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Jean-Benoît Guinot, Dictionnaire Flaubert,
CNRS Éditions, 2010.

Compte rendu par Gisèle Séginger.
Vient de paraître de Jean-Benoît Guinot, Dictionnaire Flaubert (CNRS Éditions), préface de Pierre-Marc de Biasi (« L’homme-plume de A à Z »). Responsable de l’Index de la Correspondance de Flaubert publiée dans La Pléiade, Jean-Benoît Guinot a créé un site dédié à Flaubert (http://pagesperso-orange.fr/jb.guinot/pages/accueil.html) qui présente une chronologie de la vie de l’auteur et de nombreuses citations de sa Correspondance ou de témoins. Fasciné par l’écrivain qu’il souhaite faire connaître à un très large public, Jean-Benoît Guinot publie un gros volume de plus de 700 pages qui est davantage un florilège de citations classées thématiquement qu’un véritable dictionnaire. En effet, les notices sont souvent absentes ou réduites à quelques mots : « Cléôpatre [69-30 av. J.-C] Reine d’Égypte ». Mais la succession des entrées suggère incontestablement le caractère éclectique des intérêts de Flaubert, comme on le voit à la lettre « p » : Pagnerre (Edmond), Palais, Palmier, Pantoufle, Paraclet, Paradis, Paradis-Poissonnière (rue), etc. L’ouvrage comporte une chronologie qui met en parallèle la vie de Flaubert, les événements politiques et le contexte littéraire et artistique, ainsi qu’un index thématique et une bibliographie.

« Il en va des passions littéraires comme des relations amoureuses : à force de mieux connaître l’objet de son désir, on finit par lui ressembler ». Je cite la préface de Pierre-Marc de Biasi. En effet, après Flaubert, Jean-Benoît Guinot s’est abîmé avec délectation dans la prise de notes. Toutefois, il ne s’agissait pas de constituer un sottisier mais bien au contraire de faire goûter aux lecteurs la saveur de quelques fragments soigneusement choisis dans l’œuvre d’un auteur fétiche. « Tu voulais parler de Flaubert autrement : y es-tu parvenu ? » C’est sur ces mots que l'auteur, s'adressant à lui-même à la deuxième personne, termine son Introduction. La réponse appartient aux lecteurs.

Gisèle Séginger


Comme les Œuvres de Félix Fénéon, ce dictionnaire est plus que complet. Il attribue à Flaubert des titres qui ne sont pas de lui, perpétuant ainsi l'erreur commise en son temps par Maurice Bardèche, qui avait intégré dans le volume Théâtre des Œuvres complètes au Club de l'Honnête homme (t. VII, 1972 ; voir la Notice p. 12 et suiv.) des scénarios de pièces recueillis à titre de documents dans les Dossiers de Bouvard et Pécuchet (BM de Rouen, Ms. g 226(8), f° 42-207). Ils sont de plusieurs mains non identifiées, assûrément pas de Flaubert ni de Bouilhet. Il faut donc écarter de ce dictionnaire plusieurs entrées : L'Ami Grégoire, La Belle Artémise, Les Extrêmes, Les Liaisons dangereuses, La Nuit blanche ou Le Mari qui enlève sa femme, La Pepita da Grenada [et non de Grenada], Les Parvenus, Le Prince de Troubonbon [et non Prince de Troubonbon]. Il est vrai qu'on ne prête qu'aux riches...

Yvan Leclerc



[Mise en ligne sur le site Flaubert, février 2010.]


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