Correspondance de Flaubert - Présentation des lettres par période
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1 - à Chevalier Ernest, Rouen, 1829
Correspondant
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À ERNEST CHEVALIER [Rouen, 1829-1830.] Cher ami Je pense que tu est hors de danger, nous nous verront tous à radepont dieu merçi. J’ai reçu ta lettre elle ma fait beaucoup de plaisir. J’ai reçu des nouvelles de ta bonne famille, je commençait à avoir peur de ta maladie, si ton bon père n’était pas venu me donner des nouvelles de toi, je serait dans l’inquetude du meilleur de mes àmis. Je suis dévoré d’inpatience de voir le meilleur de mes amis celui avec lequel je serait toujours àmis nous nous aimerons,

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2 - à Flaubert Marie-Apolline (grand-mère), Rouen, 01 janvier 1830
Correspondant
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À SA GRAND-MÈRE [Rouen, 1er janvier 1830.] ma chère maman Je te souhaite une bonne année. comment vous portes vous tous. tu feras mes complimens à mon oncle à ma tante à ma cousine à félicité à eugène mathieu poupou charonnat. je vous souhaite une bonne année à vous tous. ton petit fils. gustave flaubert.

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3 - à Flaubert Marie-Apolline (grand-mère), Rouen, 30 décembre 1830
Correspondant
Notice
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  À SA GRAND-MÈRE   [Rouen, 30 décembre 1830.]   Bonne maman !   Je m’empresse de remplir mon devoir en vous souhaitant la bonne année. je profite de cette même occasion pour en souhaiter une pareille à mon oncle et à ma tante, et la consoler de ce qu’elle a perdu son chien.   ton respectueux petit fils.  Gustave flaubert.   le 30 Xbre 1830.

4 - à Chevalier Ernest, Rouen, 31 décembre 1830
Correspondant
Notice
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À ERNEST CHEVALIER [Rouen, vers le 31 décembre 1830.] Cher ami, Tu as raison de dire que le jour de l’an est bête. mon ami a on vient de renvoyer le brave des braves la fay Fayette aux cheveux blancs la liberté des 2 mondes. m ami je t’en veirait de mes discours politique et constitutionnel libéraux. tu as raison de dire que tu me feras plaisirs en venant à Rouen sa m’en fera beaucoup. je te souhaite une bonne année de 1831 1831. embrasse de tout mon ton cœur ta bonne famille pour moi. Le camarade

5 - à Chevalier Ernest, Rouen, février 1831
Correspondant
Notice
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À ERNEST CHEVALIER [Rouen, février 1831.] Cher Ernest, Je te prie de me répondre et me dire si tu veux nous associer pour Éc écrire des histoire, je t’en prie dit-moi le, parceque ci tu veux bien nous associer je t’enveirai des cathiers que j’ai commencé a écrire, et je te prirait de me les renvoyer, si tu veux écrire quelques chose dedans tu me fras beaucoup de plaisirs. Amand s'enuie* s’ennuie de ce que tu ne lui répond pas. Je te pris en toute grace de me donner des nouvelle de ta

6 - à Chevalier Ernest, Rouen, 14 mai 1831
Correspondant
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À ERNEST CHEVALIER [Rouen, 14 mai 1831.] Mon cher Ernest, Je te demande pardon, si tu veux je t’enverrai un livre dans qui une histoire se trouve elle est intitulée le marin cela se trouve dans le conteur des dames. Le bon Louis-philippe I° roi des français viendra à rouen Je le vérai Vive les polonais Vive la liberté ils ont mérité leurs indépendance ils sont a jamais immortel dans la memoire du ciel, vive les polonais a-bas les russes vive Louis-philippe vive le roi citoyen vive notre père vive notre

7 - à Chevalier Ernest, Rouen, 15 janvier 1832
Correspondant
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À ERNEST CHEVALIER [Rouen, 15 janvier 1832.] Mon cher ami, Ton bon papa va un peu mieux le remède que papa lui a donné l’a soulagé et nous espérons que bientôt il sera guéri. Je prends des notes sur Don quichotte et mr mignot dit qu’il sont très bien. On a fait imprimer mon éloge de Corneille je crois que c’est amédée et je t’en envois une exemplaire. Le billard est resté isolée, je ne joue plus la comédie, car tu n’y est pas le dimanche que tu est parti m’a sembler dix

8 - à Chevalier Ernest, Rouen, 04 février 1832
Correspondant
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 4 février 1832.] Le 4 février 1831.   Mon cher ami, Je te réponds poste pour poste. Je t’avais dit que je ferais des pièces mais non je ferai des Romans que j’ai dans la tête. qui sont la Belle Andalouse le bai masqué. Cardenio. Dorothée. la mauresque le curieux impertinent le mari prudent. J’ai rangé le Billard et les coulice. Il y a dans mes proverbes dramatiques plusieur pièce que nous pouvon joué. Ton bon papa est toujours de même. Vois-tu que j’avais raison de dire que la Belle constipation

9 - à Chevalier Ernest, Rouen, 31 mars 1832
Correspondant
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À ERNEST CHEVALIER [Rouen, 31 mars 1832.] Mon intrépide, Tu sais que je t’avais dit dans une de mes lettres que nous n’avions plus de spectacle mais depuis quelques jours nous avons remonté sur le Billard. J’ai près de 30 pièces et il y en a beaucoup que nous jouons [nous] deux Caroline. mais si tu voulais venir à Pasques tu serais un bon enfant de rester au moins huit jour – tu vas me dire et mon cathésisme – mais tu partirais le Dimanche après les vêpes à six heureus tu ser[ais à] Rouen

10 - à Chevalier Ernest, Rouen, 22 avril 1832
Correspondant
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À ERNEST CHEVALIER [Rouen, avant le 22 avril 1832.] Page 1e Victoire Victoire Victoire Victoire Victoire tu viendras un deux ces jours mon ami Le théâtre les afiches tout est prês. Quand tu viendras Me Amédée Edmond Me chevalier maman 2 domestiques et peut-être des élèves viendront nous voir joué. Nous donnerons 4 pièces que tu ne connais pas mais tu les auras bientôt apprises. Les Billets de 1er 2e 3e sont fais il y aura des fauteuils il y a aussi des Lois des décorations La toile est arrangée peut-être il y aura-t-il

11 - à Parain François, Rouen, 30 décembre 1832
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  À MONSIEUR ET MADAME PARAIN   [Rouen, 30 décembre 1832.]   Mon cher oncle et ma chère tante, C’est avec un bien vif ressentiment de joie que j’ai vu approcher le jour de l’an pour vous témoigner par cette lettre mes profonds respects, et davantage mes amitiés sincères. J’ai choisi cette époque pr avoir le plaisir de vous écrire. Non certes cette lettre n’est point de ces lettres de jour de l’an, que l’on fait par douzaines et dans lesquelles on fait mille voeux et autant de compliments, mais c’est l’amitié seule qui m’a

12 - à Chevalier Ernest, Nogent-sur-Seine, 23 août 1833
Correspondant
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  À ERNEST CHEVALIER   [Nogent,23 août 1833.] Nogent, le 23 août 1833.   Mon cher Ernest, À peine ai-je ouvert ta lettre que je prends la plume et t’écris. Nous allons partir tout à l’heure pour l’antique Normandie, mais tu dois te douter que nous resterons quelques temps à Paris pour nous divertir. Nous irons au spectacle et j’espère à la Porte St Martin. Je ne puis te dire quel jour nous irons aux Andelys. Nous avons été l’autre jour à Courtavant où il y a une ferme de papa. Nous avons pêché et comme

13 - à Chevalier Ernest, Rouen, 03 septembre 1833
Correspondant
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, avant le 3 septembre 1833.]   Mon cher Ernest, Je puis bien t’assurer que c’est avec un vif regret que je ne puis aller chez toi. Depuis à peine trois semaines que je t’ai vu je commence à m’ennuyer de ne point te voir. Je te prie de me dire quand tu pourras venir à Rouen, je désire bien embrasser le meilleur de mes amis. Nous avons visité en revena le château de Fontainebleau, nous avons vu et la cour où se firent les adieux célèbres et la table où Le Grand

14 - à Chevalier Ernest, Rouen, 11 septembre 1833
Correspondant
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À ERNEST CHEVALIER [Rouen, 11septembre 1833.] Rouen, ce 11 septembre 1833. Cher Ernest, Je ne profite point de la même occasion que toi pour t’écrire parce que le domestique de ton oncle devait partir aujourd’hui. Ce n’est point là le la la cause, car en une journée j’aurais eu le temps de t’écrire une lettre, mais c’est qu’il a dit à Pierre qu’il fallait que la réponse fût porté chez l’abbé Motte avant sept heures du matin et comme je ne suis point bien bien matinal je n’aurais pu te faire une réponse honnête

15 - à Chevalier Ernest, Rouen, 26 août 1834
Correspondant
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À ERNEST CHEVALIER [Rouen, 26 août 1834.] Rouen, ce 26 mardi 1834 (août). Reviens, reviens, vie de ma vie, âme de mon âme. Tu me la rendras la vie si tu viens me voir car je voudrais encore composer avec l’ami Ernest. Je voudrais le voir à mes côtés, l’entendre, lui parler, la vacance serait du double meilleure. Et ne crois pas que j’exagè[re], non du tout je ne dis que la stricte vérité. Et je suis dégoûté de la vie si tu ne viens pas. Maintenant te faut-il parler de mon voyage ?

16 - à Chevalier Ernest, Rouen, 29 août 1834
Correspondant
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 29 août 1834.]   Cher ami, À peine ai-je reçu ta lettre que je m’empresse d’y répondre avec grand plaisir. Quant à moi je travaille cher Ernest tous les jours. J’avance dans mon Roman d’Isabeau de Bavière dont j’[en] ai fait le double depuis que je suis revenu de mon voyage de Pont-l’Évêque. tu connaissais l’histoire de la religieuse qui s’était en allée de l’hôpital. Eh bien, l’indiscret l’a mis dans son journal. Mais jamais article ne fut plus bête ni plus pitoyable. D’abord c’est fort mal écrit sans

17 - à Chevalier Ernest, Rouen, 28 septembre 1834
Correspondant
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 28 septembre 1834.] Rouen, ce 28 septembre 1834.   Cher Enfant de littérature, Je vais répondre à ta lettre et comme disent certains farceurs je mets la main à la plume pour vous écrire. Quand viendras-tu ? Quand viendras-tu ? Voilà toujours ton éternelle question. Eh bon c'es Diable, c’est tout naturel, c’est quelquefois la mienne aussi. Un bon payeur ne craint point de donner des gages, dit Sancho Pança, et bien c’est que je me trouve dans une toute autre position ; tu sais quel cul de plomb fait mon père,

18 - à Chevalier Ernest, Rouen, 18 juin 1835
Correspondant
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 18 juin 1835.] Rouen, 18 juin 1835.   Cher Ernest, Pardon du retard pardon pardon, oui tu me l’accordes j’en suis sûr. Eh bien maintenant je vais te dire le pourquoi de cette longueur, une longueur de huit jours. Huit jours c’est un siècle pour des amis et c’est un point dans l’espace. THÉÂTRES Tu sais que j’ai en tête Frédégonde et Brunehaut, que je m’en occupe (mentalement) depuis environ trois mois. Mais surtout depuis quinze jours je ne rêve que cela. J’en ai fait une douzaine de lignes. Oui

19 - à Chevalier Ernest, Rouen, 02 juillet 1835
Correspondant
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    À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 2 juillet 1835.] Rouen, le Collège Royal, le 2 juillet 1835, 9 h. 30.   Cher Ernest, J’ai pensé depuis que tu es parti à une chose, et cette chose c’est un moyen pour tirer une réponse de notre individu. Je vais lui écrire tantôt à la maison et le prier d’envoyer sa lettre aux Andelys chez toi. Tu la liras et me la renverras dans une de tes lettres. Non, je remettrai [à] un peu plus tard cette correspondance, de peur que tu n’y trouves quelqu'obstacle.

20 - à Chevalier Ernest, Rouen, 12 juillet 1835
Correspondant
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 12 juillet 1835.] Rouen, ce 12 juillet 1835.   Cher Ami, Je mets la main à la plume (comme dit l’épicier) pour répondre ponctuellement à ta lettre (comme dit encore l’épicier). Pour les compositions je ne m’y tue pas. Et puisque tu me parles du collège je te dirai que j’ai eu une dispute avec Girbal mon honorable pion et que je lui ai dit que s’il continuait à m’ennuyer, j’allais lui foutre une volée et lui ensanglanter les mâchoires, expression littéraire. Je crois que j’irai t’embrasser aux journées de

21 - à Chevalier Ernest, Rouen, 23 juillet 1835
Correspondant
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 23 juillet 1835.] Rouen, 23 juillet 1835.   Cher Enfant, J’ai attendu jusques au dernier moment espérant que les malades de papa le laisseraient un peu en repos. Mais c’est en vain. ˀAνάγχη, nous ne pourrons t’aller embrasser qu’aux vacances qui approchent à grands pas. Avec les pas du temps, avec ses pas gigantesques d’infernal géant. J’ai fini ma Frédégonde, je suis encore indécis si je dois la faire imprimer quoique Panard doive me la porter samedi soir à Ebœuf [Elbeuf]. J’ai acheté et lu Catherine Howard, drame historique de

22 - à Chevalier Ernest, Rouen, 14 août 1835
Correspondant
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 14 août 1835.] Rouen, ce vendredi 14 août I835.   Cher Ernest, C’est avec bien du plaisir que je puis te dire maintenant d’une manière bien certaine que nous irons te voir sous peu (paroles de papa). Alors tu nous devrais devras revanche et j’espère aussi que tu suivras la bonne habitude de venir passer une huitaine de jours avec nous. Il y a près de 15 jours que j’ai fini ma Frédégonde , j’en ai même recopié un acte et demi. J’ai un autre drame dans la tête. Gourgaud

23 - à Chevalier Ernest, Paris, 24 août 1835
Correspondant
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  À ERNEST CHEVALIER [Paris, 24 août 1835.]  ce 24 août 1835.   Cher Ernest, Voilà au moins une bonne nouvelle à t’annoncer ; nous arrivons jeudi soir chez tes bons parents, nous ne pouvons te dire l’heure précise parce que tout seulement nous partirons jeudi matin, vers les six ou 7 heures du. Oui morbleu nous arrivons jeudi soir chez vous et avec toute la famille, et Achille encore, Achille encore, oui lui en personne, oui Achille, oui tu as bien lu, tu ne t’es pas trompé, mais je vais te dire toute l’histoire. Tu sais que nous devions le

24 - à Chevalier Ernest, Rouen, 12 septembre 1835
Correspondant
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À ERNEST CHEVALIER [Rouen, 12 septembre 1835.] Cher Ernest, D'où vient ce retard, en écrits, et en actions, d'où vient que je n'ai pas entendu parler de toi depuis quinze jours. Serai-ce la crainte, que de rentrer dans une ville, dont l'air, est pour toi celui du choléra, la crainte de revoir Cârotte ; Écoute un peu. Quoique j'approuve fort, ton louable désir, d'être avec moi, ce que je souhaite tu penses bien, et celui d'avoir, un uniforme je te dirai que tu pourrais tomber, de Charybbe [Charybde] en Scylla, et

25 - à Chevalier Ernest, Rouen, septembre 1835
Correspondant
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, septembre 1835-mars ? 1837.]   Il faut que tu sois un foutu imbécille, comment veux-tu que cet infortuné Narcisse infelix puer épris de lui-même et se mirant dans le cristal d’une onde pure que n’avait encore troublé aucun souffle de l’air, aucune feuille d’arbrisseau, pas même l’aile d’un léger d’oiseau aille changer (sans l’avoir) le bulletin de samedi. Tu conçois que les commis se prêteraient volontiers à cette manœuvre-là s’ils avaient l’ancien bulletin, mais sans cela brand comme dirait notre gros homme Rabelais – il faudrait payer doubles arrhes. Ainsi donc,

26 - à Chevalier Ernest, Rouen, 24 mars 1837
Correspondant
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À ERNEST CHEVALIER [Rouen, 24 mars 1837.] Cher Ami, Je ne connais guère de gars [gars] qui ait un Byron. Il est vrai que je pourrais prendre celui d’Alfred, mais par malheur il n’y est point et sa bibliothèque est fermée. Elle était encore ouverte hier mais tu penses que bien que son père qui est parti aujourd’hui pour Fécamp a serré cette clef ainsi que celle de ses autres compartiments de son logis, ainsi Amen +. J’ai hier été chez Degouve-Denuncques, mon Commis sera inséré jeudi prochain et mercredi je corrigerai avec lui

27 - à Chevalier Ernest, Rouen, 24 juin 1837
Correspondant
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 24 juin 1837.]    samedi soir 24 1837. (St Jean, jour le plus long de l’année et dans lequel il arrive par hasard que ce farceur de soleil parmi toutes ses bêtises endosse l’habit de Dimanche, se rougit comme une carotte, fait suer les épiciers, – les [illis.] chiens de chasse, – les gardes nationaux, – et sèche les étrons déposés au coin des bornes).   J’espère que maintenant ta fureur de places s’est passée et ta lettre de Vendredi m’a rassuré, car il me semblait voir bientôt entrer dans ma

28 - à Chevalier Ernest, Rouen, 15 août 1837
Correspondant
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 15 août 1837.]   Mon cher Petiot, Nous avons fait un délicieux voyage. ainsi rassure-toi sur nos santés. pend depuis quatre heures jusqu'à 7 et demie nous n'avons fait que boire et ribotter. d'abord, nous avons débuté par deux petits verres et deux verres d'eau sucrée, puis un potage, puis deux verres de rhum, puis deux verr demi tasses, puis deux petits verres, etc. Nous avons enfin mené et fait la conduite et les actions du vray jas. J'ai eu le 1er prix d'histoire et d'histoire naturelle, et j'ai tellement

29 - à Chevalier Ernest, Rouen, 24 août 1837
Correspondant
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 24 août 1837.]   Je te prie de m’excuser – Écoute et tu jugeras. Dès le lendemain des prix j’écrivais une lettre en bon français pour te dire que j’avais 2 prix : le premier d’histoire et celui d’histoire naturelle. Mais le jeune [illis.] auquel j’ai remis ta lettre ne l’a point portée à la poste et Voilllllà dra ! La décision des hospices sera positive mardi prochain. Je t’en informerai dès que nous la connaîtrons. Donne-moi ton adresse à Amiens – afin que je puisse t’écrire aussitôt mon arrivée à Nogent

30 - à Chevalier Ernest, Rouen, 23 septembre 1837
Correspondant
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 22 ou 23 septembre 1837.] vendredi 23 7bre    Je désirerais bien savoir Maître sot pourquoi depuis si longtemps on n’a pas eu de vos nouvelles. Si c’est une farce m[â]tin elle n’est guère bonne et moi en revanche je vais te donner des miennes. Or donc il est matin 8 h. du matin et il y a 2 h. que je suis débarqué de Paris. J’ai d’abord été à Trouville, puis de là à Nogent, et de Nogent me voici t’écrivant sur mon tapis vert – tu me feras

31 - à Chevalier Ernest, Rouen, 26 septembre 1837
Correspondant
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À ERNEST CHEVALIER [Rouen, 26 septembre 1837]. mardi, 8 h du soir Mon cher Ernest, Je t’écris ce soir, fatigué, harassé et à la lueur de ma chandelle, quoique je pusse remettre à demain ta lettre, mais maintenant je suis tellement hébété de travail que je n’ai de cœur que pour t’écrire. Imagine-toi que depuis vendredi matin je travaille 12 à 14 heures par jour sans désemparer, seulement pr manger et fumer une pipe après déjeuner, aujourd’hui, comme j’avais bien travaillé, j’en ai fumé deux (prix d’encouragement) – j’avais pris des notes pour le tiers

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32 - à Le Poittevin Alfred, Rouen, 1837
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À ALFRED LE POITTEVIN [Rouen, année scolaire 1837-1838.] Je prie le sieur Le Poittevin fils de donner au porteur ses deux vol. d’Horace. Gve Flaubert institut de la rue du Plâtre (externat). Continuité du désir sodomite, 1er prix (après moi) : Morel. bandaison dans la culotte, 1er prix : Morel. intensité lubrique, 1er prix : Morel. Masturbation solitaire, prix : Rochin. Cabaret infâme, prix : Morel. Côtelettes, 1er prix : Fargeau. horlogerie, 1er prix : Morel déjà nommé. excessive immoralité du regard, grand prix : Morel. expertise d’habits : Morel,

33 - à Chevalier Ernest, Rouen, 24 août 1838
Correspondant
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À ERNEST CHEVALIER [Rouen,24 août 1838.] Vendredi Comme dit le vrai épicier je m’asseois et je mets la main à la plume pr t’écrire.......... bien des choses d’abord que voilà deux jours que je passe à faire mes préparatifs de tabac pr le voyage. Je viens encore de passer deux heures à emballer une demi-douzaine de pipes (n° 17) avec du papier. En outre j’ai pour la route 2 boîtes d’amadou phosphorique, une demi-douzaine de cigarres, un 4/ de Maryland etc. etc. J’emporte Rabelais, Corneille et Shakespeare. – J’ai beaucoup ri

34 - à Chevalier Ernest, Rouen, 13 septembre 1838
Correspondant
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 13 septembre 1838.] Rouen –                              Jeudi 13 7bre 1838.   Tes réflexions sur V. Hugo sont aussi vraies qu’elles sont peu tiennes. C’est maintenant une opinion généralement reçue dans la critique moderne que cette antithèse du corps et de l’âme qu’expose si savamment dans toutes ses oeuvres le grand auteur de N. Dame. On a bien attaqué cet homme parce qu’il est grand et qu’il a fait des envieux. On fut étonné d’abord et l’on rougit ensuite de

35 - à Chevalier Ernest, Rouen, 11 octobre 1838
Correspondant
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 11 octobre 1838.] Rouen. jeudi                 11 octobre 1838.   Non – mon cher Ernest je ne t’ai point oublié et c’est dans l’incertitude de savoir où toi-même tu étais que je me suis abstenu de t’écrire. En effet en allant il y a environ une dizaine de jours avec mon père au Vaudreuil nous nous sommes arrêtés aux Authieux où le fils Dureau m’a dit qu’il t’avait vu à Elbeuf et je ne savais pas si tu y étais encore ou bien

36 - à Chevalier Ernest, Rouen, 28 octobre 1838
Correspondant
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 28 octobre 1838.] Rouen – dimanche   Me voilà enfin remis sur pattes, et à table, à cette table que j’avais été forcé de quitter pendant quelque temps et vers laquelle je reviens plus affamé et plus amoureux que jamais. Demain j’irai au collège en fumant la vieille comme à mon ordinaire, tu vois que je n’ai rien perdu – que le temps – chose prétieuse – quand il aurait dû être passé en ribottes, – puisque tu avais eu la bonté de te déranger pr nous dire adieu –

37 - à Chevalier Ernest, Rouen, 19 novembre 1838
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 19 novembre 1838.]   Chaque jour je remets au lendemain à t’écrire mais enfin ce matin je te réponds. Je suis en effet fort occupé maintenant, non point de parce que le père Magnier me donne beaucoup de devoirs, mais les études hist[oriques] et beaucoup de lectures commencées me prennent un temps infini. Dans quelques jours je serai plus à l’aise et je te répondrai plus amplement. Dis-moi dans ta prochaine lettre ce que tu penses, ce que tu fais tu me donneras un tableau complet de ton être physique

38 - à Chevalier Ernest, Rouen, 30 novembre 1838
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 30 novembre 1838.] Rouen ce 30 novembre 1838. 11 h. du matin.   Tu ne vois que je te réponds assez promptement et c’est encore plus un plaisir que je me fais, qu’un devoir que je rends à ta bonne amitié. Ta lettre comme toutes celles des gens qu’on aime m’a fait bien du plaisir. Depuis longtemps je pensais à toi et je me figurais ta mine se promenant dans Paris le cigarre au bec ; etc. j’ai donc aimé à [illis.] avoir des détails sur ta vie matérielle,

39 - à Chevalier Ernest, Rouen, 26 décembre 1838
Correspondant
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 26 décembre 1838.] Mercredi 26 décembre 1838.          __   Je t’ai dit je crois que j’étais fort occupé et tu m'en me fais là-dessus des demandes auxquelles je serais bien embarrassé de répondre. Ce qu’il a de sûr, maintenant, et aujourd’hui principalement c’est que je m’emmerde dans la perfection. Depuis 7 à 8 jours je n’ai le coeur de travailler à quoi que ce soit ; tu sais que l’homme a ainsi parfois des moments étranges de lassitude : la vie est si pesante que ceux-mêmes pour qui le fardeau doit être le

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40 - à Chevalier Ernest, Rouen, 19 février 1839
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À ERNEST CHEVALIER [Rouen, 19 février 1839.] 19 février 1839. Il y a longtemps… [Flaubert se plaint que ses deux amis Ernest Chevalier et Alfred Le Poittevin ne lui écrivent pas. Il leur promet] une caisse à savon remplie de lettres. [Il sait que Chevalier a assisté aux Andelys au bal du sous-préfet et le prie de transmettre sa lettre à Le Poittevin.]

41 - à Chevalier Ernest, Rouen, 24 février 1839
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 24 février 1839.] Dimanche matin 24 février 1839.   Bonne et joyeuse existence que la tienne ! vivre au jour le jour sans souci du lendemain sans préoccupations pr l’avenir sans doutes sans craintes sans espoir sans rêves vivre d’une vie de folâtres amours et de verres de kirsch-wasser. Une vie dévergondée fantastique artistique qui se remue qui bondit qui saute une vie qui se fume elle-même et qui s’enivre. Bals masqués restaurants champagne petits verres filles de joie larges nuées de tabac c’est là-dedans que tu marches que tu fouilles

42 - à Chevalier Ernest, Rouen, 18 mars 1839
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 18 mars 1839.] Lundi matin   Je suis d’abord, (ébloui par les feux du génie) resté dans l’admiration la plus complète de ta description de Palmyre. Ça vaut vraiment les honneurs de l’impression et des concours académiques. Que dis-je ? la collection complète du Colibri pâlirait devant, et Condor avec ses douz deux pâtés et Orlowski avec ses douze cafés pâlirait devant se prosterneraient la tête dans la poussière à la façon orientale. Quant à ton horreur pr ces dames qui sont au reste de fort bonnes personnes sans préjugés je confie à

43 - à Chevalier Ernest, Rouen, 07 avril 1839
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 7 avril 1839.] Dimanche 7 avril 1839, 4 et demie d'après-midi.   Me voilà dans un de ces jours de tannerie universelle et totale. Ah que je m'emmerde, sacré nom de dieu de mille pines du Seigneur de mâtin de bougre de brenné bouché ah mâtin . . . .  (assez) Et toi couillon prquoi ne m’écris-tu pas ! en 3 mois j’ai reçu 4 lettres de toi – est-ce là le fait du vrai Gas Misérable !!!!!! homme ingrat qui oublies les amis, traître ! bougre ! Eh bien que

44 - à Chevalier Ernest, Rouen, 15 avril 1839
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 15 avril 1839.]   Lundi soir 15. Classe du sire Amyot théorie des éclipses lequel a l’esprit bougrement éclipsé   Tu me plains, mon cher Ernest et pourtant suis-je à plaindre – ai-je aucun sujet de maudire Dieu  – Quand je regarde au contraire autour de moi, dans le passé dans le présent dans ma famille mes amis mes affections à peu de chose près je devrais le bénir. Les circonstances qui m’entourent sont plutôt favorables que nuisibles et avec tout cela je ne suis pas content. Nous faisons des jérémiades sans fin

45 - à Chevalier Ernest, Rouen, 19 avril 1839
Correspondant
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 19 avril 1839.] vendredi   Ô grand homme ! homme etc. les mots manquent à l’admiration que je ne peux mieux te prouver qu’en te répondant de suite – heure pour heure bravo tu te conduis en garçon. Hier Orlowski a dîné à la maison, il s’y est conduit en homme – quand il est arrivé depuis […] heures il se gargarisait en buvant de l’absinthe, ainsi depuis quatre heures jusqu’à 8 h il s’était préparé à mieux s’empifrer – ce dont il s’est largement acquitté, en terminant le tout par deux verres

46 - à Chevalier Ernest, Rouen, 31 mai 1839
Correspondant
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 31 mai 1839.] Onze heures – vendredi   C’est demain qu’on se marie. C’est dans la nuit du 1er au 2 juin que le baisage va commencer et que les doux craquements du lit, par la nuit obscure, indiqueront les plaisirs matrimoniaux. Je suis dans une atmosphère de dîners. Mercredi dernier Achille nous a payé son dîner d’adieu chez Jay. Le grand homme d’Orlowski l’avait commandé d’une façon pas trop canaille : le frappé c’était l’ordinaire, à cinq nous avons bu 7 [bouteilles] de champ[agne] frap[pé], 1 de Madère, 1 de

47 - à Chevalier Ernest, Rouen, 15 juillet 1839
Correspondant
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À ERNEST CHEVALIER [Rouen, 15 juillet 1839.] lundi soir – classe de mathématiques – 15 juillet 1839. Mon cher Ernest Tu me reproches une longue lettre – je t’en reproche une petite – La mienne, tu seras forcé de l’avouer quand tu l’auras bien méditée et reméditée, était superbe en un endroit, c’était celui de l’accumulation et de la classification des plats – J’ai été choqué de voir que tu l’avais peu admirée, tu n’en a pas compris le sens allégorique, symbolique et tout le parti qu’on pouvait en retirer sous le point

48 - à Chevalier Ernest, Rouen, 23 juillet 1839
Correspondant
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À ERNEST CHEVALIER [Rouen, 23 juillet 1839.] Si je t’écris maintenant, mon cher Ernest, ne mets pas cela sur le compte de l’amitié mais plutôt sur celui de l’ennui. Me voilà chié en classe à 6 h. du matin ne sachant que faire et ayant devant moi l’agréable perspective de quatre heures pareilles car notre nouveau censeur ne veut nous laisser sortir qu’à 10 h. et je compose... en vers latins !!!!!!! Ah nom de Dieu, quand serai-je quitte de ces bougres-là ? Heureux le jour où je foutrai le collège au diable. Heureux trois fois heureux,

49 - à Chevalier Ernest, Rouen, 10 août 1839
Correspondant
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 10 août 1839.] samedi   Mon cher Ernest Le moment des vacances approche – il doit t’être maintenant moins sensible qu’à nous pauvres bougres d’écoliers collés toute l’année à des bancs de bois. – Nous allons donc nous revoir, mais pourtant pas de suite, car je ne puis t’inviter maintenant à venir chez nous, et en voici sacré nom de dieu les motifs, ce sera pr dans quelque temps : la cousine de ma mère, Adèle, arrive demain matin et s’empare de ta chambre, et puis j’aime mieux t’avoir tout seul, que d’être

50 - à Chevalier Ernest, Croisset, 21 août 1839
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À ERNEST CHEVALIER [Croisset, 21 août 1839.] Mercredi 21. Est-ce que ce cher Ernest m'aurait gardé rancune pr la brièveté de ma dernière lettre ? je suis sûr que c'est un trop bon bougre et qu'il n'y pense pas plus qu'il ne pense à me répondre gredin que tu es (j'abandonne ici la troisième personne) tu ne peux prtant pas alléguer tes nombreuses occupations, car je crois que tu n'as rien à faire qu'à fumer et à te chauffer les couilles au soleil. prquoi c'est là ce que je fais maintenant et ce

51 - à Chevalier Ernest, Fécamp, 09 septembre 1839
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  À ERNEST CHEVALIER   [Fécamp, 9 septembre 1839.] lundi   Mille pardons, mon cher ami, de tous mes retards sans fin, de mes lenteurs insupportables, à la fin de cette semaine elles cesseront, réparées par la plus franche poignée de main que deux amis se soient donnée. Il y a huit jours que je suis parti de Rouen, j'avais été avec ma mère reconduire Adèle à Trouville et, de là, je me suis rendu à Fécamp chez Alfred que je ne vois pas du tout pendant les vacances et qui m'avait prié de

52 - à Chevalier Ernest, Rouen, 13 septembre 1839
Correspondant
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 13 septembre 1839.]   Si j’ai tardé à t’écrire tu vois que je me soumets, que je m’empresse de réparer mon inconcevable insouciance. Arrive donc ici, ange du mal dont la voix me convie... Que tu en auras à me dire de toutes les façons, de toutes les couleurs possibles ! Achille est en Italie avec sa femme, il y est parti depuis le 20 juin et maintenant il doit être à Rome, il a déjà vu le midi de la France, Gênes, Pise, Naples. Il sera de retour vers le

53 - à Chevalier Ernest, Rouen, 11 octobre 1839
Correspondant
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 11 octobre 1839.]   Te voilà donc heureusement rétabli, cher ami. Tu as eu, à ce qu’il paraît, une suée assez considérable. Quand viendras-tu nous voir, car j’y compte, cela est de rigueur. Reste jusqu’au mois de janvier si tu veux pour [te] rétablir, te panser, te rengraisser mais pour Dieu viens fumer le calumet de la paix. – Je t’écris ceci sur mon carton dans la classe de ce bon père Gors qui disserte sur le plus grand commun diviseur d’un emmerdement sans égal, qui m’étourdit si bien que

54 - à Chevalier Ernest, Rouen, 20 octobre 1839
Correspondant
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 20 octobre 1839.] dimanche matin, 20.   J’avais mal à la tête quand ta lettre est venue, il y a un quart d’heure et le mal de tête s’est passé : je suis réjoui, enchanté, charmé. Tu viens donc dans quinze jours, avant quinze jours. Je t’y invite, tu y as ta chambre, ton lit, du feu déjà qui brûle à la cheminée, la table servie, une pipe bourrée, des bras tout ouverts pr t’embrasser. Nous t’attendons tous avec impatience, comme nous en aurons à nous dire ! Alfred est à Rouen et ne repart

55 - à Chevalier Ernest, Rouen, 06 novembre 1839
Correspondant
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À ERNEST CHEVALIER [Rouen, 6 novembre 1839.] Mon cher gas [gars], Je me porte comme un petit coeur, ma grave maladie a eu l’avantage de me faire rater légitimement quatre classes du collège que nous aurions passées (si tu étais resté) à blag[u]er. Ce soir je retourne sous Mallet et à une heure je vais prendre ma fameuse répétition de mathématiques chez ce vénérable père Gors. « Cettuy-ci sent bien plus son gentilhomme », mais n’entends rien à cette mécanique de l’abstrait et aime bien mieulx d’une particulière inclination la poésie et l’histoire qui

56 - à Chevalier Ernest, Rouen, 19 novembre 1839
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 19 novembre 1839.]   Cher Il est maintenant dix h. et le petit coup. J’ai l’avantage d’être sous le père Gors qui fait des racines carrées. Qu’importe grecques ou carrées, c’est de pitoyable soupe. Je t’écris donc parce que j’ai à t’écrire, que c’est pour moi plaisir, passe-temps, désennuyement. Te voilà donc revenu à Paris et moi revenu mieux que jamais au collège où j’ai l’honneur de m’embêter au superlatif, et pourtant c’est là cette fameuse année de philosophie que tout le monde envie pendant dix ans et que j’ai désirée moi-même aussi

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57 - à Proviseur du Collège royal, Rouen, 11 décembre 1839
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AU PROVISEUR DU COLLÈGE ROYAL [Rouen, entre le 11 et le 14 décembre 1839.] Monsieur le Proviseur, On nous a dit que nous étions des enfants, que nous agissions en enfants ; nous allons essayer, par notre modération et notre loyauté, à vous convaincre du contraire. Nous avons remis à Mr le Censeur une lettre de tous les élèves qui ont refusé de faire le pensum. Sans avoir égard à cette liste, Mr le Censeur s’est contenté de trois élèves qu’il ne menace de rien moins que d’une exclusion totale du collège, ce

58 - à Chevalier Ernest, Rouen, 18 décembre 1839
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 18 décembre 1839.] Mercredi soir.   L’ennui que j’ai t’a paru plus grand que je qu’il n’existe – tout malheur en est ainsi – c’est comme une montagne qu’on voit de loin : quelque douce que soit sa pente, elle nous semble escarpée jusqu’à pic impossible à gravir, et il se fait prtant qu’en allant toujours on se trouve enfin l’avoir gravie escaladée. Peut-être quand je t’ai écrit ma lettre (du reste je ne me la rappelle pas maintenant) étais-je dans un moment sombre, cela m’arrive quelquefois quand je suis étendu dans mon fauteuil

59 - à Chevalier Ernest, Rouen, 19 janvier 1840
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 19 janvier 1840.] dimanche, après déjeuner, heures de vêpres, je crois.     À l’heure qu’il est, je suis assis dans mon fauteuil, j’ai les jambes croisées, un carton sur mes genoux, la plume à la main, assez loin d’un feu qui flambe et qui me rougit la joue droite. Car ne sachant que faire, je fais du feu, qui m’est inutile. C’est comme les gds hommes, il faut du sublime incompréhensible et cela leur rôtit le coeur comme une tartine que les peuples savourent et lèchent tout comme un sandwich

60 - à Chevalier Ernest, Rouen, 14 mars 1840
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 14 mars 1840.]   Maître paresseux, Es-tu desaoulé du Carnaval, es-tu dissous dans un verre de vin blanc, à la mode d’une pierre précieuse que les anciens faisaient fondre dans du vinaigre ? Pierre précieuse oui ou non, bûche, croûte, animal, tout ce que tu voudras, écris-moi et tu seras bien vu, bien remercié de ta peine. Je te sais bon gré de m’avoir envoyé tes copies de philosophie : elles me sont d’un gd secours surtout pr la physique. Je m’attendais à y trouver intercalée qq lettre de toi mais rien.

61 - à Chevalier Ernest, Rouen, 08 avril 1840
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 8 avril 1840.]   Tu m’appelles ton vieux Gustave, mon cher Ernest – je peux dire comme Jacques (il fut un temps où j’étais Jacque, celui-là n’est plus) non je ne suis plus & tu me veux tel que j’étais, tu voudrais que mes lettres eussent de l’individualité comme et ne fussent pas une charge comme mes deux dernières – cela est-il possible – je ne suis plus qu’une grimace, mon âme est une ride, une large ride et rien de plus. Si je t’écrivais sérieusement cela t’assommerait et te ferait vomir. J’ai

62 - à Chevalier Ernest, Rouen, 15 avril 1840
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 15 avril 1840.]   Je vais de ce pas porter ceste-cy à la poste, et retenir ma place à ta diligence. Je pars donc demain jeudi à 4 h. et j’arriverai le soir chez toi, si je ne verse pas en route. Je vais t’aller acheter un paquet de cigarres & des boîtes de papier phosphorique. Je te bourre mon sac de nuit de tabac & de pipes, ce que je dis est sans blague. À demain soir, mon cher Ernest, je vole dans tes bras & j’arriverai dans la cité des Andelys

63 - à Chevalier Ernest, Rouen, 21 avril 1840
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 21 avril 1840.] Mardi   Ah mon cher Ernest je t’ai quitté avec le rire à la bouche & la folie dans le coeur, je suis maintenant triste à faire peur. Me voilà retombé dans ma vie de chaque jour, dans ma vie stérile, banale et laborieuse. Quel ennui ! – il me semble qu’il y a trois ans que je t’ai quitté –. Quelles belles journées tu m’as fait passer là ! quelle différence entre la vie d’il y a trois jours & celle d’aujourd’hui. Quand j’y pense j’en suis accablé & j’ai l’âme

64 - à Chevalier Ernest, Rouen, 20 mai 1840
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 20 mai 1840.]   Jasmin   Où es-tu cher Jasmin ? es-tu resté dans le bois à m’attendre ? – eh quoi ? Cardoville ne répond pas à St Florent – Victor jeune Victor arrive donc à nous. Crois un peu à ce vieux Gernande ton oncle – l’encouillement a-t-il tous tes soins, tes heures sont-elles filées à te faire faire épée de Charlemagne, ou autrement dit socratiser ce qui est une variante plus classique. Cette saillie du jeune Victor fit fort rire toute l’assemblée. Fort bien mon ami, fort bien, dit Gernande – il

65 - à Chevalier Ernest, Rouen, 07 juillet 1840
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 7 juillet 1840.]   Je ne néglige point les devoirs de l’amitié & quoique fatigué de besogne j’ai encore le temps de t’écrire – J’espère au moins, et j’y compte, que revenu le 20 chez toi, tu pourras me régaler alors au moins de deux bonnes lettres pleines de blagues et plaisanteries. Cela me divertira agréablement et jettera des fleurs sur la voie épineuse, où je me déchire les pieds. (je deviens élégiaque, c’est mon genre ; j’ai toujours aimé à chier sur l’herbe et à boire du cidre sous la tonnelle.) Tu ne

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66 - à Flaubert-Hamard Caroline, Bayonne, 29 août 1840
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  À SA SŒUR CAROLINE   [Bayonne, 29 août 1840.] 29 samedi soir 8 h.   Mon bon rat je viens d’arriver à Bayonne, et j’ai déjà vu toute la pla chaîne des Pyrennées, en perspective il est vrai & à moitié couverte par le brouillard, – tu ne peux néanmoins te figurer rien d’aussi pe beau que l’arrivée de Bayonne – c’est là du neuf au moins tandis que Bordeaux ressemble à Rouen par ses côtés bêtes et bourgeois et qu’elle n’a ni ses églises ni ses côtes ni son beau fleuve – Car j’ai essayé de me baigner

67 - à Chevalier Ernest, Bagnères-de-Luchon, 17 septembre 1840
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  À ERNEST CHEVALIER   [Bagnères-de-Luchon, 17 septembre 1840.]   Je ne t'oublie pas, mon cher Ernest. Mais tu m'oublies vieux gredin. Car j'attendais de tes lettres aux diverses localités où je me suis rendu, mais pas de nouvelles de mon homme – Écris-moi poste pr poste à Toulon où je serai sous peu de jours et je veux un volume in-folio dont la dimension soit telle qu'elle casse la boîte aux lettres. dis-moi tout ce que tu as fait en vacances, pr moi je n'ai pas le loisir de te faire des poèmes dans le genre

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68 - à Flaubert-Hamard Caroline, Marseille, 27 septembre 1840
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  À SA SŒUR CAROLINE   [Marseille, 27 septembre 1840.] Marseille, dimanche soir après la poste.     joli rat, j’ai reçu votre lettre à toulouse où vous me mandiez que le chagrin n’empêchait pas vos criques de ronger des gigots. je suis fort content qu’une santé si chère soit toujours bonne et ma seule inquiétude était qu’elle ne se dérangeât pendant mon absence. Aujourd’hui j’en ai reçu une autre de Maman où elle ne me donne aucune nouvelle spéciale de toi, ce qui me fait penser que tu vas toujours bien. Nous sommes

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69 - à Flaubert-Hamard Caroline, Ajaccio, 06 octobre 1840
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  À SA SŒUR CAROLINE   [Ajaccio, 6 octobre 1840.]   Je t’écris aujourd’hui, ma bonne Caroline, parce que j’ai en ai le temps de t'écrire mais je ne sais quand cette lettre te parviendra, ni même quand même je la mettrai à la poste – vous avez dû recevoir une lettre d’Ajaccio où je suis arrivé hier 5. à Toulon j’ai reçu la tienne dans laquelle tu me demandes de longues épîtres – je suis prêt à satisfaire à ton désir et à te donner tous les détails possibles sur mon voyage. Ce que j’ai vu de

70 - à Chevalier Ernest, Rouen, 14 novembre 1840
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 14 novembre 1840.]   Ça me semble une bonne chose de t’écrire, mon père Ernest, mais je ne sais pas sacré nom de Dieu ! où tu loges ? est-ce rue des Mathurins-Saint-Jacques 26, ou rue Racine ou dans quelque maison de passe dont j’ignore l’adresse ? Tâche de me le dire positivement. Va-t’en voir un gredin nommé Hamard, qui demeure rue Saint-Hyacinthe-Saint-Michel (25 ?), et dis-lui qu’il m’écrive en me donnant également son adresse avec le plus d’exactitude possible. Je perds un peu la mémoire, ayant l’habitude de m’empiffrer à chaque repas (quel plaisir

71 - à Chevalier Ernest, Rouen, décembre 1840
Correspondant
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, fin de décembre 1840.]   Mon cher Ernest, Je reçois ta lettre à l’instant – je ne l’ai pas achevée, j’en suis désolé. La semaine dernière je t’en ai écrit deux coup sur coup adressées rue Racine 13. Adresse que m’avait indiquée Hamard, il paraît que ce n’est pas là que tu loges. Il y a environ trois semaines j’en ai envoyé une aux Andelys pr te la faire parvenir ignorant ton logement que tu t’obstines à ne vouloir pas me donner – dis-moi donc sacré nom de Dieu

72 - à Chevalier Ernest, Rouen, 10 janvier 1841
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 10 janvier 1841].   Mon maître Ernest,   Je te remercie de la sollicitude que vous avez pris touchant la santé de mon père. Il est vrai qu’il a été atteint d’un rhumatisme très violent. Mais il va bi beaucoup mieux, maintenant il peut marcher, et dans qq jours il recommencera à voir ses malades, et il courrera comme un lapin. Ma famille me charge d’embrasser la tienne. Je suis fort satisfait que ma lettre, mon poème devrais-je dire, car cette oeuvre a des proportions épiques tout à

73 - à Chevalier Ernest, Rouen, 24 janvier 1841
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen,] 24 janvier 1841.   Tu es malade, mon pauvre père Ernest, tu me dis de t’égayer sacré nom de Dieu de Bougre de Mâtin de 25 mille tonnerres. Je voudrais pouvoir te chier une lettre merveilleuse, plus longue que mes plus longues, plus sublime que mes plus admirables. Mais je suis sec comme le pavé par un temps de gelée, et quoiqu’à l’heure présente (4 h moins 9 minutes 3 secondes 4/4 – 28984951023891811)                          5135587962310       le soleil brille, le bel astre ne me fait venir à l’esprit rien de plaisant – seulement je

74 - à Chevalier Ernest, Rouen, 28 mars 1841
Correspondant
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 28 mars 1841.]   Mon bonhomme de père Ernest, D’ici à 15 jours, trois semaines, tu auras le plaisir de voir ma balle [illis.] Tu devais bien t’attendre à ce que je ne demanderais pas mieux que d’aller passer qq temps avec toi – l’amitié n’est que l’égoïsme des gens de cœur ; aller aux Andelys à Pâques, c’est me renouer à tout mon passé : marcher dans ces mêmes sentiers où nous avons ri ensemble, embaumer les mêmes lieux av du même tabac apporté dans même la même boîte de cuivre (tu connais

75 - à Chevalier Ernest, Rouen, 06 avril 1841
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 6 avril 1841.]   Tu n’as qu’à me dire l’heure, le jour que tu désires ma présence, et aussitôt tu me seras verras. Ainsi monseigneur je n’attends que vos ordres pr me rendre à votre castel, et j’y arriverai chez un bon & loyal chevalier (chev-à-lier) avec beaucoup de pointes, de cigarres, d’allumettes phosphoriques allemandes à usage de fumeur (style Coquatrix). J’apporterai des blagues & des pipes de diverses grandeurs, pr te piper. Je composerai d’ici là quelques vers à ta louange que je te réciterai de loin, comme dans les tragédies ;

76 - à Chevalier Ernest, Rouen, 08 avril 1841
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  A ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 8 avril 1841.]  jeudi.   Mon vieux Culottier, Je te tombe sur le casaquin samedi matin pendant que tu dormiras encore. Le soleil commencera à briller en même temps que j’arriverai. Je t’apporterai peut-être une cigarette de dame, pour moi je ne fume plus ayant quitté toutes mes mauvaises habitudes. Peut-être – une ou – deux – pipes de de temps en temps mais encore..... (ruse de style). Si je te te (réticence) serait-il possible que… (suspension). J’occupe ma journée de vendredi à quelques courses de commerce ; je me mets en

77 - à Chevalier Ernest, Rouen, 18 avril 1841
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À ERNEST CHEVALIER [Rouen, 18 avril 1841.] Dimanche 11 h. du matin. Le déjeuner m’attend Le mouton est prêt La vapeur fume À une heure je pars pour Trouville où je resterai une huitaine. à mon retour à Rouen j’espère trouver une de tes lettres – Je suis revenu à fort bon port dans ma charmante ville natale. Bonsecours était encombré de chameaux avec leurs cornacs. – tu sauras que ton ami est un homme si agréable qu’il fait des jaloux. Je ne dis pas des jalouses mais des jalouses jaloux

78 - à Chevalier Ernest, Rouen, 07 juillet 1841
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 7 juillet 1841.]   Tu commençais en effet à me sembler un crétin assez exotique mais tu m’as fait des excuses et je suis satisfait. – Narcisse sort de ma chambre, il vient à Rouen pr des affaires d’intérêt, il va hériter de 10 000 francs. – Voici quels sont les contingents futurs. Nous irons certainement, autant qu’on peut être certain de ce qui [est] à faire, passer 15 jours à Trouville vers le milieu du mois prochain – ma sœur c’est dans le but de distraire ma pauvre soeur dont le caractère

79 - à Chevalier Ernest, Rouen, 26 juillet 1841
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 26 juillet 1841.]   Ne m'attends pas vendredi sur la vapeur, je n'y serai pas. cela m'étonnerait beaucoup d'aller à Paris maint le au mois d'août car les événements sont changés depuis ma dernière lettre. – Je devais aller à Nogent chercher ma cousine, Me Bonenfant, qui devait venir avec nous passer une quinzaine à Trouville. Mais sa plus jeune fille, ma filleule, est morte d'une fièvre scarlatique il y a environ une dizaine de jours – elle ne viendra, si elle vient à Rouen, qu'au mois de 7bre – et

80 - à Chevalier Ernest, Trouville-sur-Mer, 22 août 1841
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  À ERNEST CHEVALIER   Trouville, 22 août .   Je suis maintenant à Trouville. Je viens de fumer deux pipes coup sur coup, vautré à plat dos sur le sable du rivage, mon chien à mes côtés, mon chapeau de paille sur le nez et regardant de petits nuages blancs se promener dans le ciel – mon corps était dans un prodigieux pantalon à plis, mes pieds dans des babouches turques, et ma gueule reposant sur le bec d’une de mes grandes pipes dont le fourneau était enfourné à quelques pas de là, plus loin dans

81 - à Chevalier Ernest, Trouville-sur-Mer, 21 septembre 1841
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  À ERNEST CHEVALIER   [Trouville, 21 septembre 1841.]   Mon cher Ernest. Tu dois maudire ma crasse paresse et mon entier oubli. C’est que je m’ennuie, m’ennuie, m’ennuie, c’est que je suis bête, sot, inerte. C’est que je n’ai pas la vigueur nécessaire pour remplir trois feuilles de papier. Depuis un mois que je suis à Trouville je ne fais absolument rien que manger, boire et dormir et fumer. Il est maintenant marée pleine, la mer est à quinze pas de moi au bas de l’escalier de Notre-Dame. Je suis assis sur une chaise à

82 - à Chevalier Ernest, Rouen, 18 octobre 1841
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, octobre 1841]. lundi 18, 7 h du matin    Mon cher Ernest, Tu me regardes déjà comme un drôle de ne pas t’avoir écrit plus tôt. Mais il ne faut pas t’en étonner, car tu sais que je suis fier, vermine et canaille. en second lieu à peine arrivé de Trouville j’ai eu les sieurs Hamard et Florimont ; et j’aimais mieux être seul avec toi pr fumer plus à l’aise. d’ailleurs il fait froid, le feu va recommencer dans ma chambre et j’ai maintenant une petite boîte de cigarres belges,

83 - à Chevalier Ernest, Rouen, 23 octobre 1841
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 23 octobre 1841.]   Qu’as-tu donc, mon vieil Ernest ? Es-tu malade, mort, enterré, pourri ? Attends-tu pr venir que ton brûle-gueule soit fini, que ton petit verre soit pris ? finis-les et arrive nom de Dieu ou je te !...                                             sed placuit… ___ Quel sacré nom de dieu de bougre de mâtin de mille foutre couillon de nom d’un pet tu fais ! Comment, sacré mâtin, je t’attends depuis une semaine et tu ne n’arrives pas, tu ne réponds même pas. Ah ah ah c’est plus fort que moi, je ne

84 - à Chevalier Ernest, Rouen, 30 novembre 1841
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 30 novembre 1841.]   Il me semble que tu deviens bien élégiaque. Est-ce que tu te livrerais à la lecture de Mr de Bouilly ou à celle du vénérable Tissot ? Tu parles des ennuis de la Capitale, comme un sage, et les plaisirs de famille te semblent préférables aux plaisirs du monde. S’ils sont plus vertueux ils sont un peu moins vifs, conviens-en, et tu as assez goûté de la cochonnerie pr pouvoir dire que la chasteté est une belle chose – (pr les gens impuissants) – J’ai été fâché de ne

85 - à Chevalier Ernest, Rouen, 31 décembre 1841
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À ERNEST CHEVALIER [Rouen, vendredi 31 décembre 1841.] 3 h. d’après-midi. On n’y voit déjà plus et à coup sûr je ne finirai ma lettre sans chandelle, ou plutôt sans bougie dite de l’étoile, car elles n’éclairent pas comme les étoiles. – Jadis nous étions en congé à cette époque-ci ; d’hier au soir, nous étions déjà sortis. Aujourd’hui nous eussions resté là au coin de ce même feu. Comme nous fumions, comme nous gueulions ! Comme nous parlions du collège, des pions et de l’avenir de Paris, de ce que nous ferions à vingt

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86 - à Flaubert Caroline (mère), Paris, 08 janvier 1842
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  À SA MÈRE   [Paris, 8 janvier 1842.] 8 heures du matin —   « Tout est bien, tout va bien, tout est pr le mieux possible », comme dit Candide – je suis maintenant devant un bon feu qui me rôtit les jambes – je viens de humer deux tasses de thé corrigées d’eau-de-vie – je vais tout à l’heure aller chez Mr Cloquet et nous allons nous livrer à des accolades furieuses. La nuit a été très froide, à en juger par nos carreaux brouillés et par les jurons du conducteur. Pr moi j’ai vécu

87 - à Chevalier Ernest, Rouen, 22 janvier 1842
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À ERNEST CHEVALIER [Rouen, 22 janvier 1842.] Sacré nom de Dieu ! Nous commencions à causer gentillement, dimanche, l’après-midi, en fumant dans ta chambre qui a des rideaux rouges dont les reflets rouges sont requis* pour le coït, ce qui me mettait dans des états . . . . lorsque 4 heures sont venues et que je me suis en allé. C’est tout de même embêtant de ne pas nous être vus plus longtemps, et de ne pas avoir même pris un petit verre ensemble, n’eût-ce été qu’un verre de cassis (et on eût

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88 - à Gourgaud-Dugazon, Rouen, 22 janvier 1842
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  À GOURGAUD-DUGAZON   Rouen, 22 janvier 1842.   Mon cher Maître, Je commence par vous déclarer que j’ai envie d’avoir une réponse. Je compte vous voir au mois d’avril et, comme vos lettres se font attendre des trimestres et des semestres, il se peut que je n’aie pas de nouvelles de vous avant ce temps. Voyons, surprenez-moi, soyez exact : c’est une vertu scolaire dont vous devez vous piquer puisque vous avez les autres. J’ai été à Paris au commencement de ce mois, j’y suis resté deux jours, ai été accablé d’affaires, de commissions, et

89 - à Chevalier Ernest, Rouen, 23 février 1842
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 23 février 1842.]Mercredi   Je ne fous rien – ne fais rien, ne lis et n’écris rien, ne suis propre à rien – et si je n’avais cette nuit même fait une considérable carte géographique, je me regarderais comme une Momie embaumée dans un ennui profond. Mais « la jeunesse bouillante s’eschauffe si avant en son harnois toute endormie qu’elle assouvit en songe ses amoureux désirs », comme dit le vénérable Montaigne. Je m’étais donc réveillé dans des états affreux, échauffé du champagne frappé et des verres d’alcool que je m’étais entonnés la veille chez mon

90 - à Chevalier Ernest, Rouen, 15 mars 1842
Correspondant
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  À ERNEST CHEVALIER   [Rouen, 15 mars 1842.]   Comment, vieux bâtin ! Dans quel état un homme comme toi est-il réduit ! Calmez-vous, brave homme, calmez-vous ! Au lieu de tant faire du droit faites un peu de philosophie, lisez Rabelais, Montaigne, Horace ou quelque autre gaillard qui ait vu la vie sous un jour plus tranquille et apprenez une bonne fois pr toutes qu’il ne faut pas demander des oranges aux pommiers, du soleil à la France, de l’amour à la femme, du bonheur à la vie. Je t’écris tout de suite, et je voudrais bien

91 - à Chevalier Ernest, Rouen, 09 avril 1842
Correspondant
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À ERNEST CHEVALIER [Rouen, 9 avril 1842.] samedi soir. J’ai bien l’honneur d’avertir que Mr Ernest Chevalier que mardi prochain il ait à se tenir chez lui, devant y recevoir la visite d’un homme comme moi. J’exige qu’il y ait du tabac, n’importe lequel, et des pipes, blanches ou culottées, je ne m’en fous pas mal. On sera flatté d’y trouver un rafraîchissement quelconque, et de plus ledit sieur est prié de me réserver un jour de la semaine prochaine pr dîner, déjeuner, souper ou [illis.] autre chose. Ah ! çà ! bougre, tu te fouts

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92 - à Flaubert-Hamard Caroline, Paris, 16 avril 1842
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À SA SŒUR CAROLINE [Paris, 16 avril 1842.] Vieux rat – Je m’attendais aujourd’hui à une lettre de toi. – J’espère que c’est pr demain matin et que je recevrai une de ces bonnes épîtres comme celles que tu m’envoyais en voyage. – Pr moi je vous écrirai lundi, le jour de mon départ de Paris qui sera au milieu de la semaine prochaine, ainsi dans huit jours à peu près je serai avec vous prêt à recommencer mes bouffonneries plaisanteries et gaillardises à moins que Miss en Jame ne soit encore

93 - à Bonenfant Olympe, Rouen, 02 mai 1842
Correspondant
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À OLYMPE BONENFANT [Rouen, 2 mai 1842.] 2 mai J’ai fait un excellent retour, à part la puanteur qu’exhalaient mes voisins de l’impériale, les prolétaires que vous avez vus au moment de mon départ. J’en ai à peine dormi de la nuit et j’ai perdu ma casquette. Ce sont là toutes les aventures qui me sont soient arrivées. – J’ai trouvé mon monde en bonne santé, Caroline ne va pas mal, elle vous attend avec beaucoup d’impatience et m’a reçu assez mal quand elle m’a vu arriver sans ton père. À propos de ton

94 - à Chevalier Ernest, Rouen, 21 mai 1842
Correspondant
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À ERNEST CHEVALIER [Rouen, 21 mai 1842.] Je suis dans un état d’embêtement prodigieux, & je ne sais trouver pr le Droit assez de formules de malédiction. Je suis au tit[re] XIVe du 2e liv[re] des Ins[titutes] et j’ai encore tout le Code civil dont je ne sais pas un article. Sacré nom de Dieu de merde de nom d’une pipe de vingt-cinq mille pines du tonnerre de Dieu, sacré nom d’un pet, que le diable étrangle la jurisprudence & ceux qui l’ont inventée ! Ne faut-il pas être condamné par la cour d’assises pr faire

95 - à Chevalier Ernest, Rouen, 25 juin 1842
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À ERNEST CHEVALIER [Rouen, 25 juin 1842.] samedi Je ne t’écrivais pas parce que j’attendais chaque jour une lettre de toi qui m’annonçât ta réception. Le sieur Hamard m’avait écrit samedi mercredi que tu avais passé ton examen et que tu étais malade aux Andelys. Je me disposais donc à t'écrire t’envoyer un paquet de sottises. – Je te dirai donc que je parts jeudi prochain de Rouen pr Paris où je resterai jusqu’à la fin du mois d’août. Je ne sais où donner de la tête. Tu me demandes de longues lettres, j’en suis incapable,

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96 - à Flaubert-Hamard Caroline, Paris, 03 juillet 1842
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À SA SŒUR CAROLINE [Paris, 3 juillet 1842.] Dimanche matin. Ta lettre m’a fait bien plaisir mon pauvre rat puisqu’elle m’a donné de toi de bonnes nouvelles ; je souhaite que celles qui succéderont se ressemblent. J’ai vu avec plaisir pr vous qu’il y avait peu de monde, de sorte que vous n’êtes pas embêtés de bourgeois – Si tu savais comme on s’ennuie l’été à Paris et comme on pense aux arbres et aux flots tu te trouverais encore bien plus heureuse. Te rassasies-tu à plaisir de la vue de la

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97 - à Flaubert-Hamard Caroline, Paris, 09 juillet 1842
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À SA SŒUR CAROLINE [Paris, 9 juillet 1842.] Ta lettre m’a fait tant de plaisir mon bon Carolo que si tu avais été là je t’aurais donné deux bons gros baisers à te manger les joues. Tu ne saurais croire combien j’ai été heureux en apprenant que les bains te faisaient bien et que tu pouvais marcher sans fatigue. Je me figure ta bonne mine heureuse et souriante en nageant dans ces bons flots que nous aimons, et revêtissant chaque matin ton costume et le gambadant avec ton serre-tête et te dirigeant sur

98 - à Chevalier Ernest, Paris, 20 juillet 1842
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  À ERNEST CHEVALIER   [Paris, 20 juillet 1842.]   Voici la saison où l’on pue des pieds, où l’on crème du pantalon, où l’on sue des aisselles, où les gilets de flanelle sont remplis d’aigres transpirations. À ce propos je vais te citer qq anecdotes à ce relatives.             1ere anecdote. C’était l’hiver par un froid atroce ; dans une diligence. Le postillon n’avait pas de bas dans ses sabots. Comment, dit l’un des voyageurs, vous n’avez pas froid, sans bas, sans paille. – Non, non, j’ai jamais froid aux pieds, mais l’été

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99 - à Flaubert-Hamard Caroline, Paris, 21 juillet 1842
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À SA SŒUR CAROLINE [Paris, 21 juillet 1842.] As-tu enfin ton piano mon pauvre rat. Ce misérable Bonnel est digne de toute la colère des honnêtes gens. J’ai bien compati à ton impatience mais j’espère que maintenant ton sapin est arrangé et que bon ou mauvais tu le fais retentir d’accords de trilles et de gammes. Mais je te dirai que ce qui m’a le plus indigné dans tout ce que vous m’avez écrit c’est le bouleversement de la plage et les drapeaux tricolores qu’on a plantés dessus. C’est intolérable et je me

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100 - à Flaubert-Hamard Caroline, Paris, 25 juillet 1842
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À SA SŒUR CAROLINE [Paris, 25 juillet 1842.] Comment, mon bon Carolo peux-tu me demander pardon du temps que je bren perdrai à lire ton griffonnage. Ce sont là de ces choses qui s’écrivent entre gens qui se font des politesses mais qui ne se pensent guère entre nous. – Ta lettre de ce matin au contraire m’a fait bien plus de plaisir encore que les autres parce que Me Tardif que j’ai vue hier m’avait dit que papa lui avait appris que tu avais été fatiguée d’une course un peu trop longue