Correspondance de Flaubert
Flaubert à Aglaé Sabatier, Croisset, 13 décembre 1859
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À AGLAÉ SABATIER

 

[Croisset, 13 décembre 1859.]

 

Voudrez-vous, belle Présidente, faire à Mlle Doudou tous mes compliments de condoléances, pr la mort de son pauvre petit enfant. Que j’ai apprise avant-hier au soir. –

Je ne lui écris pas, pr mille raisons. – Mais la meilleure de toutes est que vous vous entendrez à cela bien mieux que moi, en votre qualité de femme. – Dites-lui de ces choses qui vous font pleurer & qui soulagent.

La voilà revenue telle que devant. – Rien ne reste plus de cette liaison que le souvenir.

Ainsi finissent les choses humaines. Quelle triste mascarade que l’existence !

Quant à vous, vous savez les sentiments que je vous porte. Le silence est donc plus éloquent que toutes les paroles. Lorsque vous n'aurez rien de mieux à faire, écrivez-moi pr me dire si vous vous ennuyez beaucoup & si la portraiture fait son chemin.

 

Mille tendresses de votre

Gve Flaubert

 

13 Xbre Croisset.