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Le Nord, 18 janvier 1857

REVUE DE PARIS.
(Courrier particulier du NORD.)

[…] Un homme illustre, qui fut à la fois le plus beau et le plus grand de nos poëtes, vient d’écrire une lettre à propos d’un roman récemment publié dans la Revue de Paris : Madame Bovary. On vous a déjà parlé plusieurs fois de cette œuvre franche jusqu'à la brutalité, réelle jusqu'au cynisme. Les directeurs de la Revue de Paris, qui ne se piquent cependant pas d’écrire pour les rosières, se sont cru obligés d’atténuer ou même de supprimer complètement certaines crudités du récit de ce nouveau-venu audacieux, M. Gustave Flaubert, dont la plume ne recule pas devant des détails à faire fuir Balzac.

Eh bien, M. de Lamartine, le poëte idéaliste s’il en fût, l’écrivain séraphique des Méditations et des Harmonies, s’est déclaré, dans une épître inspirée par la lecture de Madame Bovary, le premier et le plus chaud admirateur, l’admirateur sans restriction de M. Gustave Flaubert.

Je livre ce fait littéraire à vos appréciations, et je vous fais grâce de mes commentaires.

Avec des protections, je crois qu’on peut se faire montrer l’épître dans les bureaux de la Revue de Paris.


[Bibliothèque royale de Belgique, cote JB 206 (microfilm 301).]
[Article extrait du quotidien belge Le Nord du dimanche 18 janvier 1857.]


[Document saisi par Olivier Leroy, novembre 2012.]


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