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Le château du Héron, chez le marquis de Pomereu



C’est dans ce château et dans son parc que Flaubert a vécu un jour et une nuit mémorables, dont il parle à trois reprises dans des textes autobiographiques et qu’il transpose dans plusieurs œuvres.
La date de l’événement est incertaine, en raison des indications contradictoires données par Flaubert, qui situe ce jour de la Saint-Michel tantôt pendant les vacances de la quatrième à la troisième (donc le 29 septembre 1836), tantôt lors de sa quinzième année, c’est-à-dire en 1837 (il a eu quinze ans le 12 décembre 1836).

Récits dans les textes autobiographiques

« Cette nuit que je passe ainsi sans trop savoir pourquoi m’en rappelle une autre semblable. C’était chez le marquis de Pomereu à la Saint-Michel. C’étaient les vacances de ma quatrième à ma troisième ; je suis resté toute la nuit à voir danser, et quand on s’est retiré je me suis jeter sur mon lit, la bougie brûlait et, comme maintenant, j’avais mal à la tête. — Allons, homme fort, un peu de courage ! ne passeras-tu pas une nuit sans dormir ? —  Le matin venu, je me suis promené en barque » (Cahier intime de 1840-1841, Flaubert, Œuvres complètes, t. I, Œuvres de jeunesse, éd. Claudine Gothot-Mersch et Guy Sagnes, Bibliothèque de la Pléiade, p. 748.)

« Je marchais poussant mes pieds devant moi, et songeant à des matinées analogues… à une entre autres, chez le marquis de Pomereu, au Héron, après un bal. Je ne m’étais pas couché et le matin j’avais été me promener en barque sur l’étang, tout seul, dans mon habit de collège. Les cygnes me regardaient passer et les feuilles des arbustes retombaient dans l’eau. C’était peu de jours avant la rentrée ; j’avais 15 ans » (lettre à Louis Bouilhet, 13 mars 1850, Corr., éd. Jean Bruneau, Bibl. de la Pléiade, t. I, p. 601 ; après le récit de la nuit avec Kuchuk-Hanem).

« J’ai pensé beaucoup à ce matin à la Saint-Michel chez le marquis de Pomereu, au Héron, où je me suis promené tout seul dans le parc après le bal. — C’était dans les vacances de ma quatrième à ma troisième » (Voyage en Orient, éd. Claudine Gothot-Mersch et Stéphanie Dord-Crouslé, Folio, 2006, p. 137).


Transpositions dans la fiction

Quidquid volueris : chap. V (bal au château), chap. VI (premenade nocturne au bord de l’étang), chap. VII (promenade en barque le lendemain).

L’Éducation sentimentale (1845), chap. XIII (la nuit blanche d’Henry après le bal chez les Renaud).

Madame Bovary, I, 8 (Emma à la Vaubyessard).


Situé en Seine-Maritime, près de la forêt de Lyons, le château a été détruit après la Seconde Guerre mondiale.

Cartes postales aimablement communiquées par Mme Petit, que nous remercions.



[Mis en ligne sur le site Flaubert, janvier 2011.]


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