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[BULLETIN FLAUBERT n° 30 / 12 novembre 2002]

(< Eric Walbecq, BnF)

26 novembre 2002, vente à l'hôtel Drouot

Collection P. Pruvost. Expert: R.Saggiori.
http://www.autographe.org

110. Las à Jeanne de Tourbey, Croisset, [29 octobre 1870].
2.000/ 2.500 Euros.
[Correspondance, éd. Jean Bruneau, Bibl. de la Pléiade, t.IV, p.259.]

111. Las signée "Votre vieux géant" à Laporte, [Croisset, 10? août 1874.
1.000/ 1.200 Euros.
[Correspondance, éd. Jean Bruneau, Bibl. de la Pléiade, t.IV, p.850.]

113. Las de Louise Colet à Adolphe Delahays, 18 mai [1853].
100/ 150 Euros.

Rectificatif

Jean-Benoît Guinot nous signale une coquille dans le catalogue de la vente Drouot du 18 octobre 2002, que nous avons reproduite dans le Bulletin n°28 sans la corriger. Le catalogue disait ceci:
22. FLAUBERT (Gustave). La Reconnaissance de Sacountala. Drame sanscrit et pracrit de Calidasa. Manuscrit autographe […]. Il se rattache à un projet qui occupa Flaubert dans les années 1845-46. Revenu de son voyage en Orient et ayant terminé la première Education sentimentale, il décida d'écrire un "conte oriental".
Le projet du Conte oriental datant plus précisément des années 1845-1848, il est en effet postérieur à la rédaction de la "première" ES, mais antérieur au voyage en Orient (1849-1851). Le rédacteur du catalogue, selon J.B. Guinot, a dû confondre le voyage en Orient et le voyage en Italie (avril-juin 1845). Les scénarios de ce conte sont écrits en fait avant, pendant et après le voyage en Italie. Voir la note de Claudine Gothot-Mersch dans les OEuvres de jeunesse, Bibl. de la Pléiade, 2001, p.1637. L'ensemble des scénarios a été publié par Jean Bruneau, Denoël, 1973. Il se trouvera dans les OEuvres complètes, Bibl. de la Pléiade, t. III.

Résultats

voir Bulletin n°28)
Vente Drouot, 17 octobre 2002.
Portraits de Flaubert. Estimation 200/300 Euros. Vente: 200 Euros.

Vente Drouot, 18 octobre 2002
21. Naples. Museo Borbonico. Estimation: 5.000/ 6.000 Euros. Vente: 24.000 Euros.
22. La Reconnaissance de Sacountala. Estimation: 6.000/ 7.000 Euros. Vente: 35.000 Euros.
23. Lettre à Alphonse DAUDET. Estimation: 2.000/ 2.500 Euros. Vente: 2.800 Euros.

[BULLETIN FLAUBERT n° 28 / 11 octobre 2002]

Livres

Catalogue n°47 de la Librairie Henner (75009, Paris)
(< Thierry Savatier)
Lot n°126, p. 137, avec reproduction photographique: Madame Bovary, E. O. en 2 volumes (1er tirage) dans un demi-veau blond de l'époque.
Prix: 10.000 Euros.

Site Internet de Bibliopoly, Librairie Lame Duck Book de Boston:
Le Candidat, E. O. demi-maroquin à coins moderne, couv. cons., avec envoi: "A mon ami Cordelier. G. Flaubert."
Prix: USD 3.500.

Autographes

Site Internet de Bibliopoly, Librairie Lame Duck Books de Boston
Lettre autographe dont voici le descriptif: "One side of an octavo sheet, begun horizontally and then continued vertically in the left margin; place and date illegible. Addressed to an unknown "vieux cheri", though internal considerations strongly suggest his closest friend, Bouilhet, Flaubert writes that he has returned after an absence and is looking forward to seeing this friend, suggests a possible time and notes a few complications - houseguests and some responsibilities regarding his nephew. He mentions a speech of which he has received a copy from the correspondent's friend and a book he expects to recieve from someone else. His postscript refers to a study of schools of drawing in which he is immersed."
Prix: USD 1500.
("Recto d'une feuille in-8 commencée horizontalement puis continuée verticalement dans la marge de gauche, lieu et date illisibles. Adressé à un "vieux chéri" non identifié bien que des considérations internes laissent grandement supposer qu'il s'agit de son ami le plus proche, Bouilhet. Flaubert écrit qu'il est rentré après une absence et qu'il se réjouit de voir cet ami, il propose un moment possible et note quelques complications: des invités en séjour et quelques responsabilités concernant son neveu. Il évoque un discours dont il a reçu copie de l'ami du correspondant et un livre qu'il s'attend à recevoir de quelqu'un d'autre. Son P.S. évoque une étude d'écoles de dessin dans laquelle il est plongé.") Prix 1500 dollars.

Vente Drouot, 18 octobre 2002
Bernard Loliée expert
(< Eric Walbecq, BnF)

21. FLAUBERT (Gustave). Naples. Museo Borbonico.
Manuscrit autographe, 54 p. in-4, s. d. [1851], sous chemise demi-maroq., étui.
5.000/ 6.000 Euros.
Précieux et important manuscrit, comportant de nombreux et longs passages inédits, ainsi qu'une vingtaine de dessins originaux jamais reproduits.
Accompagné de Maxime du Camp, Flaubert séjourna en février-mars 1851 à Naples, d'où il écrivait à sa mère, le 14 mars: Nous venons enfin de finir l'inépuisable Musée. L’intérêt qu'il prit à ces visites répétées est suffisamment attesté par l'ampleur de ces notes, qu'il rédigeait à l'hôtel, le soir, et qui forment comme un véritable catalogue du musée. Elles sont méthodiquement divisées en chapitres monographiques: Tableaux (9 p. 1/2); Paysages (4 p.); Peintures (4 p.); Peintures murales (4 p.); Portraits et Animaux (3 p.); Danseuses d’Herculanum (2 p.); Bronzes: 1° Nature - groupes chevaux. 2° Bustes. Collection de petits bronzes (9 p.); Marbres (8 p.). Tout cela est illustré de petits dessins originaux, souvent à l'encre bleue: proue de trirème, temple, pied de fauteuil, etc. Flaubert a, on le voit, voulu être complet. Ses descriptions de tableaux et d'objets d'art sont très précises et évocatrices, mais également enjolivées de commentaires personnels: Que c'est crâne! quel costume! quelle tournure!...Tableau très féroce et d'une vérité canaille… atroce croûte… A remarquer que dans tous ces bustes jamais la moustache n'empêche de voir les lèvres, ni la coiffure l'oreille.
Comparé avec le texte de l'édition critique des Notes de voyage établie par René Dumesnil (Les Belles-Lettres, 1948), ce manuscrit révèle quantité de passages restés inédits (un bon quart), marqués ici par un trait de crayon marginal. Nous nous bornerons, faute de place, à deux seuls exemples, assez édifiants: la rubrique Paysages (1 p. 1/2) a purement et simplement été supprimée dans l'imprimé! Et Danseuses d’Herculanum, qui ne fait que 6 lignes dans l'imprimé, compte en réalité 2 pages ici. . . La désinvolture et l'irrespect avec lesquels a été publié ce manuscrit de Flaubert, peuvent laisser rêveur. Donnons quelques extraits de Danseuses d'Herculanum:
4. Deux femmes dansant ensemble peinture malheureusement un peu altérée. Celle de gauche est vue de profil, celle de droite l'est de face. La première a une draperie jaune la seconde, verte - la saignée de son bras sur sa tête, elle met ses mains dans les mains de sa compagne.
5. de face, d'un ton blond, drapée en jaune - elle lève sa draperie jaune au niveau de sa tête, et de sa droite, l'écarte de la cuisse, le pied gauche est en avant, et le pied droit très rejeté derrière.
6. vue de profil gauche. Entourée d'une gaze glauque à franges roses le buste est d'un ton doré, couvert de [signes] de la gauche elle tient un tyrse, de la droite des épis.
7. elle joue des crotales de droite à gauche.
8. tout entourée & enveloppée de gaze jaune qui sur sa tête lui font [sic] comme un capuchon - le genou gauche dessiné sous la draperie
9. en vert, complètement enveloppée aussi - le bras gauche très porté en arrière soulève la gaze verdâtre transparente - la tête, en arrière levée au ciel, les cheveux roux sont partis au vent - la main droite écarte un peu la draperie de sa cuisse un rêve!
10. allant de gauche à droite - un tyrse de la main droite, une corbeille sur la tête. Le genou droit, un peu plié…
Ajoutons que la vingtaine de petits croquis qui parsèment le texte n'ont jamais été reproduits. La plupart des numéros de catalogue des pièces décrites, à chaque fois indiqués par Flaubert, manquent aussi dans l'édition en volume. Enfin, ces descriptions sont plus vivantes dans le manuscrit (ce sont des notes cursives avec beaucoup d'alinéas, presque sans ponctuation, etc.) que dans le volume, qui présente ces textes en paragraphes compacts et dûment ponctués, comme s'il s'agissait d'une rédaction définitive ou d'une autre version, certes plus rédigée mais considérablement abrégée. Il serait souhaitable que ce manuscrit puisse servir de base à une véritable édition critique, qui rétablirait le texte dans son intégralité et dans son allure même.
Vente Franklin Grout, Drouot,1931, n°203.
OEuvres complètes (éd. M. Nadeau), t. V, p. 463-500 (texte incorrect et très incomplet).

22. FLAUBERT (Gustave). La Reconnaissance de Sacountala. Drame sanscrit et pracrit de Calidasa. Manuscrit autographe, s. d. [1846], 52 pp. in-4 (titre compris), sous chemise demi-maroq. , étui.
6.000/ 7.000 Euros.
Important et très intéressant manuscrit inédit de jeunesse, qui semble n'avoir jamais été étudié.
Il se rattache à un projet qui occupa Flaubert dans les années 1845-46. Revenu de son voyage en Orient et ayant terminé la première Education sentimentale, il décida d'écrire un "conte oriental", qui se serait intitulé Les Sept Fils du derviche. De ce projet inabouti, auquel succédera La Tentation de saint Antoine, ne furent écrits que divers scénarios, publiés par J. Bruneau en 1973. À la fois pour se documenter et pour attraper le ton voulu, Flaubert se lança dans de vastes lectures orientales. Parmi celles-ci, la traduction par Antoine-Léonard de Chézy de La Reconnaissance de Sacountala, drame sanscrit et pracrit de Calidasa, publié pour la première fois, en original, sur un manuscrit unique de la Bibliothèque du roi, accompagné d'une traduction française (Dondey-Dupré, 1830). Telle est l'édition qu'utilisa Flaubert pour ce manuscrit et qu'il avait, en août 1846, demandé à son ami Emmanuel Vasse de Saint-Ouen d'emprunter pour lui à la B. N. (Plus tard, Maxime du Camp signalera ce même livre à Théophile Gautier, lequel, en 1858, en tirera le livret de son ballet L'Anneau de Çakountala. ) Le 20 septembre 1846, Flaubert confiait au même Du Camp: Je commence à être embêté de Sakountala. N'’y travaillant que le soir […] je trouve que cela n'avance pas vite.
Ce manuscrit, qui parait inédit, constitue non pas des notes cursives, mais un véritable résumé suivi, et presque une adaptation du célèbre drame indien. La comparaison avec la traduction de Chézy fait apparaître que de très nombreux passages du texte, surtout les dialogues, se trouvent textuellement recopiés par Flaubert, tandis que le reste se trouve résumé. Le côté romantique de l'histoire de cet amour conjugal avait dû séduire le jeune Flaubert: répudiée par son époux, le roi Douchmanta, par suite de la malédiction d'un mouni (sage), Sakountala se réfugie dans la solitude, où elle élève son fils Bharata. Revenue à la cour, elle est repoussée par le roi, qui refuse de la reconnaître. Mais elle retrouve l'anneau qu'il lui avait autrefois donné et rentre en grâce auprès de lui. Flaubert a analysé et résumé pas à pas le prologue et les sept actes du drame. En fait, il n'hésite pas à recopier très longuement les passages qui l'ont charmé, et même à transcrire en marge des notes expliquant certains mots sanscrits: Selon une note c'est le hinna, henné, couleur vermeille extraite du lawsonia inermis qui sert à colorer les ongles des doigts et des pieds. Quant aux yeux, c'est-à-dire au bord des paupières dont le trait est prolongé un peu au-delà de l'angle extérieur de l'oeil, c'est du collyre que les femmes asiatiques emploient… Visiblement, il a été très touché par la poésie du drame et par la vie qu'on y sent. À propos du prologue, il note: Dialogue entre le Directeur du théâtre et une actrice. Ils se font des compliments réciproques tout à fait dans le goût moderne. On a peine à croire que ce soit indien… Et la longueur même du manuscrit (51 pages) atteste avec quelles délices il se plongea dans ce drame oriental, qui le fascinait, et aussi avec quelle conscience il s'attacha à en extraire l'essentiel:
… Qu'elle est ravissante! Sur tous les points où voltige cet insecte léger, plus légère que lui, avec quelle grâce elle le chasse sans relâche!... Trop heureux insecte, tu peux donc dans ton vol effleurer l'angle de cet oeil à demi-fermé, où la crainte excite un tremblement enchanteur, faire entendre à cette oreille charmante un murmure semblable à ces petits mots furtifs d'un amant favorisé, puiser un torrent de délices sur ses lèvres divines dont une main délicate cherche en vain à t'éloigner…
Vente Flaubert, Villa Tanit, Antibes, n°35.

23. FLAUBERT (Gustave). Lettre autographe signée à Alphonse DAUDET,
datée Nuit de mercredi [21 novembre 1877], 2 p. in-12. 2.000/ 2.500 Euros.
Lettre sur Le Nabab.
Flaubert vient de lire le dernier roman de Daudet, Le Nabab. Le livre lui a beaucoup plu, mais, à son habitude, il dose soigneusement compliments et légères réserves: Eh bien, c'est bon! très bon! et ça m'a très amusé. La Fête du Bey et la mort de Nora sont des morceaux épiques. De cela, j'en suis sûr. On ne fait pas plus grand, on n'écrit pas mieux. J'adore votre Nabab - et sa femme (quelle vérité!). Montpavon est splendide! Bref, tous vos personnages sont "nature". On les connaît. L'action est bien menée. Ah! saprelotte! J’oubliais Jenkins! qui n'est pas le moins bon, C'est que la cervelle m'en saute! et les yeux me piquent. Réserves: Une seule chose m'a choqué: la digression sur le dimanche. (…) J'aime moins vos deux jeunes gens hommes que les autres personnages… Il le rassure cependant: …mon bon, vous pouvez vous frotter les mains et vous regarder dans la glace en vous disant "je suis un mâle!". Il lui demande de ses nouvelles, puis: Le bon Tourgueneff est repris d'un accès de goutte. Je n’ai aucune réverbération des autres amis. Moi, je pioche d'une façon insensée… [allusion à Bouvard et Pécuchet]. En réalité, Flaubert n'était pas aussi enthousiaste, et écrira le 8 décembre à Tourgueneff: Je pense absolument comme vous sur le Nabab. C'est disparate. Il ne s'agit pas seulement de voir, il faut arranger et fondre ce que l'on a vu.
Oeuvres complètes (éd.Maurice Nadeau), t. XVI, p.436-437.

Portraits

Vente Drouot, 17 octobre 2002
Alain Ajasse expert, ajasse@ajasse.com
( < Elisabeth Brunet, libraire à Rouen)
[Gustave Flaubert]. 4 portraits à l’eau forte, XIXe siècle. 200/300 Euros.
H. Toussaint. 2 états différents, signés dans la plaque et au crayon. En bas, la mention "Flaubert, Salammbô", 36x28 cm.
Une épreuve non signée représentant Flaubert jeune, 31x24,5 cm. En bas, la mention "Flaubert, Bovary". Tirage sur papier du Japon.
Une épreuve non signée représentant Flaubert âgé, 28,5x18 cm, auréoles en marge.

[BULLETIN FLAUBERT n° 27 / 30 septembre 2002]

Autographe

Catalogue Th. Bodin, n°102, septembre 2002
lesautographes@wanadoo.fr
Site: http://www.lesautographes.com
(< Barbara Roth, Conservatrice Bibl. publique et universitaire, Genève)

109. Gustave FLAUBERT (1821-1880) romancier: L.A.S. (paraphe), [Croisset] Nuit de samedi 2h. [octobre 1847], à Louise COLET; 4 pages in-8. 8000,00 Euros.
BELLE LETTRE SUR LE STYLE ET LE TRAVAIL D'ECRITURE, LORS DE LA REDACTION DE PAR LES CHAMPS ET PAR LES GREVES.
Il lui a renvoyé les livres demandés... "Comment vas-tu, chère amie. Que devient le corps et l'âme? Pégase et le pot au feu? je veux dire l'art et la vie. J'ai été assez vexé pour toi de l'engrossement de Rachel [qui devait jouer la Madeleine de Louise Colet]. Que décides-tu? Si j'ai un conseil à te donner c'est d'attendre qu'elle ait pondu son enfant pour lui donner le tien. – On n'a presque pas d'exemple d'une pièce jouée par elle qui soit tombée. Si sans elle ton oeuvre triomphe avec elle le succès sera plus complet". Mais Flaubert sait qu'il n'est pas un bon juge: "En fait de succès et de chutes à prédire je n'y entends goutte. J'aurais en poche l'Hamlet de Shakespeare et les Odes d'Horace que j'hésiterais à les publier. Mais tout le monde n'est pas tenu d'avoir sur l'intelligence du public le préjugé que j'en ai"
Puis il parle de la rédaction de Par les champs et par les grèves avec Maxime Du Camp... "Sache donc que je suis harassé d'écrire. Le style qui est une chose que je prends à coeur m'agite les nerfs horriblement. Je me dépite, je me ronge. Il y a des jours où j'en suis malade et où la nuit j'en ai la fièvre. Plus je vais et plus je me trouve incapable de rendre l'Idée. – Quelle drôle de manie que celle de passer sa vie à s'user sur des mots, et à suer tout le jour pour arrondir des périodes. – Il y a des fois il est vrai où l'on jouit démesurément mais par combien de découragements et d'amertumes n'achète-t-on pas ce plaisir. Aujourd'hui par exemple j'ai employé 8 heures à corriger cinq pages et je trouve que j'ai bien travaillé. Juge du reste – c'est pitoyable. – Quoi qu'il en soit j'achèverai ce travail qui est par son objet même un rude exercice. Puis l'été prochain je verrai à tenter St Antoine. Si ça ne marche pas dès le début je plante le style là, d'ici à de longues années. Je ferai du grec, de l'histoire, de l'archéologie, n'importe quoi toutes choses plus faciles enfin. Car je trouve trop souvent, bête la peine inutile que je me donne. Voici donc ce que nous faisons. Ce livre aura XII chapitres. J'écris tous les chapitres impairs, 1, 3 etc. Max tous les pairs. C'est une oeuvre quoique d'une fidélité fort exacte sous le rapport des descriptions, de pure fantaisie et de digressions. Écrivant dans la même pièce il ne peut se faire autrement que les deux plumes ne se trempent un peu l'une dans l'autre. L'originalité distincte y perd peut-être. Ce serait mauvais pour tout autre chose. Mais ici l'ensemble y gagne en combinaison et en harmonie. – Quant à le publier ce serait impossible. Nous n'aurions je crois pour lecteur que le procureur du roi à cause de certaines réflexions qui pourraient bien ne pas lui convenir. Quand il sera recopié et corrigé je te prêterai mon exemplaire"...
La lettre s'achève plus tendrement, avec une réflexion sur le bonheur: "Adieu, ma vieille amie. Dis-moi que tu es sinon heureuse du moins calme. Le bonheur est un mensonge dont la recherche cause toutes les calamités de la vie, mais il y a des paix sereines qui l'imitent, et qui lui sont supérieures peut-être. Adieu encore je te serre tendrement les mains – en dedans – et t'embrasse sur l'âme."

Fac-similé partiel dans le catalogue et sur le site.
[Correspondance, éd. Jean Bruneau, Bibl. de la Pléiade, t.I, p.474-476.]

Ouvrages

Les Oeuvres de Gustave Flaubert, préface et notes de M. Nadeau, éd. Rencontres, 18 volumes, 1964.
200 Euros.
Librairie E. Brunet, 70 rue Ganterie, 76000 Rouen. Tél. 02 35 98 63 06.

[BULLETIN FLAUBERT n° 25 / 26 août 2002]

Catalogue de la Librairie Florence Arnaud, n°23 (juin 2002)

art. 2893 :
Gustave Flaubert, L.A.S. de son paraphe à Louise Colet. [Croisset], 9 décembre 1853; 2 p. 1/2 in-8°. (Longue analyse dans le catalogue.)
4000 Euros.
[Correspondance, éd. Jean Bruneau, Pléiade, t.I, p.476.]
(< Jacques-Rémi Dahan)

Catalogue de la Librairie Sourget, année 2002

Tél. 02 37 35 49 54. LIBRAIRIE-SOURGET@wanadoo.fr
N°248. Madame Bovary, Lévy, 1857, EO grand papier. Joint lettre à Louise Colet du [18 juillet 1852]. Fac-similé première page. (Correspondance, éd. Jean Bruneau, Pléiade, t.I, p.134-135).
68.000 Euros.

N°251. La Tentation de saint Antoine, Charpentier, 1874. EO, grand in-8, l'un des 75 Hollande. Joint lettre de [mai 1874?]. Lettre inédite, qui figurera dans le supplément de la Pléiade, t.V, à paraître.
11.000 Euros.
(< Barbara Roth, conservateur des manuscrits, Ville de Genève)

Catalogue de la galerie "Arts et Autographes", n°15, 2002

JE Raux, 9, rue de l'Odéon, Paris, 75006.
Tél. 01 43 25 60 48. Fax 01 40 51 03 98. autographes@club-internet.fr
N°4973 (reproduit à la page 93), télégramme de Maupassant adressé le [8 mai 1880] à l'éditeur Charpentier avec ce simple texte: "Flaubert mort/ Maupassant".
6.860 Euros.
(< Thierry Savatier, Pierre Janin, Marlo Johnston)

Catalogue Thierry Bodin, n°101, juillet 2002

N°109. Gustave Flaubert. L.A.S. Croisset 17 [octobre 1870], à Ernest Feydeau. Lettre sur la guerre de 1870. 1.400 Euros.
[Correspondance, éd. Jean Bruneau, Pléiade, t.IV, p.250.]

[BULLETIN FLAUBERT n° 24 / 27 juin 2002]

Vente Bérès, Hôtel Drouot, le 28 juin 2002

(< Eric Walbecq)
Huysmans, Marthe, Paris, Derveaux, 1879.
Envoi (reproduit)
"A Gustave Flaubert
Son bien respectueusement
dévoué
JK Huysmans"
Vient de chez Sickles, vente 20 avril 1989, n°109, avant de chez Pierre Lambert.
Flaubert, Madame Bovary, EO exemplaire broché sans le catalogue in fine.
Flaubert, La Tentation de saint Antoine, un des 75 hollande à toute marge, justifié par l'éditeur.
Reliure de Ruban, de 1904. Exemplaire collection Barthou et E. Zierer.

Vente Piasa, Hôtel Drouot, le 2 juillet 2002

Exp. T. Bodin
30. Gustave Flaubert. Las. Lundi matin [26 juillet 1869], à sa cousine Olympe Bonenfant, à Nogent-sur-Seine; 1 p. in-8, enveloppe (portrait gravé joint).
1.000/ 1.200 Euros.
Lettre sur la mort de Bouilhet.
[Corr. éd. Jean Bruneau, Pléiade, t.IV, p.75.]

Catalogue Jean-Claude Vrain

12, rue Saint-Sulpice, Paris 75006, tél. 01 43 29 36 88. jcvrain@wanadoo.fr
(< Christoph Oberle)
60. Gustave Flaubert. Las à Louise Colet. Sans lieu ni date: [Croisset], "mercredi soir" [4 janvier 1854]. 3 pages in-8, à l'encre noire sur double feuillet de papier pelure. Marques de pliures. Quelques corrections. Excellent état de conservation.
[Corr. éd. Jean Bruneau, Pléiade, t.II, p. 499.]
Prix: 8.000 Euros.

61. Gustave Flaubert. Brouillon autographe de son plaidoyer au tribunal pour le procès intenté à Madame Bovary. Pièce adressée à son avocat, Maître Jules Senard. Non datée [fin janvier-début février 1587].
1 page. 1/2 sur 2 ff. in-folio (348 X 223 mm), à l'encre brune sur papier filigrané "B.F.K. de Rives".
Prix: 35.000 Euros.
Vente antérieure à Drouot, 15 mai 2001 [voir Bulletin Flaubert n°3, 10 mai 2001].

[BULLETIN FLAUBERT n° 23 / 14 juin 2002]

(< Eric Walbecq)

Vente Drouot, 19 juin 2002

Etude Ferri, experts Th. Bodin et E. Lhermitte.
Madame Bovary, Paris, Revue de Paris, éd. préoriginale, livraisons du 1er octobre au 15 décembre 1856, 1/2 basane verte, dos à 5 nerfs, reliure moderne.
Estimation: 120-150 Euros.

Vente CHRISTIE'S, 20 juin 2002, Paris

Christie’s France, 9 avenue Matignon, 75008 Paris, jeudi 20 juin 2002 à 10 h 30, exposition les 17-19 juin.
Tél 01 40 76 85 85. Fax 01 40 76 85 86.
Contact: Christoph Auvermann, 01.40.76.85.99, cauvermann@christies.com
http://www.christies.com
(< Odile de Guidis, Eric Walbecq)

Lot 71. FLAUBERT, Gustave (1821-1880). Loys XI. Drame. Manuscrit autographe signé. S.l. [Rouen?], février 1838.
Estimation: 220,000 - 300,000 Euros.
"Revenez donc, beau temps de ma jeunesse où je foutais en trois jours un drame en cinq actes!"
In-folio (315 x 225 mm). Reliure en demi-maroquin La Vallière à coins, signée de Canape et Corriez, dos lisse (éraflures sur le deuxième plat). 88 feuillets montés sur onglets: 1 feuillet de titre, 2 feuillets de préface et 85 feuillets de texte (foliotés par l'auteur de 2 à 85, deux feuillets numérotés 66, signatures de Flaubert sur le titre, à la fin de la préface et à la fin du texte, quelques taches d'encre). Encre brune. Provenance: Ex-libris docteur Lucien-Graux (vente des 11 et 12 décembre 1958, huitième partie, n°117bis).
PRECIEUX MANUSCRIT AUTOGRAPHE, AVEC CORRECTIONS, D'UNE DES OEUVRES DE JEUNESSE DE FLAUBERT LES PLUS IMPORTANTES. UN DES TRES RARES ENCORE EN MAINS PRIVEES.
"Loys XI est un drame incontestablement supérieur aux récits historiques que Flaubert avait composés deux ans plus tôt en empruntant à la manière de Dumas. Une documentation sérieuse et prolongée a fourni à l'imagination toujours puissante une matière sûre tandis que son intelligence passionnée avait acquis le sens de l'histoire." (Flaubert, Oeuvres de jeunesse, La Pléiade. Notice de Guy Sagnes, p.1310).
"Quand j'avais 10 ans, rapporte Flaubert, je rêvais déjà de gloire, et j'ai composé dès que j'ai su écrire" (Cahier intime,1840-1841). Passionné d'histoire, c'est tout naturellement dans ce domaine qu'il exerce sa plume. En 1831, il écrit son premier récit historique, Louis XIII. Il exploite dès lors ce genre avec constance jusqu'en 1838, date à laquelle il compose Loys XI. C'est à cette époque que "Flaubert semble avoir eu le sentiment d'être arrivé à la maîtrise de deux genres qu'il pratiquait depuis ses toutes premières oeuvres: le genre historique qui s'épanouit dans Loys XI, le genre allégorique, dans Smar" (Oeuvres de jeunesse, op. cit. Introduction de Claudine Gothot-Mersch, page LIII).
Cette pièce, qui compte un prologue, cinq actes et une trentaine de personnages, est le deuxième drame historique de Flaubert. Frédégonde et Brunehaut, rédigé trois ans plus tôt, est aujourd'hui perdu. Flaubert a seize ans quand il écrit Loys XI. Il est en classe de seconde et le règne de Louis XI est au programme d'histoire.
Sa préface, scrupuleusement datée Samedi 3 mars 1838 7 h et demi du soir, expose "l'enfantement" de ces quatre-vingt-cinq pages. Il tente d'y expliquer sa conception du drame historique sans y parvenir. Aussi change-t-il de ton, regrettant de ne pas avoir fait une préface "haute et sérieuse". Mais au fil de ces pages, les impressions qu'il donne sont d'un grand intérêt. Il y explique la méthode de travail qui désormais sera la sienne. "A mesure que j'étudiais son histoire [celle de Louis XI] le drame s'y fondait naturellement [...] Et quand je crus avoir assez travaillé, c'est à dire avoir lu pendant deux mois, je me mis à l'oeuvre." Ses sources furent entre autres les Mémoires de Philippe de Commines et l'Histoire des ducs de Bourgogne de Barante. Il prend aussi conscience des difficultés de l'exercice: "resserrez donc une grande figure dans les limites de cinq actes, vous la rapetissez et vous ferez rire". Mais telle n'est pas l'intention du jeune "poète" "amoureux des sévères formes de l'histoire". La personnalité de Louis XI, "mélange de tragique et de grotesque [...] était tentante [...] pour une imagination de seize ans". Sans doute avait-il à l'esprit l'image de ce roi que le romantisme, épris d'histoire médiévale, avait alors forgée. Flaubert ne pouvait ainsi ignorer le Louis XI de Casimir Delavigne (1832). Mais tandis que fleurit le style troubadour, sa vision du Moyen Age est différente: "Pauvre moyen âge es-tu heureux d'être aimé - moyen âge du XVIe siècle, des toques à plumes des mèches de cheveux noirs, des pieds de chaises tournés, des bahuts et des costumes Louis XIII." Tous ces détails, explique-t-il dans la préface, ne servent qu'à faire rire le "garçon de magasin amateur de mélodrames et l'épicier ivre des vaudevilles". Découragé, Flaubert ne se sent pas de taille. Arguant "l'ignorance du marmiton", il incite le lecteur à "laisser là ce modeste repas [...] et [à] fumer un cigare"...
Loys XI fut publié pour la première fois, en 1910, par Louis Conard dans les Oeuvres de jeunesse inédites. La trace du manuscrit ayant été perdue entre temps, c'est donc le texte de Conard que reprend la toute récente édition de La Pléiade. Il est vraisemblable que Conard ait eu connaissance du manuscrit qui, dans sa version corrigée, est conforme au texte qu'il publia. Le manuscrit comporte de nombreuses ratures, corrections et suppressions. Il s'en dégage une grande homogénéité qui témoigne de la verve avec laquelle le jeune et talentueux Flaubert a, en l'espace de quinze jours, brossé une pièce aussi aboutie.
EXTRAORDINAIRE TEMOIGNAGE DE LA GENESE DU TALENT D'UN DES PLUS GRANDS LITTERATEURS FRANCAIS.

Lot 69. FLAUBERT, Gustave (1821-1880). L'Education sentimentale. Histoire d'un jeune homme. Paris: Michel Lévy frères, 1870.
Estimation: 500-700 Euros.
2 vol. grand in-8 (225 x 145 mm). Avec les faux-titres. Catalogue de libraire relié à la fin du tome second. (Rousseurs, petit trou touchant les 6 premiers feuillets du tome second.) Reliure de Lavaux en demi-chagrin bleu-nuit à coins, couvertures conservées (restaurées), têtes dorées. Provenance: Ex-libris Paul Gaudin.
EDITION ORIGINALE de l'un des chefs-d'oeuvre de Flaubert. "Comment, aujourd'hui, ne pas reconnaître en cette oeuvre goethéene par son ampleur, un des livres capitaux de la littérature moderne qui a vu, par la suite, tant de copies de ce héros mélancolique. Certaines pages comme celles décrivant la rencontre des deux amants, à la fin du roman, comptent parmi les plus pures et les plus lyriques de toute l'oeuvre flaubertienne" Laffont-Bompiani). Carteret I, 268.

Lot 70. FLAUBERT, Gustave (1821-1880). Madame Bovary. Moeurs de Province. Paris: Lévy, 1857.
Estimation: 12.000-16.000 Euros.
In-8 (184 x 120 mm). Reliure en maroquin noisette, signée de Canape, triple filet doré en encadrement sur les plats, dos à nerfs orné, tranches dorées, doublée en maroquin rouge, plat supérieur de la couverture vert clair conservée. (Le plat inférieur de la couverture n'est présent qu'en fac-similé, sans le dos de la couverture.) Provenance: Ex-libris Paul Poiret (le célèbre couturier).
EDITION ORIGINALE. UN DES 78 EXEMPLAIRES SUR VELIN FORT RECENSES. Les exemplaires sur vélin fort sont imprimés en un seul volume et se distinguent du tirage ordinaire par une collation continue et par l'absence d'un titre qui se trouve généralement au début du tome second du tirage ordinaire. Ce chef-d'oeuvre, qui est en même temps le premier ouvrage de Flaubert, fut d'abord publié en livraisons dans la Revue de Paris en 1856. Très bel exemplaire d'une grande provenance. Carteret I, 263; Clouzot 66.

Catalogue de la Librairie Byblis (n°11, juin 2002)

(< Olivier Leroy)
Chaussée de Vleurgat, 282e, 1050 Bruxelles. Tél./Fax : 00/32.2646.86.60
FLAUBERT (G.) - Trois Contes. Un Coeur simple. La Légende de saint Julien l'Hospitalier. Hérodias. Paris, G. Charpentier, 1877, in-12 plein maroquin vert bouteille, dos à 5 nerfs à compartiments de filets et motifs dorés, quadruple filet doré d'encadrement avec motifs d'angle dorés sur les plats, double filet doré sur les coupes, bordures de même maroquin serties d'un jeu de 5 filets dorés, doublures et gardes de papier peigne, tranches dorées à témoins, couverture et dos conservés. (Ed. Klein).12.200 Euros.
EDITION ORIGINALE. Un des 100 ex. sur Hollande (n°44), seul tirage en grand papier avec 12 Chine (cf. Talvart, VI, p.8). Superbe exemplaire avec sa couverture jaune en parfait état. Ex-libris Jean Inglessi.

[BULLETIN FLAUBERT n° 22 / 3 juin 2002]

Autographes

(<J.-R. Dahan)
Thierry Bodin, catalogue n° 100, 2002, de la librairie "Les Autographes"
n°47. Gustave Flaubert, L.A.S. "ton G", [Croisset] "Nuit de lundi. 1 h." [23 janvier 1854], à Louise Colet; 4 p. in-4°, enveloppe. Longue analyse et reproduction partielle.
12.000 Euros.
[Correspondance, éd. Jean Bruneau, Pléiade, t.II, p.512-515.]

(< Eric Walbecq)
Salon de la Mutualité, Liste Saggiori, L'Autographe SA, Genève
1 LAS 1 p. in 8, 2 décembre 1871, datée au crayon sur la lettre d'une autre main "à F.Duquesnel". A propos des costumes pour Mademoiselle Aïssé, où il est question d'un portrait à l'huile.
1.200 Euros.
Salon de la Mutualité, Liste Vrain
1 LAS évoquant le scandale de Madame Bovary, 35.000 Euros (pas plus de détails).

Vente Sotheby's en juin
Mss de Louis XI en entier (précisions à venir).

Livres

(< Eric Walbecq)

Vente Drouot, 5 juin 2002
Laurin, Guilloux, Buffetaud. Bodin et Courvoisier experts.
n°191. L'Education sentimentale, EO, 1/2 mar bleu marine à coins (David).
5.000 Euros.
"offert à Me Marie Dubois de l'Estang/ par son très humble et affectionné/ Gve Flaubert" (reproduit)
n°192. Madame Bovary. EO, 1/2 chagrin brun, dos orné, tranches mouchetées (rel de l'époque).
20.000 Euros.
Mr Alexandre Dumas/ hommage d'un inconnu/ Gve Flaubert" (reproduit)
n°193. Trois contes. EO, 1/2 maroquin turquoise, dos lisse non rogné (rel époque)
Un des 100 hollande, n°1. 5.000 Euros.
"Offert à Me Sabatier/ Grout par son ami/ Gve Flaubert"
[Le nom Grout a été effacé pour faire croire à un envoi à la Présidente.]

Salon de la Mutualité, Liste Vrain
Madame Bovary, EO, 1/2 chagrin vert de l'époque, ex-libris Sauvageaot (4.200 Euros)
Idem, on y a ajouté le frontispice et les six figures de Boilvin pour l'édition de 1874, reliure de l'époque de Allo, maroquin marron glacé, exemplaire sur vélin fort, enrichi de la suite de Boilvin et de 11 dessins originaux au lavis et aquarelle par Jules Adolphe Chauvet. 30.000 Euros.

Catalogue de la Librairie Henner (Alain SINIBALDI), n° 46
9, rue Henner, 75009 Paris, ashenner@imaginet.fr, 01 48 74 60 38.
Charles Clément, Michel Ange, Léonard de Vinci, Raphaël, Paris, Bib d'éducation et de récréation moderne, Hetzel, 1867. Reliure moderne.
Envoi: "a Mr G. Flaubert/ Souvenir de son dévoué/ Ch. Clément".
Provenance: bib Lucien Graux avec son ex-libris.
750 Euros.

Vente du 8 juin 2002, Bruxelles
(< Olivier Leroy)
14 h, Salle "Laetitia", Av des Grenadiers 48, 1050 Bruxelles.
Libraire Ferraton, tél. 00 32 (0)2 538 69 17. alain.ferraton@chello.be
62. Correspondance, Charpentier, 1907, 4 vol. 25/50 E.
63. Le Candidat, Charpentier, 1874, 30/60 E.
64. Lettres à Du Camp, etc., par Auriant; Lettres à Maupassant, par Normandy; Lettres à Lévy, par Suffel; etc. 25/50 E.
65. Pensées, Conard, 1915. 30/60 E.
66. Souvenirs sur F, par C. Commanville, Ferroud, 1895; etc. 25/50 E.

Catalogue de la Librairie Rossignol aux Arcs (04 94 73 30 17)
(< Catriona Seth)
Trois contes, Paris, Lemerre, 1883, exemplaire de Paul Bourget portant son monogramme en lettres dorées sur le 1er plat. (90 Euros)
Théâtre: Le Candidat, le Château des coeurs, Paris, Lemerre, 1885, n°1 des 25 exemplaires sur Whatman, paraphé par Lemerre. (450 Euros)
Bouvard et Pécuchet, Paris, Lemerre, 1884, n°1 des 25 exemplaires sur Whatman, paraphé par Lemerre. (300 Euros)
L'Education sentimentale, Paris, Lemerre, 1884, 2 vol., n°1 des 25 exemplaires sur Whatman, paraphé par Lemerre. (228 Euros)
La Tentation de saint Antoine, Paris, Lemerre, 1884, n°1 des 25 exemplaires sur Whatman, paraphé par Lemerre. (120 Euros)

Vente à Drouot, 22 mai 2002
(< Catriona Seth)
n°189, entre autres:
Quatre poèmes de Louise Colet, Paris, Librairie nouvelle, 1855, avec envoi autographe "Hommage de l'auteur au Prince Pierre Bonaparte" et ex-libris de la bibliothèque dudit prince.
Béranger, Quarante-cinq lettres de Béranger et détails sur sa vie publiés par madame Louise Colet, Paris, Jaccottet, Bourdillat et Cie, 1857, débroché avec envoi autographe de LC signé "à Son Altesse le Prince Pierre Bonaparte en souvenir de son père protecteur et ami de Béranger".

Catalogue JF Fourcade, mai-juin 2002
3, rue Beautreillis, 75004 Paris. Tél. 01 48 04 82 15. jffbooks@mageos.com
n° 29. Bouvard et Pécuchet, EO, Lemerre, 1881. Reliure bradel demi maroquin, non rogné (Durvand).
1.300 Euros.

[BULLETIN FLAUBERT n° 20 / 6 mai 2002]

Autographe

(< Odile de Guidis, Marlo Johnston, Emmanuel Vincent)
Jeudi 25 avril 2002, Hôtel des Ventes de Neuilly, Claude Aguttes, expert Mario Mordente.

Lot 14. Flaubert Gustave. L.A.S. Lettre à Louise Colet du [14 mars 1853]. Enveloppe avec CP du 15 mars 1853.
2000/2500 Euros. Fac-similé partiel dans le catalogue.
[Correspondance, éd. Jean Bruneau, Pléiade, t. II, p.266-267.]

Livres

(< Thierry Savatier, Eric Walbecq)
Librairie Laurent Coulet, 166 boulevard Hausmann, 75008

Catalogue n°25, avril 2002, lot n°86,
Madame Bovary (deux tomes très bien reliés maroquin bleu de Huser).EO. Dédicace: "à Mr Nestor Roqueplan/ hommage de l'auteur/ Gustave Flaubert".
9000 Euros. Une photo du catalogue montre l'envoi et la reliure.


(< Catriona Seth)
Bonnefoi Livres Anciens, 1 rue de Médicis, 75006 Paris

Catalogue n°66
Trois ouvrages de Maxime Du Camp:
La Charité privée à Paris, Paris, Hachette, 1885 avec envoi de l'auteur sur une carte de visite contrecollée sur le premier plat et ex-libris de Gabriel Vanel (120 Euros).
La Charité privée à Paris, Paris, Hachette, 1886 (60 Euros).
Souvenirs d'un demi-siècle, Paris, Hachette, 1949 (45 Euros)
.

(<Olivier Leroy)
Librairie WALDEN, 20, Avenue du Fort, 92120 Montrouge.
Tél. 01.46.55.33.68. Mobile 06.16.57.31.21.

Madame Bovary, en 2 volumes reliés, édition du 1er tirage avec la faute à Sénart, 1.000 Euros.


LIBRAIRIE "LA DERIVE", 2, Place du Martyr, B. 4800 Verviers, Belgique.
Tél/Fax 087/31.03.60, de France 00.32.87/31.03.60 - laderive@mail.be

Salammbô, avec 5 compositions de Lobel-Riche reproduites en taille-douce. Paris, Rombaldi, 1939. In 8°, br., couv. impr. Ex. num. sur vergé de Voiron. Reliure quelque peu défraîchie. 45 Euros.

[BULLETIN FLAUBERT n° 19 / 4 avril 2002]

Autographes

Alain Nicolas, Librairie Les Neuf Muses, 41, quai des Grands-Augustins, 75006 Paris.
Tél. 01 43 26 38 71. Fax. 01 43 26 06 11. muses@noss.fr

Catalogue Printemps 2002, pièces n° 170 et 171.
LAS inédite [à Philippe de Chennevières, Paris, vers le 26 mai 1874], au sujet du Sexe faible. 1.800 Euros.
LAS inédite à son éditeur Michel [Lévy], slsd [après 1862], fac-similé dans le catalogue. 1.500 Euros.

Vente du 11 avril 2002, Drouot

Livres, Lettres et Manuscrits Autographes, Documents Historiques (2e Vente).
Etude Piasa, Paris. Expert Thierry Bodin.

Lot n°341: [Gustave FLAUBERT]. 4 lettres, 1871-1872, à Jules Troubat 7 pages in-8 ou in-12.
À propos d'une aquarelle de la Princesse Mathilde, d'après un portrait de Mme Lenoir par Chardin, ayant appartenu à Sainte-Beuve et que la Princesse a pu récupérer, grâce à l'appui de Flaubert.
* Paul Chéron, 9 et 16 décembre 1871, à propos de cette demande que Flaubert a appuyée par écrit et de ce que la Princesse pourrait donner en échange à Troubat.
* Champfleury, 17 décembre 1871, conseille à Troubat de garder le portrait, et évoque son travail sur les Œuvres diverses de Balzac dont il avait été chargé par Mme de Balzac et Dutacq.
* Princesse Mathilde, 25 janvier [1872], remerciant Troubat de lui avoir rendu son œuvre.
On joint deux copies et une note de la main de Troubat.
200/250 Euros.

Livres

(< Hugues Pradier)
Librairie Henri Vignes, 57, rue Saint-Jacques, 75005 Paris.
Tél. 01 43 25 32 59. Fax. 01 43 25 30 08. vignes@club-internet.fr

Catalogue 39 (Littérature A-F), pièce n° 641.
Un exemplaire de Madame Bovary de 1857 (Michel Lévy, in-12, demi-chagrin bleu nuit, dos à nerfs ornés, reliure de l'époque, 420 pages, année de l'originale).
Envoi de Flaubert à Emile Perrin: "A Emile Perrin/ hommage de la profonde sympathie de son tout dévoué/ l'auteur/ Gustave Flaubert".
2.500 Euros.
[Emile Perrin (1814-1885) est originaire de Rouen, fils d'un conseiller à la cour royale de cette ville. Peintre, critique d'art et administrateur de théâtres: Opéra-comique (1848-1857 et 1862), Académie impériale de musique (1862-1870), Théâtre-Français (à partir de 1871).]


(< Gisèle Séginger)
Librairie de l'Amateur, 24C, rue de Orfèvres, 67000 Strasbourg.
Tél: 03 88 32 11 72. libamat@wanadoo.fr

Augustin Thierry, Récit des temps mérovingiens, 1840, 2 vol. 240 Euros.
Ouvrage ayant appartenu à Flaubert, portant le cachet de la vente Flaubert.

[BULLETIN FLAUBERT n° 18 / 4 mars 2002]

Œuvres complètes, Club de l'Honnête Homme, 16 vol., 1971-1975, 580 Euros.
Librairie E. Brunet, 70 rue Ganterie, 76000 Rouen.
Tél 02 35 98 63 06. Fax 02 35 70 65 65.

[BULLETIN FLAUBERT n° 17 / 15 février 2002]

Manuscrits

Catalogue Bodin, "Les Autographes", n° 99, février 2002
Courriel : lesautographes@wanadoo.fr
http://www.franceantiq.fr/slam/autographes/Cat.asp?COMPLET=Flaubert&IdTable=Bodin0202

109. Gustave FLAUBERT (1821-1880) romancier:
MANUSCRIT autographe, De Natura Deorum, Ciceron ; 2 pages et demie grand in-4.
Intéressantes notes philosophiques et mythologiques, pour la préparation de La Tentation de saint Antoine, sur les objections contre la création du monde par la Divinité, sur les augures; sur diverses opinions concernant les dieux (Aniximandre, Persée, Simonide, Aristote, Démocrite, Diagore de Melos, etc.); sur les phénomènes physiques; la naissance des centaures; le culte de la déesse Orbana, etc.
Le manuscrit s'achève par cette note: "Hypponax était affreusement laid. Des sculpteurs qui l'avaient représenté au naturel, ayant exposé son buste pour faire rire le public, il fait des vers d'une horrible malignité contre les rieurs dont qques uns se pendirent de rage. - Lycambe fut tellement blessé par les vers d'Archiloque à qui il avait promis sa fille en mariage, qu'il se pendit de rage".
2 300,00 Euros.
[Gisèle Séginger, dans sa notice pour La Tentation de 1849, qui figurera dans les Œuvres complètes en Pléiade, t.II, émet l'hypothèse que ces 2 pages et demie pourraient provenir d'un dossier plus important mentionné dans le catalogue de la vente Franklin Grout, Antibes, 28-30 avril 1931, n° 67, "Cicéron, œuvres philosophiques", 19 p.]

Livres

Catalogue Fourcade, Littérature XIV, février 20O2
3, rue Beautreillis, 75004 Paris, tél. 01 48 04 82 15. jffbooks@mageos.com

Salammbô, Lévy, 1863, E.O., 275 Euros.
La Tentation de saint Antoine, Charpentier, 1874, E.O., 350 Euros.
Dictionnaire des idées reçues, illustrations par Chaval, Club Français du Livre, 1958, 283 Euros.

[BULLETIN FLAUBERT n° 15 / 15 janvier 2002]

Catalogue Demarest, décembre 2001
19 rue Drouot, 75009 Paris. Tél 01 47 70 04 01. Courriel : ndemare@club-internet.fr

92. Réunion d'une carte de visite avec son adresse parisienne "240, fbg St Honoré", biffée et remplacée par l'adresse autographe "Croisset", d'une enveloppe autographe "Monsieur Busquet" et d'un . 185 €/ 1213,52F.
[Le nom de "Busquet" n'apparaît pas dans la liste des destinataires actuellement connus de Flaubert, ni dans les index Conard et Club de l'Honnête Homme de sa correspondance.]

[BULLETIN FLAUBERT n° 14 / 22 décembre 2001]

Catalogue "Les Autographes", Thierry Bodin, cat. 98, décembre 2001
http://www.franceantiq.fr/slam/autographes/Cat.asp?AUTEUR=Flaubert&IdTable=Bodin12
E-mail : lesautographes@wanadoo.fr

112. Gustave FLAUBERT (1821-1880) romancier :
L.A.S., Croisset Dimanche [26 mai 1867, à Mme Jules CLOQUET, femme du professeur de médecine] ; 1 page et demie in-8.
Il a trouvé sa mère vieillie, affaiblie, mais mieux qu'il ne s'attendait. " Je lui ai dit l'intention où vous étiez de venir nous faire une visite. Elle vous espère comme on dit en Normandie. Quand viendrez-vous ? Quand pourra-t-on embrasser Mr le Baron et Me la Baronne ? [Jules Cloquet venait d'être nommé baron.] Je ne serai pas fâché pour ma part que "notre cher Jules" examine un peu ma maman "... Il lui propose de venir dans une huitaine de jours : " Il ne faut pas reculer l'exécution des bonnes promesses "...
4500,00 FRF/ 686,02 Euros
Corr., éd. Jean Bruneau, Pléiade, t. III, p. 644.

[BULLETIN FLAUBERT n° 13 / 11 décembre 2001]

Catalogue

(<Jacques-Rémi Dahan)
La Bouquinerie (9 bd Agutte-Sembat, 38000 Grenoble - Courriel : <francois.gaspari@wanadoo.fr>), catalogue de novembre, art. 135, reproduction, très réduite mais lisible, d'une lettre de Flaubert à un ami, reliée en tête d'un exemplaire de l'EO de La Tentation de saint Antoine.

Vente Hôtel Drouot, jeudi 13 décembre 2001

Salle 8 à 14 h 15.
Vente coll. d’autographes de Pierre Pruvost.
Expert: Renato Saggiori – Genève. Etude TAJAN - Pairs.
Renato SAGGIORI, Librairie L'AUTOGRAPHE S.A.
1, rue des Barrières CH-1204 GENÈVE (Suisse)
Tél. (+ 41 - 22) 348 77 55 - Fax : (+ 41 - 22) 349 86 74
http://www.autographe.org
E-mail : autographe@autographe.org

90. FLAUBERT Gustave (1821-1880) Ecrivain français - L.A.S. "ton G.", 4 pp. in-4 ; " Dimanche 2 h." [23.I.1853]. 25000/30000 F
Magnifique lettre à sa "Chère Muse", Louise COLET, dont il vient de lire le poème La Paysanne dans son texte non encore corrigé : "... ton œuvre est bonne. Je l'ai lue à ma mère qui en a été toute attendrie. A l'avenir seulement ne choisis plus ce mètre (le décasyllabe)... je le trouve peu musical..." ; à part cela, le poème lui paraît "... parfaitement composé, simple et poétique à la fois... Il y a là dedans un grand fond, quantité de vers naïfs et une inspiration soutenue d'un bout à l'autre. Où est la force, c'est d'avoir tiré d'un sujet commun une histoire touchante, et pas canaille. Seulement pour l'amour de Dieu, ou plutôt pour l'amour de l'Art, fais encore attention, et change moi quelqu'un de ces passages...". Il cite ceux qui seraient à corriger ou à supprimer, "... et surtout le Christ qu'il faut retrancher. Cela donne un caractère couillon néo-catholique à ton œuvre, et abîme tes parfums. Pas de Christ, pas de religion, pas de patrie, soyons humains..." !
"... Quant à vouloir publier ce conte comme étant d'un homme, c'est impossible puisqu'à deux places, parlant des femmes, tu dis nous ... Publie donc cela franchement et avec ton nom, puisque c'est de beaucoup la meilleure œuvre...". Flaubert est persuadé que ce conte remportera un grand succès car "... C'est bon, et ça restera...", etc.
En post-scriptum, il dit avoir relu le manuscrit avec son ami Bouilhet. Ce dernier est d'avis que Louise Colet doit choisir pour pseudonyme un nom "... de femme ou hermaphrodite...".
Les deux amants se donnent enfin rendez-vous pour la semaine suivante : "... Adieu pauvre chère Muse aimée. Je t'embrasse partout...".
Très beau texte où l'on retrouve l'importance que Flaubert accordait à la perfection formelle du style.
Corr., éd. Jean Bruneau, Pléiade, t. II, p. 239.

91. FLAUBERT Gustave - L.A.S., 2 pp. in-8 ; "Dimanche soir" [10.IV.1864]. 5 000/6 000 F
A Ernest FEYDEAU (1821-1873), auteur de "Fanny", roman qui fit sa réputation. Très occupé, Flaubert n'a pu aller le voir ; il lui rendra visite en mai, à son retour à Paris. Entre-temps, il tient à lui recommander Amélie Bosquet et son ouvrage, "... un MS ayant pour titre : Jacqueline de Vazdon ...", déposé à la Revue de Paris.
Flaubert se refuse de parler à Feydeau de son roman "Le Secret du Bonheur" avant la fin de sa parution: "... Quel sacré mode de publication qu'une Revue ! - et comme ça nuit aux livres. Dans la crainte de te dire des bêtises je m'abstiens de toute parole. Je sais bien ce qu'il y a dans ton œuvre de bon mais quant au mauvais, j'ai peur de me tromper...".
La missive se termine par quelques lignes sur le récent mariage (6 avril) de sa nièce Caroline avec Ernest Commanville : "... La cérémonie nuptiale... s'est faite mercredi. Les époux doivent être demain à Milan. Je viens de passer une semaine peu gaie, mon bonhomme !...".
Corr., éd. Jean Bruneau, Pléiade, t. III, p. 386.

92. FLAUBERT Gustave - L.A.S., 3 pp. in-8 ; "Croisset par Deville, près Rouen", 21.X.1879. 10000/15000F.
Longue et importante missive à Alphonse DAUDET qui vient de lui offrir son nouvel ouvrage "Les Rois en exil".
"... Votre volume reçu à dix heures du matin était avalé à quatre et demie du soir. Il ne dépare pas la collection ! Oh non ! Sacré nom de Dieu, comme c'est bien composé ! Et que le dernier chapitre (lequel en soi, est sublime) se relie bien au premier !...". Le personnage de Christian lui paraît être une des meilleures créations de Daudet : "... Soyez sûr qu'il restera comme un type... Jamais je crois vous n'avez montré plus d'esprit. Quand on ne rit pas on sourit. A chaque pas, on marche sur des perles... La séance de l'académie, splendide - Et la scène entre le Roi et sa femme... Voilà un fier dialogue, mon bon ! Je voudrais l'entendre sur la scène, c'est sonore, et râblé ! - enfin royal...", etc.
Son exemplaire est rayé aux marges par beaucoup de points d'exclamation : "... Qques barres indiquant de petites taches de style. Mais elles sont peu nombreuses. Vous savez du reste que je suis un pédant. En résumé, vous devez être content & fier de ce livre. Le ciel vous a doué d'un don : le charme. Ne l'a pas qui veut, à commencer par moi...".
Flaubert, dont l'intention est de rester à Croisset jusqu'à la terminaison de son roman (Bouvard et Pécuchet), "... laquelle n'aura pas lieu avant la fin de l'hiver...", précise encore avoir convenu "... avec Charpentier... qu'on organisera en janvier & février des caravanes..." à l'effet de le visiter, sollicite des nouvelles de Daudet, puis termine ainsi : "... Tout à vous, mon cher bonhomme, Votre Gve Flaubert, qui vous embrasse, vous aime et vous admire".

220. SAND George - L.A.S., 4 pp. in-8 ; Nohant, 28.IV.1871. 12 000/15 000 F
A Gustave FLAUBERT, après la défaite et la proclamation à Paris de l'éphémère "Commune". Le caractère particulier de certaines observations faites ici par George Sand s'explique par le fait que cette étonnante lettre - qui nous renseigne aussi sur l'état d'esprit d'une grande partie de la population française face aux Communards... - se place au beau milieu d'une des plus tragiques périodes qu'ait connu l'Histoire de France.
"Non certes, je ne t'oublie pas. Je suis triste, triste, c'est à dire que je m'étourdis,... je regarde le printemps,... je m'occupe,... je cause comme si de rien n'était : mais je n'ai pas pu être seule un seul instant depuis cette laide aventure... je ne veux pas être découragée,... renier le passé et redouter l'avenir...". Plus loin, elle s'exclame : "... Pour moi, l'ignoble expérience que Paris essaie ou subit ne prouve rien contre les lois de l'éternelle progression des hommes et des choses... Il y a longtemps que j'ai accepté la patience comme on accepte le tems... la vieillesse, l'insuccès... Mais je crois que les gens de parti (sincères) doivent changer leurs formules... Je ne peux pas m'endormir sur la souffrance et même sur l'ignominie des autres. Je plains ceux qui font le mal... On plaint un oisillon tombé du nid, comment ne pas plaindre une masse de consciences tombées dans la boue ? On souffrait moins pendant le siège par les prussiens. On aimait Paris malheureux malgré lui... aujourd'hui... on ne peut plus l'aimer... Le mépris de la France est peut-être le châtiment nécessaire de l'insigne lâcheté avec laquelle les parisiens ont subi l'émeute et ses aventuriers...".
George Sand s'inquiète de savoir comment Flaubert a retrouvé Croisset occupé par les Prussiens : "... brisé, sali, volé ? tes livres, tes bibelots... Ont-ils respecté ton nom, ton atelier de travail ? Si tu repeux y travailler, la paix se fera dans ton esprit... On ne sait plus si on n'a pas cent ans. Mes petites seules me ramènent à la notion du tems...", etc.

Vente Hôtel Drouot, lundi 17 décembre 2001

http://www.artweb.fr/fr/etudes/piasa/home.html
Etude Piasa, expert Thierry Bodin.

Gustave FLAUBERT. L.A.S " Ton G. " , Vendredi soir - minuit [Croisset 4 septembre 1846], à Louise Colet; 4 pages in -4. 35 000 FF. Lot n° : 151.
Magnifique et longue lettre d'amour.
Tous deux ont souhaité se revoir dimanche : " nous nous rencontrons toujours dans nos souhaits dans nos désirs. Quand on s'aime on est comme les frères siamois attachés l'un à l'autre - deux corps pour une âme. Mais si l'un meurt avant l'autre, il faut traîner un cadavre à sa remorque. N'aie pas peur pour moi je ne sens pas l'agonie venir " ... Ayant projeté un voyage aux Andelys et au Château -Gaillard, il propose à Louise de le rejoindre à Mantes pour l'après -midi : " Tu vois bien que lorsque je peux te voir je me jette sur la plus petite occasion comme un voleur à jeun, que je la prends à deux mains et que je ne la lâche pas. [...] je t'écrirai l'heure exacte où il faudra partir de Paris. Te figures -tu nous, nous attendant, nous cherchant dans la foule, nous retrouvant, partant ensemble seuls. Il faudra nous contenir. J'aurai bien du mal à m'empêcher de ne pas t'embrasser devant tout le monde. Nous irons dans quelque bonne auberge bien tranquille nous serons à nous rien qu'à nous. Ce sera de bonnes minutes encore va, qu'importe l'avenir. Viendra -t -il seulement. Qui sait si demain se lèvera ? " .
Il n'a pas encore reçu l'envoi de Phidias [Pradier] qu'elle lui annonçait, mais si elle y joignait sa statuette" je n'aurais aucune place secrète où la fourrer. J'ai déjà tant de choses de toi que ça pourrait finir par devenir suspect. La moindre plaisanterie là -dessus me blesserait au vif et je me découvrirais peut -être ! Ton portrait est là, tout à côté de moi à trois pas devant mon regard "
Puis Flaubert parle d’un portrait de femme en se moquant de la jalousie de Louise Colet: "D’abord cette femme est atrocement laide. Elle n’a pour elle qu’un très grand cynisme plein de naïveté qui m’a beaucoup réjoui. J’y ai vu l’expansion des forces de la nature ce qui est toujours une belle chose à voir et puis tu sais que j’aime assez ce genre de tableaux. C’est un goût inné. L’ignoble me plaît. C’est le sublime d’en bas. Quand il est vrai, il est aussi rare à trouver que celui d’en haut. Le cynisme est une merveilleuse chose en cela qu’étant la charge du vice, il en est, en même temps le correctif et l’annihilation. Tous les grands voluptueux sont très pudiques. [...] Et puis j’y repense, car j’ai été très étonné de ton aveu. Quand elle serait belle après tout cette femme ? Et quand même il y aurait eu comme dit le maître, dans son chaste langage, quelque chose entre nous deux, est-ce que ça te ferait peine ? Les femmes ne comprennent pas qu’on puisse aimer à des degrés différents. Elles parlent beaucoup de l’âme mais le corps leur tient fort au cœur. Car elles voient tout l’amour mis en jeu dans l’acte du corps. On peut adorer une femme et aller coucher chaque soir chez les filles ou avoir une autre maîtresse et que l’on aime même. [...] Allons ne te renfrogne pas, ce n’est pas, je crois, une allusion à moi que je fais ici je vis comme un chartreux. [...] Adieu, cher amour. Mille baisers sur tes doux yeux".
Fac-similé partiel p. 62 du cat.
Corr., éd. Jean Bruneau, Pléiade, t. I, p. 327.

[BULLETIN FLAUBERT n° 12 / 27 novembre 2001]

Drouot, 27 novembre 2001, expert Thierry Bodin
344. Gustave Flaubert. L.A.S "ton Gustave", à Louise Colet, [29 décembre 1852]. Lettre sur le poème de L.C, La Paysanne, et sur Madame Bovary.
Fac-similé de la fin de la lettre, p. 59 du catalogue. 30 000F.
Ancienne coll. Daniel Sickles, XII, n° 4787.
Corr., éd. Jean Bruneau, Bibl. de la Pléiade, t.II, p.220-224.

[BULLETIN FLAUBERT n° 9 / 10 octobre 2001]

Suite du bulletin précédent

Dans le bulletin 8, nous signalions la vente d'un manuscrit autographe de GF, TOPOGRAPHIE ANCIENNE ; 14 pages in-fol., NOTES HISTORIQUES SUR L'EGYPTE ET BYZANCE (Catalogue Bodin, n° 97, septembre 2001).
Gisèle Séginger, spécialistes des Tentation(s), éditrice de Salammbô (GF Flammarion), a pu consulter ce manuscrit. Voici les remarques qu'elle nous adresse:
"Il s'agit de notes prises pour La Tentation de 1874 et non pas pour Salammbô, l'orientation des notes le montre bien. J'ai relevé quelques passages qui prouvent l'utilisation pour La Tentation. On y retrouve l'essentiel des détails topographiques précis dans les visions d'Alexandrie et du palais de Constantin (il y en a beaucoup plus dans les brouillons, que j'avais transcrits pour ma thèse, mais le texte définitif de ces visions en conserve encore un bon nombre):
Dans les notes sur Alexandrie, prises à partir du mémoire de Lapère: 
"Au nord Alexandrie était ouverte par l'île de Pharos qui y formait un port naturel - une chaussée reliait cette île au continent - sa longueur de 7 stades la fit nommer Heptastadium." (voir éd. "Folio", p.70-71)
"toutes les places d'Alexandrie pleines d'ibis et d'autres oiseaux qui enlèvent les immondices, les résidus des boucheries et des marchés de poissons" (voir p.71)
"en entrant dans le grand port on avait à sa droite la tour du phare, bâtie sur un rocher - plusieurs étages - 400 pieds - on voyait les feux à 300 stades de la mer et le jour un grand miroir de métal rendait l'image des vaisseaux avant qu'ils parussent à l'horizon - à gauche de l'entrée du grand port un château fortifié bâti sur un petit promontoire portait le nom de Lochias" (dans La Tentation, Antoine regarde dans le miroir et le nombre des bateaux se multiplie alors, p.72).
L'organisation de la ville coupée par deux rues dans La Tentation vient de ces notes. On trouve aussi des notes sur "l'Eunostus", sur le quartier de "Rhacotis", sur le Pausium, sur le Serapeum, décrits longuement dans les brouillons et encore présents dans le texte (éd. "Folio", p.70-71).
Dans les notes sur Strabon on trouve encore des détails sur le Paneum. Flaubert relève aussi quelques éléments de la légende d'Isis (pour le défilé des dieux) qui enterre le corps d'Osiris à différents endroits.
Quelques éléments des notes prises à partir de l'ouvrage de "Procope, trad. du Président Cousin, hist. de Constantinople, T. I", comme les détails sur le protocole impérial et le décor du palais (les mosaïques par exemple), se retrouvent dans l'épisode où Antoine se voit dans le palais de Constantin et lui rend visite (p.73).
Certaines notes sur Gibbon, qui retiennent des curiosités, fournissent des détails pour la description de la population d'Alexandrie, comme le costume des prêtres qui portent des peaux de panthère (voir fac-similé dans le catalogue de Bodin et édition "Folio" où l'on retrouve le détail, p. 71).
Le catalogue de Bodin a commis une erreur en lisant sur le sommaire de la première page que le dossier comportait des notes de "L. Henrey" sur Achille Tatius, et ce nom que je ne connaissais pas m'avait d'abord surprise.  Il s'agit en fait de Léon Heuzey, historien qui donne à Flaubert quelques renseignements au moment où il prépare le texte de 1874. Mais les notes d'Heuzey ne se trouvent pas dans le dossier (le catalogue signale ce manque). Son descendant Jacques Heuzey a publié un article sur l'aide apportée par Léon Heuzey ("Quelques sources de La Tentation de saint Antoine", RHLF, janvier-mars 1953) et il cite un extrait de la lettre de son aïeul Léon Heuzey à Flaubert: "Je vous dirai que j'étais un peu honteux de la pauvreté de mon texte d'Achille Tatius. C'est une description amphigourique, dans laquelle il n'y a guère d'autre fait que l'existence à Alexandrie d'une espèce de double rue de Rivoli, avec portiques de colonnes, se croisant, au centre de la ville".
L'ensemble du dossier en vente chez Bodin appartient donc bien tout entier à la période de La Tentation de 1874. Il est très intéressant car alors que parfois Flaubert s'éloigne beaucoup de sa fiction pendant la prise de notes, ici bien des détails passent dans le texte (je n'ai pas eu le temps de tout relever) et ils fournissent parfois même des péripéties de la fiction (comme le miroir "magique" de La Tentation qui révèle le sentiment de puissance d'Antoine).

Vente d'un ouvrage ayant appartenu à Caroline Franklin Grout

(< Catriona Seth)
La Légende de saint Julien l'Hospitalier
Calligraphié, enluminé et historié par Malatesta. Paris, aux dépens de la Soc. Normande du Livre illustré, 1906, in-4 (27x20cm), broché (dos cassé avec manque de papier, qq. rousseurs). Beau livre, illustré de superbes miniatures en couleurs, par Malatesta.
"Tirage unique à 170 exemplaires sur Japon". Celui-ci, nominatif, porte la mention imprimée: "Offert à Mme Grout".
Exemplaire exceptionnel, provenant de la vente GF d'avril 1931 à la Villa Tanit à Antibes. Il est décrit sous le n° 391 du catalogue et porte le cachet "Vente Flaubert".
On joint le catalogue de cette vente et une photographie d'un portrait de F, accompagné d'une carte postale signée de M. Leroy, conservateur du Musée Flaubert, datée 1920, adressée à Mme Franklin Grout, concernant ce portrait. 2 500F.
Catalogue Rossignol n° 228. Lot 178. Librairie Rossignol, "Saint-Pierre", BP36, 83460 Les Arcs (France). Tél. 04 94 73 30 17. Fax 04 94 47 43 79.

[BULLETIN FLAUBERT n° 8 / 17 septembre 2001]

Catalogue Bodin, n° 97, septembre 2001
http://www.franceantiq.fr/slam/autographes/Cat.asp?AUTEUR=Flaubert&IdTable=Bodin09
Gustave FLAUBERT (1821-1880) romancier : MANUSCRIT autographe, TOPOGRAPHIE ANCIENNE ; 14 pages in-fol., plus couverture ; chemise dos maroquin brun, étui.
NOTES HISTORIQUES SUR L'EGYPTE ET BYZANCE, qui seront utilisées pour Salammbô et pour La Tentation de saint Antoine. Très intéressant ensemble qui témoigne du labeur acharné de Flaubert pour se documenter, et de ses vastes et nombreuses lectures. Sur la chemise qui sert de couverture, Flaubert a noté :

"Topographie ancienne
- Le Palais imperial de Constantinople. Labarte.
- Alexandrie, mémoire sur par Lapère.
- Egypte & Alexandrie. Strabon.

- Lettre ms de L. Henrey, extraits d'Achilles Tatius
- Note ms sur la fève d'Egypte. F Baudry.
- Abrégé de l'histoire de Philostorge. Photius.
- Egypte ancienne. Champollion Figeac.
- Procope. De edificiis. V. Constantinople ".

Si les notes de Henrey et Baudry et celles d'après Photius ne figurent pas dans ce dossier, nous avons ici un important ensemble de notes sur les monuments antiques. Notations sur différents monuments byzantins (forum, hippodrome, palais de Porphyre, églises, etc.) ; indications sur la situation géographique d'Alexandrie (d'après le Grand Ouvrage d'Egypte de Lapère), sur l'Egypte d'après le géographe grec STRABON et l'historien anglais GIBBON (notes sur le vin, le papyrus, les villes avoisinantes et certains usages) ; d'après les travaux de CHAMPOLLION-FIGEAC, notes sur la faune, les coutumes, les rituels, l'habillement, les noms, l'habitat, etc. On relève quelques lignes concernant Saint Antoine et la peste bubonique. Les dernières notes correspondent à la lecture du Traité des Edifices de l'historien byzantin PROCOPE... Provient de la vente Flaubert-Franklin-Grout (1931, n° 43).
35 000,00 FRF
5 335,72 Euros

[BULLETIN FLAUBERT n° 6 / 2 juillet 2001]

Drouot du 28 juin 2001 : les prix

(information < Odile de Guidis, Equipe Flaubert, Paris)

28 : Épreuves corrigées de la main de Flaubert de sa "lettre ouverte à G. Froehner". mise à prix 10.000 F, vendu 15.000 F
29 : Flaubert - Goncourt : Germinie Lacerteux. Paris, Charpentier, 1864, dédicacé par les Goncourt, mise à prix 20.000 F, vendu 25.000 F
30. Flaubert : Madame Bovary. Paris, Michel Lévy, 1857. Sont joints
- le brouillon de la main de Flaubert d'un traité avec l'éditeur Michel Lévy...
- Un curieux et précieux plan de Yonville
- Une importante lettre autographe signée de Flaubert à son ami Ernest Feydeau, datée fin juin ou début juillet 1857 (Corr. Pléiade, t.II, p.739-741). Mise à prix 120.000 F, vendu 180.000 F
31 : Flaubert. Voltaire- Oedipe. Manuscrit autographe de 18 feuillets in-folio... Mise à prix : 20.000 F, vendu 28.000 F
32 : Flaubert. Madame Bovary. Paris, Michel Lévy, 1871, 2 vol. avec envoi à Nadar. Mise à prix : 30.000 F, vendu 40.000 F
33 : Flaubert. La Tentation de saint Antoine. Paris, Charpentier et Cie, 1874. Avec envoi à Judith Gautier. Mise à prix : 15.000 F, vendu 29.000 F
34 : Flaubert. La Tentation de saint Antoine. Paris, Charpentier et Cie, 1874. Ed. originale sur papier de Hollande. PJ: lettre à Du Camp, inédite; 4 lettres ou billets à Laporte, dont trois éditées (Corr. Pléiade, t.IV, p.629 et 792); traité avec Charpentier du 12 mai 1874; portrait de GF par Liphart. Mise à prix : 100.000 F, vendu 110.000 F

Vente Sotheby's du 29 juin 2001 : les prix

(voir Bulletin n°5. Information < P. Michael Wetherill)

Le manuscrit de Novembre a été adjugé à un collectionneur privé.

La BMR a pu préempter les deux pages du Château des cœurs: elles viennent compléter le dossier manuscrit de la féerie qu'elle conserve. En revanche, la BnF n'a pas acheté, contre toute attente, les quelques pages manuscrites qui manquaient à ses dossiers de Salammbô et de l'Education sentimentale.

222 Novembre: 3200000 frs
223 Notes de lecture 42000 frs
224 Mme Bovary 12000
225 Mme Bovary 165000 frs
226 Salammbô 275000 frs
227 Brouillon Château des coeurs 12000 frs
228 L'Education sentimentale 410000 frs
229 Bouvard et Pécuchet 125000 frs
230 Champs et grèves 135000 frs
231 Mémoire d'un fou 8500 frs

Vente Drouot du 28 juin 2001

(incomplet dans le Bulletin n° 5)

28. Epreuves corrigées de la main de GF de sa "Lettre ouverte à G. Froehner".
29. Exemplaire de Germinie Lacerteux dédicacé par les Goncourt à GF. 30. Madame Bovary, éd. originale. PJ: traités avec Lévy et Lemerre, 1 page de brouillon de MB avec plan de Yonville; lettre à Feydeau, datée fin juin ou début juillet 1857 (Corr. Pléiade, t.II, p.739-741).
ŒdipeMadame Bovary, 1871. Dédicace à Nadar.
33. La Tentation de saint Antoine. Dédicace à Judith Gautier.
34. La Tentation de saint Antoine. Ed. originale sur papier de Hollande. PJ: lettre à Du Camp, inédite; 4 lettres ou billets à Laporte, dont trois éditées (Corr. Pléiade, t.IV, p.629 et 792); traité avec Charpentier du 12 mai 1874; portrait de GF par Liphart. Ed. originale sur papier de Hollande. PJ: lettre à Du Camp, inédite; 4 lettres ou billets à Laporte, dont trois éditées (Corr. Pléiade, t.IV, p.629 et 792); traité avec Charpentier du 12 mai 1874; portrait de GF par Liphart.

[BULLETIN FLAUBERT n° 5 / 15 juin 2001]

information < Joëlle Robert, Centre Flaubert; Odile de Guidis, ITEM-CNRS, Marlo Johnston; Philippe Dahhan)

Vente du 28 juin 2001, Drouot
"Madame Bovary". Paris, Michel Levy Frères 1857.Exemplaire sur papier velin fort enrichi de documents originaux de la main de Flaubert. Exemplaire du docteur Lucien-Graux. Est. 280 000/300 000 F (Laucournet, expert). Fac-similé sur le site http://www.gazette-drouot.com/annonceurs/bufto/28-06-01.html

Vente du 29 juin 2001, Bibliothèque littéraire Charles Hayoit
Sotheby's, 76 rue du Fb Saint-Honoré, 75008 Paris, galerie Charpentier

222. Manuscrit autographe de Novembre. 1.500.000-2.500.000FF.
[Ce manuscrit n'a pas refait surface depuis la vente Lucien-Graux de 1957. Aucune édition actuelle (GF-Flammarion, Folio) n'est établie d'après ce manuscrit. Exposé à la BM de Rouen le 15 juin.]

223. Notes de lecture autographes sur le Koran, vraisemblablement des lectures préparatoires pour la première Tentation de saint Antoine. 50.000-70.000FF.

224. Madame Bovary, éd. originale. PJ: lettre de GF à Alfred Le Poittevin, [31 mai 1846], Pléiade, t.I, p.268-269. 100.000-150.000FF.

225. Madame Bovary, éd. originale sur vélin fort. PJ: lettre de GF à Louise Colet, [18 juillet 1852], Pléiade, t.II, p.134-135. 100.000-150.000FF.

226. Salammbô, éd. originale sur hollande avec envoi à Paul de Saint-Victor. PJ: 2 pages du manuscrit. 100.000-150.000FF.

227. Brouillon autographe du neuvième tableau du Château des cœurs, 2 pages. 8.000-10.000FF.

228. L'Education sentimentale, éd. originale sur hollande. PJ: lettre de Maxime du Camp à GF, 9 décembre 1869, inédite. 5 pages du manuscrit. 60.000-80.000FF.

229. Bouvard et Pécuchet, éd. originale sur Chine. PJ: lettre de GF à Feydeau, [5 octobre 1864], Pléiade, t.III, p.408. 60.000-80.000FF.

230. Par les champs et par les grèves, Charpentier, 1886, éd. originale sur Chine. 70.000-90.000FF.

231. Mémoires d'un fou, Floury, 1901, éd. originale. 4.000-6.000FF.

Sur catalogue ou sur site

Lettre de Flaubert à Jeanne de Tourbey, comtesse de Loynes, 8 octobre [1879], 25.000F. Les Neuf Muses, Alain Nicolas. Catalogue été 2001.

Lettre de Flaubert à Louis Bonenfant, [fin 1854?], 8.500F. Demarest. Catalogue juin 2001. [Lettre inédite. Grâce à l'aimable autorisation de Nathalie Demarest, elle figurera dans le supplément du t. V de la Correspondance en Pléiade.]

Billet de Flaubert à Louis Bonenfant, [1er septembre 1869 ?], publié en Pléiade, t.IV, p. 97. Site ibazar (8 juin). Fac-similé complet sur le site.

[BULLETIN FLAUBERT 4 / 19 mai 2001]

VENTE DROUOT DES 22-23 MAI 2001

(information < Sophie Marchal, Centre des Correspondances, Paris IV-Sorbonne)
Catalogue Vente Drouot des 22-23 mai 2001 (expert : Thierry Bodin) :
n° 129 : LAS du 6 mars 1874, à Alfred Busquet (1 p. in-8°), avec une enveloppe au même (12 février1879) et 2 cartes de visite.
Avant la première du Candidat : "Mon vieux Solide. On me donne très peu de places ! Et je ne sais pas si j'en aurais une pour vous ? Mais voulez-vous venir à la répétition ? [...] Laissez entrer à la répétition du Candidat Mr Busquet."
[Billet inédit. S'ajoute à la série des six billets relatifs au Candidat, publiés par Jean Bruneau, Pléiade IV, p. 774-776.]

n° 130 : LAS du lundi 7 [1879] à Julia Daudet (2 p. in-8°).
Belle lettre sur les Impressions de nature et d'art de Julia Daudet :
"Madame & cher confrère. Je ne saurais vous dire le plaisir que m'a causé L'Enfance d'une Parisienne. Si le mot charmant n'était pas banal je l'écrirais. Sans appareil scientifique, sans surcharge de couleurs, sans prétention à l'idéal ou au naturalisme, vous faites sentir ce que vous avez ressenti. Il m'a semblé, en vous lisant, que j'avais été autrefois une petite fille, jouant aux Tuileries, marchant dans la rue de Rivoli, & vivant dans cette bonne vieille maison avec ses ornements-empire et ses grandes armoires. C'est un régal pour qui aime la littérature en soi que de lire des choses pareilles. La race de votre style est très noble & très délicate - si artiste, sans en avoir l'air !" Il cite des "Pensées détachées" et deux pièces de vers qu'il a particulièrement aimées, précisant qu'il a relu, dans les Etudes littéraires, "avec un nouveau chatouillement d'amour-propre tout ce qui me concerne". Il demande des nouvelles du roman d'Alphonse Daudet (Les Rois en exil), en souhaitant que celui-ci lui écrive un peu. Il salue Mme Daudet comme "un très respectueux & affectionné serviteur (& copain)".
[Seule lettre connue à l'épouse d'Alphonse Daudet. Le livre Impressions de nature et d'art est conservé dans la Bibliothèque de Flaubert, Mairie de Canteleu. Dédicace : "A M. Gustave Flaubert / souvenir affectueux". Lettre publiée dans CHH, t. 16, p. 183.]

VENTE DROUOT DU 15 MAI 2001 (VOIR BULLETIN FLAUBERT-3) : LES PRIX

(information < Odile de Guidis, Equipe Flaubert, ITEM-CNRS)
Flaubert n'a pas atteint les sommets historiques de Céline. Mais quand même.

Lettres de Flaubert
n° 89 Lettre à son avocat Jules Senard : 13.000 F (mise à prix 6000 F).
n° 90 Note autographe sur Madame Bovary : 115.000 F (mise à prix 40.OOO F).
n° 91 Lettre à Charles Baudelaire : 85.000 F (mise à prix 50.000 F).
n° 92 Notes pour L'Éducation sentimentale : 24.000 F (mise à prix 15.000 F).
n° 93 Lettre à Edmond Laporte [Maupassant] : 6.500 F (mise à prix 5.000 F).

Lettres à Flaubert
n° 80 Du Camp : 8.500 F (mise à prix 4.000 F).
n° 197 George Sand : 48.000 F (mise à prix 12.OOO F).

Vente d'édition originale
(information < Jean-Marc Hovasse, Centre des Correspondances, Brest)
Exemplaire dédicacé de Salammbô.
Paris, Michel Lévy frères, 1863, in-8°. Manque le faux titre. Titre avec envoi. 474 p + 1 f. de table. Mouillures en coin de page aux vingt dernières pages. Demi-chagrin noir. Dos à nerfs orné. Tête dorée. Reliure fin XIXe. Ed. originale avec mention fictive de 3e éd. portant envoi "à Madame Morris. Gve Flaubert". 8500 F.
Librairie Bertran, 110 rue Molière, 76000 Rouen. Tél 02 35 70 79 96.
[Quelqu'un sait-il qui est cette Mme Morris?]

[BULLETIN FLAUBERT 3 / 10 mai 2001]

VENTE À DROUOT, 15 MAI 2001

Le manuscrit du Voyage au bout de la nuit fera l'événement. Flaubert est présent avec cinq numéros (89-93) : trois lettres et des notes, dont une note inédite à Jules Senard au moment du procès de Madame Bovary. Deux lettres adressées à Flaubert, par Maxime Du Camp et George Sand, figurent également à cette vente.
Catalogue : http://www.artweb.fr/fr/etudes/piasa/home.html

FLAUBERT Gustave, 1821-1880. Lettre autographe

Lettre autographe, signée, à son avocat, Jules Senard ; [décembre 1856] ; une page in-4, sur papier bleu.
Flaubert consulte son avocat au sujet de son différend avec la Revue de Paris lors de la publication de Madame Bovary; c’est à Senard qu’il dédiera son roman au moment de l’édition.
"Seriez-vous assez bon pour m’accorder demain un quart d’heure d’audience. Il m’incombe une affaire fort désagréable dans laquelle je ne voudrais pas faire de sottises. – et l’on m’en fait beaucoup…"
8 000 / 10 000 FF - Lot n° : 89
[Correspondance, éd. Jean Bruneau, Pléiade, t. II, p. 650.]

FLAUBERT Gustave. Note autographe, signée, sur Madame Bovary ; février 1857 ; 1 1/2 pages in-folio.

Pièce adressée à Me Senard, son défenseur, au moment du procès de Madame Bovary en correctionnelle, avec ratures et corrections.
120 000 / 150 000 FF -Lot n° : 90
"Je suis accusé d’outrage "envers la morale publique et religieuse & les bonnes mœurs".
Ma justification est dans mon livre. [Que mes] Le voilà. Quand mes juges [le lisent. &] l’auront lu ils seront convaincus que loin d’avoir fait un roman obscène et irreligieux, j’ai au contraire composé quelque chose d’un effet moral.
La moralité d’une œuvre [d'art] littéraire consiste-t-elle dans l’absence de certains détails qui pris isolement peuvent etre incriminés? ne faut-il pas [avant tout] plutot considerer l’impression qui en resulte, la leçon indirecte qui en ressort ? – & si l’artiste dans l’insuffisance de son talent, n’a pu produire cet effet, qu’à l’aide d’une [certaine] brutalité toute superficielle, les passages qui au premier coup d’œil, [paraissent] semblent reprehensibles ne sont-ils pas, par cela même, [les plus utiles &] les plus indispensables?…[Qui a jamais accusé Juvenal d'immoralité?] (ces crochets droits sont de Flaubert).
Bien qu’il soit outrecuidant d’evoquer les grands hommes à propos des petites œuvres, que l’on se rappelle avant de me juger, Rabelais, Montaigne, Regnier, tout Molière, l’abbé Prévost, Lesage, Beaumarchais & Balzac.
Les livres sincères [peuvent avoir] ont parfois des amertumes qui sauvent. Je ne redoute, pour ma part, que les litteratures doucereuses que l’on [avale] absorbe sans repugnance et qui empoisonnent sans scandale.
J’avais cru jusqu’[ici] alors que le[s] romancier[s] comme le[s] voyageur[s] avait la liberté des descriptions. J’aurais pu, après bien d’autres, choisir mon sujet dans les classes <exceptionnelles ou> ignobles de la société. Je l’ai pris, au contraire, dans la plus nombreuse <et la plus plate>. Que la reproduction en soit desagreable, je l’accorde. Qu’elle soit criminelle, je le nie.
Je n’écris [pas] [point] pas d’ailleurs pour les jeunes filles, mais pour les hommes, pour des lettrés.
<add. en marge : Les gens <qui cherchent le libertinage dans les livres> auxquels les livres peuvent nuire [ne liront jamais trois pages du mien. Le ton sérieux les en écartera.] Les gens qui s’amusent au libertinage des livres s’écarteront [vite] du mien.>
On ne va point par lubricité, aux amphitheatres. Et maintenant, j’accepte d’avance la decision de mes juges. Devant l’enormité des accusations, j’ai toutes les naïvetés de l’ignorance, & ne comprenant guères ma faute, <peut-être> me consolerai-je de ma [punition] <punition> ?"
[Transcription Yvan Leclerc. […] : barré. <…> ajout. Gras : souligné par Flaubert. Cette note est non seulement inédite, mais personne n'en soupçonnait l'existence. Elle doit dater de la deuxième quinzaine de janvier 1857.]

FLAUBERT Gustave. Lettre autographe, signée, à Charles Baudelaire.

Lettre autographe, signée, à Charles Baudelaire ; 23 août 1857 ; 2 p. in-8, sur papier bleu.
Lettre relative au procès des Fleurs du mal.
"J’ai reçu les articles sur votre volume. Celui d’Asselineau m’a fait grand plaisir. Il est, par parenthèse, bien aimable pour moi. Dites-lui de ma part un petit mot de remerciement. Tenez-moi au courant de votre affaire si ça ne vous ennuie pas trop. Je m’y intéresse comme si elle me regardait personnellement. Cette poursuite n’a aucun sens. Elle me révolte.
Et on vient de rendre des hommages nationaux à Béranger! à ce sale bourgeois qui a chanté les amours faciles & les habits rapés!
J’imagine que dans l’effervescence d’enthousiasme où l’on est à l’encontre de cette glorieuse binette quelques fragments de ses chansons ("qui ne sont pas des chansons mais des odes" Prudhomme) lus à l’audience seraient d’un bel effet. Je vous recommande ma Jeanneton, la Bacchante, la grand mère, etc. Tout cela est aussi riche de poésie que de morale. – & puisqu’on vous accuse sans doute, d’outrage aux mœurs et à la religion, je crois qu’un parallèle entre vous deux ne serait pas maladroit. Communiquez cette idée (pour ce qu’elle vaut ?) à votre avocat."
La lettre de Flaubert arriva après la plaidoirie de Chaix d’Est-Ange, qui avait en effet cité des poèmes de Béranger.
[Correspondance, éd. Jean Bruneau, Pléiade, t. II, 759 ; Lettres à Baudelaire, éd. Claude Pichois, p. 152.]
Provenance : Armand Godoy. – Colonel Sickles (cat. Paris, 28 novembre 1989).
100 000 / 120 000 FF - Lot n° : 91

FLAUBERT Gustave. Notes autographes pour l’Éducation sentimentale.

Notes autographes pour l’Éducation sentimentale ; 3 1/4 p. in-8.
Flaubert esquisse les différentes situations financières dans lesquelles il peut placer Arnoux et examine les implications juridiques qu’elles comportent. Il dégage ainsi des questions à soumettre à des juristes afin de ne pas laisser son roman s’écarter de la vérité. Une dernière note concerne la Garde nationale en 1848 : "Quels étaient en 1848 les postes de la garde nationale - dans les quartiers Mouffetard, St Victor - Latin, St Jacques. St Germain?"
30 000 / 40 000 FF - Lot n° : 92

FLAUBERT Gustave. Lettre autographe, signée, à Edmond Laporte

Lettre autographe, signée, à Edmond Laporte [en fait Guy de Maupassant] ; 2 janvier 1880 ; une page in-8.
"Que 1880 vous soit léger, mon très aimé disciple. Avant tout plus de battements de cœur, santé à la chère maman. Un bon sujet de drame qui soit bien écrit, & vous rapporte cent mille francs.
Les souhaits relatifs aux organes genitaux ne viennent qu’en dernier lieu, la Nature y pourvoyant d’elle-même.
À propos d’un volume de vers que Laporte [Maupassant] projette, Flaubert écrit : Ah ça, vous allez donc publier un volume ! Un volume de vers bien entendu, mais d’après votre lettre le conte rouennais en fait partie ? & puis vous dites nos epreuves. Qui cela nous ?
J’ai [bien] <grande> envie de voir l’illustration anti-patriotique. Il faudrait qu’elle fut bien forte pour me révolter."
Il annonce la fin de Bouvard et Pécuchet : "Dans une quinzaine j’espère avoir fini mon chapitre. (l’avant dernier)!!!"
8 000 / 10 000 FF - Lot n° : 93.
[Correspondance Flaubert-Maupassant, éd. Yvan Leclerc, Flammarion, 1993, p. 205. Texte incomplet dans cette édition, publié d'après les éd. antérieures, l'autographe n'ayant pu être localisé à l'époque.]

Deux lettres à Flaubert

DU CAMP Maxime, 1822-1894. Lettre autographe inédite.
Lettre autographe, signée, à Gustave Flaubert ; jeudi 15 juin 1865 ; 3 1/2 p. in-8.
Réponses à des questions de Flaubert pour l’Éducation sentimentale.
"… Le mouton est installé ici et broute en paix l’herbe du jardin. Elle ne va pas mal, t’envoie ses plus tendres amitiés et t’attend à Bade avec impatience…
Réponse aux questions :
1° La vue du quai Napoléon était : faisant face à la Seine – à droite (Est) le Pont d’Arcole, au pied un bateau de blanchisseurs –, la Seine le Pont Louis Philippe, le pont rouge : en face, (Nord) l’hotel de ville et la grève : à gauche (ouest) le Pont au change avec l’arche du Diable tout embricollée de poutres ; le quai aux fleurs dont les marchands de plantes en bourriche venaient jusqu’aux pieds de la maison (café Lutèce) les jours de gros marché. Le long du quai, du coté de l’hotel de ville, entre le Pont au change et le Pont d’arcole, on voyait les grandes poternes qui servaient aux canotiers à remiser leurs canots.
Vue générale des monuments, faisant face à la Seine : de droite à gauche : tout au loin le génie ailé de la colonne de juillet ; le dôme de l’oratoire St antoine ; St Louis et St Paul ; St Gervais ; l’hotel de ville ; la tour St Jacques la Boucherie ; le Louvre, le Dôme des Tuileries – voilà –
2° Les mots que les gens du monde ne disent jamais sont : potage, bois, champagne, hongrois, sourcils – ils disent : soupe, Bois de Boulogne, vin de (champagne, madère etc. etc.), hongrais, soucils. Les gens très comme il faut disent : tuteyer, neyer ; ils écrivent lundy, mardy ; May ; froncois, j’étois, je roidis ; ils disent perruquier, portier, auberge, apothicaire et non coiffeur, concierge, hotel, pharmacien – ils disent les Bouffes et non les italiens. Le mot la cour est spécialement reservé pour la branche ainée ; on dit aujourd’hui l’empereur, les Tuileries (les Thuileries) ; sous Louis Philippe on disait le roi. (Le roi est à St Cloud, l’empereur est à Compiègne, la cour était à Versailles).
3° Le livre est de Deschanel ou de Hetzel : c’est une compilation ; je vais te la faire envoyer tout de suite.J’ai été 3 fois au Palais royal sans voir le Prince ; je le regrette."
Joint, lettre autographe, signée ; Baden Baden, Grand Duché, 3 septembre 1884 ; une page in-8.
8 000 / 10 000 FF - Lot n° : 80
[Correspondance Flaubert-Du Camp, éd. Yvan Leclerc, Flammarion, 2000. Lettre citée, en date du 15 juin 1865, d'après un extrait de catalogue, p. 349.]

SAND George. Lettre autographe, signée, à Gustave Flaubert ; Nohant 8 décembre 1874 ; 4 p. in-8, à son chiffre.
Admirable lettre à Flaubert.
"Pauvre cher ami, je t’aime d’autant plus que tu deviens plus malheureux. Comme tu te tourmentes et comme tu t’affectes de la vie ! car tout ce dont tu te plains, c’est la vie, elle n’a jamais été meilleure pour personne et dans aucun temps. On la sent plus ou moins, on la comprend plus ou moins, on en souffre donc plus ou moins, et plus on est en avant de l’époque où l’on vit, plus on souffre. Nous passons comme des ombres sur un fond de nuages que le soleil perce à peine et rarement, et nous crions sans cesse après ce soleil qui n’en peut mais. C’est à nous de déblayer nos nuages.
Tu aimes trop la littérature, elle te tuera et tu ne tueras pas la bêtise humaine. Pauvre chère bêtise, que je ne hais pas, moi, et que je regarde avec des yeux maternels, car c’est une enfance, et toute enfance est sacrée. Quelle haine tu lui as vouée, quelle guerre tu lui fais ! Tu as trop de savoir et d’intelligence, mon Cruchard , tu oublies qu’il y a quelque chose au-dessus de l’art, à savoir la sagesse, dont l’art, à son apogée n’est jamais que l’expression. La sagesse comprend tout, le beau, le vrai, le bien, l’enthousiasme par conséquent. Elle nous apprend à voir hors de nous quelque chose de plus élevé que ce qui est en nous, et à nous l’assimiler peu à peu par la contemplation et l’admiration.
Mais je ne réussirai pas à te changer. Je ne réussirai même pas à te faire comprendre comment j’envisage et saisis le bonheur, c’est-à-dire l’acceptation de la vie quelqu’elle soit ! Il y a une personne qui pourrait te modifier et te sauver, c’est le père Hugo, car il a un côté par lequel il est grand philosophe, tout en étant le grand artiste qu’il te faut et que je ne suis pas. Il faut le voir souvent. Je crois qu’il te calmera. Moi je n’ai plus assez d’orage en moi pour que tu me comprennes. Lui, je crois qu’il a gardé son foudre et qu’il a tout de même acquis la douceur et la mansuétude de la vieillesse.
Vois-le, vois-le souvent et conte-lui tes peines qui sont grosses, je le vois bien, et qui tournent trop au spleen. Tu penses trop aux morts, tu les crois trop arrivés repos. Ils n’en ont point. Ils sont comme nous ils cherchent. Ils travaillent à chercher."
15 000 / 20 000 FF - Lot n° : 197
[Correspondance, éd. Jean Bruneau, Pléiade, t. IV, p. 894-895.]

Autre lettre, sur catalogue.

Flaubert au Dr Pennetier, LAS, [Croisset], [6/09/1875?], "lundi", Cat. L'Autographe S.A., 2001 (Genève).
Lettre inédite. 1500.
Le catalogue comporte une erreur d'impression, indépendante de la volonté de ses auteurs : la date conjecturale est indiquée : (Croisset, 6 IX 1876?).
Précédente vente : Autographes et manuscrits, 1er juillet 1986.
Référence aimablement communiquée par Marlo Johnston (biographe de Maupassant) et par Sophie Marchal (Centre de recherche Correspondances, mémoires et journaux intimes XIXe-XXe siècles, Paris-Sorbonne).


Mentions légales