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[BULLETIN FLAUBERT n° 187 / 7 avril 2017]

Édition

(< Bénédicte Duthion)
Gustave Flaubert, Lettres à sa soeur, Éditions La Part Commune, mars 2017
Correspondance croisée rassemblée par Joseph Peyronnet, extraite de la correspondance générale de Flaubert.
De 1839 à 1846, frère et soeur échangent près de 90 lettres. Ils ont 15 et 18 ans quand débute la correspondance. Inséparables pendant l’enfance où ils étaient camarades de jeux et partenaires de théâtre, ils commencent à s’écrire lorsque Gustave entreprend à Paris des études de droit.
http://www.lapartcommune.com/

Ouvrage

Yvan Leclerc, Madame Bovary au scalpel. Genèse, réception, critique, Classiques Garnier, coll. «Études romantiques et dix-neuviémistes», série «Flaubert», 2017
Cet ouvrage rassemble une douzaine d’études sur Madame Bovary, en trois rubriques: les deux premières se situent en amont (du côté des manuscrits) et en aval du roman (la censure, le procès et les comptes rendus), la dernière regroupe des essais interprétatifs, portant entre autres sur le bovarysme.
Table des matières:
https://www.classiques-garnier.com/editions-tabmats/YlcMS01_tabmat.pdf

Articles

Sabine Narr-Leute, «Kunstbeschreibung und Beschreibungskunst bei Flaubert. Ein Brückenschlag zwischen den Künsten?» [La description de l’art et l’art de la description chez Flaubert. Un pont entre les arts?] dans Julia Lichtenthal, Sabine Narr-Leute, Hannah Steurer (dir.): Le Pont des Arts. Festschrift für Patricia Oster zum 60. Geburtstag, Paderborn, Fink 2016, p.273-300.
Table des matières et toute l’information sur les «Mélanges offerts à Patricia Oster-Stierle» sur le site de la maison d’édition:
https://www.fink.de/katalog/titel/978-3-7705-6074-5.html

Frank Colotte, «Qu’est-ce que la bêtise?» Réflexions sur un phénomène protéiforme, Luxemburger Wort, 23 mars 2017. Texte en hommage à Claudine Gothot-Mersch.
http://www.amis-flaubert-maupassant.fr/article-franck-colotte

Compte rendu

Gustave Flaubert, Rêve d’Orient. Plans et scénarios de Salammbô, édition et introduction par Atsuko Ogane, Droz, 2016. Compte rendu par Maria Emanuela Raffi, Studi Francesi, Rassegna bibliografica. 180 (LX, III, 2016, Varia, p.552).
https://studifrancesi.revues.org/5399

[BULLETIN FLAUBERT n° 186 / 8 mars 2017]

Ouvrages

(< Benoît Melançon)
Ali Abassi, Flaubert dans le texte. Études sur la poétique romanesque, L’Harmattan, coll. «Approches littéraires», 2017
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=52668&razSqlClone=1

Flaubert dans la ville. Images et textes, sous la direction de Sandra Glatigny, Presses des universités de Rouen et du Havre, 2017.
«Flaubert dans la ville» s’est déroulé à Rouen du 17 avril au 31 août 2015. Cette manifestation visait à valoriser le patrimoine normand et les recherches menées par le Centre Flaubert par la médiation iconographique et numérique. Des artistes sont intervenus sur les lieux emblématiques de la vie et de l’oeuvre de Gustave Flaubert: ils ont proposé leur vision de l’auteur à partir de ses romans et de sa correspondance. Contrepoints scientifiques de ces créations, les analyses des images et imaginaires flaubertiens ont montré l’influence de l’écrivain dans les oeuvres littéraires contemporaines.

Avant-propos
Préface par Tony Gheeraert
Introduction par Sandra Glatigny

Première partie
Images: le regard des artistes
Pourquoi la médiation iconographique?, par Sandra Glatigny
Les artistes
Hastaire, Flaubert en ses couleurs
Gaspard Lieb, Rencontres urbaines
Jennifer Mackay, Humeurs et larmes de Flaubert
NiceArt, Flaubert sur les murs
David Jouin, Ellipse
Jason Karaïndros, Les Questions de Gustave Flaubert
Céline Tanguy, L’Échappée belle
Damien Dauge, Jamais de leçon de piano
Du patrimoine littéraire à l’art contemporain, par Sandra Glatigny

Deuxième partie
Imaginaires: Flaubert dans les oeuvres des écrivains modernes et contemporains
Écrire avec Flaubert aujourd’hui, par Sandra Glatigny
Domaine étranger
Mesdames Bovary en Chine, par Yuxia Peng
Antonia Pozzi et Gustave Flaubert, par Chiara Pasetti
«Ne pas la boucler avec Flaubert», par Vanessa Guignery
Domaine français
Flaubert et Beckett posthumes, par Véronique Samson
Flaubert /Tournier: «frères pareils», par Annie Urbanik-Rizk
Au commencement était Flaubert. Sur Gaston et Gustave d’Olivier Frébourg, par François Ouellet
Bénédicte Ombredanne, une nouvelle Emma Bovary?, par Françoise Cahen
«Intoxication flaubertienne» (disait Marcel Proust), par François Bon
Postface par Yvan Leclerc

Articles

Niklas Bender, «La scène des cloches: Bouvard et Pécuchet comme réécriture du Faust de Goethe», Revue Flaubert, n°15, 2017, «Bouvard et Pécuchet, roman et savoirs: l’édition électronique intégrale des manuscrits»:
http://flaubert.univ-rouen.fr/revue/article.php?id=212

(< Benoît Melançon)
Florence Vatan, «Esprit, bêtise, idiotie: le cas Flaubert», dans L’Esprit créateur, «L’esprit (dé)réglé: Literature, Science, and the Life of the Mind in France, 1700-1900», Johns Hopkins University Press, 56:4 (2016) Winter, p.78-91 (en français).
http://muse.jhu.edu/article/646894

Compte rendu

Michel Winock, Flaubert, translated by Nicholas Elliot, Belknap Press/ Harvard University Press, 2016, compte rendu par Roger Pearson, Harvard University Press
http://www.hup.harvard.edu/catalog.php?isbn=9780674737952&content=reviews

[BULLETIN FLAUBERT n° 185 / 9 février 2017]

Édition

Le Candidat, édition présentée et annotée par Yvan Leclerc, Le Livre de Poche, coll. «Le Théâtre de Poche», janvier 2017.
http://www.livredepoche.com/le-candidat-gustave-flaubert-9782253183204
Rousselin est prêt à tout pour se faire élire député. En fonction de son auditoire, il est conservateur, socialiste, puis se prétend libéral. Sans scrupule, il offre femme et fille au mieux votant, travaille la phrase choc, recherche le geste «sincère» et promet monts et merveilles aux électeurs. Le peuple sera-t-il dupe?
Flaubert écrit cette comédie en 1873, en pleine gloire littéraire. Avec une plume à la fois acerbe et ironique, violemment «anar», il fustige avec drôlerie les mondanités, la corruption et s’attaque à tous les partis. Le Candidat est bien le Dictionnaire des idées reçues en politique.

À l’occasion de cette publication, une page «Ressources» a été créée sur le site Flaubert. On y trouvera le dossier de censure de la pièce et la plupart des comptes rendus contemporains de la représentation.
http://flaubert.univ-rouen.fr/ressources/candidat.php
Dossier conservé aux Archives nationales, carton F21 4635 (communiqué par Jean-Claude Yon)
Comprenant:
– le premier rapport de censure, daté du 26 décembre 1873
– le deuxième rapport de censure, daté du 5 janvier 1874
– une lettre du gouverneur de Paris à la censure, le 8 janvier 1874
– une note non datée de la direction des Beaux-Arts, après le 5 janvier 1874

Ouvrages

(< Benoît Melançon)
Vincent Laisney, En lisant en écoutant, Les Impressions Nouvelles, 2017
http://lesimpressionsnouvelles.com/catalogue/en-lisant-en-ecoutant/
Cet ouvrage s’intéresse à un phénomène capital, quoique méconnu, de l’histoire littéraire du XIXe siècle: la lecture à haute voix en petit comité. De Lamartine à Gide en passant par Stendhal, Hugo, Flaubert, Rimbaud et Mallarmé, tous les écrivains ont essayé leurs oeuvres devant un petit parterre d’amis et de confrères. Maillon oublié de la chaîne du livre, cette phase test est une étape importante, voire déterminante, dans le processus de création littéraire. Un tableau de Théo van Rysselberghe intitulé Une Lecture (1903) forme le point de départ de l’enquête.
Pourquoi lit-on? Que lit-on? Pour qui lit-on? L’auteur s’efforce de répondre à toutes ces questions en puisant dans une documentation variée (correspondances, journaux intimes, souvenirs littéraires, articles périodiques, etc.).
Érudit, l’ouvrage n’a pourtant rien d’académique. Il se présente sous la forme de 80 petits chapitres qui sont autant de pièces du puzzle de la lecture. Une fois n’est pas coutume, l’auteur raconte son enquête en même temps qu’il la mène. Chapitre après chapitre, le lecteur partage ses tâtonnements, ses découvertes, ses échecs – sa satisfaction enfin, quand le phénomène de la lecture littéraire en petit comité est redevenu visible.

Jean-Claude Michéa, Notre ennemi, le capital, Flammarion, 2017.
Michel Winock nous signale que Jean-Claude Michéa consacre plusieurs pages à Flaubert dans son dernier livre, sous le titre «Flaubert, la gauche et les minorités» (p.92-95). Michéa fait de Flaubert l’ancêtre de l’«intellectuel libéral de gauche» moderne, fasciné par les minorités (on connaît le passage célèbre sur le «campement de bohémiens» dans sa lettre à Sand du 12 juin 1867), et méprisant les classes populaires. Quoiqu’admirateur de l’économiste libéral Frédéric Bastiat, Flaubert est plus justement identifié comme «conservateur anarchiste», «ami de l’ordre ennemi de l’autorité», par son biographe (Flaubert, Gallimard, 2013, p.460).

Revue

Revue Flaubert, n°15, 2017
Bouvard et Pécuchet, roman et savoirs: l’édition électronique intégrale des manuscrits
Colloque de Rouen, 7-9 mars 2013. Numéro réuni par Yvan Leclerc
http://flaubert.univ-rouen.fr/revue/sommaire.php?id=17

Yvan Leclerc
Ouverture du colloque, 7 mars 2013
[Article complet]

«ROMAN À CADRE LARGE»
Claudine Cohen
Bouvard et Pécuchet «font de la science». Savoirs et pratiques scientifiques 
[Article complet]
Michel Bernard
«Il faut disloquer la phrase, souligner les mots, peser les syllabes.» Étude textométrique du corpus numérique de Bouvard et Pécuchet 
[Article complet]
Philippe Rouyer
Bouvard et Pécuchet, nouveau manuel du bibliothécaire
[Article complet]
Stéphanie Dord-Crouslé
«Donner comme vraies des indications bibliographiques fausses»: 
construction concertée et glissements incontrôlés dans Bouvard et Pécuchet
[Article complet]

«UNE REVUE DE TOUTES LES IDÉES MODERNES»
Stella Mangiapane
Du discours spécialisé au discours romanesque: 
sur l’élaboration du chapitre II de Bouvard et Pécuchet
[Article complet]
François Tron
Gustave Flaubert cerné par la médecine
[Article complet]
Michel Rasse
Objets, mesures, espaces et temps géologiques dans Bouvard et Pécuchet
[Article complet]
Michel Rasse
Flaubert, «géologue normand de plein vent»
[Article complet]
Gisèle Séginger
Bouvard et Pécuchet: Buffon et les merveilles de la nature
[Article complet]
Joëlle Robert
L’épisode celtique dans Bouvard et Pécuchet
[Article complet]
Monique Remy-Watté
Préhistoire et archéologie dans les chapitres III et IV de Bouvard et Pécuchet
[Article complet]
Michel Winock
L’histoire dans Bouvard et Pécuchet
[Article complet]
Juliette Azoulai
Le panthéisme dans Bouvard et Pécuchet
[Article complet]
Niklas Bender
La scène des cloches: Bouvard et Pécuchet comme réécriture du Faust de Goethe
[Parution fin février 2017]
Taro Nakajima
Les notes documentaires et la critique voltairienne des faux martyrs dans le chapitre IX (religion)
[Article complet]
Mitsumasa Wada
L’art d’être père adoptif de Bouvard et Pécuchet
[Article complet]
Damien Dauge
La musique est-elle bête? Bouvard et Pécuchet démunis
[Article complet]
Atsuko Ogane
Intertexte et genèse de la «conférence» finale: la Profession de foi du Vicaire savoyard
[Article complet]

EXTENSION DU DOMAINE DES SAVOIRS
Guillaume Rousseau
(Re)lectures de Bouvard et Pécuchet par Raymond Queneau: l’Odyssée de la Préface Fontaine
[Article complet]

À l’occasion de cette publication, nous avons mis en ligne des photos anciennes et modernes, relatives au voyage documentaire de Flaubert en Basse-Normandie pour Bouvard et Pécuchet, en septembre et octobre 1877:
– Images du Musée de la Société des Antiquaires de Normandie: cartes postales anciennes (communiquées par Vincent Juhel, administrateur général de la Société des Antiquaires de Normandie) et photographies de 2014:
http://flaubert.univ-rouen.fr/ressources/galerie.php?g=bp_caen1877
– Images de quelques lieux visités par Flaubert, par ordre chronologique de son trajet: Fontenay-le-Marmion (cartes postales anciennes communiquées par Gilles Honoré), Feuguerolles, Hérouville, Notre-Dame de la Délivrande, Bayeux, Falaise des Hachettes, Ussy (photographies de 2014):
http://flaubert.univ-rouen.fr/ressources/galerie.php?g=bp_voyage1877
Cahiers Flaubert-Maupassant, n°32, 2016
Le Bulletin Flaubert-Maupassant a changé d’intitulé: ce sont désormais des Cahiers.
Sommaire complet:
http://www.amis-flaubert-maupassant.fr/bulletin/cahiers-flaubert-maupassant-n-32-2016/
Contributions concernant Flaubert (et Bouilhet, à l’honneur dans ce numéro):
LOUIS BOUILHET
Deux inédits de Louis Bouilhet
transcrits et présentés par Joëlle Robert
Les notes autobiographiques de Louis Bouilhet
«Programme»
«Un conte bleu»

Baptiser Les Fossiles, un défi terminologique
par Hugues Marchal
Des vers amoureux des étoiles. Le rôle de l’astronomie dans la poésie de Louis Bouilhet
par Yohann Ringuedé
Faire chanter les sciences. Les Fossiles de Louis Bouilhet
par Gisèle Séginger
L’exposition Louis Bouilhet à la Bibliothèque municipale de Rouen en 1969
par Marie-Françoise Rose
Six lettres de Louis Bouilhet relatives à sa pièce Hélène Peyron acquises par la Bibliothèque municipale de Rouen
par Claire Basquin
La fortune de Louis Bouilhet
par Daniel Fauvel
L’héritage de Louis Bouilhet
par Raymond Hervieux
Un carnet inédit de Bouilhet: Impressions philosophiques
par Yvan Leclerc

REGARDS D’ARTISTES SUR FLAUBERT
«Jamais, moi vivant, on ne m’illustrera...» Flaubert dans la ville, entre réception créatrice et création réceptrice
par Sandra Glatigny
Évocations de Flaubert: neuf portraits en terre cuite
par Francine Mauger-Ransan

1870-1871: FLAUBERT ET LA GUERRE
La Guerre de 1870, chronologie comparée
par Georges Merlier
«Tout était faux». L’histoire au prisme de l’année terrible
par Sylvie Triaire
Flaubert en armes
par Yvan Leclerc
Bibliographie sur la guerre de 1870
par Marlo Johnston et Yannick Marec

Hommage à Claudine Gothot-Mersch
Salammbô dans les arts (dir. Gisèle Séginger)
La Revue des lettres modernes, série Gustave Flaubert n°8, Paris, Classiques Garnier, 2016.
L’oeuvre littéraire doit faire rêver, disait Flaubert. Peinture, sculpture, musique, cinéma et bande dessinée ont assuré à Salammbô une seconde vie et ils témoignent de la fascination qu’a exercé ce roman jusqu’à nos jours.
Table des matières
https://www.classiques-garnier.com/editions-tabmats/GsrMS01_tabmat.pdf

Articles

Yvan Leclerc, «Flaubert, une “petite bêtise moyenâgeuse”», dans «Cel corn ad lunge aleine!». Mélanges en l’honneur de Jean Maurice, sous la direction d’Hubert Heckmann, Beate Langenbruch et Nicolas Lenoir, Presses des universités de Rouen et du Havre, 2017, p.377-396.

(< Éléonore Reverzy, Atsuko Ogane)
Jean-Marie Privat, «Un dimanche, vers six heures, au soleil levant», Romantisme, 2016/4, n°174, p.50-61.
L’analyse ethnocritique de Madame Bovary tend à prouver que le réalisme culturel du roman se manifeste dans l’enchevêtrement des mesures du temps. On propose d’abord une rapide sociographie des objets techniques de mesure du temps (horloge, montre, pendule), suivie d’une ethnographie matérielle des pratiques qui prennent – explicitement ou non – le temps comme étalon de mesure (les almanachs, les saisons). L’écriture de la fiction témoigne de cosmologies hétérogènes, bricolées et langagièrement marquées. La dernière partie repose sur la micro-analyse de trois exemples où les temporalités et les corps se singularisent (temps analogique, temps mécanique), s’hybrident ou se défont (temps cyclique, folklorique et paysan, temps linéaire de la raison comptable libérale). La contribution se conclut sur une étude sémantique et stylistique des rêveries mythico-poétiques d’Emma – en quête d’un rythme à la démesure mortelle de ses désirs.

[BULLETIN FLAUBERT n° 184 / 12 janvier 2017]

Ouvrages

Sarga Moussa, Le Mythe bédouin chez les voyageurs aux XVIIIe et XIXe siècles, PUPS, 2016.
[Chap. XII: «Flaubert, la fin des illusions?», p.239-251. Flaubert fasciné par le bédouin, par la liberté du nomade, le vide du désert, la vie à dos de chameau. Mais en tant que partie intégrante du cliché oriental, le bédouin n’échappe pas à l’ironie démystificatrice.]

Michel Winock, Flaubert, translated by Nicholas Elliot, Belknap Press/ Harvard University Press, 2016.
Cette biographie a été classée parmi les «20 meilleurs ouvrages parus aux États-Unis en 2016».
http://www.wbur.org/artery/2016/12/14/best-books
We know Gustave Flaubert as a great novelist, author of “Madame Bovary” and “Sentimental Education” and as a formidable epistolary cutup. However, Michel Winockʼs new eponymous biography gives us a lonelier and sadder Flaubert, one who saw in the French society of his day not only the bourgeois penchant for excess and poor taste, but a man who became fixated on the vulgarian impulses he spied at every turn.“Flaubert” tells us how he managed to turn all this into some of the worldʼs greatest literature.
Recension par Benjamin Ivry dans Literary Review, december 2016-janvier 2017:
http://flaubert.univ-rouen.fr/comptes_rendus/winock_literary_review.pdf

Revue

«Autour de Flaubert», Relief, revue électronique de littérature française, vol.10, n°2, 2016
Dossier réuni par Thierry Poyet
https://www.revue-relief.org/58/volume/10/issue/2/
Introduction:
Thierry Poyet, «Flaubert et ses “minores”: qui lire encore?»
Joëlle Gardes-Tamine
, «Louise Colet la méprisée»
Thomas Vercruysse
, «Variations sur Une promenade de Bélial d’Alfred Le Poittevin»
Michel Brix
, «Flaubert et Du Camp: quelques remarques»
Rozanne Versendaal
, «Le voyage au service d’une peinture de la France et des Français: Maxime Du Camp en Hollande»
Philippe Antoine, «Cinq mois à Alger»
Diana Rînciog
, «Les minores de Flaubert dans le miroir de la Correspondance»
Thierry Poyet
, «Louis Bouilhet et ses biographes. C’était Louis Bouilhet selon eux…»
Luís Carlos Pimenta Gonçalves
, «À l’ombre de Flaubert et d’Eça de Queiros. Minores portugais lecteurs de Madame Bovary et du Cousin Bazilio»

Articles

(< Benoît Melançon)
Philippe Galmiche, «Sous la neige avec Gustave Flaubert, chronique régionale hivernale», Rouen lecture Normandie, n°168, novembre-décembre 2016, p.31-34.
Nicolas Morel, «Oedipe de Voltaire, après Voltaire: Flaubert à l’oeuvre», Cahiers Voltaire, 15, 2016, p.166-204.
Steve Murphy, «Verlaine lecteur de Madame Bovary», Revue Verlaine, n°14, 2016, p.139-156.
Atsuko Ogane, «Danse de Nana, danse de Salomé?», Romantisme, n°174, 2016/4, p.111-120.

[BULLETIN FLAUBERT n° 183 / 14 décembre 2016]

Ouvrages

Jeanne Bem, Flaubert, un regard contemporain, Éditions Universitaires de Dijon, 2016.
http://eud.u-bourgogne.fr/critique-litteraire/510-flaubert-un-regard-contemporain-9782364411968.html
Au rayon des auteurs classiques, Flaubert est réputé avoir inventé le roman moderne. Mais établir des interférences entre ses romans et les arts visuels de notre temps est moins courant. C’est ce que tente cet essai, dont l’approche est résolument anachronique et analogique, car seule une telle approche permet de mettre au jour un Flaubert non seulement «moderne» mais «contemporain». Il se proclamait «artiste» et se disait «visuel», et il parlait de son travail d’écrivain en termes de peinture, de théâtre et de musique. Il anticipait notre XXIe siècle si marqué par les contacts entre les médias et la confusion entre les arts. Au centre de ses interrogations: les images. Flaubert participait à la poussée scientifique et technique de son époque. Il regardait le réel à travers les nouveaux dispositifs optiques et il transposait ses interrogations sur le fonctionnement des images dans les pages de ses romans. Il s’y livrait à des expériences de pensée. Expériences de pensée que notre regard à nous, aiguisé par les avant-gardes, peut identifier avec les propositions de nos artistes contemporains: installations, performances, art vidéo, et même – pourquoi pas? – jeux vidéo.
Jeanne Bem est professeur honoraire de l’Université de la Sarre, où elle a occupé la chaire de Littérature française dans le contexte européen. Elle a édité Madame Bovary dans la nouvelle édition des Oeuvres complètes de Flaubert dans la Pléiade.

Klaus-Werner Haupt, Okzident und Orient. Die Faszination des Orients im langen 19. Jahrhundert, Wiesbaden, Weimarer Verlagsgesellschaft im Verlagshaus Römerweg, 2015.
http://www.verlagshaus-roemerweg.de/Weimarer_Verlagsgesellschaft/Klaus-Werner_Haupt-Okzident_und_Orient-EAN:9783737402200.html

Revue

Flaubert, revue critique et génétique, n°16, 2016
Microlectures (I), sous la direction de Philippe Dufour
https://flaubert.revues.org/2557

Philippe Dufour
Présentation: un art du langage
Ouverture
Jean-Pierre Richard
Le silence du Sphinx: entretien avec Jean-Pierre Richard, suivi d’une microlecture de Flaubert par Jean-Pierre Richard
Genèses de l’écriture
Philippe Jousset
Note subjective sur le style flaubertien
Sylvie Giraud
Jean-Baptiste, «une voix lointaine»
Écoutes du bivocalisme
Jean-Marie Privat
(Et il la regardait.) Un destin entre parenthèses
Boris Lyon-Caen
Petit précis de subjectivation: retour sur Un coeur simple
Microlectures du comique
Steve Murphy
Du R. P. Cruchard. Et, accessoirement, des femmes folles à la messe
Régine Borderie
Le bizarre ordinaire
L’Éducation sentimentale
Juliette Azoulai
Ridiculus sum: le ridicule dans Madame Bovary
Épilogue: du sphinx de Guizeh aux statues de Chavignolles
Bernard Gendrel
Du muséum à l’église: la statue dans Bouvard et Pécuchet

Articles

Juliette Azoulai, «Temps évolutionniste et temps révolutionnaire (Michelet, Flaubert, Zola)», Arts et savoirs, n°7, 2016, «Littérature et savoirs du vivant. Morphologies et temporalités», sous la direction de Gisèle Séginger.
https://aes.revues.org/907

Damien Dauge, «La mélomanie à fleur d’oreilles: l’épreuve musicale des corps dans l’oeuvre de Flaubert», Fabula/ Les colloques, Figure(s) du musicien. Corps, gestes, instruments en texte, 2016
http://www.fabula.org/colloques/document4024.php

Alzira Guedes, «Camilo e Flaubert, vistos por Agustina Bessa-Luís»
http://www.ruadireita.com/literatura/info/camilo-e-flaubert-vistos-por-agustina-bessa-luis
L´article intitulé «Camilo et Flaubert, vus par Agustina Bessa-Luís» traite de la comparaison qu’Agustina Bessa-Luís établit entre Flaubert et Camilo Castelo Branco. Cette célèbre romancière du XXe siècle fait référence, entre autres, au rire lucide, au refus de conclure et à la féminité de ces deux auteurs.

Battal OĞUZ, «L’origine du nom de Kuchiuk-Hanem», 2016
http://flaubert.univ-rouen.fr/ressources/voyage_orient_kuchiuk_hanem_nom.php

[BULLETIN FLAUBERT n° 181 / 16 novembre 2016]

Édition

(< Olivier Leroy)
Memento mori, anthologie, édition établie par Florian Balduc, avant-propos de Claude Lecouteux, Otrante, coll. «Le Voyageur enthousiaste», 2016.
La Danse des morts que Flaubert a écrit quand il n’avait que seize ans est ici présenté, annoté et transcrit avec les variantes du manuscrit original.
http://www.otrante.fr/editions.html#memento

Comptes rendus

Bouvard et Pécuchet, Gustave Flaubert - Jérôme Deschamps. Du 12 au 19 octobre 2016, TNP, place Lazare-Goujon (Villeurbanne) et en tournée dans toute la France, compte rendu par Stéphanie Dord-Crouslé (13 octobre 2016)
http://flaubert.univ-rouen.fr/derives/bp_deschamps_2016.php

Gustave Flaubert, Rêve d’Orient. Plans et scénarios de Salammbô, édition et introduction par Atsuko Ogane, Droz, 2016, compte rendu par Peter Michael Wetherill: «Mouvements et morcellement du texte: les scénarios de Salammbô», site Flaubert:
http://flaubert.univ-rouen.fr/article.php?id=52

[BULLETIN FLAUBERT n° 180 / 13 octobre 2016]

Articles

Yvan Leclerc, «Flaubert “définitivement réconcilié” avec Rouen», Études normandes, 2016/1, «Normands de plume», p.41-50.
Marie-Clémence Régnier, «Construire et promouvoir une identité normande: les maisons de Pierre Corneille et de Gustave Flaubert au XIXe siècle», Études normandes, revue citée, p.71-78.
Joëlle Robert, «Les “normandismes indéfinis” de Gustave Flaubert», Études normandes, revue citée, p.31-40.
Zaven Paré, «La programmation d’Emma», site Flaubert, 2016.
http://flaubert.univ-rouen.fr//article.php?id=51
Véronique Samson, «“Qu’est-ce donc qui m’a fait si vieux […]?”: la temporalité de l’après chez Flaubert», site Flaubert, 2016.
http://flaubert.univ-rouen.fr/article.php?id=50

[BULLETIN FLAUBERT n° 179 / 15 septembre 2016]

Vidéos du colloque «Flaubert sans frontières», Rouen, 2-3 juin 2016
En ligne à cette adresse:
https://webtv.univ-rouen.fr/permalink/c125601c3e154efosfld/
La version écrite de ces interventions sera publiée dans un prochain numéro de la Revue Flaubert en ligne.

Cartes et chronologie du voyage en Orient de Flaubert et de Du Camp
Dossier établi par Danielle Girard, cartographie d'Édigraphie à Rouen. Réalisation financée par le consortium «CAHIER» de l’infrastructure «Huma-Num».
http://flaubert.univ-rouen.fr/oeuvres/orient/orient.html

Page générale des ressources concernant le voyage en Orient:
http://flaubert.univ-rouen.fr/ressources/voyage_orient.php

Mme Bovary ou «la Fureur de vivre»
, d’après le chef-d’œuvre de G. Flaubert, par Yves Chaland, Métal hurlant, hors-série, n°49 bis, avril 1980.
http://flaubert.univ-rouen.fr/derives/mb_chaland.php

[BULLETIN FLAUBERT n° 178 / 27 juin 2016]

Édition

Flaubert, La Tentation de saint Antoine, Charpentier, 1874
Édition numérique de Danielle Girard.
http://flaubert.univ-rouen.fr/oeuvres/TSA_74.php

Lettre de Flaubert à Zola sur Nana, 15 février 1880
Édition hypertexte par Atsuko Ogane, mai 2016
http://flaubert.univ-rouen.fr/correspondance/nana.pdf

Ouvrage

Galina Modina, Portrait de l’Artiste: la prose de jeunesse de Gustave Flaubert, Moscou, Flinta: Nauka, 2016. 408p.
Модина Г.И. Портрет Художника. Ранняя проза Гюстава Флобера: монография. М.: ФЛИНТА: Наука, 2016. 408с.
Galina Modina. Portret Khoudozhnika. Portret Khudozhnika. Rannyaya proza Gyustava Flobera.] Moskva. Flinta: Nauka, 2016. 408c.
Ce livre est la première étude monographique dans la critique littéraire russe des oeuvres de Gustave Flaubert, entre les années 1831 et 1849. L’analyse des oeuvres qui ne furent publiées qu’après la mort de l’auteur est restée jusqu’alors très imparfaite; ses rôles et fonctions dans l’oeuvre de Flaubert n’ont pas été bien mesurés. L’étude des nouvelles historiques, psychologiques et philosophiques, des textes autobiographiques, des mystères et de la première version du drame philosophique La Tentation de saint Antoine est replacée dans le contexte des traditions littéraires et philosophiques de l’Europe occidentale; elle souligne l’importance de ces oeuvres dans la création de la personnalité de l’écrivain Flaubert, et elle les présente comme un phénomène significatif dans l’histoire de la littérature mondiale.
Table des matières: http://flaubert.univ-rouen.fr/etudes/modina_table.pdf

Articles

Mélanie Dageons, «Les comparaisons animales dans Madame Bovary», 2016, en ligne sur le site Flaubert:
http://flaubert.univ-rouen.fr/article.php?id=49

Yvan Leclerc, «Emma lectrice», dans Portraits de lectrices, d’Emma Bovary à Marie-Claire, catalogue de l’exposition du Musée des Beaux-Arts de Bernay, 18 juin-18 septembre 2016, Musée des Beaux-Arts, Bernay, éditions Point de vues, 2016, p.9-17.

Compte rendu

Laurent Demanze, Les Fictions encyclopédiques: de Gustave Flaubert à Pierre Senges, José Corti, «Les Essais», 2015, compte rendu par Alexandre Postel: «Écrivains sous Bouvarine».
http://flaubert.univ-rouen.fr/comptes_rendus/demanze_postel.php

[BULLETIN FLAUBERT n° 177 / 19 mai 2016]

Ouvrage

Gilles Philippe, French style. L’accent français de la prose anglaise, Les Impressions nouvelles, 2016.
Les Français savent écrire, les Anglais ne savent pas écrire. Du moins le pensa-t-on en Angleterre entre 1880 et 1930, si bien que Londres voulut rattraper son retard sur Paris.
Pendant cinquante ans, le style anglais connut son moment français; certains voulurent écrire en anglais comme on écrivait en français; d’autres se revendiquèrent des théories de Flaubert ou de Gourmont. On importa des idées et des citations, des tours et des pratiques, et peut-être plus encore: le souci du style. Ou du moins le crut-on.
Que les Français écrivent mieux que les Anglais, ce n’est sans doute qu’une illusion, disait Virginia Woolf, mais une illusion qui ne cesse de gagner des soutiens.
C’est donc l’histoire d’une illusion que ce livre raconte.
L’auteur
Gilles Philippe est professeur à l’Université de Lausanne. Il est notamment l’auteur de Le Français, dernière des langues (Puf, 2010) et de Le Rêve du style parfait (Puf, 2013). Il a codirigé avec Julien Piat un ouvrage salué par la critique: La Langue littéraire. Une histoire de la prose en France de Gustave Flaubert à Claude Simon (Fayard, 2009).

[BULLETIN FLAUBERT n° 176 / 6 mai 2016]

Édition

Flaubert, L’Éducation sentimentale, Michel Lévy, 1869. Édition numérique par Danielle Girard, pour le site Flaubert, 2016, avec un résumé du roman:
http://flaubert.univ-rouen.fr/oeuvres/ES_1869.php

Bouvard et Pécuchet, dossiers documentaires, entreprise dirigée par Stéphanie Dord-Crouslé
La vidéo a été réalisée par le Pôle Image Animée de l’ISH. Elle rappelle les objectifs du projet et explique le fonctionnement du site d’édition.
Lancé en 2005 et financé par l’ANR entre 2008 et 2012, le projet d’édition des dossiers documentaires de Bouvard et Pécuchet (http://www.dossiers-flaubert.fr/) concerne le dernier roman de Flaubert, posthume et inachevé. L’oeuvre devait comporter deux volumes, mais la mort de l’écrivain, le 8 mai 1880, a empêché la rédaction du second. Conservés à la bibliothèque de Rouen, les documents destinés à cette rédaction n’étaient connus que par des extraits ou des éditions partielles opérant des choix discutables alors que l’instabilité fondamentale des fragments textuels oblige à leur conserver une mobilité qui se trouve nécessairement défaite par la fixité d’une édition imprimée. En recourant aux possibilités offertes par l’informatique, le projet s’est donné pour but de corriger ce biais et de conserver au corpus sa mobilité en permettant la production de seconds volumes à la demande.
Le projet avait donc deux objectifs intrinsèquement liés: d’une part, rendre accessible un corpus complexe sous la forme d’une édition en ligne; d’autre part, permettre à tout internaute de produire des agencements paramétrables de citations extraites du corpus, des agencements qui sont autant de seconds volumes possibles répondant à la formulation d’hypothèses diverses. L’articulation des deux volets du projet repose sur l’utilisation du format pivot XML-TEI: l’encodage du corpus permet à la fois la visualisation et le découpage des fragments textuels, et donc leur manipulation.
La vidéo illustre les deux dimensions du projet qui, au-delà de l’intérêt qu’il revêt pour les spécialistes du domaine, présente plus largement une tentative originale et novatrice pour étendre le champ de l’édition critique aux contenus textuels fragmentaires.

Traduction

Oeuvres choisies de Gustave Flaubert en japonais, contenant Novembre (trad. par Naoko Kasama), Madame Bovary [extraits] (trad. par Akimasa Kanno), Salammbo [extraits] (trad. par Naoko Kasama), Bouvard et Pécuchet [extraits] (trad. par Norioki Sugaya) et Lettres choisies (trad. par Atsushi Yamazaki). Présentation de Toshiyuki Horie, notices, bibliographie et chronologie par Norioki Sugaya, Tokyo, Shueisha, «The Pocket Masterpieces», 2016, 842p.

Ouvrages

(< Paul Paumier)
Jacques-Olivier Boudon, Les naufragés de la Méduse, Paris, Belin, 2016.
http://www.editions-belin.com/ewb_pages/f/fiche-article-les-naufrages-de-la-meduse-27334.php
À propos de son ouvrage, Jacques-Olivier Boudon rappelle Salammbô, sur sa page Facebook:
https://www.facebook.com/profile.php?id=100009153405035&fref=nf
Flaubert et le radeau de la Méduse
Alors qu’il prépare Salammbô, Gustave Flaubert écrit à Madame Jules Sandeau, le 28 novembre 1861: «Je viens de me livrer à des lectures médicales sur la faim et la soif – et j’ai lu entre autres la thèse du docteur Savigny, le médecin du Radeau de la Méduse. Rien n’est plus dramatique, atroce, effrayant» (Correspondance, Pléiade, t.3, p.186).
Ce témoignage de Savigny sert à Flaubert pour décrire la scène où l’armée des 40.000 mercenaires, qu’il qualifie de «Barbares», se retrouve prise au piège dans le «Défilé de la Hache». Ses notes autographes, conservées à la Bibliothèque municipale de Rouen (Ms g474), montrent comment il suit de près le récit de Savigny. Voir http://flaubert.univ-rouen.fr/ressources/sal_savigny.php
La faim se fait de plus en plus ressentir dans le défilé de la Hache. Au soir du 9e jour, trois Ibériens meurent. Comme dans le récit de Savigny, les survivants ont recours au cannibalisme. «Enfin le plus vieux de la troupe fit un signe, et se baissant vers les cadavres, avec leurs couteaux ils en prirent des lanières; puis, accroupis sur les talons, ils mangeaient. Les autres regardaient de loin; on poussa des cris d’horreur; – beaucoup cependant, au fond de l’âme, jalousaient leur courage» (Salammbô, Oeuvres, Pléiade, t.3, p.803). Les pages suivantes montrent comment le cannibalisme se généralise. La scène a inspiré le peintre Paul Buffet dans une toile de 1894 conservée au Musée de Nantes.
Pour plus d’informations, voir aussi Yvan Leclerc, «Flaubert lecteur du Dr Savigny, pour Salammbô», dans Les réécritures littéraires des discours scientifiques, textes réunis par Chantal Foucrier, Michel Houdiard éditeur, 2005.

Articles

Jeanne Bem, «Le Saint Julien de Flaubert, ou l’existence à l’état pur», dans Sens, Rhétorique et Musique. Études réunies en hommage à Jacqueline Cerquiglini-Toulet, Honoré Champion, Paris, 2015, p.229-241.

Richard Brütting, «Amours et lieux dans Madame Bovary: recherches d’onomastique flaubertienne», avril 2016, en ligne sur le site Flaubert:
http://flaubert.univ-rouen.fr//article.php?id=46
Résumé
Les noms littéraires étaient pour Flaubert, comme lui-même l’a souligné, une chose capitale. En tant que psychologue raffiné, il présente dans son roman diverses facettes et aberrations de l’amour à travers les noms des personnages: les déceptions impliquées dans la liaison légitime (conjugale) entre un homme brave mais médiocre et une femme capricieuse; la force obsessionnelle d’une intimité fantasmée, déclenchée par la valse d’Emma avec le Vicomte; les leurres destructifs de l’amour passionnel qu’Emma vit avec le séducteur Rodolphe Boulanger; l’amour inauthentique de Léon Dupuis, qui abuse des sentiments d’Emma pour compenser ses faiblesses; la transformation perverse de l’amour en convoitise d’argent et en objets de consommation dans le rapport d’Emma avec l’usurier Lheureux; les scènes de harcèlement sexuel et de prostitution liées aux noms de Guillaumin et Binet; la beauté de l’amour puéril de Justin, qui, quoique récompensé par des baisers «justes» d’Emma, échoue fatalement.
Dans Madame Bovary, les toponymes désignent souvent aussi des espaces de comportement social. Le château de La Vaubyessard est un endroit qui rappelle le libertinage aristocratique du XVIIIe siècle. Le nom de la ferme des Bertaux évoque quelques figures féminines dans l’entourage de Charlemagne, mais l’aspect négatif du toponyme se révèle dans le sort lugubre de Berthe, la fille d’Emma Bovary. Les toponymes Lion d’Or, La Huchette et Hôtel de Boulogne se rapportent aux activités érotiques des amants d’Emma. Yonville-l’Abbaye n’est pas la commune du saint martyre Yon, mais un endroit voué à Ion, le dieu grec de l’errance, l’apothicaire Homais et l’usurier Lheureux en étant le grand-prêtre et le prophète, pendant que la mairie d’Yonville est son temple. Le laboratoire secret d’Homais, nommé capharnaüm, par contre, est un sanctuaire antichrétien, et c’est là qu’Emma prend sa dernière communion sous la forme de l’arsenic.

Federica Casini, «Le case della vita di Emma Bovary», Scienze e Ricerche, n°10, 1er août 2015, p.22-26:
http://www.scienze-ricerche.it/?p=5114

Stéphanie Dord-Crouslé, «Le Bossuet de Flaubert ou la dialectique de l’aigle et de l’oie», Revue Bossuet, 2015, n°6 «Réceptions de Bossuet au XIXe siècle», 2016, p.85-102.

Pierre Macqueron, [Souvenirs sur Flaubert], 1951. Extraits d’une conférence inédite, communiqués par Jean-Luc Brière (avril 2016).
http://flaubert.univ-rouen.fr/biographie/macqueron.php

Tomoko Mihara, «Salammbô au croisement entre l’Antiquité et le moderne: la psychologie ou la fatalité», site Flaubert, avril 2016.
http://flaubert.univ-rouen.fr/article.php?id=47
Salammbô montre un curieux croisement entre l’Ancien et le Moderne. L’article examine d’abord comment Flaubert a résolu la contradiction entre la psychologie collective et la prédestination, deux causes qui déterminent l’action des protagonistes, puis il étudie par quel moyen l’auteur a réservé une place privilégiée au lecteur en tant qu’élément textuel, «en appliquant à l’Antiquité les procédés du roman moderne».

Steve Murphy, «Un plan sur la comète d’Yonville», site Flaubert, avril 2016.
http://flaubert.univ-rouen.fr//article.php?id=45
Partant de l’importance pour Emma des plans d’évasion et de l’enfermement dans l’univers d’Yonville, le présent article passe en revue les interprétations d’un des plans du village dessinés par Flaubert et propose d’y voir la représentation ludique d’un des personnages du roman.

Daniel Sangsue, «Enquête sur une apparition (Flaubert, L’Éducation sentimentale, I, 1)», French Forum, vol.40, nos 2-3, 2015, p.17-32.

[BULLETIN FLAUBERT n° 175 / 30 mars 2016]

Ouvrages

Gustave Flaubert, Rêve d’Orient. Plans et scénarios de Salammbô, édition et introduction par Atsuko Ogane, Genève, Droz, 2016.
http://www.droz.org/fr/livre/?DZOI=260016006258
«Comment l’idée du voile pourpre de Carthage est-elle venue à Flaubert? L’histoire d’Anubis, à laquelle il avait pensé, s’est transformée, entre 1853 et 1857, en la gigantesque épopée de Salammbô. Après son acquittement dans le procès de Madame Bovary, l’écrivain met en place sa méthode de travail pour préparer son roman: il établit un sommaire à partir de «La Guerre des Mercenaires» de Polybe, il se documente dans de multiples domaines, il voyage en Tunisie, rédige un chapitre explicatif avant de le rejeter, organise au départ un roman en trois parties... Ce volume présente tous les plans et les scénarios de Salammbô – une centaine de folios, entre les quatre mille sept cents pages du manuscrit – reproduits en fac-similé, classés par ordre chronologique et transcrits diplomatiquement. L’introduction rend compte du mouvement d’élaboration de l’oeuvre, en s’appuyant sur les différents documents de genèse et la correspondance. Dans les repentirs et les avancées des plans et des scénarios se dessine le rêve d’Orient de Flaubert.»

Notes de Flaubert sur Plutarque et sur l’ouvrage Luxe des dames romaines
Transcription et présentation par Atsuko Ogane d’un ensemble de notes prises par Flaubert vers 1857-1858 en vue de la rédaction de Salammbô.
En ligne sur le site Flaubert, mars 2016:
http://flaubert.univ-rouen.fr/manuscrits/plutarque.php

(< Stéphanie Dord-Crouslé)

Flaubert, Madame Bovary, fac-similé intégral du manuscrit autographe, préface de Jacques Weber, Les Saints Pères, 2016.
https://www.lessaintsperes.fr/manuscrits/fr/45-madame-bovary-9791095457077.html
Voir un feuilletoir du livre à cette adresse:
http://bibliobs.nouvelobs.com/galeries-photos/actualites/20160315.OBS6486/madame-bovary-le-manuscrit-d-un-chef-d-oeuvre.html
[Rappelons que ce manuscrit est disponible en ligne, gratuitement, à l’adresse:
http://www.bovary.fr/ ]

Ouvrage

Crossed Correspondences. Writers as Readers and Critics of their Peers, Editor(s): Vanessa Guignery, Cambridge Scholars Publishing, 2016. http://www.cambridgescholars.com/crossed-correspondences
http://www.cambridgescholars.com/download/sample/62984
Articles sur Flaubert:
Sarga Moussa, «Voyager, lire, écrire: la littérature en gestation dans les lettres d’Égypte de Flaubert à Bouilhet»
Stéphanie Dord-Crouslé, «La correspondance entre Bouilhet et Flaubert, à partir de L’Éducation sentimentale – et au-delà…»
Catherine Thomas-Ripault, «Un écrivain à la croisée des critiques: Ernest Feydeau correspondant de George Sand, Gustave Flaubert et Sainte-Beuve»

Articles

Guillaume Cousin, «“Mon affaire est une affaire politique”: la Revue de Paris et le procès de Madame Bovary», communication au séminaire «Relire les classiques: Madame Bovary», Université de Rouen, 2 mars 2016.
http://flaubert.univ-rouen.fr/article.php?id=43

Kayoko Kashiwagi, «Le Château des coeurs. Genèse et structure», version française de la présentation à Gustave Flaubert, Le Château des coeurs, grande féerie, traduction en japonais par Kayoko Kashiwagi du texte intégral avec toutes les illustrations, d’après l’édition originale de La Vie moderne (1880), Osaka University Press, 303 pages. Préface de Jeanne Bem: «Pour le lecteur japonais» (en japonais p.209-222, et en français, p.223-234):
http://flaubert.univ-rouen.fr/article.php?id=44

Élisabeth Ladenson, «Ernest Pinard, critique littéraire» dans Censure et critique, sous la direction de Laurence Macé, Claudine Poulouin et Yvan Leclerc, Classiques Garnier, coll. «Littérature et censure», 2016, p.255-266.

François Lapèlerie, «“Là, tout n’est qu’ordre et beauté, Luxe, calme et volupté.” Salammbô dans la réclame de 1862 à nos jours», site Flaubert, mars 2016.
http://flaubert.univ-rouen.fr/derives/sal_lapelerie_2016.pdf

Comptes rendus

Delphine Jayot, compte rendu de Juliette Azoulai, L’Âme et le Corps chez Flaubert. Une ontologie simple, Classiques Garnier, Coll. «Études romantiques et dix-neuviémistes», 2014:
http://flaubert.revues.org/2512

Tomoko Hashimoto, compte rendu de Gustave Flaubert, Kokoro no shiro (Le Château des coeurs [en japonais]), traduit, présenté et annoté par Kayoko Kashiwagi, Presses Universitaires d’Osaka, Osaka, 2015:
http://flaubert.revues.org/2513

[BULLETIN FLAUBERT n° 174 / 2 mars 2016]

Ouvrages

(< Gilles Cléroux)
Anoush Ganjipour, Le réel et la fiction. Essai de poétique comparée, Hermann, 2014.
[Pages concernant les rapports entre fiction et réalité, à partir du procès intenté contre Madame Bovary, p.11 et suiv.]

(< Atsuko Ogane)
Guy de Maupassant, Sur Flaubert, L’âme des mots, préface de Maurice Nadeau, Interférences, 2015 (préface du recueil Pour Flaubert, paru aux éditions Complexe en 1986).

Revue

Bulletin Flaubert-Maupassant, n°31, 2015
ÉDITORIAL par Joëlle Robert
AUTOUR DE LA BIOGRAPHIE DE FLAUBERT PAR MICHEL WINOCK
Comment j’ai écrit la biographie de Flaubert
par Michel Winock
Michel et Gustave, une biographie pour le plaisir
par Alain Ferry
Lire en historien la biographie de Flaubert par Michel Winock
par Yannick Marec
Flaubert par Michel Winock: la possibilité d’une biographie
par Yvan Leclerc
Le traitement de l’intime dans une biographie historique: Flaubert de Michel Winock
par Joëlle Robert

FLAUBERT DANS LA PLÉIADE: NOUVELLE ÉDITION
Claudine Gothot-Mersch, directrice de l’édition
par Jeanne Bem
Annoter pour la Bibliothèque de la Pléiade: l’exemple de la visite par Flaubert du musée royal Bourbon à Naples
par Stéphanie Dord-Crouslé
Madame Bovary, l’édition: visite guidée
par Jeanne Bem
Par les champs et par les grèves: de la nature au monde sensible
par Philippe Dufourr
Le Voyage en Orient ou le lyrisme de la chair
par Didier Philippot
Le «génie» dans Salammbô
par Juliette Azoulai

LA CATHÉDRALE DE ROUEN DANS L’OEUVRE DE FLAUBERT
La cathédrale dans Madame Bovary
par Yvan Leclerc
La cathédrale de Rouen dans La Légende de saint Julien l’Hospitalier
par Stéphanie Dord-Crouslé
Hérodias ou Salomé entre l’Égypte et la Normandie
par Bertrand Marchal

Suivent des articles concernant Maupassant. Voir le sommaire complet ici:
http://www.amis-flaubert-maupassant.fr/bulletin/bulletin-flaubert-maupassant-n-31-2015/

Articles

Sylvie Cadinot-Romerio, «La genèse des amours d’Emma. Séquence initiale de l’étude de Madame Bovary de Flaubert. Éléments pour une séquence d’initiation au processus de création chez Flaubert», 2015. Site de l’Académie de Créteil:
http://lettres.ac-creteil.fr/spip.php?article1954
[Étude du parcours génétique de quelques scènes érotiques, qui passent de l’explicite dans les brouillons à l’implicite dans le texte publié.]

Stéphanie Dord-Crouslé, «Les “seconds volumes” possibles de Bouvard et Pécuchet: l’avènement d’un lecteur auteur?», dans Patrimoine littéraire en ligne: la renaissance du lecteur? édité par Dominique Pety, Chambéry, Université Savoie Mont Blanc, Laboratoire LLSETI, collection «Corpus», n°9, p.117-137.
http://www.llseti.univ-smb.fr/web/llseti/572-patrimoine-litteraire-en-ligne-la-renaissance-du-lecteur.php

Thierry Poyet, «De la difficulté de théoriser le rejet de la critique biographique. Flaubert lecteur de Maxime Du Camp» dans Archéologie du Contre Sainte-Beuve, Classiques Garnier, collection «Bibliothèque proustienne», 2016, p.139-162.

Diana Rinciog, «Temps, Art et Histoire au Carrefour chez Gustave Flaubert», dans Temporalidad y contextos: La interdisciplinariedad a partir de la historia, el arte y la linguistic, Israel Sanmartin et Sonia Gómez-Jordana (éds), Universidad de Santiago de Compostela, 2015, p.705-719.

Comptes rendus

(< Atsuko Ogane)
Roland Le Huenen, compte rendu de Sur les pas de Flaubert, Approches sensibles du paysage, Philippe Antoine (dir.), Nimègue, CRIN, 2014, dans Romantisme, n°170, p.145-147.

Jeanne Bem, compte rendu de Gustave Flaubert, Scénarios de La Tentation de saint Antoine, Le Temps de l’oeuvre, présentation, transcription et notes par Gisèle Séginger, Presses des universités de Rouen et du Havre, 2014, dans R.H.L.F, novembre 2015, p.233-237.

[BULLETIN FLAUBERT n° 173 / 12 janvier 2016]

Édition

(< Atsuko Ogane)
Flaubert, Le Gueuloir. Perles de correspondance, Le Castor Astral, 2016.
«Écrivons, nom d’un pétard! Ficelons nos phrases, serrons-les comme des andouilles et des carottes de tabac. Masturbons le vieil art jusque dans le plus profond de ses jointures. Il faut que tout en pète, monsieur.»
Le Gueuloir réunit les principales fulgurances glanées dans la correspondance de Gustave Flaubert. Les femmes, les bourgeois, les gens de lettres, l’art, la morale, la politique, la religion: en grand pourfendeur de la bêtise, l’Excessif (tel qu’il aimait à se surnommer lui-même) n’épargne personne. Ripailleur et tonitruant, il se montre tout autant épris d’absolu et sensible jusqu’à la mélancolie: «Notre vie tourne ainsi continuellement dans la même série de misères, comme un écureuil dans une cage, et nous haletons à chaque degré.»
Compilation percutante d’une correspondance réputée pour sa drôlerie et son intelligence, le Gueuloir constitue l’opportunité de redécouvrir sous un angle inédit l’auteur de Madame Bovary et du Dictionnaire des idées reçues.

Ouvrage

Edouardo Berti, Galaxie Flaubert, La Marelle Éditions, 2015
http://www.la-marelle.org/les-editions-la-marelle/un-livre-numerique/

Articles

Emmeline Céron, «Vocation, ambition, aliénation: le travail dans les oeuvres de Gustave Flaubert, d’Italo Svevo et de Robert Musil»
En ligne sur le site Raison publique:
http://www.raison-publique.fr/article796.html
Article publié initialement dans Raison publique, n°15, automne 2011.

Yvan Leclerc, «L’adulterio in Madame Bovary: la parola e la cosa», dans L’adulterio nel romanzo, a cura di Enrica Villari, Pise, Pacini Editore, I Libri dell’Associazione Sigismondo Malatesta, 2015, p.89-103 [«L’adultère dans Madame Bovary: le mot et la chose», colloque «L’adulterio nel romanzo», Santarcangelo di Romagna, Italie, 30-31 mai 2008].

Chiara Pasetti, «La spirale simbolo di sogno e di vita. Riflessioni intorno a un romanzo progettato (e mai scritto) da Gustave Flaubert», dans Le radici della razionalità critica: saperi, pratiche, teleologie. Studi offerti a Fabio Minazzi per i suoi sessant’anni, a cura di Dario Generali, Milano-Udine, Mimesis, 2015, 2 vol., t.II, p.1105-1122.

[BULLETIN FLAUBERT n° 172 / 1er décembre 2015]

Ouvrages

Louis Desprez, Gustave Flaubert, introduction et notes de René-Pierre Colin, Tusson, Du Lérot, 2015.
Réédition de la première partie de L’Évolution naturaliste (1884).

[BULLETIN FLAUBERT n° 171 / 9 octobre 2015]

Ouvrages

(< Juliette Douillet)
Roland Breeur, Autour de la bêtise, Classiques Garnier, «Philosophies contemporaines», 2015. 
Selon ces études, la bêtise se situe entre deux extrêmes: celle de l'idiot et celle de l'esprit de sérieux. Cet ouvrage examine la bêtise en tant que «phénomène», en l'incorporant lui-même dans des problématiques concrètes inspirées par des penseurs qui l'ont analysé (comme Sartre, Flaubert, Proust, Deleuze).
http://www.fabula.org/actualites/r-breeur-autour-de-la-betise_70490.php?utm_source=dlvr.it&utm_medium=facebook

Laure Murat, Flaubert à la Motte-Picquet, Flammarion, 2015.
«Un jour, dans le métro, un homme s’assoit à côté de moi et ouvre un carnet sur ses genoux. C’est une liste de lectures, où se mélangent les auteurs dans une succession improbable: Gustave Flaubert côtoie Marc Levy, Franz Kafka jouxte Barbara Cartland. Sous mes yeux, l’homme ajoute un titre: Goethe, Les Souffrances du jeune Werther. C’est le livre que lit la jeune femme sur la banquette opposée.
Je comprends soudain: ce qu’il consigne, ce ne sont pas ses lectures personnelles mais celles des usagers du métro. Dès cet instant, comme frappée par une épiphanie, je décide ni plus ni moins de lui piquer son idée et de profiter de tous mes trajets pour essayer de dresser une cartographie de la lecture souterraine. Pendant des mois, j’ai noté les titres, observé les mains qui feuillettent, les corps penchés sur les livres ou les tablettes, pour en tirer un petit recueil d’observations, promenade ludique au pays de la lecture envisagée comme activité underground.»
Dans ce récit volontiers poétique et souvent drôle, Laure Murat fait l’inventaire de tous les livres qui se trouvent à portée de ses yeux dans le métro. Un livre pour tous les lecteurs… qui ne peuvent s’empêcher de regarder par-dessus l’épaule de leur voisin de strapontin.

Compte rendu

Scénarios de La Tentation de saint Antoine. Le temps de l’oeuvre, présentation, transcriptions et notes par Gisèle Séginger, Presses universitaires de Rouen et du Havre, Coll. «Flaubert», 2014; compte rendu par Taro Nakajima.
http://flaubert.revues.org/2444

[BULLETIN FLAUBERT n° 170 / 15 septembre 2015]

Ouvrages

Roland Barthes, Album. Inédits, correspondances et varia, Seuil, 2015.
«Sur sept phrases de Bouvard et Pécuchet», p.257-281.

Alexandre Gefen, Inventer une vie. La fabrique littéraire de l’individu, préface de Pierre Michon, Les Impressions nouvelles, 2015.
Trois chapitres concernent Flaubert: VI. «Le secret de Bouvard et Pécuchet» (p.68-75) [sur la tentative d’écrire la biographie du duc d’Angoulême); VII, «Félicité, un coeur simple?» (p.76-83) [sur le genre de l’hagiographie]; XVII. «Le petit Gustave Flaubert» (p.155-161) [sur L’Idiot de la famille de Sartre].

Michel Winock, Flaubert, Gallimard, «Folio», 2015.
Réédition en poche de la biographie parue chez le même éditeur, dans la collection «Biographies», en 2013.

Revues

Revue Flaubert, n°14, 2015
http://flaubert.univ-rouen.fr/revue/sommaire.php?id=16

Écrire avec Flaubert aujourd’hui
Rencontres «Flaubert dans la ville», 17-18 avril 2015, Rouen,
organisées par Sandra Glatigny et Yvan Leclerc
Centre Flaubert, laboratoire du CÉRÉdI, université de Rouen
Enregistrement assuré par le Service audiovisuel de l’Université de Rouen

FLAUBERT DANS LA VILLE
Tony Gheeraert
Pourquoi l’université promeut un tel événement
[Texte en ligne]

ÉCRIVAINS PRÉSENTS
Rencontres organisées en partenariat avec l’Opéra de Rouen Haute-Normandie, Théâtre des Arts

Pierre Bergounioux
Entretien avec Matthieu Vernet
[Accès à la vidéo]
François Bon
«Intoxication flaubertienne» (disait Marcel Proust)
Intervention lors de la journée d’études du 17 avril
[Accès à la vidéo] [Texte en ligne] [Copie locale]
Annie Ernaux
Entretien avec Françoise Simonet-Tenant
[Accès à la vidéo]
Pierre Michon
Entretien avec Matthieu Vernet
[Accès à la vidéo]
Christine Montalbetti
Entretien avec Christine Lecerf
[Accès à la vidéo]
Jean-Philippe Toussaint
Entretien avec Thierry Roger
[Accès à la vidéo]

SUR LES ÉCRIVAINS CONTEMPORAINS
Ouverture, par Damien Féménias, président de la Fondation Flaubert, Sandra Glatigny et Yvan Leclerc
[Accès à la vidéo]
Yuxia Peng
Mesdames Bovary en Chine: sur la réception créatrice de Flaubert chez quelques écrivains chinois du XXe siècle et d’aujourd’hui
[Accès à la vidéo]
Chiara Pasetti
Flaubert dans l’oeuvre de Antonia Pozzi
[Accès à la vidéo]
Véronique Samson
Flaubert posthume: sur Flaubert et Beckett
[Accès à la vidéo]
Annie Urbanik-Rizk
Flaubert/Tournier, «frères pareils» ou une écriture à deux têtes. Entre naturalisme et mysticisme
[Accès à la vidéo]
Françoise Cahen
Bénédicte Ombredanne, une nouvelle Emma Bovary (sur le roman d’Éric Reinhardt, L’amour et les forêts, 2014)
[Accès à la vidéo]

Flaubert. revue critique et génétique n°13, «Flaubert, les sciences de la nature et de la vie », sous la direction de Gisèle Séginger:
http://flaubert.revues.org/2406

Articles

Jeanne Bem, «Flaubert et les images, à partir d’un jeu de brouillons de Madame Bovary»,
dans Palimpsestes poétiques, effacement et superposition, sous la direction de Patricia Oster et Karlheinz Stierle, Paris, Champion, 2015, p.241-268.

Stéphanie Dord-Crouslé, «La correspondance entre Bouilhet et Flaubert, à partir de L’Éducation sentimentale – et au-delà…»
https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-01076422
Résumé: Flaubert et Bouilhet ont constitué une paire d’amis avant que d’être pairs en littérature: à la limite de la gémellité, ils ont toujours écrit dans une relation spéculaire, l’échange épistolaire leur permettant de poursuivre, lorsqu’ils se trouvaient empêchés, un dialogue esthétique et critique aussi nécessaire que vital pour la création de chacun d’entre eux. En centrant le propos sur la période de conception et d’écriture de L’Éducation sentimentale, on verra que la correspondance est le lieu où se poursuit le processus maïeutique qui fait de chacun le patient et respectueux accoucheur de la pensée de l’autre. Et, en dépit de la dimension paradoxale et peut-être aventureuse de cette proposition de lecture, on se demandera si la réalisation par Flaubert de son dernier projet (Bouvard et Pécuchet) ne pourrait pas être envisagée comme la poursuite d’une communication à distance entre les deux amis, comme la mise en oeuvre d’une correspondance à destinataire définitivement absent et pourtant encore efficient.

Philippe Dufour, «La symbolique fantastique» [sur Salammbô], Romantisme, n°168, 2015-2, p.85-99.

Marie-Paule Dupuy, «Madame Bovary et Farenheit 451» (2015).
[En ligne sur le site Flaubert] http://flaubert.univ-rouen.fr/etudes/truffaut_dupuy.php

Résumé de thèse

Haruyuki Kanasaki, Genèse et Structure des oeuvres de Flaubert, Osaka University Press, 2014, 331p. (en japonais).
Thèse en japonais, soutenue en 2014. Résumé en français par l’auteur, professeur à l’université d’Osaka (2015).
[En ligne sur le site Flaubert] http://flaubert.univ-rouen.fr/theses/kanasaki.php

Compte rendu

Gustave Flaubert, Scénarios de La Tentation de saint Antoine. Le temps de l’oeuvre, présentation, transcription et notes de Gisèle Séginger, Presses des universités de Rouen et du Havre, 2014. Compte rendu par Juliette Azoulai (2015).
http://flaubert.univ-rouen.fr/comptes_rendus/tsa_seginger_azoulai.php

[BULLETIN FLAUBERT n° 169 / 15 juin 2015]

Ouvrages

(< Benoît Melançon)
Raymond Jean, Mademoiselle Bovary, Flammarion, Coll. «GF Étonnants classiques», 2015.

Articles

François Lapèlerie, «Philippe Druillet: le vase Salammbô», site Flaubert, 2015.
http://flaubert.univ-rouen.fr/derives/sal_vases.php
François Lapèlerie, «Émile Bruchon: statue de Salammbô», site Flaubert, 2015.
http://flaubert.univ-rouen.fr/derives/sal_sculpture_bruchon.php
François Lapèlerie, «EH Lévy: statuette inattendue de Salammbô», site Flaubert, 2015.
http://flaubert.univ-rouen.fr/derives/sal_sculpture_levy.php
François Lapèlerie: «La Salammbô volée de Monsieur Henri Gentil», site Flaubert, 2015.
http://flaubert.univ-rouen.fr/article.php?id=38
Solène Lejosne, «Salammbô, un nom de l’espace», site Flaubert, 2015
http://flaubert.univ-rouen.fr/article.php?id=39
«Salammbô» est le nom donné par les scientifiques à un outil de représentation des ceintures de radiation entourant la terre. L’opération d’«induction» est similaire à celle pratiquée par Flaubert pour «reconstruire» Carthage.

[BULLETIN FLAUBERT n° 168 / 15 mai 2015]

Traduction

Madame Bovary. Moravuri de provincie, trad. en roumain par Florica Ciodaru Courriol, Art, Bucarest, 2015.

Revue

Bulletin de la Section française, Faculté des Lettres, Université Rikkyo, n°44, 2015
«Prose et fiction: Flaubert, Foucault et Richard», textes réunis par Norioki Sugaya

Jacques Neefs, «Flaubert, l’art moderne de la prose»
Shiguéhiko Hasumi, «Réflexions critiques sur la notion fictionnelle du “comme si”: l’exemple de Madame Bovary»
Norioki Sugaya, «Bibliothèque et béance: Foucault, Flaubert et la littérature»
Atsushi Yamazaki, «La pâte et le visqueux: esquisse d’une généalogie du thématisme»

Articles

(< Stéphanie Dord-Crouslé)
Virginie Inguenaud, «À propos des “envois” de l’État sous la plume de Flaubert et le pinceau de sa nièce» [en ligne], Centre national des Arts plastiques. Avec une reproduction
http://www.cnap.fr/propos-des-%C2%AB-envois-%C2%BB-de-l%E2%80%99etat-sous-la-plume-de-flaubert-et-le-pinceau-de-sa-niece
Portrait de Corneille, par Caroline Commanville
Portrait gravé de Pierre Corneille d’après l’original de Charles Lebrun, publié par M. Hellis dans la monographie éditée en 1847-1848. Le Comte d’Osmoy, ami de Gustave Flaubert, possédait dans son château du Plessis-Bouquelon, à Pont-Audemer dans l’Eure, un portrait de Corneille peint par Charles Lebrun et daté de 1647. La copie de cet original en 1878-1879 sera l’unique travail réalisé par Caroline Commanville pour le compte de l’État (FNAC PFH-3489).

Federica Casini, «Le case della vita di Emma Bovary», Letterature, supplément au numéro 6 de Scienze e Ricerche, avril 2015, p.85-89.
http://www.scienze-ricerche.it/?p=3110

[BULLETIN FLAUBERT n° 167 / 2 avril 2015]

Ouvrages

Marcel Jean Vicosqui, Flaubert était-il sourd? Analyse sonolittéraire de sa vie et de son oeuvre, L’Harmattan, 2015.
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=46044

(< Florence Godeau)
Laurent Demanze, Les Fictions encyclopédiques. De Gustave Flaubert à Pierre Senges, Corti, 2015.
http://www.jose-corti.fr/titreslesessais/Fictions_encyclopediques_demanze.html
«Ce livre, je voudrais le placer sous le signe de Bouvard et Pécuchet. Car bien des écrivains contemporains leur ont emboîté le pas pour braconner avec gourmandise sur les territoires de la science. «Une encyclopédie critique en farce», c’est ainsi que Flaubert désignait son roman pour dire que la pulsion de savoir ne va pas sans le soupçon du scepticisme ni le rire de l’idiotie. À la manière de l’autodidacte ou de l’amateur, l’écrivain répond aujourd’hui à l’ambition autrefois revendiquée par Italo Calvino: il relie les champs du savoir, renoue ensemble les disciplines dispersées et oppose à l’intimidation des discours spécialisés une curiosité vagabonde. Manière de dire que la littérature, si elle a renoncé à son magistère d’autrefois, affirme contre l’autorité du savant une démocratie du savoir.
Dictionnaires capricieux et encyclopédies lacunaires, ivresse de la liste et folie de l’inventaire: l’époque cède volontiers à l’encyclomanie. À rebours du désir de totalité et de la frénésie de l’archive, les écrivains contemporains composent des encyclopédies fragmentaires et ouvertes pour dire l’exigence de la lacune et la nécessité de l’inachevable. Raymond Queneau et Georges Perec, Gérard Macé et Pascal Quignard, Olivier Rolin et Pierre Senges: voilà quelques-uns des auteurs que je réunis dans cette collection de lectures, qui font de l’encyclopédie un puissant fictionnaire et rappellent la teneur de savoir de la littérature. À défaut de rassembler la totalité des savoirs, ces fictions encyclopédiques élaborent un art de l’oubli, qui a sans doute partie liée avec la sagesse.»

Traduction

Gustave Flaubert, Le Château des Coeurs, grande féerie, trad. Kayoko Kashiwagi, traduction en japonais du texte intégral avec toutes les illustrations, d’après l’édition originale de La Vie Moderne (1880), Osaka University Press, 303 pages. Préface de Jeanne Bem: «Pour le lecteur japonais» (en japonais p.209-222, et en français, p.223-234).

Articles

Pierre Nugues, «Une étude statistique élémentaire de la distribution des caractères et des mots dans Salammbô», site Flaubert, 2015.
http://flaubert.univ-rouen.fr/etudes/nugues/

Jean-Pierre Richard, «Le silence du Sphinx: entretien avec Jean-Pierre Richard, par Philippe Dufour, suivi d’une microlecture de Flaubert par Jean-Pierre Richard», Flaubert, revue critique et génétique
http://flaubert.revues.org/2414

Syvie Triaire, «“Pas une ligne pour l’empêcher”. La Commune et l’impossible communauté des écrivains», dans «De l’absolu littéraire à la relégation: le poète hors les murs», colloque en ligne sur Fabula.
http://www.fabula.org/colloques/document2440.php
Où il est question de la Commune, de Flaubert, de L’Éducation sentimentale, et un peu aussi de Gautier et de quelques autres…

SUR LA TOILE

Deux versions de Madame Bovary
(< Jean-Christophe Portalis)
Jean Rochefort raconte Madame Bovary
https://www.youtube.com/watch?v=16ubmu7qbJc

(Benoît Melançon)
Version Mock:
https://www.actualitte.com/societe/le-mock-emma-bovary-un-traitement-critique-qui-decape-56055.htm

[BULLETIN FLAUBERT n° 166 / 12 mars 2015]

Ouvrages

Alan Raitt, Lectures croisées, Essays, Edited by Francesco Manzini, Romanticism and after in France, Vol. 24, Oxford, Peter Lang AG, 2015.
Lien vers le site de l’éditeur
This selection of essays by Alan Raitt provides a series of cross-readings of nineteenth-century French literary authors and texts. The collection revolves around Flaubert and Villiers de l’Isle-Adam, the two authors with whom Raitt is most associated, situating them and their principal works in relation to each other, as well as to Balzac, Nerval, Baudelaire, Mallarmé and Huysmans. In so doing, the collection shows the extent to which nineteenth-century French literary history appears both as a succession and as a simultaneity of literary styles and credos.
Alan Raitt (1930-2006) was one of the most distinguished French scholars of his generation. He was Professor of French at the University of Oxford and a Fellow of Magdalen College. His books include landmark studies of Flaubert, Mérimée and Villiers de l’Isle-Adam. He was a Fellow of the British Academy, Commandeur dans l’Ordre des Palmes Académiques and the general editor of French Studies.

(< Diana Rinciog)
Razvan Ventura, Gustave Flaubert. Miracolul absenței, [Gustave Flaubert. Le Miracle de l’absence], Tracus Arte, Bucarest, 2014.

Traduction

Flaubert Gustave, Salammbô, langue: vietnamien, trad. Thắm Trần [Camille Tham Tran], Hà Nội, Vietnam, Hội Nhà Văn, 2014, 482 pages.
Réception de cette traduction.
Salammbô présenté sur HTV7, le 21 juin 2014:
https://www.youtube.com/watch?v=vt9lsWL-S9c#t=17m56s

http://giaitri.vnexpress.net/tin-tuc/sach/lang-van/salammbo-tieu-thuyet-lich-su-tung-lam-nao-dong-paris-3006724.html
http://phunuonline.com.vn/nguoi-yeu-sach/tac-pham-va-du-luan/salammbo/a122167.html
http://tuoitre.vn/tin/tuoi-tre-cuoi-tuan/van-hoa-nghe-thuat/20140312/nhung-moi-tinh-bat-kha/596901.html

Revue

Bulletin Flaubert-Maupassant, n°30, 2014
Autour de Flaubert: Orlowki, Chojecki, Senard, Duplan. Lettres inédites de Maupassant. Correspondance entre Du Camp et Duplan.

Sommaire du Bulletin Flaubert – Maupassant, n° 30, 2014
Joëlle Robert, Éditorial

POLONAIS ET RUSSES DANS L’ENTOURAGE DE FLAUBERT
Jeanne Bem, «Flaubert romancier, précurseur de Tchekhov? Le dialogue dans Madame Bovary»
Emmanuel Desurvire, «Charles-Edmond Chojecki et Gustave Flaubert, parcours d’une amitié»
Daniel Fauvel, «Les Polonais dans le département de la Seine-Inférieure de 1830 à 1870»
Michel Lambart, «La Pologne et les Polonais dans L’Éducation sentimentale»

Dagmara Feray et Joëlle Robert, «Flaubert, Orlowski et Chopin, une solidarité artistique»
Laurent Lamy, «Présentation des oeuvres d’Orlowski»

AUTOUR DE FLAUBERT
Jean-Luc Brière, «Jules Senard sous la Monarchie de Juillet et la Seconde République»
Thierry Carteron, «Jules Duplan, un ami de Gustave Flaubert»
Correspondance inédite entre Maxime Du Camp et Jules Duplan

MAUPASSANT
Bernard Joly, «La clausule, lieu de l’émotion, dans les Contes et nouvelles de Maupassant»
Marlo Johnston, «Quatre lettres inédites de Maupassant. Les Roches Blanches»

DOCUMENTS
Guy Pessiot, «Un nouveau portrait de Flaubert. Notes sur Ladislas Loevy»
Emmanuèle Grandadam, Marlo Johnston, Françoise Mobihan, Guy Pessiot, Joëlle Robert, «Promenades à Paris»

HOMMAGES
Hommage à Maurice Agulhon (par Yannick Marec), Herbert Lottman (Marie-Françoise Rose), Jean-François Guémy (Daniel Fauvel), Claude Vermeille (Hubert Hangard)

VIE DE L’ASSOCIATION
Activités 2014

Dans ce numéro, figure un ensemble important de lettres inédites de Maxime Du Camp à Jules Duplan, dans lesquelles il est souvent question de Flaubert. Plusieurs de ces lettres sont écrites pendant le voyage en Orient. Elles donnent une image souvent négative du compagnon de voyage. Voir par exemple la lettre envoyée de Constantinople le 4 décembre 1850. Du Camp explique à Duplan pourquoi il ne prolongera pas son voyage jusqu’en Syrie. Parmi ses raisons:
«Enfin, la raison la plus forte pour moi, celle qui m’a surtout décidé, c’est Gustave lui-même; c’est cette effrayante responsabilité qui pèse sur moi vis-à-vis de sa mère, devant la quantité de lettres secrètes qu’elle me faisait parvenir en me suppliant de renoncer à la Syrie, j’y ai renoncé. Je ne pouvais, après la promesse que j’avais faite, quitter Gustave, car Gustave est incapable de m’y suivre; s’il avait été seul, il se serait arrêté à Alexandrie; il est anti-voyageur, il n’a ni l’énergie, ni la volonté nécessaire pour cela, il est embarrassé de tout et voit des montagnes où il y a des grains de sable. Tant qu’il a cru qu’il ne pourrait m’accompagner, il a été désespéré et s’est cru voyageur; du jour où il lui a été donné de me suivre, son ardeur est tombée, et il n’a fait ce voyage que par point d’honneur et pour n’avoir pas l’air de reculer vis-à-vis de ses amis et de lui-même. Nous n’étions pas partis depuis 8 jours que je savais tout cela. Devant des circonstances semblables, j’ai dû faire abnégation momentanée de moi-même. Je reconduirai Gustave en Italie, je le remettrai entre les mains de sa mère, je reviendrai à Paris et plus tard je partirai seul pour la Perse. Quant à lui c’est toujours cette bonne et intelligente nature dont je t’ai souvent parlé, aussi dévouée pour moi que possible, mais marchant à mes côtés à contre-coeur, sans enthousiasme, dormant sur son cheval, démoralisé quand il restait 15 jours sans recevoir de lettres, et tourmenté à son insu par ce banal regret de sa patrie et du chez soi. Cela est triste, il l’a senti lui-même et en a été fort découragé. Il va passer toute la fin de  l’hiver en compagnie de sa mère dans quelque ville d’Italie et se retrouvera fort heureux d’être rentré chez lui» (p.121-122).

Articles

Virginie Actis, «Flaubert dans les manuels scolaires: généalogie d’une figure de l’écriture en rupture de l’histoire», dans «De l’absolu littéraire à la relégation: le poète hors les murs», actes du colloque de Montpellier III, 16-17 juin 2011, en ligne sur Fabula.
http://www.fabula.org/colloques/document2466.php

Federica Giulia Sacchi
, «La spirale come metafora della vita onirica e di itinerari spirituali in Flaubert e Shelley. Analisi de La Spirale di Gustave Flaubert e di Alastor, or the Spirit of Solitude di Percy Bysshe Shelley»
http://flaubert.univ-rouen.fr/article.php?id=36
Cette étude veut montrer à quel point l’image de la spirale est riche de significations, à la fois psychologiques et symboliques. Flaubert, comme on sait, voulait écrire un roman intitulé La Spirale, resté à l’état de scénario, dans lequel le plan de la réalité et le plan du rêve se croisent d’une façon indissoluble, comme dans une spirale. Une oeuvre antérieure à celle de Flaubert, Alastor or the Spirit of Solitude, de P.B. Shelley, présente la même structure. La vie des protagonistes s’articule sur les deux plans (réel et onirique) parce que tous les deux recherchent la vision et le rêve. L’un apprend à maîtriser ses hallucinations par le sacrifice, l’autre reste entièrement plongé dans son monde de rêveries. Il y a, dans le projet de Flaubert, des scènes exotiques qui permettent de penser qu’il doit son inspiration à l’oeuvre de Shelley (le fantomatique «pays d’Al», semble bien une référence explicite à Alastor). Un destin funèbre, enfin, rapproche les deux personnages qui, après avoir atteint un niveau de connaissance supérieur, décident de mourir.

[BULLETIN FLAUBERT n° 165 / 27 janvier 2015]

Ouvrages

(< Benoît Melançon)
Larry Duffy, Flaubert, Zola and the Incorporation of Disciplinary Knowledge, Palgrave Macmillan, «Palgrave Studies in Modern European Literature», 2015.
http://www.palgrave.com/page/detail/flaubert,-zola,-and-the-incorporation-of-disciplinary-knowledge-larry-duffy/?isb=9781137297532

Flaubert, Zola and the Incorporation of Disciplinary Knowledge transcends traditional author studies to focus on institutional dimensions of professional practices and knowledge concerning the body in nineteenth-century France, and on their articulation by literary and other texts. It examines how institutional developments in medicine and pharmacy are ‘incorporated’ within literary texts, arguing that such incorporation reflects acute concern with the body, and with knowledge considered metaphorically as body. In its innovative focus on incorporation as metaphor, the book explores theoretical relationships between body and text, exploiting the rich metaphorical potential of the institutional, professional body, constituted by discourse and associated with bodies of disciplinary knowledge. The institutional body ‘incorporates’ itself; the literary text ‘incorporates’ knowledge precisely about the body’s incorporation of substances and practices. Offering cultural history of certain medical, pharmaceutical and scientific discourses, this book problematizes the boundaries between literary and other forms of discourse, themselves analogical to boundaries between different fields of disciplinary knowledge.

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Julian Barnes, Par la fenêtre. Chroniques [Through the window - A Life with Books, 2014], trad. de l’anglais par Jean-Pierre Aoustin, Mercure de France, coll. «Bibliothèque étrangère», 2015. [Chap. «Traduire Madame Bovary».]
Présentation de l’éditeur:
Ce sont les romans qui disent le plus de vérité sur la vie: ce qu’elle est, comment nous la vivons, quel sens elle pourrait avoir, comment nous la goûtons et l’apprécions, comment elle tourne mal et comment nous la perdons. Les romans parlent à et émanent de, tout ce que nous sommes – esprit, cœur, oeil, sexe, peau ; conscient et subconscient… Ils rendent des personnages qui n’ont jamais existé aussi réels que nos amis et des écrivains morts aussi vivants qu’un présentateur de télévision… La meilleure fiction fournit rarement des réponses; mais elle formule exceptionnellement bien les questions...
Et c'est à travers dix-huit chroniques – plus une nouvelle – que Julian Barnes nous entraîne à la rencontre de romanciers lui ayant fait connaître «ce lien profondément intime qui s'établit quand la voix d’un écrivain entre dans la tête d’un lecteur».
On connaît son amour pour la France et on ne s'étonnera donc pas que près de la moitié d'entre eux soient français ou francophiles comme lui, par exemple Kipling ou Ford Madox Ford. Voici Mérimée, Chamfort, Félix Fénéon, évidemment Flaubert, plus Michel Houellebecq, au fil des pages où l’érudition laisse souvent la place à énormément d’humour – à quoi n’échappent pas non plus Orwell, Updike ou Hemingway. Au final, un éblouissant et décapant florilège.

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Revues

(< Catriona Seth)
Revue Épistémocritique, n°14
http://www.epistemocritique.org
Sommaire
Laurence Dahan-Gaida et Anne-Gaëlle Weber
Éditorial
1. Anne-Gaëlle Weber, «Variations autour de la greffe»
2. Amelia Gamoneda, «Sens séduits. Aspects neurocognitifs de la lecture poétique»
3. Bertrand Marquer, «La norme et l’écart: étiologie et idéologie au XIXe siècle»
4. Danielle Perrot-Corpet, «Romans de la rupture épistémologique: quelques rémanences philosophiques et poétiques, de Rabelais et Cervantès à Goethe et Flaubert»
5. Thomas Klinkert, «Les effets narratifs de la science dans la littérature: Stifter et Flaubert»

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Flaubert. revue critique et génétique, n° 12 (2014)
Flaubert, les pouvoirs de l’image (II)
http://flaubert.revues.org/2333

Présentation par Anne Herschberg Pierrot
Flaubert et les arts visuels
Monique Sicard, «Gestes et images du voyage en Orient»
Arden Reed, «Flaubert et la stéréographie française, 1850-1880»
Bruno Gallice, «Rémanence de Madame Bovary dans l’édition illustrée»
Flaubert et l’image
Philippe Dufour, «Panthéisme de Flaubert»
Françoise Gaillard, « “Elle avait lu Paul et Virginie” ou les moments parfaits d’Emma»
Entretien
Jacques Neefs, Michael Fried, «Dialogue: Intensités esthétiques: Flaubert et quelques-uns de ses contemporains»

Article

Christine Noille, «Le fantôme de Pécuchet [Quatre lettres du vieux Corneille]», Fabula-LhT, n°13, «La bibliothèque des textes fantômes», novembre 2014, URL: http://www.fabula.org/lht/13/noille.html
Plan
I. Note de l’éditeur
II. Variante du Manuscrit autographe de Bouvard et Pécuchet (chapitre V)
III. Extraits des Recueils de documents divers recueillis par Flaubert (quatre lettres de Pierre Corneille à son frère)
A. Première lettre du 20 octobre 1655
B. Deuxième lettre du 20 octobre 1655
C. Troisième lettre du 21 octobre 1655
D. Dernière lettre du 22 octobre 1655

[BULLETIN FLAUBERT n° 164 / 9 décembre 2014]

Ouvrage collectif

Sur les pas de Flaubert. Approches sensibles du paysage, sous la direction de Philippe Antoine, Amsterdam, New York, Rodopi, collection «C.R.I.N.: Cahiers de recherches des instituts néerlandais de langue et littérature françaises», 2014.
http://www.rodopi.nl/functions/search.asp?BookId=CRIN+60
Présentation de l’éditeur:
«Nous en repaissions nos yeux; nous en écartions les narines; nous en ouvrions les oreilles». Cette phrase de Flaubert nous enseigne qu’on voyage avec le corps et que la totalité des sens est mobilisée dès lors qu’il s’agit de comprendre l’ailleurs et d’en jouir. Il importe de revenir sur le privilège traditionnellement accordé à la vue car la relation viatique consigne l’ensemble des sensations qui adviennent à celui qui parcourt le monde: ouïe, goût, odorat, toucher mais aussi perceptions internes ou liées au mouvement. Le présent volume se propose de partir sur les pas de Flaubert et de quelques voyageurs qui ont comme lui donné à lire une approche sensible du paysage. Leur prose garde un peu de la poussière des chemins, de l’odeur des buissons ou encore du balancement tranquille de la marche… C’est du moins ce vers quoi elle tend, en essayant de réduire autant que faire se peut l’impossible coïncidence des mots et de l’expérience.
Sommaire
Philippe Antoine, «Introduction»
Anne-Gaëlle Weber, «Le vin et l’euphorbe: sens et expériences à Ténériffe au tournant des XVIIIe et XIXe siècles»
Samuel Thévoz, «Paysages inchoatifs: sens en mouvement et découverte de l’ailleurs dans les récits d’exploration au Tibet»
Frédéric Calas, «L’oeil écoute: modalités perceptives et polysensorialité dans les voyages en Orient»
Alain Guyot, «Les paysages sonores de Chateaubriand en voyage»
Sarga Moussa, «La nuit orientale»
Nathalie Solomon, «Vivre son voyage: l’engagement des corps chez Dumas et Gautier. Voyage en Suisse, Voyage en Espagne, Constantinople»
Odile Gannier, «L’auberge espagnole: le voyageur romantique et ses expériences culinaires»
Sophie Lécole, «La mise en texte de l’inouï. Paysage sonore dans le Voyage en Espagne de Théophile Gautier»
Philippe Antoine, «“[…] nous en repaissions nos yeux; nous en écartions les narines; nous en ouvrions les oreilles.” Flaubert en Bretagne»
Thierry Poyet, «Le voyageur et sa sexualité: Flaubert ou l’interdit des sens levé pour rien»
Pierre Dufief, «Du pinceau à la plume: le voyage des Goncourt en Algérie»
Lauric Guillaud, «Rosny Aîné: régression lyrique et sensuelle vers le wonderland»

Articles

(< Gilles Cléroux)
Antonia Fionyi, «Vies simples/ Vies compliquées: Un coeur simple, Une vie/ Madame Bovary», dans Simples vies de femmes. Un petit genre narratif du XIXe siècle, études réunies par Sylvie Thorel, Honoré Champion, coll. «Romantisme et Modernités», 2014, p.127-134.

Sylvie Thorel, «Le style humble des modernes», dans Simples vies de femmes. Un petit genre narratif du XIXe siècle, études réunies par Sylvie Thorel, Honoré Champion, coll. «Romantisme et modernités», 2014, p.135-148. [Quelques pages sur Un coeur simple et Madame Bovary]

(< Marlo Johnston)
Nineteenth-Century French Studies: new web page and publication of 43.1–2 (Fall–Winter 2014–2015)
Ramona Naddaff, «A Privileged Reader: An Editorial Collaboration Between Gustave Flaubert and Louis Bouilhet»
http://www.ncfs-journal.org/?q=node/668
Abstract:
Gustave Flaubert’s writing of Madame Bovary has often been considered the work of a genius who labored intensely and in solitude on the writing and rewriting of his novel, first published in 1856 in serial form. This article argues that this is an illusion. In fact, one of the primary contributors in the process of writing Madame Bovary was Flaubert’s dear and intimate friend, Louis Bouilhet. In an analysis of the genesis of a passage from the novel (part one, chapter eight), I aim to demonstrate how Bouilhet was an editorial collaborator whose suggestions and revisions allowed Flaubert the possibility of formulating multiple options in his search for the “mot juste.”

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