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[BULLETIN FLAUBERT n° 82 / 3 mai 2006]

Ouvrages

(< Jean-Benoît Guinot)
David P. Barash, Madame Bovary's Ovaries: A Darwinian Look at Literature
http://www.amazon.com/gp/product/0385338023/102-4405660-8108130

(< Aurélie Barjonet)
Antoine Billot, Monsieur Bovary, Gallimard, coll. «L’un et L'autre», 2006. 286 pages. 17,50 euros.
Chacun connaît Emma Bovary, mais qu’en est-il de son mari, ce Charles Bovary que Flaubert semble se complaire à ridiculiser? «Monsieur Bovary» était-il vraiment ce cocu pitoyable, ce praticien incompétent?
«Une dizaine de cahiers manuscrits en mauvais état mais cependant lisibles furent découverts au début de ce siècle dans le grenier d'une maison des alentours de Ry. Ces dix cahiers à couverture brune ne portaient aucune indication précise quant à l'identité de celui qui les avait écrits; en guise de signature on ne trouvait guère qu'une lettre majuscule, un "B" énigmatique, dont la silhouette rebondie se répétait invariablement en haut et à droite de chaque page.
Pourquoi "B" ne serait-il pas l'un des acolytes silencieux du narrateur de Madame Bovary, l'un de ceux qui, à sept reprises seulement et toutes dans le premier chapitre – quand le héros principal s'appelle Charles Bovary puisque Emma Rouault n'existe pas encore –, fait entendre sa voix diluée dans le "nous" d'un sujet pluriel?»
Antoine Billot.

Frederick Brown. Flaubert: a biography, Little, Brown and Co, New York, 2006.
http://www.twbookmark.com/books/89/0316118788/index.html
Extrait du livre: «Flaubert in 1848»:
http://www.findarticles.com/p/articles/mi_qa4021/is_200507/ai_n14825182

(< Jean-Benoît Guinot)
Jonathan D. Culler. Flaubert: the uses of uncertainty.
Davies Group. PO Box 440140. Aurora, Colorado. 2006
(réédition de l'ouvrage publié à Cornell University Press en 1974)

Bernard Fichera, Lettres inédites de Mademoiselle Marie-Sophie Leroyer de Chantepie à Gustave Flaubert, Fragments du journal intime, 2006 (ouvrage hors commerce, imprimé pour quelques amis et pour la Bibliothèque royale de Belgique).
Neuf lettres fictives, datées de 1858 à 1869, alternent avec des fragments de journal intime, tout aussi imaginaires, et d’une grande justesse de ton. Extraits: «J’étais et je demeure continûment accablée par tant d’afflictions si semblables à celles d’Emma» (p.10). «La vieille fille que je suis peut tout entendre, et vos audaces apportent un souffle d’air vivifiant à ma misérable existence» (p.18). «Vous serez libéré de cette misérable hystérique qui sollicitait vos conseils et refusait de les suivre et de se soigner. Mais avez-vous plus fervente admiratrice de votre oeuvre que cette créature des bords de Loire?» (p.46).

Bernard Marcoux, L’arrière-petite-fille de Madame Bovary, Montréal, Editions Hurtubise HMH Itée, 2006.
http://www.hurtubisehmh.com/ouvrages/f_ouvrage.asp?ouvID=1475
«Tel une certaine Madame Bovary d’un autre siècle, Béatrice, une femme mariée, fin trentaine, dont le mari est à l’étranger, prend pour amant un homme de 12 ans plus jeune qu’elle. Malgré une première grossesse inattendue, les amants choisissent de laisser place à l’amour durant les quelques mois qui précèdent le retour du mari et la naissance de l’enfant.
Voici un roman qui célèbre l'amour, l'art et la beauté, dans une langue particulièrement soignée. Non univoque, il n’est pas seulement triste, comme beaucoup de romans à la mode, ou alors seulement comique. Il ne se cantonne pas dans un genre, il mêle drôlerie et tristesse, moments comiques et moments touchants, se rapprochant davantage de la réalité du quotidien.» (4e de couverture.)

Ouvrage collectif

(< Jean-Benoît Guinot)
Texte et discours: catégories pour l’analyse, Jean-Michel Adam, Jean-Blaise Grize, Magid Ali Bouacha (éds.), Dijon, Editions universitaires de Dijon, coll. «Langages», 2004.
C’est sur un texte littéraire, l’incipit de Salammbô, que s’appuie l’étude de Jean-Daniel Gollu et Joël Zufferey. A partir des trois principales opérations référentielles (désignation, définition, contextualisation), ils mettent en évidence la stratégie adoptée par Flaubert pour ancrer son roman historique. Afin de construire l’accessibilité cognitive des objets retenus - souvent éloignés de l’univers de référence du lecteur -, sont mobilisées différentes structures langagières, aux ressources pragmatiques fortes, tels le présentatif, l’apposition ou la comparaison.
http://www.fabula.org/revue/document1301.php

Articles

(< Gilles Cléroux)
Luc Dellisse, Le Feu central. Neuf écrivains-clés du XIXe siècle, essai, L’Harmattan, 2005. 20 euros.
Un chapitre consacré à «Flaubert en République» (p.109-130). Flaubert mû par «l’horreur de la réalité vivante», rencontrant idéalement «cette période de réification» qu’est le Second Empire.

(< Pierre-Claver Billy Mongui)
Sainte-Beuve, «Mes chers amis...», édition préfacée et annotée par Michel Brix, Grasset, coll. «Cahiers rouges», 2006, 431 pages.
Cet ouvrage présente un choix d’articles de Charles Augustin Sainte-Beuve portant sur neuf écrivains du XIXe siècle, dont Flaubert. Le titre du volume, «Mes chers amis…», ne dénote pas la teneur des articles. S’il suggère en apparence des relations cordiales entre le critique et les auteurs en question, le contenu dépasse le cadre panégyrique. Michel Brix souligne à ce sujet que «Sainte-Beuve était moins un ami qu’un critique, et c’est pour cette raison qu’il a agacé certains de ses contemporains».
Les deux articles de Sainte-Beuve sur Flaubert sont donnés (p. 133-199). Le premier sur Madame Bovary avait flatté Flaubert; le second fait suite à la publication de Salammbô et s’inscrit aujourd’hui dans le contexte de ce qui est devenu la querelle «archéologico-littéraire».

(< Gillian Pink)
Kris Vassilev, «Le Père absent et le problème de la croyance dans Un Coeur simple» in Nineteenth-Century French Studies, vol. 34, nos 1 & 2 (Fall-Winter 2005-2006), p. 89-106.

[BULLETIN FLAUBERT n° 81 / 27 mars 2006]

Ouvrages

(< Jean-Benoît Guinot)
Francis Claudon, Sylvie Jouanny, Sophie Élias, Nora Parola-Leconte, La modernité mode d'emploi, Kimé, mars 2006.
Extrait du sommaire:
«L'antique et le moderne dans la Correspondance de Flaubert.»
http://www.decitre.fr/bibliotheque/fiche.aspx?code-produit=9782841743902

François Fédier, L'art en liberté. Aristote, Baudelaire, Proust, Flaubert, Cézanne, Kant, Matisse, Heidegger, Pocket, Collection «Agora», mars 2006.
Présentation de l'éditeur:
«Ces cours et conférences de François Fédier constituent une introduction qui fera date dans la compréhension de l'art. Son originalité consiste à présenter l'art en le repensant entièrement depuis son origine dans la Grèce antique des poètes et des philosophes. C'est là que s'est élaboré le concept d'art par rapport à ceux de science, de pratique, de liberté et de politique qui doivent eux-mêmes être réexaminés grâce à l'éclairage phénoménologique qu'apporte ici François Fédier. Ces textes permettent ainsi à tout lecteur de s'initier à un regard dont la singularité est de nous permettre d'appréhender la présence de l'art dans sa sidérante simplicité. C'est à travers un incessant va-et-vient entre penseurs et artistes, d'Aristote à Proust, de Cézanne à Kant ou d'Heidegger à Matisse, que se fait l'apprentissage de ce libre regard qui ne considère pas uniquement l'art à partir de la philosophie mais aussi la pensée philosophique à partir de la pensée poétique.»
http://www.decitre.fr/bibliotheque/fiche.aspx?code-produit=9782266154727

Michel Lafon, Benoît Peeters, Nous est un autre. Enquête sur les duos d'écrivains,Flammarion, mars 2006.
Extrait du sommaire:
«Flaubert et Du Camp, L'agglomération de deux monades.»
http://www.decitre.fr/bibliotheque/fiche.aspx?code-produit=978208210553

Dominique Rabaté, Le Chaudron fêlé. Ecarts de la littérature, José Corti, mars 2006.
Présentation de l'éditeur:
«Ce livre se place sous l'égide de Flaubert. Dans une page célèbre de Madame Bovary, le narrateur note: "comme si la plénitude de l'âme ne débordait pas quelquefois par les métaphores les plus vides, puisque personne, jamais, ne peut donner l'exacte mesure de ses besoins, ni de ses conceptions, ni de ses douleurs, et que la parole humaine est comme un chaudron fêlé où nous battons des mélodies à faire danser les ours, quand on voudrait attendrir les étoiles". Ce texte magnifique me sert à reposer, une fois encore et dans la lignée de Poétiques de la voix, la vieille et lancinante question: Qu'est-ce que la littérature? Moins pour y répondre que pour faire résonner ce chaudron fêlé. Pour y faire entendre, dans une série d'écarts, l'écho d'un presque rien qui unit et sépare la "parole humaine" et ce que la littérature en fait. Une imperceptible fêlure décolle le discours de lui-même, fabrique un texte où le vide ne se comble jamais. Là où la métaphore défaille, cette fêlure produit le désir d'une métonymie dont le mouvement doit pourtant rester suspendu. A partir de Flaubert, c'est la dynamique de ces écarts que j'invite à suivre, dessinant ainsi un pan qui me paraît primordial de la littérature française d'aujourd'hui, à la recherche d'un romanesque d'un nouveau genre, un romanesque sans roman. Avec le Flaubert d'Un coeur simple, c'est au presque rien d'une vie médiocre qu'il revient de clore ce livre. Le chaudron (de la parole, de la littérature) est imparfait, mais il demeure l'instrument pour commuer le vide en paradoxale plénitude. Il désigne toujours ce qui nous donne envie, sous les étoiles, de danser.
http://www.decitre.fr/bibliotheque/fiche.aspx?code-produit=9782714309174

Edith Wharton, Les règles de la fiction, suivi de Marcel Proust, Viviane Hamy, mars 2006.
Présentation de l'éditeur:
«Wharton publie The Writing of Fiction en 1925 afin d'établir ce qui constitue selon elle les principes rationnels, naturels et permanents d'une fiction bien construite. Elle suscite notre désir violent de plonger dans les oeuvres qu'elle analyse (celles de Balzac, Flaubert et Stendhal qu'elle met au premier rang, celles de Thackeray, Eliot, Hawthorne, Dostoïevski, etc.). Son projet s'affine au fur et à mesure, les "personnages" étant les éléments fondamentaux du roman, comme la "situation" est fondamentale pour le temps plus court de la nouvelle: "La nouvelle, plus que le roman, est la descendante des épopées et des ballades anciennes..." La joie que lui procure la découverte de Marcel Proust lui permet de "refuser" Joyce, de mieux dire sa colère à l'encontre de ce qu'elle considère comme "un fatras boursouflé de pornographie (de la sorte la plus grossièrement potache)... Proust meurt en 1922 alors qu'Ulysses est publié à Paris par Sylvia Beach. Témoin d'un monde en décomposition, qu'elle a décrit dans ses livres, Wharton oppose ces deux figures majeures de la "modernité", mais sans pressentir le génie de Joyce.»
http://www.decitre.fr/bibliotheque/fiche.aspx?code-produit=9782878582239

Articles

Yvan Leclerc, «Les relations avec les chercheurs. Expertise auprès de la Bibliothèque municipale de Rouen pour les acquisitions récentes concernant Flaubert», Le FRAB [fonds régional d’acquisition pour les bibliothèques] au service d’une politique culturelle en région? [actes du colloque national des 23 et 24 janvier 2003, Le Havre], coédition Agence régionale du livre et de la lecture de Haute-Normandie et Fédération française pour la coopération des bibliothèques, des métiers du livre et de la documentation, 2006, p.68-78.

(< Jean-Benoît Guinot)
Sylvie Triaire, «Quand Flaubert trame des merveilles, un nain sort du pâté, un saint du cadre. Du cadre au vitrail dans La Légende de saint Julien l'Hospitalier», dans Une étrange constance. Les motifs merveilleux dans les littératures d’expression française du Moyen Âge à nos jours, Francis Gingras (dir.), Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, (coll. «République des Lettres»), 2006, 280 p.
Ce volume publie les actes du colloque international qui s'est tenu du 3 au 5 octobre 2002 à l'Université Western Ontario (London, Ontario), et qui se proposait de mettre en présence différentes approches du merveilleux à travers les siècles et dans les littératures d'expression française. Il a permis de voir comment les motifs merveilleux déjà identifiés pour la littérature française du Moyen Age ont été réactualisés depuis leurs diverses occurrences dans la littérature médiévale jusqu'à leur traitement contemporain, en France et ailleurs dans le monde.
http://www.fabula.org/actualites/article13599.php
et
http://www.ulaval.ca/pul/catalogue/arts-lettres/2-7637-8302-3.html

[BULLETIN FLAUBERT n° 80 / 8 mars 2006]

Ouvrages

Docteur Pierre Berteau, Docteurs Flaubert père et fils, éditions Bertout, 2006 (105 pages, 14 euros).
Editions Bertout. 2, rue Gutenberg, 76810 Luneray.
http://www.editionsbertout.com (site encore en construction).

Ouvrage collectif

Revue Flaubert n°5, 2005 [en ligne]
Flaubert et la politique
Numéro dirigé par Dolf Oelher

Sommaire et liens vers les articles:
http://flaubert.univ-rouen.fr/revue/revue5

Kazuhiro Matsuzawa
Une lecture politique de Madame Bovary: le bovarysme et l’envie démocratique postromantique
Gisèle Séginger
L’écriture du politique dans Hérodias
Tony Williams
La montée de la politique dans l’avant-texte: 1848 dans L’Education sentimentale
Tanya Winkler
Le langage politique de Flaubert ou l’Art de la citation

Bio-bibliographie des auteurs

Compte rendu

Eric Le Calvez, La Production du descriptif, Rodopi, 2002.
Compte rendu par Eric Bordas, Revue d’Histoire de la France, janvier 2006, p.207-210.
«Ecrit dans la continuité de Flaubert topographe (Rodopi, 1997), La Production du descriptif se présente comme un nouvel essai de poétique génétique, cette approche de l’écriture et de la littérarité qu’Eric Le Calvez développe et précise depuis plusieurs années avec une exigence et une précision rigoureuse véritablement impressionnante.»

[BULLETIN FLAUBERT n° 79 / 20février 2006]

Articles

(< Gilles Cléroux, BU de Rouen)
René Godenne, «L'Ouest dans la nouvelle du XIXe siècle: les 21 textes de Sophie Leroyer de Chantepie», dans Études sur la nouvelle de langue française. III, par René Godenne, Slatkine, Genève, 2005, p.205-211.

Anne Herschberg Pierrot, «Ironie et érudition: le second volume de Bouvard et Pécuchet», dans Les Lieux du réalisme: pour Philippe Hamon [mélanges], L'Improviste; Presses Sorbonne nouvelle, Paris, 2005, p.275-283.

Yvan Leclerc, «Flaubert lecteur du Dr Savigny pour Salammbô»; document en annexe: «Notes inédites de Flaubert, “Effets de la soif et de la faim”», dans Les Réécritures littéraires des discours scientifiques, textes réunis par Chantal Foucrier, Michel Houdiard éditeur, 2005, p.225-239.

[BULLETIN FLAUBERT n° 78 / 6 février 2006]

(< Gilles Cléroux)

Manuela Morgaine, Encyclopédie des grands écrivains pour les petits lecteurs: Buvard et Ricochet, Le Baron perché, 2005.
Buvard et Ricochet, des jumeaux de sept ans, fouillent pendant 26 nuits dans la bibliothèque de leurs parents. Nuit après nuit, ils font la rencontre, au fil de l’alphabet, de 26 grands écrivains, Apollinaire, Balzac, L. Carroll, Esope, Jarry, Nerval, Ovide, Proust, etc., et découvrent des événements de la vie de chacun en liaison avec leur œuvre.
(Résumé d’Electre, avec cette recommandation: pour bons lecteurs, à partir de 9 ans.)

Ouvrage collectif

Gustave Flaubert 5. Dix ans de critique. Notes inédites de Flaubert sur l'Esthétique de Hegel, textes réunis et présentés par Gisèle Séginger, La Revue des lettres modernes, Minard, 2005, Série Gustave Flaubert dirigée par Gisèle Séginger.

Compte rendu:
http://flaubert.univ-rouen.fr/comptes_rendus/crendus.php#minard_5

Articles

Stéphanie Dord-Crouslé, «Un dossier de Flaubert mal connu: les notes pour le chapitre “Littérature” de Bouvard et Pécuchet», Histoires littéraires, n°24, 2005, p.119-136.

(< Jean-Benoît Guinot)
Emmanuelle Jalbert, «Écrire sa filiation. Du Père au Livre dans la Correspondance et La Tentation de saint Antoine de Gustave Flaubert», Filiations, vol. 33, n°3, hiver 2005-2006
Résumé:
À la lumière de la Correspondance de Flaubert et de son roman La Tentation de saint Antoine, l’article montre comment l’écrivain trouve à concilier son désir d’écrire et l’exigence – persécutrice – de rigueur paternelle à laquelle son nom le confronte, en s’inscrivant fictivement dans l’ordre d’une filiation substitutive dont le Livre constitue le point de perspective.
http://www.uqac.ca/protee/pages/numero/33-3.htm

Yvan Leclerc,«Flaubert “perroquet” de soi-même», dans L’Ecriture du ressassement dans les correspondances, textes rassemblés et présentés par Marie-Josette Le Han, actes du colloque de Brest (avril 2003), Publication du Centre d’étude des correspondances et journaux intimes des XIXe et XXe siècles, Université de Bretagne Occidentale, Faculté des Lettres Victor-Segalen, Brest, 2006, p.151-171.

Compte rendu

Julian Barnes, «Lost fragments from the life of Flaubert», The Times Literary Supplement, 1er février 2006.
[Sur Vie et travaux du R.P. Cruchard et autres inédits, PURH, 2005.]
http://tls.timesonline.co.uk/article/0,,25341-2020120,00.html

[BULLETIN FLAUBERT n°76 / 12 décembre 2005]

Articles

Matthieu Desportes, «Qui va à la chasse? Sur le saint Julien l’Hospitalier de Flaubert», Romantisme, n°129, 2005, «L’imaginaire de la chasse dans le second XIXe siècle», p.31-40.
Flaubert ne trouve pas trace des scènes de chasse dans le vitrail, mais dans La Légende dorée de Voragine. Prédications et chasse sont dès l’origine intimement liées: ce n’est pas la chasse qui mène au parricide; au contraire, «Julien est chasseur parce qu’il est parricide» (p.34). «"Mère-cigogne" et "Père-renard": parce que c’est par des correspondances animales que les parents se distinguent, directement ou par un réseau de signifiants, c’est en tant qu’animaux qu’ils se signalent comme proies au chasseur, et c’est comme tels qu’ils manquent d’être tués, puis le sont finalement» (p.37).

Corinne Iehl, «Le texte en son lieu: La Galerie Bovary», Sociologie de l'art, OPuS 7, L’Harmattan, 2005, «Littérature, Fiction/Réel», p.39-62.
http://sociologieart.free.fr/
Résumé: Il arrive que la littérature semble copier le réel. Mais il arrive aussi que les lieux ou les personnages de la fiction se redéploient dans la réalité locale. Il s’agit d’observer et de comprendre comment réel et fiction s’engendrent mutuellement, fabriquent un patrimoine culturel multiforme en inventant «le lieu» de la légende littéraire. De la saisie de l’événement par un lecteur ordinaire, aux comices miniatures de la galerie d’automates à Ry, aujourd’hui en Normandie, nous suivrons ce trajet du roman au mythe contemporain et le fil d’une mise en abyme de l’oeuvre d’art au chef-d’oeuvre d’artisan.

(< Noëlle Benhamou)
Pier Luigi Pinelli, «Une femme "savante" sous la loupe de Flaubert: Louise Révoil», dans Les Femmes illustres. Hommage à Rosa Galli Pellegrini, Publif@rum, n°2, revue en ligne de l’Equipe F@rum, Université de Gênes.

[BULLETIN FLAUBERT n° 75 / 28 novembre 2005]

Edition

Gustave Flaubert, Vie et travaux du R.P. Cruchard et autres inédits
De Flaubert, depuis si longtemps, on pensait avoir tout lu.
Jusqu’au jour où Bernard Molant a signalé au Centre Flaubert, à l’université de Rouen, qu’il possédait un dossier provenant de Caroline Franklin Grout, la nièce, l’héritière, la première éditrice posthume.
Parmi ces précieuses archives, figure un lot d’inédits recopiés de la main de Caroline. On y découvre un Flaubert inattendu, rédigeant des pages de journal intime à des moments marquants de sa vie: un bal donné aux Tuileries par Napoléon III, la mort de ses deux meilleurs amis, Alfred Le Poittevin et Louis Bouilhet. On y trouve aussi la biographie en farce écrite à l’intention de George Sand, Vie et travaux du R.P. Cruchard, dont les flaubertiens connaissaient l’existence sans avoir pu la localiser.

Avant-propos par Bernard Molant
Introduction par Yvan Leclerc
Textes établis, présentés et annotés par Matthieu Desportes et Yvan Leclerc.
Alfred. Mardi, mercredi, jeudi 4, 5 et 6 avril 1848
9 et 10 juin 1867. Bal donné au Czar
Mon pauvre Bouilhet
Vie et travaux du R.P. Cruchard, dédié à Madame la Baronne Dudevant née Aurore Dupin
Inventaire par Bernard Molant

PURH n°382 - 156 pages -15 x 20,5 cm - ISBN 2-87775-398-0 - 15 euros
Chèque bancaire ou postal à l’Agent comptable de l’Université de Rouen
du montant de la commande majoré des frais de port:
France + Dom-Tom: 4 euros pour 1 exemplaire + 1,50 euros par exemplaire supplémentaire. Autres destinations: nous consulter.
Publications des Universités de Rouen et du Havre, Carole Voisin-Tiphagne,
Rue Lavoisier, 76821 – Mont-Saint-Aignan Cedex.

Ouvrage

(< Olivier Leroy)

Julian Barnes, Quelque chose à déclarer, traduit de l'anglais par J.-P. Aoustin. Folio n°4242, 416p.

«Flaubert et Tourgueniev. Flaubert et Chabrol. Flaubert et Louise Colet. Flaubert dans sa correspondance. Etc. Seul Julian Barnes pouvait lui consacrer plus de la moitié d'un livre sur la France. Sans ennuyer jamais, bien au contraire. Il a la politesse de placer les neuf chapitres sur Flaubert après huit autres sujets. Qu'il aborde avec un mélange détonant de sérieux et de fantaisie. Il est rare qu'un recueil d'articles fasse un vrai livre. Ici, c'est un livre formidable. Dont nous connaissons tout (le Tour de France, Brassens, Truffaut...) mais dont nous découvrons chaque chapitre comme si c'était la première fois. D'ailleurs, c'est la première fois qu'on fait sur ces sujets une telle lumière. Fine et évidente. Enthousiasmante.»

[BULLETIN FLAUBERT n° 74 / 2 novembre 2005]

Ouvrage

(< Robert Kahn)
Orhan Pamuk, Istanbul. Memories of a City, Faber and Faber, London, 2005.
Chap. 31: «Flaubert in Istanbul: East, West and Syphilis» (p.258-264).

(< Jean-Benoît Guinot)
Gérard Gengembre, Le roman historique, Klincksieck, Coll. «50 questions », circa 160 pages, 12 euros, à paraître en janvier 2006.
Question 24. Flaubert est-il alors aux antipodes du roman historique?
http://www.fabula.org/actualites/article12292.php
http://www.klincksieck.com

Articles

(< Noëlle Benhamou, Jean-Benoît Guinot)
Féeries n°2 (2004-2005), «Le conte oriental», Université Stendhal, Grenoble, Ellug, 336p.
Compte rendu de Catriona Seth:
Ferial J. Ghazoul, dans «Flaubert, du derviche au saint», étudie en premier lieu un texte inachevé et peu connu de Flaubert, son Conte oriental, à partir des canevas et manuscrits. L’oeuvre est mise en rapport avec La Tentation de saint Antoine. L’article repère un fonctionnement qui est, en termes photographiques, celui du négatif au positif.
Compte rendu complet sur
http://www.fabula.org/revue/document998.php

(< Noëlle Benhamou)
Dix-Neuf, Journal of the Society of Dix-Neuviémistes, Number 5 (September 2005)
Contents:
Laurence M. Porter, «Flaubert’s Fictional Conversations'» (p.1-15).
Mary Orr, «Still Life and Moving Death in Flaubert’s L’Education sentimentale» (p.16-28).
http://www.sdn.ac.uk/dixneuf/currentissue.htm
(accès avec mot de passe)

[BULLETIN FLAUBERT n° 73 / 10 octobre 2005]

Editions

(< Noëlle Benhamou)
Salammbô, préface d'Henri Thomas, introduction et notes de Pierre Moreau, Folio classique, n°4205, nouvelle éd. 2005, 544 p., 4,70 euros.

L’Education sentimentale, édition de Samuel Sylvestre de Sacy, préface d'Albert Thibaudet, Folio classique, n°4207, nouvelle éd. 2005, 542 p., 4,10 euros
Cet ouvrage contient À propos du style de Flaubert par Marcel Proust.

Trois Contes, notes et dossier par Jean-Claude Jørgensen, Hatier, 2005, 190 p.
Le livre du professeur est disponible gratuitement sur le site de l’éditeur, après inscription préalable.
http://www.enseignants.editions-hatier.fr

Ouvrage

(< Jean-Benoît Guinot)

Julien Bogousslavsky et François Boller, Neurological Disorders in Famous Artists, Karger Medical Scientific, 2005.
«The study of how a neurological disorder can change the artistic activity and behavior of creative people is a largely unexplored field. This publication looks closer at famous painters, writers, composers and philosophers of the 18th to the 20th centuries who suffered from neurological diseases such as stroke, epilepsy, brain trauma and dementia. The diseases of Gershwin, Kant, Musorgsky, Poe, Ravel, Van Gogh and many more are diagnosed in retrospect and treatment options according to modern medical technologies are discussed. Presenting fascinating insights into the relationship between brain disease and creativity in famous minds, this publication is highly recommended to neurologists, psychiatrists, physicians as well as to everybody interested in art, music and literature.»

Sommaire:
Guillaume Apollinaire, the Lover Assassinated
Guy de Maupassant and Friedrich Nietzsche: A Comparison of Two Cases of 19th-Century General Paresis
The One-Man Band of Pain: Alphonse Daudet and His Painful Experience of Tabes dorsalis
Gustave Flaubert's Hidden Sickness
Edgar Allan Poe: Substance Abuse versus Epilepsy. Dostoevsky and Epilepsy: An Attempt to Look Through the Frame
Immanuel Kant: Evolution from a Personality 'Disorder' to a Dementia
Valery Larbaud
Alajouanine's Painter: Paul-Elie Gernez. Carolus Horn - When the Images in the Brain Decay: Evidence of Backward-Development of Visual and Cognitive Functions in Alzheimer's Disease
Major Depression and Stroke in Caspar David Friedrich
Understanding Van Gogh's Night: Bipolar Disorder
The Terminal Illness and Last Compositions of Maurice Ravel
The Decay and Death of Modest Musorgsky
Georg Friedrich Händel's Strokes
The Subcortical Vascular Encephalopathy of Joseph Haydn - Pathographic Illustration of the Syndrome
Music and the Brain: Gershwin and Shebalin
Robert Schumann's Focal Dystonia

http://www.decitre.fr/bibliotheque/fiche.aspx?code-produit=9783805579148

Revue

Bulletin Flaubert-Maupassant, n°15, 2004

Daniel Fauvel
Editorial

Daniel Fauvel
Les ancêtres champenois d’Achille-Cléophas Flaubert

Pierre Berteau
Docteur Achille-Cléophas Flaubert, chirurgien rouennais

Arlette Dubois
Achille-Cléophas Flaubert

Monique Fouray
Les Flaubert et le Muséum d’Histoire Naturelle de Rouen

Daniel Fauvel
Achille-Cléophas Flaubert d’après les registres de l’Hôtel-Dieu

Alain Alexandre
Les Flaubert et la trombe du 19 août 1845

Florence Emptaz
Du père au fils Flaubert: quelques cas d’irréductibles luxations

Francis Lacoste
Flaubert et la médecine

Thierry Poyet
Flaubert et la définition du grand écrivain selon les programmes de l’Education nationale

12 euros.
Amis de Flaubert et de Maupassant, Hôtel des Sociétés savantes, 190, rue Beauvoisine, 76000 Rouen.

[BULLETIN FLAUBERT n° 72 / 28 septembre 2005]

Per Buvik: «Emma Bovarys bovarysme», Norsk Litteraturvitenskapelig Tidsskrift, Vol. 8, nr. 2, 2005, s. 98-106) (ISSN 0809-2044) [Le bovarysme d'Emma Bovary, dans Revue norvégienne de littérature générale et comparée, vol. 8, no 2, 2005, p. 98-106] [ISSN 0809-2044]

Emma Bovary's bovarism
The notion of bovarism (in French: bovarysme) was coined by the French essayist Jules de Gaultier (1858-1942), who gave it two meanings: 1) special persons' romantic escape from reality, and 2) man's general, and inevitable, faculty to conceive reality other than it actually is. Once one recognises, with Gaultier, that Flaubert's Emma Bovary illustrates both these meanings of the notion to which she has lent her name, she can no longer be considered as just a stupid, alienated country woman. She has become a representative of human beings in general. A more favourable conception of Madame Bovary is that, however inauthentic she is, her search for authenticity is authentic. The tension between inauthenticity and authenticity even lets her be regarded as a tragic character, as Baudelaire, Auerbach and Ross Chambers have suggested.

Le bovarysme d'Emma Bovary
La notion de bovarysme fut définie par l'essayiste français Jules de Gaultier (1858-1942), qui lui donna deux sens: 1) la fuite d'individus particuliers loin de la réalité, et 2) la faculté générale, et inévitable, qu'a l'être humain de concevoir la réalité autre qu'elle n'est. Dès que l'on reconnaît que Emma Bovary, chez Flaubert, illustre l'un et l'autre de ces deux sens de la notion à laquelle elle a prêté son nom, elle ne peut plus être considérée comme une simple campagnarde stupide: elle est devenue une représentante de l'humanité en général. Une conception plus favorable de Madame Bovary est que, pour inauthentique qu'elle soit, sa recherche d'authenticité est authentique. La tension entre inauthenticité et authenticité permet même de l'entendre comme un personnage tragique, comme l'ont suggéré Baudelaire, Auerbach et Ross Chambers.

[BULLETIN FLAUBERT n° 71 / 13 septembre 2005]

Edition

Bouvard et Pécuchet, édition présentée et annotée par Pierre-Louis Rey, Petits Classiques Larousse, 2005, 464 p.
«Il n’était certes pas fatal que son roman demeure inachevé, mais l’état dans lequel il l’a laissé paraît signifier – au-delà de ses intentions – que l’entreprise de copie menée par ses deux héros était interminable, et la bêtise humaine, insondable» (p.31).
Le savoir universitaire mis au service des lycéens et des étudiants, avec simplicité mais sans simplification.

Ouvrages

(< Noëlle Benhamou)
Michel Butor, Improvisations sur Flaubert, Essai.
Collection: Les Essais. Editions de La Différence, à paraître le 14 octobre 2005. 208 p., 20 euros.

«Contrairement au sens ordinaire du terme Improvisations sur Flaubert n’est pas improvisé et rien n’y est laissé au hasard; l’improvisation ici est toute musicale. Suivant de volume en volume l’oeuvre de Flaubert, Butor décèle en elle des souvenirs de La Tentation de saint Antoine qui n’aurait cessé de s’y développer en rhizome. La critique constitue donc une sorte de récit second (le livre de Butor) qui fait apparaître dans le récit premier (l’oeuvre de Flaubert) par la voie d’un rapprochement de citations, une constitution implicite. Il n’est pas nécessaire d’avoir recours à quelque système extérieur pour activer le sens du texte, il suffit de le superposer à lui-même. Ce que met en lumière le livre de Michel Butor c’est la stratégie de Flaubert pour rendre supportable un discours subversif. Et ce romancier tenu pour le maître de l’art pour l’art, et pour le rêveur du “livre sur rien” apparaît comme tendant à ses contemporains, autant dans Salammbô que dans L’Éducation, non quelque chef-d’oeuvre formel mais un miroir révélateur et critique de leur mode de penser.»

Juliette Frølich, Flaubert. Voix de masque, PU de Vincennes, collection «Essais & savoirs», 2005. 144 pages, 18 euros.
http://www.puv-univ-paris8.org/ouv_fiche.php?SCE=NOUVEAU&CLE=401&CHAP=PRESENT
Juliette Frølich a emprunté l’expression «voix de masque» à un brouillon d’Un coeur simple: par là, elle désigne ce que recouvre la voix «impersonnelle»: «elle masque avec sa tonalité impassible d’autres tonalités plus personnelles, plus chargées d’émotions» (p.6). Flaubert conteur, tel que Walter Benjamin en donne la définition: «faire montre» (p.10). Les lectures à haute voix: théâtralité du gueuloir (chap.I). Le jeune Flaubert démarque les chroniqueurs (chap.II, repris d’une communication au colloque de Rouen du 19 septembre 2001; première version en ligne dans la Revue Flaubert 2, 2002: http://flaubert.univ-rouen.fr/revue/revue2/frolic.pdf).
«Effets de présence» dans la voix blanche, en particulier dans l’incipit de Madame Bovary, étudié dans ses différents états manuscrits (chap.III). Flaubert écrivain de l’excessif, admirateur et correspondant de Hugo; les «grands blancs barbares» ménagés dans Salammbô, à la fois par la thématique de la béance et par les espacements typographiques ménagés dans la quatrième édition du roman chez Lemerre, en 1879 (chap.IV). Brièveté des alinéas et voix du conteur populaire dans Trois contes: théâtralité et effet de sourdine (chap.V).
C’est le dernier livre de Juliette Frølich, décédée prématurément en mai 2004. Elle avait établi pour notre site un état de la réception et de la traduction de Flaubert en Norvège:
http://flaubert.univ-rouen.fr/etranger/norveg.php

(< Noëlle Benhamou)
Edward J. Gallagher, Textual Hauntings: Studies in Flaubert's Madame Bovary and Mauriac's Therese Desqueyroux
University Press of America, $49.95

http://www.univpress.com/Catalog/SingleBook.shtml?command=Search&db=^DB/CATALOG.db&eqSKUdata=0761832017
«Thérèse Desqueyroux, François Mauriac's stark and introspective 1927 novel, appears to be quite a different tale from Madame Bovary, Gustave Flaubert's succès de scandale published exactly seventy years earlier. Yet upon closer scrutiny, the two novels' similarities become undeniable. The preponderance of parallelisms surely cannot be attributed to happenstance, nor can one agree with the contention that Mauriac must have been inspired, unconsciously and unbeknownst to him, by the literary model of Madame Bovary.
Textual Hauntings opens with an overview of the strikingly similar plot, characters, and themes in the best-known novel of each of these important modern authors. Subsequent chapters, noting both differences as well as similarities, look specifically at the issues of gender and sexuality, the uses of religion and the role of the clergy, the function of uncertainty (both as a narrative technique in Flaubert and as a thematic element in Mauriac), the role of minor characters and their relationships to the two eponymous heroines, and finally, the use by each novelist of photographs in order to undercut, rather than to underscore, any affection felt for the person whose image has been preserved.
While surely borrowing from his nineteenth-century precursor, Mauriac, like Flaubert, created a remarkably powerful novel. Just as each novelist offers the reader a hauntingly memorable heroine, Flaubert's celebrated masterpiece Madame Bovary haunts the pages of Nobel laureate Mauriac's Thérèse Desqueyroux. Edward Gallagher's examination and reflections on these two novels in tandem lead to a deeper appreciation and a better understanding of each novel. »
[Edward J. Gallagher is Henrietta Jennings Professor and Professor of French Studies at Wheaton College, Norton, Massachusetts, USA.]

Eric Le Calvez, Gustave Flaubert. A Documentary Volume, Bruccoli Clark Layman, Columbia, Coll. Dictionary of Literary Biography, volume 301, 2004.
http://www.bcl-manly.com
Voici trop longtemps qu’on feuillette le grand format d’Eric Le Calvez sans en parler. C’est un livre-somme, une encyclopédie où l’on trouve mêlés la vie et l’oeuvre, la création et la critique, la genèse et la réception, les textes de/sur Flaubert et une iconographie encore plus proche du sujet d’être en noir et blanc (albums de famille et d’amis, sources iconographiques, illustrations posthumes des oeuvres, etc). La place réservée aux facs-similés des manuscrits n’étonnera pas, de la part de l’un des plus fiables généticiens. L’ouvrage s’organise en grandes tranches de vie, que découpent les moments des oeuvres. Le principe de cette série de dictionnaires consiste en une anthologie de textes polyphoniques. Ici, des extraits signés Flaubert, des lettres, des comptes rendus contemporains, des documents de réception (pièces du procès Bovary, échanges polémiques sur Salammbô), et les principaux textes critiques. On remarquera la place importante accordée aux réflexions de Nabokov sur Madame Bovary, avec la reproduction de son exemplaire annoté (p.158-166). Eric Le Calvez assure le lien entre les extraits par la main courante d’un commentaire personnel, et il scande le déroulement des pages par des arrêts sur encadrés. On se prend à rêver qu’un équivalent de cet ouvrage puisse être publié en français.

Pierre-Louis Rey commente L’Education sentimentale de Gustave Flaubert, Folio, «Foliothèque», 2005.
Même à ceux qui connaissent bien le roman et sa critique, ce livre à vocation pédagogique apportera des formulations neuves et des mises en perspectives inattendues. Par exemple, ce chiasme entre les deux héroïnes des romans modernes, de la première idée au texte final: «Tandis qu’Emma Bovary, conçue pour la virginité, se perdait finalement dans l’adultère, Mme Moreau (devenue Mme Arnoux) passe, dans les brouillons, de l’adultère à la chasteté» (p.23). Ou encore cette réflexion concernant l’impartialité politique de Flaubert: «Mais soupçonnait-il que, en tenant la balance égale entre les partisans de l’ordre et les révolutionnaires, il accéderait moins à l’exactitude scientifique qu’à un détachement mélancolique, où certains verront les débuts de la “fiction” moderne» (p.32). Ou enfin cette exécution méritée: «Frédéric, décidément, est très peu “bovaryste”; sauf si l’on désigne, sous ce nom, des affinités profondes avec Charles Bovary» (p.135).

>Elizabeth Rottenberg, Inheriting the Future. Legacies of Kant, Freud, and Flaubert, Stanford University Press, 2005, 208 p.ISBN: 0804751145
http://www.sup.org/book.cgi?book_id=5113%205114%20
«This book explores several canonical works of philosophy, psychoanalysis, and literature. The surprising juxtaposition of Kant's moral philosophy, Freud's reflections on obsessional neurosis, and Flaubert's peculiar late novel Bouvard et Pécuchet forms the basis of a compelling argument linking each of these central works around the problem of moral thought as it fundamentally determines the modern subject in relation to time. The book engages an area of emerging importance in contemporary critical thought, the problem of ethics or “otherness” as a crucial factor at play in speculative and literary works. The readings in this book provide insight into the ways in which three fundamental philosophical, psychoanalytic, and literary texts can be reread in light of their confrontation with a seemingly inhuman force at the heart of the foundation of the human subject. »
Elizabeth Rottenberg is Assistant Professor of Philosophy at DePaul University. She is the editor and translator of Negotiations: Interventions and Interviews, 1971-2001 by Jacques Derrida (Stanford, 2001) and the translator of Friendship by Maurice Blanchot (Stanford University Press, 1997).

Section de livres

(< Gilles Cléroux)

Daniel Bergez, Littérature et peinture, Paris, A. Colin, 2004.
Une section de chapitre concerne L'Education sentimentale: «La peinture comme médiateur pour l'écrivain», chapitre 5 («Le dialogue créateur entre littérature et peinture»), p.173-177.

Articles

Jean Canavaggio, «Flaubert, lecteur de Don Quichotte», dans Hommage à Carlos Serrano, Editions hispaniques, Université Paris-Sorbonne (Paris IV), 31 rue Gay-Lussac, 75005 Paris, p.21-30.
L’auteur, traducteur du Quichotte dans la nouvelle édition de la Pléiade, reprend l’ensemble des remarques de Flaubert sur le roman de Cervantès, en particulier dans sa correspondance: treize lettres échelonnées sur près de quarante ans. Point très complet sur les traductions dont Flaubert a eu connaissance (p.24).

Jean-Claude Jørgensen, «Les Comices agricoles dans Madame Bovary et la Soirée chez les Walter dans Bel-Ami: opération médiatique ou point nodal de roman?», dans Rhétorique des discours politiques, actes du XXVe colloque d'Albi, Langages et significations, du 10 au 14 juillet 2004, par Pierre Marillaud et Robert Gauthier, Toulouse, Presses de l'Université de Toulouse Le Mirail, 2005, p.91-102.

Cécile Matthey, «Fertilité de la pierre dans Hérodias de Flaubert», Romantisme, n°127, 2005, p.79-88.
«Il s’agit bien pour Flaubert de situer le conte à l’origine d’un changement moral, cosmique et géologique (p.79).»

Bibliographie

La bibliographie Flaubert mai 2004/ mai 2005, due à Martine Mesureur-Ceyrat, secrétaire de l’Equipe Flaubert, est en ligne sur le site de l’ITEM-CNRS:
http://www.item.ens.fr/contenus/equiprojet/flaubert/flcentredoc/biblio15.pdf

Enregistrement audiovisuel

(< Noëlle Benhamou)

Gustave Flaubert, En écrivant Madame Bovary, éditions Autrement dit, 2 CD, 32, 25 euros.
http://www.autrementdit.net/modele.php?idcd=28

Cette longue lettre à Louise Colet, sa maîtresse, Flaubert ne l'a jamais écrite telle quelle. C'est un faux authentique. A partir de la correspondance adressée à Louise entre 1851 et 1855 (près de 250 lettres), André Versaille a bâti une longue lettre, sorte de thèse emblématique de la correspondance du Flaubert des années Bovary.
Ce texte n'est pas seulement un témoignage exceptionnel sur la genèse au quotidien d'une grande oeuvre, il constitue également un très personnel Qu'est-ce que la littérature? A ses idées sur l'art, le roman et la critique, Flaubert mêle des attaques vengeresses contre la bêtise et le grotesque de la vie, décochées d'une plume jubilatoire./span>
Cette lettre nous révèle un Gustave Flaubert tonique et truculent en diable.

Texte lu par Alain Carré. Montage par André Versaille, éditeur.

[BULLETIN FLAUBERT n° 70 / 15 juin 2005]

Ouvrages

(< Noëlle Benhamou)
Soshana-Rose Marzel, L'Esprit du chiffon. Le vêtement dans le roman français du XIXe siècle, Peter Lang, 2005. 64,30 euros.

http://www.decitre.fr/service/search/fiche_detail.aspx?ean=9783039106134
Résumé
La mode est aujourd'hui considérée comme un domaine exclusivement féminin. Pourtant il n'en a pas toujours été de même. Après des siècles de mode partagée, le XIXe siècle voit ce moment de bascule qui écarte les hommes de son champ et le réserve aux femmes. Au même moment, la garde-robe exprime également le passage de l'ancien régime à la société bourgeoise et capitaliste, et devient l'emblème par excellence de la société de consommation. La littérature dix-neuvièmiste est un miroir particulièrement fidèle des péripéties diverses de cette histoire. Dans cet ouvrage, l'auteur examine le thème de la mode dans quelques romans-clefs des romanciers réalistes et naturalistes - Balzac, Flaubert et Zola - qui ont fait de la mode et du vêtement une partie intégrale de leurs œuvres. Cette analyse expose les deux directions principales de cette intégration: la fonction littéraire des vêtements, et d'autre part, le pouvoir de la mode à exposer les grands mouvements de pensée du XIXe siècle.


(< Jean-Benoît Guinot)
Louise Colet, Les Pays lumineux, éd. de Muriel Augry, Cosmopole, 2005. 18 euros.

http://www.decitre.fr/service/search/fiche_detail.aspx?ean=9782846300223
Résumé
Romancière, journaliste et poétesse reconnue, muse et maîtresse de Delacroix, Musset ou Vigny, Louise Colet fut au XIXe siècle une figure du monde des lettres françaises. La grande passion de cette érudite fut Flaubert, de onze ans son cadet, l'écrivain d'abord flatté par cet amour sans réserve, ne tarde pas à étouffer sous ce joug oppressif. Jaloux de son indépendance, il accepte en 1849 le voyage en Orient que lui propose Maxime du Camp. Vingt ans plus tard, Louise Colet se rend à son tour en Egypte, elle doit assister à l'inauguration du canal de Suez pour le journal le Siècle. Boudée par ses collègues qui fuient la muse vieillissante, Louise Colet décide de partir seule vers la Haute-Egypte sur les traces de son ancien amant. Outre l'évocation de la tumultueuse relation de Louise Colet et Flaubert, Les Pays lumineux est un témoignage vivant et poétique sur l'Egypte du XIXe écrit par une femme sensible à la beauté et à la sensualité des terres d'Orient.

[BULLETIN FLAUBERT n° 69 / 3 juin 2005]

Ouvrage

Flaubert et la théorie littéraire. En hommage à Claudine Gothot-Mersch
Textes réunis par Tanguy Logé et Marie-France Renard
Publications des Facultés universitaires Saint-Louis, Bruxelles, 2005 (48 euros).

Ce colloque a été organisé en hommage à Claudine Gothot-Mersch, professeur aux Facultés, à l’occasion de son admission à l’éméritat. Son importante contribution aux études flaubertiennes, unanimement reconnue, l’a amenée à diriger l’édition des oeuvres complètes de Flaubert chez Gallimard, dans la prestigieuse «Bibliothèque de la Pléiade». La plupart des collaborateurs qu’elle s’est choisis pour mener à bien ce projet - Jeanne Bem, Anne Herschberg-Pierrot, Gisèle Séginger, Pierre-Marc de Biasi, Yvan Leclerc, Jacques Neefs - ont participé aux journées bruxelloises ayant pour thème «Flaubert et la théorie littéraire». Soucieux de projeter un éclairage nouveau sur l’oeuvre, en partant du travail créateur, les différents spécialistes se sont interrogés sur quelques données essentielles: de quelle manière Flaubert aborde-t-il, dans sa réflexion critique comme dans ses écrits fictionnels, les questions de poétique, de rhétorique et d’esthétique formulées depuis l’Antiquité? Comment résout-il les problèmes de genres, de niveaux de style, de modes narratifs? Quelles sont les catégories esthétiques où il évolue? Répond-il aux canons en usage à son époque ou contribue-t-il à en élaborer d’autres?

Tables des matières
Claudine Gothot-Mersch – Eléments biographiques

Claudine Gothot-Mersch – Bibliographie

Introduction
par Tanguy Logé

Lieux du discours théorique chez Flaubert
par Yvan Leclerc

Flaubert en mal de théorie
par Peter Michael Wetherill

Premiers crayons. Sur les romans de jeunesse de Flaubert
par Michel Brix

Le théâtre de Voltaire au crible de Flaubert
par Tanguy Logé

Théorie et critique: Balzac et la poétique flaubertienne du roman
par Gisèle Séginger

Flaubert et la mimesis scénarique
par Jacques Neefs

L’auditeur subjugué
par Philippe Dufour

Flaubert adepte de la «rhétorique sémitique»?
par Jeanne Bem
Salammbô dévoilée: génétique du portrait
par Eric Le Calvez

Poésie du Coeur – poétique des choses
par Juliet Frølich

«Ce n’est jamais ça…» Ecriture et photographie chez Flaubert
par Anne Green

Cadrage, vernissage et encadrement: pour une esthétique du figement
par Georges Jacques

Roman et Histoire: une écriture subliminale
par Pierre-Marc de Biasi

Prose et épopée
par Anne Herschberg-Pierrot

Bouvard et Pécuchet ou la pensée du genre
par Normand Lalonde

Le genre de la féerie dans le théâtre de Flaubert
par Lea Caminiti Pennarola

Bourget et le «nihilisme» de Flaubert
par André Guyaux

Conclusion
par Marie-France Renard.

Revue

Bulletin Flaubert-Maupassant, n° 14, 2004 (12 euros)
Amis de Flaubert et de Maupassant, Hôtel des Sociétés savantes,
190, rue Beauvoisine, 76000 Rouen.

Sommaire
Editorial par Yvan Leclerc

Journée du 22 Novembre 2003
Travail en cours sur la Correspondance de Flaubert
(Bibliothèque de la Pléiade, t. V et dernier, à paraître)
«Flaubert entre le Prince rouge et le burgrave rouge»
par Joëlle Robert
Lettres de Flaubert à Michel Lévy
par Joëlle Robert
Les Appendices à la Correspondance générale
par Jean-François Delesalle
La matérialisation du lien épistolaire dans l’index: un enjeu problématique
par François Pinel
La Correspondance de Flaubert. Index: 1871-1875
par Jean-Paul Levasseur
Les rubriques longues de l’index
par Christoph Oberle
Une expérience à la Pléiade
par Benoît Farcy

Conférence
Flaubert, le Sphinx et la Chimère
par Michel Martinez

Documents
Lettres inédites de Flaubert à Maupassant et à Ernest Feydeau
par Christoph Oberle
A propos de Gustave Flaubert et de «Mme André»
par Jean-François Delesalle

Datation de quelques lettres de Flaubert
par Jean-Benoît Guinot

Article

(< Noëlle Benhamou)
Femande Bartfeld, «Charles Bovary, l'éternel mari?», Lettres romanes, vol. 58, fascicules 1-2, p.55.
http://www.msh-reseau.prd.fr/RevuesSom/detailrevue.jsp?Issnrevue=0024-1415

[BULLETIN FLAUBERT n° 68 / 13 mai 2005]

Ouvrages

(< Noëlle Benhamou)
Larry Duffy (= William Lawrence), Le Grand Transit Moderne. Mobility, Modernity and French Naturalist Fiction, Amsterdam/New York, Rodopi, Faux Titre; 260, 2005, 325 p. (65 euros)
Publication d’une thèse soutenue sous la direction de Tony Williams en 2002.
http://www.rodopi.nl/senj.asp?BookId=FAUX+260
Sur Flaubert, voir le chapitre 1: «A Complex Kind of Training : L’Education sentimentale, Modernity, and the Changing Phenomenology of Motion».

Alan Raitt, Gustavus Flaubertus Bourgeoisophobus. : Flaubert and the Bourgeois Mentality. Oxford / Bern / Berlin / Bruxelles / Frankfurt a.M., Peter Lang, 2005.
http://www.peterlang.com

It is well known that Flaubert harboured an obsessive hatred of the bourgeois and his mentality which erupts constantly and explosively in his correspondence, informs large parts of the works set in his own time, Madame Bovary, L'Education sentimentale, Un Coeur simple and Bouvard et Pécuchet and even overflows into Salammbô and his theatrical experiments. Since most of his thought and writing is so visibly and vitally affected by this obsession, it seems valuable to investigate its origins, its development and its significance for his art. That is the aim of this study which begins with a look at representations of the bourgeois in French literature before Flaubert and goes on to examine in detail what proves to be a more complex phenomenon than might at first sight appear.

Contents: The Bourgeois in French Literature before Flaubert - Flaubert, Henry Monnier and Joseph Prudhomme - Youth - Early Works - Madame Bovary - Salammbô - Le Château des Cœurs - L'Education Sentimentale - Lettre à la Municipalité de Rouen - Le Candidat - Un Cœur Simple - Bouvard et Pécuchet - Projets - Conclusion.

The Author: Alan Raitt is Emeritus Professor of French Literature in the University of Oxford and Emeritus Fellow of Magdalen College, Oxford. He is responsible for numerous editions, books and articles on Flaubert.

Articles

Hélène Compaignolle-Letel: «Flaubert/Poe, réaménagement et transmission du paradigme aristotélicien», Revue d'Histoire littéraire de la France, janvier-mars 2005, n° 1.
Poe et Flaubert se rattachent à une conception unitaire de la structure, reposant sur une vision de la création comme acte nécessaire, imprimant à l’oeuvre son déterminisme et sa clôture.

Ferial J. Ghazoul: Flaubert: «Du derviche au saint», Féeries 2, 2004-2005: Le conte oriental après Galland, Grenoble, Ellug, 2005.
La revue Féeries (revue annuelle) est publiée par l'Unité mixte de recherche LIRE (Littérature, idéologie, représentations)/ CNRS n°5611. Elle est consacrée au conte merveilleux de langue française, du XVIIe au XIXe siècle.
Prix: 19 euros

Adaptation

(<Jean-Benoît Guinot)

Parution aux Éditions des Femmes, de la pièce de Peter Eyre tirée de la Correspondance avec Sand
en livre: http://www.desfemmes.fr/ecrits/theatre/eyre_chere.htm
en CD: http://www.desfemmes.fr/biblio_voix/pisier_eyre.htm

[BULLETIN FLAUBERT n° 66 / 1er mars 2005]

Ouvrages

Bertrand Marchal, Salomé. Entre vers et prose: Baudelaire, Mallarmé, Flaubert, Huysmans, José Corti, «Les Essais», 2005.

Présentation de l'éditeur
Cette femme qu'ils disent fatale : la plaisante formule qui sert de titre au livre somme de Mireille Dottin-Orsini sur les représentations littéraires de la femme fin-de-siècle fournit la plus juste introduction au mythe de Salomé et à ses innombrables variantes dans la deuxième moitié du XIXe siècle et jusqu'au début du XXe. Le propos de ce livre qui regroupe, après un court préambule baudelairien, trois vagabondages successifs dans les textes et les avant-textes de l'Hérodiade de Mallarmé, d'Hérodias de Flaubert et d’À rebours de Huysmans, sera tout autre ; il ne s'agira nullement de savoir si « L'Hérodiade de Mallarmé, comme la Salammbô de Flaubert, est une hystérique qui se liquéfie dans une indolence hiératique», ni de faire la part du masochisme chez Iaokanann-saint Jean, mais de montrer, à travers trois oeuvres privilégiées, que celle que les Evangiles ne nomment même pas - elle est simplement la fille d'Hérodiade, qui dansa et plut à Hérode - n'est pas seulement, quel que soit son nom, l'avatar contemporain de l'éternelle femme fatale, ou de l'éternelle misogynie, révélatrice des angoisses de castration des poètes ou des romanciers ; qu'elle n'est pas seulement un symptôme historico-psychiatrique, mais aussi un enjeu proprement littéraire ou esthétique au regard d'une histoire des formes et des représentations. Que son modèle soit réel ou imaginaire, livresque ou pictural, qu'elle soit en vers, en prose, ou rêvée comme la résolution de ce clivage commun, la figure de Salomé, hante les créateurs du XIXe comme du XXe siècle.

Articles

Jean-Marie Privat, «Elias, Flaubert et la littérature», in Norbert Elias et l’anthropologie. "Nous sommes tous si étranges...", publié sous la direction de Sophie Chevalier et Jean-Marie Privat, CNRS Editions, Collection Anthropologie, décembre 2004, 260 pages (25 euros), p.185-195
[étude de génétique culturelle à partir des avant-textes du festin des comices].

(< Noëlle Benhamou)
François Sabatier, La Musique dans la prose française. Evocations musicales dans la littérature d'idée, la nouvelle, le conte ou le roman  français des Lumières à Marcel Proust, Fayard, 2004, 737 p.
[«La Musique de Flaubert : de l'observation scrupuleuse à l'ironie», p.306-319].

Bertrand Vibert (Université Stendhal, Grenoble III): «Le Château des coeurs de Flaubert, ou ce que “féerie comique” veut dire», in Impossibles théâtres XIXe-XXe siècles, textes réunis par Bernadette Bost, Jean-François Louette, et Bertrand Vibert

Emission

(<Anthony Glinoer)

Entretien entre Roger Chartier et Pierre Bourdieu diffusé en 1988 dans Les Chemins de la connaissance (France-Culture) et retranscrit sur www.sociotoile.net
On se référera particulièrement à la cinquième partie qui porte sur la notion d'institutionnalisation de l'anomie à partir des cas de Manet et de Flaubert (suite à l'article publié en juin 1987 dans les Cahiers du Musée National d'Art Moderne).
L'entretien peut également être écouté en intégralité sur http://lbsjs.free.fr/Bourdieu/bourdieu-docs.htm

Traduction

Hans Peter Lund, Madame Bovary, nouvelle trad. en danois, Gyldendal, Copenhague, 2004.
(Hans Peter Lund est professeur de littérature française et comparée à l’Université de Copenhague.)

Comptes rendus

Dagmar Giersberg, «Je comprends les Werther». Goethes Briefroman im Werk Flauberts [Le roman épistolaire de Goethe dans l'oeuvre de Flaubert], Würzburg, Königshausen & Neumann, 2003, 275 p.
CR (en français) par Aurélie Barjonet, Romanische Forschungen, vol. 116, cahier 4, 2004, Vittorio Klostermann, Frankfurt am Main, p.557-559.

Ph. Chardin (éd.), Réceptions créatrices de l’oeuvre de Flaubert, «Littérature et nation», n°22, Publication de l’Université François Rabelais, Tours, 2000.
CR par P.M. Wetherill, Revue d’Histoire littéraire de la France, octobre-décembre 2004, p.972-973.

G. Caccivilani, La Coscienza immaginante nell’ «Education sentimentale», Rimini, Panozzo Editore, 2000.
CR par P.M. Wetherill, Revue d’Histoire littéraire de la France, octobre-décembre 2004, p.973-974.

Ouvrages dérivés

(< Matthieu Desportes)
Régis Jauffret, L'enfance est un rêve d'enfant, Verticale, 2004. 222 p, 17 euros.
Présence (discrète, mais tout de même) de l'ami Gustave dans le dernier très bon roman de l'excellent Jauffret. Très loufoque, Jauffret fantasme les incarnations de De Gaulle. Et ainsi, chapitre 13 : «En 1823, de Gaulle naquit une avant-dernière fois à Mantes sous le nom de Louis Bouilhet». (Bien sûr, c'est plus Cany, et c'est davantage 1821...). Donc Bouilhet-De Gaulle (et Flaubert tout seul) dans les chapitres 13 («Sous la botte de Flaubert») et 15 («La bibliothèque des analphabètes»). Avec la conclusion qui s'impose: «Quand il mourut, on oublia Flaubert comme un mauvais souvenir, alors que la postérité vengea Louis Bouilhet avec fureur.»

(< Noëlle Benhamou)
Alain Le Ninèze, L'Amour, fou, Autrement Littératures, janvier 2004, 192 p. (14,95 euros)
Un écrivain doit écrire sur l'amour dans la littérature. Il se plonge dans les oeuvres de Prévost, Balzac, Stendhal, Flaubert et Proust et se met à décortiquer les sentiments amoureux des personnages les plus connus de la littérature française. Dès la parution de son premier article, le chroniqueur reçoit une lettre signée Emma Bovary. Une farce ? Puis ce sera Mme de Rénal, Mme de Mortsauf qui commentent le travail du chroniqueur. La fiction serait-elle en train de le rattraper ?

Florian Zeller, La Fascination du pire, Flammarion, août 2004, 211 p. (16 euros). Prix Interallié 2004.
Présentation de l'éditeur
Un jeune écrivain est invité par l'ambassade de France au Caire pour donner une conférence. Une proposition qui prend une autre dimension à la lecture des lettres égyptiennes de Flaubert : «J'ai baisé des filles de Nubie qui avaient des colliers de piastres d'or leur descendant jusque sur les cuisses, et qui portaient sur leur ventre noir des ceintures de perles de couleur.» L'Egypte d'aujourd'hui ressemble-t-elle à l'Orient de Flaubert ? La sensualité orientale se dévoile-t-elle toujours dans les bas-fonds du Caire ? Comment conjuguer islam et sexualité ? Voilà ce que va essayer de découvrir le narrateur de ce livre contemporain, où les rumeurs du monde d'aujourd'hui croisent les fantômes des voyageurs littéraires d'autrefois. L'occasion de réfléchir sur la frustration sexuelle de l'Orient comme de l'Occident... Un troisième roman aussi polémique que percutant.

[BULLETIN FLAUBERT n° 63 / 30 novembre 2004]

Ouvrage

Paul Bouissac, Strip-tease de Madame Bovary. Roman, Ottawa, L'interligne, 2004, 121 p.
«Lettres à une inconnue. Le lecteur-voyeur découvre un jeu de lettres, restées sans réponse, mais fidèlement écrites d'année en année à une inconnue. Chaque feuillet dévoile un trait intime que le feuillet suivant brouille ou dément. Qui se joue de qui?»

Ouvrage signalé par Jeanne Bem et Benoît Mélançon. Compte rendu de Jeanne Bem (référence 1.5 sur la page):
http://flaubert.univ-rouen.fr/derives/reecri.php

Ouvrage collectif

The Cambridge Companion to Flaubert, Edited by Timothy Unwin, published November 2004, 254 pages
ISBN:052189459X | ISBN13:9780521894593, 15.99 livres.
http://uk.cambridge.org/catalogue/catalogue.asp?isbn=052189459X

This volume brings together a series of essays by acknowledged experts on Flaubert. It offers a coherent overview of the writer's work and critical legacy, and provides insights into the very latest scholarly thinking. While a central place is given to Flaubert's most widely read texts, attention is also paid to key areas of the corpus that have tended to be overlooked. Close textual analyses are accompanied by discussion of broader theoretical issues, and by a consideration of Flaubert's place in the wider traditions that he both inherited and influenced. These essays provide not only a robust critical framework for readers of Flaubert, but also a fuller understanding of why he continues to exert such a powerful influence on literature and literary studies today. A concluding essay by the prize-winning author Mario Vargas Llosa examines Flaubert's legacy from the point of view of the modern novelist.
Contributors: Timothy Unwin, Michael Tilby, Adrianne Tooke, Rosemary Lloyd, Anne Green, Mary Orr, Lawrence M. Porter, Alison Finch, Tony Williams, Aimée Israel-Pelletier, Alan Raitt, Lawrence R. Schehr, Mario Vargas Llosa.

Articles

(< Noëlle Benhamou)
Isabelle Daunais, «“Nous étions à l'étude": mémoire et voix narrative» in Raconter? Les enjeux de la voix narrative dans le récit contemporain, dirigé par Marie-Pascale Huglo et Sarah Rocheville, Paris, coll. "Esthétiques", L'Harmattan, 2004, 184p.

(< Danielle Girard)
Jean-Claude Jørgensen, «Figures de séducteurs dans le roman de la deuxième moitié du XIXe siècle», L'Ecole des lettres, nos 1 et 2, 2004-2005.
Corpus: Madame Bovary, «Les comices», II, 8, p.420-425 (éd. Thibaudet et Dumesnil, Pléiade, 1951), «La lettre de rupture de Rodolphe», II, 13, p.475-478; «Emma à l’opéra», II, 15, p.494-498; «Lune de miel à Rouen», III, 3, p.524-526; Maupassant, Fort comme la mort, II, 6, p.1001-1003 (éd. Forestier, Pléiade).
Dans le cadre de l’objet d’étude «Les réécritures» en classe de première L, vous entreprendrez l'étude de ce groupement de textes. Vous définirez votre projet d'ensemble ainsi que ses modalités d'exécution.

Brigitte Le Juez, «Art, écriture et moralité: Flaubert modèle d'Oscar Wilde» in France-Ireland: Anatomy of a Relationship. Studies in History, Literature and Politics. Eamon Maher & Grace Neville (eds.), Frankfurt am Main, Peter Lang, 2004, p. 83-96.

Brigitte Le Juez, «Un perroquet peut en cacher un autre: Elizabeth Bowen, lectrice de Gustave Flaubert», in Entrelacs franco-irlandais: langue, mémoire, imaginaire. Michael O'Dea & Paul Brennan (eds.), Presses Universitaires de Caen, 2004, p. 181-196.

[BULLETIN FLAUBERT n° 62 / 12 novembre 2004]

Editions

(< Jean-Benoît Guinot)
FLAUBERT Gustave, Le Nil, Magellan et Cie, coll. «Heureuxqui comme...»
(paru le 07/10/2004, ISBN: 2-914330-66-9, 77 p. Thème:littérature-récits de voyage, 6 euros).
Résumé
«Nous vivons, comme tu le vois, dans une paresse crasse, passant toutes nos journées couchés sur nos divans, à regarder ce qui se passe, depuis les chameaux et les troupeaux de boeufs du Sennahar jusqu'aux barques qui descendent vers le Caire, chargées de négresses et de dents d'éléphant. " Gustave Flaubert (1821-1880), le travailleur acharné de Croisset, s'abandonne sur la cange du Nil à la paresse et à la sensualité. Jouant avec les clichés du voyage en Égypte, ses lettres révèlent l'humour et l'érotisme fiers du célèbre romancier. Lettres extraites de la Correspondance de Flaubert, 1850.
Source: Vigilibris (avec une erreur pour l'auteur: attribution à Gérard de Nerval)
http://www.decitre.fr/service/search/fiche_detail.aspx?ean=9782914330664&TM=VIGI

Ouvrages

Pinto Louis, Champagne Patrick, Sapiro Gisèle, Rivière Marie-Christine, Pierre Bourdieu, sociologue, Fayard, coll. «Histoire de la pensée»
(paru le 13/10/2004, ISBN: 2-213-62119-5, 469 p. 23.00 euros).
[Au sommaire: «Effet de réel et réalité de l'illusion: le Flaubert de Bourdieu».]
Source: Vigilibris
http://www.decitre.fr/service/search/fiche_detail.aspx?ean=9782213621197&TM=VIGI

(< Noëlle Benhamou)
Maxime Benoît-Jeannin, Chez les Goncourt, roman, Le Cri, 2004, 256 p.
Ouvrage dans lequel Flaubert apparaît comme personnage.

Articles

(<Jean-Benoît Guinot)

Cahiers Naturalistes. 50e année, n°78 - 2004
Christoph Oberle, «Maupassant et le monument Flaubert édifié par Chapu».
Courte introduction précédant la publication de 21 lettres de différents correspondants (Maupassant, Chapu, Lapierre, etc.).
Compte-rendu par Noëlle Benhamou de l'ouvrage Flaubert - Le Poittevin - Maupassant. Une affaire de famille littéraire. Actes du colloque international de Fécamp 27-28 octobre 2000, réunis et présentés par Yvan Leclerc. Presses Universitaires de Rouen. 2002.
«Malheureusement, les intervenants n'ont pas tenu le pari - une gageure - consistant à évoquer les trois noms dans leurs réflexions et rares sont ceux qui ont évoqué l'oncle Alfred, préférant se replier, dans une sorte de réflexe pavlovien, sur une rassurante relation Flaubert/Maupassant. [...] Les annexes réjouiront chercheurs et amateurs. [...] Ces documents [...] donneront forcément matière à d'autres germinations intellectuelles. Donner des pistes interprétatives, tel est sans doute le grand mérite de cet ouvrage.»

[BULLETIN FLAUBERT n° 61 / 18 octobre 2004]

(< Noëlle Benhamou)
Luce Czyba, "Les Châteaux d'Emma", dans O saisons, O châteaux. Châteaux et littérature. Des Lumières à l'aube de la Modernité 1764-1914, Pascale Auraix-Jonchière éditeur, PU Blaise Pascal, collection «Révolutions et Romantisme», juin 2004, 385 p. 27 euros.

Stéphanie Dord-Crouslé, «Plus qu’une terre promise, un «pays de connaissance». Flaubert en Terre sainte (août 1850)», Perspectives, Revue de l’Université Hébraïque de Jérusalem, n°11, 2004, «Terres promises», p.129-153.
La Terre promise de Flaubert, c’est l’Orient tout entier. Déception de certaines attentes et plaisir de la reconnaissance. Il retrouve les livres lus, les tableaux vus, ses propres écrits antérieurs. La visite des lieux saints confirme son anticléricalisme, mais «le jeune écrivain y fait aussi une (nouvelle?) expérience du religieux et de la croyance, de leur indépendance avec l’esprit humain, de leur nécessité, et cette expérience nourrira profondément nombre de ses écrits ultérieurs» (p.148).

(< Gilles Cléroux)
Agnès de Noblet, Un univers d'artistes: autour de Théophile et de Judith Gautier: dictionnaire, L'Harmattan, collection «Les Introuvables», 2003, 548 p., 44 euros.
Index développé des Souvenirs de Judith Gautier, comprenant toutes les personnalités citées au moins une fois dans Le Collier des jours ou Le Second rang du collier. Notices sur Flaubert, Bouilhet, Du Camp, Mme Sabatier, Goncourt, Sand, la princesse Mathilde, etc.

Gino Spadon (Université de Venise), «Madame Bovary: dallo scritto allo schermo», Ciemme. Ricerca e Informazione sulla Comunicazione di massa, XXXV, 145, sept. 2004, p.80-101.

Mentions légales