fille, avec une eau-forte impressionniste de J.-L. Forain, deuxième édition, Paris, Derveaux, 1879. Envoi autographe signé sur le premier feuillet blanc: «A Gustave Flaubert Son bien respectueusement dévoué J. K. Huÿsmans».
370. Bouvard et Pécuchet. Oeuvre posthume, Paris, Alphonse Lemerre, 1881.
Un des 10 premiers exemplaires sur papier de Chine, seul grand papier avec 55 Hollande.
371. Oeuvres complètes, Paris, Quantin, 1885.
Précieux exemplaire d’Henry James, avec sa signature autographe datée de 1886 et son adresse sur la garde du tome I.
372. Par les champs et par les grèves (Voyage en Bretagne). Accompagné de mélanges et fragments inédits, Paris, G. Charpentier et Cie, 1886. Un des 3 premiers exemplaires sur papier de Chine (n°2).
373. Caroline Commanville, Souvenirs sur Gustave Flaubert, texte et illustrations de Caroline Commanville, Paris, A. Ferroud, 1895.

14-18 octobre, Bibliothèque Tissot-Dupont, vente Piasa, 118 rue du Faubourg Saint-Honoré, Paris
http://www.piasa.fr/lots/133625/future/
187. Madame Bovary. Mœurs de province, Paris, Michel Lévy, 1857.
Exemplaire sur vélin fort, avec envoi au ministre de l’instruction publique, Gustave Rouland, défenseur de Madame Bovary, édition originale. Deux parties en un volume in-12 (178 x 116mm) Exemplaire de premier tirage avec la faute Senart au lieu de Senard. Tirage: un des rares exemplaires sur vélin fort.
Envoi (à l’encre brune, sur le faux titre): «à Monsieur Rouland, hommage d’un compatriote, l’auteur, son tout dévoué, Gve Flaubert».
Reliure de l’époque. Dos à nerfs de chagrin noir, plats de papier marbré, tranches peignées. Provenance: Michel Bolloré (ex-libris) – librairie Lardanchet. Dos légèrement frotté. Envoi légèrement coupé mais exemplaire très blanc.
Gustave Rouland (1806-1878) était le ministre de l’instruction publique et des cultes au moment du procès de Madame Bovary. D’origine normande (Yvetot), ce «compatriote» de Flaubert se plaça activement du côté des défenseurs du roman. Le procès eut lieu le 29 janvier 1857. Les lettres de Flaubert à son frère Achille témoignent du soutien sans faille de Rouland à son égard: Flaubert lui rend visite le 2 janvier 1857 (lettre du 1er janvier); il reçoit «une lettre fort polie qui [l’]’invite à passer chez lui» (6 janvier); Rouland intervient auprès du Ministère de l’Intérieur (16 janvier); Flaubert suggère à son frère qu’un officier bonapartiste nommé Wall écrive à Rouland «pour que ce dernier dise un mot (en sous-main) à [s]es juges» (25 janvier). Maxime Du Camp, directeur de la Revue de Paris poursuivie pour la publication du roman, écrit à Flaubert à propos de Rouland: «je [le] sais très bienveillant pour les Rouennais» (1er janvier 1857). Nous remercions M. Yvan Leclerc pour son aide. Références: Clouzot, p.121 – Vicaire, III, p.721-723 – Carteret, I, p. 263-265 – Auguste Lambiotte, Le Livre et l’estampe, “Les exemplaires en grand papier de Madame Bovary”, 1957, n°12. Estimation: 30.000 - 50.000 euros.

188. La Tentation de saint Antoine, Paris, Charpentier, 1874
Exemplaire de Goncourt avec un envoi de Flaubert. Exemplaire sur hollande, à toutes marges, relié par Pierson. Édition originale in-8 (252x167mm). Tirage: un des 75 exemplaires sur hollande, celui-ci numéroté 37.
Envoi: «à mon bon vieux de Goncourt. G. Flaubert».
Reliure de l’époque signée de Pierson. Percaline rouge, dos avec titre en noir, couverture et dos conservés, non rogné, témoins conservés. Provenance: Edmond de Goncourt (envoi; ex-libris avec note autographe de Goncourt; Paris, avril 1897, n°335) – Paul Voûte (ex-libris; IV, mars 1938, n°300) – Michel Bolloré (ex-libris). Décharge d’une fiche de libraire sur la page de garde.
La rédaction de La Tentation de saint Antoine occupa Flaubert durant toute sa vie d’écrivain. Les premières ébauches remontent à 1847, soit presque trente ans avec la publication du poème. C’est certainement l’oeuvre à laquelle il eut le plus de plaisir à travailler, comme il l’écrit à Louise Colet, le 6 avril 1853: «Saint Antoine ne m’a pas demandé le quart de la tension d’esprit que la Bovary me cause. C’était un déversoir; je n’ai eu que plaisir à l’écrire, et les dix-huit mois que j’ai passés à en écrire les 500 pages ont été les plus profondément voluptueuses de toute ma vie.» Il est plusieurs fois fait allusion à La Tentation de saint Antoine dans le Journal des Goncourt: «Il [Flaubert] me retient à dîner, et après dîner, il me lit de sa Tentation de saint Antoine... Flaubert, en malin qu’il est, a choisi, depuis plusieurs années, les milieux les plus colorés, les plus excentriques, les plus carthaginois, les plus épatants pour les bourgeois» (9 novembre 1871). Références: Clouzot, p.121 – Carteret, I, 269 – Vicaire III, 728. Estimation: 6.000 - 8.000 euros.

(< Éric Walbecq, Daniel Grojnowsky)
Catalogue de la Librairie Michel Bouvier, 2016
289. Flaubert, L.A.S. à Ernest Chevalier, 20 mai 1840. Lettre inédite. 25.000 euros.
[Voir Bulletin Flaubert, n°173, 12 janvier 2016.]

[BULLETIN FLAUBERT n° 179 / 15 septembre 2016]

Catalogue Les Neuf Muses, Alain Nicolas, «Gauguin», [juin 2016]
Lot 56. Madame Bovary, Michel Lévy, 1857.
Édition originale sur vélin fort, grand papier en un seul volume (environ 75 exemplaires de ce tirage). Enrichi de 23 eaux-fortes: portrait de Flaubert par Ernest de Liphart, une des 30 épreuves sur hollande avant la lettre; suite des 7 planches en plusieurs états gravées par Boilvin pour l’éditeur Lemerre en 1874; portrait d’une cavalière en forêt par Alfred Gérardin (1874). 12.000 euros.
Lot 57. Lettre de George Sand à Flaubert, 27 septembre 1872. 7.000 euros.

(< Ambroise Perrin)
Manuscripta, vente sur ebay, 1er août 2016
Gustave Flaubert, lettre autographe signée à l’éditeur Alphonse Lemerre. Croisset, 31 juillet [1879]. 1 page in-8.
http://www.ebay.fr/itm/FLAUBERT-Lettre-autographe-signee-sur-Salammbo-/141853536994?hash=item21072132e2:g:OV0AAOSwhkRWb9cl
Lettre concernant la réédition de Salammbô et l’édition des poésies de Louis Bouilhet.
«…Je m’étonne de ne pas recevoir la dernière et l’avant-dernière épreuve de Salammbô – que je n’ai vues qu’une fois. D’où vient ce retard? Quand faites-vous paraître les deux volumes? Et les Poésies complètes de Bouilhet? Où en sommes-nous? Soyez assez bon de me répondre et recevez une cordiale poignée de main de votre Gus. Flaubert. Croisset, près de Rouen ».
À la mort de son ami Louis Bouilhet, le 18 juillet 1869, Flaubert perd son plus proche ami et également «son accoucheur, celui qui voyait dans ma pensée plus clairement que moi-même» écrit-il à George Sand. Il se donne comme devoir de faire connaître l’oeuvre littéraire de son ami.
[Corr., éd. Jean Bruneau, Bibl. de la Pléiade, t.IV, p.681.]

(< Ambroise Perrin)
Le Neuvième Manuscrit, Galerie Thomas Vincent, 1er août 2016
Flaubert, Le Culte des Romains
http://www.galeriethomasvincent.fr/95-flaubert-gustave-autographe.html
3.600 euros.
Manuscrit autographe, 2 pages in-folio à l’encre noire. Notes historiques concernant le culte des anciens Romains, les Lupercales [Flaubert a écrit «Lucerpales»], le dieu Terme, les réformes de Tarquin, la constitution de Servius, les Vestales, les collèges sacerdotaux et l’organisation religieuse, etc.
Notes peut-être relatives à la préparation de Salammbô ou de La Tentation de saint Antoine.
«Importance du dieu Terme consécration religieuse de la propriété. Celui qui y portait atteinte violait les lois divines humaines.
Changements dans la religion et la constitution dans les dernières lois.
Tarquin chasse du mont Tarpéien les dieux de Numa […].
Réformes de Tarquin: formation de 100 nouvelles familles dont les chefs entrèrent dans le sénat (patres minorum gentium) […].
Les vestales seules étaient vouées à l’autel, après 30 ans elles pouvaient rentrer dans la vie civile. Les citoyens investis des fonctions sacerdotales formaient comme prêtres des collèges…»

(< Jacques-Remi Dahan)
Catalogue Bonnes feuilles, n°26, librairie Walden (Hervé & Eva Valentin), Orléans:
18328 Gustave Flaubert, Madame Bovary, Paris, Michel Lévy, 1857, 2vol. (115 x 172) de [8], [5]-232p.; [4], [233]-490p., demi-veau rouge à coins, dos lisse orné de filets dorés, tête dorée, couvertures et dos conservés, catalogue éditeur (Reliure signée de Bernasconi). 6.000 euros.
Édition originale. Exemplaire du premier tirage, avec les fautes d’impression.
Il est complet du catalogue éditeur à la fin du second volume.
Montée en tête, lettre autographe signée à Marie-Anne Detourbay, dite mademoiselle Jeanne de Tourbey et par son mariage comtesse de Loynes.
Installée par le prince Napoléon, cousin de Napoléon III, dans un appartement de la rue de l’Arcade, elle reçoit à partir de 1860 une assemblée exclusivement masculine du Tout-Paris des Lettres: Ernest Renan, Sainte-Beuve, Théophile Gautier, Lucien-Anatole Prévost-Paradol, Émile de Girardin et bientôt, par sa meilleure amie, la comédienne Joséphine Clémence d’Ennery, Gustave Flaubert, qui en tombe amoureux et lui écrit quelques lettres enflammées, à partir de 1862. Elle n’a alors pas 25 ans, et séduit l’écrivain qui chérissait ses «grâces de panthère et [son] esprit de démon». Car celle qui rêvait d’avoir «un jour, Paris à ses pieds» sut donner suite à sa prophétie en épousant Edgar de Loynes, parachevant un destin tout balzacien d’une enfant fille d’ouvrier, native de Reims ‒ elle y était rinceuse de bouteilles ‒ avant d’être une adolescente que sa beauté conduit dans un bordel de la même ville, avant de «monter à Paris» où Dumas fils la remarque et voit en elle une nouvelle Marie Duplessis. Vive d’esprit et avide d’apprendre, Sainte-Beuve se chargera, à la demande de Dumas, de parfaire son éducation. Ce sera une réussite, car l’élève est douée. Consciente, selon le mot postérieur de Caroline Otéro que «la fortune ne vient pas en dormant seule», Marie-Anne Detourbay, devenue Jeanne de Tourbey, collectionne les amants, si possible fortunés. Elle aura avec Flaubert une correspondance suivie, de près de 20 ans, l’écrivain lui envoyant toujours en 1880 des missives qu’il signait de «son vieil amoureux».
Pour l’heure, Flaubert réclame simplement des nouvelles car «je ne peux pas aller en prendre moi-même: j’ai 1° la grippe 2° un clou au milieu du visage et 3° un accablement qui ne me permet pas de marcher. Tout cela m’empêche de me précipiter à vos genoux et de baiser vos jolies mains en vous disant que je vous aime. Gustave Flaubert. Mardi matin.» Nous sommes loin ici des turpitudes des trente-cinq chapitres de Madame Bovary: un récit d’un adultère somme toute banal devenu le premier roman de l’insatisfaction, de la frustration née du désir non réalisé et de l’ennui, en un mot, le «bovarysme» ‒ terme forgé par le philosophe Jules de Gautier ‒, comme nostalgie d’un idéal inconnu et trompeur, perçu dans un imaginaire construit par les lectures. Le livre eut un retentissement énorme dans la presse et dans le public; à vrai dire, bien plus pour le procès pour outrages aux bonnes mœurs que pour ses qualités littéraires novatrices.
Très bel exemplaire, admirablement établi par Auguste Bernasconi, l’un des meilleurs praticiens suisses du XXe siècle, établi à Paris, rue de Seine puis avenue de Lowendal, jusqu’à sa retraite en 1948. «Ouvrier de grande classe, spécialiste des reliures dites romantiques, son habileté professionnelle était unanimement reconnue par ses confrères et son atelier était fréquenté par de nombreux bibliophiles» (Fléty, p.22).
Carteret, I, 263; Vicaire III, 721; En Français dans le Texte, 277; Brun, «Contribution à l’étude des différents tirages de l’édition originale de Madame Bovary», in Le Livre et l’Estampe, n°39.

(< Stéphanie Dord-Crouslé)
Vente Millon, 4 octobre 2016
Lot 187. Flaubert (Gustave). L.A.S. «Gus. Flaubert» non datée non située («Jeudi 1 heure» + mention manuscrite postérieure: 20 août 1869 [Corr., t.IV, p.92]), 1p. (18 x 11 cm), encadrée sous verre avec un portrait gravé de Flaubert, à Philippe Leparfait (fils adoptif de Louis Bouilhet) concernant entre autres la pièce de Louis Bouilhet Le Coeur à droite
«Les feuilletons qui contiennent Le Coeur à droite sont dans une vieille couverture de livre, rouge. C’est Delattre lui-même qui vient de me donner ce renseignement. Tâche de retrouver cela & de me l’expédier promptement. Delattre fera cet hiver une conférence sur B. – bonne préparation au succès d’Aïssé. Mais il a d’autres idées que j’approuve moins. Je te les communiquerai. Comment se porte maintenant ta pauvre maman. Adieu mon cher enfant. Je t’embrasse.» 1.500/ 2.000 euros.
http://catalogue.gazette-drouot.com/html/g/fiche.jsp?id=6280377

(< Éric Walbecq)
Roumet, Histoire postale et autographes, 52e vente sur offres, 20 septembre 2016
www.roumethp.fr
1505. Flaubert Gustave, LAS datée lundi à sa «chère belle amie», Jeanne de Tourbey (Mme de Luynes) demi-mondaine qui tint un salon littéraire et politique influent sous le second Empire et la IIIe République. Gustave Flaubert tomba fort amoureux d’elle et lui écrivit des lettres enflammées. 1p. in-8°.
Jolie lettre amoureuse: «Pensez-vous au nommé Rohant. Dites-moi l’adresse de M. Er[nest] Daudet, pr que je le remercie de son volume. Et croyez bien que je vous idolâtre. Votre vieux fervent.» Prix de départ: 1.800 euros.

[BULLETIN FLAUBERT n° 178 / 27 juin 2016]

(< Agnès Maleville)
Catalogue Monogramme, n°XVII [2016]
Librairie Monogramme, Galerie 105, 78 avenue de Suffren, 75015 Paris
monogram.autographe@wanadoo.fr
Lot 116. Flaubert (Gustave), Lettre autographe signée de Croisset, mardi, 29 juillet [1873]. 1p. in-8.
«Eh bien? et votre bonne visite promise quand l’aurais-je? Je vous ai attendu toute la semaine dernière, cher ami. Je vous attends celle-ci. Mais à partir du 6 août je m’absente puis vers le 10 ou le 12, je serai à Paris. Venez-donc! on est mieux ici pour causer que partout ailleurs…» Prix: 1.480 euros.

(< Stéphanie Dord-Crouslé, Jacques-Remi Dahan)
Vente Auction, hôtel Drouot, 1er juillet 2016.
(Dans ces deux notices, les images des lettres ont été inversées.)
Lot 98. Flaubert, L.A.S. (à l’imprimeur Jules Claye). Vichy, Hôtel Britannique, jeudi 21 (août 1862). 1p. bi-feuillet in-8.
http://catalogue.gazette-drouot.com/html/g/fiche.jsp?id=6177044
Belle lettre de l’écrivain au moment où il tentait de vendre Salammbô à l’éditeur Lacroix; Flaubert a reçu de lui deux lettres de Bruxelles, la première à Croisset, la seconde à Paris; «C’est la première qui m’est parvenue. Quant à la seconde, vous pouvez la détruire ou me l’envoyer, peu importe.» Estimation: 3.000/3.500 euros.
Lot 99. Flaubert, L.A.S. (à Félix-Archimède Pouchet), Croisset, 24 avril [1871]. 1p. bi-feuillet in-8.
http://catalogue.gazette-drouot.com/html/g/fiche.jsp?id=6177045
Flaubert recommande son neveu, Mr Commanville, qui aurait besoin de renseignements scientifiques sur les bois de chêne (...). Il lui demande de lui indiquer ce qu’il pourrait lire sur le sujet, et ajoute en P.S., qu’il compte rendre très prochainement visite à son correspondant. Estimation: 4.000/ 4.500 euros.

Catalogue Les Autographes, Thierry Bodin, n°143, juin 2016.
Lot 214. Gustave Flaubert. L.A.S. «Votre infirmité», [Croisset] Mardi soir novembre 1851], à Louise Colet; 2 pages et demie in-8, enveloppe. Belle lettre à sa maîtresse. «Je ne me suis jamais piqué, ma chère, d’être un homme de goût ni de jolies manières, la prétention eût été trop vaniteuse. Vous n’avez pas besoin de me le rappeler. Que votre cousine ait l’intelligence des choses du coeur, tant mieux pour elle. Je n’ai pas même, moi, celle de l’esprit. Chacun fait ce qu’il peut. Voyons, point d’aigreurs entre nous. Que diable voulez-vous que je vous écrive que vous ne sachiez aussi bien que moi. Je ne peux vous vous donner aucune nouvelle ni du monde que je ne vois pas, ni de moi, qui ne change. – & comme je trouve en outre, pareillement à vous qu’il faut garder ses douleurs pour soi sans en fatiguer les autres, et que je pense que j’ai fait un peu abus de ce chapitre vis-à-vis de vous, je n’ai donc rien de mieux à faire que de ne rien faire c’est-à-dire me taire. Si vous saviez dans quelle plate monotonie je vis, vous vous étonneriez même que je m’aperçoive encore de la différence de l’hiver à l’été & du jour à la nuit». Il aura bien des choses à lui dire la semaine prochaine lorsqu’ils se verront: «II s’accomplit en ce moment en moi quelque chose de solennel. Je suis à une époque critique. Voilà que je vais avoir trente ans. – Il faut se décider & n’y plus revenir»... Il arrivera lundi soir, passera deux soirées avec elle et repartira le lendemain: «Car je ne verrai personne à Paris. Qu’ai-je à y voir, si ce n’est vous. Adieu, mes lambeaux vous embrassent». Et il signe: «Votre infirmité». 10.000 euros.

[BULLETIN FLAUBERT n° 177 / 19 mai 2016]

(< Michel Pierssens)
31 mai 2016, vente Sotheby’s
66. Gustave Flaubert, lettre autographe signée à Ernest Chevalier, Croisset, dimanche 6 mai [1849]. 4p. Petit in-4 (245 x 190mm). Signée «Gve Flaubert». Avec 5 lignes et une dizaine de mots biffés. Estimation: 5.000/ 7.000 euros.
http://www.sothebys.com/fr/auctions/ecatalogue/2016/livres-manuscrits-pf1603/lot.66.html
Superbe lettre, en partie inédite, à son ami d’enfance, lui annonçant son voyage en Orient, prévu pour l’automne, en compagnie de Maxime Du Camp.
«Au mois d’octobre prochain je (n’aie pas peur de ce qui suit, ce n’est point mon mariage, mais mieux), au mois d’octobre prochain ou à la fin de 7bre je fouts [sic] le camp pour l’Égypte. […] Nous remonterons le Nil jusqu’à Thèbes, de là en Palestine ‒ puis la Syrie, Bagdad, Bassora, la Perse jusqu’à la mer Caspienne, ‒ le Caucase, la Géorgie, l’Asie Mineure par les côtes, Constantinople, et la Grèce s’il nous reste du temps et de l’argent.» Flaubert expose les raisons de son départ, sa maladie des nerfs ‒ qui ne guérira pas dans l’environnement où il vit: «Je suis si esseulé, si sombre, si enragé, si triste que je me sentais peu à peu suivre le chemin du sieur Hamard [veuf de sa soeur Caroline, décédée en 1846]. [...] J’ai besoin de prendre l’air, dans toute l’extension du mot. Ma mère voyant que cela m’était indispensable a consenti à ce voyage ‒ et voilà ‒ je ne pense qu’avec angoisse aux inquiétudes que je vais lui faire subir, mais je crois que c’est un mal pr en éviter un moins grand.» Cela fait un an qu’il pense à ce voyage, «un an à lutter contre cette passion des champs qui me dévorait, si bien que j’en ai fort maigri».
Flaubert déplore que son ami doive encore rester à Calvi: «Comment pauvre bougre n’as-tu pas plus de chance que ça et ne peux-tu sortir de ton île qui pr être le berceau du gd homme n’en doit pas moins commencer à te sembler fastidieuse. Je ne sais si les Corses sont aussi stupides que les Français mais ici c’est déplorable.» Flaubert évoque ensuite son beau-frère Émile Hamard.
Flaubert et Du Camp embarqueront le 4 novembre 1849 à Marseille et seront de retour en France à l’été 1851.
Les passages concernant l’avocat Émile Hamard sont inédits. Hamard avait montré les premiers signes d’instabilité psychique peu de temps après le décès de sa jeune épouse, la soeur chérie de Flaubert morte à 22 ans, et venait de perdre la garde de sa fille au profit de Madame Flaubert.
Provenance: René Descharmes (1881-1925). Références: Correspondance, I, p.506-507 (texte partiel).

67. Gustave Flaubert, lettre autographe signée à George Sand. [Paris] vendredi matin [17 mai 1867]. 3p. in-8 (207 x 136mm). Signée «Gve Flaubert», sur papier bleu. Plis légèrement marqués. Estimation: 4.000/ 6.000 euros.
http://www.sothebys.com/fr/auctions/ecatalogue/2016/livres-manuscrits-pf1603/lot.67.html
Belle lettre de Flaubert, «gueulant» contre la société bourgeoise, qu’elle soit en blouse ou en redingote: «la Haine du Bourgeois est le commencement de la Vertu».
Où il est également question de la mauvaise santé de Sainte-Beuve, du nouveau poste de Louis Bouilhet [nommé conservateur de la bibliothèque municipale de Rouen le 3 mai 1867], de l’Exposition universelle et de brochures sur la faïence prêtées par George Sand.
«On ne parle plus de la guerre, on ne parle plus de rien. L’Exposition seule “occupe tous les esprits” et les cochers de fiacre exaspèrent tous les bourgeois. Ils ont été bien beaux (les bourgeois) pendant la grève des tailleurs. On aurait dit que la Société allait crouler.
Axiome: la Haine du Bourgeois est le commencement de la Vertu. Mais je comprends dans ce mot de bourgeois, les bourgeois en blouse comme les bourgeois en redingote. C’est nous, & nous seuls, c’est-à-dire les lettrés qui sommes le Peuple, ou pour parler mieux: la tradition de l’Humanité.
Oui, je suis susceptible de colères désintéressées et je vous aime encore plus de m’aimer pr cela. La Bêtise & l’injustice me font rugir. – & je gueule, dans mon coin contre un tas de choses “qui ne me regardent pas”.
Comme c’est triste de ne pas vivre ensemble, chère maître. Je vous admirais avant de vous connaître. Du jour que j’ai vu votre belle et bonne mine je vous ai aimée.»
Provenance: René Descharmes (1881-1925), avocat, homme de lettres, bibliothécaire à la Bibliothèque nationale puis au Muséum d’histoire naturelle, spécialiste de Flaubert. Références: Flaubert, Correspondance, III, p.642.

68. Gustave Flaubert, lettre autographe signée à Edmond Laporte. [Paris] jeudi matin [15 mai1873]. Une p. in-8 (216 x 134mm). Signée «Gve Flaubert». Estimation: 2.000 euros.
http://www.sothebys.com/fr/auctions/ecatalogue/2016/livres-manuscrits-pf1603/lot.68.html
Lettre inédite, à propos du lévrier que son ami lui a offert.
«Mon cher ami, vous seriez bien aimable de me renvoyer notre fils Julio ‒ ou plutôt de l’amener vous-même ce qui fait que je vous verrais. Je serai à Croisset samedi soir. J’enverrais bien chercher le jeune homme. Mais mon larbin va être très occupé pendant qques jours. Je vous demande pardon de mon sans-gêne.» Il lui propose de venir déjeuner à Croisset le dimanche suivant.
Fidèle complice des dernières années de Flaubert, Edmond Laporte (1832-1906) lui avait offert en septembre 1872 un lévrier russe, baptisé Julio (en souvenir de Jules Duplan? décédé en 1870 et par l’intermédiaire duquel ils s’étaient rencontrés). Ce chien retrouvait parfois le domicile de Laporte à Grand-Couronne lorsque Flaubert s’éloignait quelque temps de Croisset. Le dimanche 18 mai, Flaubert écrira à sa nièce Caroline que Laporte est venu déjeuner mais sans Julio, malade.
Provenance: Edmond Laporte (cachet de collection). ‒ René Descharmes.

(< Stéphanie Dord-Crouslé)
1er juin 2016, Hôtel Drouot, vente Binoche et Giquello, expert Dominique Courvoisier
http://asp.zone-secure.net/v2/index.jsp?id=2637/10410/64632&lng=fr
Lot 76. Flaubert (Gustave), Madame Bovary. Moeurs de province, Paris, Michel Lévy frères, 1857. In-12, demi-chagrin brun avec coins, reste des plats recouvert de percaline beige, doubles filets dorés et à froid, dos orné, doublure et gardes de papier moiré blanc, tranches dorées, chemise demi-maroquin brun et étui modernes (Reliure de l’époque).
Carteret, t.I, p.263. ‒ En français dans le texte, n°277.
Édition originale. Estimation: 100.000/ 120.000 euros.
Elle est dédiée à Louis Bouilhet, poète et ami de l’auteur, et à Jules Senard, défenseur de l’auteur dans le procès de Madame Bovary en janvier-février 1857.
L’ouvrage avait d’abord paru en livraisons dans les colonnes de la Revue de Paris entre le 1er octobre et le 15 décembre 1856.
Un des rares exemplaires imprimés sur papier vélin fort, probablement d’un tirage à 75 exemplaires que Flaubert se réserva presque tous pour les offrir à ses amis et à ses connaissances.
Précieux exemplaire offert à Madame Le Poittevin, portant sur le faux-titre cet émouvant envoi:

à Me Lepoittevin
acceptez ce livre, chère Madame
au nom de l’affection que vous
m’avez toujours portée et
aussi (et surtout !) au nom
du souvenir. S’il vivait
encore c’est à lui qu’eut
été dédié ce travail. Car la place
est restée vide dans mon
coeur, et l’ardente amitié
n’est pas éteinte.
Mille bonnes tendresses
Gustave Flaubert.

Marie-Anne-Victoire Thurin (1794-1866) avait épousé en 1812 Paul Le Poittevin (1778-1850), un manufacturier de coton fortuné établi à Rouen. Amie proche de Caroline Fleuriot, la mère de Flaubert, avec qui elle avait vécu au pensionnat de Honfleur, elle était la grand-mère maternelle de Guy de Maupassant.
La personne désignée avec respect par le pronom il souligné, n’est autre qu’Alfred Le Poittevin, le fils de la dédicataire, l’ami d’enfance, le confident intime et le compagnon le plus cher de Flaubert.
Poète et avocat au barreau de Rouen, sa ville natale, Alfred Le Poittevin (1816-1848) fut sans aucun doute celui qui occupa le plus de place dans le coeur de Flaubert, son cadet de cinq ans. Une amitié très profonde et marquante liait les deux hommes, et Alfred fut pour Gustave bien plus qu’un ami et un grand frère: «cher et doux ami, lui dit un jour Gustave – (il devrait y avoir un autre mot, car tu n’es pas pour moi un ami comme on l’entend, même les meilleurs), tu m’affliges quand tu me parles de ta mort. Songe à ce que je deviendrais. ‒ Âme errante, comme un oiseau sur la terre en déluge, je n’aurais pas le moindre rocher, pas un coin de terre, où reposer ma fatigue» (lettre du 13 mai 1845).
«Il fut l’homme que j’ai le plus aimé au monde», confiera tout simplement l’écrivain en novembre 1857 à sa correspondante Marie-Sophie Leroyer de Chantepie.
En mai 1846, l’annonce du mariage entre Alfred Le Poittevin et Louise de Maupassant sonna la fin de l’intimité avec Flaubert, lequel fut très déçu et se sentit abandonné, voire trahi par cet ami qu’il chérissait plus que tout et avec qui il avait tant partagé: «Je crois que tu es dans l’illusion [...]. Es-tu sûr, ô grand homme, de ne pas finir par devenir bourgeois», lui rétorqua l’écrivain.
Deux ans plus tard, Flaubert fait face à la mort prématurée de son ami, décédé d’une longue maladie du coeur en avril 1848: «Alfred est mort lundi soir à minuit. Je l’ai enterré hier et je suis revenu. Je l’ai gardé pendant deux nuits (la dernière nuit, entière), je l’ai enseveli dans son drap, je lui ai donné le baiser d’adieu et j’ai vu souder son cercueil. J’ai passé là deux jours... larges. [...] Quand il a été ainsi arrangé il ressemblait à une momie égyptienne serrée dans ses linges et j’ai éprouvé je ne puis dire quel sentiment de joie et de liberté pour lui. [...] deux ou trois oiseaux ont chanté et je me suis dit cette phrase de son Bélial: “Il ira, joyeux oiseau, saluer dans les pins le soleil naissant...”, ou plutôt j’entendais sa voix qui me le disait et toute la journée j’en ai été délicieusement obsédé. [...] Voilà, pauvre vieux, ce que j’ai vécu depuis mardi soir. J’ai eu des aperceptions inouïes et des éblouissements d’idées intraduisibles. Un tas de choses me sont revenues avec des choeurs de musique et des bouffées de parfum. [...] Adieu, pauvre cher vieux. Mille tendresses. Je t’embrasse et j’ai une rude envie de [te] voir car j’ai besoin de dire des choses incompréhensibles», écrivit Flaubert, bouleversé, à son ami Maxime Du Camp le 7 avril 1848.
Le souvenir d’Alfred hanta Flaubert pour le reste de ses jours comme le montre notamment cette touchante lettre qu’il adressa le 8 décembre 1862 à Laure de Maupassant, la soeur d’Alfred: «Ta bonne lettre m’a bien touché, ma chère Laure; elle a remué en moi de vieux sentiments toujours jeunes. Elle m’a apporté, comme sur un souffle d’air frais, toute la senteur de ma jeunesse où notre pauvre Alfred a tenu une si grande place! Ce souvenir-là ne me quitte pas. Il n’est point de jour, et j’ose dire presque point d’heure où je songe à lui. [...] Je n’ai ressenti auprès d’aucun d’eux l’éblouissement que ton frère me causait. Quels voyages il m’a fait faire dans le bleu, celui-là! et comme je l’aimais! Je crois même que je n’ai aimé personne (homme ou femme) comme lui. J’ai eu lorsqu’il s’est marié, un chagrin de jalousie très profond; ç’a été une rupture, un arrachement! Pour moi il est mort deux fois et je porte sa pensée constamment comme une amulette, comme une chose particulière et intime. Combien de fois dans les lassitudes de mon travail, au théâtre, à Paris, pendant un entracte, ou seul à Croisset au coin du feu, dans les longues soirées d’hiver, je me reporte vers lui, je le revois et je l’entends ! je me rappelle, avec délices et mélancolie tout à la fois, nos interminables conversations mêlées de bouffonneries et de métaphysique, nos lectures, nos rêves et nos aspirations si hautes! Si je vaux quelque chose, c’est sans doute à cause de cela. J’ai conservé pour ce passé un grand respect; nous étions très beaux; je n’ai pas voulu déchoir.»
Exemplaire exceptionnel par son envoi si personnel. Il est à classer parmi les plus importants des exemplaires en grand papier.
Il nous apprend en effet que Madame Bovary aurait pu être dédié à Alfred Le Poittevin si celui-ci n’avait pas été emporté prématurément par la maladie. Finalement, le chef-d’oeuvre flaubertien sera en partie dédié à Louis Bouilhet (1821-1869), poète normand et ami de l’auteur.
L’exemplaire est cité sous le n°21 de la liste établie par Lambiotte, «Les exemplaires en grand papier de Madame Bovary» in Les Amis de Flaubert, 1958, bulletin n°13.
Le feuillet de dédicace à Senard (ici mal écrit avec un t final, une des caractéristiques de premier tirage) est relié avant le faux-titre. Le faux-titre est conservé à toutes marges avec le bord replié. Quelques rousseurs claires.

[BULLETIN FLAUBERT n° 176 / 6 mai 2016]

(<Stéphanie Dord-Crouslé)
Vente Alde, 19 mai 2016, Salle Rossini, Paris, Thierry Bodin expert.
Lot n°43. Gustave Flaubert, manuscrit autographe, Hérésie des Marcosiens; 2 pages in-fol. 1.000/ 1.200 euros.
http://www.alde.fr/lot/5359895
Notes d’après l’Histoire ecclésiastique de l’abbé Fleury (tome premier, contenant les deux premiers siècles, 1691), en vue de La Tentation de saint Antoine. Flaubert indique par des chiffres romains les sections du texte du livre IV d’où sont tirées ces notes. Les Marcosiens sont ceux qui suivent «Marc, disciple de Valentin – magicien»; ils figurent dans la version définitive de La Tentation, mais sans les renseignements recueillis ici. Selon la section X du livre: «“Ayant prononcé une longue invocation sur un calice mêlé de vin et d’eau, il le faisait paraître d’un rouge de pourpre, disant que la grâce souveraine y faisait dégoutter son sang en sorte que les assistants s’empressaient pour goûter ce breuvage. C’était principalement aux femmes riches et nobles qu’il s’adressait pour les abuser par ses prestiges”. Il les faisait boire le calice, leur ordonnait de prophétiser. “Qques unes de celles qu’il avait séduites revenaient à l’Église et confessaient, qu’il avait abusé d’elles, et qu’elles l’avaient aimé passionnément.
Un diacre d’Asie l’ayant reçu dans sa maison sa femme qui était belle se laissa corrompre et suivit longtemps Marc.” Les disciples de Marc l’imitent et corrompent les femmes dans les Gaules»... Etc.

[BULLETIN FLAUBERT n° 175 / 30 mars 2016]

Vente passée

(< Stéphanie Dord-Crouslé)
Vente Godts, Bruxelles, 22 mars 2016
http://www.auction.fr/_fr/lot/flaubert-gustave-madame-bovary-moeurs-de-province-paris-michel-levy-1857-9578459#.Vtf9Z1L8k4A
361. Flaubert, Madame Bovary. Moeurs de province, Paris, Michel Lévy, 1857. 2 vol. in-12.
Édition originale de première émission, avec toutes les caractéristiques de texte, mise en page et couverture relevées par Brun. Complet du Catalogue de la librairie Lévy, mars 1857, 36p.
Enrichi de deux lettres autographes signées de Flaubert à un «cher confrère», à Croisset près de Rouen, 2p. in-12 chacune, sur papier bleu très fragile (pet. déch. aux plis):
(1). –18 juin 1867: il évoque «la longue histoire» de Madame Bovary. «J’avais à cette époque-là (1856) des amis très intimes à la Revue de Paris. Le Ms après qques discussions a été imprimé intact – jusqu’à la 3e partie. – Mais vous trouverez au commencement de la 4e une note aigre-douce que la rédaction & moi, nous échangeâmes. C’est cette note là qui a tiré l’oeil de la censure & qui m’a valu mon Procès. Le plaidoyer de Senard fut splendide & dura sept heures [ces deux mots soulignés]. L’avocat-général Pinard m’avait trépigné pendant deux heures. Bref nous avons été acquittés. Les Considérants [ces deux mots soulignés] qui me regardent sont curieux (Trévoux 1857). Puis s’en est suivi un déluge d’articles. Quelqu’un de chez moi a gardé plusieurs de ces feuilles. (Cela fait un tas énorme.) – Voulez-vous que je vous les envoie? à charge de me les renvoyer? [...]»
(2). – mardi [25 juin 1867?]: il a envoyé les journaux évoqués dans la lettre précédente mais «[...] Vous ne trouverez nulle part les plaidoiries prononcées lors de mon procès, parce qu’il est défendu de rendre compte des procès de presse [...].» Il répond ensuite aux questions de son correspondant: «Mes oeuvres inédites sont plus nombreuses que les autres [...]. C’est à tort que l’on m’a décoré plusieurs fois du grade de Docteur en médecine – Je suis fils et petit fils & frère de médecin. De là est venue la confusion [...]. Je vous avertis qu’il n’y a aucune vérité ou du moins fort peu de vérité dans les détails biographiques publiés sur mon compte.»

(< François Lapèlerie)
http://www.stargardt.de/en/catalogues/
Catalogue Stargardt, 703, vente les 5-6 avril 2016
79. Flaubert, Gustave. E. Br. m. U. O. O. u.J. 1 S. gr.-8o. Auf blauem Papier. (800.—)
An einen Freund, bei dem er sich entschuldigt, einer Einladung nicht Folge leisten zu können, da er abreise. « ...Vous êtes bien aimable, mais lundi prochain je ne serai plus à Paris, puisque j’en partirai [...] je regrette beaucoup de ne pouvoir me rendre à votre invitation...»

6 avril 2016, vente Boisgirard-Antonini Paris, Paris.
http://www.auction.fr/_fr/lot/gustave-flaubert-1821-1880-l-a-s-samedi-a-un-ami-nbsp-9700435#.VvEDJxjfeC4
Gustave Flaubert, L.A.S., Samedi [25 mai 1878], à un ami; demi-page in-8. «Je compte sur vous, demain – car il sera le dernier de mes dimanches. – Tâchez de venir de bonne heure, pour vous en aller très tard.» Estimation: 600/ 800 euros.

(< Stéphanie Dord-Crouslé)
16 avril 2016, vente Morel de Westgaver, Bruxelles.
309. Auguste Leroux [Gustave Flaubert]. Suite de 52 planches en noir pour Bouvard et Pécuchet de Gustave Flaubert. S.l.s.n. [1928].
Petit in-4, en feuilles, sous chemise pleine toile rouge à rabats. Estimation: 60/ 70 euros
http://catalogue.gazette-drouot.com/html/g/fiche.jsp?id=5870976

Catalogue Les Autographes, Thierry Bodin, n°142, mars 2016
98 Flaubert, L.A.S., [Paris] jeudi soir [29 mars 1877, à Philippe Leparfait, héritier de Louis Bouilhet]; 2 pages in-8 (légères fentes réparées).
Sur le projet de monument à Louis Bouilhet à Rouen. De «nouvelles chicanes» ont marqué l’examen de leur affaire dans la dernière séance du Conseil municipal de Rouen. Cependant le Dr Le Plé est nommé rapporteur. «“Il demande que vous lui résumiez très succinctement” m’écrit Laporte “la vie & l’oeuvre de B. soit une biographie très sommaire & la liste chronologique de ses ouvrages, avec le nombre de représentations de chacune de ses meilleures pièces”.» Il obtiendra ce dernier renseignement de Peragallo. «Quant aux autres, ils se trouvent dans la Préface de Dernières Chansons», dont il faut porter un exemplaire à Le Plé. «Tous ces potins-là, ce mauvais vouloir permanent, cette haine féroce de la Littérature m’emplit d’une mélancolie farouche (même histoire d’ailleurs pour la statue de G. Sand! Je suis membre de la Commission dont le père Hugo est le Président.). Lemerre m’a promis pour l’hiver prochain une édition complète des poésies de Bouilhet. Je suis sûr que ça se vendra. Mais ton père [Philippe de Chennevières] devrait agir sur Duquesnel pour une reprise quelconque! Quant à d’Osmoy, il n’existe pas plus “que s’il était déjà mort” (Lucrèce Borgia acte II). Jamais je n’entends parler de ce coco. & ne désire pas le revoir. Car il m’a blessé jusque dans les moëlles.» Il évoque enfin le projet de Gustave Ruiz, protégé de la maréchale Canrobert, de faire un opéra d’après La Conjuration d’Amboise. Et il fait précéder sa signature de la formule «Ton vieux solide (il ose se qualifier ainsi)»… 3500 euros.

7 avril 2016, Vente Ader, hôtel Drouot
http://catalogue.gazette-drouot.com/html/g/fiche.jsp?id=5877048
198. Flaubert (Gustave), Madame Bovary, moeurs de province, Paris, Javal & Bourdeaux, 1930. In-4, 320 x 249: frontispice, (4f.), 321p., (1f.), 21 planches, couverture imprimée. Maroquin janséniste bleu nuit, dos à nerfs, plaque de zinc incrustée dans la première doublure, dans un large cadre de maroquin bleu nuit orné de filets à froid, doubles gardes, tête dorée, non rogné, couverture et dos conservés, étui (reliure de l’époque).
Édition tirée à 525 exemplaires, illustrée de 25 eaux-fortes originales de Charles Huard (1874-1965), dont 22 hors-texte et 3 bandeaux.
Un des 25 exemplaires de tête numérotés sur japon ancien, contenant 4 états des illustrations: eau-forte pure, en bistre avec remarques, en couleurs avec remarques et état définitif.
Exemplaire enrichi d’une plaque de zinc incrustée dans la première doublure, pour la gravure figurant entre les pages 286-287, et un grand dessin original montrant le personnage de madame Bovary assise avec un livre sur ses genoux, placé en regard du titre, signé de l’artiste italien Carlo Farneti (1892-1961).
Très bel exemplaire malgré le dos terni. Estimation: 1000/ 1500 euros.

15 avril 2016, Kahn-Dumousset, hôtel Drouot
http://catalogue.gazette-drouot.com/html/g/fiche.jsp?id=5886580
39. Flaubert, Salammbô. Illustré de 22 gravures par William Walcot. In-8, chemise étui. Les Éditions d’Art Devambez, Paris, 1926. Estimation: 180/ 200 euros.

16 avril 2016, Morel de Westgaver, hôtel Drouot
http://catalogue.gazette-drouot.com/html/g/fiche.jsp?id=5870980
313. Gustave Flaubert, Hérodias. Illustré de onze eaux-fortes originales dessinées et gravées par William Walcot, Paris, Devambez, 1928. In-4. Reliure signée de Max Fonsèque: plein chagrin marron, dos à sept nerfs ornés d’une bandelette de maroquin rouge, losange mosaïqué dans chaque caisson, haut et bas des plats ornés de cinq losanges mosaïqués cernés de filets dorés formant cinq carrés, jeu de filets verticaux dorés et argentés ainsi que de fines bandes de maroquin rouge, contreplats en maroquin rouge cerné de maroquin vert, de filets dorés, losanges mosaïqués or et vert, pointillés argentés cernant le motif central formé de filets dorés et de pointillés argentés, garde de soie moirée marron, double garde de papier marbré rouge, tranches dorées, couverture et dos conservés, sous étui bordé (petite griffure en queue du dos). Frontispice, 7 hors-texte, 4 bandeaux et un cul-de-lampe gravés à l’eau-forte. Tirage limité à 221 exemplaires numérotés. Un des 125 sur vélin d’Arches contenant l’état définitif des eaux-fortes (n°91). William Walcot (1874, Lustdorf - 1943, Londres), architecte britannique et artiste graphique est célèbre pour ses réalisations Art Nouveau à Moscou. Bel exemplaire. Estimation: 400/ 600 euros.

20 avril 2016, Kapandji Morhange, hôtel Drouot
http://catalogue.gazette-drouot.com/html/g/fiche.jsp?id=5888088
274. Flaubert (Gustave), Hérodias, Paris, Plicque, 1926. In-4, reliure demi-maroquin grenat à coins, dos à 4 nerfs saillants, auteur et titre dorés, tête dorée, couv. illustrée en couleurs et dos conservés [Flammarion]. Édition illustrée de compositions de Raphaël Freida, dont 8 hors-texte. Exemplaire numéroté sur vélin de Rives. Estimation: 80/ 120 euros.

[BULLETIN FLAUBERT n° 174 / 2 mars 2016]

(< François Lapèlerie)
Vente Artcurial, 23 février 2016, Le regard de Pierre Hebey, Les passions modérées. Sculptures françaises du 19e siècle
Lot 437. Théodore Rivière (Toulouse, 1857 ‒ Paris, 1912), «Salammbô chez Mâtho, Je t’aime! »
Bronze à patine dorée et argentée, ivoire signé «THEODORE-RIVIERE» et titré «CARTHAGE», marque du fondeur «Susse Fes Edts. Paris», cachet rond Susse Frères, cachet du Syndicat des fabricants de bronze. Hauteur: 33 cm (13 in.). Repose sur un socle en granit brun gris. Hauteur totale: 36 cm (14,17 in.). Provenance: collection Geneviève et Pierre Hebey, Paris.
Bien qu’intitulée «CARTHAGE. Sur la terrasse», cette statue en bronze et ivoire de Théodore Rivière fut présentée au Salon de 1895 sous le titre «Salammbô chez Mâtho; Je t’aime! Je t’aime!». L’oeuvre est achetée par l’État et se trouve aujourd’hui au musée d’Orsay. Le sujet est tiré du roman de Gustave Flaubert édité en 1862. Mâtho, chef des mercenaires rebelles, tombe éperdument amoureux de la fille du principal suffète de Carthage. Rivière qui a réalisé plusieurs groupes d’après le récit de Flaubert (voir lot 440) illustre ici le moment où Mâtho, massacré par le peuple de Carthage, expire aux pieds de Salammbô. Allégorie du sacrilège, du luxe, de la beauté fatale, Salammbô devient avec Salomé la figure de prédilection et l’égérie des artistes symbolistes à la fin du XIXe siècle. Estimation 8.000 – 12.000 euros.

Catalogue Librairie Benoît Forgeot, n°27, 2016
38. Madame Bovary, Michel Lévy, 1857, éd. originale. Sur papier vélin fort. Envoi autographe signé: «à Mr Camille Doucet/ hommage de l’auteur/ Gve Flaubert». Joint une lettre autographe adressée à Camille Doucet, 28 novembre 1862. 65.000 euros.

[BULLETIN FLAUBERT n° 173 / 12 janvier 2016]

(< Stéphanie Dord-Crouslé)
Vente de la bibliothèque Pierre Bergé
«Tous les classiques de la littérature française ont fait flamber les enchères. Flaubert, avec son Éducation sentimentale, manuscrit autographe abondamment corrigé de sa main, s’est envolé à 470.000 euros (sans les frais), à la table d’expert, soit légèrement au-dessus de l’estimation basse. Flaubert encore avec Madame Bovary, un des quelques exemplaires tirés sur papier vélin fort, seul tirage de luxe portant un merveilleux envoi autographe «au Maître» [à Victor Hugo], est parti à 361.000 euros (sans les frais).»
Le Figaro, 11 décembre 2015.
http://www.lefigaro.fr/culture/encheres/2015/12/11/03016-20151211ARTFIG00366-drouot-baudelaire-triomphe-a-la-vente-pierre-berge.php

Catalogue de la Libraire Bertran, décembre 2015
http://www.librairie-bertran-rouen.fr/V_Catal/catal_12_2015.pdf
55. Flaubert, L’Éducation sentimentale. Histoire d’un jeune homme, Paris, Lévy frères, 1870.
Deux volumes in-8 de 2ff., 427pp. et 2ff., 331pp. avec le catalogue de 32 pages de Michel Lévy. Enrichi d’une note autographe de Flaubert (1 page in-8), sur les courses au Champ de Mars. Demi-maroquin brun foncé à coins, dos à nerfs richement orné aux «petits fers» dans le style Renaissance, tête dorée, couvertures et 1er dos conservés, première couverture habilement restaurée (Bernasconi). 3.200 euros.
Bel exemplaire enrichi d’une note autographe dans laquelle Flaubert énumère les couleurs des écuries de courses des grands propriétaires: Pontalba, Nathaniel de Rothschild, Aumont, etc. (Reproduit dans R. Dumesnil, Flaubert et L’Éducation sentimentale, 1943, page 39.) Dans le roman, Frédéric Moreau emmène Rosanette aux courses du Champ de Mars (tome Ier, p.356 et suivantes). Édition originale, sans mention d’édition, avec de belles marges et complet du catalogue de Lévy, de ce chef d’oeuvre de Flaubert, devenu très rare. Bel exemplaire dans une parfaite reliure de Bernasconi. Vicaire, Carteret, Dumesnil.

58. Commanville (Caroline), Souvenirs sur Gustave Flaubert, Paris, Ferroud, 1895. In-8, portrait de Flaubert en frontispice, dessiné par l’auteure et gravé par Champollion, plusieurs vignettes et riches encadrements du texte avec des paysages flaubertiens (Croisset, Hôtel-Dieu, bibliothèque de Flaubert). Justification: un des 50 sur chine, envoi de Ferroud à son neveu E. Fortier.
Maroquin vert, triple filet d’encadrement sur les plats, dos plat orné, tête dorée, couvertures conservées, roulette intérieure (Bretault). 2.500 euros.
Très bel exemplaire sur chine, un des 50 premiers papiers, de cette première édition tirée à part, le texte de la nièce de Flaubert étant déjà paru en préface de la Correspondance de 1887. Deux suites des gravures sont ajoutées, une sur chine, l’autre sur vélin, ainsi qu’une lettre autographe de Gustave Flaubert [lettre inédite du 12 mai 1863] reliée en tête adressée à Gustave Claudin, rédacteur en chef du Nouvelliste de Rouen et ami de Flaubert: il recommande chaudement Mlle Louise Deschamps qui joue Andromaque à l’Odéon. Cette actrice, «remarquée» également par Baudelaire, obtint aussi le soutien du poète.

Catalogue Les Autographes, Thierry Bodin, n°141, Noël 2015
115. Flaubert, L.A.S., [Paris] 9 février [1870, à Edme Simonnet, petit-neveu de George Sand]; 1 page in-8 (déchirure marginale sans perte de texte).
[Edme Simonnet venait d’être nommé à la Banque de France à Lyon.] «Vous avez bien tort de me remercier car c’est Me Sand qui a tout fait. Je n’y suis pour rien; voilà. C’est moi qui vous remercie de votre bon souvenir. Dites toutes mes tendresses à Nohant tout entier, depuis Mr Maurice jusqu’à Coq-en-bois [marionnette]. Embrassez bien, p[ou]r moi, Loulou, mes amitiés à Fadet [la petite Aurore et son chien]»… Il ajoute: «Les répétitions de l’Autre marchent bien & la direction, comme les artistes, compte sur un grand succès» [L’Autre, dernière pièce de Sand, créée le 25 février à l’Odéon]. Il note son adresse «rue Murillo 4. Parc Monceau». 1.200,00 euros.

Catalogue Laurent Colet, n°60, [décembre 2015]
http://www.laurentcoulet.com/
52. Flaubert, L.A.S. à Ernest Chevalier, 20 mai 1840. Lettre inédite. 25.000 euros.
«Où es-tu cher Jasmin? es-tu resté dans le bois à m’attendre? – eh quoi? Cardoville ne répond pas à St Florent»
«Je suis sûr que tu n’y pensais guères à cet excellent marquis de Sade, ce profond poète qui a complété et expliqué Spinosa [sic]. En effet le philosophe dans son panthéisme identifie la créature et le créateur […] n’explique-t-il pas la même idée en synthétisant dans le même coït le père et le fils […]. – Ah! quel gd homme que cet homme-là, dont la vie était un bandement et qui avait le coeur fait de foutre.»
«Hélas! l’ordure dans un temps me faisait rire. Maintenant il n’y a guères que moi qui me fait rire et encore il faut me chatouiller comme Panurge […] je fais un travail antipathique à ma nature. Je m’y cramponne sans avancer, je m’y heurte et je m’y brise – J’en ai des accès de colère furieuse où je briserais casserais ma table d’un coup de pied – Ceci est bête mais n’en déplaise aux gens calmes la fureur est une joie, elle se caresse elle-même elle s’embrasse et se fait jouir d’elle-même. Et cela sans relâche douze heures par jour et tous les jours […] j’en suis tué – et à chaque minute tiraillé de ce labeur ardu par mille pensées voraces […] et moi qui voulais le ciel. Tout cela ce sont des douleurs d’enfants […] Après tout prquoi les douleurs d’un enfant qui naît ne seraient-elles pas atroces […] Adieu réponds-moi donc et de suite & longuement.»

53. Flaubert, Salammbô, Paris, Michel Lévy, 1863, EO. Sur papier de Hollande, avec envoi à Ernest Duplan. 35.000 euros.
54. Flaubert, La Tentation de saint Antoine, Paris, Charpentier, 1874, EO. Envoi à Ernest Duplan. 4.500 euros.
55. Flaubert, Trois contes, Paris, Charpentier, 1877, EO. Envoi à Ernest Duplan. 8.000 euros.


Librairie de l’Abbaye, n°358, [décembre 2015]
44. Flaubert, L.A.S., à un homme de lettres, s.l.n.d., Dimanche soir. 1 p. in-8 sur papier bleu ardoise. 4.200 euros.
Flaubert a vu Crépet [Eugène Crépet, 1827-1892, homme de lettres né à Dieppe, bibliographe de Baudelaire. Il collabora à diverses revues dont la Revue Moderne et la Revue nationale. Son ouvrage le plus important Les Poètes français (1861-62) fut préfacé par Sainte-Beuve] qui «fait gd cas de votre talent et désire vous attacher à sa Revue. De cela je n’en doute pas. Quant à votre roman, il [Crépet] ne serait pas éditeur-rédacteur-gouverneur d’un journal s’il n’avait la rage de vouloir corriger la copie des autres. Je l’ai fortement engagé à prendre la vôtre telle qu’elle est. Oh non, car il a ses idées. C’est un brave garçon mais entêté; je vous exhorte donc à la patience...» Il ajoute en P.S.: «Vous me trouverez à Paris dans les deux ou trois derniers jours de ce mois. Prévenez-moi par un mot, & venez le matin, de bonne heure pour être sûr de me trouver.»
Lettre inédite.
Eugène Crépet, collaborateur de plusieurs revues, dont La Revue Moderne, et auteur d’une anthologie des poètes français, entretint une correspondance avec Gustave Flaubert et l’aida dans ses recherches pour Salammbô au sujet de la reproduction d’une mosaïque punique, ou de commentaires d’ouvrages de Hendrich sur Carthage (1860). Eugène Crépet est également à l’origine de l’édition des oeuvres posthumes et de la correspondance de Baudelaire dans laquelle il donne une étude sur le poète. Flaubert honora Crépet d’une dédicace autographe signée sur un exemplaire de L’Éducation sentimentale (collection Dennery, 1984, II, n°85).

(< Michel Pierssens)
Métayer, maison de ventes aux Enchères, 58000 Nevers, 23 janvier 2016.
http://www.auction.fr/_fr/lot/flaubert-gustave-madame-bovary-edition-originale-michel-levy-1857-in-12-9333029#.VpVBx4-cE2z
502. Madame Bovary, édition originale Michel Lévy, 1857, in-12. Édition originale comprenant bien la faute typographique à «Senart». Tirage sur beau papier, sans doute vélin. Demi-reliure en cuir à coin bleue à la bradel signé Yseux, successeur de Thierry Simier. 2 tomes. Petits frottements en bas du dos. Très bon état. Titre et auteur en lettres dorées, les couverture d’origines sont conservées. Estimation: 1.000/ 1.500 euros.

[BULLETIN FLAUBERT n° 172 / 1er décembre 2015]

11 décembre 2015, La Bibliothèque de Pierre Bergé, vente Bergé et Sotheby’s,
http://fr.zone-secure.net/16250/129821/#page=1
Lot 83. Lettre de Flaubert à Laurent-Pichat, 7 décembre 1856, 15.000/ 20.000 euros.
Lot 84. Gustave Flaubert, Madame Bovary, Paris, Michel Lévy, 1857. EO, grand papier. Envoi à Victor Hugo: «Au Maître/ souvenir & hommage/ Gve Flaubert». Joint une lettre de Flaubert à Maurice Schlésinger, vers le 11 février 1857, et deux feuillets recto et verso autographes du manuscrit de Madame Bovary. 400.000/ 600.000 euros.
Lot 88. Salammbô, Paris, Michel Lévy, 1863, EO, envoi à Alexandre Dumas fils: «à Alexandre Dumas fils/ une cordiale poignée de main/ Gve Flaubert.» 40.000/ 60.000 euros.
Lot 91. Scénarios, résumés, brouillons, notes et divers, manuscrits autographes de L’Éducation sentimentale, 52 feuillets. 400.000/ 600.000 euros.
Lot 92. L’Éducation sentimentale, Paris, Michel Lévy, 1870, envoi à George Sand: «à mon cher maître George Sand/ son vieux troubadour/ Gve Flaubert». 60.000/ 80.000 euros.
Lot 95. La Tentation de saint Antoine, Paris, Charpentier, 1874, envoi à Guy de Maupassant: «à Guy De Maupassant/ que j’aime comme un fils/ Gve Flaubert», 60.000/ 80.000 euros.
Lot 98. Trois contes, Paris, Charpentier, 1877, EO, envoi à la princesse Mathilde: «à S.A.I. Me la Psse Mathilde/ humble hommage du plus/ fervent de ses Fidèles/ Gve Flaubert». 15.000/20.000 euros.
Lot 87. Charles Baudelaire, Théophile Gautier. Notice littéraire précédée d’une lettre de Victor Hugo, Paris, Poulet-Malassis, 1859. Envoi: «à Gustave Flaubert/ admiration, amitié, et dévouement. C.B.» 80.000/ 120.000 euros.

11 décembre 2015, Vente Oger - Blanchet
EMail: contact@ogerblanchet.fr
http://www.ogerblanchet.fr/html/fiche.jsp?id=5531747&np=1&lng=fr&npp=
20&ordre=1&aff=1&r=merat

Lot 304. Albert Mérat, Les Souvenirs, Paris, Lemerre, 1872. In-16, 64 pp., br.
Édition originale. Envoi à Flaubert. Ex-libris du docteur Lucien-Graux. Estimation: 50 euros.

16 décembre 2015, Alde SVV
EMail: contact@alde.fr
Lot 21. Louis Bouilhet (1822-1869) poète, ami de Flaubert
http://www.alde.fr/lot/5356552
7 L.A.S., la plupart de Mantes 1857-1868; 11 pages in-8, une enveloppe (portrait joint).
Paris 21 janvier 1857, à une dame, dont il accepte l’invitation... Mantes 22 mai 1859, à M. Bourdillat, à la Librairie nouvelle: «Mon ami Gustave Flaubert m’a fait un grand plaisir en m’apprenant que vous consentiez, pour mon volume de vers, à la suppression de tout titre banal, et que vous adoptiez le simple titre de Poësies qui est le meilleur et le plus intelligent de beaucoup»... 21 novembre 1859: «Je termine une longue machine de théâtre – dans quinze jours, j’aurai commencé mes répétitions, et, alors, je serai trop heureux de revenir complètement à la poësie et à la Revue contemporaine. Je voudrais pouvoir vous donner une chose de longue haleine»... 20 août 1861, à Eugène Crépet. Félicitations renouvelées pour ses Poëtes français et nouvelles de son drame espagnol au Théâtre Français. «Maintenant je prépare une grande, grande machine pour la Porte-Saint-Martin. Je suis assez d’accord avec Fournier pour le plan général»... 6 janvier 1862, à Étienne Carjat. Félicitations pour Le Boulevard, «et les charmantes choses qu’on y trouve. Vous avez le crayon, vous avez la plume – les deux rames du succès – bon voyage!»... 1er novembre 1863, à une «grande artiste». Il a peur que Fournier n’ait pris des engagements avec Mlle Périga: «il faut donc parer le coup, au plus vite»... Rouen 13 septembre 1868, à un ami: rendez-vous à l’Odéon.

(< François Lapèlerie)
16 décembre 2015, Aste Bolaffi - Archaion S.R.L. Milan
Lot 694. Lettre de Flaubert à un inconnu, sans lieu ni date.
http://www.invaluable.com/catalog/searchLots.cfm?scp=c&catalog
Ref=qxyxj5kn3u&shw=200&row=601


Les Neuf Muses, Alain Nicolas, «Balbec» [octobre 2015]
Lot 45. Flaubert (Gustave), Madame Bovary. Moeurs de province, Paris, Michel Lévy frères, 1857, 2 volumes in-18. EO, 1er tirage, avec la faute à Senart. 4.500 euros.

Vente passée
(<François Lapèlerie)
23 novembre 2015, Rare Books, Autographs & Photographs
Lot 585. Lettre à Victor Hugo, 18 mai 1874.
http://www.invaluable.com/auction-lot/-1-c-F784D7F950?utm_source=inv_kwalert&utm_medium=email&utm_campaign=
keywordalertlive&utm_term=2

Estimated Price: $800 - $1,200. Vendu. Description: FLAUBERT, GUSTAVE
Autograph letter signed, single page of a folded sheet of stationery, integral leaf blank, addressed "Cher Maitre" and dated lundi matin 7h. (but with no other internal dating). 8 1/4 x 5 1/4 inches (20.5 x 13.5 cm); about six lines in French written in black ink. Some lightstain, a one inch separation at central fold on sheet where it was folded for an envelope, just touching signature, with a reversible archival repair to verso (and other archival repairs to the main fold). Framed with a portrait.
The letter begins "Helas, cher maitre, mardi je serai à Croisset! [i.e. his house there]; as a consequence he will not be able to shake his correspondent’s hand or thank him again. An old note on the frame indicated that this note was to Hugo; though this is eminently possible, it should be noted that Flaubert did use "Cher maitre" to various recipients.

[BULLETIN FLAUBERT n° 171 / 9 octobre 2015]

< Éric Walbecq)
15 octobre 2015, Sotheby’s, Paris. De la Bibliothèque Stéphane Mallarmé
http://www.sothebys.com/fr/auctions/2015/bibliotheque-stephane-mallarme-pf1543.html
37. Flaubert, lettre à Louise Colet, 19 juin 1852.
38. Flaubert, lettre à Théophile Gautier, 22 avril 1862.
39. Flaubert, lettre à Georges Feydeau, 28 octobre 1872.
40. Flaubert, lettre à Philippe Leparfait, 20 août 1869.
41. L’Éducation sentimentale, Michel Lévy, 1870, envoi à Michelet: «à mon cher Maître Michelet, son tout dévoué, Gve Flaubert».
42. Flaubert, lettre à Stéphane Mallarmé, 19 juin 1876.

(< Catriona Seth)
Librairie Bertran, Rouen
http://www.librairie-bertran-rouen.fr/V_Catal/liste_invalides_2015.pdf
16. L’Éducation sentimentale. Histoire d’un jeune homme, Paris, Lévy frères, 1870. Deux volumes in-8 de 2ff., 427p. et 2ff., 331p. avec le catalogue de 32 pages de Michel Lévy. Enrichi d’une note autographe (1 page in-8), sur les courses au Champ de Mars. Flaubert énumère les couleurs des écuries de courses des grands propriétaires: Pontalba, Nathaniel de Rothschild, Aumont, etc. (Reproduit dans  R. Dumesnil, Flaubert et L’Éducation sentimentale, 1943, p.39.) Dans le roman, Frédéric Moreau emmène Rosanette aux courses du Champ de Mars (t.I, p.356 et suiv.).
Demi-maroquin brun foncé à coins, dos à nerfs richement orné aux «petits fers» dans le style Renaissance, tête dorée, couvertures et 1er dos conservés, première couverture habilement restaurée (Bernasconi). 3.200 euros.
17. Madame Bovary. Moeurs de Province, Paris, Lévy, 1857. EO premier tirage avec la faute à Senard. Deux tomes en un volume in-12, formant ensemble 490 pages, faux-titre et titre de la deuxième partie conservés, sans le catalogue de l’éditeur. Quelques rousseurs.
Demi-cuir de Russie noir d’époque, dos lisse orné, étui moderne. 1.800 euros.

(< François Lapèlerie)
14 octobre 2015, Jean Havin, contact@mdvhavin.com
http://catalogue.gazette-drouot.com/html/g/fiche.jsp?id=5310745
18. Flaubert, lettre autographe, lundi matin [23? mars 1874, à Catulle Mendès]; demi-page oblongue in-12. Billet à propos de sa pièce Le Candidat. «Pourquoi n’êtes-vous pas venu, hier, me voir avec Judith? Vous recevrez la pièce imprimée, vers la fin de cette semaine.» 300/ 400 euros.

(< Marlo Johnston)
RR Auction, vente en ligne jusqu’au14 octobre 2015
http://www.rrauction.com/bidtracker_detail.cfm?IN=634
Flaubert, lettre à Tourgueneff, 22 mars 1875.
Celebrated French novelist (1821–1880) best known for his classics Madame Bovary, Salammbô, and A Sentimental Education. Rare ALS in French, signed “Gve Flaubert”, one page, 5.25 x 8.25 inches, March 1875. Letter to Ivan Turgenev. In full (translated): “I think tomorrow I’ll be at Courmanche. Come and take me at 9 a.m. to go to Hugo’s father. Answer me so that I know if I have to wait. I do not! It’s not worth it, I expect you until 9½.” Affixed to the free end page of a gorgeously leatherbound limited edition of Flaubert’s La Légende de saint Julien l’Hospitalier, numbered 130/200, published by Ecole Estienne, 1937. In fine condition, with foxing to pages of the book.
Flaubert was Turgenev’s closest literary friend, and they shared similar social and aesthetic ideas. During this period both writers were living in Paris, and Flaubert hosted a group of writers every Sunday afternoon at his apartment—in addition to Turgenev, the likes of Emile Zola, Edmond de Goncourt, Guy de Maupassant, Alphonse Daudet, and Henry James frequented these informal gatherings. The correspondence between Flaubert and Turgenev is very well-known, and this letter was published in Volume IV of Flaubert’s collected letters. An excessively rare piece of the highest literary interest. Pre-certified PSA/DNA.

[BULLETIN FLAUBERT n° 170 / 15 septembre 2015]

Catalogue «Les Autographes», Thierry Bodin, n°140, juillet 2015.
114. Gustave Flaubert, L.A.S. «ton Ramel», [Croisset] Samedi soir [17 novembre 1877], à son ami Edmond Laporte; 1 page in-8 très remplie (cachet E.L.).
«Ma Dorice / Les Commanville s’en vont d’ici mardi. Donc, vous ne les verrez pas! mais moi, je reste, & je vous attends. J’attends aussi Tourgueneff. Quand viendra-t-il au juste? Je l’ignore. Pas avant le milieu de la semaine prochaine?» Il a reçu l’invitation à «l’inauguration du monument du père Pouchet» (le naturaliste Félix Pouchet); si Laporte s’y rend aussi ils conviendront d’un jour pour inviter à déjeuner Lafaille. Il a encore deux ou trois séances à faire à la Bibliothèque de Rouen, mais pour régler leur programme il a besoin de savoir à quoi s’en tenir, «relativement à ce chameau de Tourgueneff. […] N’oubliez pas 1° le Phallus (qu’attend votre Con) 2° le mobilier de Viollet-le-Duc 3° le tabac»... Il demande des nouvelles de ce qu’on dit à Paris. «On n’en a pas fini avec le Sauveur [Mac-Mahon]! Lisez le Nouvelliste de ce matin. Il y a (1ère page) un entrefilet du Crû, sur Gambetta, qu’il faudrait que son journal connût & démentît. C’est grave pour lui.» 1.800 euros.

(< Marlo Johnston)
RR Auction, Boston MA, on line, start 21 August, end 16 September 2015, lot 635. http://www.rrauction.com/bidtracker_detail.cfm?IN=635
ALS in French, signed “Votre géant,” one page, 5.25 x 8, no date but circa 1879 [20 août 1879]. Untranslated letter to his friend Edmond Laporte concerning a monument for his childhood friend Louis Bouilhet. From Laporte’s collection and stamped in the lower left with his initials. In fine condition. Bouilhet, a poet who had passed away a decade earlier, was one of Flaubert’s schoolmates and closest friends. Not only was Bouilhet influential in the development of Flaubert’s style of literary realism, but it was also he who encouraged Flaubert to compose his greatest work, Madame Bovary. A highly desirable letter with a choice association. Pre-certified PSA/DNA.

Vente passée
(< Stéphanie Dord-Crouslé)
24 août 2015, Galateau Pastaud
EMail: galateau@interencheres.com
LOT n°1935. Flaubert (Gustave), La Tentation de saint Antoine, Paris, Charpentier et Cie, 1874. In-8 de (3) ff., 296 pp. ½ maroquin noir moderne, dos à nerfs, titre doré, tête dorée. Édition originale en premier état. Inspiré par le tableau de Breughel vu lors d’un voyage en Italie, Flaubert n’établit pas moins de 3 versions de ce texte si particulier entre 1849 et 1874, de sorte qu’il considère lui-même ce poème comme «l’oeuvre de toute [sa] vie». Rousseurs éparses sinon bel exemplaire enrichi d’une lettre autographe signée de Gustave Flaubert, datée du samedi 3 février (1872), et adressée à François Coppée: «Je ne crois pas vous voir demain soir chez la Comtesse, cher ami – car mon mal de gorge ne me permettra pas de sortir. Je voulais vous demander si vous pensez à l’article pour le Moniteur. Il serait grand temps qu’il parût. Vous avez dû recevoir un exemplaire envoyé par Claye - & depuis ma brochure contre mes petits compatriotes? A bientôt & tout à vous G. Flaubert.» (Vicaire, III, 728.) Estimation: 500 – 600 euros.

[BULLETIN FLAUBERT n° 169 / 15 juin 2015]

(< François Lapèlerie)
Vente Jean-Philippe Ruellan, 13 juin 2015
Vente en live sur Le Figaro enchères et Invaluable
http://www.svvruellan.com/encheres/detail-lot/1603713425.aspx
Lot n° 75. Flaubert (Gustave), Bouvard et Pécuchet, Oeuvre posthume, Paris, Alphonse Lemerre, 1881, 1 volume in-12. Faux titre, titre, 400 pages. Reliure de l’époque chagrin brun ornée de motifs dorés aux coins et de filets frappés à froid. Dos à nerfs orné et titré or (légers frottements). Tête dorée. Étui marbré. Bon exemplaire en édition originale. Vicaire, III, 733. Estimation: 400 - 500 euros.

Lot n° 76 Flaubert (Gustave), Salammbô, Paris, Michel Lévy Frères, 1863, 1 volume in-8. Faux titre, titre, 474 pages et 1 feuillet non chiffré de table. Reliure de l’époque demi-veau glacé marine (très légèrement frottée). Dos lisse orné de filets dorés et titré or (2 petites griffures et de légers frottements). Coins frottés. Bon exemplaire en édition originale enrichi d’un envoi au faux titre (celui-ci quelque peu jauni et roussi) signé de G. Flaubert: «A Mr F. Deschamps Hommage de la plus haute considération Souvenir d’amitié». Carteret, I, 266. Estimation: 4.000 – 5.000 euros.

(< François Lapèlerie)
Librairie Henri Godts: vente publique à l'Hôtel des ventes Horta, mardi 16 juin 2015, Bruxelles.
367. Flaubert, Gustave, La Légende de saint Julien l'Hospitalier, P. Cornilliac enl.
In-12° carré : 35 ff. ill.
Relié par Léon Gruel: plein maroquin brun, plats entièrement et richement fleuronnés d'arabesques dorées dans le style Renaissance, doublures à semé fleuronné doré (cor et épée) sur maroquin bleu marine orné d'un motif floral répété à froid, le tout cerné de filets dorés gras et maigres et de maroq. brun, gardes de soie moirée brun noisette, tranches dorées (soie éraillée avec manques en gouttière des gardes). Sous étui bordé. Manuscrit sur peau de vélin entièrement enluminé à la manière des manuscrits médiévaux, soit le titre et 68 pages toutes entièrement décorées de cadres floraux variés, de baguettes, bouts de lignes, lettrines, etc., et agrémentées de 14 enluminures de tailles variées. Provenance: F. Bemelmans (ex-libris gravé par Charles Jouas). Beau travail d'un enlumineur amateur non identifié. Estimation: 2.000 - 2.200 euros.

17 June 2015, New York, NY, USA
19TH & 20TH CENTURY LITERATURE by Swann Auction Galleries, Platinum House, Live Auction
Lot 138. Flaubert, Gustave, Salammbô, Michel Lévy, 1863.
http://www.invaluable.com/auction-lot/flaubert,-gustave.-salammbo.-138-c-3924877b02#.VWxRbvwzQSc.email
Estimated Price: $500 - $750
Description: FLAUBERT, GUSTAVE. Salammbô. Tall 8vo, publisher’s yellow printed wrappers, front wrapper partly split, backstrip chipped with loss, mild wrinkling and soiling; scattered dampstaining to text leaves; matching cloth chemise (Blairhame book-label) and slipcase. Paris: Michel Lévy, 1863
Notes: first edition, first issue, with the misprints on page 5 "effraya" instead of "effraièrent" and "Scissites" instead of "Syssites" on pages 251, 368, and 370. In the fragile original wrappers.

(< Stéphanie Dord-Crouslé, Jacques-Remi Dahan)
Vente Ader-Nordmann, Paris, 18 juin 2015
Lot 127. Gustave Flaubert (1821-1880). L.A.S., [vers 1860-1865?, à Jeanne de Tourbey], sur 1 page in-8 (fente réparée).
http://www.auction.fr/_fr/lot/gustave-flaubert-1821-1880-l-a-s-nbsp-8235940#.VW_hXEbjvo4
http://www.ader-paris.com/html/fiche.jsp?id=5127550&np=7&lng=fr&npp=20&ordre=&aff=5&sold=&r
Curieuse lettre inédite. «Oui! ma belle voisine. Vous pourrez demain venir dans les catacombes. – On vous entraînera dans les endroits les plus secrets... Je vous engage à vous vêtir pour cette expédition, le moins proprement possible. Soyez prête à 2 h. et demie bien juste. Je baise vos belles mains très longuement»...
[La belle Jeanne de Tourbey (1837-1908), future comtesse de Loynes, demeurait rue de Vendôme (actuelle rue Béranger), alors que Flaubert habitait boulevard du Temple, de 1856 à 1869. Le 11 mars 1862, Flaubert a visité les catacombes avec les frères Goncourt, qui ne mentionnent pas la présence de Jeanne de Tourbey.] Estimation: 1.500 – 2.000 euros.

Vente Villanfray & Associés, Paris, Richelieu-Drouot, 19 juin 2015
E-mail : contact@villanfray.com
Lot 142. Flaubert, Gustave, La Tentation de saint Antoine, Paris, Charpentier & Cie, 1874.
http://www.villanfray.com/html/fiche.jsp?id=5148130
E.O. 1 vol. grand in-8, demi-chagrin à coins de la fin du 19ème, dos à nerfs, titre fleurons et filets dorés à la bradel, tête dorée, non rogné, couvertures conservées. Faux titre, titre, 1f., 296p. Des rousseurs éparses en début et en fin d'ouvrage, exemplaire grand de marges. Toute première émission de l'édition originale avec les mots «capitaine» à la place de «capitale», page 152 et «éphémérides» pour «éphémères» à la page 295. Estimation: 100 - 150 euros.

Lot 159. Flaubert, Gustave, Salammbô, Paris, Michel Lévy Frères, Libraires-Éditeurs, 1863.
http://www.villanfray.com/html/fiche.jsp?id=5148147
E.O. 1 vol. in-8, demi-toile à la bradel, coins de même, titre doré sur pièce de maroquin noir. Faux titre avec l’annonce de la nouvelle édition de «Madame Bovary» au verso, titre, 374p., 1f. de table. Quelques rousseurs, exemplaire grand de marges. Toute première émission de l’édition originale avec les mots «effraya» pour «effrayèrent» et «Scissites» à la place de «Syssites» aux pages 80, 251, etc. Estimation: 200 - 300 euros.

(< François Lapèlerie)
Roumet, vente aux enchères en ligne jusqu’au 23 juin 2015
http://www.roumet-hp.fr/index.php?list=1&mag=gf&type=vso&venteno=vo52&chap=3311
Lot 92. Flaubert Gustave. LAS datée lundi à sa «chère belle amie», Jeanne de Tourbey (Mme de Luynes) demi-mondaine qui tint un salon littéraire et politique influent sous le Second Empire et la IIIe République. Gustave Flaubert tomba fort amoureux d’elle et lui écrivit des lettres enflammées. 1 p. in 8°. Jolie lettre amoureuse: «Pensez-vous au nommé Rohant. Dites-moi l’adresse de M. E. Daudet, p(our) que je le remercie de son volume. Et croyez bien que je vous idolâtre. Votre vieux fervent.»

(< François Lapèlerie, Jacques-Remi Dahan)
Vente Pierre Bergé, Drouot, 25 juin 2015
http://www.pba-auctions.com/html/fiche.jsp?id=5123329
Lot 183. Gustave Flaubert (1821-1880), L.A.S., Dimanche soir [vers 1856-1857?], à un ami; 1 page in-8 sur papier bleu (trace de collage sur un bord). LETTRE INÉDITE À UN ÉCRIVAIN. Il a vu Eugène CRÉPET. «Il fait grand cas de votre talent et désire vous attacher à sa Revue. [...] Quant à votre roman, il ne serait pas éditeur-rédacteur-gouverneur d’un journal s’il n’avait la rage de vouloir corriger la copie des autres. Je l’ai fortement engagé à prendre la vôtre telle qu’elle est. Oh non! Car il a des idées. C’est un brave garçon mais entêté, je vous exhorte donc à la patience»... Il annonce sa prochaine venue à Paris. Estimation: 1.000 – 1.200 euros.

Vente Ader-Nordmann, 26 juin 2015, Pairs, Salle des ventes Favart, 3, rue Favart, 75002 Paris
EMail: contact@ader-paris.fr, Tél.: 01 53 40 77 10
http://www.ader-paris.com/html/fiche.jsp?id=5144704&np=1&lng=fr&npp=10000&ordre=&aff=5&r=&sold=
Lot n°109. Bouilhet (Louis), Melaenis. Préface de A. Join-Lambert. Évreux: imprimerie de Charles Hérissey pour la Société normande du livre illustré, 1900. Grand in-8, frontispice, XXIV, 149p., (1f.), xvip., 6 planches, couverture imprimée. Demi-maroquin vert sombre à coins, filets dorés, dos à nerfs orné, tête dorée, non rogné, couverture conservée (E. Carayon).
Très belle édition de luxe imprimée à seulement 140 exemplaires numérotés sur papier vélin des papeteries du Marais, illustrée de 17 compositions gravées en couleurs par Bertrand d’après les aquarelles de Paul Gervais, dont 1 frontispice, 6 hors texte, 5 en-têtes et 5 culs-de-lampe.
Ce poème historique est le premier ouvrage de Louis Bouilhet qui le dédia à son ami intime Gustave Flaubert.
Précieux exemplaire, un des 40 de collaborateur, truffé de plusieurs lettres autographes:
- LAS de Gustave Flaubert, datée du jeudi 12 août (1869?), 2 pages 1/2 in-8, où il est notamment question d’une conférence sur Louis Bouilhet à Rouen
- LAS d’Achille Flaubert, frère aîné de Gustave, 2 pages 1/4 in-12, datée du 12 mai 1876
- 2 LAS de Louis Bouilhet adressées à Calderone, dont l’une écrite à la suite d’une lettre de Pascal-Désiré Mulot, 4 pages et 2 pages 1/2 in-8. Dans la seconde il est question de Glatigny
- Carte de visite avec hommage autographe d’Arthur Join-Lambert adressé à M. Legras
- 2 LAS de W. de La Germonière, président de la Société normande du livre illustré, à M. Legras pour le remercier de l’élaboration de cette édition et pour lui offrir le dernier exemplaire disponible du livre.
Très bel exemplaire relié par Carayon. Infimes rousseurs par endroits.
On joint un exemplaire de l’édition originale du texte:
- BOUILHET (Louis). Melaenis conte romain, Paris, Michel Lévy frères, 1857. In-18, (3ff.), 205p., (1f.), 36 pp. de catalogue, couverture imprimée. Demi-maroquin marron à coins, filets dorés, dos à nerfs orné de motifs dorés et mosaïqués, tête dorée, non rogné, couverture et dos conservés (Champs-Stroobants).
Édition originale. Très bel exemplaire malgré une trace de mouillure claire aux premiers feuillets. Complet du catalogue de l’éditeur à la fin.
Provenance: A. Grandsire, avec ex-libris. Estimation: 2.000 – 3.000 euros.

Catalogue Laurent Coulet, n°59 [2015]
http://www.laurentcoulet.com
65. Flaubert, Gustave, Lettres à sa nièce Caroline, Paris, Fasquelle, 1906. EO, un des 25 exemplaires de tête numérotés sur Hollande, celui-ci n°13. 1.500 euros.

[BULLETIN FLAUBERT n° 168 / 15 mai 2015]

(< Jacques-Remi Dahan)
Catalogue C’est les bottes de sept lieues [avril 2015], librairie Pierre Saunier, 22 rue de Savoie, 75006 Paris.
http://www.pierre-saunier.fr/media/catalogues_pdf/Les_bottes_7_lieux.pdf

92. Victor Hugo, Quatrevingt-treize, Paris, Michel Lévy, 1874, 2 forts in-12, brochés. 6000 euros.
Première édition in-12, publiée quelques semaines après l’édition originale. Un des 25 ex. sur papier de Hollande.
C’est l’exemplaire de Gustave Flaubert, comportant ce billet autographe signé de Victor Hugo à l’intention de son éditeur:
«je prie M. Michel Lévy de remettre à M. Gustave Flaubert un exemplaire de Quatrevingt-treize.
29 mars 1874 Victor Hugo»
Flaubert avait déjà reçu, dédicacé par Hugo, un exemplaire de l’édition originale in-8°. Cet exemplaire figure sous le numéro 4872 de la vente Sickles des 28-29 octobre 1992.

(< François Lapèlerie, Éric Walbecq, Stéphanie Dord-Crouslé)
Vendredi 22 mai 2015, Drouot-Richelieu
Pierre Bergé & associés. Jean-Baptiste de Proyart, expert.
Collection Jean Patou

http://catalogue.gazette-drouot.com/index.jsp?id=23563&lng=fr
Lot n° 341. Gustave Flaubert. Lettre autographe signée, adressée à Ernest Feydeau, [Croisset, fin novembre 1857]. «La difficulté est de trouver la note juste. [...] les livres ne se font pas comme les enfants, mais comme les pyramides» (à propos de Salammbô). 4 pages in-8 (212 x 135mm), sur papier vergé bleu, à l’encre noire. Quelques ratures.
Provenance: catalogue de la librairie Georges Andrieux, Hôtel Drouot, 30-31 mai et 1er-2 juin 1928, n°178 «Ne te flatte pas, aimable neveu, de l’espoir d’entendre les aventures de mademoiselle Salammbô [sic] – non, mon bichon. Cela me troublerait [...] Quel chien de sujet! je passe alternativement de l’emphase la plus extravagante à la platitude la plus académique [...] j’ai peur que ce ne soit poncif et rococo en diable. D’un autre côté, comme il faut faire violent, je tombe dans le mélodrame. C’est à se casser la gueule, nom d’un petit bonhomme! La difficulté est de trouver la note juste. Cela s’obtient par une condensation excessive de l’idée, que ce soit naturellement, ou à force de volonté, mais il n’est pas aisé de s’imaginer une vérité constante, à savoir une série de détails saillants et probables dans un milieu qui est de deux mille ans d’ici. Pour être entendu, d’ailleurs, il faut faire une sorte de traduction permanente, et quel abîme cela creuse entre l’absolu et l’oeuvre! [...] ma drogue ne sera ni romaine, ni latine, ni juive. Que sera-ce? Je l’ignore. Mais je te jure bien, de par les prostitutions du temple de Tanit, que ce sera “d’un dessein farouche et extravagant” comme dit notre père Montaigne. [...] Relis et rebûche ton conte. Laisse-le reposer et reprends-le, les livres ne se font pas comme les enfants, mais comme les pyramides, avec un dessin prémédité, et en apportant des grands blocs l’un par-dessus l’autre, à force de reins, de temps et de sueur, et ça ne sert à rien! et ça reste dans le désert! mais en le dominant prodigieusement. Les chacals pissent au bas et les bourgeois montent dessus, etc.; continue la comparaison.» Référence: Gustave Flaubert, Correspondance, II, Paris, Gallimard, 1980, p.782 et 1410. Estimation: 4.000/ 6.000 euros.

Lot n° 342. Lettre autographe signée, adressée à Ernest Feydeau, Carthage, 1er mai [1858]. «Je dors comme un caillou, je mange comme un ogre, je bois comme une éponge et je ... comme un âne!» 3 pages in-8 (205 x 135mm), sur papier vergé bleu, à l’encre noire. Provenance: catalogue de la librairie Georges Andrieux, Hôtel Drouot, 30-31 mai et 1er-2 juin 1928, n°181; enveloppe de la vente conservée. Gustave Flaubert confie à son ami Ernest Feydeau les joies de son voyage en Tunisie, au printemps 1858, et regrette qu’il ne l’ait pas accompagné. Il décrit ensuite les différentes étapes de son périple avant de conclure, presqu’en aparté: «Non! sacré nom de Dieu, non! il ne faut jamais écrire de phrases toutes faites. On m’écorchera vif plutôt que de me faire admettre une telle théorie. Elle est très commode, j’en conviens, mais voilà tout. Il faut que les endroits faibles d’un livre soient mieux écrits que les autres.» Référence: Gustave Flaubert, Correspondance, II, Paris, Gallimard, 1980, p.809 et 1410. Estimation: 5.000/ 7.000 euros.

Lot n° 343
Lettre autographe signée, adressée à Ernest Feydeau, [Croisset, 20 juin 1858]. Retour de Carthage et ébauche de Salammbô. 4 pages in-8 (212 x 136mm), sur papier vergé bleu, à l’encre noire. Quelques ratures. Provenance: catalogue de la librairie Georges Andrieux, Hôtel Drouot, 30-31 mai et 1er-2 juin 1928, n°185; enveloppe de la vente conservée. Flaubert relate le voyage qu’il a fait à Carthage pour la rédaction de Salammbô: «Je t’apprendrai que Carthage est complètement à refaire, ou plutôt à faire. Je démolis tout. C’était absurde! impossible! faux! Je crois que je vais arriver au ton juste. Je commence à comprendre mes personnages et à m’y intéresser. C’est déjà beaucoup. Je ne sais quand j’aurai fini ce colossal travail. Peut-être pas avant deux ou trois ans. D’ici là, je supplie tous les gens qui m’aborderont de ne pas m’en ouvrir la bouche. J’ai même envie d’envoyer des billets de faire-part pour annoncer ma mort.» Puis, il évoque Fanny avant de parler de sa santé: «Moi, je prends des bains tous les jours. Je nage comme un triton. Jamais je ne me suis mieux porté.» Référence: Gustave Flaubert, Correspondance, II, Paris, Gallimard, 1980, p.817 et 1429. Estimation: 5.000/ 7.000 euros.

Lot n° 344
FLAUBERT, Gustave
Lettre autographe signée, adressée à Ernest Feydeau, [Croisset, début février 1859]. Conseils de Flaubert à Feydeau qui lui a confié le manuscrit de Daniel avant de le faire publier: «Prends garde d’abîmer ton intelligence dans le commerce des dames.» 4 pages in-8 (208 x 131mm), sur papier vergé bleu, à l’encre noire. Quelques ratures. Provenance: catalogue de la librairie Georges Andrieux, Hôtel Drouot, 30-31 mai et 1er-2 juin 1928, n°195; enveloppe de la vente conservée. «Ça va bien! très bien! jeune homme! La deuxième partie marche comme sur des roulettes. [...] quant au reste, le papier vous brûle les mains, pour moi du moins. J’ai poussé, tout seul, des bravo! très bien! plusieurs fois [...] Il y a des choses charmantes, exquises, pages 281, 285; ça donne envie d’archifoutre l’héroïne. Ne pleure pas sur tes suppressions, elles étaient indispensables. Je m’y connais, n’aie pas peur. Si je voyais aussi bien dans mes oeuvres que dans celles des autres, je serais un bien grand homme; mais hélas! Oh! que Carthage par moments me scie le trou du cul! Tu es beau, et héroïque, quant aux retranchements; mais j’ai la conviction qu’une ligne oiseuse d’ôtée vous donne dix lecteurs de plus. [...] On me verra cocher de fiacre avant de me voir écrire pour de l’argent. [...] prends garde d’abîmer ton intelligence dans le commerce des dames. Tu perdras ton génie au fond d’une matrice.» Référence: Gustave Flaubert, Correspondance, III, Paris, Gallimard, 1991, p.13 et 1042. Estimation: 5.000/ 7.000 euros.

Lot n° 345
Lettre autographe signée, adressée à Ernest Feydeau, [Croisset, 16 juin 1859]. Poursuite de l’écriture de Salammbô et médiocrité des temps modernes: «Je suis effrayé, épouvanté, scandalisé par la couillonnade transcendante qui règne sur les humains.» 4 pages in-8 (210 x 134mm), sur papier vergé bleu, à l’encre noire. Quelques ratures. Provenance: catalogue de la librairie Georges Andrieux, Hôtel Drouot, 30-31 mai et 1er-2 juin 1928, n°202; enveloppe de la vente conservée. «J’ai enfin terminé mon interminable quatrième chapitre, d’où j’ai retranché ce que j’en aimais le mieux. Puis, j’ai fait le plan du cinquième, pris des notes en quantité, etc. [...] Oui, je trouve, contrairement au sieur d’Aurevilly, qu’il s’agit maintenant d’hypocrisie et pas d’autre chose. Je suis effrayé, épouvanté, scandalisé par la couillonnade transcendante qui règne sur les humains. A-t-on peur de se compromettre!!! Cela est tout nouveau, à ce degré du moins. L’envie du succès, le besoin de réussir quand même, à cause du profit, a tellement démoralisé la littérature qu’on devient stupide de timidité [...] Tout cela n’est pas perdu. A mesure que je me plonge plus avant dans l’antique, le besoin de faire du moderne me reprend, et je cuis à part moi un tas de bonshommes. [...] J’ai plusieurs idées sur ton style. [...] Il faudra que ce soit impersonnel.” Référence: Gustave Flaubert, Correspondance, III, Paris, Gallimard, 1991, p.26 et 1048. Estimation: 5.000 / 7.000 euros.

Lot n° 346
Lettre autographe signée, adressée à Ernest Feydeau, [Croisset, 30 août 1859]. Flaubert raconte à Feydeau une anecdote amusante, et l’entretient de l’avancée de Salammbô. 4 pages in-8 (210 x 132mm), sur papier vergé bleu, à l’encre noire. Quelques ratures. Provenance: catalogue de la librairie Georges Andrieux, Hôtel Drouot, 30-31 mai et 1er-2 juin 1928, n°204; enveloppe de la vente conservée. «Un jeune homme de Rouen, riche, vingt-trois ans, etc. allait épouser et enrichir par ce mariage, une jeune demoiselle, dix-sept ans, jolie, etc. lorsqu’un jour il surprit, dans sa table à ouvrage, un livre infâme intitulé: Fanny, d’un nommé E. Feydeau! Scandale! cris, scène! et le mariage fut manqué à cause de cela. [...] j’étais tellement enthousiasmé de ce jeune bourgeois que j’éprouvais tour à tour le besoin de lui faire frapper une médaille en aluminium – et de l’écorcher vif. [...] le positif, c’est que ton bouquin a fait rompre un mariage et il est probable qu’en cela il a fait une bonne action!» [...] «pour qu’on dise d’un personnage antique: “c’est vrai”, il faut qu’il soit doué d’une triple vie, car le modèle, le type, qui l’a vu? J’espère dans un mois avoir fini mon VIe chapitre et, avant de rentrer à Paris, le VIIe sera fait, il le faut. Je me suis débarrassé du Ve par la suppression de deux morceaux excellents, mais qui ralentissaient le mouvement.» Référence: Gustave Flaubert, Correspondance, III, Paris, Gallimard, 1991, p.38. Estimation: 5.000/ 7.000 euros.

Lot n° 347
Lettre autographe signée, adressée à Ernest Feydeau, [Croisset, 19 juin 1861]. Contre la douceur en littérature: «noyons le bourgeois dans un grog à XI mille degrés!» Flaubert aux prises avec la rédaction de Salammbô. 3 pages 1/2 in-8 (205 x 135mm), sur papier vergé bleu, à l’encre noire. Quelques ratures. Provenance: catalogue de la librairie Georges Andrieux, Hôtel Drouot, 30-31 mai et 1er-2 juin 1928, n°222; enveloppe de la vente conservée. «Tu ne me parais pas te réjouir infiniment, mon vieux Feydeau? et je le conçois! l’existence n’étant tolérable que dans le délire littéraire. Mais le délire a des intermittences; et c’est alors que l’on s’embête. J’applaudis à ton idée de faire une pièce après ton livre sur Alger. Pourquoi veux-tu l’écrire dans des “tons doux”? Soyons féroces, au contraire! Versons de l’eau-de-vie sur ce siècle d’eau sucrée. Noyons le bourgeois dans un grog à XI mille degrés et que la gueule lui en brûle, qu’il en rugisse de douleur! C’est peut-être un moyen de l’émoustiller? On ne gagne rien à faire des concessions, à s’émonder, à se dulcifier, à vouloir plaire en un mot. [...] Au reste, puisque tu as ton idée, exécute-la. Mais sois sûr que ce qui a choqué ces messieurs dans ta dernière oeuvre théâtrale est précisément ce qu’elle comportait de bon et de particulier. Tous les angles sont blessants. [...] Je ne pense pas avoir fini avant la fin de cette année. Mais dussé-je y être encore dix ans, je ne rentrerai à Paris qu’avec Salammbô terminée! C’est un serment que je me suis fait.» Référence: Gustave Flaubert, Correspondance, III, Paris, Gallimard, 1991, p.157 et 1132. Estimation: 5.000/ 7.000 euros.

Lot n° 348
Lettre autographe signée, adressée à Ernest Feydeau, [Croisset], samedi soir 17 [août 1861]. Flaubert en pleine rédaction de Salammbô: «On commence à marcher dans les tripes et à brûler les moutards. Baudelaire sera content!» 4 pages in-8 (205 x 136mm), sur papier vergé bleu, à l’encre noire. Illustration: croquis autographe représentant une tête de fakir, à l’encre noire dans le coin supérieur gauche de la première page. Provenance: catalogue de la librairie Georges Andrieux, Hôtel Drouot, 30-31 mai et 1er-2 juin 1928, n°221; enveloppe de la vente conservée. «On n’a de chance qu’en suivant son tempérament et en l’exagérant. Des concessions, Monsieur? Mais “ce sont les concessions qui ont conduit Louis XVI à l’échafaud”. Ce qui n’empêche pas que je préfère, pour moi, ne jamais me mêler de ces messieurs ni directement, ni indirectement. La recherche de l’Art en soi demande trop de temps pour qu’on en perde même un peu à repousser les roquets qui vous mordent les jambes. Il faut imiter les fakirs qui passent leur vie la tête levée vers le soleil, tandis que la vermine leur parcourt le corps. [...] J’ai fait, de mon XIIIe chapitre, 12 pages; il doit en avoir une quarantaine, ce qui me mènera jusqu’à la fin d’octobre. [...] Oui, on m’engueulera, comptes-y. Salammbô 1° embêtera les bourgeois, c’est-à-dire tout le monde; 2° révoltera les nerfs et le coeur des personnes sensibles; 3° irritera les archéologues; 4° semblera inintelligible aux dames; 5° me fera passer pour pédéraste et anthropophage. Espérons-le! J’arrive aux tons plus foncés. On commence à marcher dans les tripes et à brûler les moutards. Baudelaire sera content!» Référence: Gustave Flaubert, Correspondance, III, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la pléiade, 1991, p.169 et 1141. Estimation: 4.000/ 6.000 euros.

Lot n° 349
Lettre autographe signée, adressée à Ernest Feydeau, [Croisset, vers le 15 septembre 1861]. Fatigue des tueries de Salammbô: «Je vomis des catapultes, j’ai des tollénons dans le cul et je pisse des scorpions.» 3 pages in-8 (205 x 135mm), sur papier vergé bleu, à l’encre noire. Provenance: catalogue de la librairie Georges Andrieux, Hôtel Drouot, 30-31 mai et 1er-2 juin 1928, n°220; enveloppe de la vente conservée. «Il y a des jours où je n’ai plus la force physique de remuer une plume. Je dors dix heures la nuit et deux heures le jour. Carthage aura ma fin si cela se prolonge, et je n’en suis pas encore à la fin! J’aurai cependant, au commencement du mois prochain, terminé mon siège; mais j’en aurai encore pour tout le mois d’octobre avant d’arriver au chapitre XIV qui sera suivi d’un petit autre. C’est long, et l’écriture y devient de plus en plus impossible. Bref, je suis comme un crapaud écrasé par un pavé; comme un chien étripé par une voiture de merde, comme un morviau sous la botte d’un gendarme, etc. L’art militaire des Anciens m’étourdit, m’emplit; je vomis des catapultes, j’ai des tollénons dans le cul et je pisse des scorpions. [...] Tu n’imagines pas quel fardeau c’est à porter que toute cette masse de charogneries et d’horreurs; j’en ai des fatigues réelles dans les muscles.» Référence: Gustave Flaubert, Correspondance, III, Paris, Gallimard, 1991, p.174 et 1142. Estimation: 4.000/ 6.000 euros.

Lot n° 350
Lettre autographe signée, adressée à Ernest Feydeau, [Croisset, 29 décembre 1872]. Prises de notes pour Bouvard et Pécuchet. Flaubert évoque également la morosité ambiante: «Les temps ne sont point propices à la littérature.» 2 pages in-8 (208 x 132mm), sur papier de deuil, à l’encre noire. Quelques ratures. Provenance: catalogue de la librairie Georges Andrieux, Hôtel Drouot, 30-31 mai et 1er-2 juin 1928, première lettre du n°270; enveloppe de la vente conservée. «Rien de neuf dans ma vie, mon cher vieux. Je la passe uniformément au milieu de mes livres et dans la compagnie de mon chien. J’avale des pages imprimées et je prends des notes pour un bouquin [Bouvard et Pécuchet] où je tâcherai de vomir ma bile sur mes contemporains. Mais ce dégueulage me demandera plusieurs années. [...] J’ai pris 51 ans le 12 de ce mois; c’est une consolation.» Référence: Gustave Flaubert, Correspondance, IV, Paris, Gallimard, 1998, p.627 et 1306. Estimation: 4.000/ 6.000 euros.

(< Marlo Johnston)
Catalogue Otrante, juin 2015
Catalogue http://www.otrante.fr/juin2015.html
Lot 16. Lettre de Louis Bouilhet. Lettre autographe signée de l’ami de Flaubert et de Maupassant au directeur de l’Odéon, relative au dernier drame de l’auteur, Mademoiselle Aïssé. 27 juillet 1868. Trois pages in-8. Deux pages in-folio. Manuscrit autographe de 2 pages in-folio d’Aïssé, correspondant aux scènes X, XI et XII – répliques d’Aïssé, de Madame de Tencin, de Monsieur d’Argental, du comte de Brécourt, du commandeur de Mesme et d’un choeur de Chevaliers. 800 euros

Lot 46. Remy de Gourmont, Manuscrit autographe signé R.G. de Notice sur le buste de Gustave Flaubert par Clésinger (paru dans le Mercure de France en mai 1891, p.259). Grand in-8; 3 ff. contrecollés. Cartonnage à la Bradel, pièce de titre en long de maroquin bordeaux. 650 euros.

(< Michel Pierssens)
Vente Alde, 22 mai 2015
Lot 22. Gustave Flaubert, Madame Bovary. Moeurs de province, Paris, Michel Lévy frères, 1857. 2 volumes in-12, demi-maroquin bleu à long grain avec coins sertis d’un filet doré, dos lisse orné en long, non rogné, couverture (Pagnant). Édition originale très recherchée.
Exemplaire de premier tirage, avec la faute à «Senart» et autres caractéristiques relevées par Max Brun, sans le catalogue de l’éditeur.
Bel exemplaire non rogné dans une jolie reliure de Pagnant.
Charnières légèrement frottées. Estimation: 2.000/ 3.000 euros.
http://www.alde.fr/lot/5346907

Lot 23. Madame Bovary. Moeurs de province, deuxième édition, Paris, Michel Lévy frères, 1857. 2 volumes in-12, percaline gaufrée verte, titre et tomaison dorés sur le premier plat, dos lisse muet, tranches mouchetées (reliure de l’époque). Deuxième édition, parue quelques mois après l’édition originale.
Exemplaire de Julien Benda (1867-1956), l’auteur de La Trahison des Clercs, avec sa signature sur les titres et des accolades marginales dans le texte du même crayon bleu. Il provient des bibliothèques du baron Achille Deban-Laborde, colonel du 4e cuirassiers en 1861, et Edgar Lucas, avec cachets ex-libris.
Rare exemplaire en cartonnage d’éditeur de séduisante provenance littéraire.
Dos du second volume partiellement décollé avec manque sur la charnière inférieure, rousseurs. Estimation: 300/ 400 euros.
http://www.alde.fr/lot/5346908

Lot 24. La Tentation de saint Antoine, Paris, Charpentier et Cie, 1874. Grand in-8, maroquin havane, double encadrement de filets à froid avec fleurons aux angles, dos orné de même, filets sur les coupes, dentelle intérieure, doublure et gardes de moire bleue, tranches dorées sur témoins, chemise et étui assortis (P. L. Martin). Édition originale.
Un des 75 exemplaires sur hollande, numérotés et paraphés par l’éditeur.
Superbe exemplaire parfaitement établi par Pierre-Lucien Martin, à toutes marges et complet de la couverture bleue glacée. Estimation: 2.000/ 3.000 euros.
http://www.alde.fr/lot/5346909

Lot 25. Bouvard et Pécuchet, Paris, Alphonse Lemerre, 1881. In-12, maroquin vert, frise géométrique aux angles, guirlande dorée au centre, jeu de filets intérieur, tranches dorées, étui (René Kieffer). Édition originale.
Belle reliure de René Kieffer.
Dos passé. Estimation: 800 / 1.000 euros.
http://www.alde.fr/lot/5346910

(< Stéphanie Dord-Crouslé)
Vente Alde, 29 mai 2015
Lot 16. Louis Bouilhet (1822-1869) poète, ami de Flaubert. Manuscrit autographe signé.
http://www.alde.fr/lot/5349913
Rognures; cahier petit in-4 de 68 pages (plus ff. blancs), reliure cartonnée de l’époque demi-percaline chagrinée bleu nuit, plats de papier marbré. Précieux recueil de poésies, en grande partie inédit. Celui-ci est un intéressant témoignage des premiers essais poétiques de Louis Bouilhet, avant Melaenis (1857). Les manuscrits de Louis Bouilhet, mort à 47 ans, sont d’une grande rareté. Soigneusement calligraphié (avec quelques variantes marginales), il rassemble 50 «rondeaux – sonnets – triolets – apologues – contes – épigrammes – fantaisies – traductions». Quelques pièces furent recueillies dans les Dernières Chansons (recueil posthume de 1872): «Baiser de muse», «Sur la première page d’un album» et «Imité du chinois», avec quelques variantes. Certaines pièces sont datées, de 1840 à 1859. Une table, à la fin du cahier, dresse la liste des poèmes. «À monsieur le conseiller Clogenson»; «Bain de muse»; «Le déjeuner de Durandeau, triolet»; «Rencontre, triolet»; «À Th. de Banville, triolet»; «Invitation (à M. Courteville), triolet»; «L’Oeuf Politique, apologue» (1840); «La Chenille et le Papillon, apologue»; «Sur la 1ère page d’un album»; «À une magnétiseuse»; «À un médecin-poëte»; «Tables tournantes, à une dame»; «Compliment, pour une enfant de cinq ans» (1845); «Compliment, deux petits orphelins, à une soeur aînée, qui se marie» (1858); «Au chapeau de Caudron» (1845); «À Blaise; Timidité» (1843); «Opium, impromptu à mon ami Boivin qui voulait dormir, et à qui j’avais, à cet effet, envoyé mes poësies» (1840); «Sur le pavé, rondeau, à P.H.»; «À une jeune fille, traduit d’Anacréon» (1840); «À Mlle X** (réponse), impromptu»; «Le Vieux, traduit d’Anacréon»; «Au pamphlétaire du Figaro»; «Trente ans! (à E. Morisse)»; «Il fait très noir, rondeau» (Rouen, juin 1845); «On veut savoir, rondeau» (1845); «À une demoiselle d’estaminet» (1844); «Le diable est là, conte» (1840); «L’Ivrogne, conte» (Cany, septembre 1845); «Le Retour, romance» (23 août 1841); «À Mulot, triolet» (mai 1859); «à L.B., quatrain signé Edw. Shortown» (Courteville 24 août 1859); «Les cinq doigts»; «Souvenir (acrostiche pour Victor Lepeley)»; «À Dorylas»; «Le debteur»; «Épigramme (trouvée dans les ruines d’Herculanum)», en latin; «Chant nuptial, fragment, traduit de Catulle»; «À Lesbie»; «À un poëte qui s’était fait marchand de pierres…»; «À M. Francis de Saint-Lary, et à Mme, le jour de ses noces, rondeau, et Envoi du rondeau»; «À une dame, en lui offrant un porte-montre»; «Impromptu, pour l’inauguration d’une fontaine (Saint-André de l’Eure)»; «Proportions (au cimetière de Montmartre)»; «À Champfleury»; «À Rosette» (1845 Rouen); «Imité du chinois» (Iu-Kiao-Li); «À Ismérie» (Rouen, 1847); «Traduit de Juvénal»; «Menace» (1846); «Au moineau de Mlle M. D.» (1er avril 1857). Nous citons la première et la dernière strophe de cet ultime poème, qui compte 18 tercets: «Petit moineau d’humeur traîtresse Qui, le matin, de ta maîtresse Viens becqueter la noire tresse, […] Ce sera justice, après tout: Le seul Dieu que le monde absout, Ô moineau, c’est le Dieu qui fout!...» Ex-libris G.R. Piclin, à Rouen, et étiquette de la 3e vente George Sand (Versailles, Hôtel Rameau, 11 juin 1965, Me Blache).
Estimation: 1.800/ 2.000 euros.

Lot 90. [Gustave FLAUBERT (1821-1880)]. Important dossier documentaire constitué par Edmond Ledoux.
http://www.alde.fr/lot/5349987
Edmond Ledoux (†1962) fut stagiaire à l’étude notariale de Maître Ozanne, apparenté au Dr Franklin-Grout, le second mari de la nièce de Flaubert. C’est à cette époque qu’il commença à se passionner pour l’écrivain. Il travailla à faire revenir sa bibliothèque à Rouen et en fut nommé conservateur quand elle fut hébergée par la ville de Canteleu. Il a également inventorié et daté la correspondance de Flaubert offerte à l’Institut de France par sa nièce, et réuni, tout au long de sa vie, une documentation unique en vue d’un ouvrage resté à l’état de projet. Correspondances. Copies manuscrites de lettres de Flaubert, écrites de Croisset ou de Paris entre 1867 et 1880, adressées à George Sand, Maupassant, la princesse Mathilde, Philippe Leparfait, etc.; de lettres de George Sand, 1865-1874, adressées à Flaubert... Copies dactylographiées de lettres adressées à Caroline Commanville, 1883-1884, à propos de la première édition de la correspondance de Flaubert, par Toudouze, Bouilhet, E. Renan, F. Baudry, Zola, Leconte de Lisle, la Princesse Mathilde, Gautier, Lovenjoul, Daudet, etc. Notes diverses de Ledoux. Plan d’un ouvrage sur la vie et l’oeuvre de Flaubert. Recherches sur les oeuvres de Flaubert (Bouvard et Pécuchet, Salammbô, La Tentation, Le Château des coeurs...); inventaire des pièces autographes et manuscrits trouvés dans les papiers de l’écrivain; notes sur sa bibliothèque, etc. Papiers familiaux. Documents sur le buste érigé à Rouen en l’honneur du père de l’écrivain le Dr Achille-Cléophas Flaubert; sur la succession de sa mère; copie de l’acte de décès de Gustave Flaubert et nombreuses notes sur les mystères entourant sa mort; copie de l’apposition et levée des scellés sur ses biens, etc. Photographies. 6 reproductions de portraits de Flaubert, dont 2 gravures; portrait de Caroline Commanville; 5 cartes postales de Croisset. Imprimés. Discours prononcé à l’inauguration du monument érigé à Rouen à Gustave Flaubert par J. Félix (1891); Edmond Spalinowski, Autour de Flaubert (1933); quelques sources inédites de La Tentation de saint Antoine de Gustave Flaubert, extrait de la Revue d’Histoire littéraire de la France (1953, avec envoi); Chronique médicale du 1er août 1908 (souvenirs du Dr Henri Fauvel sur Flaubert); catalogue de vente publique (correspondance de Flaubert à E. Laporte, 20-28 mars 1933, manque la couv.). On joint le journal personnel d’Edmond Ledoux (1932-1941), et la correspondance échangée avec le Dr Galérant à propos de Flaubert (avec brouillons de réponses). Estimation: 1.800/ 2.000 euros.

[BULLETIN FLAUBERT n° 167 / 2 avril 2015]

Mardi 14 avril 2015, vente Ader Nordmann, Paris, salle des ventes Favart.
Expert Thierry Bodin.
http://www.ader-paris.fr
Lot 100. Gustave Flaubert (1821-1880). Enveloppe autographe, [Rouen 11 avril 1853], à Louise Colet; 7 x 11 cm, cachets postaux, cachet de cire rouge brisé à ses initiales G F. Enveloppe écrite de la main de Flaubert, adressée à son amante «Madame Colet. rue de Sèvres. 21. Paris». Estimation: 200 – 300 €.
http://www.ader-paris.com/html/fiche.jsp?id=4950290&np=5&lng=fr&npp=20&ordre=&aff=5&sold=&r=

Lot 101. Gustave Flaubert, L.A.S., Paris jeudi soir [3 décembre 1863], à Hortense Cornu; 2 pages in-4. Lettre inédite à propos du Château des coeurs, «féerie» écrite en collaboration avec Louis Bouilhet et le comte d’Osmoy. Flaubert invite Mme Cornu à venir chez lui mercredi avec M. Cornu et le petit Jules, «entendre Le Château des coeurs. Les autres auditeurs seront un dessinateur de la pièce [Durandeau], & la Ctesse d’Osmoy. Peut-être Charles-Edmond y viendra-t-il aussi? J’oubliais un ami de Bouilhet: Alfred Guérard. L’heure est fixée à 1 heure très précise. Car c’est une lecture qui demande quatre heures, y compris le temps de souffler entre chaque tableau. Si vous ne pouviez venir ce jour-là on recommencerait pour vous seule un autre jour, la même cérémonie»... Il donne son adresse: «boul. du temple 42». Estimation: 1.500 – 1.800 €
http://www.ader-paris.com/html/fiche.jsp?id=4950291&np=5&lng=fr&npp=20&ordre=&aff=5&r=

(< Éric Walbecq)
Catalogue Roumet, Histoire Postale, 51e vente, 7 avril 2015.
Lot 66. Lettre à Catulle Mendès, 25 octobre 1872, inédite. LAS de Croisset datée de jeudi soir à «Mon cher ami», 1 p. in 8° (petits défauts). «J’ai reçu ce matin une dépêche de vous en style télégraphique m’annonçant la mort de mon pauvre Théo. Mais la dépêche était dans une enveloppe, comme une lettre, pourquoi? Donc, j’ai su l’événement au bout de trente heures. Au moment où je lisais vos deux lignes, il était déjà enterré? Que vous dirais-je? Je suis écrasé! Tant mieux pour lui, après tout! Mais nous, mais moi!... J’en ai assez! et je ne demande qu’à le suivre.» Prix de départ: 2.000 euros.
www.roumethp.fr

(< Jacques-Remi Dahan)
Flaubert, L’Éducation sentimentale, Paris, Michel Lévy, 1870.
2 volumes in-8 de [4]-427 et de [4]-331-[32] pages, demi maroquin havane à coins, dos lisses ornés, t. dorées (Honnelaître, relieur). Édition originale parfaitement reliée par Honnelaître. L’exemplaire est complet du catalogue de la librairie Michel Lévy de 32 pages.
Au titre du second volume, comme l’indique Clouzot, la mention fallacieuse deuxième édition. Petits frottis, dos légèrement passés, l’intérieur est exempt de défauts et à grandes marges. (Clouzot, 121). (Belle Vente de Livres et Manuscrits, 11 Avril 2015 à 14h30, Guillaumot-Richard, 69400 Villefranche-sur-Saône. Lot 36.)
http://www.auction.fr/_fr/lot/flaubert-g-l-rsquo-education-sentimentale-paris-michel-levy-1870-2-volumes-7763393#.VREKK45WVN0

[BULLETIN FLAUBERT n° 165 / 27 janvier 2015]

Catalogue Les Autographes (Thierry Bodin), n°139, janvier 2015.
http://www.franceantiq.fr/slam/autographes/Cat.asp?AUTEUR=Flaubert&IdTable=Bodin0115
Lot 113. Gustave FLAUBERT  (1821-1880) romancier. MANUSCRIT autographe, Esther; 4 pages in-fol. 5.000 euros.

RÉSUMÉ DE L’HISTOIRE D’ESTHER. Flaubert résume les 16 chapitres du Livre d’Esther, avec d’importantes citations (ou traductions), assez longuement pour les 7 premiers chapitres; la fin est brièvement résumée. Il a probablement utilisé ces notes pour la documentation de Salammbô, notamment pour l’épisode du banquet. «I. Assuerus règne depuis l’Inde jusqu’à l’Éthiopie sur cent vingt sept provinces. Lorsqu’il monte sur le trône il donne un festin à Suse, sa capitale qui dura pendant cent quatre vingt jours (v. 4). Puis il en donne un autre à tout le peuple de Suse. “Il commanda qu’on préparât un festin pendant sept jours dans le vestibule de son jardin et d’un bois digne de la magnificence royale, qui avait été planté de la main des rois. On avait tendu de tous côtés des tapisseries de fin lin, de couleur bleu céleste et d’hyacinthe qui étaient soutenues par des cordons de fin lin teints en écarlate qui étaient passés dans des anneaux d’ivoire et attachées à des colonnes de marbre. Des lits d’or et d’argent étaient rangés en ordre sur un pavé de porphyre et de marbre blanc qui était embelli de plusieurs figures avec une admirable variété. … 9. La reine Vasthi fit aussi un festin aux femmes dans le palais où le roi Assuerus avait accoutumé de demeurer”. Le septième jour, plus gai qu’à l’ordinaire il commanda à Maümam, Bazatha, Harbona, Bagatha, Abgatha, Zethar et Charchas qui étaient les sept eunuques officiers ordinaires du roi Assuérus “de faire venir devant le roi la reine Vasthi ayant le diadème sur la tête, pour faire voir sa beauté à tous ses peuples et aux premières personnes de sa Cour, parce qu’elle était extrêmement belle”. La reine refuse. Le roi entre en colère»… Etc.
De la vente de la succession de Mme Franklin Grout-Flaubert, Paris 18-19 novembre 1931 (partie du n°168). Catalogue en ligne:
http://flaubert.univ-rouen.fr/bibliographie/cat1931_drouot.pdf

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Catalogue Les Neuf Muses (Alain Nicolas), «Ephemera» [janvier 2015]
Lot 45. Flaubert, Madame Bovary, éd. préoriginale, Revue de Paris, tomes XL-XLI, 6 livraisons, 1er octobre 1856-15 décembre 1856. 1.000 euros.

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(< Jacques-Remi Dahan)
Librairie Malais - Cabinet Chaptal, 1 rue de Fleurus, 75006 Paris.
19. Exemplaire de Gustave Flaubert. Pouchet (Georges), Précis d’histologie humaine, Paris, Victor Masson & fils, 1864. In-8, demi-chagrin noir de l’époque, 379p. 1.000 euros.
«A mon cher maître et ami Gustave Flaubert, son dévoué, Georges Pouchet
http://www.cabinet-chaptal.com/CatalogueNoel.pdf
http://r.ag.d.mailin.fr/3ktu258qyy3d.html

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(< Éric Walbecq)
Galerie Manuscripta, en ligne.
http://www.autographes-manuscripta.com/flaubert-lettre-autographe/
Gustave Flaubert, lettre autographe signée à sa nièce Caroline. Lundi 9h du matin; 1 page in-8°. 2.300 euros.
Tendre lettre de l’écrivain à sa nièce adorée: «Ma Caro, Puisque ta bonne maman (la mère de l’écrivain) continue à ne pas me donner son adresse remets lui immédiatement le mot suivant. Mille bécots sur tes bonnes joues roses ton vieux. […] J’espère déjeuner chez toi, demain, mon cher loulou.»

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(< Marie-Dominique Nobécourt Mutarelli)
Catalogue du libraire Pierre Prévost consacré à l’artiste Raphael Freida et à ses illustrations d'ouvrages.
N°24. Ensemble de dessins originaux et croquis préparatoires pour l’illustration de Hérodias. 6.500 euros.
N°25. Volume publié avec 3 suites des illustrations, une sur japon, une sur hollande en noir et une sur hollande à la sanguine. 850 euros.

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(< Olivier Leroy)
Librairie Le Feu Follet, 31 rue Henri Barbusse, 75005 Paris
Catalogue janvier 2015
http://www.edition-originale.com/pdf/catalogue-janvier-1421341290.pdf

68. FLAUBERT Gustave. La Tentation de saint Antoine.
Charpentier & Cie, Paris 1874, 15,5x23cm, relié.
Édition originale comportant la faute «capitaine» à la place de «capitale», page 152, et «éphémérides» pour «éphémères» à la page 295.
Reliure en demi-chagrin brun, dos à 5 nerfs réhaussés de filets dorés, date en pied, couvertures légèrement salies conservées, tête dorée, reliure légèrement postérieure.
Envoi autographe signé de l’auteur à Madame Drouais: «À Madame Drouais. Humble hommage de son tout dévoué G. Flaubert».
Les envois de Flaubert sur ce titre sont d’une grande rareté. (cf. Clouzot) 10.000 euros.

69. FLAUBERT Gustave. Salammbô.
Michel Lévy, Paris 1863, 15x23cm, relié.
Édition originale sur papier courant.
Reliure en demi-chagrin sapin, dos à cinq nerfs, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier à la cuve, ex-libris encollé sur une garde, reliure de l’époque.
Rare envoi autographe signé de l’auteur à (Louis) de Carné, journaliste et historien dont Flaubert possédait plusieurs ouvrages référencés dans l’inventaire de sa bibliothèque. L’intérêt que portait Flaubert à l’oeuvre de Carné n’était toutefois pas bienveillant. On retrouve en effet des notes critiques sur ses articles dans les dossiers de Bouvard et Pécuchet.
D’autre part, la parution de Salammbô coïncide avec l’élection controversée de Louis de Carné à l’Académie française, qualifiée de coup d’état clérical par une partie de l’opinion publique. Elle était en effet le résultat de la fronde organisée par Mgr Dupanloup contre l’autre candidat, Émile Littré, auteur d’une définition matérialiste de l’homme qui déchaîna la fureur des partis religieux et Orléanistes. Flaubert évoque le scandale de cette élection dans une lettre aux Goncourt du 6 mai 1863: «Avez-vous suffisamment vitupéré Sainte-Beuve et engueulé l’Académie à propos de la nomination Carné?»
Bien qu’il précède sans doute légèrement cette élection, cet envoi de Flaubert à Carné est un curieux hommage d’un écrivain accusé naguère «d’offense à la morale publique et à la religion» à un futur représentant du pouvoir religieux au sein même de la prestigieuse Académie.
Rares et légères rousseurs sans gravité, bel exemplaire. 15.000 euros.

70. FLAUBERT Gustave. La Tentation de saint Antoine.
Charpentier & Cie, Paris 1874, 15,5x23cm, relié.
Édition originale comportant la faute «capitaine» à la place de «capitale», page 152, et «éphémérides» pour «éphémères» à la page 295.
Édition originale en premier état sans mention.
Reliure japonisante en pleine toile chocolat, dos lisse avec pièce de titre dans un cartouche apposé en diagonale, plats ornés de motifs floraux repoussés, reliure signée de Pierson, relieur des Goncourt, actif dans le dernier tiers du XIXe siècle.
Rousseurs.
Flaubert avait écrit une première version de ce texte, la plus étoffée, qu’il avait lue à Maxime Du Camp et Louis Bouilhet avant son départ en Orient en 1849. Une deuxième version, plus courte, aurait dû paraître en 1856, mais Flaubert prit peur après le procès de Madame Bovary. Ce n’est donc qu’en 1874 qu’il donne cette version définitive, nettement modifiée par rapport aux deux autres.
Précieux exemplaire habillé d’une rare reliure japonisante «à la Goncourt». 1.800 euros.

71. FLAUBERT Gustave. L’Éducation sentimentale.
Michel Lévy frères, Paris 1870, 2 volumes reliés.
Édition originale en premier état sans mention.
Reliures japonisantes en pleine toile chocolat, dos lisses avec pièce de titre dans un cartouche apposé en diagonale, plats ornés de motifs floraux repoussés, reliures signées de Pierson, relieur des Goncourt, actif dans le dernier tiers du XIXe siècle.
Rousseurs.
Précieux exemplaire habillé d’une rare reliure japonisante «à la Goncourt». 2.800 euros.

72. FLAUBERT Gustave. Madame Bovary.
Michel Lévy frères, Paris 1857, 10,5x17cm, 2 volumes reliés en 1.
Édition originale.
Reliure en plein chagrin aubergine, dos à quatre fins nerfs sertis de filets dorés orné de triples caissons à froid, roulettes à froid sur les coiffes et les coupes, encadrement de quintuples filets dorés et d’un large filet à froid sur les plats, dentelle dorée en encadrement des contreplats, gardes et contreplats de soie moirée crème, légères taches de rousseurs sans gravité sur les contreplats et les gardes, toutes tranches dorées, ex-libris encollé sur un contreplat, élégante reliure de l’époque (ce qui n’est pas très aisé à rencontrer selon Clouzot). Très rare envoi autographe signé de l’auteur à Alfred Guerard, proche ami de Louis Bouilhet à qui est dédié l’ouvrage: «À Alf. Guerard/ souvenir d’amitié/ Gustave Flaubert». (Les dernières lettres du mot amitié et du nom de Flaubert ont été rognées par le relieur). Une mouillure claire sans gravité en pied des premiers feuillets de l’ouvrage.
Les envois autographes de Flaubert sont fort rares sur Madame Bovary. (Cf Clouzot).
Bel exemplaire agréablement établi en reliure de l’époque.
Alfred Guerard fut avec Gustave Flaubert le plus proche ami de Louis Bouilhet. Ce grand industriel rouennais était également un ami des arts et un véritable mécène pour Bouilhet qui lui dédia plusieurs ouvrages. Flaubert, comme en témoigne sa correspondance, ne manquait pas de l’inviter à ses dîners littéraires ou artistiques. Il sera notamment, en 1863, l’un des très rares auditeurs du «Château des coeurs», féérie avortée qui ne connut que cette «lecture solennelle devant un aréopage» que Flaubert sélectionne parmi ses amis de la haute société: «Nous avons voulu avoir un public de bourgeois pour juger de l’effet naïf de l’oeuvre.» (cf. lettres à sa nièce Caroline décembre 1863). 23.000 euros.

[BULLETIN FLAUBERT n° 164 / 9 décembre 2014]

(< Stéphanie Dord-Crouslé, Éric Walbecq)
9 décembre 2014 à 14h. Vente Artcurial - Briest-Poulain-F.Tajan, 75008 Paris
Livres et Manuscrits Anciens et Modernes Bibliothèque Henry Bouillier et à divers - Vacation 2
http://www.auction.fr/_fr/lot/gustave-flaubert-vie-et-travaux-du-r-p-cruchard-5-p-in-4-7089611#.VG2IQclIRgk
Lot 283, Gustave Flaubert, Vie et Travaux du R.P.Cruchard
5 p. in-4, papier vergé bleu, signé Pruneau. [1873] 10 mots raturés et changés.
Flaubert dans l’antichambre de Bouvard et Pécuchet!
Dédié à Mme la baronne D. Dev, née A. D., qui n’est autre que George Sand, née Aurore Dupin, et qui avait été mariée au baron du Devant. Ce manuscrit intitulé Vie et travaux du R.P. Cruchard, est une biographie burlesque et truculente. Cruchard naît dans le pressoir à cidre d’une ferme de Mariquerville, près de Bayeux. Pieux, il est placé dans un séminaire, mais reste réfractaire à l’étude jusqu’au jour où un pèlerinage provoque chez lui un changement radical. Devenu actif et travailleur, ses succès s’accusent et vont grandissant; ils le mènent à la cathédrale de Bayeux où il prêche.
Ses mérites, dont Flaubert donne la liste ébouriffante, attirent sur lui l’attention d’un haut fonctionnaire qui l’introduit à la Cour. Notre R.P. s’y gave copieusement chaque fois que s’en présente l’occasion, à telle enseigne qu’un seigneur le définit: le premier théologien et la première fourchette du royaume. Dès lors, si générale est sa réputation, que les grandes dames et les nonnes le veulent toutes avoir pour confesseur. Il se montre indulgent et bon. Mais voilà que l’obésité s’empare de son corps et qu’un proche gâtisme alourdit son esprit. Il ne cesse, toutefois, d’être gai, jusqu’à l’heure suprême où il dit: Je sens que la cruche va tout à fait se casser.
Flaubert a peint, dans cette biographie, certains traits de son caractère et travers de son esprit intransigeant. Cruchard c’est Gustave Flaubert, rien de moins…
À partir de 1872, Flaubert signe fréquemment ses lettres à George Sand de ce nom de Cruchard: «Votre vieille bedolle Cruchard, ami de chalumeau. Notez ce nom-là. C’est une histoire gigantesque, mais qui demande qu’on se piète pour la raconter convenablement.» En mars 1872, Gustave Flaubert, autrement dit le R. P. Cruchard des Barnabites, directeur des Dames de la Désillusion, adresse son manuscrit à George Sand. Quelque temps après, le 3 octobre 1873, Sand, charmée, répond à son ami: «L’existence de Cruchard est un beau poème, tellement dans la couleur que je ne sais si c’est une biographie de ta façon ou un article fait de bonne foi.» Flaubert répond: «Je suis content de vous avoir un peu divertie avec la biographie de Cruchard. Mais je la trouve hybride et le caractère de Cruchard ne se tient pas! Un homme si fin dans la direction n’a pas autant de préoccupations littéraires. L’archéologie est de trop. Elle appartient à un autre genre d’ecclésiastiques. C’est peut-être une transition qui manque.» On voit qu’il jugeait sévèrement ce qu’il écrivait.
En post-scriptum d’une lettre d’avril 1874 à la même correspondante, Flaubert écrit: «Pourriez-vous me donner une copie, ou l’original, de la biographie de Cruchard; je n’en ai aucun brouillon et j’ai envie de la relire pour me retremper dans mon idéal.»
Il y a dans la vie de Cruchard, un peu de Bouvard et Pécuchet, que l’on trouve dans le ton léger et plaisant de ses écrits contemporains. Ainsi Cruchard se prénomme Bartholomé Denys, troisième et deuxième prénoms de François Bouvard, et Romain, deuxième prénom de Juste Pécuchet. De même, les divers essais de Cruchard se confondent avec les intérêts centraux de nos deux apprentis expérimentaux.
Après la mort de George Sand, une édition de sa correspondance est annoncée. Gustave Flaubert demande alors à l’héritier d’effacer des lettres les noms de Cruchard et Polycarpe, autre invention nominative de Flaubert: «Remplacez ces mots par ceux qu’il vous plaira. Le public ne doit pas avoir de nous tout. Réservons quelque chose pour nous-mêmes.» Et de finir par: «CRUCHARD pour vous, POLYCARPE pour le genre humain, GUSTAVE FLAUBERT pour la littérature.» En 1880, Cruchard disparaît une seconde fois avec Flaubert.
Le manuscrit proposé ici est, à quelques corrections près, celui publié originellement en 1943 dans la revue lyonnaise Confluences, avec une présentation de Jean Thomas, professeur de Lettres à l’Université de Lyon. Cette publication jusqu’à cette date est inédite; de même il lui faudra attendre 2005 et la publication des Universités de Rouen et du Havre, présentée et annotée par Matthieu Desportes et Yvan Leclerc, pour sortir de l’ombre et rejoindre l’oeuvre littéraire de Flaubert. Il en existerait donc trois autres versions différentes, soit dans le titre, soit dans le signataire. Ici il s’agit de Pruneau, les autres portant la signature de Cerpet. Il semble que notre manuscrit soit bien celui qui servit de référent à Flaubert, qu’il envoya à Sand et qu’elle lui retourna en avril 1874, afin qu’il puisse le retravailler.
Ce qui prouve, s’il en est besoin, que ce texte est bien une oeuvre littéraire en soi, manifestant la volonté de Flaubert de le conserver et de le consigner comme création à part entière.

(< Eric Walbecq)
Galerie Manuscripta
http://www.autographes-manuscripta.com/?s=flaubert&et-month-choice=no-choice&et-cat=0&et_searchform_submit=et_search_proccess
[Toutes ces lettres sont déjà vendues.]
Flaubert Gustave, lettre autographe signée à son ami Ernest Feydeau. Lundi matin (Paris, 8 septembre 1862); 1 page in-8°.
Flaubert revoit une dernière fois son manuscrit avant la publication de Salammbô: «Mon cher vieux, Me voilà revenu. Dans huit jours je fais gémir les Presses et je donne un dernier coup de pouce à mon bouquin. Peux-tu venir me voir un de ces matins avant d’aller à la Bourse. C’est l’instant le plus chanceux pour nous rencontrer, car je peux être sorti l’après-midi et je travaille tous les soirs. Je suis fort occupé, mais il me tarde d’embrasser ta vieille trombine…»
Flaubert écrit le 24 avril 1862 à Mlle Leroyer de Chantepie: «J’ai enfin terminé, dimanche dernier Salammbô. Les corrections et la copie me demanderont encore un mois et je reviendrai ici [à Paris] dans le milieu de septembre pour faire paraître mon livre à la fin d’octobre…» Il passe septembre et octobre à corriger les épreuves d’imprimerie, il écrit à Mlle Amélie Bosquet le 21 octobre: «Je suis dans l’agacement des épreuves et des dernières corrections…» Enfin, le 20 novembre 1862 paraît Salammbô en librairie. La première édition est de deux mille volumes.

Flaubert Gustave, lettre autographe signée à Jules Troubat. Mardi soir (1871); 1 page in-8°.
Flaubert remet sa rencontre pour plus tard pris par la pièce de son défunt ami Bouilhet Mademoiselle Aïssé: «Merci, mon cher Troubat. Je n’en attendais pas moins de vous! Si je n’étais accablé de besogne j’irais vous serrer les mains. Ce sera pour le commencement de l’année prochaine, après Aissé…».
À la mort de son ami Louis Bouilhet, le 18 juillet 1869, Flaubert perd son plus proche ami et également «son accoucheur, celui qui voyait dans ma pensée plus clairement que moi-même», écrit-il à George Sand. Il se donne comme devoir de faire connaître l’oeuvre littéraire de son ami. Il obtient que soit joué au Théâtre de Cluny Le Coeur à droite et au Théâtre de l’Odéon Mademoiselle Aïssé. Il s’attèle à cette dernière en janvier 1872; après de nombreuses difficultés la pièce est jouée au Théâtre de l’Odéon avec dans le rôle principal Sarah Bernhardt.
Jules Troubat (1836-1914), dernier secrétaire de Sainte-Beuve, est son légataire universel et exécuteur testamentaire. Il publie notamment la correspondance de l’écrivain après sa mort.

Caroline Commanville, lettre autographe signée à Gustave Flaubert. S.l.n.d.; 2 pages 1/2 in-8°.
Caroline Commanville donne des informations détaillées à son oncle sur la liturgie pendant les messes, sans oublier de lui demander un service: «Cher vieux, Je reçois les renseignements demandés à Flavie, inutile de te les envoyer à Croisset tu seras parti à l’heure du facteur. On te remettra demain matin ce petit mot. Voici ce que Mr Duquesnoy a répondu à tes questions. En sa qualité de curé il était à même de bien te renseigner. «Liturgiquement on ne doit pas chanter aux messes basses d’enterrement; on le fait cependant aux enterrements de 1ère classe. Partout on chante en général le Dies irae qu’on coupe en plusieurs morceaux de manière à ce qu’ils se rapportent autant que possible aux différents points de la messe, à l’élévation on chante trois fois «Pie Jesus Domine Dona eis requiem». Après la messe on chante ordinairement le «Libera me Domine De morte aeterna». En 1850 on chantait les mêmes morceaux qu’à présent à ces messes qui sont de pure fantaisie. Maintenant mon bon cher vieux je vais te prier de me rendre un service par suite d’une dentellière inexacte je n’ai pu envoyer une robe à arranger. C’est très pressé si je l’expédie demain par chemin de fer elle ne sera distribuée que dimanche. C’est trop tard. Peux tu te charger de la caisse et la remettre en passant chez Gagelin 83 rue de Richelieu. Je suis honteuse de la grandeur démesurée de mon colis mais il est très léger. Mille pardons et autant de bons baisers en te souhaitant un voyage selon tes désirs. Ta toute dévouée Caroline.»

George Sand, lettre autographe signée adressée à Gustave Flaubert. St Valéry lundi 1h du matin [27 août 1866]; 1 page in-8, adresse au dos avec timbre et cachet postal.
George Sand sollicite son complice Gustave Flaubert pour lui faire découvrir Rouen. «Cher ami je serai mardi à Rouen à 1h. Je m’arrangerai en conséquence. Laissez moi voir Rouen que je ne connais pas, ou faites-le moi voir si vous avez le tems. Je vous embrasse. Dites à votre mère combien je suis touchée et reconnaissante du bon petit mot qu’elle m’a écrit.»
C’est le 12 février 1866 que Gustave Flaubert présente George Sand à ses confrères aux dîners du restaurant Magny. De ce jour naîtra une belle et profonde amitié entre ces deux illustres écrivains. Cette même année 1866, Sand lui dédie son roman Dernier Amour et vient pour la première fois le voir sur ses terres normandes en lui annonçant dans cette lettre sa visite à Croisset du 28 au 30 août 1866. Flaubert la réceptionne sur le quai de la gare et l’emmène visiter Rouen en voiture. Puis, ils se rendent à Croisset où les reçoit la mère de Flaubert. George Sand note dans son agenda à la date du 28 août: «La mère de Flaubert est une vieille charmante.»

(< Jacques-Remi Dahan)
Gustave Flaubert, La Tentation de saint Antoine, Charpentier & Cie, Paris 1874, 15,5x 23cm, relié. 10.000 euros.
Édition originale comportant la faute «capitaine» à la place de «capitale», page 152, et «éphémérides» pour «éphémères» à la page 295.
Reliure en demi-chagrin brun, dos à 5 nerfs rehaussés de filets dorés, date en pied, couvertures légèrement salies conservées, en-tête doré, reliure légèrement postérieure.
Exemplaire enrichi d’un envoi autographe signé de l’auteur à Madame Drouais: «à Madame Drouais. Humble hommage de son tout dévoué G. Flaubert.»
Les envois de Flaubert sur ce titre sont d’une grande rareté.
http://www.edition-originale.com/fr/litterature/envois-autographes-dauteurs-manuscrits/flaubert-la-tentation-de-saint-antoine-1874-46529

Catalogue Laurent Coulet, n°57 [décembre 2014]
http://www.laurentcoulet.com
39. Caroline Commanville, Souvenirs sur Gustave Flaubert, Ferroud, 1895. Première édition séparée et première illustrée. Maroquin de Stroobants. N°444 des 500 exemplaires numérotés. 450 euros.
80. Gustave Flaubert, Lettres à sa nièce Caroline, Fasquelle, 1906. EO. N°13 des 25 exemplaires numérotés sur Hollande. 1.500 euros.
81. Madame Bovary, Michel Lévy, 1857, EO. Reliure d’époque. 2.000 euros.
82. La première Tentation de saint Antoine (1849-1856), publiée par Louis Bertrand, Charpentier et Fasquelle, 1908. 120 euros.

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