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[BULLETIN FLAUBERT n° 163 / 14 novembre 2014]

Vente Ader Nordman, 18 et 19 novembre 2014, salle Favart
«Femmes. Lettres et manuscrits autographes». Expert Thierry Bodin.
http://www.ader-paris.fr
Lot n°543. George Sand (1804-1876). Lettre autographe signée «G. Sand», Nohant 25 octobre [1871], à Gustave Flaubert; 8 pages in-8 à son chiffre. Magnifique et longue lettre à Flaubert. «Tes lettres tombent sur moi comme une pluie qui mouille, et fait pousser tout de suite ce qui est en germe dans le terrain. Elles me donnent l’envie de répondre à tes raisons, parce que tes raisons sont fortes et poussent à la réplique. Je ne prétends pas que mes répliques soient fortes aussi, elles sont sincères, elles sortent de mes racines à moi»... Elle veut répondre aux idées individualistes de Flaubert, opposé au suffrage universel et au pouvoir du nombre d’un «point de vue d’aristocratie intellectuelle». George Sand a d’ailleurs écrit là-dessus un article... Elle évoque sa propre formation morale et intellectuelle, et cette lettre pourrait être un chapitre d’Histoire de ma vie: «Mes racines - on n’extirpe pas cela en soi et je m’étonne que tu m’invites à en faire sortir des tulipes quand elles ne peuvent te répondre que par des pommes de terre. Dès les premiers jours de mon éclosion intellectuelle, quand, m’instruisant toute seule auprès du lit de ma grand’mère paralytique, ou à travers champs aux heures où je la confiais à Deschartres, je me posais sur la société les questions les plus élémentaires. Je n’étais pas plus avancée à 17 ans qu’un enfant de 6 ans, pas même, grâce à Deschartres (le précepteur de mon père) qui était contradiction des pieds à la tête, grande instruction et absence de bon sens; grâce au couvent où l’on m’avait fourrée Dieu sait pourquoi, puisqu’on ne croyait à rien; grâce aussi à un entourage de pure Restauration où ma grand’mère, philosophe, mais mourante, s’éteignait sans plus résister au courant monarchique. Alors je lisais Chateaubriand et Rousseau. Je passais de l’Évangile au Contrat social. Je lisais l’histoire de la Révolution faite par des dévots, l’histoire de France faite par des philosophes, et un beau jour j’accordai tout cela comme une lumière faite de deux lampes, et j’ai eu des principes; ne ris pas, des principes d’enfant très candide qui me sont restés à travers tout, à travers Lélia et l’époque romantique, à travers l’amour et le doute, les enthousiasmes et les désenchantements. Aimer, se sacrifier, ne se reprendre que quand le sacrifice est nuisible à ceux qui en sont l’objet et se sacrifier encore dans l’espoir de servir une cause vraie, l’amour. Je ne parle pas ici de la passion personnelle, mais de l’amour de la race, du sentiment étendu de l’amour de soi, de l’horreur du moi tout seul. Et cet idéal de justice dont tu parles, je ne l’ai jamais vu séparé de l’amour, puisque la première loi pour qu’une société naturelle subsiste, c’est que l’on se serve mutuellement comme chez les fourmis et les abeilles. Ce concours de tous au même but, on est convenu de l’appeler instinct chez les bêtes, et peu importe, mais chez l’homme l’instinct est amour, qui se soustrait à l’amour se soustrait à la vérité, à la justice. J’ai traversé des révolutions et j’ai vu de près les principaux acteurs, j’ai vu le fond de leur âme, je devrais dire tout bonnement le fond de leur sac: pas de principes, aussi pas de véritable intelligence, pas de force, pas de durée. Rien que des moyens et un but personnel. Un seul avait des principes, pas tous bons, mais devant la sincérité desquels il comptait pour rien sa personnalité: Barbès. Chez les artistes et les lettrés, je n’ai trouvé aucun fond. Tu es le seul avec qui j’aie pu échanger des idées autres que celles du métier. Je ne sais si tu étais chez Magny un jour où je leur ai dit qu’ils étaient tous des Messieurs. Ils disaient qu’il ne fallait pas écrire pour les ignorants, ils me conspuaient parce que je ne voulais écrire que pour ceux-là, vu qu’eux seuls ont besoin de quelque chose. Les maîtres sont pourvus, riches et satisfaits. Les imbéciles manquent de tout, je les plains. Aimer et plaindre ne se séparent pas. Et voilà le mécanisme peu compliqué de ma pensée. J’ai la passion du bien, et point du tout de sentimentalisme de parti-pris. Je crache de tout mon coeur sur celui qui prétend avoir mes principes et qui fait le contraire de ce qu’il dit. Je ne plains pas l’incendiaire, et l’assassin qui tombent sous le coup de la loi. Je plains profondément la classe qu’une vie brutale, déchue, sans essor et sans aide réduit à produire de pareils monstres. Je plains l’humanité, je la voudrais bonne, parce que je ne veux pas m’abstraire d’elle, parce qu’elle est moi, parce que le mal qu’elle se fait me frappe au coeur, parce que sa honte me fait rougir, parce que ses crimes me tordent le ventre, parce que je ne peux comprendre le paradis au ciel ni sur la terre pour moi tout seul. Tu dois me comprendre, toi qui es bonté de la tête aux pieds»...Elle voudrait aller à Paris pour retrouver Flaubert: «Mais je n’ose pas dépenser de l’argent, si peu que ce soit, quand il y a tant de misère»... Elle parle de sa petite-fille Aurore qui l’occupe beaucoup... Elle conclut: «je t’aime, c’est la conclusion à tous mes discours». Corr., t.IV, p.400-401; Correspondance Flaubert-Sand (éd. A. Jacobs), p.356. Ancienne collection du Colonel Daniel Sickles (VII, n°2900, 15 mars 1991). Estimation: 6 000/ 8 000 euros.

Lot n°729. Louise Colet (1810-1876), femme de lettres, poétesse et romancière; née Révoil, elle avait épousé (1834) le musicien Hippolyte Colet (1808-1851), et fut la maîtresse (entre bien d’autres) de Gustave Flaubert.
Lettre autographe signée «Louise Colet», Mardi, à un critique; 12 pages in-12 à son chiffre. Belle et longue lettre littéraire, sur Musset, Flaubert et Sainte-Beuve. Elle n’a jamais repoussé une main tendue: «je ne suis inflexible que sur les principes qui sont le fond même de la conscience et de l’honneur. Votre article sur Lui [1859] un peu sévère et trop soucieux peut-être de venger un académicien bel esprit, très peu moral [Alfred de Musset], eut pour résultat de me faire enlever immédiatement ma pension littéraire au Ministère de l’instruction publique», lui supprimant ainsi «le pain de chaque jour nécessaire à ma fille et à moi»... Elle n’a réussi à la faire rétablir que partiellement, après deux ans. Depuis, le critique a répondu avec bienveillance à l’envoi de son livre, mais elle lui reproche de n’avoir pas dit qu’il ne pouvait s’en occuper, alors que le succès ne s’obtient plus que par le bruit. «"Je dépenserais dix mille francs d’annonces m’écrivait un jour l’auteur de la sublime Salammbô [Gustave Flaubert], alors inconnu et je pousserais bien tous ces cuistres éreintés de critiques à faire attention à mes livres". Voilà de quelle façon aimable parlait de tous les écrivains de la Presse cet homme en style vigoureux.» Après avoir épinglé Sainte-Beuve, elle met son correspondant en garde contre l’engrenage des phalanges organisées et endoctrinées qui font les succès... Elle écrit cette lettre «en suivant le mouvement d’indignation que m’inspirent toujours le triomphe du charlatanisme en regard de l’immolation de l’honnête et du beau»...On joint une autre l.a.s. à propos de l’insertion d’un fragment du 3e volume de son livre L’Italie des Italiens (1862). Estimation: 400/ 500 euros.

Vente Pierre Bergé à partir de décembre 2015. Parmi les pièces, l’exemplaire de Madame Bovary que Flaubert adressa à Victor Hugo
http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/pauline-simons/edite-pierre-berge-tourne-les-pages-12-10-2014-1871586_1963.php

(< François Lapèlerie)
Site Kotte Autographs
https://www.autographenhandlung.de/eng/katalog/frame_katalog.php
Lettres à Ivan Tourgueneff [22 mars 1875], Louise Colet [22 décembre 1852], Ernest Feydeau [27 octobre 1868], Edmond Laporte [7 avril 1879], Alfred Nion? [4 janvier 1865], la baronne Louise Lepic [septembre 1871].

Site In Libris
https://inlibris.at/?s=flaubert&cat=14lang=en
Hérésie d’Arius. Autograph manuscript. Small folio. 2pp.
Comprehensive transcript of remarks to the central character in Flaubert’s La Tentation de saint Antoine which had appeared in 1874 after twenty years in which Flaubert had dealed with the subject. The detailed notes are relating to the dispute between Arius and Alexander, Bishop of Alexandria, the subsequent exile of Arius and finally his condemnation as a heretic by Emperor Constantine; for instance, Flaubert reflects on there a sons for Arius to be considered a heretic: «Hérésie d’Arius. […] Le point fondamental de la doctrine d’Arius était que le fils était l’ouvrage et la créature du père. […] Ce fut comme l’on croit vers ce même temps qu’Arius composa sa thalie [?]. C’était un Cantique sur la même mesure et sur le même air des chansons infâmes que Sotade [?] avait autrefois composées pr. les festins et pr. les danses, ce qui suffisait pr. rendre ce cantique odieux outre les erreurs qu’il contenait car Arius y avait enfermé la substance de sa doctrine […].» 14.500 euros.

Législation depuis Charlemagne jusqu’à Hugues Capet. Autograph manuscript. Folio. 4pp. on 2ff.
Notes for a perhaps unfinished work on Charlemagne: «1. La législation selon les races a été remplacée par la législation selon les conditions sociales et les [illisible] le pouvoir législatif central et l’unité qui en résultait dans certains parties de la législation surtout dans la législation publique ont disparu. Il y a une charte [illisible] tous les articles des capit qui concernent la morale, la religion les affaires canoniques […]». - Stamped twice «Vente Flaubert» (Antibes, April 28-30, 1931); slight ruststains from old paper clip, and small damage to edges; mild toning. 28.000 euros.

Autograph letter signed. Croisset, [Jan. 4, 1865]. Large 8vo. 1p.
To Alfred Nion, Flaubert writes for news of his «fairy» play, Le Château des coeurs; desiring to demonstrate that this old form can be profitably revived, he is nevertheless pessimistic about the sucess of his play: «Eh bien, et la Féerie, cher ami? Je crois que contrairement au proverbe ‘pas de nouvelles, bonnes nouvelles’ la chose est complètement flambée? Mon deuil en est tout fait. J’avais cependant été bien aise de gagner quelques portraits de l’empereur sur métal, avec cette folichonnerie […] on peut se servir d’un cadre usé [pour] rajeunir un vieux genre. Tu serais bien gentil de me dire ce que ton patron en a pensé.». Dated in the hand of Caroline Commanville, his literary executor; light creasing along old folds. Corr., t.III, p.420. 12.500 euros.

Vente passée
Fraysse & Associés, 5 novembre 2014
Email: contact@fraysse.net Tél.: 01 53 45 92 10
http://catalogue.gazette-drouot.com/html/g/fiche.jsp?id=4360288
Lot n°256. Solange Clésinger, née Dudevant (1828-1899) fille de George Sand, épouse du sculpteur Auguste Clésinger
43 L.A.S. (4 non signées dont une incomplète), Paris, Cannes, Pau, Montgivray vers 1877-1898 et s.d., à Georges Loutil; 117 pages formats divers, une adresse et une enveloppe. Très intéressante correspondance amicale, souvent intime, avec ce juge de paix de La Châtre, d’environ 30 ans son cadet, vieux garçon et «jeune camarade».
[…] 14 décembre [1877?]. «Je viens d’engloutir La Tentation de St Antoine de Flaubert. Oeuvre maladive, tourmentée, pénible, surchargée de travail ‒ piochée à la fureur, insensée, malsaine, fatigant le lecteur autant qu’elle a éreinté l’auteur. J’en suis sortie brisée, à moitié folle, la tête rompue, le corps moulu ‒ malade au moral et au physique; comme au sortir d’un cauchemar atroce, d’une nuit de délire, d’une fièvre cérébrale.»

[BULLETIN FLAUBERT n° 162 / 9 octobre 2014]

(< François Lapèlerie)
Vente Alde, 16 octobre 2014
http://www.alde.fr/vente/25784/2
Lots 33 à 37.
Éditions originales de Madame Bovary, 1re et 2e éditions, Salammbô, 1re éd., L’Éducation sentimentale, 1re éd. sur grand papier de Hollande, La Tentation de saint Antoine, 1re éd., Bouvard et Pécuchet, 2e éd.

Vente Ader, 16 octobre 2014
http://www.ader-paris.fr/html/index.jsp?id=20550&aff=1&npp=10000&lng=fr&ordre=1&np=1#lot164
Lot 164. La Tentation de saint Antoine, Paris, Charpentier et Cie, 1874. In-8, (4f. premier blanc), 296p., couverture imprimée. Demi-chagrin marron, dos à nerfs orné de filets dorés, tête dorée, non rogné, couverture conservée (reliure de l’époque).
Édition originale.
Exemplaire portant cet envoi de l’auteur à Madame Drouais:
«à Madame Drouais // Humble hommage de // son tout dévoué // Gve Flaubert.»
Les exemplaires de ce titre avec envoi sont rares. On trouve en plus ici deux corrections manuscrites au crayon aux pages 152 et 295, qui ne sont cependant pas de la main de Flaubert. Dos passé. Salissures et petites déchirures à la couverture.
Estimation: 600 - 800 euros.

(< Stéphanie Dord-Crouslé)
Vente Millon & Associés, 20 octobre 2014
EMail : contact@millon-associes.com
http://www.millon-associes.com/html/fiche.jsp?id=4347896&np=1&lng=fr&npp=10000&ordre=&aff=5&r=
Lot n°226. École française de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Portrait de Gustave Flaubert. Huile sur carton 30 x 21 cm à la vue. Annoté en bas à droite «Gustave Flaubert».
http://flaubert.univ-rouen.fr/iconographie/gf_portrait2014.php

(< Michel Pierssens)
Vente Kapandji Morhange, 21 Octobre 2014
http://www.auction.fr/_fr/lot/flaubert-gustave-l-education-sentimentale-6727943#.VDmYeRY_xgl
Lot 74. L’Éducation sentimentale. Histoire d'un jeune homme, Michel Lévy frères, 1870, 2 volumes in-8°, [2]f., 427p. + [2]f., 33 p., reliure époque demi-chagrin vert bronze, dos à 4 faux nerfs, caissons ornés, auteur, titre et tomaisons dorés (nerfs, coiffes et coupes lég. frottés, début du tome 2 un peu déréglé, qq. traces de poussière en marge, taches très pâles marginales en pied de 6 pages).
Edition originale. (Vicaire III, 726). Sans mention d'édition et sans le catalogue de l’éditeur. Etiq. Ex-libris «G. Geisenheimer» aux gardes. Estimation: 700/ 900 euros.

(< Marlo Johnston)
Vente en ligne par Auction Reports, jusqu’au 15 octobre 2014
http://www.americanaexchange.com/search/result?page=9&per_page=25&q=Flaubert&search_type=auctions&utf8=%E2%9C%93
Lettre de Flaubert à Tourgueneff, [22 mars 1875?].
[Corr., éd. Jean Bruneau, Bibl. de la Pléiade, t.IV, p.914.]

Catalogue Les Autographes, Thierry Bodin, n°138, automne 2014
http://www.franceantiq.fr/slam/autographes/Cat.asp?AUTEUR=Flaubert&IdTable=Bodin0914
Lot 99. L.A.S. «Le sire d’Argouges», Croisset jeudi 4h [4 octobre 1877], à son ami Edmond Laporte; 1 page in-8.
Belle lettre au retour de son voyage en Basse-Normandie pour la documentation de Bouvard et Pécuchet. «Je suis arrivé ici hier soir à 10 heures, mon cher Asiatique. Aujourd’hui je repasse à l’encre les notes prises au crayon. Demain, j’écris qques épitres. Samedi je me remets à la pioche et lundi je vous conterai la suite du voyage. Comme je vous ai regretté.» Il l’attend lundi pour «passer la dînée, la soirée & la nuitée». Après avoir signé «Le sire d’Argouges» [on lui avait conté la légende de ce personnage à Argouges, le 25 septembre], il ajoute: «Hier j’ai été à la Trappe quelles binettes nom d’un nom! quelles gueules»... Il voudrait savoir quand Laporte arrivera lundi, parce qu’il pourrait aller à Rouen ce jour-là, «conférer avec Sauvageot du dessin qu’il m’a envoyé»... 2.000 euros.
[Corr., éd. Jean Bruneau et Yvan Leclerc, Bibl. de la Pléiade, t.V, p.302.]

(< Jacques-Remi Dahan)
Catalogue Écritures, Librairie d’Otrante
Florian Balduc, Le Coudray, 61230 La Fresnaie-Fayel, +33 (0) 2.33.67.26.43, librairieotrante@yahoo.fr
https://www.ilab.org/catalog_view/1885/1885_EcrituresMail.pdf
Lot 29. Ernest Feydeau, lettre autographe signée à Gustave Flaubert, Trouville, rue de la Cavée, 12 septembre 1867. Six pages in-8.
Longue lettre d’Ernest Feydeau à Flaubert concernant l’élaboration de L’Éducation sentimentale.
Cette lettre figure dans la vente Flaubert de 1931 (succession de Mme Franklin Grout-Flaubert).
Pour obtenir des renseignements, enrichir ou affiner la genèse de son oeuvre, Flaubert se tourne vers ses amis et échange de nombreuses lettres avec ces derniers. Pour L’Éducation sentimentale, Flaubert échange ainsi des lettres avec, parmi d’autres, George Sand, Louis Bouilhet, Maxime du Camp et Ernest Feydeau.
Dans une lettre datée fin 1866, Flaubert sollicite l’aide de son ami Feydeau: «[...] je viens te demander un service [...] Voici la chose; elle concerne mon bouquin. Mon héros Frédéric a l’envie légitime d’avoir plus d’argent dans sa poche et joue à la Bourse, gagne un peu, puis perd tout, 50 à 60.000 francs. C’est un jeune bourgeois complètement ignorant en ces matières et qui ne sait pas en quoi consiste le 3%. Cela se passe dans l’été de 1847. Donc, de mai à fin août, quelles ont été les valeurs sur lesquelles la spéculation s’est portée de préférence?
Ainsi, il y a trois phases à mon histoire: 1° Frédéric va chez un agent de change, apporte son argent et se décide pour ce que l’agent de change lui conseille. Est-ce ainsi que cela se passe? 2° Il gagne. Mais comment? Et combien? 3° Il perd tout. Comment? Et pourquoi?
Tu seras bien aimable de m’envoyer ce renseignement, qui ne doit pas tenir dans mon livre plus de 6 ou 7 lignes. Mais explique-moi clairement et véridiquement. Fais attention à l’époque: c’est en 1847, l’été des affaires Praslin et Teste.
Par la même occasion, dis-moi un peu ce que tu deviens et fabriques.»
Le 12 septembre 1867, Ernest Feydeau, qui accessoirement est également courtier en bourse, répond à cette demande de son ami, «clairement et véridiquement». L’explication donnée par Feydeau occupe deux pleines pages, dans lesquelles il lui propose deux hypothèses possibles, claires et détaillées. «Dans l’été de 1847, Frédéric [...] a dû jouer sur les actions du chemin de fer du Nord [...].» Puis Ernest termine ainsi son exposé: «Tu ne comprends pas? non. C’est pourtant très clair. Voici ce que je te conseille. Fais comme si tu comprenais. Choisis l’une des deux hypothèses. Et puis écris tes sept lignes et envoie-les moi. Je te corrigerai. Et ce sera bien le diable alors si la chute n’est pas réelle et claire.»
Dans L’Éducation sentimentale, Frédéric Moreau profite bien d’un gain (p.235: «Trois jours après, à la fin de juin, les actions du Nord ayant fait quinze francs de hausse, comme il en avait acheté deux mille l’autre mois, il se trouva gagner trente mille francs»), suivi d’une lourde perte (p.242: «À la fin de juillet une baisse inexplicable fit tomber les actions du Nord. Frédéric n’avait pas vendu les siennes; il perdit d’un seul coup soixante mille francs»).
Les conseils de Feydeau se retrouvent ainsi bel et bien dans le roman de Flaubert et correspondent à la longueur souhaitée par l’auteur, à savoir six lignes.
Dans la deuxième partie de sa lettre, Feydeau répond à la dernière question de Flaubert. «Maintenant que je t’ai donné le renseignement dont tu as besoin, je réponds à ta question: qu’est-ce que tu fabriques?
Je fabrique trois choses: 1° un étendard pour le porter haut, au nom de la littérature, en faisant un procès à Michel Lévy - 2° un roman - 3° une collection de coquilles fossiles […].»
1° En 1868 Feydeau publie chez Michel Lévy Le Roman d’une jeune mariée. Noël Parfait, collaborateur de Michel Lévy en modifie le texte sans en prévenir l’auteur. «(Rugis, Flaubert!!!) - […] il y a deux personnages qui […] sont juifs. Parfait leur a ôté cette qualité de juifs, sous prétexte que je nourrissais d’odieux préjugés contre une portion de la grande famille humaine […] (rugis de nouveau! frappe-toi du talon dans le cul.
Cela soulage, je l’ai fait.) [...] Je ferai un procès à mort à Michel Lévy.»
2° Feydeau met «la dernière main à un roman qui va faire du bruit […] La Comtesse de Chaslis ou les moeurs du jour. Que tes quarante cheveux ne se hérissent pas en lisant ce titre à la Marmontel. […] Quant aux moeurs du jour, tu les connais. Je les raconte tout au long. Gare là-dessus!
Il est fort peu probable qu’on me décore pour avoir commis ce chef-d’oeuvre.» Il paraît cette même année en feuilletons dans le journal La Liberté, puis en volume chez Lévy.
3° Feydeau conte finalement comment, chaque jour, il se rend «accompagné de ton ami Georges dans la falaise de Trouville» et s’essaie au métier de géologue. «Les de Goncourt pourront te donner à cet égard les sentiments les plus malveillants.» L’écrivain annonce aussi qu’il réunit les matériaux pour un roman dans lequel il dira «tout ce [qu’il] pense sur le monde, la vie, le gouvernement et la religion.» En guise de post-scriptum, Feydeau termine avec ces mots, que nous nous garderons de commenter, ni d’expliquer d’ailleurs (à noter que lors de la vente de 1931 il était précisé «cette lettre se termine par un P.S. érotique qui nous oblige à la vendre sous enveloppe fermée»):
«Je bande!.... que c’est une horreur!!!»
Provenance: Succession de Mme Franklin Grout-Flaubert, lot n°190 de la vente des 18 et 19 novembre 1931 (il est possible que l’acheteur lors de cette vente soit Sacha Guitry qui y acheta un grand nombre de lettres, manuscrits et objets).
1.800 euros.

[BULLETIN FLAUBERT n° 160 / 2 juillet 2014]

(< Stéphanie Dord-Crouslé, Catriona Seth)
Dimanche 20 juillet 2014, vente aux enchères, Rouen
Maîtres Wemaere & de Beaupuis, 20 rue de la Croix de Fer, 76000 Rouen
Tél.: 02 35 70 32 89
http://www.poulainlivres.com/20-juillet-2014-rouen-photos.html
Flaubert (Gustave). Lettre à sa nièce Caroline et à sa mère, [1864-1870]
[Corr., éd. Jean Bruneau et Yvan Leclerc, Bibl. de la Pléiade, t.V, Suppl., p.1007.]
Amusant mot de Gustave Flaubert adressé à sa nièce Caroline et par son intermédiaire à sa mère Caroline Flaubert:
«Mon Caro, Puisque ta Bonne Maman continue à ne pas me donner son adresse remets lui immédiatement le mot suivant. Mille bécots sur tes bonnes joues par ton vieux Gustave Flaubert. lundi 9 h. du matin. [En post scriptum]: J’espère déjeuner chez toi demain, mon cher Loulou.»
Au dos de ce mot se trouve le mot adressé à Caroline Flaubert, la mère de Gustave: «Chère vieille, Arrange toi pour que Edmond en arrivant demain à Croisset ait la clef de mon cabinet afin qu’il puisse le nettoyer et y faire du feu. A bientôt donc, je t’embrasse, ton fils Gustave Flaubert.»
Mot sur un papier bleu de 27 x 19 cm plié en deux, puis en quatre, une pliure a fini par couper le papier dans le sens de la longueur sans toucher au texte.
Flaubert eut, dans sa vie, trois Caroline tendrement aimées: sa mère, Caroline Flaubert, née Fleuriot; sa soeur, Caroline Hamard, née Flaubert, et sa nièce, Caroline Commanville, en premières noces, et Franklin-Grout, en secondes, née Hamard. Le mot présenté ici est donc adressé à cette dernière puisqu’elle doit le transmettre à sa bonne maman. Flaubert appelle souvent sa nièce ma Caro, ma chère Caro, mon Caro et selon les circonstances mon Loulou ou mon pauvre Loulou. Nous retrouvons dans ce simple mot toute l’ambiance fine et détendue qui pouvait régner entre Gustave et ses «3 Caroline».
Est. 1 000-1 500 euros

(< Jacques-Remi Dahan)
11 juillet 2014, vente Boisgirard Antonini, Nice.
Lot 16. Flaubert Gustave, Madame Bovary. Moeurs de province, Paris, Michel Lévy frères, 1857. 2 vol. In-12 (185 x 115 mm), 2f. (faux-titre et titre), 232p.; 2f. (faux-titre et titre), p.233-490, 36p. (catalogue de l’éditeur, mars 1857), demi-percaline bleue à coins à la Bradel, étiquette de titre et fleuron doré sur les dos, couvertures et dos conservés, petites taches brunes sur la percaline du plat inférieur du tome 1, petits manques angulaires en marge p.347 et 383. Reliure signée de Champs.
Édition originale; exemplaire du premier tirage (on trouve Sénart au lieu de Sénard à la dédicace), ainsi que toutes les caractéristiques relevées par Max Brun). Il est truffé de la suite des 7 gravures de Boilvin éditées par Lemerre en 1876. Intéressant exemplaire, très frais, et bien établi par Champs.

[BULLETIN FLAUBERT n° 159 / 28 mai 2014]

(< Michel Pierssens)
Vente Sotheby’s, 3 juin 2014
Lettre de Gustave Flaubert, Croisset, lundi soir.
[Lettre apparemment inédite. Le catalogue émet l’hypothèse d’une lettre adressée à Louise Colet. Il ne s’agit pas d’elle, sans qu’on puisse préciser pour l’instant une autre destinatrice. 2.500/ 3.500 euros]
http://www.sothebys.com/en/auctions/ecatalogue/2014/books-manuscripts-n09157/lot.102.html

Vente Bayeux Enchères, 15 juin 2014
E-mail: bayeuxencheres@orange.fr Tél.: 02 31 92 04 47
http://catalogue.gazette-drouot.com/html/g/fiche.jsp?id=3994585
Lot n°154. Flaubert, Salammbô, Paris, Michel Lévy frères, 1863, 1 vol in-8 (de 2 ffnch [feuillets non chiffrés] (faux titre, titre)-474p. et 1 fnch de table). Édition originale. Reliure fin XIXe demi-chagrin havane à coins, dos à nerfs orné, auteur et titre dorés. Exemplaire enrichi sur le recto du feuillet de faux-titre d’un envoi autographe signé de l’auteur libellé ainsi «à Ulrich Guttinguer affectueux souvenir d’un vieux romantique G. Flaubert» [sic pour «Ulrich», si l’envoi a été correctement recopié] accompagné de la mention manuscrite (de la même main) du justificatif de tirage «un des 25 exemplaires tirés sur papier de Hollande». La page de dédicace légèrement salie (présence aussi d'un reste d'étiquette blanche ou d’ex-libris après arrachage); pas de déchirure du papier et bien sûr aucune atteinte ni à l’envoi ni au justificatif. Exemplaire à grandes marges séduisant et en excellent état... qui mériterait sans nul doute une reliure plus imaginative. (Vicaire I-726). Ulric [et non Ulrich, comme dans l’envoi] Guttinguer (1787-1866): poète romantique, romancier français, président de l'académie littéraire de Rouen (dont il était originaire) fut considéré par les chefs de l'école romantique comme un précurseur et donc l’un des leurs. Estimation: 2.000/ 3.000 euros.

Lettre de Gustave Flaubert à Edmond Laporte, 15 septembre 1878, vente Roumet sur Internet
http://www.roumet-hp.fr/index.php?list=1&mag=gf&type=vso&venteno=vo49&chap=3311
LA s.l. le dimanche 24 [1878] à «Mon bon» (Edmond Laporte). 2p in 8° (cachet de la collection E. Laporte). Il a écrit à Bardoux [nommé Ministre de l’Instruction en décembre 1877] afin de trouver une place à Laporte. Et dresse une liste en cinq points des choses que son ami doit faire sans tarder, ne serait-ce que pour éviter à nouveau de rater une opportunité. «De l’énergie, nom de Dieu! De l’audace! De l’audace, toujours de l’audace! [...] Il y a peut-être vingt inspecteurs et 80 promesses. [...] Vitellius embrasse son asiatique.» Les interventions de Flaubert en faveur de son ami Laporte (ainsi qu’en faveur de Maupassant) ont été nombreuses en 1878, comme en témoigne sa correspondance.
[Corr., édition Jean Bruneau et Yvan Leclerc, Bibl. de la Pléiade, t.V, p.434-435.]

(< Emmanuel Desurvire)
Lettre de Gustave Flaubert à Jules Troubat, [1871], lettre apparemment inédite.
Galerie Manuscripta. 4.500 euros.
http://www.autographes-manuscripta.com/autographe-flaubert-2/

[BULLETIN FLAUBERT n° 158 / 7 mai 2014]

(<J.-R. Dahan)
Librairie Pierre Saunier, 22 rue de Savoie, Paris, catalogue Bazar à treize, s. d. [avril 2014].
Art. 18: Flaubert (Gustave). Madame Bovary – Moeurs de province. Paris, Michel Lévy, 1857, in-12, demi-basane marron, dos lisse orné de filets dorés (reliure de l’époque).
Édition originale. Un des exemplaires sur grand papier, imprimé en un seul volume sur vélin fort – la signature des cahiers est différente de celle du tirage courant.
Envoi autographe signé (fac-similé): à mon cher ami le pei[ntre] / Gleyre / l’auteur / G[usta]ve Flaube[rt].

(< Catriona Seth)
Vente Oger – Blanchet, Hôtel Drouot, 7 mai 2014
E-Mail: contact@ogerblanchet.fr, Tél.: 01 42 46 96 95
Lot 40. Flaubert, lettre à Jeanne de Tourbey, slnd. Inédite. 700/ 800 euros.
http://www.ogerblanchet.fr/flash/index.jsp?id=18437&idCp=85&lng=fr
Lettre autographe signée, adressée à Jeanne de Tourbey (Mme de Loynes). Sans date; 1 page in-8°. Jolie lettre amoureuse: «Pensez-vous au nommé Rohaut. Dites-moi l’adresse de M. Er. Daudet, p[our] que je le remercie de son volume. Et croyez bien que je vous idolâtre. Votre vieux fervent.» Marie-Anne Loynes Detourbay (dite mademoiselle Jeanne de Tourbey), comtesse de [Reims, 1837 - Paris, 1908], demi-mondaine qui tint un salon littéraire et politique influent sous le Second Empire et la Troisième République. Gustave Flaubert tomba fort amoureux d’elle et lui écrivit des lettres enflammées.

(< François Lapèlerie)
Librairie Le Feu Follet
http://www.edition-originale.com
Deux éditions originales de Salammbô, Michel Lévy, 1863.
1. Volume dédicacé à Louis de Carné, 12.000 euros
http://www.edition-originale.com/Gustave-FLAUBERT-Salammbo-Paris-1863.html,40674
Édition originale sur papier courant.
Reliure en demi-chagrin sapin, dos à cinq nerfs, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier à la cuve, ex-libris encollé sur une garde, reliure de l’époque.
Rare envoi autographe signé de l’auteur à (Louis) de Carné, journaliste et historien dont Flaubert possédait plusieurs ouvrages référencés dans l’inventaire de sa bibliothèque. L’intérêt que portait Flaubert à l’oeuvre de Carné n’était toutefois pas bienveillant. On retrouve en effet des notes critiques sur ses articles dans les dossiers de Bouvard et Pécuchet.
D’autre part, la parution de Salammbô coïncide avec l’élection controversée de Louis de Carné à l’Académie Française, qualifiée de coup d’état clérical par une partie de l’opinion publique. Elle était en effet le résultat de la fronde organisée par Mgr Dupanloup contre l’autre candidat, Émile Littré, auteur d’une définition matérialiste de l’homme qui déchaîna la fureur des partis religieux et Orléanistes. Flaubert évoque le scandale de cette élection dans une lettre aux Goncourt du 6 mai 1863: «Avez-vous suffisamment vitupéré Sainte-Beuve et engueulé l’Académie à propos de la nomination Carné?»
Bien qu’il précède sans doute légèrement cette élection, cet envoi de Flaubert à Carné est un curieux hommage d’un écrivain accusé naguère «d’offense à la morale publique et à la religion» à un futur représentant du pouvoir religieux au sein même de la prestigieuse Académie.
Rares et légères rousseurs sans gravité, bel exemplaire.

2. Volume dédicacé à Mme Morris, 8.500 euros.
http://www.edition-originale.com/Gustave-FLAUBERT-Salammbo-Paris-1863.html,38176
Troisième édition parue la même année que l’édition originale. Reliure en demi-chagrin marine, dos à quatre nerfs sertis de pointillés dorés et orné d’un cartouche doré agrémenté d’arabesques dorées, plats, gardes et contreplats de papier à la cuve, légères traces de frottements sur les mors, tête dorée, reliure légèrement postérieure d’une dizaine d’années.
Précieux et rare envoi autographe signé de l’auteur à madame Morris. Celle-ci pourrait être l’épouse du poète anglais William Morris, ami intime du peintre Edward Burne-Jones. [Selon Fabien Persil, que nous avons consulté, il s’agirait plutôt d’une personne apparentée au général Louis Michel Morris, qui participa à la conquête de l’Algérie. Il était né à Croisset en 1803, et une branche de sa famille y résidait encore à la fin du XIXe siècle. Note du Bulletin Flaubert.]
Une pâle et discrète mouillure angulaire affectant, en pied, les quinze derniers feuillets.

[BULLETIN FLAUBERT n° 157 / 26 mars 2014]

(< Stéphanie Dord-Crouslé)
Lion Heart autograph, site en ligne
Flaubert, manuscrit autographe intitulé Histoire de France.
http://www.lionheartautographs.com/autograph/18080-FLAUBERT,-GUSTAVE-An-autograph-manuscript-entitled-%27Histoire-de-France%27
3.500 $

(< Jacques-Remi Dahan, Michel Pierssens)
Vente Alde, vendredi 28 mars 2014 à 14 h, salle Rossini, 7, rue Rossini 75009 Paris.
Éditions originales des XIXe et XXe siècles – Bibliothèque célinienne Romuald Gallier
E-mail: contact@alde.fr
Tél.: 01 45 49 09 24
http://catalogue.gazette-drouot.com/html/g/fiche.jsp?id=3801227
22. Flaubert (Gustave), Madame Bovary, Paris, Michel Lévy, 1857, 2 volumes in-12, veau cerise, double filet doré, roulette en encadrement et plaque losangée centrale estampées à froid, dos orné de motifs dorés et à froid, tête dorée, non rogné, dentelle intérieure dorée, couverture et dos (Thierry). 3.000/ 4.000 euros.
Édition originale. Exemplaire de premier tirage, avec la faute à «Senart» et autres caractéristiques relevées par Max Brun, enrichi de la suite des 7 eaux-fortes de Boilvin pour l’édition Lemerre de 1874 en épreuves avant la lettre.
Très bel exemplaire dans une agréable reliure de Thierry, auquel une lettre autographe signée de Flaubert est jointe (datée vendredi matin au 4, rue Murillo, parc Monceau). Les couvertures de l’ouvrage ont été conservées, mais pas le catalogue de l’éditeur.
De la bibliothèque du baron de Fleury (1941, n° 81), avec ex-libris. Charnières fendues et habilement restaurées avec d’infimes frottements.

23. Flaubert (Gustave), La Tentation de saint Antoine, Paris, Charpentier et Cie, 1874. In-8, demi-maroquin vert avec coins sertis d’un filet doré, dos orné de filets et fers dorés, non rogné, couverture et dos (Canape). 300/ 400 euros.
Édition originale. Bel exemplaire très frais, bien relié par Canape, avec la couverture et le dos conservés. De la bibliothèque Émile Henriot (1963, I, n°216), avec ex-libris. Quelques infimes frottements à la reliure.

[BULLETIN FLAUBERT n° 156 / 20 février 2014]

(< Éric Walbecq)
Catalogue Sibylle - Librairie Le Feu Follet
catalogue@edition-originale.com
Gustave FLAUBERT, Salammbô. Michel Lévy, Paris, 1863, 15 x 23cm, relié.
Édition originale sur papier courant. 1.200 euros.
Reliure en demi-chagrin sapin, dos à cinq nerfs, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier à la cuve, ex-libris encollé sur une garde, reliure de l’époque.
Rare envoi autographe signé de l’auteur à (Louis) de Carné, journaliste et historien dont Flaubert possédait plusieurs ouvrages référencés dans l’inventaire de sa bibliothèque. L’intérêt que portait Flaubert à l’oeuvre de Carné n’était toutefois pas bienveillant. On retrouve en effet des notes critiques sur ses articles dans les dossiers de Bouvard et Pécuchet.
D’autre part, la parution de Salammbô coïncide avec l’élection controversée de Louis de Carné à l’Académie Française, qualifiée de coup d’état clérical par une partie de l’opinion publique. Elle était en effet le résultat de la fronde organisée par Mgr Dupanloup contre l’autre candidat, Émile Littré, auteur d’une définition matérialiste de l’homme qui déchaîna la fureur des partis religieux et Orléanistes. Flaubert évoque le scandale de cette élection dans une lettre aux Goncourt du 6 mai 1863: «Avez-vous suffisamment vitupéré Sainte-Beuve et engueulé l’Académie à propos de la nomination Carné?»
Bien qu’il précède sans doute légèrement cette élection, cet envoi de Flaubert à Carné est un curieux hommage d’un écrivain accusé naguère «d’offense à la morale publique et à la religion» à un futur représentant du pouvoir religieux au sein même de la prestigieuse Académie. Rares et légères rousseurs sans gravité, bel exemplaire.

Gustave Flaubert, Salammbô, Michel Lévy frères, Paris, 1863, 14,5 x 22,5cm, relié.
Troisième édition parue la même année que l’édition originale. 8.500 euros.
Reliure en demi-chagrin marine, dos à quatre nerfs sertis de pointillés dorés et ornés d’un cartouche doré agrémenté d’arabesques dorées, plats, gardes et contreplats de papier à la cuve, légères traces de frottements sur les mors, tête dorée, reliure légèrement postérieure d’une dizaine d’années.
Précieux et rare envoi autographe signé de l’auteur à madame Morris. Celle-ci pourrait être l’épouse du poète anglais William Morris, ami intime du peintre Edward Burne-Jones.
Une pâle et discrète mouillure angulaire affectant, en pied, les quinze derniers feuillets.

Gustave Flaubert, Madame Bovary, Alphonse Lemerre, Paris, 1874, 9,5 x 16,5cm, 2 volumes reliés sous étuis. 8.000 euros.
Dernière édition publiée du vivant de l’auteur, illustrée d’un frontispice.
Reliure en demi-veau bronze, dos à quatre nerfs sertis de pointillés dorés et orné de doubles caissons dorés agrémenté de motifs décoratifs floraux dorés, pièce de titre et nom de l’auteur de maroquin framboise, pièce de tomaison de maroquin olive, plats de papier marbré, gardes et contreplats de papier à la cuve, tête dorée, étuis.
Infimes traces de frottements sur le dos et légères traces d’usure sur un mors du tome 1.
Rarissime envoi de l’auteur à (Louis) Ménard: «A mon ami Ménard, Gustave Flaubert, 28 Mai 77».
Savant, peintre, poète, philosophe, helléniste et chimiste, Louis Ménard est le modèle de l’artiste intellectuel complet tel qu’on le concevait au XIXe siècle.
Il est l’ami d’enfance de Baudelaire, l’initie au haschisch, et participe avec lui au Club des Haschischins auquel se rend également Flaubert.
Très engagé politiquement, il fréquente Karl Marx et Proudhon, prend parti pour la Révolution de 1848. Son «Prologue d’une révolution, février-juin 1848», paru en 1849 lui vaut 3 ans de prison et inspire sans doute Flaubert pour L’Éducation sentimentale.
Comme peintre, il se lie avec les artistes de Barbizon, comme chimiste, il invente le collodion, et comme linguiste, il tente, sans succès, de réformer l’orthographe.
À sa mort, Édouard Champion publiera en son hommage «Le tombeau de Louis Ménard» avec la collaboration de Huysmans, Louÿs, Barrès, Bourget, Claretie, Coppée, Heredia, Houssaye, Montesquiou, Régnier, etc.
Bel exemplaire agréablement établi comportant un rare envoi de l’auteur sur ce texte.

Hôtel Drouot, vente Primardeco, 28 février 2014
http://catalogue.gazette-drouot.com/html/g/fiche.jsp?id=3724596
artistique@primardeco.com
Lot n°166. Flaubert (Gustave), L. A. S. à Monsieur de Chennevières, directeur du musée du Luxembourg. Croisset 16 avril [1868]. 1 p. 1/2 in-8 sur fin vergé bleu, enveloppe et timbre. «Est-ce abuser de votre complaisance (déjà éprouvée) que de vous recommander les tableaux n°5341, et 5342 (Auctore Maisiat). Ils sont maintenant extraits du Salon et mis à mort dans un atelier en bas où le dit Maisiat y travaille. Si vous pouvez les placer favorablement vous ferez quelque chose qui me sera très agréable...». Joanny Maisiat est un peintre de fleurs lyonnais qui fut le professeur de dessin de Caroline Hamard, nièce de Gustave Flaubert. La lettre se poursuit par la demande «d’un petit volume promis». Estimation: 400/ 500 euros.

[BULLETIN FLAUBERT n° 155 / 21 janvier 2014]

Catalogue Thierry Bodin, Les Autographes, n°137, janvier 2014
http://www.lesautographes.com
113. Gustave Flaubert, L.A.S. à Edmond Laporte, [Croisset, 16 octobre 1877]. 1.600 euros.
[Corr., éd. Jean Bruneau et Yvan Leclerc, Bibl. de la Pléiade, t.V, p.311-312.]

[BULLETIN FLAUBERT n° 154 / 12 décembre 2013]

(< Éric Walbecq)
Vente FL Auction, Hôtel Drouot, 12 décembre 2013.
E-mail - info@fl-auction.com
Tel. 01 42 60 87 87
http://www.bsf-commissaires-priseurs.com/flash/index.jsp?id=18218&idCp=253&Ing=fr  
Lot n°89. FLAUBERT (G.) 1821-1880, écrivain. L.A.S. «Vitellius embrasse son asiatique» à [Edmond LAPORTE]. [1878.] 2 pages in-8. Cachet de la collection Edmond Laporte. Il a écrit à Bardoux [nommé Ministre de l'Instruction publique en décembre 1877] afin de trouver une place à Laporte. Et dresse une liste en cinq points des choses que son ami doit faire sans tarder, ne serait-ce que pour éviter à nouveau de rater une opportunité. «Il y a peut-être vingt inspecteurs et 80 promesses». [Les interventions de Flaubert en faveur de son ami Laporte (ainsi qu'en faveur de Maupassant) ont été nombreuses en 1878, comme en témoigne sa correspondance et son journal.] Estimation: 1.500/ 2.000 euros.

Lot n° 90. FLAUBERT (G.) 1821-1880, écrivain. L.A.S. à [Edmond Laporte]. [Janvier 1879.] 1 page in-12. Cachet de la collection Edmond Laporte. «Vous savez que les Agapes ont toujours lieu samedi prochain 18 à 11h du matin [...]. Ce n'est pas pour cela que je vous écris mais pour vous prévenir que: [...] La journée du samedi sera prise par le repas ou à peu près. Arrangez-vous donc pour me consacrer tout le dimanche jusqu'à lundi matin. Allons voyons ne fais pas ta putain.» Estimation: 1.000/ 1.200 euros.

(< Michel Pierssens)
Vente Ader, Hôtel Drouot, 17 décembre 2013. Thierry Bodin, expert.
EMail: contact@ader-paris.fr
Tél.: 01 53 40 77 10
http://www.ader-paris.fr/flash/index.jsp?id=18093&idCp=97&lng=fr&npp=10000
LOT n°50. Gustave FLAUBERT (1821-1880). Manuscrit autographe, Sophonisbe – Mairet Corneille Voltaire; 1 feuillet de titre et 28 pages in-fol. plus un f. blanc, le tout monté sur onglets, sous reliure bradel demi-maroquin à coins prune, titre en long doré sur le dos (Semet & Plumelle).
Précieux recueil de notes sur la Sophonisbe de Corneille, puis la version que Voltaire donna de la tragédie de Mairet; Flaubert s’inspira de la Carthaginoise Sophonisbe pour sa Salammbô (1862). On connaît le formidable labeur de documentation historique et archéologique auquel s’attela Flaubert pour écrire son roman sur Carthage. C’est ici le dossier d’une des sources littéraires de Salammbô, qui permet aussi d’apprécier avec quel soin Flaubert lisait les grands auteurs, la plume à la main. L’héroïne des Sophonisbe est la fille d’un général carthaginois, épouse de Syphax, roi de Numidie, puis de son rival, Massinissa, autre roi; elle s’empoisonne plutôt que de tomber aux mains des Romains, leurs ennemis. La plus grande partie du manuscrit (près des deux tiers) est consacrée aux cinq actes de la pièce de Corneille (1663), lue dans une édition accompagnée des commentaires de Voltaire. Le manuscrit, à l’encre brune, remplit le recto et le verso de 14 feuillets; il présente quelques ratures.
«Préface de Voltaire. V. trouve que le sujet par lui-même est fort difficile à traiter, presque impraticable, parce que “Massinissa obligé de voir sa femme menée en triomphe à Rome ou de la faire périr pour la soustraire à cette infamie ne peut guère jouer qu’un rôle désagréable. Un vieux triumvir tel qu’Antoine qui se perd pour une femme telle que Cléopâtre est encore moins intéressant parce qu’il est plus méprisable”. Il parle ensuite de la pièce de Mairet qu’il trouve sans intérêt. […] Il trouve que “la Sophonisbe de Mairet avait un mérite très nouveau en France, c’était d’être dans les règles des théâtres, les trois unités de lieu de temps et d’action y sont parfaitement observées”. “…Mais surtout ce qui soutient si longtemps la pièce de Mairet c’est qu’il y a de la vraie passion”. Comment concilier cela avec le manque d’intérêt dont V. se plaint plus haut.»
«Préface de Corneille. – Difficulté de traiter un sujet déjà traité par un autre. Corneille s’est attaché à faire différemment, mais non pas mieux que Mairet. Il cite plusieurs auteurs qui comme lui ont traité des mêmes sujets. Déjà Soph. avait été mis sur la scène par Trissin en Italie et Mont-Chretien en France. Il s’est attaché surtout à la fidélité historique des caractères tels qu’ils sont représentés par Tite-Live. Corneille n’était pas de l’école de l’embellissement, de l’anoblissement. Il voulait donc que tout l’effet ressortît de la vérité de la chose devenue idéale à force d’être exacte»… Flaubert cite longuement les réflexions de Corneille, puis commence une analyse détaillée de la pièce, scène par scène, accumulant des résumés d’action, extraits de vers et observations critiques, rappelant d’abord: «La scène est à Cyrthe capitale du royaume de Siphax dans le palais du roi.» Ainsi, à la fin de I,1: «V. trouve cette exposition bonne. La mienne me paraît préférable»… Les premiers vers cités, dès la première scène, peuvent annoncer les batailles des mercenaires contre Carthage dans Salammbô:
«Ses troupes se montrant autour du soleil
Ont de notre ruine arrêté l’appareil.
À peine une heure ou deux elles ont pris haleine
Qu’il les range en bataille au milieu de la plaine.
L’ennemi fait de même et l’on voit des deux parts.
Nos sillons hérissés de piques et de dards»….
Après l’expression d’amour d’Eryxe (II,1), dans laquelle il admire des vers «exquis comme détail», il note: «Là-dessus V. dit: on sent dans cette scène combien Eryxe est froide et rebutante»… La magnifique scène entre Sophonisbe et Syphax, dans laquelle la reine refuse de se rendre aux Romains, quitte à sacrifier son mariage et à s’allier à Massinisse (III,6), paraît tout aussi mal comprise de Voltaire: «Voltaire n’a rien remarqué dans des vers tels que ceux-là […]. V. trouve que la situation de cette scène est révoltante, “qu’elle tient du comique… On n’aime de telles aventures que dans les contes de La Fontaine et dans les farces”»… La scène liminaire de l’acte IV inspire à Flaubert des réflexions sur les inconvénients de remettre en scène les mêmes personnages deux scènes de suite: l’action «perd de son attrait, de son imprévu. En général on n’aime pas au début d’un acte ni tout à fait les mêmes personnages qu’au suivant ni d’autres complètement nouveaux. Dans le premier cas l’intérêt n’est pas excité, la curiosité est morte, partant l’attention dans le second […] on est ennuyé du mal qu’il faut se donner pour l’entendre et l’on n’écoute pas»… Citons encore ces vers (V,7) notés par Flaubert, qui annoncent la personnalité de Salammbô:
«Mais quant à Sophonisbe il m’est permis de dire
Qu’elle est Carthaginoise et ce mot doit suffire».
Et Flaubert d’ajouter, après son analyse du dénouement: «Observ. que dans les scènes 4, 5, 6, 7 et 8 où se trouve Barcée, celle-ci n’ouvre pas la bouche une fois. – Le confident ôtait tout à fait sa figure du 2e plan pour faire ressortir celle du premier mais tellement enfoncée au second plan, que celle du premier y gagne peu. Au reste il faudrait essayer sur le théâtre pour juger si c’est tout à fait inutile. On jouerait une fois par exemple avec cette confidente muette, une autre fois sans elle»…
Puis Flaubert aborde la Sophonisbe de Voltaire, qu’il analyse plus rapidement parce qu’il n’a pas à réfuter les jugements du commentateur. La pièce fut représentée en 1774, «impr. d’abord en 1769 sous le nom de M. Lantin, comme la trag. de Mairet refaite. […] La Soph. de Mairet composée en 1629 & jouée en 1633. […] V. paraît préférer celle de Mairet à celle de Corneille. Mr Lantin (c’est-à-dire V.) “en ranimant la Soph. lui a laissé tous ses traits”. Il trouve le 5e acte trop court mais le cinquième acte d’Ath. n’est pas beaucoup plus long. Il faut lire tout au long l’étrange page qui termine cette dédicace dans laquelle V. trouve qu’on pourrait employer des jeunes gens à corriger, “Agésilas, Attila, Suréna, Othon, Pertharite, Pulchérie, Oedipe, Médée, la Toison d’or, Dom Sanche d’Arragon [sic] (Dom Sanche!!), Andromède. Enfin tant de pièces de Corneille […] qui ne furent jamais lues de personne après leur chute”. Il trouve même qu’on pourrait refaire quelques scènes de Pompée, de Sartorius, des Horaces», etc. «Comme on était déjà loin du 17e siècle! Qu’eût dit de cela La Fontaine et Racine! Je pense que Boileau lui-même en eût ri. Mais le meilleur c’est que c’est dit avec bonne foi et conscience: “Ce serait à la fois rendre service à la mémoire de Corneille et à la scène française qui reprendrait une nouvelle vie. Cette entreprise serait digne de notre protection et même de celle du ministère”»…. Vente Flaubert (succession de sa nièce Caroline Franklin-Grout), Antibes, 28-30 avril 1931, n°60. Estimation: 30.000/ 35.000 euros.

LOT n°64. Théophile GAUTIER (1811-1872). Manuscrit autographe signé, Salammbô par Gustave Flaubert, [1862]; 9 pages oblong in-8 remplies d’une petite écriture, découpées pour l’impression en bandes et remontées, avec enveloppe à en-tête du Moniteur universel.
Magnifique article disant son admiration pour le roman Salammbô de Gustave Flaubert (Michel Lévy, 1863), article publié dans le Moniteur universel du 22 décembre 1862, et recueilli en 1877 dans L’Orient (tome II). Le manuscrit présente quelques ratures et corrections.
«Depuis longtemps on attendait avec une impatience bien légitime Salammbô le nouveau roman de M Gustave Flaubert mais l’auteur n’est pas de ceux qui se hâtent. […] il n’abandonne une oeuvre qu’au moment où il la croit parfaite c’est-à-dire lorsque soins, veilles, corrections, remaniemens ne peuvent plus la perfectionner […] plusieurs années se sont écoulées entre la française Madame Bovary et Salammbô la Carthaginoise. C’est une hardiesse périlleuse, après une oeuvre réussie, de dérouter si complètement le public que l’a fait M Gustave Flaubert dans son roman punique. […] Mais n’est-ce pas un beau rêve et bien fait pour tenter un artiste que celui de s’isoler de son temps et de reconstruire à travers les siècles une civilisation évanouie, un monde disparu? Quel plaisir, moitié avec la science, moitié avec l’intuition, de relever ces ruines enterrées sous les écrasemens des catastrophes, de les colorer, de les peupler, d’y faire jouer le soleil et la vie et de se donner ce spectacle magnifique d’une résurrection complète!»…
Théophile Gautier souligne l’immense labeur d’archéologue et d’historien de Flaubert qui, «avec une patience de bénédictin a dépouillé toute l’histoire antique. […] pour un détail il a lu de gros volumes qui ne contenaient que ce détail. Non content de cela, il a fait une excursion investigatrice aux rives où fut Carthage, adaptant la science acquise à la configuration des lieux, interrogeant les flots limpides qui cachent tant de secrets, frappant le sable du talon pour en faire sortir une réponse à un doute, s’imprégnant de la couleur du ciel et des eaux, se logeant dans la tête la forme des promontoires, des collines, des terrains, de façon à bien planter le décor de son drame et de sa restauration car Salammbô est à la fois l’un et l’autre».
«La lecture de Salammbô est une des plus violentes sensations intellectuelles qu’on puisse éprouver; dès les premières pages on est transporté dans un monde étrange, inconnu, surchauffé de soleil, bariolé de couleurs éclatantes, étincelant de pierreries au milieu d’une atmosphère vertigineuse où se mêlent aux émanations des parfums les vapeurs du sang»... Gautier évoque avec lyrisme «le spectacle de la barbarie africaine avec ses magnificences bizarres», le «début tumultueux» du roman «qui nous fait assister à l’orgie des mercenaires dans les jardins d’Hamilcar», et restitue ses impressions dans un magnifique poème en prose, jusqu’à la sublime apparition de Salammbô, et l’amour qui s’empare de Mathô… «C’est ainsi que s’ouvre ce livre splendide et monumental»…
Gautier continue de résumer le roman, avec verve, ferveur et enthousiasme, mais aussi avec une fascination pour cet Orient sauvage, qu’il évoque dans une langue poétique et avec des coloris de peintre… Il proclame à plusieurs reprises son admiration; ainsi: «Rien n’est magnifique et terrible comme l’assemblée nocturne des Anciens qui se tient dans le temple de Moloch bâti en forme de tombeau»… Ou, lorsqu’Hamilcar visite ses magasins remplis de trésors: «Cette revue dépasse en éblouissemens les plus merveilleux contes arabes, et la pauvreté moderne reste confondue devant cette accumulation de richesses antiques»... Ou encore, à propos de la bataille: «M. Gustave Flaubert est un peintre de batailles antiques qu’on n’a jamais égalé et que l’on ne surpassera point. […] Quelle effrayante peinture que celle de ces éléphans aux défenses aiguisées de pointes en fer, au poitrail plastronné d’un disque d’airain, au dos chargé de tours pleines d’archers et dont la trompe barbouillée de minium fauche avec le coutelas qu’y fixe un bracelet de cuir les têtes et les bras des combattants! […] M. Gustave Flaubert n’est pas moins habile aux sièges qu’aux batailles. […] On ne saurait imaginer la furie et l’acharnement de ces assauts qui paraissent décrits par un témoin oculaire tant ils sont rendus avec une fidélité vivante»... Et, plus loin, lors de la «décisive et suprême bataille. Après tant de combats on pourrait croire M. Gustave Flaubert fatigué de sang et de carnage. Il n’en est rien. Cette dernière tuerie, où les combattans ayant brisé leurs armes se mordent au visage comme des chiens, étincelle de beautés affreuses. On en suit les poignantes péripéties avec une anxieuse horreur»...
Pour conclure, Gautier fait un éloge soutenu de l’art de Flaubert, de son «impersonnalité absolue». Flaubert «possède au plus haut point l’objectivité rétrospective. Il voit, nous soulignons exprès le mot pour lui donner toute sa signifiance spirituelle, les choses qui ne sont plus dans le domaine de l’oeil humain avec une lucidité toute contemporaine. Dans son livre, Carthage, pulvérisée à ce point qu’on a peine à en délimiter la place, se dresse d’une façon aussi précise qu’une ville moderne copiée d’après nature. C’est la plus étonnante restauration architecturale qui se soit faite. […] Ce don de résurrection que M. Gustave Flaubert possède pour les choses, il n’en est pas moins doué à l’endroit des personnages. Avec un merveilleux sens ethnographique, il rend à chaque race sa forme de crâne, son masque, sa couleur de peau, sa taille, son habitude de corps, son tempérament, son caractère physique et moral. […] De ce fourmillement colossal de multitudes remuées avec la plus magistrale aisance, se détachent les figures du drame: Hamilcar, Hannon, Mathô, Spendius, Narr’Havas, Salammbô, Schahabarim […] Pour peindre ces personnages de types si divers, M. Gustave Flaubert a su trouver les teintes les plus délicates et les plus vigoureuses. Si rien n’est horrible comme le suffète lépreux, rien n’est plus suave que cette Salammbô faite de vapeurs, d’aromes et de rayons. La terreur et la grâce, il a tout, et il sait rendre les putréfactions des champs de bataille comme l’intérieur chatoyant et parfumé des chambres virginales. […] Aucune imagination orientale n’a dépassé les merveilles entassées dans l’appartement de Salammbô. Les yeux modernes sont peu habitués à de telles splendeurs. Aussi a-t-on accusé M. Gustave Flaubert d’enluminure, de papillotage, de clinquant; quelques mots de physionomie trop carthaginoise ont arrêté les critiques. Avec le temps, ces couleurs trop vives se tranquilliseront d’elles-mêmes. Ces mots exotiques, plus aisément compris, perdront leur étrangeté, et le style de M. Flaubert apparaitra tel qu’il est, plein, robuste, sonore, d’une originalité qui ne doit rien à personne, coloré quand il le faut, précis, sobre et mâle lorsque le récit n’exige pas d’ornement – le style d’un maître enfin! Son volume restera comme un des plus hauts monuments littéraires de ce siècle. Résumons, en une phrase qui dira toute notre pensée, notre opinion sur Salammbô: ce n’est pas un livre d’histoire, ce n’est pas un roman, c’est un poëme épique». Estimation: 1.200/ 1.500 euros.
Voir ici le compte rendu intégral de Salammbô par Gautier:
http://flaubert.univ-rouen.fr/etudes/salammbo/sal_gau2.php

[BULLETIN FLAUBERT n° 153 / 14 novembre 2013]

(< Michel Pierssens, Éric Walbecq, François Lapèlerie, Jacques Remi Dahan)
Vente Alde, 19 novembre 2013
http://catalogue.gazette-drouot.com//html/g/index.jsp?id=17948
50. FLAUBERT (Gustave). L’Éducation sentimentale. Paris, Michel Lévy frères, 1870. 2 volumes in-8, percaline verte, encadrements estampés à froid sur les plats, dos lisse, tête rouge (Reliure de l’époque). Édition originale sans mention fictive d’édition.
51. FLAUBERT (Gustave). Salammbô, Paris, Michel Lévy frères, 1863. In-8, demi-percaline brune, dos lisse orné de filets dorés, tranches lisses (Reliure de l’époque). Édition originale. Exemplaire de premier tirage, avec le mot Syssite orthographié Scissite. Exemplaire d’Alfred Blanche, portant l’envoi autographe signé: «à mon ami Alfred Blanche/ qui m’a défendu lors de ma/ première oeuvre/ Souvenir/ Gve Flaubert.» Cette première oeuvre, c’est bien sûr Madame Bovary, qu’avait soutenu lors de son procès Pierre-Alfred Blanche (1816-1893), secrétaire général du ministère d’État (en charge de la politique de prestige de l’Empire, Beaux-Arts, théâtre et musées). Rappelons que l’exemplaire du roman condamné que lui avait offert Flaubert portait: «à A. Blanche, le 1er des Bovarystes & le plus dévoué des amis» (Giraud-Badin, 12 novembre 1958, n°307). Ex-libris armorié à la devise «Patria Familia Labor». Reliure un peu frottée avec infimes déchirures sur les coiffes, rares pâles rousseurs.
52. FLAUBERT (Gustave). Ensemble 2 ouvrages en 2 volumes.
Salammbô. Paris, Michel Lévy frères, 1863. In-8, demi-basane chagrinée verte, dos lisse orné de faux-nerfs à la roulette dorée sertie de filets à froid, pièce de titre brune, tranches mouchetées (Reliure de l’époque). Édition originale, premier tirage. Dos passé et un peu frotté. Bande découpée en tête du faux-titre, annotations et un petit dessin à l’encre sur une garde, le faux-titre et le titre, rares pâles rousseurs.
Trois contes. Paris, Charpentier, 1877. In-12, bradel demi-chagrin rouge, dos lisse, tête mouchetée, non rogné (Reliure du XXe siècle). Édition originale. Ex-libris sur le faux-titre. Dos passé.
63. HUGO (Victor). Quatrevingt-treize. Paris, Michel Lévy frères, 1874. 2 volumes in-12, broché, non rogné. Première édition in-12, parue l’année de l’originale chez le même éditeur. Un des 25 exemplaires sur hollande, broché, à toutes marges. Un billet autographe signé de Victor Hugo priant «M. Michel Lévy de remettre à M. Gustave Flaubert un exemplaire de Quatrevingt-treize», daté du 29 mars 1874 au 3, rue Auber, est joint à l’exemplaire.

Vente Pierre Bergé, Drouot, 28 novembre 2013
http://catalogue.gazette-drouot.com/html/g/fiche.jsp?id=3424616
Lot 61. Estimation 8.000/ 12.000 euros.
FLAUBERT (Gustave) 9 & 10 juin 1867. Bal donné au Czar. Sans lieu ni date [11 juin 1867]. Manuscrit autographe: 5pp. in-folio sur papier vergé bleu, titre de la main de Flaubert sur une enveloppe jointe: cachets de Me Léon Martelly, notaire à Antibes. Précieux et beau manuscrit autographe. Faste impérial ou «choses vues» par l’ermite de Croisset, invité au palais des Tuileries par l’empereur Napoléon III. Ce dernier reçoit le tsar Alexandre II venu visiter l’Exposition universelle et renforcer des liens distendus avec la France. Le séjour prit un tour dramatique; un réfugié polonais tenta d’assassiner le tsar en lui tirant dessus lors de sa visite à l’hippodrome de Longchamp. Cet événement fit échouer la tentative de rapprochement entre les deux pays et le tsar refusa de venir en aide à la France lors de la guerre avec la Prusse en 1870... Le «tsar libérateur» mourut tragiquement assassiné en 1881. Relation sarcastique du bal donné aux Tuileries le 10 juin 1867. Flaubert est arrivé la veille dans la capitale: «Dans des victoires [victorias?] des filles passent, archi-peintes ressemblant à des momies, assez mal habillées en mousseline vert clair ou rose avec des bracelets d’or. Il y a q[uel]que chose de colossal & de fou dans l’air. [Puis il rend visite à la Princesse Mathilde dont il fréquente le salon:] Très peu de monde. Le fils du Prince Gorschakof, petit jeune homme, un peu précieux, très poli, me ramasse un de mes gants que j’ai laissé tomber. On parle de l’attentat sur le Czar & on dit des bêtises naturellement. Le Pendant du républicain Floquet qui a crié «vive la Pologne» au Palais de Justice se trouve dans les gens chics qui se font inscrire à l’Elysée. Le Czar en y arrivant, s’est donné une dyssenterie [sic] à force de fruits donnés par Mr de Rothschil [sic] & a été obligé, plusieurs fois, de s’asseoir sur le rond, pendant la D[uchess]e de Gerolstein. C’est là le but de sa promenade dans le passage des Panoramas. Il avait ecrit de Cologne p[ou]r qu’on lui reservat une loge aux Varietés. Il a demandé Barbebleue & il a été voir la Vie Parisienne au Palais-royal. Le seul artiste avec qui il a causé est un acteur des Variétés. & on cherche à tuer ces gens-là!!!» Portrait du Tsar: «Il es g[ran]d, mince, & ne manque pas de dos & de loin d’une certaine elegance corporelle. Son pied, chaussé d’une bottine-chaussette à elastique (ce qui est d’un genre atroce) est petit & sa jambe bien faite. La tête m’a paru bête. Cheveux blonds grisonnants comme la barbe et coupés (de profil) de manière à continuer la ligne du collier. L’oeil est rond, & gros veut etre expressif; & n’a rien d’agreable. Il a qq chose de dur & de sot. absence presque complete de menton ce qui donne à la figure qq chose de pecqué. pas de cervelet ni de temporaux le dessus de la tête très developpé. Il doit être mystique?» Le soir du bal, Gustave Flaubert se rend aux Tuileries, qu’il n’a pas revues depuis la révolution de février 1848, puis, pour échapper à l’atmosphère étouffante des salles, sort contempler le jardin. «Dans les rues avoisinantes foule très compacte. Les sergents de ville perdent la tête. Les voitures s’accrochent. On va au petit pas. Cet immense bourdonnement semble capable de vous renverser. Et l’on sent mêlé aux badauds qques malintentionnés, la jalousie du pignouf, comme je l’avais remarqué aux funerailles de Mr de Morny... La première impression est exquise. Des lignes de lanternes en porcelaine marquent les allées & font comme de grosses perles brillantes. Les fleurs du parterre ont l’air dessinées, en lumière. Les gazons semblent d’emeraude les arbres paraissent peints. Au fond ce sont des boules plantées dans des feuillages. Une teinte brune, monte & s’appalit peu à peu dans le ciel d’un bleu de satin. Les jets d’eau changent de couleur à chaque minute. De temps à autres un raz [ray pour rayon?] de lumière electrique court à ras du sol. Sous nos yeux un cent garde se promène, son ombre est geante. Ils sont maintenant deux ou trois ensemble. On dirait qu’ils ont dix pieds. [Puis, apparaissent quatre ombres,] les deux empereurs, l’impératrice & la Princesse Mathilde. Ils rentrèrent. Deux ou trois dames descendent. Cela a l’air d’une vision, d’un rêve. Puis les souverains descendent. On les suit peu à peu. On se range des deux côtés. L’impératrice a un petit paletot en drap d’or. L’empereur un pardessus d’été marron qui jure avec sa culotte noire. Il s’est approché d’un sheikh «ça va bien?» Le sheikh lui a baisé la main. L’Emp. l’a tendu a un autre qui s’est contenté de la serrer. assez familièrement. Quel joli effet font les robes à queue des femmes qui se promènent poitrine nue. Entre les caisses d’orangers. sous ces lueurs laiteuses. on allume des couronnes de gaz autour des bassins. Les feux de Bengale sentent trop l’alcool. [...] Ah! quel cadre à passion! avoir dix-huit ans! & être aimé d’une seigneuresse! Cette idée, certainement est venue à plusieurs. Rencontré Ed. Delessert, Mr de Laborde, Perriers, Mr Leroy, préfet. Mr de Persigny passe au bras de Mr de Morny, tout en blanc & en perruque rouge. Q[uelq]ues ouvriers qui regardent font tache. L’Empereur Alexandre est devant moi à trois pas, pendant toute une contredanse & parle à deux dames dont l’une Me de Bourgoing. [...] Les souverains rentrent dans la salle. Promenade dans les appartemens avec Ed. Delessert, Mr de Baulincourt, le mq & la maq de Conegliano. [...] Le duc de Mouchy tutoie Ed. Les Japonais. Cotillon conduit par le mquis de Caun [sic pour Caux], le prince Humbert n’y comprend pas grand chose [...] à droite le gl Fleury. Je ne distingue pas le roy de Prusse ni Bismarck. La P[rince]sse Mathilde est tout à l’autre bout près du jeune prince Gorchakoff. Qques autres chauves dansent ce qui me paraît grotesque. Le seul qui ait l’air aisé est Mr de Cau. [...] Les souverains vont souper. On referme la porte derrière eux. Attente très longue. Me Espinasse & sa mère. Boulanger peintre. Une Minerve près d’un albanais. La porte s’ouvre pour laisser rentrer quelques repus, puis se referme. On se tasse & on commence à etre mécontent. [...] Vue du souper. splendide d’effet. Il est servi en bas. On a du mal à trouver place. Mr Cornu. à une table Bataille, sa femme, Jubilois, Lachaux avocat, [...] Un russe près de moi se plaint du desordre & me paraît grossier. Mr Léon Lepic. On s’en va. Mr de Baulincourt, Dubois de Letang (qu’elle accuse d’être gris), il fait jour. Peu de voitures sur la place.» Deux jours plus tard, Flaubert rapportait à George Sand sa rencontre avec le souverain russe: «Le czar de Russie m’a profondément déplu. Je l’ai trouvé pignouf.» De la collection conservée par la nièce de Flaubert, Caroline Franklin-Grout, jusqu’à sa mort en 1931 avec cachet du notaire en charge de la vente (Catalogue des manuscrits, livres et objets d’art de Gustave Flaubert, Antibes 1931, n°1). Le texte en était connu par deux copies qu’elle avait fait établir. L’une est conservée dans la collection Lovenjoul, l’autre a été récemment exhumée. (Flaubert, Vie et travaux du R.P. Cruchard et autres inédits, textes établis, présentés et annotés par Matthieu Desportes et Yvan Leclerc, PURH, 2005, p.53-78.)

(< Jacques-Remi Dahan, Emmanuel Desurvire)
Thomas Vincent, documents, catalogue en ligne
Manuscrit autographe complet et inédit, intitulé «Dictature de Sylla»
http://www.galeriethomasvincent.fr/95-flaubert-gustave-autographe.html

Sans lieu ni date, 6 pages in-folio (20x31cm), avec quelques ratures et corrections. Sous chemise et emboitage avec mention de l’auteur et du titre du manuscrit sur le dos.
Long résumé fourmillant de détails sur un épisode majeur de l’histoire romaine, à partir du retour de Sylla de Grèce (-85 av J.-C.) jusqu’à sa mort (-78 av J.-C.) en passant par la Guerre civile, les Proscriptions, la législation de Sylla et les lois somptuaires.
Extrait:

«Dictature de Sylla.
[...] Quand Sylla fuit les bords de l’Adriatique il envoya une lettre au Sénat où il parlait de sa tête proscrite, de ses biens confisqués, de ses amis assassinés etc. Le Sénat envoya une députation pour l’adoucir. Mais Cinna et Carbon (Gnaeus Papirius carbo) ramassent les soldats [...] Cinna […] fut égorgé par ses propres soldats.
Carbon resté seul consul étend encore le droit de cité à de nouveaux peuples, et répandit les Affranchis dans les trente cinq tribus […] 89. Consulat du jeune Marius et de Carbon [...] Sylla accourt à Rome mais pas assez à temps pour prévenir les derniers massacres. Au nombre desquels était celui de Mucius Scaevola.
Sylla ne fit que traverser Rome pour aller en Etrurie combattre Carbon. Un des corps de troupe de celui-ci envoyé au secours d’un de ses lieutenants enfermé dans Spolete fut campé et détruit [...]
Les proscriptions
Les premiers camps furent pour la famille de Marius. Un de ses parents Marius Gratidianus qui venait de l’honorer dans sa prêtrise en exprimant la falsification des monnaies fut poursuivi par Catilina qui lui creva les yeux lui arracha la langue, les oreilles, les mains, lui rompit les bras et les jambes et lui coupa la tête, enfin qu’il porta toute sanglante à Sylla [...] La proscription dura pendant six mois [...] quant au nombre de morts, Appien parle de 90 sénateurs, de 15 consulaires, de 9000 chevaliers [...] les fils et les petits fils de proscrits privés de l’héritage paternel furent déclarés indignes d’occuper jamais une charge publique [...] Les Tribuns perdent le droit de présenter un rogateur au peuple. Leur veto fut restreint aux seules affaires civiles [...] La censure et les chevaliers furent supprimés.»
Ce manuscrit évoque évidemment la passion que Flaubert portait pour l’Antiquité et dans laquelle il se réfugia après le procès de Madame Bovary en février 1857: «Je vais écrire un roman dont l’action se passera trois siècles avant Jésus-Christ, car j’éprouve le besoin de sortir du monde moderne, où ma plume s’est trop trempée et qui d’ailleurs me fatigue autant à reproduire qu’il me dégoute à voir» (lettre à Mademoiselle Leroyer de Chantepie, 18 mars 1857).
Dans ce manuscrit, Flaubert se base sur une lecture attentive de l’écrivain et naturaliste romain Pline l’Ancien. Nous savons par sa correspondance que Flaubert avait lu avec attention cet auteur: « Actuellement je suis perdu dans Pline que je relis pour la seconde fois de ma vie d’un bout à l’autre» (Lettre à Ernest Feydeau, 6 août 1857).
La Dictature de Sylla ne se déroulant pas durant la même période que Salammbô (Guerre des Mercenaires durant le IIIe siècle av. J.-C) il est probable que ce manuscrit ait été écrit antérieurement. Flaubert mentionne Sylla dans un de ses écrits de jeunesse (Rome et les Césars, 1839): «Nous remarquerons d’abord le crime, grand, politique et froid, dans la personne de Sylla: il accomplit sa mission fatalement, comme une hache, puis il abdique la dictature et s’en va au milieu du peuple; c’est là un orgueil plein de grandeur, ce sont là des crimes d’un homme de génie.»
Flaubert avait-il une passion pour ce personnage historique et sulfureux? C’est ce que laisse penser Paul Bourget (1852-1935) qui, dans le Journal des Débats du 10 février 1884, écrivait: «Ses amis se rappellent encore avec quel frémissement il récitait tel morceau de prose, le dialogue de Sylla et d’Eucrate, par exemple: “Sylla, lui dit…” puis, s’arrêtant là de sa citation, il ajoutait: “Toute l’histoire romaine est là dedans…”»
17.000 euros.

[BULLETIN FLAUBERT n° 152 / 13 octobre 2013]

(< Éric Walbecq)
Vente Binoche et Giquello, Drouot, 7 novembre 2013
http://catalogue.gazette-drouot.com/index.jsp?id=17826&lng=fr
Lot n° 189, Flaubert (Gustave), L.A.S. à «Cher ami» vendredi sans lieu ni date, 2/3p. in-8°. «Voyez...si vous pouvez me découvrir quelques-uns des abominables bouquins dont la liste est ci-incluse. Je compte faire une séance à la bibliothèque lundi prochain...» Estimation: 800/ 1000 euros.

[BULLETIN FLAUBERT n° 151 / 11 septembre 2013]

Catalogue Thierry Bodin, n°136, été 2013
102. Gustave Flaubert, L.A.S., Vichy, Hôtel Britannique, jeudi 21 [août 1862, à l’imprimeur Jules Claye]; 1 page in-8. «J’ai reçu la lettre de Mr Lacroix de Bruxelles car il m’en avait adressé deux une à Croisset et une à Paris. C’est la première qui m’est parvenue. Quant à la seconde vous pouvez la détruire ou me l’envoyer peu importe»... [Flaubert tentait de vendre Salammbô à l’éditeur Lacroix.]

[BULLETIN FLAUBERT n° 150 / 19 juin 2013]

Ventes passées

(< Marlo Johnston, Éric Walbecq)
Vente SCP Arnaud Vannier, 25 mai 2013, Langres (Haute-Marne)
65. Flaubert, lettre autographe signée sans lieu ni date. 1 page in-8, simple feuillet «Mon cher ami. Je ne pourrai être chez vous que mardi (au lieu de demain lundi). Dans l’après midi vers 3 heures. Tout à vous. G. Flaubert. Dimanche soir».
Estimation: 500/ 1000 euros.
http://catalogue.gazette-drouot.com/index.jsp?id=16514&lng=fr

(< François Lapèlerie)
Vente Alde, Drouot, vendredi 6 juin 2013
47. Flaubert, L’Éducation sentimentale. Histoire d’un jeune homme, Paris, Michel Lévy Frères, 1870, 2 vol. gr. in-8°, maroquin bleu nuit, jeux de filets dorés et listels de maroquin prune autour des plats, dos à nerfs ornés de même, doublure de maroquin prune, couvertures et dos, tranches dorées sur témoins, étui (Marius-Michel).
Édition originale. L’un des rares exemplaires sur grand papier de Hollande. Il a échappé au travail minutieux d’Auguste Lambiotte, qui en a répertorié 25, dont 7 avec envoi autographe. Superbe exemplaire relié sur brochure par Henri Marius-Michel, deuxième du nom. Ses travaux sont réputés pour leur parfaite exécution et leur grande qualité. Il est décédé en 1925. Dimensions: 243 x 156 mm.
Provenance: Marcel de Merre (cat., 2007, n° 142), avec son ex-libris. Carteret, I, 268 («[…] les exemplaires sur hollande ont été brochés avec des couvertures de papier ordinaire portant “Deuxième édition”»);Lambiotte (A.), Le Livre et l’estampe, n° 13-14, p.19-21.
Estimation: 18.000/ 22.000 euros.
http://www.alde.fr

(< François Lapèlerie)
Pierre Bergé & associés, mardi 18 juin 2013 à 11h00, Paris - Drouot Richelieu - Salle 16
Thierry Bodin expert.
Flaubert, lettre de Frédéric Baudry [19 février 1865], recommandant son ami Gustave Flaubert qui veut des renseignements sur les beaux-arts.
Lettre jointe à Lamartine Alphonse de (1790-1869), poème autographe signé;1 page obl. in-12 collée sur page d’album. Joli quatrain pour un album amicorum, qui semble inédit: «Sur ce nom de courte mémoire De vos yeux lancez un rayon, L’amitié l’amour et la gloire Ne sont qu’un regard sur un nom!» En plus de la lettre de Baudry, on joint 2 lettres autographes signées par Jean-François Ducis (30 juillet 1793, à un «courageux et incorruptible représentant du Peuple»), Octave Feuillet (à Alphonse de Calonne).
[Précisions apportées par Stéphanie Dord-Crouslé:
cette lettre de Baudry datée du 19 février 1865 est contemporaine des recherches que Flaubert mène à Paris sur les Beaux-Arts pour L’Éducation sentimentale (I, 4).
Elle s'intercale entre:
1- une lettre de Flaubert à Caroline du 5 février qui mentionne les renseignements que n'a pas pu donner «M. Horsin Déon», personne que Google nous permet maintenant d'identifier:
http://www.appl-lachaise.net/appl/article.php3?id_article=2800
et dont un ouvrage est pris en note par Flaubert dans les dossiers de Bouvard et Pécuchet:
http://dossiers-flaubert.ish-lyon.cnrs.fr/cote-g226_1_f_154__r____-view-trud
2- et une autre lettre à la même du 22 février indiquant que Flaubert est «perdu au milieu des vieux journaux et des marchands de tableaux» avec qui il a rendez-vous les jours suivants.
La lettre est donc certainement contemporaine de l'essentiel de ce dossier-ci:
http://dossiers-flaubert.ish-lyon.cnrs.fr/folios.php?view=thumbnails&viewf=patrimonial&volume=1.15&setPerPage=30&pageID=1]

Vente sur catalogue

(< Marlo Johnston, Jean-Paul Goujon)
Thomas Vincent, site en ligne
Flaubert, lettre autographe signée, sans lieu ni date [2 avril 1869], vendredi 5h, à «mon brave Emile» [Émile Husson], 1 page in-8° (double feuillet). Flaubert décommande une invitation à dîner.
«Mon brave Emile,
Je ne peux pas venir dîner chez vous dimanche prochain, parce que ce jour là je dînerai chez ma nièce, avec ma qui arrive demain au soir. Je passerai demain chez vous dans l’après-midi à tout hasard. Mille tendresses au mouton. Votre vieux Gustave Flaubert».
Le mouton dont parle Flaubert à la fin de cette lettre n’est autre que Adèle Husson la femme d’Émile Husson et la maîtresse de Maxime Du Camp (elle doit ce surnom à ses cheveux). Cette lettre se trouve dans la correspondance de la Pléiade, t.V, p.1022. En avril 1869, Gustave Flaubert est en passe de terminer son roman L’Éducation sentimentale. Il achèvera sa rédaction le 16 mai 1869.
2.600 euros
http://www.galeriethomasvincent.fr/95-flaubert-gustave-autographe.html

Ventes à venir

(< Jacques-Remi Dahan, Stéphanie Dord-Crouslé)
Vente Sotheby's, 19 juin 2013. Bibliothèque d’Albert Kies
http://www.sothebys.com/en/auctions/ecatalogue/2013/collection-raoul-simonson-monique-albert-kies-pf1331/lots.list.5.30.lotnum.asc.html
Les articles Flaubert sont les numéros 122 à 132. Parmi ces lots:
124. «Cosmos/ Alexandre [de] Humboldt». Manuscrit autographe, c.1860-1870. 21pp. 1/2 (295 x 222mm) sur 13ff. y compris celui du titre, montés sur onglet, in-4. Demi-maroquin rouge serti d’un filet doré, dos à nerfs, non rogné (reliure moderne). Un feuillet de titre sur vélin léger; 18 pages + deux fois 1/2p. soit l’équivalent de 19pp. sur 11 feuillets paginés de 2 à 11, vélin satiné assez fort, filigrané «de canson frères»; 1 (dernier) feuillet non paginé sur les «questions académiques», vélin un peu moins fort filigrané de la même fabrique «Vidalon frères», feuillet qui a souffert aux pliures renforcées, sans perte de texte. Estimation: 20.000 – 25.000 euros.
Provenance: Collection A.K.
Ce manuscrit inespéré de notes de lecture est une aubaine pour la recherche. Mary Orr a magnifiquement pressenti, en s’appuyant sur quelques petites bribes de correspondance, toute la parenté scientifique et poétique entre: «Le Cosmos d’Alexandre von Humboldt et La Tentation de saint Antoine de Gustave Flaubert: deux oeuvres de toute une vie» in Flaubert/ Revue critique et génétique, n°4 sur «Flaubert et l’histoire des religions», 2010 (in extenso sur Internet). Le Cosmos de Humboldt métamorphose la structure de La Tentation et sa dernière partie, oeuvre longtemps portée depuis la découverte du tableau de Breughel à Gênes en 1845. «Flaubert reste, parmi les écrivains français de son époque, celui qui doit le plus au Cosmos de Humboldt non seulement sur le plan intertextuel mais aussi stylistique» écrit-elle (paragraphe 14). Les abondantes «lectures afférentes» données dans les listes rééditées par Mme Gothot-Mersch et dans son riche lexique (Pléiade, Folio) n’avaient donc pas épuisé les sources tentaculaires.
Alors que Humboldt écrit généralement en français, son Cosmos, vaste synthèse sur la Nature, l’oeuvre de toute sa vie, fut rédigé en allemand à Berlin et Potsdam à la fin de sa carrière, dans un style éminemment poétique aux antipodes de la sécheresse scientifique, souligne Mary Orr. Le premier tome publié en 1845 fut traduit en français en 1846. Il sera aisé de déterminer quelle est l’édition en traduction utilisée par Flaubert, car il en donne la pagination.
Ses notes couvrent les deux tomes. Le tome I avec le Tableau de la Nature; d’après ses apostilles: partie astronomique - composition chimique des aérolithes - changements futurs dans le ciel - vie céleste - intérieur de la terre - boussole chinoise - lumière animale de la mer - tremblements de terre - cause du vulcanisme d’après Platon - Fossiles - Méditerranée - Caspienne - Courants océaniques - brouillards reproduisant les bas-fonds - vie marine - Depuis Colomb l’homme circule sur la terre - Si la terre n’avait pas d’air. - Le tome II avec son Histoire de l’idée du Cosmos; notes fort diversifiées: de la taille des arbres, l’invention des coulisses, les parcs des rois persans, le tala sucre de canne, le collège astronomique de Babylone, les noms indiens des marchandises apportées à Salomon, les voyages légendaires; des philosophes, historiens cités; l’histoire de l’Antiquité à l’Amérique des Vikings, de Colomb; les savants du XVIe, Copernic, Tycho-Brahé… Il plonge vers les «prairies océaniques», note dans le t.I la lumière animale de la mer sous les tropiques: «Mais ici la lumière est un produit des forces organiques de la nature; les vagues couronnées d’une écume phosphorescente s’élèvent roulent et se brisent comme en une mer de feu; chaque point de l’immense surface est une étincelle et dans chaque étincelle se manifeste la vie animale d’un monde invisible». Dans les notes du Cosmos, il pointe les Jardins d’Adonis «le jardin où Vénus s’unit à Adonis symbole de la jeunesse trop tôt flétrie, de la croissance féconde et de la destruction», l’or d’Ophir, le sucre et les éléphants.
Le dernier feuillet sur les «questions académiques» puise ses informations dans Cicéron, édition Fournier, mais bien d’autres noms apparaissent également comme Xénophane, Strabon, Anaximandre…
«C’est ainsi que la science conduit l’esprit humain des plus simples prémisses aux plus hautes conceptions et lui ouvre ces champs sillonnés par la lumière où 'germent des myriades de mondes comme l’herbe d’une nuit' – extrait d’un sonnet de Guillaume de Humboldt.»

125. Salammbô. Paris, Michel Lévy, 1863. In-8. Maroquin vert foncé à encadrement de filets dorés, dos à nerfs orné, tranches dorées, dentelle intérieure, double gardes, couverture et dos jaunes, étui doublé (P.-L. Martin). Estimation: 3.000 – 5.000 euros.
Édition originale. Exemplaire de première émission avec les fautes aux pages 5, 251, 368 et 370. Envoi autographe signé à Ernest Christophe. Un premier nom ou mot, caviardé par Flaubert même, a été remplacé par celui du sculpteur: «A mon cher ami Christophe / Premier acheteur du dit bouquin».
Enrichi de trois pages autographes montées aux gardes (2 feuillets in-8 sur papier bleu): notes de travail pour Salammbô, concernant l’histoire de Carthage, avec des références d’ouvrages d'auteurs divers comme Vitruve ou Paul Lucas, notes de lecture et de géographie ancienne.

126. Lettre autographe signée à Mme Hortense Cornu. Croisset. Lundi soir [29 mai 1865]. 2pp. In-8 (208 x 135mm) sur double f. (en 1 et 3) sur papier bleu. Estimation: 2.500 – 3.500 euros.
Flaubert fréquenta pendant les années 1863-1865 Hortense Lacroix, épouse du peintre Cornu, fille de la dame d’honneur de la reine Hortense de Beauharnais dont le fils, futur Napoléon III, avait été élevé avec elle. Des amis intimes de Flaubert la chérissaient, dira-t-il, surtout Jules Duplan.
«Chère Madame Cornu./ Il faut que je vous remercie bien fort [biffé; ajout en interligne:] beaucoup pour avoir recomforté [sic] mon pauvre Monseigneur [Louis Bouilhet] qui etait dans un etat pitoyable. Sa situation est triste. En lui venant en aide vous ferez une bonne action, je vous assure. Comment s’y prendre pour qu’il ait de quoi manger tout en restant poëte? Voilà la question. Je m’en rapporte à votre bon coeur & à votre esprit pour la resoudre [...]».

128. L'Éducation sentimentale. Histoire d’un jeune homme, Paris, Michel Lévy frères, 1870. [novembre 1869]. 2 volumes in-8. Maroquin rouge, doublure du même maroquin orné d'un filet doré en encadrement, gardes de soie moirée, tranche dorée, couverture et dos (canape).Estimation: 8.000 – 12.000 euros.
Édition originale. Envoi autographe signé: «à mon cher ami Leconte Delisle,/ Gve Flaubert» à l’encre, sur un feuillet blanc rapporté.

(< Stéphanie Dord-Crouslé)
Vente Ader, 27 juin 2013, Paris, Hôtel Drouot,
http://catalogue.gazette-drouot.com/html/g/fiche.jsp?id=3105598
Estimation: 15.000 – 17.000 euros.
Lot n°48, Gustave Flaubert (1821-1880). Manuscrit autographe, Littérature contemporaine de Charlemagne; 6 pages in-fol. Notes d’après le Cours d’histoire moderne de François Guizot, publié pour la première fois en 1828-1832, en 6 volumes, et plusieurs fois réédité. Flaubert identifie sa source à la troisième page, en citant un jugement de quelques lignes de «Guiz t.II p.384». Il recueille dans ces pages des renseignements biographiques, bibliographiques et historiques, sur cinq érudits: Alcuin, Leidrade, Theodulf, Smaragde et Éginhard, suivant de près le Cours de Guizot.
«Alcuin – né dans le comté d’York vers 735. En 780 il fait un voyage à Rome. Il s’attache à Charlemagne. Il reste à sa cour de 782 à 796. Célèbre par trois côtés, 1° correcteur et restaurateur de manuscrits, 2° il a restauré et animé les écoles 3° il a lui-même enseigné. 1° – Importance de la calligraphie à cette époque – Ovon et Hardouin de Fontenelle – Alcuin donne à Charlemagne une copie corrigée des Stes Écritures. Charlemagne lui-même ordonne cette étude – il se mit la dernière année de son règne à corriger les quatre évangiles de J.-Ch.»… Suivent des notes sur les monastères et écoles qu’il fonda, son enseignement, ses oeuvres théologiques, philosophiques, historiques et poétiques, ces dernières étant «de peu de valeur, il y a 280 pièces de vers sur toutes sortes de sujets la plupart sur des circonstances du moment. La principale est le poème sur les évêques et les sts de l’église d’York. “Il mérite d’être lu comme renseignement sur l’état intellectuel du temps”»…
«Leidrade – né en Norique province sur les frontières de l’Italie et de l’Allemagne. Il fut d’abord attaché à Arnon évêque de Salzbourg. Charlemagne se l’attacha d’abord comme bibliothécaire – en 798 il fut nommé archevêque de Lyon. […] Il quitta deux fois son église pour aller prêcher contre les Adoptiens où son éloquence eut du succès»…
«Theodulf – goth – né en Italie on le trouve établi en Gaule en 781 et de 786 à 794 il devient évêque d’Orléans. En 798 il fut envoyé par Charlemagne et avec Leidrade dans les deux Narbonnaises pour réformer l’administration de ces provinces – il composa à son retour un poème de 956 vers Parænesis ad judices exhortation aux juges destiné à instruire les magistrats de leurs devoirs dans de telles missions – il nous y montre l’état de la société à cette époque les embûches les tentatives […] pour nous corrompre – on rencontre dans ce poème une douceur de sentiments assez étrange pour l’époque»…
«Smaragde – abbé de St Mihiel avant 805 et employé en 809 à diverses négociations avec Rome. Il prit grand soin de l’enseignement de la grammaire dans son diocèse de Verdun et du maintien des écoles»… Outre une grande grammaire latine dont il existe plusieurs manuscrits, Smaragde est l’auteur de Via negria [ou Via regia?], «traité de morale à l’usage des princes en 32 chap. adressé soit à Charlemag, soit à Louis le Déb. Cet ouvrage se distingue par un caractère plus moral que religieux. Le Diadème des moines est purement religieux et n’a d’autre objet que de donner aux moines des conseils et les moyens d’entretenir ou de ranimer leur ferveur. Il mourut en 819»…
«Éginhard – homme d’affaires devenu lettré – secrétaire et conseiller de Charlemagne»… Flaubert résume en quelques lignes le récit de la Chronique du monastère de Lauresheim, cité longuement par Guizot comme seul document ancien faisant mention d’Éginhard, et néanmoins sujet à caution: «Karl rassemble ses conseillers et donne sa fille à Éginhard. – Étrangeté et contradictions, 1° Éginhard ne dit point qu’il soit marié avec une fille de Charlemagne de plus le même hist. dit que Ch. ne voul. jamais marier ses filles et que même elles se conduisirent mal etc. Toutefois Charlemagne l’aimait beaucoup il ne s’en sépara qu’une fois ce fut pr l’envoyer à Rome en 806 pr faire confirmer son testament par le pape. […] Il composa une Vie de Charlemagne qui est une biographie politiq. avec des intentions littéraires et composée d’après un plan»…

[BULLETIN FLAUBERT n° 149 / 14 mai 2013]

(< Stéphanie Dord-Crouslé)
Vente Alde, Drouot, 31 mai 2013
Lot n°3, Charles Asselineau, La Ligne brisée. Histoire d'il y a trente ans, Paris, Alphonse Lemerre, 1872. In-16, demi maroquin vert sombre avec coins, dos orné de caissons à froid, tête dorée, non rogné, couverture et dos (Lemardeley). Édition originale, ornée d'un frontispice sur chine gravé à l'eau-forte par Edmond Morin. Elle a été tirée à 530 exemplaires.
Touchant envoi autographe signé à Flaubert: «De minimis curet Prætor! À Gustave Flaubert. Ch. Asselineau. Sept[em]bre 1872.» Inversant l'expression latine de minimis non curat praetor, Asselineau exprime ici le souhait que le commandant en chef daigne s'intéresser à des vétilles. Ex-libris au chiffre P non identifié. Dos insolé. Estimation 200/ 300 euros.
http://catalogue.gazette-drouot.com/html/g/fiche.jsp?id=3011700

Vente passée

(< François Lapèlerie)
Freeman’s Auctioneers & Appraisers Philadelphia 4 avril 2013
http://www.freemansauction.com/asp/fullCatalogue.asp?salelot=1454+++++583+&refno=++866773
Lot 583. Lettre de Flaubert à Alfred Nion, 4 janvier 1865.
1p, 4to; light creasing along old folds. To Alfred Nion, Flaubert writes for news of his “fairy” play, Le Château des coeurs; desiring to demonstrate that this old form can be profitably revived, he is nevertheless pessimistic about the success of his play. Dated in the hand of Caroline Commanville, his literary executor. Clean & clear in archival frame.
Estimation: 1,500/ 2,500 dollars.
[Corr., éd. Jean Bruneau, Bibl. de la Pléiade, t.III, p.420.]

[BULLETIN FLAUBERT n° 148 / 27 mars 2013]

(< Christoph Oberle)
Kotte Autographs, n°47, 2013
166. Ensemble de lettres relatives à Bouvard et Pécuchet: Flaubert à Frédéric Baudry et réponse de Baudry concernant l’arboriculture; 5 lettres du Dr Devouges à Edmond Laporte, principalement de Corbeil, 1874 (50p.); Henri Gaidoz à Flaubert, 12 ou 13 février 1878; Frédéric Baudry à Flaubert, 15 février 1878; Alexandre Bertrand, 22 février 1878; Jules Troubat à Flaubert, 11 avril 1878. Lettre de Charles Pierrot à Jules Troubat. 8.500 euros.

(< Marie-Paule Dupuy)
Catalogue de la Librairie Rossignol, n°296, B.P. 31/36, 83460 Les Arcs.
Flaubert, Trois contes. Un coeur simple - La Légende de saint Julien l'Hospitalier – Hérodias, Paris, Charpentier, 1877, in-12 (18x11 cm), (4)+349 pages, pleine percaline, titre et filets dorés au dos (reliure ancienne, des rousseurs, plus nombreuses par endroits). Édition originale. Exemplaire de N. M. Orazi, avec son bel ex-libris illustré.
Voir Clouzot, 122, qui indique: «de plus en plus recherché».1.200 euros.

(< Jacques-Remi Dahan
Vente Neret-Minet, Tessier et Sarrou, Paris, 3 avril 2013
52. Flaubert Gustave, Madame Bovary, Michel Lévy, 1857. Édition originale (présence de la faute en dédicace à Sénart au lieu de Sénard).
Deux volumes reliés en un avec uniquement la première couverture et le second dos. Très belle reliure in-12 plein maroquin marron foncé à longs grains, plats à liserés à froid, légèrement éclairci, contre plats doublés de maroquin vert, trois tranches dorées, étui (reliure signée Semet et Plumelle). Légèrement court de marges.
2.000 / 3.000 euros.

[BULLETIN FLAUBERT n° 147 / 13 février 2013]

(< J.-R. Dahan)
21 février 2013, Vente Ader, Paris, Manuscrits et Autographes. – Collection de M. X.
http://www.interencheres.com/fr/meubles-objets-art/manuscrits-et-autographes-collection-de-m-x-ie_v671.html  

65. Gustave Flaubert. L.A., [Croisset] Dimanche soir [«4 octobre 1846» de la main de Louise Colet], à Louise Colet; 4 pages in-4. Estimation: 10000/ 12000 euros.
Belle et curieuse lettre amoureuse à Louise Colet, des débuts de leur liaison. Flaubert envoie à Louise Colet la lettre pour son ancienne maîtresse Eulalie Foucaud (la voluptueuse séductrice du jeune Flaubert à Marseille en 1840)... «Je voudrais être là, à Paris près de toi et effacer par un baiser chaque pli triste qui viendrait sur ton front en la lisant. Car j’ai peur que tu ne t’en chagrines encore. J’ai obéi au mouvement d’écrire à cette femme. Ai-je bien fait de le suivre je n’en sais rien. [...] Cette idée m’est venue. J’y ai cédé voilà tout. Si tu ne me blâmes pas j’aurai eu raison [...].
[Corr., éd. Jean Bruneau, Bibl. Pléiade, t.I, p.374.]

66. Gustave Flaubert. L.A.S. «G.», Mercredi 1 h. [«22 décembre 1852» de la main de Louise Colet], à Louise Colet; 2 pages et demie in-8, enveloppe. Estimation: 4000/ 5000 euros.
Belle lettre de conseils littéraires à sa maîtresse. Flaubert va aller à Rouen s’occuper d’un buvard pour Louise. Il lui conseille de rester tranquille face aux avances de R. [Villemain, que Flaubert et Louise surnommaient Riquet à la houppe]. À propos du poème de Louise Colet La Paysanne, Flaubert se montre très exigeant quant à la perfection du style, de même que Bouilhet. Il discute et corrige certaines expressions. «Il faut que les métaphores soient rigoureuses et justes d’un bout à l’autre.»
[Corr., éd. Jean Bruneau, Bibl. Pléiade, t.II, p.214.]

67. Gustave Flaubert. L.A.S., Croisset mardi soir [27 octobre 1868], à Ernest Feydeau; 3 pages in-8. Estimation: 2500/ 3000 euros.
Belle lettre sur la préparation de L’Éducation sentimentale. «Je passe mon existence à me monter & à me démonter le bourrichon. Après avoir été pendant une semaine et demie, sans dormir plus de cinq heures sur vingt-quatre, je suis présentement affecté de douleurs carabinées à l’occiput. J’ai besoin d’une bosse de sommeil. [...] Je t’avouerai que je ne suis pas gai, tous les jours. Je finis par être fourbu comme une vieille rosse. D’autant plus que je ne suis pas sans de violentes inquiétudes sur la conception de mon roman? Mais il est trop tard pour y rien changer!»...
[Corr., éd. Jean Bruneau, Bibl. Pléiade, t.III, p.814.]

165. George Sand (1804-1876). L.A.S., Nohant 17 janvier [18]69, à Gustave Flaubert; 7 pages in-8 à son chiffre. Estimation: 3.000/ 4.000 euros.

188. Ivan Tourguéniev (1818-1883). L.A.S., Spasskoïé (gouvernement d’Orel) Jeudi 27/15 mai 1880, à la princesse Troubetzkoï; 3 pages in-8; en français. Estimation: 3.500/ 4.000 euros.
Belle lettre sur la Russie, sa difficulté à écrire et la mort de Flaubert. Il parle de sa goutte, et termine tristement: «J’ai été bien profondément affligé de la mort de Flaubert. – Il a été un des êtres humains, que j’ai le plus aimés au monde»...
Ancienne collection Dina Vierny (1996, n°150).

[BULLETIN FLAUBERT n° 145 / 20 décembre 2012]

Catalogue de la Librairie de l’Abbaye-Pinault, n°346, décembre 2012
http://www.franceantiqu.fr/Slam/abbaye-pinault/FR.asp
46. Flaubert, lettre à Edmond Laporte, [27 février 1879], 2.100 euros.
Avec la mention: «Ce billet écrit au crayon par Flaubert, a été repassé à l’encre afin d’en assurer la conservation.» [Lettre vendue.]
[Corr., éd. Jean Bruneau et Yvan Leclerc, Bibl. de la Pléiade, t.V, p.558.]

Catalogue de la librairie Bertran, Rouen, [décembre 2012]
23 lots concernent Flaubert
http://www.librairie-bertran-rouen.fr/Catalogue/Ber_List_Loc.php?Mot=Flaubert&Origi=4&Ar=3
La catalogue papier (lot 105) comporte en outre la pré-originale de Bouvard et Pécuchet dans La Nouvelle Revue, 1880-1881 (2.000 euros).

Ventes passées
(< Stéphanie Dord-Crouslé, Éric Walbecq)
Vente Christies, 12-13 décembre 2012
Salammbô, Lemerre, 1879, envoi «à ma chère amie Me Brainne/ 29 avril 1880/ G. Flaubert».
http://www.christies.com/lotfinder/books-manuscripts/flaubert-gustave-oeuvrestomes-i-et-ii-5632053-details.aspx

(< Fabien Persil)
SARL Hôtel des ventes de Toulon/SCP Maunier & Noudel Deniau, Toulon
Vente du 30 novembre 2012
133. Flaubert, lettre autographe signée «G. Flaubert », adressée à un ami, Croisset, près de Rouen, mercredi 30 octobre [1878], 1 p. Est. 400/ 600 euros.
«Dalloz n’a donc pas voulu de mon ours? Ne craignez pas de me dire!... Si vous ne voyez aucun endroit convenable pour placer avantageusement lesusdit manuscrit ne vous en occupez plus! Tant pis...»
[Lettre inédite à Ernest Daudet, concernant Le Château des cœurs.]

Vente, 2, rue du Congrès 06000 Nice, Vendredi 21 décembre, 14h30
V. Pieters (XIXe siècle), Portrait de Gustave Flaubert en Turc. Huile sur toile. Signée et datée 1856. 100 x 81 cm. Estimation: 10000 /12000 euros.
Portrait douteux, reproduit ici:
http://flaubert.univ-rouen.fr/iconographie/pieters.php

(< François Lapèlerie)
Vente Artcurial à Paris, 13 décembre 2012
http://www.artcurial.com/fr/asp/results.asp
328. Madame Bovary, Michel Lévy, 1857. Édition originale, un des rares exemplaires sur velin fort. Joints la suite d’illustrations par Boilvin (Lemerre, 1874), le portrait par Liphart, frontispice par Cuisinier, eau-forte par Girardin représentant Emma à cheval. Estimation 14.000/ 16.000 euros. [Lot invendu.]

Vente par la société californienne Profiles in History (Joseph M. Maddalena), 26901 Agoura Road, Suite 150, Calabasas, CA 91301:
18 décembre 2012
Historical Document Auction 54:
https://www.profilesinhistory.com/
207. Flaubert à Louise Colet, 7 octobre 1853, 3 pages; 206 x 137 mm; quelques taches.
"An intimate autographed letter signed by Gustave Flaubert to his celebrated mistress, Louise Colet, concerning his writing of Madame Bovary: Oh, Bovary, what a grinding millstone it is for me... An extraordinary letter by Flaubert lamenting over his greatest work, Madame Bovary."
Reproduction partielle de la lettre dans le catalogue. Estimation: $ 10.000 - $15.000.

[BULLETIN FLAUBERT n° 144 / 23 novembre 2012]

(< Éric Walbecq)
Vente Pierre Bergé, mercredi 21 novembre 2012
http://catalogue.gazette-drouot.com/index.jsp?id=13966&lng=fr
Lot 146. Gustave Flaubert, Madame Bovary, Michel Lévy, 1857. Envoi: «à Mr Ledier/ cordial hommage de l’aute[ur]/ Gve Flaubert». Estimation: 12.000/ 15.000 euros.
Stanislas Xavier Sylvain Lédier (Bacqueville, 1798-Paris, 1873) fut député de la Seine-Inférieure de 1852 à 1870. Au tout début de l’année 1857, Flaubert, souhaitant éviter un procès suite à la publication de son roman dans la Revue de Paris − «Toutes les hautes garces s’arrachent la Bovary pour y trouver des obscénités qui n’y sont pas» (1er janvier 1857) −, sollicite dans la même journée (2 janvier 1857) le député Lédier, Gustave Rouland (ministre de l’instruction publique) et Collet-Maigret (directeur de la police). Le procès eut tout de même lieu, mais Flaubert sera acquitté le 7 février 1857.

Catalogue Laurent Coulet, n°53 [automne 2012]
26. Flaubert, Un coeur simple, Paris, Ferroud, 1894. 23 compositions d’Émile Adam gravées à l’eau-forte par Champollion. Un des 200 exemplaires de tête numérotés sur Japon, n°28, avec pastel original en couleurs.1.400 euros.
27. Flaubert, Hérodias, Paris, Ferroud, 1892. 21 compositions de Georges Rochegrosse gravées à l’eau-forte par Champollion. Un des 20 exemplaires de tête sur Japon, n°1, avec un dessin aquarellé original en couleurs. 1.600 euros.
28. Flaubert, Salammbô, Paris, Ferroud, 1900. 52 compositions originales de Georges Rochegrosse, gravées à l’eau-forte par Champollion. Un des 100 exemplaires de tête numérotés, n°100, avec une aquarelle originale. 8.000 euros.
29. Flaubert, Madame Bovary, Paris, Michel Lévy, 1857, première édition originale. 5.500 euros.

(< Stéphanie Dord-Crouslé)
Librairie Camille Sourget
http://camillesourget.com/edition-originale-education-sentimentale-flaubert-livre-ancien/
Flaubert, L’Éducation sentimentale, Michel Lévy, 1870, édition originale sur grand papier, l’un des 25 sur hollande, seul grand papier, conservé dans sa reliure de l’époque. 45.000 euros.

Galerie Thomas Vincent, catalogue 1, 2012-2013.
http://www.galeriethomasvincent.fr
Flaubert, lettre à Émile Husson, [2 avril 1869]. 2.600 euros.
[Corr., éd. Jean Bruneau et Yvan Leclerc, t.V, Supplément, p.1022.]

Vente Beaussant Lefèvre, Hôtel Drouot, vendredi 23 novembre 2012, Alain Nicolas expert.
http://www.beaussant-lefevre.com
84. Flaubert, Madame Bovary, Michel Lévy, 1857, édition originale. 600/ 800 euros.
85. Idem.

[BULLETIN FLAUBERT n° 143 / 18 octobre 2012]

Catalogue d’Élisabeth Brunet, automne 2012
http://www.librairie-elisabeth-brunet.fr
60. L’Éducation sentimentale, Michel Lévy, 1870, éd. originale. 2.700 euros.
61. Madame Bovary. Illustrations en couleurs de Grau Sala. Paris, La bonne compagnie, 1945. 300 euros.
62. La Tentation de saint Antoine. Édition définitive illustrée de gravures sur bois originales de Raphaël Drouart, P., G. Boutitie & Cie, 1922. 600 euros.

(< Éric Walbecq, BnF)
Catalogue de la Librairie Le Feu Follet, octobre 2012.
http://www.edition-originale.com/images/catalogues/73.PDF?utm_source=Sarbacane&utm_medium=email&utm_campaign=11%2F10%2F2012+moderne+octobre+2012
76. L’Éducation sentimentale, Michel Lévy frères, 1870, édition originale. 2.000 euros.
77. Salammbô, Michel Lévy frères, 1863.Troisième édition parue la même année que l’édition originale. Précieux et rare envoi autographe signé de l’auteur à madame Morris. Celle-ci pourrait être l’épouse du poète anglais William Morris, ami intime du peintre Edward Burne-Jones. 8.500 euros.
[Selon Fabien Persil, que nous avons consulté, il s’agirait plutôt d’une personne apparentée au général Louis Michel Morris, qui participa à la conquête de l’Algérie. Il était né à Croisset en 1803, et une branche de sa famille y résidait encore à la fin du XIXe siècle.]

(< Jacques-Remy Dahan)
Librairie Le Feu Follet, 31 rue Henri Barbusse 75005 Paris, 01.56.08.08.85.
Catalogue de septembre 2012.
http://www.edition-originale.com/images/catalogues/71.PDF?utm_source=Sarbacane&utm_medium=email&utm_campaign=07%2F09%2F2012+moderne+septembre+2012

138. Flaubert Gustave. Madame Bovary, Alphonse Lemerre, 1874, 2 volumes reliés sous étuis. Dernière édition publiée du vivant de l’auteur, illustrée d’un frontispice.
Rarissime envoi de l’auteur à (Louis) Ménard: «A mon ami Ménard, Gustave Flaubert, 28 Mai 77».
Savant, peintre, poète, philosophe, helléniste et chimiste Louis Ménard est le parangon de l’artiste intellectuel complet tel qu’il s’envisageait au XIXe siècle. 8.000 euros.

139. Flaubert Gustave. La dictature de Sylla. Manuscrit autographe complet inédit.S.n., s.l. s.d., 20x31cm, 6 pages en feuilles.
Précieux manuscrit autographe complet de 6 pages in-4, inédit, évoquant cet épisode de l’histoire de Rome.
Ce récit, très documenté, semble autant une compilation de notes historiques que l’élaboration d’une toile de fond au destin épique de Sylla.
Flaubert y évoque succinctement, bien qu’avec précision, les événements majeurs de l’Histoire et s’attarde plus volontiers sur les épisodes moins significatifs mais plus évocateurs de la démesure du personnage.
Ainsi remarque-t-on, dès le début, une attention prêtée aux déplacements géographiques des différents protagonistes et la mise en exergue de leurs fins tragiques: «Catilina […] lui creva les yeux, lui arracha la langue, les oreilles, les mains, lui rompit les bras et les jambes et lui coupa la tête enfin qu’il porta toute sanglante à Sylla puis il se lava les mains dans l’eau lustrale d’un temple voisin. Le cadavre du vainqueur des Cimbres fut exhumé, livré aux outrages et jeté dans l’Arno.»
Plusieurs références bibliographiques: «Mr D. n’a pas remarqué cela»; «Selon Pline XXXVI 186»; «v. p.296 est-ce cela?» soulignent la réflexion de l’auteur au-delà de la simple relation des événements. Il conclut d’ailleurs ainsi: «Sylla homme du passé voulant rétablir une société morte [...] se mit lui-même au dessus des lois […] caractère commun à tous les acteurs de ce même rôle.»
Le manuscrit évoque bien évidemment l’intérêt de Flaubert pour l’Antiquité après le procès de Madame Bovary, «le besoin de sortir du monde moderne, où ma plume s’est trop trempée et qui d’ailleurs me fatigue autant à reproduire qu’il me dégoûte à voir» (lettre à Mlle Leroyer de Chantepie, 18 mars 1857). L’absence totale de mention de Carthage dans ce texte semble plutôt témoigner d’un écrit antérieur aux recherches historiques qu’il effectua pour Salammbô, d’une recherche encore ouverte, mais l’intérêt porté au potentiel «tragique» de personnages hors norme, aux antipodes de la «dramatique» actualité de Madame Bovary évoque son grand roman orientaliste.
Depuis longtemps, le personnage exerçait une fascination certaine sur Flaubert: «Nous remarquerons d’abord le crime grand, politique et froid, dans la personne de Sylla: il accomplit sa mission fatalement, comme une hache, puis il abdique la dictature et s’en va au milieu du peuple; c’est là un orgueil plein de grandeur, ce sont là les crimes d’un homme de génie.» (Rome et les Césars, 1839). Paul Bourget évoque également cette passion de l’auteur: «Ses amis se rappellent encore avec quel frémissement il récitait tel morceau de prose, le dialogue de Sylla et d’Eucrate, par exemple: “Sylla, lui dis-je...” puis, s’arrêtant là de sa citation, il ajoutait: “Toute l’histoire romaine est là-dedans...” et il l’y voyait, tant l’ensorcellement des syllabes agissait sur ses nerfs tendus.» (Journal des débats politiques et littéraires, 10 février 1884).
Mais aussi épique fut-elle, l’histoire de Sylla manquait sans doute, à l’instar du manuscrit, d’une figure essentielle aux grandes oeuvres de Flaubert: une femme. 12.000 euros.

140. [Flaubert Gustave] Méreaux Amédée. La poésie et son avenir: Discours prononcé par M. Amédée Méreaux en réponse au discours de M. Simonin (1865 et la poésie).
Imprimerie de H. Boissel, Rouen, 1865. Édition originale.
Très rare exemplaire provenant de la bibliothèque de Gustave Flaubert, référencé sous le numéro 22 dans la vente de la succession de Mme Franklin Grout-Flaubert le 18 novembre 1931.
Bel envoi autographe: «A l’auteur de Mme Bovary et de Salammbô, Cordial hommage de son admirateur
Célèbre compositeur et musicien, Jean-Amédée Lefroid de Méreaux (1802-1874) avait été l’élève de Reicha, puis pianiste du duc de Bordeaux, virtuose à Paris, Londres, Rouen (où il mourut) et musicographe.
Très recherchés, les ouvrages de la bibliothèque de Flaubert sont d’une insigne rareté. 1.500 euros.

(< Marlo Johnston et Jean-Paul Goujon)
Catalogue Kotte, n°46, été 2012.
https://www.autographenhandlung.de/deu/koerper_katalog.php?sNavPoint=info
669. Flaubert, lettre à Edmond Laporte, 20 août 1879. 10.000 euros.
[Corr., éd. Jean Bruneau et Yvan Leclerc, Bibl. de la Pléiade, t.V, p.690.]
670. Flaubert, lettre à Marie Régnier, 22 septembre 1878. 9.000 euros.
[Corr., Bibl. de la Pléiade, t.V, p.439.]
671. Flaubert, lettre à Louis Bouilhet, s.d. 4.500 euros.
672. Flaubert, lettre à Philippe Leparfait, 12 décembre 1872. 15.000 euros.
[Corr., éd. Jean Bruneau, Bibl. de la Pléiade, t.IV, p.623.]
673. Flaubert, lettre à la baronne Lepic, septembre 1871. 9.000 euros.
[Corr., Bibl. de la Pléiade, t.IV, p.381.]
674. Flaubert, lettre à Edmond Laporte, 24 juillet 1878. 9.500 euros.
[Corr., Bibl. de la Pléiade, t.V, p.408.]

[BULLETIN FLAUBERT n° 142 / 11 septembre 2012]

Les Autographes, catalogue Thierry Bodin, n°135, septembre 2012
http://www.franceantiq.fr/slam/autographes/Cat.asp?AUTEUR=flaubert&IdTable=Bodin0912
Gustave Flaubert (1821-1880) romancier: L.A.S., [Paris] vendredi soir [28 mars 1873, à Leconte de Lisle]; 1 page in-8 (petit deuil). Au sujet d’un projet d’édition de La Tentation de Saint Antoine chez Alphonse Lemerre [réponse à une lettre du même jour de Leconte de Lisle: «M. Daudet est venu avertir Lemerre que je t’avais déconseillé de faire éditer tes livres chez ce dernier en le traitant d’imbécile»]. «Je ne comprends goutte à ta lettre! Voici tout ce que je sais: tu ne m’as jamais dit que du bien de Mr Lemerre, par conséquent tu n’as pu me dissuader de publier, chez lui, St Antoine! Je ne vois pas du tout le sens du propos qu’aurait tenu Alphonse Daudet? – à moins que ce ne soit une aimable farce, dont je lui demanderai la signification dimanche prochain. Le mot potin essentiellement normand et même rouennais est remonté jusqu’à Paris. – Quant à la chose elle m’y paraît carrément installée. – N’en ayez souci». 1.500 euros.

[BULLETIN FLAUBERT n° 141 / 13 juin 2012]

(< Eric Walbecq, BnF)
14 juin 2012, vente De Baecque & Associés
Du Camp (Maxime), écrivain, ami de Flaubert, 3 L.A.S et 1 P.S. à la comtesse Roger de Beaumont. Estimation: 300/ 400 euros.
Paris, mars-avril 1886. 5 p. in-8 (un feuillet déchiré en deux).Maxime misogyne.
«Pour vivre en paix avec les femmes, il faut croire ce qu’elles disent; pour savoir la vérité, il faut croire le contraire». À sa demande, il signe cette réflexion qu’il avait autrefois faite et qu’il n’approuve plus. «Toute réflexion faite, il ne faut point dire de mal de ce que l’on doit le plus aimer au monde». Il évoque ses migraines et relate un souvenir d’enfance, dans la cour du collège. «J’ai eu l’oeil droit poché et le nez à moitié démoli dans une histoire absolument pareille. J’ajouterai que j’étais l’offensé, que j’étais dans mon droit et que le jugement de Dieu s’est trompé avec une si coupable persistance que j’ai été obligé de rester huit jours à l’infirmerie […]. Il paraît que Tours est la ville de la Belle au bois dormant, tout le monde y ronfle; ne comptez pas trop sur Trochu, il y a longtemps qu’il rêve tout éveillé […]».Sont jointes deux lettres de la comtesse de Beaumont relatives à cette correspondance avec Maxime Du Camp. Ces lettres ont été publiées dans l’Illustré du Dimanche du 11 mars 1894 (article joint qui relate les circonstances).
Lien vers la page du catalogue.

(< Marlo Johnston)
20 juin 2012, Vente Lafon-Castandet
http://www.lafon-castandet.com/
Lettre de Louise Pradier (1814-1885), femme du monde, maîtresse de Flaubert:
Lot n° 181. L.A.S. S.l.n.d. 1 p. in-16 «Malheureusement, la maison est comble de monde [...] Je n’ai pas de lettre de Gustave [Flaubert]. Sans doute, il est moins malheureux, sans cela il écrirait [...].» Estimation: 300/ 350 euros.
http://www.lafon-castandet.com/flash/index.jsp?id=11850&idCp=79&lng=fr

Vente passée

Sotheby’s, 15 mai 2012, Paris
67. Lettre de Flaubert à Louise Colet, [13 avril 1853]. [Corr., éd. Jean Bruneau, Bibl. de la Pléiade, t.II, p. 301 et suiv.] Estimation: 12.000/ 18.000 euros. Vente: 53.550 euros.
68. Salammbô, Michel Lévy, 1863, première éd. originale.
Joint un feuillet manuscrit de 2 pages in-folio (345 x 218 mm), écrit recto et verso, avec ratures et corrections de la page 9 de l’édition originale concernant le récit de Spendius allant de «un grand soupir s’échappa de sa poitrine; il balbutiait, il ricanait sous les larmes claires qui lavaient sa figure» jusqu’à «et on en avait vu qui risquaient leur vie pour l’inconcevable plaisir d’y boire.»
Au verso, notes intitulées «II Politique» concernant la tribu des Lybiens, la manière dont se faisait le commerce, les Syssites, les mercenaires, etc.
Estimation: 4.000/ 6.000 euros. Vente: 12.500 euros.
http://www.sothebys.com/en/catalogues/ecatalogue.html/2012/livres-et-manuscrits-pf1203#/r=/en/ecat.fhtml.PF1203.html+r.m=/en/ecat.lot.PF1203.html/68/
Image du folio recto:
http://flaubert.univ-rouen.fr/images/salammbo_mss_f9.jpg

[BULLETIN FLAUBERT n° 140 / 20 avril 2012]

Catalogue Thierry Bodin, 134, mars 2012
http://www.franceantiq.fr/slam/autographes/fr.asp
89. Gustave Flaubert, manuscrit autographe, Perse. Ormuz. Mithra; 3/4 page grand in-4. 4.000 euros.
Notes pour La Tentation de saint Antoine sur Mithra. Le manuscrit porte en tête dans un petit encadré la note: «Croy[ances] & leg[endes] de l’antiquité. Mithra». «Mithra. Primitivement semble avoir représenté cette planète qui apparaît tour à tour comme l’étoile du soir & celle du matin. C’est le Lucifer des Latins. – est une créature de Dieu. – Ce dieu est Ahoura Mazda. L’astre du jour n’est que le miroir de sa clarté. Mithra est le soleil, médiateur entre Dieu et l’homme. – Représenté le front chargé d’un casque d’or, cuirasse d’argent – sur un char de combat accompagné par les génies.» ... Etc. Et Flaubert termine: «Les compagnons de Mithra ne sont que les forces bienfaisantes de la Nature.

[BULLETIN FLAUBERT n° 139 / 14 mars 2012]

(< Christoph Oberle)
Vente passée.
Kotte Autographs, catalogue 45 [février 2012]
http://www.autographenhandlung.de
Lot 43. Lettre de Flaubert à Charles d’Osmoy, [18 octobre 1871]. 15.000 euros.
[Corr., éd. Jean Bruneau et Yvan Leclerc, Bibl. de la Pléiade, t.V, p.1050.]

(< Éric Walbecq)
Vente passée.
Vente Piasa, Drouot, 6 mars 2012.
http://catalogue.gazette-drouot.com/index.jsp?id=12592&lng=fr
Lot 68. Flaubert, La Tentation de saint Antoine, Paris, Charpentier, 1874. In-8 grandes marges, bradel demi-maroquin vert à long grain, couverture (Reliure de l’époque). Édition originale. Un des 75 exemplaires sur hollande, celui-ci portant un envoi autographe signé sur le faux-titre: «à ma chère amie Me (nom effacé Husson) j’offre / La Tentation de saint Antoine / et son auteur Gus. Flaubert.» Il s’agit de Adèle Husson, née Sauvel, maîtresse de Maxime Du Camp et proche amie de Flaubert. L’exemplaire porte une note autographe de Ludovic Halévy sur un feuillet de garde: «Cet exemplaire m’a été donné par Maxime du Camp qui me l’a envoyé avec la lettre ci-jointe, page suivante. Ludovic Halévy.» L’exemplaire contient la lettre au feuillet suivant: «Paris, 8 février 1890. Cher Ami, voici le volume en question; j’espère que dans les autres éditions Flaubert a modifié l’énormité que je lui avais signalée p.295, ligne 5. Tout à vous. Du Camp.» De la bibliothèque Ludovic Halévy avec son ex-libris. Minime accroc au dos de la reliure. Estimation: 1.500/2.000 euros.
[Du Camp fait allusion à l’expression «des débris d’éphémérides», que la quatrième édition parue en 1880 corrige en «des débris d’éphémères». Voir la faute à la p.295, l.5 de l’édition originale, numérisée sur Gallica:
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1177342/f299.image.r=.langFR
Flaubert
Flaubert avait lui-même corrigé la faute sur un exemplaire de la première édition conservé à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris. Voir La Tentation de saint Antoine, éd. de Claudine Gothot-Mersch, Gallimard, coll. « Folio », 1983, p.247 et note e.
Note d’Yvan Leclerc.]

[BULLETIN FLAUBERT n° 138 / 9 février 2012]

(< Éric Walbecq)
Librairie Signatures, 17 rue Jacob, 75006, Paris, catalogue n°6, décembre 2011
http://www.librairiesignatures.com/media/catalogues/MP_Catalogue6_BD.pdf
34. José Maria de Heredia (1842-1905), poète, carte de visite autographe, S.l.n.d. [mai 1880]. 1 p. oblong. 380 euros.
«Le service de Flaubert aura lieu mardi [11 mai 1880]. Les amis trouveront des voitures à la gare de Rouen. Départ de Paris à 8 heures du matin, gare St Lazare ».

(< Olivier Leroy)
Catalogue de la Librairie ancienne Le Feu Follet, 31 rue Henri Barbusse, 75005 Paris, janvier 2012
http://www.edition-originale.com/images/catalogues/60.PDF

90. Gustave Flaubert, La dictature de Sylla, manuscritautographe complet inédit.
S.n., s.l., s.d., 20x31 cm, 6 pages en feuilles. 12.000 euros.
Précieux manuscrit autographe complet de 6 pages in-4, inédit, évoquant cet épisode de l’histoire de Rome. Ce récit, très documenté, semble autant une compilation de notes historiques que l’élaboration d’une toile de fond au destin épique de Sylla. Flaubert y évoque succinctement, bien qu’avec précision, les événements majeurs de l’Histoire et s’attarde plus volontiers sur les épisodes moins significatifs mais plus évocateurs de la démesure du personnage.
Ainsi remarque-t-on, dès le début, une attention prêtée aux déplacements géographiques des différents protagonistes et la mise en exergue de leurs fins tragiques: «Catilina […] lui creva les yeux, lui arracha la langue, les oreilles, les mains, lui rompit les bras et les jambes et lui coupa la tête enfin qu’il porta toute sanglante à Sylla puis il se lava les mains dans l’eau lustrale d’un temple voisin. Le cadavre du vainqueur des Cimbres fut exhumé, livré aux outrages et jeté dans l’Anio.»
Plusieurs références bibliographiques: «Mr D. n’a pas remarqué cela»; «Selon Pline XXXVI 186»; «v. p. 296 est-ce cela?» soulignent la réflexion de l’auteur au-delà de la simple relation des événements. Il conclut d’ailleurs ainsi: «Sylla homme du passé voulant rétablir une société morte [...] se mit lui-même au-dessus des lois […] caractère commun à tous les acteurs de ce même rôle.»
Le manuscrit évoque bien évidemment l’intérêt de Flaubert pour l’Antiquité après le procès de Madame Bovary, «le besoin de sortir du monde moderne, où ma plume s’est trop trempée et qui d’ailleurs me fatigue autant à reproduire qu’il me dégoûte à voir» (lettre à Mlle Leroyer de Chantepie, 18 mars 1857). L’absence totale de mention de Carthage dans ce texte semble plutôt témoigner d’un écrit antérieur aux recherches historiques qu’il effectua pour Salammbô, d’une recherche encore ouverte, mais l’intérêt porté au potentiel «tragique» de personnages hors norme, aux antipodes de la «dramatique» actualité de Madame Bovary évoque son grand roman orientaliste.
Depuis longtemps, le personnage exerçait une fascination certaine sur Flaubert: «Nous remarquerons d’abord le crime grand, politique et froid, dans la personne de Sylla: il accomplit sa mission fatalement, comme une hache, puis il abdique la dictature et s’en va au milieu du peuple; c’est là un orgueil plein de grandeur, ce sont là les crimes d’un homme de génie.» (Rome et les Césars, 1839). Paul Bourget évoque également cette passion de l’auteur: «Ses amis se rappellent encore avec quel frémissement il récitait tel morceau de prose, le dialogue de Sylla et d’Eucrate, par exemple: “Sylla, lui dis-je…” puis, s’arrêtant là de sa citation, il ajoutait: “Toute l’histoire romaine est là dedans...” et il l’y voyait, tant l’ensorcellement des syllabes agissait sur ses nerfs tendus» (Journal des débats politique et littéraire, 10 février 1884).
Mais aussi épique fut-elle, l’histoire de Sylla manquait sans doute, à l’instar du manuscrit, d’une figure essentielle aux grandes œuvres de Flaubert: une femme.

91. Madame Bovary, Alphonse Lemerre, Paris 1874, 9,5x16,5 cm, 2 volumes reliés sous étuis. Dernière édition publiée du vivant de l’auteur. 8000 euros.
Envoi de l’auteur à (Louis) Ménard: «A mon ami Ménard, Gustave Flaubert, 28 Mai 77
Ouvrage illustré d’un frontispice.

92. Salammbô,Calmann-Lévy, Paris 1863, 15x24 cm, relié. 2500 euros.
Notre exemplaire est celui de la célèbre tragédienne lyrique Lucienne Bréval, qui interpréta le rôle de Salammbô en 1899, porté à l’opéra par Ernest Reyer. Il est enrichi d’une photographie originale de la tragédienne, encollée au verso du premier plat de reliure, agrémentée d’un envoi autographe signé d’un admirateur: «à Lucienne Bréval / Salammbô incomparable...»

93. Amédée Méreaux, La poésie et son avenir: Discours prononcé par M. Amédée Méreaux en réponse au discours de M. Simonin (1865 et la poésie). Imprimerie de H. Boissel, Rouen 1865, 14,5x23 cm, broché. Édition originale. 1500 euros.
Très rare exemplaire provenant de la bibliothèque de Gustave Flaubert, référencé sous le numéro 22 dans la vente de la succession de Mme Franklin Grout-Flaubert le 18 novembre 1931.
Bel envoi autographe: «A l’auteur de Mme Bovary et de Salambo [sic], Cordial hommage de son admirateur.»
Célèbre compositeur et musicien, Jean-Amédée Lefroid de Méreaux (1802-1874) avait été l’élève de Reicha, puis pianiste du duc de Bordeaux, virtuose à Paris, Londres, Rouen (où il mourut) et musicographe.

94. Georges Pouchet, Des changements de coloration sous l’influence des nerfs, Germer Baillière, Paris 1876, 15,5x24 cm, relié. Édition originale. 2000 euros.
Très précieux exemplaire de Gustave Flaubert comportant un envoi autographe de l’auteur à «Gustave Flaubert / son vieil ami / G. Pouchet
Ouvrage orné de 7 planches illustrées de nombreuses figures coloriées à la main par Mme Lemaître et justifiées par un tampon à sec.

Vente de particulier
Gérard-Gailly, Flaubert et les fantômes de Trouville, La Renaissance du livre, coll. «Documents et témoignages», 1930. 50 euros.
Broché (14x20 cm), 213 pages, état correct, nombreuses rousseurs sur couverture et pages de garde, non coupé à partir de la page 49, rousseurs allant s’amenuisant, ne nuisant absolument pas à la lecture, couverture un peu fragilisée avec petit manque en haut et bas de coiffe.
Contact: cesar.huerta@free.fr

[BULLETIN FLAUBERT n° 136 / 8 décembre 2011]

Autographes des Siècles, Julien Paganetti, 06.37.86.73.44
www.autographes-des-siecles.com
Lettre de Flaubert à Charles d’Osmoy, mercredi [18 octobre 1871], 9.500 euros.
http://www.autographes-des-siecles.com/flaubert-ecrit-osmoy-p-321.html
[Corr., éd. Jean Bruneau et Yvan Leclerc, Bibl. de la Pléiade, t.V, Supplément, p.1050-1051.]

Lettre de Flaubert à Julia Daudet, lundi 7 [avril 1879], 9.700 euros.
http://www.autographes-des-siecles.com/flaubert-ecrit-jdaudet-p-319.html
[Corr., éd. Jean Bruneau et Yvan Leclerc, Bibl. de la Pléiade, t.V, p.596-597.]

Vente Piasa, Drouot, mardi 6 décembre 2011, exp. Thierry Bodin
387. Lettre de Flaubert à Ernest Daudet, [2 janvier 1878], 1 page in-8 (encadrée avec photo). 800/1.000 euros.
http://www.piasa.fr/FR/lot_details.php?saleId=17195&lotId=3303902
«Votre frère [Alphonse] m'a dit que vous étiez très fort sur l'Histoire du Duc d'Angoulême! et que vous possédiez à ce sujet une foule de documents. […] Pouvez-vous me les prêter? Je ne vais pas chez vous craignant de ne pas vous rencontrer, par ce temps de jour de l'an»… [Il s'agit de la documentation pour le chapitre IV de Bouvard et Pécuchet.]
[Corr., éd. Jean Bruneau et Yvan Leclerc, Bibl. de la Pléiade, t.V, p.345. Dans cette édition, lire «Votre frère» [Alphonse Daudet], et non «Votre père».]

(< Marie-Paule Dupuy)
Librairie des Carrés, catalogue n°33
1, route de Louerre, B.P.5, 49350 Gennes, 02 41 59 74 35, libcarre@club-internet.fr, N°151. Madame Bovary, moeurs de Province, Paris, Michel Lévy Frères, 1857, édition originale, 2 volumes in-12, T.I [iv]-232 p.; T.II [iv]-233-490 p. Reliure d'époque en demi-chagrin tabac, plats et gardes marbrés, dos à nerfs portant le titre doré, initiales «E.C.» en pied, sous emboîtage assorti. Bel exemplaire. Avec toutes ses caractéristiques dont la faute d'orthographe de la dédicace (Senart au lieu de Senard). 2.200 euros.

[BULLETIN FLAUBERT n° 135 / 10 novembre 2011]

(Éric Walbecq, BnF)
Catalogue de la Librairie de l’Abbaye, n° 341, octobre 2011
17. Flaubert, L.A.S. à la baronne Lepic, septembre 1871, 1.800 euros.
[Corr., éd. Jean Bruneau, Bibl. de la Pléiade, t.IV, p.381.]

[BULLETIN FLAUBERT n° 134 / 13 octobre 2011]

(< Éric Walbecq, BnF)
Catalogue Librairie d’Otrante, 2011
Florian Balduc, Le Coudray, 61230 La Fresnaie-Fayel, +33 (0) 2.33.67.26.43, +33 (0) 6.79.35.90.89
librairieotrante@yahoo.fr
Louis Bouilhet, Mademoiselle Aïssé, lettre autographe signée et manuscrit autographe
Rouen, 27 juillet 1868. Trois pages in-8. Deux pages in-folio. 900 euros.
Lettre autographe signée de l’ami de Flaubert et de Maupassant au directeur de l’Odéon, relative au dernier drame de l’auteur, Mademoiselle Aïssé. Lettre à en-tête de la Bibliothèque Publique de Rouen (dont il est le conservateur depuis 1867) dans laquelle Bouilhet expose son retard («ma pièce n’est malheureusement pas aussi avancée qu’on se plaît à le dire») et son indécision quant aux acteurs («je n’ai jamais été fixé sur Berton»). «Je croyais vous avoir écrit […] que je désirais n’être joué qu’en février 1869. Je prévoyais, dès lors, les exigences d’une position nouvelle – je n’avais pas compté sur des souffrances physiques presque continuelles, depuis notre dernière entrevue – d’où il résulte que, plus que jamais, je m’en tiens au mois de février.»

Manuscrit autographe de 2 pages in-folio d’Aïssé, correspondant aux scènes X, XI et XII – répliques d’Aïssé, de Madame de Tencin, de Monsieur d’Argental, du comte de Brécourt, du commandeur de Mesme et d’un choeur de Chevaliers.
Après avoir été interne à l’Hôtel-Dieu sous la direction du père de Gustave Flaubert, Louis Bouilhet (Cany 1822 – Rouen 1869) se consacre à la poésie et gagne sa vie comme professeur de littérature. Personnage incontournable de la vie littéraire de la deuxième moitié du XIXe siècle, ami de Flaubert et de Maupassant, il joue un rôle très important dans l’écriture de Madame Bovary. Il conseille en effet à Flaubert de s’inspirer du fait divers de Delphine Delamarre et ce dernier le consulte et lui demande régulièrement conseil, lui faisant la lecture de chaque nouveau chapitre ou passage significatif.
Bel ensemble autour de Mademoiselle Aïssé, qui ne sera joué à l’Odéon qu’en janvier 1872, soit près de trois ans après la mort de Bouilhet (18 juillet 1869).

Remy de Gourmont, «Notice sur le buste de Gustave Flaubert» [1891].
Cartonnage à la Bradel, pièce de titre en long de maroquin bordeaux. Grand in-8; 3 ff.n.ch. contrecollés. 700 euros.
Manuscrit autographe signé de «Notice sur le buste de Gustave Flaubert» par Clésinger (paru dans le Mercure de France en mai 1891, p. 259) – 3 feuillets à l’encre bleue, comprenant, de la main de l’auteur, quelques suppressions et ajouts.
Le marbre réalisé par Chapu est inauguré à Rouen en 1890 et, depuis 1921 (centenaire de la naissance de Flaubert) le buste de Clésinger se trouve au Jardin du Luxembourg. À l’occasion de son inauguration, le Mercure de France du 15 novembre 1921 republie la notice de Gourmont avec pour introduction: «Cette page offre un réel intérêt documentaire et nous croyons devoir la reproduire ci-dessous in-extenso.»

Moirandat Company AG, Suisse, Bâle, Catalogue n°8 [2011]
http://www.moirandat.ch/Auktion8_1_Literatur.pdf
96. Lettre à Louise Colet, 17 septembre 1847. [Corr., Pléiade, t.I, p.470-471.]
97. Lettre à Louise Colet, 23 octobre 1851. [Corr., Pléiade, t.II, p.12-14.]
118. Lettre d’André Gide, 1er juillet 1939, au sujet de Flaubert.
L.A.S. Le Mont-Dore 1.VIII.(1939). 1 Doppelblatt kl.-4°, alle 4 Seiten beschrieben. Briefkopf des Hôtel Sarciron. Mit dem dazugehörigen, eigenhändig adressierten Couvert. (CHF 1’200.00)
An den Literaturwissenschaftler Henri Guillemin (1903-1992) in Concarneau, dessen eben erschienenes Werk über Flaubert er in der Kur gelesen hatte.
«… Somme toute il me semble que vous restez dans une plus prudente réserve que ne fit Mauriac dans sa préface. La correspondance de Flaubert a été, pour moi, d’une extraordinaire importance et je m’en suis longtemps nourri.
Ce qu’il apportait à ma faveur? Une nouvelle forme de la sainteté; devant l’art et devant la vie, une attitude exemplaire.
Ce n’est pas sans quelque stupeur que j’ai vu assimiler sa sainteté, d’ordre tout laïque, à la sainteté chrétienne à laquelle, depuis ma jeunesse, je l’opposais…
Vous citez, de Flaubert, une phrase boiteuse, affreuse, propre à le faire rougir (et que vous êtes près de trouver admirable parce que, par imprudence, le nom du Christ y est prononcé) ‚… le sang du Christ; rien ne l’extirpera (!!)… Il ne s’agit pas de le dessécher, mais de lui faire de nouveaux ruisseaux (!!!)’ Et ce que vous en déduisez, j’imagine Flaubert le lisant.
Croyez-vous vraiment qu’il y souscrivait?»
Nach Ausbruch des Zweiten Weltkriegs 1939 zog Gide sich nach Südfrankreich zurück, 1942 ging er nach Nordafrika, wo er die Exilregierung de Gaulles aktiv unterstützte. – Guillemins Buch trägt den Titel ‘Flaubert devant la vie et devant Dieu’ und erschien 1939. 1942 flüchtete Guillemin vor den Nazis nach Neuenburg; später wurde er Kulturattaché an der französischen Botschaft in Bern und unterrichtete an der Neuenburger und der Genfer Universität.

Catalogue «Les Autographes», Thierry Bodin, n°133, septembre 2011
http://www.lesautographes.com
120. Flaubert, L.A.S. Paris, samedi 8 août [1868], à Ivan Tourguéneff. 1 page in-8. 1.500 euros.
«Je compte sur vous à partir du 15 courant. Écrivez-moi un petit mot 24 heures d'avance, afin que j'aille au-devant de vous. – & de votre sac de nuit car il est bien entendu que vous coucherez dans ma chaumière. Ma mère sera très heureuse de vous recevoir! – & moi donc!»…

[BULLETIN FLAUBERT n° 133 / 7 septembre 2011]

(< Christoph Oberle)
Catalogue Arts et Autographes, n°57, [juillet 2011], Jean-Emmanuel Raux http://www.autographe-online.com
22048. [Flaubert]. Réunion de 9 lettres autographes adressées à Flaubert: Sainte-Beuve (15 février 1862, au sujet de Salammbô), Frédéric Baudry (pour La Tentation de saint Antoine), Jules Michelet (17 février 1863), Maxime Du Camp (19 mai 1869, au sujet de L’Éducation sentimentale), Louis Bouilhet (10 octobre 1872), Edmond de Goncourt (septembre 1879), Alexandre Dumas fils, Edmond About, Théodore de Banville. 3.000 euros.
http://autographe.com/fiche_produit.php?REFERENCE=22048

Librairie Bertran, 110 rue Molière, 76000 Rouen
Site: http://librairie-bertran-rouen.fr
Recherche par auteur accessible sur la page d’accueil: actuellement 20 lots au nom de Flaubert, dont les pré-originales de Madame Bovary dans la Revue de Paris (1856) et de Bouvard et Pécuchet dans La Nouvelle Revue (1880-1881).

(< Jacques-Rémi Dahan)
24 septembre 2011, vente Mâcon, succession Walter, 1re partie, Norbert Darreau expert.
57 - Flaubert Gustave. L.A.S. (Paris) Mercredi soir (29 novembre 1871) à un ami (probablement Edmond de Goncourt), une page in-8. Il lui demande un rendez-vous «car j'ai besoin de vous pour m'aboucher avec un graveur à cette fin de faire faire le portrait de Bouilhet.». À partir de samedi, il passera tous ses après-midi à l'Odéon (pour les répétitions de Mademoiselle Aïssé de Louis Bouilhet).
Catalogue Bodin n°56 de juillet 1993, lot n°118. 300 / 400 euros.
[Corr. , éd. Jean Bruneau, Bibliothèque de la Pléiade, t.III. Bien attribué à Edmond de Goncourt, p.413, mais mal daté. Repris à la bonne date p.419, avec une erreur d’attribution.]
http://darreau.com.pagespro-orange.fr/livresauxencheres/pages2011/flaubert.html

Vente passée
Alde, Hôtel Regina, 24 juin 2001
http://www.alde.fr/FR/lot_details.php?saleId=16181&lotId=3014703
Lot 46. Gustave FLAUBERT (1821-1880).
2 manuscrits autographes, Sur le roman de Roncevaux (Li romans de Roncivals), et Sur les épopées françaises au XIIe siècle [vers 1836-1840?]; 5 pages et demie in-fol.
Et 3 pages et demie in-fol., montées sur onglets, reliure-chemise moderne chagrin rouge avec gardes de chagrin rouge. Estimation: 10.000/12.000 euros.
Belle réunion de deux manuscrits témoignant du vif intérêt que Flaubert portait à l'héritage littéraire du Moyen Âge français.
Voir la notice du catalogue et le fac-similé de la première page du premier manuscrit:
http://flaubert.univ-rouen.fr/manuscrits/roncevaux.php

[BULLETIN FLAUBERT n° 132 / 1er juin 2011]

(< Éric Walbecq)
Catalogue Jean-Claude Vrain, Paris [2011]
69. Trois pages d’un Cahier d’Écolier ou oeuvres choisies de Gustave F***. Brochure rarissime: le premier livre de Gustave Flaubert, imprimé alors qu’il était âgé de 10 ans. 87. Madame Bovary, Michel Lévy, 1857, EO. Envoi autographe: «à mon cher ami & vieux camarade/ A. Nion/ Gve Flaubert
88. Madame Bovary, Michel Lévy, 1857. Édition originale en grand papier.
89. Madame Bovary, Michel Lévy, 1857. EO. Envoi autographe: «à Ernest Chevalier/ mon plus vieil ami/ hommage d’une inaltérable/ affection/ Gve Flaubert
90. Madame Bovary, Michel Lévy, 1857. EO. Envoi autographe: «à Marie Durey hommage/ cordial de son tout dévoué/ Gve Flaubert

Autographes Demarest, Paris, printemps 2011
ndemarest@neuf.fr
85. Flaubert à Edmond Laporte, 23 septembre 1872. 1.500 euros.
[Corr., éd. Jean Bruneau, Bibl. de la Pléiade, t.IV, p.577.]
233. George Sand à Flaubert, 6 mars 1876. 2.500 euros.
[Corr., éd. Jean Bruneau et Yvan Leclerc, Bibl. de la Pléiade, t.V, p.23.]

[BULLETIN FLAUBERT n° 131 / 4 mai 2011]

(< Eric Walbecq)
Mardi 3 mai 2011, vente Piasa
http://www.piasa.auction.fr/FR/lot_details.php?saleId=16002&lotId=2874824
Lot 193. Gustave Flaubert, Salammbô, Paris, Lévy frères, 1863. EO. Estimation 4.000/ 5.000 euros.
Exemplaire de premier tirage avec toutes les fautes signalées par les bibliographies.
Envoi autographe signé sur le faux-titre «à mon ami Louis Ulbach / en souvenir de la Revue de Paris / Gve Flaubert».
Louis Ulbach était co-directeur de la Revue de Paris avec Maxime Du Camp et Laurent-Pichat.
L'envoi est d'autant plus curieux que lors de la publication de Madame Bovary, Ulbach avait jugé le danger, compte tenu de la censure de l'époque, de publier le texte dans la revue: «Nous allions publier une oeuvre étrange, hardie, cynique dans sa négation, déraisonnable à force de raison, fausse par trop de vérités de détail, mal observée à cause de l'émiettement pour ainsi dire de l'observation; sans tristesse généreuse…, sans élan,… sans amour.»
Il demanda à Flaubert d'exclure à la fin l'épisode de l'extrême-onction et de la veillée du corps par le prêtre et l'apothicaire. Flaubert s'insurgea contre cette demande mais consentit finalement à quelques changements secondaires.
Il faut croire qu'entre 1857, année de la parution de Madame Bovary et 1863, date de Salammbô, les rapports entre les deux hommes se sont beaucoup adoucis.

[BULLETIN FLAUBERT n° 130 / 16 mars 2011]

(< Éric Walbecq)
Gros et Delettrez, Vente Weiller, Drouot, 8 avril 2011
http://www.gros-delettrez.com/flash/index.jsp?id=9489&idCp=1&lng=fr
Lot 626. Flaubert à Champfleury, [4 février 1857]. 6.000/ 7.000 euros
La lettre, d’une page in-8, concerne les poursuites engagées contre Madame Bovary publié par Flaubert chez Lévy. «J’ai bien tardé, monsieur et cher confrère, à vous faire ma visite mais votre lettre ne m’a été remise qu’hier, chez Mr Lévy. Indiquez-moi un jour et une heure où je puisse aller vous serrer la main et vous dire en face combien je suis sensible à votre marque d’intérêt. Vous avez compris que ma cause était celle de la littérature contemporaine toute entière. Ce n’est pas mon roman qu’on attaque mais tous les romans, et avec eux le droit d’en faire. J’ai rencontré dans cette circonstance beaucoup de sympathies qui m’ont honoré. Je compte la vôtre pour une des plus flatteuses et vous prie de me croire votre tout dévoué. Gustave Flaubert.»
[Corr. , éd. Jean Bruneau, Bibl. de la Pléiade, t.II, p.678.]

Mercredi 23 mars 2011, Drouot, Yann Le Mouel
contact@yannlemouel.com; tél. 01 47 70 86 36
http://www.yannlemouel.com/flash/index.jsp?id=9236&idCp=24&lng=fr
Lot 104. Madame Bovary, M. Lévy, 1857. 2 vol. in-12; reliés en un. Édition originale, reliée en un volume sans les 3ff . de catalogue du t.1, ni les faux-titre et titre du t.2, mais enrichie d’un envoi: «À A. Blanche, le 1°/ des bovarystes et le plus / dévoué des amis Gustave Flaubert. » Quatre lettres autographes signées à propos du procès de Madame Bovary. Estimation: 3.000 / 4.000 euros.

(< Thierry Savatier)
Librairie Le Feu Follet, mars 2011
http://www.edition-originale.com/images/catalogues/45.PDF
Lot 123. La Tentation de saint Antoine, Charpentier, 1874, EO, 450 euros.

Lot 124. Madame Bovary, Alphonse Lemerre, 1874, 2 volumes reliés. Dernière édition publiée du vivant de l’auteur. 8.000 euros.
Envoi de l’auteur à (Louis) Ménard: «À mon ami Ménard, Gustave Flaubert, 28 Mai 77.» Ouvrage illustré d’un frontispice.

Lot 125. Méreaux Amédée, La poésie et son avenir: Discours prononcé par M. Amédée Méreaux en réponse au discours de M. Simonin (1865 et la poésie) , Imprimerie de H. Boissel, Rouen, 1865. 1.400 euros.
Exemplaire provenant de la bibliothèque de Gustave Flaubert, référencé sous le numéro 22 dans la vente de la succession de Mme Franklin Grout le 18 novembre 1931. Envoi autographe: «À l’auteur de Mme Bovary et de Salammbô, Cordial hommage de son admirateur.» Compositeur et musicien, Jean-Amédée Lefroid de Méreaux (1802-1874) avait été l’élève de Reicha, puis pianiste du duc de Bordeaux, virtuose à Paris, Londres, Rouen (où il mourut) et musicographe.

Lot 126. Pouchet Georges, Des changements de coloration sous l’influence des nerfs, Germer Baillière, Paris 1876. 2.000 euros.
Exemplaire de Gustave Flaubert comportant un envoi autographe de l’auteur «à Gustave Flaubert/ son vieil ami/ G. Pouchet
Ouvrage orné de 7 planches illustrées de nombreuses figures coloriées à la main par Mme Lemaître et justifiées par un tampon à sec.

[BULLETIN FLAUBERT n° 129 / 23 février 2011]

Catalogue Les Autographes, Thierry Bodin, janvier 2011, n°132
http://www.franceantiq.fr/slam/autographes/fr.asp
Lot 98. Gustave Flaubert. L.A.S., Croisset près Rouen dimanche soir [21 mai 1865, à Jeanne de Tourbey, comtesse de Loynes]; 2 pages in-8 (lég. mouill.). 1.800 Euros.
«Que devenez-vous, chère & belle amie! Voilà trois semaines que je ne vous ai vue - & je m'ennuie de vous comme s'il y avait trois siècles. Contez-moi un peu ce que vous faites, ce que vous lisez, etc. […] Ici, il fait un temps atroce. Je m'ennuie à crever, car je ne travaille guères et ma maison est pleine d'ouvriers - & de peintres, entr'autres, lesquels m'empoisonnent. C'est une faiblesse. Mais ça me gêne». Il évoque le discours du Prince Napoléon [à Ajaccio, le 15 mai, pour l'inauguration du monument à Napoléon Ier, il avait prononcé un discours qui était un vrai programme de politique libérale]: «J'ai lu, hier matin, un bien beau discours, qui m'a ému & enthousiasmé. C'est haut & bon, crâne et vrai élégant & sensé. Vous devez être bien fière et bien heureuse. Avouez-le, voyons!» Puis il ajoute, galamment: «Pensez-vous, à moi, quelquefois? Quand vous n'aurez rien de mieux à faire, écrivez-moi. Vous savez si je vous aime! Donc soyez bonne pour votre esclave indigne, qui vous baise sur les deux joues & vous serre les deux mains très tendrement en se disant your devoted friend»…
[Corr., éd. Jean Bruneau, Bibl. de la Pléiade, t.III, p.441. Jean Bruneau n’avait pas pu consulter l’autographe et il avait reproduit l’édition Conard. Grâce à la transcription de Thierry Bodin et à l’autographe qu’il nous a permis de consulter, il convient de corriger quelques erreurs: en dehors des variantes de ponctuation, lire «C’est haut et bon», au lieu de «C’est beau et bon»; «Pensez-vous, à moi, quelquefois?» au lieu de «Pensez à moi quelquefois!»; «Vous savez si je vous aime» au lieu de «Vous savez que je vous aime».]

Lot 99. [Gustave Flaubert]. Ernest Commanville (1834-1890) entrepreneur, il avait épousé en 1864 la nièce chérie de Flaubert, Caroline Hamard; ses mauvaises affaires provoquèrent la ruine de Flaubert:
L.A.S., Rouen 3 mars 1869, à son oncle Gustave Flaubert; 3 pages in-8. 500 euros.
Envoi de renseignements financiers et commerciaux, lors de l'achèvement de la rédaction de L'Éducation sentimentale (à propos des spéculations financières d'Arnoux). Il précise tout d'abord: «Fin octobre 1851 il n'était pas possible pour quelqu'un de sérieux de perdre de l'argent sur les trois-six», dont les cours étaient bas et stables. «De 1850 à 1852 les opérations d'exportation pour la Californie ont eu beaucoup de vogue»: à cause des découvertes de gisements aurifères, des gens de tous pays accouraient en foule, alors qu'on y manquait de tout. «Le commerce européen […] fit des expéditions très nombreuses. La quantité énorme des marchandises expédiées fut cause de grands désastres. Les dernières cargaisons arrivées ne purent trouver acquéreur, ou à de ruineuses conditions»... Puis il explique la ruée sur le guano en 1851, très vanté en tant qu'engrais, suite à la découverte d'une île qui en était remplie: la compétition entre Anglais et Français, les grandes opérations de spéculation pour «armer un navire dans le but d'aller au guano», et finalement les ruines que cette ruée provoqua pour les derniers arrivés, alors que «dans les premiers mois de 1851 la quantité de guano importée fut des plus considérables»… [Flaubert réutilisera ces renseignements sur le guano dans le chapitre II de Bouvard et Pécuchet.]

[BULLETIN FLAUBERT n° 128 / 12 janvier 2011]

(< Éric Walbecq)
Librairie Faustroll, Bibliothèque d’un amateur, catalogue 4, décembre 2010
Catalogue en ligne:
http://issuu.com/librairie-faustroll/docs/catalogue_4_-_version_finale_pdf_hd
129. Madame Bovary, Lemerre, 1874, 2 vol., éd. illustrée de six figures hors texte de Boilvin.
130. La Tentation de saint Antoine, Lemerre, 1884.
131. Madame Bovary, Quantin, 1885, éd. illustrée de douze compositions de A. Fourié.
132. Hérodias, Ferroud, 1892, éd. illustrée de compositions de Georges Rochegrosse.
133. Un coeur simple, Ferroud, 1894, éd. illustrée de 23 compositions d’Émile Adan.
134. Dictionnaire des idées reçues, Conard, 1913.
135. L’Éducation sentimentale, Librairie de France, 1922, éd. illustrée par André Dunoyer de Segonzac.
136. La Légende de saint Julien l’Hospitalier, Ferroud, 1927, ex. enluminé par Maurice Lalau.
137. Bouvard et Pécuchet, Ferroud, 1928, avec 94 illustrations d’Auguste Leroux.
139. La Queue de la poire de la boule de Monseigneur, Nizet, 1958.

[BULLETIN FLAUBERT n° 127 / 15 décembre 2010]

Librairie de l’Abbaye, cat. n°339 [décembre 2010]
Abbaye-PINAULT@wanadoo.fr
48. Flaubert, LAS à Edmond Laporte, [1er septembre 1878], 2.700 euros.
[Corr, éd. Jean Bruneau et Yvan Leclerc, Bibl. de la Pléiade, t.V, p.423-424.]

Autographes Demarest, hiver 2010
ndemarest@neuf.fr
93. Flaubert, LAS à Alice Pasca, [fin août ou septembre 1868], 1.650 euros.
[Corr., éd. Jean Bruneau, Bibl. de la Pléiade, t.IV, p.918, à la date du [5? avril 1875]. Alice Pasca reprenant le rôle de Fanny Lear, dont il est question ici, le 24 avril 1875, la lettre, datée de «lundi», se situe plutôt le 26 avril ou le 3 mai.]

[BULLETIN FLAUBERT n° 126 / 4 novembre 2010]

Librairie Bertran, 110 rue Molière, 76000 Rouen
Site: http://librairie-bertran-rouen.fr
Recherche par auteur accessible sur la page d’accueil: 26 lots au nom de Flaubert.
Dans le nouveau catalogue, [octobre 2010], lots Flaubert de 69 à 84.
http://en.calameo.com/read/000450202d53941abe732
Lot 76. Madame Bovary, pré-originale dans la Revue de Paris, 1856. 2.000 euros.

[BULLETIN FLAUBERT n° 125 / 7 octobre 2010]

Catalogue Les Autographes, n°131, septembre 2010, Thierry Bodin
Lot 108. Gustave Flaubert à Edmond Laporte, [18 avril 1878]
http://www.franceantiq.fr/slam/autographes/Cat.asp?AUTEUR=flaubert&IdTable=Bodin0910
Gustave Flaubert (1821-1880) romancier: L.A.S. «votre géant», [Paris] Jeudi soir [18 avril 1878], à son ami Edmond Laporte; 2 pages in-8. 2.800 euros.
Belle lettre lors de la rédaction de Bouvard et Pécuchet. «Il m’ennuie de mon vieux Laporte. [...] Je n’écris pas. Je lis, je lis! je lis - & que des choses atroces! Des pièces historiques, - stupides, & des livres qui ne le sont pas moins. Une revue anglaise a fait sur moi un article splendide. Ça vous fera plaisir. Marius Roux un ami de Guy m’a adressé une dédicace – dont ma modestie rougit. Quant au jeune Guy [de Maupassant], il est si beau que je ne vous en dis rien, mais apprêtez-vous à ouïr de belles choses sur son compte. Il nous a donné une séance, où l’on vous a beaucoup regretté, mon cher vieux» [le 9 avril, Maupassant s’est livré dans un bordel «à un formidable gamahuchage»]. Il a reçu la visite du «bonhomme Maisiat», et est invité à Chenonceaux par Mme Pelouze. Il voudrait déjà être à Croisset, «pour re-écrire. Mais le plan de mon chapitre sur la littérature est diabolique de difficultés [chap. V] & j’ai encore bien des choses à avaler avant de m’y mettre. - J’aurais besoin, en ce moment, de dix secrétaires». Il n’a aucune nouvelle de Bardoux, qui lui a fait mauvaise impression: il «m’a l’air d’un Jean foutre. Pas de réponse à mes billets», et s’il n’a rien de lui avant son départ, il lui reprendra le manuscrit de «la féerie» [Le Château des coeurs], «lui cracherai son fait au nez - & puis bonsoir. Conclusion philosophique: le pouvoir abrutit les hommes. On ne parle que de l’Exposition, ça commence à devenir une scie. Tâchez de ne pas trop vous emmerder dans la solitude & venez voir un peu»… Il ajoute: «Ce bon Tourgueneff vend, samedi, ses tableaux à l’hôtel des ventes».
[Corr., éd. Jean Bruneau et Yvan Leclerc, Bibl. de la Pléiade, t.V, p.374-375; lettre reproduite d’après les éditions antérieures, l’autographe n’étant pas alors accessible.]

[BULLETIN FLAUBERT n° 123 / 21 juin 2010]

Catalogue Thierry Bodin, n° 130, été 2010
Lot 108. Gustave Flaubert, L.A.S., Jeudi soir [décembre 1862, à Hortense Cornu]; 1 page in-8. 800 euros.
Lettre inédite. «J’ai vu hier Camille Doucet la place donnée à Royer est une place d’inspecteur des Beaux Arts, créée spécialement pour lui. Ainsi rien ne vient à la traverse de la bonne idée que vous avez eue [...] & dont je vous suis d’avance très reconnaissant, - comme si la chose était faite»... [Il s’agissait de faire nommer Théophile Gautier à un poste de conservateur au Musée du Louvre.]
http://www.franceantiq.fr/slam/autographes/Cat.asp?AUTEUR=flaubert&IdTable=Bodin0610

(< Jacques Houbert)
Vente passée
Sotheby’s France, Paris, 18 mai 2010
Lot 109. Flaubert, 37 lettres autographes, dont 35 à Guy de Maupassant, une à Auguste Vaquerie et une à Claudius Popelin. Reliés également dans le volume: 3 télégrammes annonçant la mort de Flaubert à Maupassant; 3 lettres de 1927 sur la publication de la correspondance; une lettre de Caroline Commanville adressée à Maupassant sur la jeunesse de son oncle (10 novembre 1883).
Provenance: coll. D. Sickles, IV, 1990, n° 1120.
Estimation: 80/120.000 euros. Enchères: 60/140.000 euros.

[BULLETIN FLAUBERT n° 121 / 22 avril 2010]

Catalogue Les Neuf Muses, Alain Nicolas, «Gustave Flaubert» [2010]
Collection exceptionnelle, regroupant 62 lettres, 8 manuscrits, 5 éditions originales dont 3 avec envoi autographe signé, le portrait de Gustave enfant dessiné par son frère et un portrait photographique par Carjat.
Présentation et table des matières en ligne:
https://nakala.fr/nakala/data/11280/4470bf8c

(< Éric Walbecq)
Une édition pirate de Madame Bovary?
Éric Walbecq a découvert à la librairie Jousseaume, dans la galerie Vivienne, une édition de Madame Bovary qui porte en page de titre: «Paris, 1857, Naumbourg, à l’expédition de la bibliothèque Choisie (L. Garcke).» S’agirait-il d’une édition pirate, la même année que l’originale parue chez Lévy? Vente en ligne à cette adresse:
http://www.abebooks.fr/servlet/BookDetailsPL?bi=1299262320&searchurl=an%3DFlaubert%26bsi%3D30%26ph%3D2%26prl%3D50%26sortby%3D3%26tn%3DMadame%2BBovary

(< Ambroise Perrin)
Madame Bovary, Lemerre, 1874, avec un envoi à Louis Ménard: «À mon ami Ménard, Gustave Flaubert, 28 Mai 77». 8.000 euros.
http://www.edition-originale.com/Gustave-FLAUBERT-Madame-Bovary-Paris-1874.html,28590

Flaubert, lettre à Charles-Ernest Beulé, [5 ou 12 janvier 1860].
Vente aux enchères sur ebay:
http://cgi.ebay.fr/FLAUBERT-AUTOGRAPH-LETTER-SIGNED-GREAT-CONTENT-SALAMMBO-/150440115485?cmd=ViewItem&pt=LH_DefaultDomain_0&hash=item2306edfd1d
[Corr., éd. Jean Bruneau et Yvan Leclerc, Bibl. de la Pléiade, t. V, Suppl., p.975-976.]

(< Chloé Goudenhooft)
Catalogue Bouquinerie Aurore, n° 1.
http://www.ilab.org/catalog_view.php?catalog_id=302
Lot 38. Flaubert, Madame Bovary, Lemerre, 1874-1878, 2 vol., avec les illustrations de Boilvin reliées dans l’exemplaire. Flaubert s’opposant à l’illustration de son roman, les gravures avaient été publiées à part. 400 euros.
Lot 50, La Légende de saint Julien l’Hospitalier, texte et illustrations gravés à l’eau-forte et imprimés sur la presse à bras par Léon Courbouleix. 680 euros.

Catalogue Autographes Demarest, printemps 2010
19, rue Drouot, 75009 Paris. Tél: 01 47 70 04 01. ndemarest@neuf.fr
103. Flaubert, lettre à Maurice Schlésinger, 2 avril 1867. Flaubert demande à M.S. ses souvenirs sur les clubs de 1848, pour L’Éducation sentimentale. 1.500 euros.
[Corr., éd. Jean Bruneau, Bibl. de la Pléiade, t.III, p.627.]

[BULLETIN FLAUBERT n° 121 / 22 avril 2010]

(< Stéphanie Dord-Crouslé)
Bertrand Hugonnard-Roche, Bibliophile-Libraire, 14 rue du Miroir, 21150 Alise-Ste-Reine, (Bourgogne)
http://livres-anciens-rares.blogspot.com/2010/03/madame-bovary-de-gustave-flaubert-tres.html
Flaubert, Madame Bovary, Paris, A. Quantin, Imprimeur-Éditeur, 1885. Douze compositions par Albert Fourié, gravées à l’eau-forte par E. Abot et D. Mordant. Un des 100 exemplaires sur japon au format grand in-4 avec une double suite des gravures. 2.000 euros.

(< Louis Watt-Owen)
Edmond Haraucourt, Centenaire Gustave Flaubert, s.n., s.l., 1921, 19x25,5cm, broché, tirage de tête. Édition originale imprimée à petit nombre sur hollande.
Discours de P. Bourget et de E. Haraucourt, envoi de ce dernier à Franz Jourdain. Ouvrage illustré de 3 reproductions photographiques de portraits de G. Flaubert. 100 euros.
http://www.edition-originale.com/Edmond-HARAUCOURT-Centenaire-Gustave-Flaubert-s-l-1921.html,21832

(< Douglas Siler)
Vente passée: 14 avril 2010, Sotheby’s, Paris.
http://www.sothebys.com/app/live/lot/LotDetail.jsp?lot_id=159583471
Lot 260. Henri Michel Antoine Chapu (1833-1891), réduction en bronze du monument à Gustave Flaubert, signé H. Chapu, haut. 35,5 cm. 1.500-2.000 euros.
Henri Michel Antoine Chapu, élève de James Pradier, est désigné pour réaliser le célèbre Monument à Flaubert à la gloire du poète en marbre qui sera inauguré en 1890 à Rouen (Musée Flaubert et d’Histoire de la Médecine). Sur un décor de branchage de lauriers, une femme nue, assise dans un puits, tient un livre ouvert prête à écrire le nom de Flaubert: son attribut, le miroir à ses pieds, indique qu’elle représente l’Allégorie de la Vérité. Une esquisse représentant ce monument inversé est conservée au Musée d’Orsay (no.inv. RF3348). La réduction en bronze du monument a été réalisée par le fondeur Thiébaut, Fumière et Gavignot après 1900 en quatre tailles différentes.
Bibliographie: A. Pingeot, Catalogue sommaire illustré des sculptures du Musée d’Orsay, Paris, 1986, p. 97.

[BULLETIN FLAUBERT n° 120 / 22 mars 2010]

Arts et Autographes, Jean-Emmanuel Raux, 9, rue de l’Odéon, 75006 Paris.
http://www.autographe-online.com
Catalogue Arts et Autographes, n°50 [janvier 2010]
254. Flaubert, lettre à la baronne Lepic?, «mercredi soir, 3» [1872?]. 13.000 euros.
[Corr., éd. Jean Bruneau, Bibl. de la Pléiade, t.IV, p.608. Jean Bruneau, qui n’avait pas pu voir l’autographe, date la lettre [vers le 20 novembre 1872]. En 1872, on trouve un mercredi 3 en janvier, avril et juillet.]

Catalogue Arts et Autographes, n°51 [février 2010]
2080. Flaubert, lettre à Edmond Laporte, [21-22 juin 1877]. 2.500 euros.
[Corr., éd. Jean Bruneau et Yvan Leclerc, t.V, p.253.]

Sur le site Arts et Autographes:
Notes sur l’Espagne: «De l’Espagne & de la révolution», 4 pages in-4°, 2.700 euros;
«De la guerre d’Espagne en 1823», 3 pages 1/2 in-4°, 2.600 euros.
Transcription diplomatique des fac-similés présentés sur le site Arts et Autographes:
http://flaubert.univ-rouen.fr/manuscrits/espagne.php

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